‹ Exposé budgétaire par l'Hon. George E. FosterChapitre 38 sur 39 · ES · texte numérisé non relu

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M. FOSTER : Je rappellerai cette déclaration devant le pays, comme une lecon que le peuple devra méditer relativement à l’attitude politique et électorale prise en 1891. Y a-t-il là une raison pour abandonner notre politique de protection raisonnable, et adopter une de ces vagues idées politiques émises de temps à autre par les honorables

membres de la gauche ? Est-il quelque chose, dans

les circonstances actuelles, qui motive un changement ? Si, en 1878, le peuple canadien a cru qu'une protection raisonnable était nécessaire pour lui permettre de soutenir la concurrence avec l’univers, et de créer l’industrie dans le pays, cette politique est-elle moins nécessaire aujourd’hui? La concurrence est-elle moins vive aujourd’hui qu’elle ne l'était en 1878? Les droits douaniers des divers pays sont-ils moins élevés aujourd’hui qu’en 1878? Les pays commerciaux ont-ils changé d’idée dans le sens d’un commerce plus libre et de droits moins élevés? Non, M. l’Orateur, au contraire, ils désirent des tarifs plus rigoureux, plus prohibitifs, et si, depuis 1878, les circonstances ont changé, elles exigent aujourd’hui plus que jamais une protection raisonnable du commerce du Canada, au lieu du libre-échange ou du libre-échange partiel.

Lorsque les Etats-Unis, sous une administration démocratique, ont diminué quelque peu les droits, mais en se tenantsi loin du libre-échange,qu’ils jouissent d’un tarif moyen de 42 pour 100 sur les articles imposables pour la consommation locale, en donnant au Canada de légers avantages sur leur marché par une certaine réduction des droits sur les produits agricoles, qu’arrive-t-il aujourd’hui? Nous savons que la majorité républicaine de la Chambre des Représentants a envoyé au Sénat un bill élevant le taux de la taxe sur tous ces articles, et de les élever de façon à les rendre prohibitifs en ce qui concerae l'introduction des produits du Canada aux Etats-Unis.

Est-ce là une raison pour que nous changions de politique? Si, en 1878, nous avions raison d'adopter cette politique, nous avons plus de raison encore aujourd’hui de la maintenir, et nous la maintiendrons en Canada.

M. MILLS (Bothwell): Vous dites que vous l’avez abandonnée. Vous prétendiez avoir retranché $6,000,000.

M. FOSTER : Personne n’est assez insensé de

croire que c’est là l’abandon du principe de la protection. Lorsque l’honorable député ira devant le pays et soutiendra la lutte contre ce parti et le gouvernement, la dernière chose qu'il dira, c’est que nous avons abandonné la

protection. Sa première et unique assertion sera

que nous sommes des protectionnistes outrés et que, en conséquence, il faut nous renvoyer

du pouvoir.

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