‹ Exposé d'un système de législation criminelle pour l'État de la Louisiane et pour les États-Unis d'AmériqueChapitre 21 sur 83 · XXVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXVI PRÉFACE

Dans nos enlreliens ù Paiîs, il revenait souvent sur le regret qu'il éprouvait de n'avoir pu développer devant le Sénat des Étals-Unis le plan d'ensemble de son système de lois criminelles et montrer comment l'abolition de la peine de mort et l'introduction du régime pénitentiaire y répondaient à deux irrésistibles besoins de la civilisation chrétienne.

Lorsqu'en 1835, quelque temps avant son départ pour les États-Unis, nous prîmes congé de lui, il nous dit, en nous serrant la main, qu'il renonçait désormais à la vie politique et que les jours qu'il plairait à la Providence de lui accorder encore seraient entièrement consacrés au perfectionnement de son système de lois criminelles, dont il semblait moins toutefois espérer l'adoption par l'État de la Louisiane que par le congrès des États-Unis.

Aucune de ces espérances ne devait malheureusement se réaliser, car, quelques mois après son retour, dans l'État de New- York, il mourut, âgé de 72 ans, à sa terre de Montgommery où il s'était retiré pour y vivre au milieu de ses affections et de ses études.

Jusqu'à ses derniers moments rien n'avait pu ébranler chez M. Livingston sa ferme confiance dans l'avenir réservé par le progrès de la civilisation aux deux réformes de l'abolition de la peine de mort et de l'adoption du régime pénitentiaire dont il est encore aujourd'hui le plus glorieux représentant aux États- Unis.

• PaÉFACE^ XXVII

La confiance de M. Livingston n a pas été trompée, ainsi que l'atteste le mouvement progressif de ces deu]^ réformes que nous nous sommes efiforcé de suivre et de constater dans des communications successives à Tinslitut, insérées (!) dans le Compte rendu des travaux de TAcadémie des sciences morales et politiques, qui s*honorail de .compter M. Livingston au nombre de ses membres associés étrangers.

Les divers systèmes pénitentiaires qui se disputaient auxËtats-UnisIa préférence de l'opinion publique, obtinrent une large place dans les préoccupations de TEurope. De toutes parts furent de plusen plus recherchés, étudiés, expérimentés, les divers modes du régime pénitentiaire qui pourraient le mieux s'adapter aux traditions et aux mœurs européennes.

Quant à la peine de mort, presque tous les États de rUnion américaine en ont successivement restreint Tapplication; plusieurs en ont supprimé l'exécution publique et quelques-uns même en ont prononcé Tabolition définitive. Mais c'est surtout en Europe que Ton est frappé du mouvement abolitionniste et des proportions considérables qu'il prit à dater . particulièrement de 1864 au commencement de 1870.

Dans cette courte période, en effet, l'initiative parlementaire introduit la proposition abolitive de la peine de mort dans la plupart des assemblées législatives de

(1) Compte rendu des séances et travaux de rAcadémie des sciences morales et politiques, par M. Vergé, sous la direction de M. Mignet, secrétaire perpétuel. Il serait trop long d'énumérerla série de ces communications, mais, à l'aide de la table alphabétique des matières, il est Tacile de s*y reporter.

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