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Berkeley et la philosophie critique

Berkeley et Kant. Berkeley n’ajamais prétendu instituer une philosophie critique. Il croit à la possibilité de la métaphysique, a foi dans la puissance de l'esprit humain. Sa critique de l'idée de matière tend bien à séparer la science de la métaphysique, mais c'est à Schopenhauer et non à Kant qu'il doit sur ce point être comparé. Preuve. La causalité chez Berkeley. En quel sens il continue Descartes : rejet des entités scolastiques. En quel sens il devance Schopenhauer : volonté réelle derrière la représentation. Il n'a pas fait la théorie de la science, conserve à la métaphysique son objectivité. — En quoi, malgré son empirisme, 1l se rapproche de Kant : le monde extérieur est une construction de l'esprit qui le découpe en objets numériquement distincts. Nombre, création de l'esprit. Unité des choses sensibles créée par l'esprit. En quoi cette unité se distingue de celle des formes et des catégories kantiennes : elle appartient substantiellement à l'esprit. Le tort de Kant, aux yeux de Berkeley, eût été de vouloir faire d’une pensée vivante un système de concepts abstraits, d'ériger la volonté en représentation. Inversement le tort de Berkeley, aux yeux de Kant, est de n'avoir pas admis de principe a priori de la connaissance permettant d'établir les lois de toute expérience possible. Critique du « mysticisme » berkeleyen par Kant. Elle n’est pas fondée. Sens véritable de ce mysticisme. La vérité pour Berkeley réside dans l'expérience, mais dans l’expérience vécue (intuition). RU ARS A DL

$ 3. — Le romantisme de Berkeley.

1e Le romantisme chez Kant et chez Berkeley. Primauté de la volonté. 2° Le sensualisme de Berkeley. Son véritable sens : prédominance de l'intuition, de l'instinct, des sens sur la raison abstraite. 3° Amour de la nature, sentiment enthousiaste de l’unité du monde. Progrès de la pensée berkeleyenne à cet égard : sentiment plus vif des spontanéités profondes.

Conception d'une nature vivante. — Ce progrès est dans la logique même -du système (ubiquité de l'action divine). 40 Conception mystique de l’autorité. Esprit négateur et sceptique du xvine siècle personnifié par Alciphron. En opposition, doctrine anglicane de la non-résistance. Berkeley essaye de justifier la non-résistance par des arguments rationnels. Analyse du discours sur l'obéissance passive. Sentiment de l'infini et mysticisme romantique qui perce dans ce discours. Comparaison avec Carlyle. Réaction religieuse contre le xvm® siècle. 59 Qualités littéraires de Berkeley. La philosophie romantique se rapproche de l’art en raison de l'impossibilité d'exprimer en concepts la vie vécue : Schopenhauer, RE TR RO ME D PPT AT DOME DE DE EP CR OS RE .

S 4. — Berkeley et Schopenhauer.

Une même vérité peut être sentie de manières différentes. L'idéalisme de Berkeley comparé à celui de Schopenhauer. Berkeley optimiste et enthousiaste. Schopenhauer pessimiste et mécontent.

Analogies des deux doctrines. 1° Idéalité du monde sensible. 2° Volonté subsistant sous les apparences. 30 Subordination de l'intelligence à la volonté. 40 Identité de la volonté avec le sujet connaissant et irréductibilité de la volonté à l’entendement.

Différences des doctrines. 1° Point de vue de la connaissance. Différences tenant à l'influence de la philosophie traditionnelle. Pour Berkeley la volonté divine est la cause de la représentation. Pour Schopenhauer la représentation est la manière dont la volonté s’apparaît à elle-même (influence de la critique kantienne de la cause).

29 Point de vue de l'être. Divergences qui tiennent à la diversité des caractères des deux philosophes. a) Le monde est une € mauvaise farce » pour Schopenhauer — unecréation merveilleuse pour Berkeley. b) Le monde est une illusion pour Schopenhauer : la représentation morcelle la volonté une et identique en individus distinets. Pour Berkeley, il existe une pluralité de. volontés distinctes. Pour Schopenhauer le monde n’a rien de divin. Pour Berkeley, Dieu fait l’unité du monde . . . 243

Vu, le 4 novembre 1919 : Vu ET PERMIS D'IMPRIMER :

Le Doyen de la Faculté des lettres Le Vice-Recteur de l'Académie de ” de l'Université de Paris, ; Paris,

FerpiNanp BRUNOT. Poincaré.

Poiers, — Société française d'Imprimerie.

ML

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