INTRODUCTION. XXV
me - Uni considère avec raison les finances comme le centre et le point d'appui, si tout n'est pas méthodique et régulier d'après les idées d'ordre reçues chez d'autres nations , tout du moins est accessible au contrôle de la publicité, et marche depuis douze années vers des améliorations constantes, d'autant plus remarquables que l'époque en est moins éloignée. Les premières, parce qu'elles étaient les plus urgentes , ont eu pour objet la réduction de plusieurs des tributs accumulés depuis une longue suite de guerres , la suppression de rouages administratifs devenus inutiles , des opérations ayant pour résultat la réduction réelle de la dette, et aussi de nouvelles combinaisons de tarifs qui, en favorisant l'essor de l'industrie et le progrès des consommations, ont couvert largement le trésor des sacrifices apparents qu'il a su faire. Diverses perceptions cependant , ou gênantes par les formes qui les accompagnent, ou onéreuses dans leur quotité, dont plusieurs même sont manifestement préjudiciables à certaines fabrications, se perpétuent avec l'assentiment de la législature. S'il en est ainsi, c'est que leur conservation est reconnue indispensable pour satisfaire aux en^
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gagements qui reposent sur la foi pubîiqOë , et pourvoir à des dépenses qui tiennent à la dignité et au rang élevé que l'Empire Britannique occupe parmi les Puissances.
Depuis que la réforme électorale obtenue en i832 a modifié les éléments de la représentation nationale dans la Chambre des Coriimunes , le Gouvernement et la législature marchent de concert dans la voie d'une sage libéralité , adoptant ou préparant des institutions que l'état de la société réclame , et que l'on est surpris de ne pas trouver dans la Grande-Bretagne. Chaque session depuis lors a vu rendre des lois ou présenter des bills qui tendent à doter l'Angleterre d'un état civil des individus; à relever des classes de citoyens d'interdictions dont les préjugés les avaient frappés ; à rapprocher les tribunaux des justiciables dans les comtés ; à offrir aux contractants et aux prêteurs, dans les transactions privées , les garanties légales que leur offrent ailleurs un enregistrement des actes soumis aux droits, et les formalités d'un régime hypothécaire.
Mais dans les mesures déjà adoptées , dans les projets élaborés , rieri ne tend à affaiblir
IWTRODUCTIOrr. XXVII
les 1[TÎ8f¥hs puîssàtits dont l'administratiori jçénérale est armée par une législation toujours dirigée vers le but qu'elle se propose. Au contraire , l'autorité publique semble devoir se fortifier , dans l'intérêt général , par d'autres irëformes non moins fécondes en grands résultats. Ces dernières portent sur l'administration locale et sur les perceptions qui sont abandonnées à des collecteurs privilégiés.
Dans le Royaume-Uni, cette seconde administration, ces percepteurs isolés, représentent des services d'une haute importance, pour lesquels l'agriculture , les propriétés bâties , le commerce et les industries, sont tributaires de près de 800 millions de francs. Rarement ces impôts sont exempts ou d'inégalité dans l'assiette ou de partialité dans la perception. Plusieurs sont accompagnés de rigueurs daiik le recouvrement ; et rarement le produit eh est dispensé avec équité , ou employé sans des désordres dont les conséquences retombent plus péniblement d'année en année sur les populations.
SI ces désordres se sont introduits et perpétiies, cest parce que, dans radministratioti locale , abandonnée à ses propres impulsions ,
XXVIII INTHODUCTION.
appuyée sur de vieux privilèges , et aussi pour les exacteurs privés , il n'existe ni unité , ni ensemble , ni autorité supérieure qui exerce une surveillance constante dans l'intérêt des administrés.
Centraliser, c'est-à-dire, attribuer aune autorité responsable une force d'impulsion et un droit de contrôle supérieur , renoncer à la déception des fonctions gratuites, et faire intervenir l'administration générale dans le choix des principaux agents d'exécution , tels furent les moyens qui se présentèrent d'abord comme un remède au désordre croissant.
Adopter ces combinaisons, c'était à la fois reconnaître l'impuissance de la surveillance administrative léguée par les temps anciens au Parlement sur des détails qui devaient lui échapper, et proclamer tout ce qu'avaient d'onéreux pour le pays des officiers à titre gratuit élus par leurs concitoyens. D'un autre côté , c'était annoncer aux administrés , instruits par une coûteuse expérience des inconvénients du régime existant, qu'un pouvoir protecteur, une responsabilité réelle , allaient naître de l'obligation imposée au Gouvernement de diriger et de suivre l'exécution des lois d'intérêt local,