XXXII PRÉFACE
moins de reporter nos regards sur un pays où peuvent se réfugier les espérances et se réaliser encore les promesses de la civilisation du dix-neuvième siècle.
11 nous montre en effet un pays complètement affranchi des plaies du militarisme et de sa centralisation ; un pays qui respecte à la fois le développement humain dans l'autonomie de l'État et dans la liberté de Tindividu; un pays qui ne vient pas paralyser par Tunification législative la liberté et l'initiative nécessaires au mouvement progressif de l'influence des lois sur les mœurs et des mœurs sur les lois.
Les États-Unis ont le Code pénal fédéral relatif aux crimes et délits contre la confédération, et chaque État a la liberté d'élaborer et de perfectionner son code particulier. Les législateurs américains ont parfaitement compris qu'au sein d'un État fédératif l'unification législative n'avait pas sa raison d'être, dans l'intérêt du perfectionnement de la législation eu général , et de la législation criminelle en particulier.
On conçoit l'uniformité du système monétaire et du système métrique. Ce sont là deux moyens d'activer et de simplifier les divers échanges dé valeurs et de produits entre les peuples. Mais quand il s'agit d'institutions qui doivent nécessairement, comme la législation criminelle, suivre des améliorations progressives, le fédéralisme en faisant de l'unification détruit le^ avantages qui tiennent à sa propre nature. Le propre en efiFet du fédéralisme, c'est de conserver le plus possible à chacua des États confédérés, l'initiative nécessaire pour établir entre eux une émulation et une
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activité incessantes dans la recherche du perfectionnement des lois.
Ainsi donc» aspirer, comme le fait aujourd'hui la confédération de l'Empire allemand, à Funification législi^ive, ce n'est pas de sa part aller en avant, mais rétrograder, c'est renoncer à l'initiative et à l'émulation qui sont entre les peuple^, comme entre les individus dont ils se composent, les deux conditions essentielles de la loi du progrès! Ce n'est donc plus la Confédération allemande, mais la Confédération américaine qui nous ofiFre l'esprit libéral et civilisateur dont la constitution fédérative doit s'inspirer.
Rien n'est plus instructif dans le temps présent que de voir la sagacité avec laquelle M. Livingston a tracé les attributions de la juridiction du gouvernement fédéral, sans porter la moindre atteinte au pouvoir législatif que garantit à chaque État le respect de son autonomie. Aussi, pour juger la constitution américaine à l'œuvre, il suffit d'interroger les faits qui se rattachent àla réforme pénitentiaire. A qui doit-on en effet le grand retentissement en Europe de la réforme pénitentiaire aux États-Unis? Ace que la constitution fédérative a permis l'élaboration des divers modes de cette réformé et la recherche de celui qui pourrait être le meilleur. De là le spectacle que nous ont offert les États de Pennsylvanie, de New- York, deMassachussets,etc., et les services qu'ils ont rendus à la science par l'activité de leur initiative, la variété de leurs systèmes et l'instructive rivalité de leurs efforts.