‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 40 sur 181 · LA VOLONTÉ · texte numérisé non relu

LA VOLONTÉ

2° Elle est la substance même de l'esprit, et comme telle, identique au sujet connaissant ;

"3° Elle est toujours la même, une, identique, incorruplible, immortelle, diversifiée seulement par ses effets.

La grande cause de perplexité et d’obseurité en traitant de la volonté, est que nous voulons faire d’elle un objet de notre pensée : nous nous imaginons que nous pouvons la percevoir, la contempler, la voir comme une de nos idées. Or ce n'est pas une idée et il n'en existe pas d'idée. L'activité de l'esprit est absolument différente de l’entendement, puisque l'entendement est passif !. La volonté est acte pur, ou plutôt pur esprit, et comme telle, n’est ni imaginable, ni sensible, ni intelligible : elle n’est en aucune manière l'objet de l’entendement ?. Ces formules sont d’ailleurs entièrement d’accord avec ce que Berkeley dit ailleurs de l'esprit,-et il en doit être ainsi en effet, puisque l'esprit, en tant que distinct du contenu de l'entendement, n’est que volonté.

Ainsi Berkeley a un Sentiment très vif de ce qu'il y a d'original dans le fait même de vouloir. Ce sentiment est si fort qu’il se refuse par moments à penser la volonté sous un concept, même celui d'unité, même celui d’être. « Vous me demandez si ces volitions font une volonté. Ce que vous me demandez ne porte que sur un mot, l'unité n'étant rien de plus *. » — « La substance de l'esprit est ce qui agit, cause, veut, opère, ou si vous aimez mieux, pour éviter l’équivoque du mot « ce », le fait même d'agir, de causer, de vouloir, d'opérer... (40 act, cause, will, operate)*. Ceci revient à dire, au fond, que la volonté est l'être même, et que l’être fait l'objet d’une intuition que rien neremplace.

Aussi avons-nous vu qu'il identifie la volonté et la subslance même de l'esprit. « L’âme est la volonté à propre-

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