LA VOLONTÉ
Berkeley n’a nulle part exposé d'une manière suivie et systématique sa théorie de la volonté. Dans son livre des Principes de la connaissance humaine, publié en 1710 et intitulé « Partie L », la théorie de l'esprit et de ses notions n’est qu'ébauchée. La deuxième partie n’ayant jamais vu le jour, nous pouvons nous demander si Berkeley n'avait pas réservé pour elle les développements insérés en 1734 dans la seconde édition des Principes, et qui peuvent avoir ainsi suppléé en une faible mesure à la théorie plus complète qu’il avait peut- “être eue en vue. Dans ce cas, la théorie de la volonté aurait pu trouver place dans celte deuxième partie. Mais qu’elle n'ait jamais été envisagée par lui, ou qu’elle n'ait jamais été écrite, ou qu'étant mise par écrit, il l'ait égarée au cours de ses voyages !, il n'en est pas moins certain que les ouvrages postérieurs à la première édition des Principes ne nous la restituent pas dans son intégrité. C’est dans les textes fragmentaires du Commonplace Book que nous devons en chercher les éléments, et c’est par la comparaison de ces textes avec les autres ouvrages de Berkeley que nous pouvons espérer lui donner quelque unité.
Les vues relatives à la volonté peuvent se ramener auxtrois thèses suivantes : ;
1° La volonté est incommensurable à l’entendement, et en ce sens, à proprement parler, inconnaissable ;
1. Fraser, Introduction, t. I, p. xuiv. Cf. l'édition de 1871, t. IV, re and letters, ch. 11, p. 42, 43. -