‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 180 sur 181 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

S 1. — Berkeley et la philosopkie du XVIIe siècle. : *

Métaphysicien, Berkeley difière des métaphysiciens qui l'ont précédé ou suivi. Ce quil doit à ses prédécesseurs. Il eite fréquemment Descartes,

Locke, Malebranche. En refusant toute réalité métaphysique aux qualités secondes, ceux-ci préparent l'idéalisme. Malebranche avait mis en relief la relativité de l'étendue sensible. En niant l'existence de l'étendue abstraite, Berkeley ruinait le notion de matière. . : 207 Plus précisément encore, Descartes, comme philosophe, admettait la possibilité de l'inexistence de la matière, affirmait l'esprit plus aisé à. connaître que le corps, tendait à faire de l'univers sensible une modalité de l'âme pensante, Comme savant, sa conception purement géométrique de la matière excluait de celle-ci tout élément psychologique et conduisait au dualisme de l'étendue et de la pensée. — Psychologue et non savant, Berkeley part du monde sensible et non du monde défini par la science, et ne voyant en lui qu’un mode de conscience, doit reconnaître à la conscience une réalité substantielle. Preuve : son volontarisme. Plus l'entendement est passif, mieux apparaît le caractère

original de’la volonté. — Par là, il se rapproche de Descartes (disproportion de la volonté et de l'entendement chez Descartes ; leur incommiensurabilité chez Berkeley.). - . . . . . . . . . 208

De Malebranche, Berkeley se rapproche en ce qu’il ne voit dans les causes physiques que des causes occasionnelles. [l en diffère en ce que le mouvement des corps, d'après lui, est créé par l’acte même qui crée les corps, tandis que d’après Malebranche une force mouvante est en outre nécessaire,le mouvement réel étant différent du mouvement sensible, et exigeant dès lors une volonté distincte de Dieu. Raisons pour lesquelles l’idéalisme de Malcbranche ne s’est pas développé jusqu’au bout: il oppose l'étendue intelligible à l'étendue sensible, l’idée au sentiment. Berkeley réduit l’espace à l'étendue sensible. . , . . . . : 212

Doctrine des signes et vision en Dieu. Dans les deux cas, Dieu est source

de connaissance. Mais pour Malebranche l'étendue intelligible existe en Dieu et est aperçué par nous en lui ; l'étendue sensible est produite par Dieu en nous. Pour Berkeley, l'espace est tout sensible et par suite tout entier produit en nous. Forme ct matière sont également données. — De là deux conceptions différentes de la manière dont le monde est représenté dans la pensée divine. Idées chez Malebranche. Archétypes chez Berkeley. L'idée est une possibilité d'être, c'est-à-dire aux regards de Berkeley ‘une abstraction, L'archélype n'existe que dans l’entendement divin et contrairement à l'idée échappe à notre FA nd NE QUE CARE ARE OT PE A ERP TE à à Fonds de croyance religieuse commun à Berkeley et à Malebranche. = Divergence des doctrines. Critique de Malebranche par Berkeley. Nous ne voyons pas en Dieu ce quireprésente les choses, mais Dieu connaît les choses que nous connaissons, La doctrine de la vision en Dieu incompatible avec la notion de l’activité divine, . . . . . 218

Rôle des idées chez Malebranche. Elles expliquent la connaissance de ce qui est hors de nous, le monde matériel : 1° parce que le corps, ne pouvant agir sur nous, n'est pas intelligible par lui-même; 29 parce que nos

propres modifications, confuses par essence, ne nous donnént pas la connaissance claire des corps. — Pourquoi il n’y pas d'idée de Dieu. 1° Dieu agit sur nous, est l'objet immédiat de l'esprit. 20 Rien de distinct de Dieu ne pourrait le représenter. 3° L'idée est l'essence opposée à l'existence. Or en Dieu l'essence et l'existence ne font qu’un. 4° L'idée est le modèle des choses. Pour qu'il y eût une idée de Dieu, il faudrait que Dieu pût être créé. La vision en Dieu est contenue implicitement dans la théorie des 1dées MU D NEA,

Le problème de l’ohjectivité tel que se le pose Malebranche n'existe pas pour Berkeley. — Objectivité chez Descartes, tendance contraire chez Berkeley. — Le xvire siècle est religieux par raison, le xix° siècle par sentiment. En quoi Berkeley se rapproche du xvrre siècle. En quoi il s’y oppose. Dieu tend à faire chez lui l’objet d’une intuition, en raison de l’incommensurabilité de la volonté à l'entendement. . . . 222

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