DÉPENSES MILITAIRES
I] me reste à faire l'exposé de la dépense que représente le coût de l'organisation, de l’instruction, de l'équipement, du transport et de l’entretien des troupes canadiennes levées pour la défense de l’empire. Lors du dépôt du budget de la guerre, à la session du mois d'août, le premier ministre estimait que jusqu’au 31 mars prochain il sufirait de $30,000,000 pour solder les frais de mobilisation, d'équipement, de transport et d'entretien d’un corps expéditionnaire de 25,000 hommes, ainsi que ceux des détachements de la troupe appelée en activité de service au pays même. De toutes parts on a répondu à l’appel aux armes avec tant de patriotisme et d'enthousiasme, le ministre de la Milice a mené l’enrôlement, l’organisation et l'instruction des troupes avec une fermeté et une diligence telles, que six semaines après la clôture de la session le Canada avait expédié 33,000 hommes complètement armés et équipés à titre de première contribution aux forces de l'empire. À l’heure qu'il est, près de 50,000 volontaires font de l’entraînement actif, et de nouvelles
recrues viennent chaque jour grossir ce nombre,
De ce corps, formant un noyau permanent et dont les vides vont être constamment comblés au moyen du recrutement, seront détachés périodiquement autant que possible de nouveaux contingents à destination du théâtre de la guerre. L’estimation de la dépense soumise au mois d’août a été, bien entendu, insuffisante en vue de l’exécution de ce programme plus chargé, et la dépense imposée spécialement par la guerre au cours du présent exercice financier absorbera probablement toute la somme affectée, savoir: 50 millions. Jusqu'ici la dépense a été de 38 millions.
Eu égard à toutes les indications précédentes, la dette nationale du Canada va se trouver cette année augmenter de 110 mil-
lions. Ce chiffre Comprend, bien entendu, la dépense imposée Par la guerre.
Outre les dépenses doat j'ai parlé, il ÿ a lieu de signaler les avances sur placement faites Par le Dominion sous l’empire
rent durant quatre mois ou davantage de souscrire à toute nouvelle émission. En décembre, Cependant, à la suite de l’heureux placement de l'emprunt de Buerre anglais, la situation se déten-
dit et il devint possible de négocier des emprunts à courte éché-
°Yaume-Uni même, elles ne seront permises que si on les juge CPPortunes dans l'intérêt national; celles en vue d’entreprises dans les possessions anglaises d'outre-mer ne seront autorisées que dans les cas de nécessité urgente et à raison de circonstances Particulières.
Mesures FINANCIÈRES PRISES DEPUIS AOÛT 1914.
En vue de Parer aux besoins de notre situation financière de- Puis la session du mois d'août les mesures suivantes ont été prises, Vous avons conclu des arrangements avee le Souvernement impérial en vue d’avances depuis septembre jusqu’au 31 mars au montant de £12,000,000, soit de $60,000,000, dont £8,000.- 000, soit $40,000,000, ont été versés jusqu’à ce jour.
US avons émis pour les besoins du Trésor des billets du Dominion au montant de $10,000,000 au delà de l'émission supplémentaire de $15,000,000 autorisée par Je Parlement à sa dernière session. En Conséquence, je vais déposer un projet Shéeial tendant à ratifier l'initiative que nous avons prisa
noureux étenichébles.
des e de Issegne œleveauon.
Nous avons emprunté 85,000,000 à la banque de Montréal.
A la suite de l’heureux placement de l'emprunt de guerre anglais, nous avons émis pour $3,000,000 de bons du Trésor, négociés à 44 et 4} pour 100 remboursables en juin prochain.
Nous avons vendu au prix net de 944 pour £1,300,000 (#6,500,000) de nos Actions de 1940-1960, en vue de satisfaire aux besoins particuliers de notre clientèle de prêteurs à Londres.
De cette manière nous avons mis ordre à nos finances d’ici la fin de mars du présent exercice financier. Nous avons à l'heure qu’il est de forts reliquats à notre crédit tant ici qu’à Londres.
En ce qui regarde notre dette flottante, nous allons done commencer l’exercice financier avec des échéances de bons du Trésor pour juin au montant de £3,000,00€ et une dette en banque de $5,000,000. A part cela, nous n’avons pas à faire face à d’échéances d'emprunt d’ici à l’année 1919, situation des plus satisfaisantes que je suis disposé à attribuer à la pratique suivie jusqu'ici par le Dominion d’écouler ses valeurs permanentes aux prix qu’il est possible d'obtenir dans le temps, au lieu de recourir aux emprunts à courte échéance dans l'espoir de conditions plus favorables à une date ultérieure.
En ce qui regarde nos emprunts du gouvernement impérial, il est convenu que nous paierons l'intérêt aux taux que paie la trésorerie impériale sur ses emprunts de guerre, en déduction des “vances qui nous sont faites, A la date ou aux dates qu’il sera convenu entre le chancelier de l’échiquier et le ministre des Finances du Canada un ou plusieurs emprunts de guerre seront négociés sur la place, et les sommes empruntées du gouvernement impérial lui seront remboursées. A mon avis, nous ne pouvions compter sur des conditions plus favorables que celles-là si généreusement accordées par les autorités impériales.
Exercice 1915-1916.
Au moment d’aborder la question des finances pour le prochain exercice financier qui va s'ouvrir le premier janvier prochain, il sera à propos de nous rendre compte au préalable des conditions générales du commerce, car ces conditions vont déterminer l'importance des recettes de toute provenance, et notamment des droits douaniers, lesquels fournissent notre principal revenu. Depuis le commencement de cette guerre, notre commerce avec l'étranger a subi nécessairement un arrêt des plus fâcheux. Du coup, nos échanges avec les nations ennemies ont cessé. Les risques plus grands de la mer et l'élévation du fret ont également eu leur influence. La perturbation des cours du
change, qui heureusement tendent à revenir AU normal, a été Plusieurs mois durant des plus nuisibles aux échanges internationaux.
SITUATION COMMERCIA LE,
D'autre part, notre commerce d'importation et d’exportation a été longtemps gêné —i] l'est encore dans une certaine INeSUrE— à raison du réquisitionnement de beaucoup de navires de notre marine Marchande en vue du transport de nos troupes et pour le service de l'empire. Le ralentissement de limmigration ve-; nos bords, le départ du Canada des réservistes et de nos Propres contingents ont également Prcduit leur effet. Mais le facteur de beaucoup le Plus important a été la Suppression de 08 emprunts au dehors. Tel à été le résultat économique le Plus remarquable produit au Canada Par la guerre. Le Canada & d'habitude, ces années dernières, Confracté des emprunts au chiffre de 200 ou 300 Millions de dollars Par année, Pour les SiX mois précédant Ja guerre, nos enprunts d'outre-mer, et principalement en Grande-Breta, ne, ont formé un total de 200 millions, soit plus de 1 million par jour durant ce semestre d'avant la guerre. Ces emprunts représemaient Ja vente de valeurs Cmises par le Gouvernement fédéral et ceux de- Provinces, par les Municipalités, comme aussi par des Compagnies de chemins de fer, des établissements industriels, des institutions financières et d'utilité publique. Les EMprunts ainsi contractés avaient surtout Pour objet de prélever dc; fonds en vue de l’exé. cution d'entreprises d'intérêt public, de l'établissement de services et de travaux, de la C6nstruction de chemins de fer, d’usines et autres œuvres.
La guerre mit subitement fin à ces €mPrunts, et ce n’est que de date récente qu'il s'est produit quelque amélioration sous “rapport, mais encore peu sensible, Jusqu'à ce que la guerre Soit terminée et Pour assez longtemps après il n’est Pas probable que l’état du marché monétaire permette l'émission de titres, même des mieux £arantis, si ce n’est Pour des fins Militaires, Pour des montants approchant ceux que nous avions l'habitude d'emprunter, Cet arrêt dans l'apport de capitaux a nécessairement entraîné la réduction des dépenses en vue d'entreprises, de travaux et de bâtiments dans toutes les parties du Canada, ct les industries. métiers et Commerees s’y rattachant s’en sont nécessairement ressentis. La Conséquence à été un ralentisserent marqué de l’industrie, beaucoup de Chômage et une diminütion de la puissance d’achat au sein de Ja société. Les maisons de commerce se montrent prudentes et Je public généralement pratique l’économie, c’est dire qu’on achète moins de
a été erna-
RC RNA dr Dot Sofia OR co
marchandises, qu'il s'agisse d’articles Ce production canadienne ou d'articles importés. Il en est résulté une forte diminution dans le volume de nos importations :t de nos exportations. Pour la période de neuf mois écoulée le 31 décembre du présent exercice financier, notre exportation totale (marchandises seulement) ü produit un montant de 353 millions, contre 380 millicns durant la période correspondante du précédent exercice. -oit un fléchissement de 27 millions. Pendant cette même période de neuf mois de la présente année, notre importation (marchandises seulement) « donné 391 millions, en diminution de 112 millions par rapport à la période correspondante de l'exercice précédent. On voit que l’exportation a fléchi dans une proportion moins forte que l’importation.
Le total des échanges pour la période des premiers neuf mois du présent exercice est de 745 millions contre S85 millions pour la période correspon 'inte du dernier exercice. En 1912, ce qu’on appelle la balance adverse du commerce était de 225 millions contre le Canad1; en 1913, elle était de 300 millions; en 1914, elle n’est que de 180 millions. D’après les indications actuelles, il semble que nous devions dans une grande mesure combler cet écart. Etant donnée la réduction de nos emprunts, lesquels dans une grande mesure déterminaient eet excédent de l'importation, un tel résultat ne serait pas de nature à surprendre. L’exportation, espérons-le, va se développer sufisamment pour nous permettre, avec le s ours des emprunts que nous pourrons négocier hors du Canada, de solder toute balance de commeree qui pourra se produire contre nous et de pourvoir au service de notre dette hors du Canada, sans recourir à l’ex-
vortation de notre or.
EvaLuATION ps RECETTES ET DES DÉPENSES SUR L'EXERCICE 1915-1916.
T1 ressort de ce aue j'ai dit que, la guerre se continuant, nous devons nous attenare à un fléchissement de l’importation en 1915-1916, et, par voie - conséquence, à une diminution de notre revenu en vom} on du présent exercice, dont quatre mois appartiennent « à période qui a précédé l’ouver-
ture des hostilités. En nous basant sur les tarifs actuels des
droits de douane et d’aecise, nous estimons que nos recettes de toute provenance durant le prochain exercice ne dépasseront pas 120 millions. Relativement à la dépense, nous allons persister dans la ligne de conduite annoncée au mois d’août.
Nos prévisions budgétaires ne contiennent pas de nouveaux crédits, et quant à ceux qu’elles mentionnent, nous devrons exécuter les travaux qui n’ont pas encore été concédés, et dans
‘aire face au Paÿement de l'intérêt et à l'exécution des autres obligations du Doniinion, nous 1€ pouvons espérer d'autre dimiution que celle opérée l’année dernière, Le Gouvernement a adjugé l'exécution de grands travaux Publics, parmi lesquels on Peut mentionner Jos travaux et améliorations de nos grandes gares maritimes, Je Parachèvement qu chemin de fer Transcontinenta] Dational, le pont de Québee, Je chemin de fer de la baie d'Hudson et Je canal Welland.
Nos calculs doivent être basés sur une dépens de $140-- 000,000 imputable sur Je fonds du revenu consolidé et sur une dépense spéciale d'au moins #40,600,000. Quant aux déboursés autorisés Par une loi, nous AUTONS À trouver ]a somme additionnelle de $4,000,000. Il faudra encore trouver les fonds Pour payer ces billets du Trésor dont j'ai parlé et qui sont devenus remboursables, Les frais de la guerre vont atteindre $100,- ‘100,000, et Pour x faire face nous devrons voter à cette session un crédit spécial. D'où suit évidemment une augmentation considérable dans nos frais d'intérêt pour l'avenir, La somme que le Trésor aura à débourser de ce chef pour une année ‘épas- Sera 16 millions. A budget du Prochain exercice cete dé- Pense atteint vingt ot Un millions et demi, Nous devo, ; encore prévoir une dépense considérable et toujours croissante pour les Pensions militaires,
Jans ces circonstances i] est évident qu'il fau” a réaliser un revenu Supplémentaire représentant un montant substantie]. Estimant que les sommes dont nous aurons besoin Pour toutes
représentera, an cours du procha n exercice, plus de $30°,000,.- 00, alors que le chiffre de notre revenu total, d’après Ja base
actuelle, ne s'élèvera qu'à $120,000,000, NOUS nous trouvons en
face de l'alternative de réaliser par voie d'impôt et au moyen ë f
que je propose Comme moyen de résoudre cette difficulté. DéPExses MILITAIRES EN 1915-1916.
En ce qui a trait à nos dépenses spéciales militaires qui peuvent se chiffrer à 100 millions de dollars, je serais prêt, si nous n'avions pas à faire face À une dépense aussi considérable et nécessaire imputable sur le Capital, à PrOpe r qu'au moins une Partie de cette dette soit payée sur les revenus Courants. Mais il est évident, si l’on tient compte des états que J'ai Soumis, que NGUS ne pourrons Pas, grâce à des impôts supplémentaires rai-
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c’est-àt pour autres > diminent a els on randes nscona baie
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