‹ Exposé complémentaire des titres scientifiques, 1893-1900Chapitre 3 sur 5 · VI. — NÉVROSES · texte numérisé non relu

VI. — NÉVROSES

ceux-là seuls éprouvent des accidents hystériques qui sont prédisposés par leur état dégénératif. Elle fait bien comprendre aussi qu’il soit difficile d’établir les limites précises qui séparent l’hystérie, et en particulier le caractère des hystériques, de certaines manifestations dégénératives.

11 n’en est pas moins vrai qu’il y a lieu en clinique de conserver à l’hystérie son individualité et de la distinguer autant que possible des autres modalités de la dégénérescence. Pour cela, il convient de n’accorder la dénomination d’hystériques

(Joumaldemédecine et chirurgie pratiques, 10 juin 1899, p. 406).

L’expression hystéro-épilepsie, employée par Charcot, n’implique nullement l’association de l’épilepsie avec l’hystérie, mais simplement une forme de la grande hystérie caractérisée par des attaques épileptiformes. Or on peut voir, chez un même sujet, coexister les attaques caractéristiques des deux maladies, se succédant à des intervalles plus ou moins éloignés. On peut même voir les attaques des deux sortes se fusionner. Ces faits sont, d’ailleurs, exceptionnels.

rement à la plupart des amnésiques qui ont une sorte d’indifférence pour les événements oubliés, la malade souffre beaucoup et éprouve une conscience véritablement douloureuse de la perte du souvenir. L’existence de stigmates hystériques, notamment d’une anesthésie généralisée et d’une facilité très grande de l’hypnotisme, permettent de rattacher ces troublés à l’hystérie.

La chorée n’est pas une maladie de nature rhumatismale.

Elle peut être provoquée par diverses infections ou intoxica¬

tions, telles que pneumonie, grippe, rougeole, état puerpéral, intoxication a’ongine intestinale. Le rhumatisme aigu est au

nombre des maladies infectieuses qui peuvent en déterminer

l’apparition. Ces diverses causes agissent en irappant un système nerveux anormalement développé et par conséquent prédisposé.

Les chorées gravidiques et, d’une manière plus générale, les chorées qui surviennent après la puberté ne sont pas toutes de nature hystérique. D’ailleurs la chorée de Sydenham peut se réveiller à l’occasion d’une grossesse. Elle peut se développer même chez des hystériques.

Dans ces leçons, faites à la Salpêtrière en 1891, M. Joffroy développe la théorie qui rattache le goitre exophtalmique à des altérations thyroïdiennes. Il montre que l’hypertrophie thyroïdienne peut être méconnue sur ,1e vivant et constatée à l’autopsie, que les lésions histologiques du corps thyroïde sont constantes quoique variables dans leur forme, et qu’elles existent alors même que l’organe n’est pas augmenté de vo-

Les rapports de goitre exophtalmique avec le

goitre simple

fournissent un autre ordre d’arguments. Tous deux peuvent être héréditaires et le goitre simple peut s’observer dans des familles affectées de goitre exophtalmique, de même que le goitre exophtalmique se rencontre aussi dans des familles où règne le goitre endémique. Il est fréquent de voir le goitre exophtalmique se développer chez des sujets depuis longtemps porteurs d’un goitre simple. L’influence de la grossesse s’exerce de la même façon sur le goitre simple et sur le goitre exophtalmique : elle en aggrave l’évolution ou en provoque le déve-

De nombreuses observations personnelles sont citées ù l’appui de ces vues au cours de ces leçons. Parmi les symptômes cliniques mis en relief, il convient de citer l’ophtalmoplégie externe observée indépendamment de l’hystérie, et la tétanie qu’on peut rapprocher de celle qui s’observe parfois à la suite de l’ablation du corps thyroïde.

On observe fréquemment dans la maladie de Basedow l’absence de contraction synergique des muscles du sourcil et du

propagation de « signe de de Græfe » aux muscles du front et

U. - Contribution a l’anatomie pathologique de la maladie de

Ce mémoire contient la relation de six autopsies. L’examen du système nerveux a montré l’absence habituelle de lésions, en dehors des cas où le goitre exophtalmique était associé au tabes et è la syringomyélie. Les altérations du corps thyroïde ont été constatées dans tous les cas. Elles sont remarquables par leur diversité. Elles consistent soit dans la distension kystique des vésicules avec atrophie de la trame conjonctive, soit dans

la sclérose de l’élément conjonctif qui peut aller jusqu’à l’atrophie complète de l’élément parenchymateux et donner lieu au syndrome du myxœdème, comme dans l’un des faits rapportés dans ce travail.

Cette diversité des lésions conduit à se demander si des processus variés ne seraient pas capables de produire un syndrome thyroïdien uniforme qui serait le goitre exophtalmique, comparable à d’autres grands syndromes, tels que l’urémie et l’ictère grave, engendrés par des lésions de causes diverses.

Ces altérations thyroïdiennes sont fort semblables à celles du goitre simple, et c’est une raison de penser que les rapports du goitre simple avec le goitre exophtalmique sont très étroits.

M. Achard (Traité de thérapeutique appliquée de A. Robin, fascic. III,

La maladie de Basedow frappe en réalité tout l'ensemble de l’organisme. Deux éléments interviennent dans sa pathogé-

de phénomènes patholo-

«st la hiérarchie de ces deux ordres piques.

Aussi la thérapeutique pathogéniquè devra-t-elle être dirigée : 1“ contre l’élément nerveux (hygiène, calmants, hydrothérapie) ; 2° contre l’élément thyroïdien (révulsion, électrothérapie, intervention chirurgicale).

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