HISTORIQUE
Depuis fort longtemps déjà, les anciens aliénistes avaient re- = marqué que Fapparilion au cours de l'évolution d'une paralysie générale d'une maladie aiguë fébrile, avait parfois une heureuse influence sur la forme ei Févolulion ullérieure des troubles mentaux. Ils avaient vu ainsi à Foccasion d'érysipeles de la face, de fièvres Ivphoïdes graves, de phlégmons diflus, Ie délire se calmer, Fagilalion motrice s'étemdre et le processus de méningo-encéphalite S'arrêler en quelque sorte. C'etait Là d'ailleurs, dans Fesprit des premiers alénistes, un phénomenc beaucoup plus général, el celte action bienfaisante des naladies intercurrentes qu'ils avaient quelquefois notée dans lépilepsie, l'asthme, les spasmes el Tes convulsions, les vésanies franches, comine dans le cancer, n'avail susciié chez eux aucune recherche importante.
BarLarGer le premier avail essayé de provoquer de semblables arrèts de la maladie chez lous les aliénés el plus spécialement chez les paralytiques généraux en entrelenant chez eux des suppurations continues par 1e vieux procédé des sétons.
Des CSSAIS a ant paru favorables furent repris en IS7S par Maëxax qui n'en oblinl pas des résultats appréciables el renonca à s'engager plus avant dans celle voie.
\bandonnées définiivement au profil ce la thérapeutique ans phihBque qui cependant fut loin de réaliser les espoirs loudés sur elle, Tes méthodes de médicalion mdirecte de Fa paralvsie générale après être restées Tonglemps dans Foubit ne
lurent reprises que trente ans après.
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Vers 1909, Doxarn de Budapest et Fiscner de Prague, curent à peu près à la même époque, en parlant des mêmes cou-
sidérations l'idée de mettre expérimentalement leurs malades dans des conditions biologiques analogues à celles de ceriaines maladies fébriies. /
Pircz avant peu de temps auparavant tenté d'établir que les bons résultats n'étaient notés qu'à la suite des infections fébri-
les Saccompagnant de leucoevloses, les deux auteurs tehè-
que et hongrois s'adressérent au nucléinale de soude pour provoquer à la fois fièvre, hvperleucocviose eC réaction locele.
Des essais parallèles furent poursuivis par Briepe el Krits qui, en 1910, essavérent le lrailement de la paralysie générale par la fièvre provoquée au moyen d'injections de peplone ou de sérum de cheval, sans grands résuHats d'ailleurs. Te attribuèrent eux-mêmes l'échec de leurs essais à a leucopénie qui accompagnait l'élévation de température produite par les substances qu'ils emplovaient. |
Lépixe, en France, se fille prolagoniste du traitement par le nuelémate de soude qu'il ulilisa dans tous les vpes de démences. Ses premicrs résullals pourtant encourageants ne furent pas le point de départ de recherches plus amples el son exemple ne fut guère suivi par d’autres auléurs.
En 1912, von Waaxer (de Jaurege) ulilisa les injections sous-culanées de cultures mortes de slaphvlocoques et de streplocoques avec quelques succès.
Presqu'à la même époque Marrarsseck et Prrez se livrent à des recherches plus sérieuses sur la question. HS établisser d'après l'élude des dossiers sanitaires parfaitement tenus des 1134 officiers svphihtiques de Farméé autrichienne suivis durant toute leur carrière mibiiaire et dont la maladie fut survoillée presque mensuellement, que 4,7 % devinrent paralvhques généraux. Parmi ceux-ci, aucun n'avait été au cours de sa vie atteint de paludisme ou d'érvsipèle ou d'affection fébrile sérieuse. Ts consialent par contre, que tous ceux qui, durant les premières années de leur svphilis avaient été aiteints d'érysipèle ou de malaria restèrent indemnes de toutes
tp tee complications nerveuses de leur infection. Certains que c'était à l'association de la fièvre et de l'hyperleucocylose qu'était due l’action empêchante des maladies en question vis-à-vis d'une plus grande virulence du tréponème, îls s ‘adressèrent. à la tuberculine pour provoquer la fièvre curative.
Wacner avait de son côié renoncé aux cultures microbiennes, et, guidé par d'autres considérations, abouti à la conviction que la tuberculine remplissait toutes les indications pour l'obtention d'un résultat utile. Les premiers travaux de ces auteurs enregistrant des succès véritablement étonnants parurent en 1912:et 1915.
Dans l’année qui suivit, se multiplièrent les expérimentalions de la nouvelle méthode de traitement dite méthode de Wacxer. Ce furent en Allemagne les travaux de ForsTEr, FrRfepLaNDER, MEYER, ScHurrzr, ZELILER, lous parus en 1913 et 1914. En Autriche, où était née la méthode, parurent les études de Fiscrrer, Hupovem ef Wasruax. En 1914, parurent en Russie les importantes monographies de GrouscHKkoor, JoukawskY, LupmMorr, JURMANN et SUBERT, qui apportaient une ample moisson de faiis bien observés semblant confirmer heureusement la valeur de la méthode. En Italie, Barisressa, Mas, Viponr, D'ABUNDO el TamBurint, obtenaient les mémes succès par l'application de la technique de WAGxer et PrCCr.
Les pays de langues française et anglaise, avertis pourtant de l'existence du nouveau procédé et de sa faveur outre-Rhin par les communications de Pirez au congrès international de Psvchiâtrie de Gand en 1913, restèrent en arrière dans l’'expérimenlaton de cette thérapeutique particulière, sceptiques à priori devant des résultats d'apparence si paradoxale.
ANGLADE et Vu DE Teyssreu furent les seuls en France à étudier dès 1914, la valeur des injections de tuberculine dans la paralysie on Leurs Aire succès sont consignés pe le Rapport annuel de l'asile d'aliénés de Bordeaux pour 1914. Is font ensuite l’objet d'une communication d'ANGLADE à + Se 16 de Médecine de Bordeaux, en 1917 et de la thèse
— 13 — - € inaugurale de son élève Bouros, en 1918, travail étayé de 12 observations favorables.
En question abandonnée partout perdant la guerre, était reprise sans précision nouvelle à Ta réunion neurologique interalliée de 1920 par Pacx qui y apportail sa contribution par l'énoncé d’une technique qui, bien qu'inspirée des mêmes principes,. était trop sensiblement modifiée par lui pour que mous puissions la retenir ici.
Durant les deux années qui viennent de s'écouler, les recherches les plus audacieuses se sont poursuivies en Allemagne dans le sens tracé par ces premiers succès obtenus un peu partout.
Les psychiâtres viennois, berlinois et bavaroïs, dans l'espoir de réussir mieux et plus vite, atlaquèrent résolument la paralysie générale en évolution par l'inoculation de maladies fébriles. |
Pour cela, Waaner, en 1918, eut recours au paludisme du type tierce, que WricnBronT, en 1919, essaya à nouveau dans des conditions peu différentes.
Praur et STENER d'une part, Munrexs, WeyGanpr et KirscH- BAUM d'autre part, plus récemment encore, en 1920, eurent recours à la fièvre récurrente qu'ils provoquèrent par inoculation chez plusieurs malades de leurs services d’aliénés, atteints de lésions méningo-encéphalitiques.
Ce sont ces méthodes spéciales, nouvelles, et encore inutilisées en. France, dont nous éxposerons ici la technique et les résultats, désireux uniquement d'en vulgariser la connaissance, d'en montrer le mode d'emploi inoffensif, et de susciter
des recherches plus approfondies.