partie de la Méthode de Pestalozzi au calcul et aux éléments des
formes, comme introduction aux mathématiques (Biblioth. bri-
tann. n°. 587, cahier du mois de février 18 12).
20. Une lettre de Zurich, du 2 avril 181 2, pointe que la Méthode de Pestalozzi, pour V instruction élémentaire, sera désormais établie dans les écoles primaires du canton de Zurich, d'où Pestalozzi est originaire, et que le Conseil d'éducation du canton vient de lui adresser, sur cet objet, une lettre infiniment flatteuse (Gazette de France du 11 avril i%ii. Moniteur et Journal de l'Empire, avril)ô°. On écrit de Lausanne, du 24 avril 1812, que plusieurs lettres , arrivées des Etats-Unis d'Amérique, en date des premiers jours de février, contiennent divers détails intéressants sur la Colonie Vaudoise de Kentukj, et entre autres , sur la fondation de la ville de Vevaj. On y demande des nouvelles de l'Institut de Pestalozzi ; on ajoute que /'établissement, formé sur le même plan dans cbs contrées par Joseph Noef, y fait une sensation extraordinaire: il étonne ceux qui le connaissent; et ceux qui ne le connaissent pas ne peuvent croire a ses effets (Gazette de France, n° du 2 mai 181 2).
M. Hoffman, l'un des anciens collaborateurs de Pestalozzi, vient d'établir à Naples (avec l'autorisation du gouvernement, auquel la nation est déjà redevable de plusieurs améliorations salutaires et importantes dans l'instruction publique , et spécialement d'une très-bonne institution pour l'éducation des demoiselles, organisée sous les auspices et par les soins de S. M. la reine Caroline) un Institut d'éducation, calqué sur le plan de celui d'Yverdun, et dans lequel la Méthode , qui fait le sujet de cet ouvrage, doit être appliquée à toutes les parties de l'éducation et de l'instruction. M. Hoffman s'est adjoint, comme instituteurs, pour mieux réussir dans son entreprise, deux des bons élèves de Pestalozzi, Mrs Schneider et Baungartner, qui n'ont quitté qu'à regret leur excellent père et la
action , et la distribution des divers emplois du temps , par heure et par jour.
L'emploi ordinaire des journées est réglé à peu près de la manière suivante (i) : sauf les modifica-
famille au sein de laquelle ils avaient été élevés , mais qui ont emporté à Naples la douce et noble espérance de contribuer à faire jouir les habitants de cette belle contrée d'une meilleure éducation, propre à développer toutes leurs dispositions naturelles et à leur préparer de nouveaux moyens de bonheur.
Je ferai ici avec empressement une mention particulière d'un projet de reforme pour le collège de Genève, publié, en 1774, parle célèbre De Saussure, qui veut employer aussi les impressions des objets sur les sens, pour donner une base plus solide à l'instruction.
J'indiquerai aussi quelques ouvrages sur l'éducation et sur l'instruction, par le célèbre philosophe Kant ; par Jean Auguste Niémeïek, qui regarde la bonté morale comme le premier but de l'éducation; par Campe; par Herbart, professeur à Kœnisberg, qui considère les sciences comme des moyens d'inspirer les sentiments généreux et les hautes pensées , de donner de l'énergie à l'esprit , de la noblesse au cœur et de moraliser l'homme ; l'excellent traité d' 'éducation pratique et domestique, de Maria Edgewokth , traduit par Ch. Pictet; les lettres sur les principes élémentaires d'éducation par Elisabeth Hamilton , traduites de l'anglais en français par Ghéron : les annales de l'éducation, par M. Guizot, recueil périodique d'observations et de faits relatifs à toutes les parties de la culture de l'homme ; enfin , un rapport sur les écoles primaires de Hollande, par notre célèbre Cuvier, digne à la fois du sujet et de l'auteur.
Les bons ouvrages sur l'Éducation sont heureusement nombreux et très-répandus ; mais les bons établissements d'éducation sont encore beaucoup trop rares et ont besoin d'être multipliés. Les plus savantes et les plus utiles théories en ce genre demeurent stériles et infructueuses, tant qu'un instituteur patient et dévoué ne les met pas en valeur par une sage application pratique. C'est V éducation pratique qu'il importe surtout d'encourager et de perfectionner ; c'est pour avoir eu le courage de pratiquer sa méthode, que Pestalozzi mérite d'être proposé comme modèle.
(1) On peut voir, ci-dessus, pages 187-195 et suiv., neuvième chapitre des caractères distinctifs , des détails analogues sur l'emploi des différentes heures de la journée, dans V Institut des jeunes fdles.
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tions qui ont lieu dans les différentes sections , suivant les saisons , l'âge , le tempérament des élèves et la nature particulière de leurs études.
On se lève à six heures moins un quart, en hiver comme en été. Cependant , quelques élèves plus âgés et plus avancés reçoivent des leçons à part; et leurs classes, en été, commencent à cinq heures et demie du matin : quelques élèves plus petits ne se lèvent qu'à sept heures. L'esprit de famille , qui ne sacrifie point les individus au mouvement général de la masse , comme on le voit dans plusieurs maisons d'éducation, exige ces exceptions à la règle générale.
Après les soins donnés à la propreté , on commence la journée par la classe de religion. Elle consiste dans des entretiens de l'instituteur avec les élèves sur la religion et la morale , sur leurs devoirs envers Dieu et leurs semblables, sur leurs intérêts, sur l'emploi le plus convenable de leur temps et de leurs facultés, sur l'utilité d'acquérir des connaissances, sur les applications qu'ils en pourront faire. C'est une conversation d'un bon père avec ses enfants , plutôt qu'une leçon. Elle est entremêlée de récits intéressants et de traits d'iiistoire qui se gravent dans l'esprit. Ces entretiens sont proportionnés , dans chaque classe , à l'âge et au degré d'intelligence des élèves. De trois jours l'un , quelques-uns d'entre eux, de l'âge de 12 ou 1 3 ans , emploient la même heure, soit à apprendre par coeur une histoire, un trait , un passage de la Bible , soit à écrire sur un sujet moral , ou à reproduire la leçon de la veille. (On fait usage d'un livre de psaumes , mis à la portée des enfants, par M. Martin de Genève.)
A sept heures du matin , deux fois la semaine, il
y a réunion générale pour une prière commune, terminée par une exhortation touchante et paternelle de Pestalozzi. Les autres jours, chaque instituteur fait la même chose pour sa classe. Les prières sont courtes, simples, à la portée des enfants, et ne durent pas au delà d'un quart d'heure. On ne doit pas, suivant le conseil de Fénélon , s'exposer à leur faire trouver longs et ennuyeux les moments consacrés à honorer la Divinité. On fait ensuite connaître les règlements intérieurs de la maison, leurs motifs de convenance, d'utilité ou de nécessité. On reprend les élèves sur leurs fautes , soit en particulier , soit devant leurs camarades , si la faute est commune à plusieurs, ou si la réprimande paraît devoir être publique pour produire une plus forte impression. On les invile à s'avertir entre eux; on fait naître un esprit de famille et de communauté , qui les rend presque solidaires et responsables les uns pour les autres.
A Vheure de la prière , les enfants font des remarques sur eux-mêmes, sur ce qu'ils ont vu ou fait dans leurs classes. S'ils ont eu quelques torts, ils les font oublier par des aveux francs et naïfs. Ils conviennent de ce qu'ils ont pu faire de mal ; un accueil indulgent et un conseil salutaire deviennent le prix de leur sincérité. Ils demandent ce qu'ils croient devoir leur être utile ou agréable : l'instituteur se prête, autant qu'il le peut, à leurs désirs , ou fait souvent connaître ses motifs, s'il est obligé de les refuser.
A sept heures un quart jusqu'à sept et trois quarts } les plus petits enfants sont peignés et lavés par des femmes chargées de les soigner; les autres se peignent
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et se lavent eux-mêmes. On fait ensuite, dans chaque classe , une inspection spéciale , qui a pour objet l'habillement et la propreté.
De sept heures trois quarts jusqu'à huit , on déjeune avec une soupe, tantôt grasse, tantôt a l'orge, aux pois , au riz. Quelques élèves mangent , de préférence, et suivant la saison, du pain et des fruits.
A huit heures , commencent les leçons, qui diffèrent , suivant les trois principales sections , dans lesquelles sont distribués les élèves. Nous présenterons, pour donner une idée de la marche générale , l'ordre des leçons de la deuxième section , qui est ellemême formée de plusieurs subdivisions.
De huit à neuf heures , on s'occupe alternativement des éléments de la langue allemande et de ceux de la langue latine. Une moitié seulement des élèves apprend cette dernière, d'après l'intention de leurs parents , et dix ou douze apprenent la langue grecque. On familiarise les commençants avec la prononciation , l'orthographe et la grammaire. Les élèves plus avancés ont des exercices de composition et de style , et quelques-uns s'essaient à la poésie allemande. Les plus petits apprennent à lire ; à mesure qu'il arrive des élèves commençants , on établit une classe spéciale élémentaire pour eux. On emploie ceux qui ont déjà fait quelques progrès, à montrer à leurs petits camarades ce qu'ils ont appris.
De neuf à dix heures , on enseigne alternativement, de deux jours l'un , le rapport des formes ou la géométrie et le dessin.
De dix à onze heures, exercices de calcul et à' algèbre, suivant la portée des disciples , d'après la marche lente et graduelle de la Méthode. On donne
des problèmes à résoudre , on habitue les élèves à se rendre compte de tout ce qu'ils disent et de tout ce qu'ils font : leurs opérations de calcul sont des raisonnements, dont ils suivent exactement la chaîne. On distingue trois cours différents , selon la force des élèves :
i°. Calcul de tête, dont on fait usage, même dans l'algèbre, aussi loin qu'on peut, mais en évitant de l'appliquer à des opérations trop compliquées; 2°. Calcul avec les signes convenus, les chiffres pour Y arithmétique , les lettres pour Y algèbre , qu'on trace sur des tablettes d'ardoise, au moyen de touches ou de crayons ;
3°. On réduit les exercices des deux premiers cours en règles positives , pour simplifier et abréger le calcul. Les enfants cherchent et trouvent eux-mêmes la manière de procéder : l'instituteur les guide et leur apprend à inventer ; ce qui est le vrai moyen de bien savoir.
De onze heures à midi, les élèves travaillent, sous l'inspection d'un maître, aux choses qui leur conviennent. C'est ce qu'on appelle le travail libre et à volonté 9 par lequel les enfants révèlent souvent aux yeux de l'instituteur attentif leurs talents naturels et leurs dispositions. Ils se livrent à des études analogues à leurs goûts , ou conformes aux professions auxquelles leurs parents désirent les destiner. L'un s'exerce dans le calcul et apprend la tenue des livres, nécessaire pour l'état de commerçant. L'autre se perfectionne dans le dessin. Un troisième apprend une langue étrangère, ou compose dans une des langues qui lui sont familières. Les élèves ne peuvent pas sortir de la salle d'étude ou de la classe;
mais ils font ce qu'ils veulent , pourvu qu'ils ne troublent point leurs camarades : ils sont fixés et occupés.
L'intervalle de midi jusqu'à une heure moins un quart est consacré aux récréations, dans la cour, dans le jardin, ou, pendant l'hiver et dans les temps pluvieux , sous les portiques et dans les corridors : un instituteur, chargé de la surveillance, s'associe lui-même quelquefois aux jeux. Les petits ne sont pas confondus avec les grands : la disproportion de leur âge et de leurs forces ne les rend pas propres à jouer ensemble. Les jeux sont des exercices gymnastiquesy au choix des élèves, qui leur font prendre beaucoup cle mouvement et qui les fortifient. Les uns jouent à la paume , au ballon ; d'autres s'exercent à tirer de l'arc, ou s'amusent à cultiver le petit coin de terre laissé à leur disposition dans le jardin. Ils courent, grimpent, se balancent, ne se battent presque jamais : ils sont bruyants, mais non méchants, ni querelleurs; une sage liberté maintient parmi eux l'ordre et l'union.
A une heure moins un quart , le son de la cloche donne le signal du dîner. Chacune des trois grandes sections de l'Institut prend ses repas dans un réfectoire séparé. On fait durer plus longtemps le dîner des petits, parce qu'ils ont besoin de manger plus lentement. Le repas se compose d'une soupe, d'un bouilli et d'un plat de légumes. Chacun a son verre de vin et du pain h discrétion. Quelques élèves mangent aussi de la salade, qu'ils ont eux-mêmes cultivée dans leur petit carré de terre; ils en font part à leurs camarades; ils acquièrent une première idée de la propriété, de ses droits, du plaisir qu'elle
procure de pouvoir obliger ceux avec lesquels on a des relations d'amitié.
Chaque repas commence et finit par une courte prière; un élève la prononce d'une voix haute et intelligible qui se fait entendre de toute la section. Les instituteurs mangent avec les élèves; ce qui rend leur communication mutuelle et leur union plus intimes, c'est toujours l'esprit de la famille. On ne lit point pendant le repas : chaque chose doit avoir son temps; l'esprit doit demeurer libre, pendant que le corps répare ses forces.
Après le dîner, qui dure un quart d'heure ou au plus une demi-heure, il y a récréation jusqu'à deux heures. Les jeux qui ont précédé le moment de se mettre à table ont excité l'appétit; ceux qui suivent le repas favorisent la digestion. Une hygiène prévoyante et bien entendue préside à tous les détails de l'existence physique.
A deux heures de l'après-midi jusqu'à deux et demie , alternativement, de deux jours Y\m9 calligraphie allemande ou française, qui consiste en exercices d'écriture , dans l'une ou l'autre langue. Les élèves plus avancés s'occupent , pendant le même intervalle, de dessin, de calcul ou de mathématiques.
A deux heures et demie jusqu'à trois et demie , leçons alternatives de géographie et d'histoire» Quelquefois, au lieu de leçons directes, les élèves font des extraits de ce qu'ils ont appris , ou dessinent des cartes géographiques et se forment de petits atlas , sous l'oeil et la direction de l'instituteur.
A trois heures et demie, jeux et liberté , pendant une heure. On va se promener sous les belles allées
de marronniers et de peupliers, qui sont au bord du lac , et presque à la portée du château dans lequel est placé l'Institut. Pendant Y été, on se baigne dans le lac; on s'exerce à la natation, toujours sous la surveillance des maîtres, et de manière à ce qu'il ne puisse arriver aucun accident. Uhiver, les élèves vont souvent patiner sur la glace ; les mêmes précautions, attentives et, pour ainsi dire, maternelles , ne cessent de les environner et de les protéger, sans même qu'ils s'en aperçoivent.
A quatre heures et demie, on rentre au château pour goûter avec du pain et des fruits, ou avec du beurre, du fromage, des fruits secs, des confitures. Le goûter , seul repas pour lequel on ne se met point à table , est une continuation de la récréation, dans la cour ou dans le jardin.
A cinq heures , exercices de langue française . On fait parler , lire , traduire ; on applique la marche indiquée ci-dessus, dans la Notice des cours d'études. A six heures , pendant trois jours de la semaine , entretiens amusants et instructifs sur Y histoire nainrelie , la minéralogie , la botanique, Y entomologie , dans lesquels les enfants acquièrent des notions qu'ils appliquent ensuite dans leurs promenades ; pendant les trois autres jours, exercices de chant et de musique. On sépare , dans l'enseignement , la mesure , du ton ou de la mélodie', on prend, comme dans les autres sciences , d'abord, un élément; puis, l'autre; puis, les deux réunis; on ajoute un troisième élément , Y harmonie, qui se combine avec les deux autres. Les leçons , à mesure qu'on avance , deviennent de petits concerts où chacun fait sa partie. Quelques élèves apprennent à jouer de divers
instruments , suivant leurs goûts ou les intentions de leurs parents.
De sept heures jusqu'à huit, exercices gymnastiques pour quelques sections; travail libre et volontaire pour d'autres. L'instinct, le besoin et le goût de chaque élève déterminent alors la nature de ses occupations. On a montré le but et les avantages de cette coutume d'abandonner pendant quelque temps les enfants à eux-mêmes.
A huit heures du soir, moins un quart, trois fois par semaine , prière générale avec Pestalozzi. Les autres jours , -on a récréation.
A huit heures un quart, on se réunit pour le souper , qui consiste en une soupe au riz ou au lait , et deux plats, un rôti, une salade ou des légumes. On ne donne point de vin à ce repas , excepté pour les enfants d'une très-faible complexion , pour lesquels le médecin en croit l'usage convenable.
Après le souper, on a une demi-heure de récréation, pendant laquelle on va souvent, si la saison le permet, se promener au jardin.
A neuf heures du soir, on se couche , pour dormir d'un profond sommeil , préparé par les fatigues de la journée, jusqu'au lendemain à six heures du matin. Quelques élèves , bien portants et studieux , obtiennent la permission de lire ou de travailler jusqu'à dix , et même, de trois jours l'un, jusqu'à onze heures du soir. Mais, on a soin d'empêcher les études immodérées, qui n'ont pas des suites moins fâcheuses que l'oisiveté absolue.
Les exercices militaires , pour les élèves plus grands et plus robustes^ les exercices gymnastiques ; pour les petits, ont lieu deux fois par semaine , à six
ou sept heures du soir eu été , quelques heures plus tôt eu automne et en hiver. On forme les élèves militaires au maniement d'armes et aux manoeuvres. Quelques instituteurs , qui ont servi militairement , dirigent cette partie de l'instruction;. elle a besoin d'être perfectionnée dans la pratique. Ceux des enfants dont les parents le désirent reçoivent des leçons particulières de danse, à' escrime , de mécanique, ou de langue italienne.
On ne doit point oublier que la répartition des études dans les différentes heures de la journée varie suivant les saisons. Tous les trois ou quatre mois, on fait connaître les changements qu'on croit devoir adopter dans l'ordre des classes et dans les divers emplois du temps.
Le mercredi , les élèves , divisés par section , font , après le dîner, une promenade générale dans les campagnes ou sur les coteaux qui environnentYverdun. Cette promenade est en même temps un délassement et une continuation des cours d'histoire naturelle, de botanique , ou de minéralogie. On visite aussi quelquefois des ateliers , des manufactures ; les élèves apprennent à connaître et à comparer les différents procédés de l'industrie.
Le dimajiche , on se lève une demi-heure plus tard , à six heures un quart. La prière générale , accompagnée de chants religieux , dure depuis six heures et demie jusqu'à sept.
Les enfants se lavent, se peignent, nettoient leurs habits et leurs souliers , et emploient une heure aux détails de la propreté. Un des maîtres fait Y inspection de r habillement et de la tenue.
On déjeune à huit heures; une récréation suit le
repas. Puis , les élèves rangent et mettent en ordre leurs cahiers, leurs crayons, leurs livres; un instituteur fait une inspection d'ordre.
Les enfants catholiques sont conduits, une ou deux fois par mois , et dans les fêtes solennelles, à l'église catholique, placée à quelque distance d'Yverdun. Les élèves protestants français vont entendre le sermon français dans le temple de la ville. L'un des ministres du culte réformé, attachés à l'Institut, qui est en même temps un des professeurs , et intimement uni avec les enfants par les relations de la vie journalière , prononce un sermon allemand pour les élèves dont l'allemand est la langue maternelle. Chaque instituteur fait ensuite répéter à ceux des enfants qui lui sont particulièrement confiés, ce qu'ils ont pu retenir : il leur développe et leur écïaircit par des exemples les préceptes et les notions de morale pratique qu'ils ont recueillis.
Après cette répétition , les jeu x gyjmias tiques et les courses au jardin ou à la promenade derrière le lac se prolongent, pendant près de deux heures, jusqu'au dîner.
L'après-midi, on fait la distribution de Y argent de poche y fixé par les parents pour chaque élève, et qui ne doit jamais excéder, pour la semaine, dix bachs de monnaie suisse, ou trente sols de France. Plusieurs enfants consultent leur instituteur pour l'emploi de ce petit fonds , qui est souvent consacré à des actes de bienfaisance. On ne remarque aucun mouvement de jalousie de la part des élèves , qui ont une rétribution plus modique, contre ceux qui en reçoivent une un peu plus forte. Il est bon de les habituer, dès le premier âge, à l'inégalité de for-
tune légitime et nécessaire , qui existe dans la société.
Une promenade générale , clans laquelle les élèves marchent par sections, avec leurs instituteurs respectifs, est consacrée à des entretiens sur Y histoire naturelle, sur les fabriques et les ateliers qu'ils ont l'occasion de visiter, sur les différents objets qui s'offrent h leurs jeux. Quelquefois , on prend un grand bateau pour faire une navigation sur le lac. Les élèves qui jouent de quelques instruments font de la musique , pendant la traversée, ou bien les enfants'chantent en choeur, d'abord, un chant religieux, une sorte d'hymne au Créateur des êtres, puis , des airs de chasse ou de voyage , des chansons de marins , des chants de départ ou d'adieux. On va descendre sous de riants ombrages; on fait souvent, dans quelque village , agréablement situé, un goûter champêtre avec du pain , du lait ou des fruits. Au retour, jeu ou travail libre. Quand la promenade n'a pas été prolongée jusqu'cà la tombée de la nuit, les élèves plus grands et plus forts, organisés en compagnies , emploient une heure aux exercices militaires, pendant que les petits sont spectateurs ou s'occupent aux exercices gjmnastiques. J'ai vu des instituteurs et des élèves regretter, peut-être avec raison , qu'on suspende entièrement , tous les dimanches, les leçons et les classes r l'habitude qu'ils ont contractée de travailler toute la semaine , sans perdre presque un seul instant, leur fait trouver trop longue une journée entière de repos.
11 n'y a point de vacances annuelles , comme dans les autres pensions. Mais les parents sont libres de faire venir leurs enfants auprès d'eux, pendant
un mois de l'automne ; ce qui néanmoins n'est presque jamais sans inconvénient, parce que le cours des études et des habitudes journalières se trouve interrompu. Le dimanche, quelques élèves peuvent accepter des invitations chez des amis de leurs familles, établis à Yverdun, auxquels ils ont été recommandés ; ils ne sortent point , les autres jours.
Cette vie très-active prévient les maladies graves , inconnues jusqu'à présent dans l'Institut. Les maladies légères , qui sont très-rares , deviennent l'objet de soins particuliers, et d'une inspection spéciale, de la part du médecin de l'établissement , qui fait régulièrement sa visite , tous les matins. Les enfants atteints d'une indisposition sont placés dans une chambre à part, qui est une sorte d'infirmerie, dirigée par des femmes.
La durée du cours complet d'instruction n'est point fixée, mais paraît devoir s'étendre depuis l'âge de neuf ou. dix ans , ou même depuis sept jusqu'à quinze ou seize ans , intervalle de temps jugé le plus convenable pour former complètement les enfants. Plus tôt ils sont déposés dans cet asile, avant qu'aucune influence étrangère ait pu altérer leurs dispositions primitives, et mieux ils peuvent profiter des avantages que ce genre d'éducation leur assure (i).
(i) Le prix annuel de la pension, dans l'Institut d'Éducation d'Y verdun, est de sept cent vingt francs [trente louis de France), et comprend la nourriture, le blanchissage , l'instruction, l'achat du papier et des premiers livres élémentaires. Les parents doivent fournir un lit complet et un trousseau , dont le prospectus de l'Institut fait connaître la composition. On ne fait de mémoires particuliers que pour l'entretien et la réparation des effets d'habillement pour les maladies extraordinaires, et pour les leçons qui ne font point partie du cours général des études.
Le prix de la pension annuelle, dans V Institut des demoiselles ,
Je le demande à ceux qui auront lu cet exposé fidèle de la -vie journalière des élèves de Peslalozzi : quel est celui d'entre eux qui ne désirerait pas recommencer son enfance , pour la voir s'écouler doucement au sein de cette heureuse famille, dans cette paisible et délicieuse retraite , sous la discipline paternelle de cet homme vertueux qui honore la nature humaine (i)?
est de six cent quatre-vingts francs. On doit toujours payer u.i trimestre d'avance.
(i) Madame Pestalozzi, femme non moins recommandable par ses excellentes qualités et par la douceur de son caractère, que par l'aménité de ses manières et par sa tendre sollicitude pour les enfanls contribue à compléter le tableau de la famille, en secondant de tous ses moyens son excellent mari, spécialement pour la direction physicme et morale des plus jeunes élèves, qui réclament des soins particuliers.
Les détails de l'administration et de la comptabilité sont confiés à M. Custer, gendre de Pestalozzi , homme probe, intègre et zélé; il doit préparer , tous les six mois, pour le conseil économique de l'Institut, composé de Mrs Pestalozzi , Niéderer, Krusi, de deux jeunes instituteurs, renouvelés chaque année, et d'un membre honoraire pris au dehors, un tableau comparatif des recettes et des dépenses, avec les pièces à l'appui, afin de mieux garantir et de consolider, par une exacte régularité dans la gestion économique, et par un emploi bien ménagé de toutes les ressources, l'existence d'un établissement sur lequel reposent les intérêts les plus chers d'un grand nombre de familles.
Madame Custer s'occupe de surveiller l'économie intérieure de la maison- MUe Kasthoffer, née en Suisse (devenue depuis Mmo Niéderer), institutrice d'un mérite distingué, dirige, sous l'influence paternelle de Pestalozzi, la section particulière de l'Institut consacrée aux jeunes demoiselles.
QUATRIÈME CLASSE OU SECTION