UU
. Prendre pour cet impôt la somine qui a été payée en 1 834 9 serait rester en arrière des résultats économiques d^jà obtenus. D'un autre côté , adopter le chiffre que donne l'une des années i835 tu. i836 j .serait et s'écarter de l'époque chobîe pour établir la masse des contributions, et considérer «comme entièrement réalisés les effets d'un système qui n'est encore qu'à son début. La moyenne de ces trois années doit être le point le plus rapproché de la vérité ; on l'admettra donc. Ci « i43»3o4,ooo fr.
A en juger par l'énormité de cette somme , on serait tenté de croire que les classes fortunées de l'Angleterre ne sont pas moins insensibles au spectacle de l'indigence qu'au bonheur de secourir bé-' névolement l'infortune. Cette opinion serait gran* Tome II. a6
^0é lÊAXn UMkttÊ
dament «rroote» U q'esl pas de pey^ m Sufope qi4 pOM^de HP plus grand nombre d'hpspices, de mat ^ons de refuge et d'antres fondations charitable! priées et entretenues awec le revenu de dotations ^ pu sur le produit dé donations volontaires; et plil^ sieurs de ces établissements pourraient être avantageusement comparés avec ce quf existe de plp^ remarquable ailleurs. Là ne se bornent pas les ef« fets d'une philanthropie pratique. Des fondation^ charitables possèdent dés biens-fqnds et d'autrei irapitauz dont les revenus réunis , fifiectés au soulagement de la classe ihdigentp j s'élèvent k a/iyS'jBjOOO fr. Cette somme, répartie avec disceriiementefitre Tes &miUès véritablement nécessiteuses, suffirait dans d'autres États d'âne populàtioti 4gale pottr leur procurer un %3ulagement réel. Ce n'est ici qu'ttne prodigalité nouvelle. Les exprés** fions des piembres de la Commisâon d'enqiîête ne permettent aucun doute i ce sujet; . tf En ce qui concerne les fondations oharitables,
m dont les revenus sont distribués à ceux là mè-
« me qui reçoivent les secours des paroisses , les 4t faits recueillis nous ont convaincus à regfet que, it de la manière dont ils sont administrés ^ ces reff venus ne sont qu'un gaspillage trop souvent nuim sible. Répartis en beaucoup de lipux d'après les . s mêmes bases que le sont les autres secours dans « les paroisses les plus mal ordonnées, s'ils oQt un •c effet moins funeste , c'est upiquement parce que M la lomme en est limitée. Dans d'autr(^ cas , ils
ou moTAimt*tTtY. iiùi
tf ont une îaSaencé perhicieuse qui leilr Mt )Sr(><^ i |>rt. Gei donatiôni oiit été fàitl^s \% p\M ttrdii ¥■ nairement en ftiveur de$ pativi^e^ dé teirtàtnei < Wllei ûa piroistes. Ôr , l«s lieiiK fÀTttriiék pftl^ \ei % chaiitës 1m plui abondantes detiéiinerit le poini ff de réunion d'un grand nombre de pauvres ; qui ; « attirés par i*espbir d'un petit réveitu bbtenu sané « travail; végètent oiiifii dans une héftidéncé défà*^ ^ vorablc à l'exercice dt leur indostHé. Aiqsi la roi^ « sàrb n'est pas seulement recueillie ; mais elle est « engendrée sur le soi même d'où le bienfaisant % fondateur espérait évidemrioent la fidre dispa^ f raitre. »
Les revenus produits par les donatiops clîartta^ bies ne sont pas de nature à être confondus aveu le mbutant des impositions ; mais^ en réDiiislaht let deux sommée pour connaître œ que coûte à l'An-^ gleterre uiî pappérisme funeste à tant d'égaHid^ oif trouve que ses dépepses connues approehettt àoù millions de frapcs.
Taxe des pauç^res çn Ecosse.
L'Angleterre et le pays de Galles supportaient de* puis lohgterhps la taxe des pauvres, qdë cet impôt et ses fichenx effets étaient encore inconnus en Ecosse. C'est depuis un siècle environ , peu après l'union deé deux Royaumes , que Tusâgié des impositions pôUh' lé soutien dés paiivlres s'est intro-
/io4 TAXES LOClLBt
duit dans celui-ci. Jiisqu alors, le produit des coU lectes faites le dimanche à la porte des églises, celui d'une modique taxe payée pour l'annonce des mariages, et d'un autre pour la location dans les funérailles d'un drap mortuaire appartenant à l'église, avaient suffi aux secours que réclamait la véritable indigence. Les fonds provenant de ces différentes sommes étaient confiés à un trésorier, et admi-^ nistrés' par un comité paroissial ( kirk session ) , composé des personnes les plus recommandables, choisies sans acception du rang ou de la fortune dans une réunion générale de la communauté, et nommées le plus ordinairement par le ministre qui était leur président né. Ces fonds peu abondants, mais distribués avec économie et discernement, suffisaient pour fournir aux plus pressantes nécessités de la misère; Il arrivait même fréquemment qu'ils laissaient un excédant annuel que l'on plaçait à. intérêt comme une réserve pour des temps malheureux. La classe des habitants qui. attend ses moyens d'existence d'un travail journalier, ne comptant pas sur des secours permaiients , était entretenue dans des habitudes de sobriété et d'activité laborieuse qui contribuaient à son bien-être et au maintien des mœurs. Des années de disette, d'autres calamités publiques, et peut-être aussi le contact plus fré(jiient avec les provinces du nord de l'Angleterre, ^conduisirent des villes populeuses, puis d'autres ensuite à adopter la législation anglaise. Les Cours de justice ayant donné leur. sanction à
DU ROTAUMB-UNI. 4^^
cette* mesure, robligation de subvenir par une taxe aux besoins d'une partie de la population , passa dans les habitudes des paroisses de FÉcosse. On n'y adopta pas pourtant les dispositions des statuts qui laissent la totalité de la taxe des pauvres à la charge des fermiers. En Ecosse, l'impôt doit être supporté également par le propriétaire et par l'exploitant. '
Là où ce changement s'introduisit, une diminution sensible se fit remarquer dans le produit des collectes : l'adoption du principe de la taxe exigible en fut la cause. Du moment où l'on se vit dans l'obligation de payer on donna moins , sans doute parce que la charité, lorsqu'elle est contrainte, cesse d'être une vertu. A ce premier effet des susceptibilités de l'esprit humain , se joignit un autre motif sur la réalité duquel s'accordent | et les historiens et les économistes. Il tient à l'espèce de jalousie que les propriétaires fonciers inspirent aux autres classes, et surtout à celle des fermiers. Absents pour la plupart, les grands propriétaires ne contribuent en rien par conséquent aux bonnes œuvres recueillies à la porte des églises. Or, comme le produit de ces collectes destiné aux pauvres , en réduisant^d'autant la somme imposable , profite au propriétaire qui doit acquitter la moitié des taxes, des paroissiens calculent que déposer leurs offrandes serait mettre de l'argent dans la poche du riche; et ils s'abstiennent par cette raison.
La répartition des fonds de charité continue d'ap-
é9jÇ TâVM l.OeàLM
IW*«WÇ W «MPWM pafoiwal ? ttftiâ il ntte étrani* gw à remploi d^ produite des twes dont Tâppli* fation e$t faitd par d'autres meiobreà dt bk coiii«munauté. Adoptant cette tnénie diatinclion , lei 4Ddîyi^s adçaîa au Aeeoura fobt en général une Ip^ande di^reQcç entre ce qui leur vient de Tud on de Taulf i| ^té ^ parce qu'Ut ia?ent qu'une par* tîe ^'etlt ^i^e. le réaultat d'une charité obligée (/or- Cad chari0r^f et que \a reste au contraire eatdu k la bien&isa^ce. V* reçoivent dolic aana reinerciemeotay comme une chose due^ ce qui provient des taxes, ^^ ils témoignent leur gratitude de ee qui leur est {M^cordé sur le produit des coUectet. < Daro Topi*ç nion aiiétneni adoptée par les pauvres^ qu'ils ont 5(^ \fp, droit acquis atis secours de U paroisse , les « ajppels au shériff ou au juge voisin ^ des refus du K comité paroissial ou de celui des habitants, dcve^ « paient assez fréquents pour détrui» le pouvoir « discrétionnaire de ces admiuistrateers. Mais une « décision supérieure prise depuis peu d'années a « prononcé que les Gours de session seraient seul» « compétentes pour ces sortes dappels^ C'est , en «d'autres ternes ^ rendre radminislratiOD parois- « siale juge nbsolu) caries formalités de la procès « dure en cas d'appel sont tettement compliquécfs a et 91 dispendieuses que rarement ou peut y avov f(recours«t
L'Ecosse doit k cette cîrcanstance d^étre a£fran- «date des exigences parfois incommodes que les
loagiâtnts de FAb^eterrë ont autorisées pkd ieitf interrention dans les qbe&tiona relatires à raIloeà« tioo et à la quotité des secourâ.
Toute rÉcosse n'a pas admis qu'une tamé oblà* gàtoire fût iodiàpeosable pour secourir la classa îodigenté i ce n'est que daiis les districts hgrieoles qUe rusage de l'ibipositioQ a été b plus généf ralement adopté* Beaucoup de paroisses encore trourent dans le produit sagement adtninistré des GoUecites faites à l'église « de quoi siihrenir aux plus pressantes nécessités db paurre. La mise tn pra4> tiqve de ces deux systèmes opposés, dans dei paroisseé touvent rapprochées, a ibumi à l'esprit d'bbserratioQ des &its qui peuvent aidera résoudiie la grande question qtii intéresse et qui occupé si virement l'Angleterre.
Dans lés lieux ou l'impôt é^ venu remplacer ea tdut ou en partie les produits des collectes , la répi»gnanoé naturelle à sollicita les aecoura de la charité diapafsnt, le paupérisme se propage^ le taux dos taxes s'éleTe sensiblement,' et l'oii yoit s'éteindre cça anciens sentiments d'indépendance et d'honfaeur qui portaient TÉcossais à n'attendre qu^d lui seul aes moyens d'existence« Des bommte éclairés 5 ddués d'une philanthropie rraie^ ont tenté d'ufréter les pvdgrès d;ii mal dont Usant reconnu Forigide» Dans l'une des ^aroîssea de Gbtscow, le réVéïreué docteub Cbàlmers entreprit en jftio de réchure le nombre des indâTÂdua inscrita au livre des pauvres^ et de ^imltet la somme des seckmri au produit des offta»
4o8 TAXES LOCALES
des' bénévoles. Le problème a été heureusement résolu par le docteur Cbalmers : sa persévérance a délivré un quartier d'une ville commerçante et manufacturière de Timpot exigible que conservent les autres paroisses de la même cité. Cet exemple a trouvé quelques imitateurs, ce qui n'empêche pas la taxe de se propager ailleurs. Toutefois les excès et les abus nés du paupérisme dans un pays voisin j n'existent pas et ne paraissent pas à redouter en Ecosse. Ici, en effet, les habitudes de sobriété ne sont pas toutes détruites; les principaux habitants, intéressés à ne pas prodiguer des ressources auxquelles tous contribuent, veillent à ce que les secours à domicile ne soient accordés qu'aux malades et aux infirmes nécessiteux. A Edimbourg, chaque citoyen est appelé à exercer ce contrôle au moyen d'une liste imprimée de ces peu* sionnaires; et tout individu valide qui réclame les secours ne doit les obtenir que dans la maison de travail. Enfin , dans aucune paroisse on ne remarque ni Texigence insolente du paupérisme anglais, ni la hideuse 'misère qui accable le malheureux journalier en Irlande.
Des sociétés^ secours mutuels contribuent en*core à prévenir une,, aggravation des taxes. Ces associations ont reçu une existence légale, dont l'une d^ conditions est de soumettre leArs statuts à l'approbation des comtés en cours de session. Leur objet esf d'assurer des secours pendant la maladie ou p ndant la vieillesse aux sociétaires,
DU ROYAUME-UNI. ^OCf
et après eux des pensions à leurs veuves , moyennant une contribution réglée d'après les chances de mortalité et de maladie, suivant les différents âges. Beaucoup de ces sociétés ne purent d'abord se maintenir, parce que le taux des cotisations avait été établi sur des bases erronées. Un comité central, institué depuis peu d'années à Edimbourg, a pris le soin d'imprimer une direction uniforme et régulière aux opérations de ces établissements dans les diverses parties de l'Ecosse; et les tables qu'il a fait dresser doivent prévenir le retour de semblables erreurs.
Il existe aujourd'hui soixante-trois de ces associations, comptant plus de cent mille souscripteurs.
Le nombre des pauvres de l'Ecosse et le montant des secours de diverses origines dont ils profitent, ont été constatés pour la dernière fois avec un certain ensemble dans un rapport publié en i8ao. Car les commissaires délégués pour ce Royaume par la Commission d'enquête créée en i833, se sont bornés à donner des indications prises dans quelques paroisses isolément. Suivant le document existant, que le rapporteur lui-même *ne présente que comme approximatif, on comptait eii 1820 environ 4^9000 individus admis au setfburs des paroisses; ce n'était que deux et un quart pour cent d'une population qui s'élevait alors à deux millions d'habitants. *
A part quarante-neuf mille francs employés en frais de procédure , la dépense totak s'élevait à a millions 875,000 francs dont les fonds provenaient ,
4lO TkXB$ ^.OCiLBS
Des collecte^ iisiites le dimanche «i 1^ porte des églises , pour ; ^^^fStoq fr.
De dons voloi^faires, pour. * . . • 1177^500
D'autres fonds saus indication d'origine, pour ,..*.. ^i^Q^,
£t du produit des impositions exi^* gibles, po^r *.•.... li^So^oço
Total ëgal. ..... 2,875,000 fr.
Lh dernière de ces quatre soni^es est ^ seule (]ui doive 6gurer cpmme représentant la taxe des pauvres en Ecosse; ci. • . • i,a5o,ooo fr.
$ in.
cotisations iégales, ou eùntribut^ns tUUitiwtneUes
aux sommes irpposées par les Grands Jurys d^lr^ lande po^r les secours administrés aux pauvres malades ou s&k^frants.
L'Irlande offi'e le spectacle de contrastes tels que la réunion «en paraîtrait impossible , s'ils n'étaient attestés par les enquêtes qui, depuis plus de douze années sans^iqterruption , et pour des questions d'éconorpie publique ou d'adipinistra^ion, onÇ cçostatélasituation de ce fertile et malheureux pays#
L'Irlande est exempte d'une parée des couvrir butions publiques connues dans la Grande-Bretagne, et pourtant; ^ population succombe ^us le poidis 4es taxes. Seule des trois parties du Roya^me^Uiii
^1^ obtient habituellement des alloçs^tiops pow traraux publics , pour eucouragement aun fabriques et à l'agriculture } et Soo^ooo puvriers ou culti^ yateurs valides j représentant avec les i{ainiUe,$ dont ils sont le soutien a rpillions 400^000 individus^ manquent d'occupation, par conséquent de mojen^ d'existence» pendant trente des çinquante'^eux ^.* maines de Tannée , <c c'est-à-dire , que s^v troif « habitants il existe un pauvre ou un mendiant, j^ Chaque aimée encorcy l'émigration conduit aux co* lonies un grand nombre d'Irlandais» tandis que le tiers d'un sol généralement fertile attend les bras d^ cultivateur^ Depuis longtemps le Parlement vote en laveur de l'enseignement primaire» des fonds que n'obtenait ni l'Angleterre ni l'Ecosse; et» dan^ aucune partie de l'Europe» l'éducation n'eat aussi arriérée qu'en Irlande. Sans parler de la consommation excessive et funeste des boissons spiritueusesi celle du thé et du tabac dépasse dans sa progrès* aion les rapides accroissements de la population; le commerce maritime s'étend ; plus de cinquante bâtiments à vapeur transportent journellement à Bristol» à Londres » mais surtout à Liverpool et à Glascow, le gros bétail^ les chevaux ^s ipçiulets» les cochons» le beurre, les œufs et la volaille dont la tiavigation intérieure facilite l'arrivage dans les ports. ÏM i4obesse nationale s'accroît donc téellement ; mais la misère se propage encore plus t&^. ptdefnent, et avec elle les crimes. et les délits les plus funestes à la tranquillité et à ta prospérité
publique. L'indivisibilité de la propriété foncière accumulée par succession dans les mêmes familles, l'excès et le mauvais emploi des impositions si inégalement assises et plus mal employées parles grands jurys, Todieuse exaction des droits de tolls and customs (i), suffisaient pour perpétuer Tèxistence d'une classe malheureuse et souffrante , lorsque d'autres causes sont venues aggraver la condition de l'Irlande en la privant des avantages que semblaient lui promettre son sol fertile, sa population laborieuse, et qu'aurait dû lui assurer depuis trente- six ans son agrégation au Boyaume-Uni.
D'abord , la violation de l'un des principaux articles du traité de Limerick (2) , et l'état d'ilotisme dans lequel le Gouvernement crut devoir tenir un pays dont la population ne professait pas la religion dominante, eurent pour effet réel , s'ils n'eurent pour but, d'exclure l'Irlande de la participation au développement industriel qui enrichissait la Grande-Bretagne , en même temps qu'il frappait une main-d'œuvre profitable à ses habitants. Ce même esprit, exclusivement favorable aux intérêts de la Grande-Bretagne, maintenait l'Irlande sous l'empire d'une législation tout exceptionnelle. C'est
(i) Voir la Section m da Chapitre des Corporations municigales^ au présent titre.
(a) Le traité de Limerick, conclu en 1691 , garantissait aux catholiques irlandais la consei*vation des privilèges religieux dont ils avaient joui pendant le règne de Charles IL
BU JIOTAUME-U5I. ^iZ
ce qui eut lieu surtout relativement à la houille, dont ce pays n'est pas suffisamment pourvu par ses propres exploitations. Pendant longtemps ce combustible, si abondant en Angleterre et en Ecosse, et si éminemment utile à leurs fabriques, n'arriva dans les ports d'Irlande que frappé d'un di'oit d'exportation égal à celui que payaient les charbons destinés à l'étranger. Cet impôt, le prix du fret, des droits de mesurage dont la légalité est contes* tée, les frais et les retards inséparables des formalités à remplir aux douanes pour toutes les marchandises tarifées , établirent une différence telle que, même dans les villes maritimes, la consommation des houilles , bornée au chauffage de la classe aisée, ne put s'étendre aux distilleries ou aux brasseries; et que, même à Dublin, un très-petit nombre de fabriques tirant leur force motrice delà vapeur, peuvent en profiter. Aujourd'hui encore les contrées de l'intérieur ne sont pas mieux partagées, malgré les facilités que donnent pour les transports , et le grand canal qui traverse le Royaume depuis la capitale jusqu'à Limerick, et l'existence sur cette voie , d'une navigation par la vapeur dont l'origine remonte à i Sag. Ce dernier empêchement dérive de l'une de ces perceptions connues sous le nom de tolls and customs. Celle-ci, concédée à la compagnie propriétaire du canal à titre de droit de navigation, est réglée d'après un tarif qui porte, entre autres articles, sur le blé, les farines, le mak et le beurre. La taxe sur les houilles prises dans les
^i4 TAm LOCALES
portd équivkut par son taiîx excessif à une prohibition. Moins élevée sur lés charbons Irlandais, elle égale encore les deux tiers de leur valeur d*a* chat primitif. Ses résultats prouvés ont été de faire transporter en i83i,sur le grand canal, une quantité bien moindre de celle qui l'avait été en j 8a i ; tandis que dans la même période, le transport des autres marchandises a tellement augmenté, que le produit total des droits de navigation s^est élevé de moitié en sus. Uexorbitance de droits qui excluent de la navigation intérieure les houilles importées de la Grande-Bretagne , et qui arrêtent la consommation des charbons indigènes, n'est ni une erreur, ni une faute involontaire : elle s'explique par la réunion, dans les mains des concessionnaires du canal , de houillères considérables en Irlande. Par lin calcul très-simple, la compagnie, en renonçant aUx produits des droits dits de tonnage, s*est assuré le bénéfice bien plus grand qu^elle retire du monopole des houilles extraites de ses propres mines. Contrairement aux principes du Gouvernement anglais , qui Sont de feire céder les intérêts privés du bieh publié, la concession d'un toll a ratifié cette spéculation, tnême depuis que, par un actede 1 83? , les charbons de la Grande-Bretagne à destination de llriamle ont été considérés comme article de cabotage, et à ce titre, exceptés du droit de douane.
Tant qu'exista à l'importation en Irlande le droit perçu poUr le compte du Trésor^ le prix
Dis KdtiLtTins-uti. 4^^
des hobillos^ quadruple dans l6 t)ort de Du« bliii de ce q^'il était dans la Grande-Bretagne^ rendit non-seulendent toute concurrence itnpossi* ble de la part des Irlandais sur les marchés de Yi^ tranger pour Ips tissqs fabriqués à la ibécadique, mais encore l'Angleterre et TÉcosse, &vorisées par un tarif que rirlatldé attribuait hauteiiient à liné injustice de la législature ( to iegishtipe (njustice)^ se trouvaient en possession d'approvisionner ce Hoyaume en étoffes de coton , de îaihe et de lin, qu'ils pouvaient livrer à boh marché. Cependant l'Irlande, recevant annuellement beaiicotip pluâ qu'elle ne pouvait livrer, se voyait encore dëpouiU lée presque entièrement des bénéfices et du travail que procuraient à sa population la filature â la main et le tis^ge îles toiles dé lin qui, depuis plusieurs siècles, formaient sa principale indus^ trie.
Aussi longtemps qUfe se maintint le haut prix auquel s'élevèrent les denrées de première nécessité à la &veur^ tant de la guerre que du libre com- Inerce des grains avec ^Angleterre , Tagriculturel feçut uh développement rapide : les bras devenant plus recherchés , la population prit un accroissement prioportionné à celui du travail, et le revenu des tecres s'élevall rapidement d'année en année« Afin d'étendre Sans peine leurs bénéfices, les pos^ sesseurs de baux à vie ou à long terme s'avisèrent de diviser kurs iSermes entre des sous-fermiers. Revenaut à un usage qui avait etisté précédem-
4l6 TAXES LOCALES
iDentetqui cette fois fut généralisé, un, quelquefois même plusieurs sous*feriniers s'interposèrent ainsi entre le propriétaire et l'exploitant; mais, en dé* finitive, ce dernier était tenu d'acquitter les fermages, et pouvait être saisi par le propriétaire de la terre aussi bien que par chacun des sous-fermiers. Il n'était pas de porteur d'un bail qui ne voulût ou sous-louer à un tiers ou subdiviser l'exploitation entre les membres de sa famille. Dans le premier cas, il prenait rang parmi les middle men^ ou classe intermédiaire qui s'établit alors. Le midr die man n'avait pas le même intérêt que le propriétaire du sol à assurer une certaine aisance i l'exploitant. Dirigé uniquement par un esprit mercantile', dans la vue d'élever son bénéfice il portait la location au plus haut dc^ré possible; et l'exigence^ plus rigoureuse des termes, le refus de réduction des fermages en cas d'une baisse dans les prix; l'impossibilité , de la part du sous-locataire, de se livrer à des améliorations profitables , furent les conséquences du système de sous-location. Le mode de location subdivisée dans les familles n'eut pas des effets moins fâcheux. Des fermée furent morcelées en autant de champs qu'il était survenu d'enfants. Chacun de ces petits cultivateyrs aurait pu subsister séparément sur un*sol qui eût été sa propriété , mais, soumis au payement d'une redevance élevée, privés et d'engrais suffisants et de se^ menées de bonne qualité, renfermés dans des réduits insalubres^ atteints par la fièvre ou par d'autres ma-
DU ROTAUM£*TTNf, 4' 7
ladies, ils ne cultivaient bientôt avec peine que des terres appauvries.
Gîtte population languissante se multipliait sans cesse par des mariages prématurés que favorisait la facilité de se procurer pour habitation une misé- . rable hutte {wretched hoi^el) ^ des pommes de terre pour nourriture, eJt qu'attendait une nouvelle subdivision de terres.
Telle était la condition des exploitants , lorsque , au retour de la paix , une baisse subite et très-mar* quée dans le prix des céréales réduisit un grand nombre de cultivateurs et de middle men à l'impos- * sibilité de payer les fermages.
« L'inquiétude s'empara des propriétaires. Ils se «persuadèrent que cette classe pauvre , qui cou** a vrait et cultivait le gays, irait saas cesse en augce mentant y et que le revenu des terres diminuerait flcà tel point que les produits deviendraient insuf«' « usants pour la population, lo Le mal était grand à * la vérité : les propriétaires, intéressés à y porter remède , n'en trouvèrent pas d'autres que de rétablir les fermes sur l'ancien pied ; et la législature , > qui ai^it autorisé les sous-locations ^ intervint aussi dans la mesure contraire. Car, dans le Royaume^ni, la loi intervient fréquemment dans ce qui devrait lui €tre étranger.
Ainsi allaient se trouver écartés les in|ermé-
diaires oisifs et dangereux qui s'étaient introduits
entre l'exploitant et le possesseur du domaine.
Cette révolution promettait le rétablissement de