‹ Exposé d'un système de législation criminelle pour l'État de la Louisiane et pour les États-Unis d'AmériqueChapitre 24 sur 83 · XXX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXX PRÉFACE

libre de Brème, et dans le royaume même de Saxe, malgré la loi qui en avait promulgué la suppression avec le concours de tous les pouvoirs publics, et malgré les bons résultats obtenus.

C'est encore et toujours en vertu de l'unification pénale que l'Italie menace la Toscane de la restauration du bourreau en ne permettant plus h la science de la législation criminelle d'invoquer cet heureux précédent dont elle aimait à se prévaloir. N'est-ce pas là, comme nous l'avons dit ailleurs (1), un crime de lèse-humanité que de venir arrêter une réforme humanitaire dans le cours de ses heureuses expériences et de lui interdire de conserver et d'afifermir l'autorité de ces précédents !

Depuis 18661e vent qui souffle du Nord sur l'Europe y dessèche les sources de sa civilisatioil.

La vieille Europe, flère de se dire la Bile atnée de la civilisation, étalait avec orgueil dans ses expositions internationales les magnifiques produits de la richesse agricole, industrielle et manufacturière et les chefsd'œuvre des beaux-arts. Elle étonnait le monde par les miracles de la science qui triomphait de tout ce qu'on avait appelé jusqu'alors les invincibles obstacles de la nature.

Tandis que s'accomplissaient ces prodiges des sciences physiques et mathématiques, les sciences morales et politiques travaillaient à leur tour au progrès humanitaire, et il semblait que l'activité humaine ne devait

(I) Voir Revue cntique de la législattoriy livraison de mai : lettre du 15 avril 4870 à son Exe. M. Léonhard, ministre de la Justice de Prusse.

PnÉFACE. XXXI

plus se consacrer qu'à reculer de jour eu jour ies limites de la civilisation, et à étendre ses pacifiques conquêtes.

Telles étaient les brillantes espérances de TEurope, lorsqu'elle a tu se dresser au Nord un militarisme aussi redoutable par la nouveauté de son organisation que par la puissance d'une centralisation qui centuplait ses forces. L'alarme s'est répandue parmi toutes les nations, qui, {)Our sauvegarder leur indépendance et leur sécurité, se croient obligées de se militariser à leur tour. Mais comment organiser ce militarisme sans désorganiser toute la société civile, sans jeter la perturbation dans les travaux de Tagricullure, de l'industrie et du commerce, en même temps que dans ceux des scieuces, des lettres et des beaux-arts; sans paralyser et suspendre en un mot le progrès et le développement de l'esprit humain?

Pour nous, le problème est iusolubie, et le Nord pous^ une seconde fois TËurope dans la barbarie. Le militarisme en effet bouleverse les vocations, détruit les aptitudes dont la libre expansion constitue la force productive et la puissance morale des nations.

Quel peut être, dans le chaos où l'Europe est en ce moment précipitée, la place réservée au progrès humanitaire, à celui du droit en général et à celui du droit criminel en particulier? Que peut espérer l'empire du droit d'une ère où c'est la force qui le prime?

Dans un pareil et si douloureux état de décadence, cette édition nouvelle du Système des lois criminelles pour la Louisiane et les États-Unis par M. Llvingston, a un singulier mérite d'opportunité> car elle nous permet au

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