‹ Exposé de la religion des druzesChapitre 23 sur 97 · CUV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CUV INTRODUCTION

enseignez. Quand vous vous serez une fois insinué dans sou esprit par ce moyen , vous le conduirez où vous voudrez, et vous serez maître de lui. Ayez soin seulement de vous laire donner des promesses bien sûres, et de le lier pu* les engagements les plus inviolables et les serments les plus sacrés, pour que cela vous sera comme d'un bouclier et d'une place forte ponr votre sûreté. Ne vous empressez pas de confier à ceux même qui se montreront dociles et soumis à tout ce que vous leur proposerez, des dogmes qui pourraient choquer et révolter leur esprit, si vous ne les y ameniez insensiblement et par degrés. Ne les faites avancerque pas ipas. ■ Il y en a tel que vous devez vous contenter d'amener au parti et à la croyance des Schiis, 1 croire que Mohammed, fils d'ismaïl, est rimam, et qu'il est encore vivant : n'allez pas plu» loin avec ceux-ci; faites parade avec eux d'un grand désintéressement et d'un profond mépris pour l'or et l'aident; comportez-vous à leur égard avec une douceur pleine de modestie; ordoDnes-leur de faire les cinquante prières'; recom-

' Il Mt quetlion iet cinquante pri^m dani l'hiiioin det Kcr*

INTRODUCTION. clv

mandezrleur d'éviter le mensonge, la fomicaûon , la sodomie , et Tusage du vin. Ayez grand soin de leur donner vos commandements avec douceur, et d'une manière affable et insinuante. Ils vous seront d'un grand secoui'S contre les dangers dont la fortune pourrait vous menacer, contre les adversaires que vous rencontreras, ou contre ceux des nôtres qui, venant à changer de façon de penser à votre égard, vous susciteraient des traverses. N'engagez donc point l'homme de cette classe à renoncer à son culte et au Dij9u qu'il sert, à la religion qu'il professe, à l'imamat d'Ali et de ses enfants, jusqu'à Mohammed , fils d'Ismaîl, fils de Djafar : exposezlui seulement les arguments tires des choses qui se comptent par le nombre septénaire ; brisezle à force de le surcharger de prières ^ Car, si après cela vous donniez ordre à qui que ce fût de lui prendre tout ce qu'il a de plus précieux^, et à plus forte raison son argent, il ne s'opposerait à aucun de vos ordres; et si la mort vient

U3 » Jt .n tli ^^j

' ^<"[^^^9 ^1 — Cela «eut dire, je crois, Us penonnts qui lui ""«*/« piiu ck>rt$, $c$ femmes et ses filles.

cLvi INTRODUCTION,

à le surprendre , il vous laissera par son tesUment tout ce qu il possède , et vous fera son héritier; il ne croira pas pouvoir trouver dansk monde entier un homme plus digne que vous de toute sa confiance.

c II y en a tel autre que vous conduirez à m degré plus haut, et à qui vous découvrirez Tibrogation de la religion de Mahomet. Vcfai direz à celui-ci que le septième (prophète pir- Icur^) est véritablement le sceau des envoyés; qu*il exerce la fonction de prophète parleur (en établissant une nouvelle loi), comme les autres qui Tout précédé, et qu'il apporte un nouvel ordre de choses; que Mahomet est le chef de la sixième période , et qu'Ali n*a point été imam. Parlez de cela avec beaucoup de prudence et une sage discrétion : car c'est là un point très-important, une connaissance d'une conséquence infinie, et qui donne l'espoir de pouvoir passer à des doctrines d'un degré supérieur; et cela vous aidera à détruire Tidée que ces gcns-là avaient puisée dans la religion qu'ils professaient, de la mission des prophètes.

' Co5t-à-dîre Mohammed, fiU d7smaîl. Le texte porte: (j' ^J^jC^y, j,UI; j'ai lu J-jU ^ .

INTRODUCTION. clvii

« Il y en a bien peu que vous puissiez faire avancer plus loin , et à qui vous puissiez découvrir notre doctrine relativement à TÂlcoran , à son auteur et à ses lois. Prenez bien garde de vous laisser imprudemment entraîner à communiquer les connaissances supérieures à cellelà, i la plupart de ceux que vous aurez conduits jusque-là. B ne faut hasarder cela qu'après vous être assuré, par une longue pratique et une longue intimité, qu'ils méritent toute votre confiance. Cela vous sera d un grand secours vis-à-vis de ceux que vous aurez amenés à ce point, pour détruire l'autorité des livres qu'ils ^ prétendent avoir été révélés : car ce sont là comme les prémisses ( de cette partie de notre doctrine ).

« A un petit nombre seulement que vous jugerez capables d'être introduits plus avant dans la connaissance de notre système, vous enseignerez que le kaîm ^ est mort, qu'il revient au monde > d'une mamère spirituelle, et que les hommes reviennent à lui par leur union avec les figures spirituelles ^ ; qu'il fera le discernement entre

^ Je pense que c est Mohammed , fils dlsmaîl.

* Les figures spirituelles sont, dans le système des Druies, et

CLTOi INTRODUCTION.

les serviteurs (c'est-à-dire les hommes), parle commâDdemeot de Dieu\ qui tirera vengeance des incrédules en faveur de ceux qui croient aux figures spirituelles ^. Cela vous servira admirablement vis-i-vis de ceux à qui vous aurez fait adopter cette doctrine, pour, détront -r le dogme de la résurrection et de la, sortie^ morts de leurs tombeaux, dogme auqud ils faisaient profession de croire.

• De ce degré-là vous en conduirez quelques- '} uns jusqu'à renoDcer à la croyaucfLile i'^s-

BBDsdoatedaDS celui dealsmaêlts, les df^mei véritables qui •'ni»' Mnt MU Imes et s'incarnent, pour «insi dire, en elles, quand «B« reçoivmt rinstruclion avec docilité et qu'cllea croimit. Le MiiaqM %, je donne ici aui mots i^\s^.J\jy^\ la fgant spintadkt, •■ ■iraplement i-oJI la fytmt, est prouvé par un grand niMBbn di pasaages de* livres de» Druies, et spécialement par la pièce iMituléc i\jji\ jJL, TraM dt ramufau. Une glose de cette pitcs eiplique cette expression, Itt figara ipiritatttts, par ^.Ijul ÂJLi* la vétiti Jet tcUncet , c'est-ji-dire les sciences véritables.

' La séparation entre les l>oai et les méchants qui aura lien ai jour du jugement, doit se faire par le miDislère d'un StrenomBé, dans le sysl^e des Druies, If commandtmtHt ât Dieu.

* Le manuscrit porte: J__c «I jjLi jIwJI ^yi JJUj *ilj

[jui est iniittelligible. Il faut d'abord, au lien àts jUaII ^j», )■>* iUaJ! ^J^ ! ensuite je conjecture que, au lieu de ^-M, il &■• lire^^^AJCo on ..^ÎUâII f^ lirrra vnufeaner. et j'ai tndnil coalormément k celle conjecture.

INTRODUCTION. clix

tence des créatures cél^^tes, connues sous le noai d'anges, et de la création (de rhomme) sur la terre \ et à croire qu'il y a eu bien d'autres hommes avant Adam. Vous ferez usage, pour prouver ceci , des arguments qui se trouvent dans les livres de nos précédents docteurs. Quand vous aurez gagné ce point-là , il vous sera d'une merveilleuse utilité pour détruire le dogmede l'existence de Dieu et de la niission des anges vers les prophètes, et pour substituer à cela la vérité , c est-à-dire , l'éternité de l'univers.

« Il y a en d'autres que vous conduirez jusqu'aux premières notions du degré qui concerne l'unité de Dieu^. Vous vous insinuerez dans leur esprit, en faisant usage pour cela du livre intitulé : Doctrine qui procure la santé à Pâme ^ et vous leur enseignerez qu'il n'y a en Dieu, ni sujet, ni attribut. Cela vous permettra de parler avec mépris à ceux que vous aurez conduits jusque-là, des dieux qu'ils adorent.

* ObO^yJI ^unki ne doit pas être entendu ici dans le sens que ^ Musalmans donnent à ce mot.

• jJuJI jUJt ^joJt tjLfe.

CLx INTRODUCTION.

• Vous pouiTez faire connaître à ceux que ' vous aurez atneaésà ce degré, comme nous vous l'avons fait connaître à vous-mêmes, ce que c eit dans la réalité que Timam, et leur découvrir qu*Ismaïl et Mohammed, son fils, ne sont que les portes qui conduisent k lui. Vous pourra alors làcilement détruire vis-i-vis d'eux le prétendu imamat d'Ali, et déclarer ouvertement à qui appartient réellement l'imamat*.

Ne cessez pas d'avancer ainsi, lentement et peu à peu, dans les différents chapitres des neuf degrés^, jusqu'à ce que vous parveniei insensiblement et successivement au dernier terme. Chaque chapitre que vous exposerez servira à confirmer celui qui l'aura précédé, et il sera lui-même confirmé par les chapitres précédents. Ayez soin de garder dans toute voti* conduite le pliis grand secret, comme le prophète des Musulmans l'a recommandé & ses

' On voit par l'histoire dti Kannates que les missionnairci dt celte Mcle traraillaient dans la réalité, non pour (aire recona«Itrt eonune imaiii Mohammed, fils d'Ismaî), qui avait disparu et deriit se manifester de nouveau, mais bien pour former na parti i <* chef qui se tcoait caché ea attendant qu'il se crût asseï (brl po«r lever ouvertement l'étendard de U révolte.

* Le nianuscrii porte i(pt<Ju«JI, mais il faut lire MwJt Hf^

INTRODUCTION. cm

plus intimes confidents, en leur disant : Ayez

recours au secret dans toute votre conduite. Pour

quelque raison et en quelque manière que ce

puisse être , ne découvrez point à un prosélyte

ce que vous découvrez à un autre qui est plus

avancé. Ne n^igez rien pour vous concilier

le respect, en affectant aux yeux du vulgaire

une vie austère et une conduite grave, et évitez

soigneusement tout ce qui pourrait prêter à la

critique. Ne vous familiarisez point à Texcès

avec ceux de vos frères qui sont parvenus à la

connaissance entière de votre doctrine, comme

ont fait ceux qui vous ont précédés; car ces

gens-là, après avoir d'abord travaillé à conso-

Uder Tédifice, ont fini par détruire leur ou-

^Tage. Si vous vous conduisez suivant ce plan,

^ si vous vous conformez exactement à cette

marche, vous suivrez la même route que les

prophètes ont suivie, et vous imiterez leur

conduite.

> Ce n est pas tout cependant : il faut encore <pie vous vous exerciez à contracter une grande légèreté de mains, à fasciner les yeux et les fcgards par des tours de gobelets , afin de pouvoir faire des miracles, comme on en attribue

<axii INTRODUCTION.

à ceux qui vous ont précédés. Il faut aussi <pB vous conaaissiez les histoires des anciens lé^ilatcurs, leurs aventures, leurs systèmes et leur» sectes, afin de disposer vos discours ^ de la minière qui convient le mieux aux hommes de votre siècle. Par-là vos efforts seront couroonéa du succès; vous gagnerez la confiance, vous obtiendrez plus de droits à la reconnaissance de votre imam, votre nom croîtra en renommée. Ceux qui entreront ( dans notre secte) après votre mort seront en plus grand nombre que ceux qui l'auront adoptée de votre vi\'anL. La doctrine de la vérité vous sera utile i vous, et à vos descendants après vous. Le parti de la vérité prendra le dessus ^. Par vos travaux , par votre ministère, et le ministère de vos sembltbles, gens illustres et remplis d'intelligence, vous gagnerez pour vous, pour ceux qui vous suivront, et pour votre postérité, un bien plm grand qu'aucun autre n'en saurait acquérir. Voilà les ordres que je vous donne et qui s'ap-

' JjjUJI j tJj>l **- ijjCJ — Je prononce iûU/.

^Jl 'ijs.i — Je lis iAjjiMJj- Il p-^t éilHenl qu'il manque iciu verbe dont ^il «jcJ est le nijet.

INTRODUCTION. ctxiii

cliquent i toutes les religions que les prophètes ont établies, chacun en raison de leur degré d'intelligence. »

Le même schérif, Âbou'lhasan, dit avoir trouvé dans Touvrage intitulé : Livre de la Po^ Mijue, et duquel il a extrait ce qui précède, 00 chapitre où Ton lisait :

• Notre cheikh illustre et saint a composé un ^t, dont celui-ci n'est que Tabrégé, dans le- ^el il donne des ordres à ses daîs, par rapport i la manière dont ils doivent se conduire envers les peuples de diverses religions, et voici ce ^'ii dit spécialement de la manière d'agir envers les musulmans : Quand tu auras eu l'avanfage sur eux, que^tuleur auras fait la guerre / avec^j^cçèSj et que lu les auras vaincus, tire Tépée çontrfejpux. Ce sont-là des ruses que je t'ii enseignées, et par lesquelles tu as attiré les peuples à toi. Ils sont tous nos ennemis : empare-toi donc de leurs biens, et extermine leurs femmes et leurs enfants ^ Qu aucun lien ne te les fasse épai^ner ; ne conserve aucun de leurs

' j^^j'j A-*^^ »JJU-i»tj i^l^f i^J — Quoiqac yignore ^"'■'flMQiii ijiat restitoer r^ texte, il me semble que le sens n'en '*«riii ftre douteux.

CLiiv INTRODUCTION,

villages ; que nul sentiment de compassion n^ te touche en faveur des partisans d'Ali. Si que^" qu'un d'eux eût réussi à former un empira comme les autres prophètes, nous aurions ei^ beaucoup de maux à supporter de sa part, cfl en vertu des droits dont il prétend avoir hérité^ il aurait exercé sur ces ânes une dominatiom plus dure que celle même qua exercée sok aïeul ^. Garde-toi donc de fermer les yeux sur ceux des descendants d'Ali que tu pourrai» trouver ; c'est-à-dire , tue-les quand ils tomberont sous ta main. Ne permets à aucun de ceux qui dépendent de toi de mettre aucune confiance en eux. C'est par ce moyen que to suivras la voie droite , et que tu mériteras une pleine confiance ; tu marcheras avec un bonheur constant par TefFet de la science ; tu dirigeras les autres, et tu sei*as toi-même dirigé vers le bien. A notre Dieu soit rendue h louange en tout état, pour les dons qu'il nous a faits, et que ses faveurs reposent sur ses serviteurs élus!

• j^a^ ojA£. [jC j",^^^ — ^^ pense qu'il faut prononccr^^^^ « ^ I* lettre , il aurnitfait passer.

INTRODUCTION. clxv

« Par son Dieu, dit le schcrif, il entend celui

qui lui a permis la jouissance de toute sorte

de plaisirs illicites , et qui Ta aveuglé , détourné

de la droite voie, et conduit dans le sentier de

Vcgarement; et par ses serviteurs élus de lui, il

entend ses dais qui égarent les hommes. »

Leslsmaêlis^ dont je viens de faire connaître Torigine et la doctrine, devaient, comme je Tai indiqué , avoir pris naissance du vivant mênie ^.-^^ de Mohammed, flls dlsmaïl, ou du moins peu ^ iU^H de temps après sa mort. Le système de doctrine ({n'ils adoptèrent n'emhrassa pas , sans doute , dans le commencement, toute l'étendue avec laquelle je l'ai présenté. Cette forme systématique, ce développement, ce plan d'insurrection et de révolte, plutôt que de religion, fut l'ouvrage d'Abd-aliah, fils de Maîmoun Kaddah, qui ne songeait vraisemblablement qu'à se former un parti puissant, attendant des circonstances favorables pour l'exécution des projets que l'ambition lui avait suggérés. Je n'ai pu fixer précisément l'époque d'Abd-allah , mais on ne peut pas se tromper beaucoup en la rapportant au milieu du m* siècle de l'hégire, puisque ce fut sous le gouvernement de son fils Ahmed que sa

CLxvi INTRODUCTION,

doctrine donna naissance, dans Tlrak, à la £ic^ lion des Karmates, et que cet événement arm^' en Tan de rtég^Qgjjrd.

Les Karmates ayant joué un grand rôle, pea-^ dant plus d'un siècle, dans l'histoire des Musulmans , et ayant réalisé contre eux une partie de9 projets de vengeance que l'auteur de la doctrine des Ismaêlis cherchait à inspirer à ses disciples contre les sectateurs de Mahomet, je crois devoir faire connaître ici leur histoire. Il y a peu d'accord entre les historiens sur leurs commencements et sur l'origine de leur nom. Je suivni de préférence le récit du schérif Abou Ihasin, rapporté par Nowaïri, parce qu'il était bien moins éloigné de ces événements que Grégoire Abou'lfaradj ou Ebn-Athir; je rapporteni néanmoins aussi ce qu'en disent ces auteurs.

Abd-allah, fils de Maïmoun, obligé de fuir successivement d'Ahwâz et de Basra, s'était, comme nous l'avons dit, réfugié à Salamia en Syrie. U mourut dans cette ville, et son (ils Ahmed de* vint après lui le chef suprême de la secte des Ismaêlis ^ Celui-ci, qui demeurait aussi à Sala-

' Nowaîri dit, diaprés le schérif Abonlhasan : «Lorsque Ahmed, • fils d'Abd-allah. fils df Maîmoun, fils df Datsan, eut tuccMé

INTRODUCTION. clxyii

mia, envoya, de là dans l'Irak, un de ses dais nommé Hoseîn Ahwazi. Uoseîn, arrivé dans le territoire cultivé de Coufa, auquel les Arabes donnent ie nom de Sowad, y fit la rencontre (Tun homme appelé Hamdan, fils d'Aschhath. Hamdan conduisait un bœuf chargé d'herbages. Hosein lui demanda le chemin pour aller à Kess- Nahram ^ Hamdan lui répondit que ce lieu était précisément celui où il allait. Hoseîn l'interrogea encore sur la situation d'un lieu ^ qui se trouve être voisin de Daur, village où Hamdan faisait M résidence. Hoseîn et Hamdan firent donc route ensemble. Après avoir marché durant quelque temps, Hamdan dit à Hoseîn : Vous paraissez être venu de fort loin, et être excessivement fatigué; montez donc sur ce bœuf qui est à moi. Hoseîn lui répondit : On ne m'a pas

■ dans le comniandement à ton père (or, cet Ahmed est Taîeul I d'Obeîd-allah qu'on appelle \e MeluU) ^ il envoya de Salamia, où • U le trouvait, son daî Hoseîn Ahwazi , etc. »

' f[j~^ lT^ * — ^ première lettre de Nahram est sans points et par conséquent sa valeur est incertaine. Je lis Maltram parce ^oe Gré^ire Bar-Hcbneus parle d*un village nommé iVoAnn dans rkiitoire des kaimates. Bibars Mansouri nomme aussi ce lieu Smhmin.

* Je passe le nom de ce village et plusieurs autres noms propres, pirre qu'ils soat écrits ^ans points diacritiques.

cunii INTRODUCTION.

ordonné de faire cela. Il semblerait, répartil Hamdan, à votre façon de parler, que voui agisses conformément à des ordres que quelqu'un vous aurait donnés. Hoseïn en convint Quel est donc, lui demanda Hamdan, celui de qui vous recevez ainsi des ordres et des défenses? C'est, lui répondit Hoseïn, mon maître et le vôtre, le maître de ce monde et dn monde futur. Hamdan, fort surpris de ce langage , réfléchit d'abord sur le sens qu'il pouvait avoir, et après avoir considéré attentivement son camarade de route, il lui dit : Il d'} a que le Dieu très-haut qui soit maître de toutes ces choses. Il est vrai, reprit Hoseïn, mû Dieu donne l'empire à qui il veut. Que vouleivous faire, demanda alors Hamdan à Hoseïo, dans ce village dont vous m'avez demandé le chemin ? Je vais, dit Hoseïn, porter k une troupe de gens qui y habitent la connaissance d'an des secrets de Dieu : j'ai reçu ordre d'abreover ce village, d'enrichir ses habitants, de les délivrer, et de les mettre en possession des biens de leurs maîtres. Puis il commença i inviter Hamdan & embrasser sa doctrine. Hamdan lui dit alors : Je vous adjure au nom de Dieu

INTRODUCTION. clxix

de me communiquer ce que vous possédez de celte science : délivrez-moi , et Dieu vous délivrera. C'est, lui répondit Hoseïn, une chose que je ne puis faire, à moins que je ne vous fasse auparavant contracter un engagement, et que je ne vous lie, au nom de Dieu, par une promesse semblable à rengagement que Dieu a toujours exigé de ses prophètes et de ses envoyés : alors je pourrai vous dire des choses «pii vous seront utiles. Hamdan continua à le presser et à lui faire les plus vives instances, auxquelles Hosein céda enfin ; et, s'étant assis Tun et Tautre dans le chemin, Hoseïn fit prêter à Hamdan le serment d'engagement à la secte; ensuite il lui demanda son nom. Hamdan lui dit qu'il s'appelait Karmat \ et l'invita / à venir loger chez lui et s'y reposer. J'ai, lui dit-il, des frères que je vous amènerai, pour que vous preniez aussi d'eux un pareil engagement envers le Mehdi. Hoseïn y consentit; il

* Ce nom ngnifie, saivani les nns, an homme qai a les pieds coari*

rf fdjait de petUs pas; suivant d'autres, c'était le nom du bœuf de

Hamdan (Nowaîri). D'antres disent qu'en langage nabatéen Kara-

«ila. dont on a fait Karmat, signifie un homme qui a les yeux

rouges (Bibars Mansouri). Hamxa, dans les livres des Druzes, donne

à cf mot une autre signification, comme on le verra en son lieu.

CLxi IMRODUCTION.

accompagna Hamdan, et étant venu chei lui, il y reçut les engagements des habitants de ce lieu. 11 demeura quelque temps chez Hamdan, qui, rempli d'admiration pour lui, le traita avec des égards et un respect sans bornes. Hoseïn menait effectivement une vie triapieuse ; il jeûnait le jour et veillait pendant li nuit ; on s'estimait heureux de le retirer chex soi durant une seule nidt. Il gag;nait ordinairemenl sa vie en travaillant du métier de tailleur : od croyait qu'il portait bonheur, ainsi que leshabiti sortis de ses mains. Or, le temps de la maturité des dattes étant arrivé, un habitant de Gou6, considérable autant par sa science, ses vertus et son zèle pour la doctrine de l'unité, que par ses richesses, nommé Abou-Abd-allah Mohammed, fils d'Omar, fils de Schéhab Adéwi, cherchait un homme à qui il pût confier le soin de garder ses dattes. On lui parla avantageusement de Hoseïn; il le prit donc pour garder ses dattes , et pour veiller à l'endroit oii on les amassait. Hoseïn s'acquitta de cet eiDploi avec la plus grande attention et la fidélité la plus scrupuleuse, tandis que la plupart des hommes ne s'acquittent de leurs fonctions

INTUODLCTION. clxxi

qu'avec une extrénjc négligence. Ceci se passait en Tannée 26^. La confiance que Ton avait en lui ne fit donc que s'affermir, et ayant luimême mis une entière confiance en Hamdan Karmat, ii lui découvrit tous ses desseins, n*iisant plus d'aucun déguisement envers lui.

Le schérif fait observer que toute la conduite du daî, sa probité, sa bonne foi scrupuleuse , sa dévotion , ses mortifications , n'étaient que fourberie et artifices.

Hoseîn étant près de mourir se donna pour successeur Hamdan, fils d'Aschbath, et sur- ' nommé Karmat,

Tel est le récit du schérif, auquel celui de Makrizi est conforme, si ce n'est qu'il ne donne aucuns détails.

Un autre récit rapporté par Aboulfaradj, tant dans son histoire arabe des Dynasties que dans sa Chronique syriaque, se trouve aussi dans l'ouvrage de Bibars Mansouri, et dans Nowaîriy qui dit l'avoir extrait de la grande Chronique d'Ebn-Athir. Comme le récit de ces derniers, qui me parait avoir une même source, est plus circonstancié que celui d'Abou'lfaradj, je suivrai le texte de Bibars, en faisant

cxxxii INTBODIJCTION.

remarquer qu'Aboulféda, qui a souvent puUi dans l'ouvrage d'Ebn-Athir, le suit aussi ici, mais en l'abrégeant.

Un homme de la province de Khousistan' vint s'établir dans un lieu du territoire de Coub nommé Nakrmn; il y fixa sa demeure et il y vivait d'une manière trësreligieuse et mortifiée. Il s'occupait à faire des ouvrages de feuilles de palmier entrelacées, vivait du produit de son travail, priait jour et nuit, et jeûnait assidûment. Il continua durant quelque temps ce genre de vie. Quand quelque personne veniii s'asseoir près de lui, il l'entretenait de matières relatives à la reUgion, l'engageait à renoncer au monde , et lui enseignait qu'il était d'obligation de prier cinquante fois le jour. Le bruit de cette doctrine qu'il enseignait s'étant ré- }>andu parmi les habitants de ce lieu, il leur

' Il eit nommf rnsDÎle KkonntMÎ, et r'etl Mns doute ce q«i Mt <(ur M. de Guigp«s, qui a bit usage de Biban Manaonri mm» U fuui nom de Jahm, a écrit ici KWamii. Mail dans Aboalbndi i>D lit KAoïuifton. et c'est la vraie leton, car Hoafin était MriHHnmé <lliini;i. el Ahwat est du KhouiisUn : AkiMx n'ai natal i|ue le pluriel do ]••> lui, en penan, est écrit j-^. Nowniî, dans l'eUTail d'Efan-Alhir. le nomnie JftuuJaa; mabje cni* qoe r'm une Taule de Nowaïri ou de i|urli]ur copiste d'Ebn-AlUr; cv iti AlNHiiraradJ, ni \bou'irrda, ni Itibam ne lut doaneni ce non).

INTRODUCTION. clxxiii

dit qu'il était chaîné d'appeler les hommes à reconnaître pour imam un descendant du prophète. Il avait sa demeure, dans cet endroit, chez un jardinier qui y faisait le commerce d'herbages et de légumes. Quelques marchands qui avaient acheté la dépouille d'une plantation de palmiers voisins de la demeure du jardinier lui ayant demandé un homme pour garder leurs dattes, le jardinier leur indiqua notre prétendu dévot : ils le louèrent pour garder leurs dattes, et convinrent de prix avec lui. En conséquence de leurs conventions, il garda leurs dattes, passant en même temps la plus grande partie du jour à prier, jeûnant, et ne prenant pour son repas, quand son heure de rompre le jeûne était arrivée, qu'une livre de dattes que le jardinier lui fournissait, et dont il avait soin de rendre les noyaux au jardinier. Quand les marchands jugèrent à propos d'enlever leurs dattes, ils vinrent s'asseoir chez le jardinier, y firent le compte du gardien et lui payèrent son salaire. Lui, de son côté, compta avec le jardinier pour les dattes que celui-ci lui avait fournies, sur la valeur desquelles il rabattit le prix des noyaux. Les mar

ctixiv INTRODUCTION

chands, qui en furent témoins, s'imaginant qu'il avait vécu à leurs dépens, le frappèrent en disant : N'est-ce pas assez que tu aies mangé qo6 dattes? fallait-il encore que tu vendisses noi noyauxP Le jardinier les détronapa, et quand ils connurent leur erreur, ils se repentirent de l'avoir maltraité et lui en firent des excuses. Il leur pardonna , et cette aventure contribua k augmenter son crédit en ce lieu. Etant ensuite tombé malade, il se tenait coucbé sur le chemin. Il y avait dans ce village un homme nommé Hamdan que l'on connaissait sous k nom de Karamila, mot qui, en langage nabfttéen, signifie un homme qui a les yeux rouges. Cet homme était propriétaire de bœuis qui lui servaient à transporter les grains du Sowad. Le jardinier engagea Karamita à transférer chez lui le malade et à en prendre soin, lui disant que c'était un homme de bien et tui étranger. Karamita le fit, et notre dévot y demeura jusqu'à ce qu'il fût parfaitement rétabli; ensuite il y fixa son domicile, et il enseignait la doctrine aux gens de ce lieu qui s'attachèrent k lui. Quand quelqu'un embrassait sa secte, il prenait de lui une pièce d'or, disant

INTRODUCTION. clxxv

que c'était pour Timam. Il se choisit parmi eux douze Nakibs, imitant en cela Moïse et Jésus, et il les chai^gea d'inviter les autres hommes à embrasser sa doctrine. Il obligea ses disciples à Daiire cinquante prières par jour, et leur prescrivit d'autres exercices de piété qui les détournaient de leurs travaux ordinaires , en sorte que les terres demeurèrent incultes, et que tous les travaux utiles furent négligés. Haîsam \ qui possédait des terres en ce pays, s'étant aperçu que les laboureurs négligeaient leurs occupations, s'informa d'où cela provenait; on lui raconta, à cette occasion , toute l'histoire de ce missionnaire. Il le fit donc venir et l'interrogea sur sa conduite. Celui-ci, pour toute réponse, l'invita à embrasser lui-même sa doctrine. Haîsam le fit arrêter et renfermer dans une maison, se proposant de le faire mourir le lendemain matin ; et ayant pris la clef de Tendroit où il était renfermé, il la mit, en se couchant, sous son chevet, et se livra au sommeil, d'autant plus profondément qu'il avait bu avec excès. Une servante de Haîsam qui ^tait conçu une grande vénération pour le mis-

' On HaSAkam, tnivant qu'on ^rit ce nom par un ^ ou un Jb .

cuxvi INTRODUCTION,

sionnaîre , à cause de son assiduité au jeâne et à la prière, profita du sommeil de son maitR; elle prit la clef, rendit la liberté au prisonnier, et ayant refermé la porte, elle remit la def oè elle Tavait prise. Haîsam , à son réveil, alla cher cher le prisonnier et ne trouva plus personne Cette nouvelle se répandit et contribua à séduire le peuple , qui crut qu'il avait été enlevé et était sorti les portes fermées : car la servante, qui aurait pu détruire cette erreur, avait trop d'intérêt à garder le secret sur son action. Pea de temps après , il se montra à quelques-uns de ses disciples qui étaient occupés à labomer dans des terres éloignées du village, et leur certifia que c'étaient des anges qui l'avaient délivré et transporté dans le désert, et qu aucun homme n'avait le pouvoir de lui nuire. Craignant cependant pour sa vie , il passa en Syrie. On le nommait Karamita, du nom de celui qui lui avait accordé l'hospitalité; ensuite on adoucit ce nom et on prononça Karmat ^ Bibars ajoute que d'autres personnes rip-

' Grégoire Abou'lfaradj, de qui j'ai emprunté quelques IniU et ce récit, dit qu'il se retira dans la Palestine, qu^ensuite il dispmt encore de ce |>sys, et qu*on ignora ce qu'il était devenu.

INTRODUCTION. ciaxvh

portent Torigiiie de la secte des Karmates à un homme de Coufa, nommé Mohammed Warrak, et surnommé Mokarmit. Suivant d'autres, Karmat était le nom d'un esclave dlsmaïl, fils de Pjafar Sadik. Ces deux dernières opinions paraissent avoir peu de fondement.

Ebn-Athir prétend^ que les Karmates avaient un livre dans lequel on lisait ce qui suit : « Voici

' Ce qae je rapporte ici est tiré de Nowaîri , qui dit Tavoir pris 4m le Tarikh Camel d*E»-eddin , fils d'Athir, Djézéri. Il n^est pas dootenz qae c*est U aussi que Ta pris Abou'lféda qui la abrégé. Je tient pour certain que c*est k cette même source qu a puisé Bibars Ifuttonri. Aboa Iftradj dit k peu près la même cbose, quoique d'une manière bien plus abrégée, dans ses deux Chroniques; mais il y a eeU k remarquer, que, dans sa Chroni(|ue syriaque, il attribue précnément ce livre au missionnaire emprisonné, au lieu qu aucun antre des auteurs cités, ni lui-même dans son Histoire des Dynasties, ne disent pareille chose.

J'ai plusieurs observations k faire sur le commencement de ce prétendu extrait d'un livre des Karmates :

I* Il me paraît que ce livre ne peut appartenir aux Karmates, qoi, étant Ismaëlis et reconnaissant pour le dernier imam Moham- Bed, fils d7smaîl, fils de Djafar, n'avaient rien de commun avec les sectes des Kafédhis, qui reconnaissaient Mohammed, fils de Hanéfiyya , pour successeur d'Ali k Timamat. Il semblerait même que l'auteur de ce livre dût être fort antérieur aux Ismaèlis et aux Ikannatcs.

3* Par rapport au nom de Nasrana, je remarque que, dans le

nanuscritde Bibars Mansouri, on lit <j[^..£ Arana ou Araja. Dans

les deux manuscrits de Grégoire Bar-IIebncus on lit Nasraya, mais

<lani la Chronique arabe on lit Masrana, et la grande ressemblance

<:ixxviii I^TB01JUCTI0N,

•I ce que flil Alfaradj, lîls d'Otliman, du village « de Nasratia, iedai' du Messie qui est Jésus, qui • est la Parole [le Verbe), ffui est le Mehdi.qiû X est Ahmed, fils de Mohammed, fils de Hané-

■ fiyya,quiestGabriel. ■IlracontaitqueleMene lui était apparu sous une figure humaine, et lui avait dit : « Tu es le daï , tu es le hoddja , tu > es le chameau femelle, tu es la béte, tu es Jean,

■ fils de Zacharie; tu es l'esprit saiat; » qu'il lui

du fettrea N et 1 dans récriture sjrrûque et arabe, emptchs tp'tt ne puisse décider laquelle des deux Icçom est li malleun. Dm* réditioa d*Abou'ir£di on lit fioinuia,

3* Le Dom d'Airiradj , fiU dX!}ibma& , ne m tronve du» àmm ■ulre moDument de lliiatoire des lunaëlis.

4° Ces mots fa es Ir daï, ta n Ir koMja . pourraient laiwer qnelqw incertitude sur leur véritable significBliDn, d'autant ]Jiuqiiaulin d« ^lj qui est plus usité, on lit ici mcIj. Cette Tonno cmendaM est employée ailleurs par Nowaïri , romme jUëU» pour (^U». Uiii ce qui UvB toulG dinÎFuité, c'est que, dans le texte smaqne deGr^ goire Bar-llrbnrus, oD lit en sjriaque : lu <j ctlui tfoi appellt, ta a la vfrité. C'est la traduction des mots arabes dai [criai foi appeOt) et kodilja [lUmonilralïon . ucir aalhfntùjOie . H par abus an doebar fH donne lei prrmcs de la nériti).

b' Au lieu de ce» niots : (a ci le chaiataaJeintlU , lartla Uir, qae l'on pourrait regarder comme une allusion k la femelle de chaoMia du prophète Salik ( Aie. , sur. 7& , v. 7 ) et i la bêle qui doit sorlir de (a terre, et dont l'apparition sera uo des signes de la fin At monde el du jugement drmier, on lit dans le texte syriaque dr Grégoire Bar-Hebn^DS ; V'ii n Ir ehameau tfoi garde la colht Mafr* Ici injidilei . ta ri la hfle île rkar^r ^ ni partr te fardnui de» (Met. Cela est assra obscur.

INTRODUCTION. clxxix

avait enseigné que Tobligation de faire ia prière consiste en quatre inclinations, deux avant le lever du soleil, et deux avant son coucher^; que la proclamation pour convoquer à la prière consiste à dire, à chaque convocation, quatre fois ' : • Dieu est très-grand ; » deux fois : « Je

• témoigne qu il n y a point d'autre Dieu que « Dieu ; > puis : • Je témoigne qu'Adam est Ta* « pôtre de Dieu, je témoigne que Noé est Tapôtre « de Dieu , je témoigne qu Abraham est lapôtre

• de Dieu, je témoigne que Moïse est Tapôtre « de Dieu, je témoigne que Jésus est Tapôtre « de Dieu, je témoigne que Mahomet est la* apôtre de Dieu, je témoigne qu Ahmed, fils

• de Mohammed, fils de Hanéfiyya, est Tapôtre ^ de Dieu; » qu'à chaque inclination on devait lire Ylstiftah (ou premier chapitre) du livre révélé de Dieu à Ahmed, fils de Mohammed, fils de Hanéfiyya^; que Jérusalem était le lieu vers

' Oo lie ainsi dans No waîri , Abou'lfaradj, Grégoire Bar-Hebraeus ^ Abonlféda; dans Bibars on lit après son coucher^ ce que je crois plus vrai.

* Dans Bibars on lit trois fois, ce qui est en quelque sorte con- Griné par le récit de Grégoire Bar-Hebraeus. Abouiféda porte aussi ^ijiis.

' I>uis Abou*lféda on lit partout Mohammed, fils de Hanijiyya, et non k)unfd, fils de Mohammed, etc., excepté en cet endroit.

cLxxx INTRODUCTION,

lequel on devait se tourner en faisant la prière; que le jour de rassemblée religieuse était le lundi, et que Ton ne devait rien faire en ce jourlà; que la surate qu'on devait lire était celle-ci^: « Louanges à Dieu par son Verbe, et qu'il « soit exalté par son nom , lui qui assiste ses «fidèles amis, par le ministère de ses fidèles « amis^. Dis : Les nouvelles lunes sont des époques •fixées pour les hommes ^; dans le sens extérieur, « il s'agit des années , de la chronologie , des « mois et des jours; mais, dans le sens inté- « rieur, il s'agit de mes fidèles amis qui ont fait A connaître mes voies à mes serviteurs. 0 hom-

* Cest , suivant AbouHféda , cette surate même qui est ViitiftÊk je crois que cela est vrai. li semblerait suivant Bibars, qui ditaimi que cette surate est 175(iyiaA, qu'elle devait 6tre lue par le Mou^dhin dans Yldhan, ou appel à la prière, et non pas récitée coauÊf partie de la prière elle-même; mais ce n'est vraisemblablcoMit qu'une inexactitude dans Tcxprcssion de cet auteur.

* Nowaîri, Bibars et Abou'lféda offrent ici quelques variant».

Je lis oLaJjLj <jUj^ Ooàil ^oïL JlaUj. Cest ainsi qoclit Abou'lféda, si ce n'est que son texte porte o Wjl^ •; dans Nowiin on lit seulement <iLJjJ cXmI; le texte Je Bibars porte : <^' <jLJju oLJ^^, ce qui est certainement fautif.

* C'est ici un passage de l'AIcoran, sur. 3, v. i85. Marracd traduit ainsi : Interrogabunt te de Innalionibiu. Die : hœ sont aà iiv^^' camhjL tempora statata hominibus.

INTRODUCTION. clxxxi

mes intelligents, révérez-moi , car je suis celui à qui on ne demande point compte de ce qu'il fait. Je suis le savant et le sage. C'est moi qui éprouve mes serviteurs et qui mets à Tépreuve mes créatures : (celui qui supportera mes épreuves, les peines que je lui envoie, et les afiBictions par lesquelles j'éprouve ses dispositions, je le placerai dans mon jardin, et je rétablirai pour toujours ^ ) dans mes délices ; mais pour celui qui abandonnera mes commandements et qui traitera de menteurs mes envoyés, je le ferai demeurer éternellement, couvert de honte , dans mes tourments. Jai terminé le délai que j'avais fixé ; j'ai manifesté mon commandement, par les langues de mes envoyés. Aucun superbe ne s'est élevé contre moi que je ne l'aie abaissé; aucun puissant,

• que je ne l'aie humilié. Malheur à celui qui « persiste opiniâtrement dans ses opinions , qui •persévère dans sa folie; à ceux qui disent : ' Nous ne cesserons point d'y tenir invincible-

• ment et d'y croire imperturbablement. Ceux-

• \k sont les incrédules. »

' O qui est en parenthèse manque dans Nowaïri. Je le prends^ «>«»% \boa1féda et Bibars.

cLxxxii INTRODUCTION.

Après avoir dit ces paroles on devait faire rinciination et dire en la faisant : « I^ué soit « mon Seigneur, le Seigneur de la gloire ! qu'il « soit exalté au-dessus des discours que tiennent « de lui les impies ; > ce qu'on répétait deux fois; puis, en faisant le prostemement, on devait dire deux fois : < Dieu est très^grand; » puis, dem fois : « Dieu est très-élevé. »

Entre autres choses il ordonnait de jeûner deux jours dans Tannée, aux fêtes du Mihrdjan et du Neurouz ; il prohibait le vin de palmier, et permettait Tusage de celui que l'on ùk avec le raisin ; il prescrivait de ne point se laver entièrement, suivant le rite nommé goslj pour une pollution , mais de se contenter de Tablution nommée wodhou, comme on la pratique avant la prière; de tuer sans miséricorde ceux qui prenaient les armes contre lui, et d'assujettir seulement à une contribution ceux qui, sans prendre les armes contre lui, n'embrassaient pas sa doctrine ; enfin , de ne manger d'aucun animal ayant des défenses ou des serres ^

J'ai rapporté ce qui précède pour ne ric0

' A tout cela Bibars ajoute que Ton devait faire le p^lerhiage ^ Jérusalem.

INTRODUCTION. clxxmii

omettre de ce qu'on attribue aux Karmates; je ne crois pas cependant cpie ceci puisse convenir à aucune secte dlsmaêiis, et il n est pas douteux que les Karmates étaient Ismaêlis. Je ne dois pas omettre une observation importante : c'est qu'il résulte de cette histoire que les Karmates ^ et les Nosaîris sont une même secte, ou plutôt que les Ismaêlis « tige des Karmates, ne sont point différents des Nosaîris. En effet , Abou 1fiiradj applique aux Nosaîris, dans sa Chroni* que syriacpie, tout ce qu'il raconte des Karmates dans sa Chronique arabe, et il dit qu'il rapporte tout cela, parce qu'un grand nombre de personnes désirent connaître l'origine des Nosaîris. Ce que les livres des Druzes nous apprennent sur les Nosaîris prouve qu'effectivement ils tenaient une grande partie des dogmes des Ismaêlis, qu'ils aliégorisaient toute^sJ[esjQbservainces légales, et dispensaient leurs adeptes de les accomplir dans le sens littéral; qu'ils permettaient la fornication, l'inceste, l'adultère, sans aucune réserve; qu'ils croyaient à ia transmigration des âmes; enfm, qu ils admettaient l'union de la divinité avec Ali et ses descendants.

CLxxxiv INTRODUCTION.

Je reviens maintenant à l'histoire des Karniates. en sui>-ant le récit de Nowaîri.

Nous avons ^ii Hamdan \ surnommé Karmat, admis d*abord dans tous les secrets du dal Hoseïn Ahwazi, et substitué ensuite à Hoseîn dans l'emploi de daî. Hamdan, qui était un homme fin et adroit « envoya ses dais de tous cotés dans le Sowad, pour y faire des prosel>ies« et attira un grand nombre d^habitants de ce pays dans son parti. Parmi ceux qui acquirent dans la suite une grande célébrité, on compte Zakrouya, fiis de Mahrouya Selmani'.

Entre les daîs qui exerçaient le ministère sous l'autorité de Kamiat, le plus distingué était Abdan^. Abdan avait pour femme une sœur do Karniat, et la femme de Karmat était sœur (rAbdan. Karmat, homme de beaucoup d'esprit, fécond en ressources, insinuant, adroit, animé par une ambition démesurée de sortir, i quelque prix que ce fût, de son obscurité, em-

' O qui suit se trouve dans le chapitre intitulé «L A^f J^i

\ raie prononciation dr ces noms pcrsaus est Zivrtratk et Miknr^ MihntHÙk signifie srmblahtf au soleil ou à Mithm.

INTRODUCTION. clxxxv

brassa avec ardeur cette occasion de se faire connaître , et cachant ses mauvais desseins sous le voile de la science et d'un grand zèle poiu* le parti des Schiis , il appelait les peuples à reconnaître rimamat de Mohammed, fils dlsroaîl, fils de Djafar.

Zacrouya, dont nous avons parlé, s'était attaché à Abdan, lequel ayant reconnu en lui de grands talents, l'établit daî sur un canton très-étendu du Sowad. Abdan avait sous lui un grand nombre de daïs inférieurs, dispersés dans son ressort, qui visitaient chacun une fois par mois les lieux de leur arrondissement.

Outre le grand nombre de prosélytes que cette secte avait dans le Sowad , quelques Arabes ayant aussi embrassé sa doctrine , furent revêtus du ministère de daïs; ils la répandirent parmi plusieurs tribus arabes. Elle y fit de grands progrès, et l'accession de ces tribus arabes fortifia considérablement le parti de Karmat, qui donna alors un plus grand essor à son ambition, et commença à se servir de son crédit pour se rendre maître de tout le bien de ses disciples. Il est curieux de suivre notre autour dans le développement dos mesures que

cLxxxvi INTRODUCTION

ce scélérat employa pour parvenir à ce but Il commença par exiger de tous ses disd* pies une légère contribution sous le nom de fitr : c'est le nom que les Mahométans donnent à Faumône qui se fait à la fin du ramadhan. Cette contribution n était que d'une pièce d'a^ gent pour chaque tête d'homme, de femme et d'enfant; chacun s'empressa de la payer. Au bout de quelque temps il leur imposa une autre contribution qu'il nomma hidjra^\ elle consistait en une pièce d'or, payable par toute personne qui avait atteint l'âge de raison. Il leur lut, pour autoriser cette exaction, ces piroles de Dieu dans l'Alcoran : « Prenez sur leun «biens une aumône, vous les purifierez par « ce moyen, et vous les sanctifierez ; priez pour « eux , car vos prières sont pour eux une source « de sécurité. Dieu entend et sait tout^. » Il leur dit que la nouvelle contribution qu'il exigeait

^ Ce mot signifie Juite. Peut-être renfermait-il quelque alluifi à i'bégire ou fuite de Mahomet. Il se pourrait faire que cette ooatribution fût ainsi nommée, comme étant destinée à Tentretien dan lieu nommé ô^^JI «1^ V Hôtel de la faite, où les dais se retinifla^ quand ils craignaient detre poursuivis. 11 en sera question pli^' loin.

' Aie. sur. 9 , vfrs. 5V

INTRODUCTION. clxxxvii

(Teux n*était autre chose que Tapplication et Texécution de ces paroles. Elle fut encore payée avec empressement ; ils s'aidèrent les uns les autres à Tacquitter, et ceux qui en avaient le moyen payèrent pour les pauvres et à leur acquit. Quelque temps s'étant écoulé , il leur demanda le boulga ^ « qui était de sept pièces d*or. U prétendit que c'était là cette preuve authentique dont il est parlé dans ce passage de FAIcoran : « Dis-leur : apportez des preuves au- «thentiques, si vous êtes véridiques^. » Il leur dît aussi que c'était là le degré le plus excellent pour quiconque voulait atteindre la perfection de la foi, et être compté parmi les plus avances, les hommes véridiques; que c'étaient eux qui étaient désignés sous le nom des pertonnages les plus approchés '. Il prépara un mets excellent et d'un goût délicieux, qu'il divisa en petites portions de la grosseur d'une aveline : il en donnait une à chacun de ceux qui lai payaient sept pièces d'or, disant que c'était

' Bomlga juJL ftigaiûe la quantité de noarriture nécessaire pour sou-

* Àlc, sur. J7, ver». 65.

* Ihii. sur. 3, vers. 4o. Les plus approchés, rVst-à-dire reu\ (|iii ^■^t tiàmh à la plus intinir faveur.

CLxxxviii INTRODUCTION,

la nourriture des habitants du paradis laquelle avait été envoyée du ciel à Tiinam, et que cela lui avait été donné comme des cachets* pour qu il envoyât une centaine de boulgas ta daï qui devait lui faire tenir en retour sept cents pièces d'or. Quand il eut réussi à tirer d'eux cette contribution, il leur demanda le cinquième de tout ce qu'ils possédaient on gagnaient par leur travail, et il autorisa cette exaction par ces paroles de Dieu dans FAlcoran : « Sachez que de tout le butin que vous « faites , il en appartient un cinquième à IXeu « et à son apôtre ^. » Ils estimèrent donc tout ce qu'ils possédaient, soit habits, soit autres effets, et ils lui en payèrent le cinquième avec une si grande rigueur, qu'une femme payait le àor quième du ùl qu'elle filait, et les hommes le cinquième du produit de leur travail. Cela une fois établi , il leur imposa le devoir de Voulfa ^ Ce devoir consistait à réunir tous leurs biens dans un même endroit, et à en jouir tous en

' H y a dans le texte AjLiLl^. Peut-^trc cela veut-il dire des amulettes.

* Àlc. sur. 8, vers. ii.

^ ÀiJûfi Ce mot signifie union.

INTRODUCTION. clxxxix

commun , sans qu'aucun d'eux conservât rien en propre qui pût lui donner aucun avantage sur ses irères. Cette nouvelle institution fut appuyée sur l'allégation de ce passage deTAK coran : « Souvenez-vous de la grâce que Dieu « vous a faite , lorsque vous étiez ennemis , et

• qu'il a uni vos cœurs , en sorte que , par sa «grâce, vous êtes devenus des frères ^ Quand

• tu aurais dépensé pour cela tous les biens de

• la terre ensemble, tu n'aurais jamais réussi à

• réunir leurs cœurs les uns avec les autres ; ■ mais Dieu les a unis, car il est puissant et

• sage ^. » Il les assura qu'ils n'avaient besoin de garder aucun argent, parce que toute la terre leur appartiendrait, sans qu'aucun autre la partageât avec eux. « C'est là, leur disait-il,

• l'épreuve par laquelle vous deviez être éprou- < vés, afin que nous connussions comment vous

• vous conduiriez. » Il les exhorta à acheter

et préparer des armes. Tout ceci arriva en \/ l'année 276. Les dais choisirent dans chaque village un homme digne de confiance, chez lequel on devait réunir tout ce qui appartenait

' Jlc. sur. 3, vers. 98.

' Ibid, sur. 8. vers. 64.

<;ic INTRODUCTION.

aux habitants du village, comme bœu&, moutODS, bijoux, meubles, etc. Cet économe foiu>- DÏssait des habits à ceux qui étaient nus, et pourvoyait à tous leurs besoins, en sorte qu'il ne se trouvât plus parmi eux ni pauvre, ni indigent. Chacun travaillait avec assiduité et émulation, afin de mériter un rang distingué pr l'avantage qu'il procurait à la communauté; la femmes apportaient et mettaient en commun tout ce qu'elles gagnaient par leur filature , et les petits enlànts même apportaient le salaire qu'ils recevaient pour veiller à écarter lei oiseaux. Aucun ne possédait en propre que son épée et ses armes. Quand il fut parvenu à éth blir tout cela , et que chacun eut consenti à t'y conformer, il ordonna aux daîs de rassembler toutes les femmes en une certaine nuit, pour qu'elles se mêlassent indistinctement avec tons les hommes. C'était là, disait-il, ta perfection et le dernier degré de l'amitié et de l'union fraternelle. Souvent un mari conduisait et présentait lui-même sa femme à un de ses frères, quand cela lui faisait plaisir. Lorsqu'il vit qu'il était devenu absolument maître de leurs esprits, qu'il se fut bien assuré de leur obéissance, et

INTRODUCTION. cxci

qu^il eut connu leur degré d'intelligence et de discernement, il commença à les entraîner tout à fait dans l'égarement : il leur présenta des raisonnements empnmtés de la doctrine des Dualistes. Ils donnèrent facilement dans tout ce qu'il leur proposa, en sorte qu'il les dépouilla de toute religion et les déchargea de tous ces devoirs de piété , de dévotion , de crainte de Dieu, qu'il leur avait prescrits dans le commencement. Il leur permit le pillage et toute sorte de licences immorales , et leur apprit à secouer le joug de la prière, du jeûne et des autres préceptes. Il leur enseigna qu'ils n'étaient plus tenus à aucune de ces obligations, et qu'ils pouvaient impunément piller les biens et verser le sang de leurs adversaires; que la connaissance du maître de la vérité à laquelle il les ^vait appelés leur tenait lieu de toute autre ^bose , et qu'avec cette connaissance il n'y avait [ plus à craindre ni péché, ni châtiment. L Quand ce scélérat eut manifesté ces doc- \ trines dont nous avons parlé ^ , qu'un grand

' Ce qoi soit se troove dans le chapUre de Nowaîri intitule : *^ljjjl ïj£.^ 0\i)Jj\ j£^'^. Cela est extrait de louvrage du ''iK^rif \hou*!basan.

cicii INTRODUCTION,

nombre de ses disciples se furent tait connaître par toute sorte d'actions abominables, en pillant les bieos de qui il leur plaisait, tuant et massacrant ceux qui leur opposaient quelque résistance, ils inspirèrent une grande terreur aux hommes qui ne voyaient qu'avec de vives alarmes les armes entre leurs mains : alors beaucoup de leurs voisins et de ceux qui lei entouraient se montrèrent leurs amis, pour gagner leur bienveillance ou par la crainte qu'ik avaient de leurs excès.

Alors les dais se rassemblèrent et résolureat de choisir uo endroit qui lut pour eux comme un chef-iieu et un asile ' dans lequel ils pussent se réfugier et se rassembler. Us choisirent pour cela, dans le Sowad de Coufa, un village nommé Méhimabad^, situé dans le district qui avoisioe i'Ëuphrate , et qui faisait partie des domaines du sultan, nommés Kasémiyyât. Ils y transportèrent de grandes pierres et l'environnèrent en peu de temps d'une forte muraille. Us y cons-

' Il X a lUn» le leile Lfj yy^^. j IjJI yjjjUi:! *jttj\i. aat maûon dr fniu, ce que je fais observer pan-e qoe celle apression se retronve dans les livres des Druiw.

■ Ce nom éUnl dépourvu 3e points diacritiques, u p lion est peu certaine.

INTRODUCTION. cxcin

truisirent un vaste bâtiment, dans lequel se retirèrent un grand nombre d'hommes et de femmes de tous les cantons. Ce lieu fut appelé la maison de la faite. Ceci arriva en Tannée 277. \.< [)epuis ce moment tout le monde les redouta, et pour eux, devenus plus forts que jamais, ils ne redoutèrent plus personne. L'état dans lequel se trouvait alors Tempire des khalifes, ittaqué par les restes des Kharédjis, et par le chef des Zindjes, joint à d'autres circonstances. Favorisait les succès et l'agrandissement de ces brigands.

Karmat ^ entretenait une correspondance assidue avec les chefs de la secte ^ qui résidaient à Salamia. Lorsque celui qui existait de son temps fut mort, son fils prit sa place et écrivit une lettre k Hamdan Karmat. Karmat ne fut pas satisfait Je cette lettre : il y remarqua des expressions iiflerentes de celles dont on avait fait usage jusqu'alors, et des choses qui n'étaient point

' Ceci fst tiré du chapitre qui a pour titre : ^Ijuit j^

JL». ^ o^ ^j 0^0^ J>yL.j cijûfl l^L». ^t ïj^oJ\

* Notre auteur les nomme o^ M' « ^^ ^"i ^^^ '® pluriel de ^^U», nom d'une idole; mais il semble employer ce mot comme ïloriel de «^Lt, forme augmentative de ^Lt» imposteur. I. N

ticiv INTRODICTION.

conformes à FenseigiieineDt primitif. 11 codçuI des doules à ce sujel , et présuma qu'il éliil arrivé quelque changement. Earmat voulut envoyer à SaJamia. pour s'en éclaircir, ud At ses daïs nommé Ebn-Mélih, mais celui-d s'en étant excusé, il manda près de lui son daï Abdan , et te chargea d'aller prendre sur les lieiu des renseignements, relativement auxsoupçwu qu*il avait conçus. Abdan étant arrivé à Sakmia, apprit que l'imposteur avec lequel ils avalent coutume de correspondre par le passé était mort; il alla trouver son fils ' et lui demanda quel était après lui le hoddja, et quel était l'imam à l'obcissance duquel il appelait les peuples. Quel est donc l'imam, lui demanda celui-ci? C'est, lui dit .Vbdan, Moham-

' Notre luieur ne nomme point te Alt. Le rh«f qui iibéjI rli mounr dFtait étrr Abmrd. tiU d'Atid-iillafa. Sob fils qui loi ■■(rédi doil ctrr HiMrïn, nUd'Ahcard. ou. si l'oii s'en lienl à ccrtuaa g^oeilo^in. Mohammed, fils d'.UinKd. cl p^rr di Howin. Je afu qu'il s'agit ici de lloscîn, M>il qu'on If rr^rdt comme le fill os le peiil-fiU d'Vbœedi car Bibin dil que Hoseio étuit venu 1 Sii*mia y trouna In trésors que mu grand-p^re Abd-«llah j avait hb- ■és, qu'il !« donnait > fui-mrmf les titres de f^, Wan (irUfie. cLirjeWrpMirwn). et^l «^v^^U Sdhi> ob-ir (Ir -wlr* d^ k rJwtc . ce qui eiait effecliiemeut usurper les uonu dr l'iinaM. Lis dais du Ynnea rorrespi'ndaîeiil avec lui.

INTKODlJCriON cx(.\

niccl, (ils (I Isiiiaïl, llls clo Djaiar, le maîtie du siècle, à Tobéissance duquel votre père appelait les hommes, et dont ii était le hoddja. Le fils du défimt témoigna du mécontentement de cette réponse, et lui dit : « Mohammed, fib « d^Ismaîl, n a aucun droit dans tout ceci, il n'y

• a point eu d'autre imam que mon père qui v,

• descendait de Maîmoun , fils de Daïsan , et au- « jourd'hui je tiens sa place. > Par là Abdan apprit ce qui en était; il s'informa à fond de la vérité, et reconnut que ce n'était point véritablement en faveur de Mohammed, fils d'Ismaîl, que tout cela se faisait, mais que ce n'était là qu'un artifice dont on se servait pour séduire les hommes, et que cet imposteur ne descendait point d'Akil, fils d' Abou-Taleb ^

Abdan revint trouver Karmat, lui rendit compte de tout ce qu'il avait appris, et reçut de lui l'ordre de rassembler les dais, de leur faire part de ses découvertes, et de faire cesser

' Biban dit, ainsi que Nowaîri, qu'Ahmed, fils d'Abd-aliah, se donnait pour descendant d'Akil, le fils de prédilection d'Abou-Taleb.

L*aoteur du Kamooi dit qu'Aki) , fils d*Abou-Taleb, était, de toute U famille des Roreischites, lliomme qui possédait le mieux les généalogies, et qui connaisMit le mieux toutes les journées oà cette famille Vêtait distinguée.

CMivi INTRODUCTION.

la propagation de cette doctrine. Abdan exécuta ces ordres, et la prédication fut iateiv rompue dans le pays qui dépendait d'eux, mais ils ne purent la faire cesser dans les autres pays où elle s'était répandue. Les dais cessèrent, de cet instant, d'entretenir aucune correspondance avec ceux de Salamia.

Cependant un des enfants de Kaddah ', qui avait été envoyé pour résider à Talékan où il y avait des dais, avait logé chez Karmat, en passant par le Sowad pour se rendre i TalékaD. Ayant fait un long séjour à Talékan, il vint pour voir Karmat. Karmat était allé alors k Calwadha. Le descendant de Kaddah se rendit d<Hic à Calwadba, et s'étant informe de Karmat, il apprit qu'il avait quitté ce lieu, sans qu'on sût où il était allé. Depui.s ce temps on n'entendit plus parler de Karmat, et on n'a jamais eu connaissance de sa mort ou de ce qui lui est arrivé.

1.^ Iils de Kaddah , n'avant point trouvé Karmat, revint dans le Sowad de Coufa, et alb

■ l'iT KaJJali on pvtil, jv cmii. ciilrndre Abd-allah. oa toa Gis .Vhninl. car Kuddak |>ariiil imirrlc Ir Minioiu de crile faniillrdr- IHi» MtinKMu.

INTRODUCTION. cxcvii

loger chez Abdan : il lui fit des reproches, ainsi qu'aux autres dais, de ce quils avaient cessé d'entretenir correspondance avec lui. Abdan lui fit connaître alors qu'ils avaient interrompu la prédication, et ne voulaient plus concourir en rien à la propagation de leur secte; que son père les avait trompés, en leur faisant accroire qu'il descendait d'Akil, fils d'Abou-Taleb , et y^ qu'il appelait les peuples à reconnaître le Mehdi.

• Nous agissions, ajouta-t-il, conformément à «cela; mais quand nous avons reconnu que

• tout cela était sans fondement, que votre « père était de la famille de Maïmoun, fils de - Dalsan, et que c'était lui-même qui était le

• maître de la chose \ nous avons demandé par- ' don à Dieu du mal que nous avions fait. C'est

• bien assez que votre père nous ait rendus cou- « pablcs d'infidélité. Vous voudriez nous faire

• retomber dans l'infidélité. Retirez-vous d'ici,

• et retournez chez vous. »

Abdan lui parla de la sorte, parce qu'il avait effectivement renoncé très-sincèrement à la doctrine de la secte.

' C>>st là une de ces rxpreMÎons cnigiiiatiques sous lesquellei on rl^«vi;;nait rimam, te Mehdi.

cxtviii INTRODUCTION.

Quand le fils de Kaddah vît qu'il n'y avait rien à espérer d'Abdan, il alla trouver Zacrouya, fils de Mahrouya, l'instruisit de toute la conduite d'Abdau , et de la réponse qu'il en avait reçue. Zacrouya le reçut aussi bien qu'il pouvait le désirer, et il fut convenu que le fib de Kaddah établirait Zacrouya daî ; que celui-ci le reconuaitrait pour chef à la place de son père, et que ce serait pour lui que se feraient la collecte des contributions et les levées d'hommes '. Zacrouya consentit k ces conditions, mais il lui représenta que leurs démarches seraient sans succès, tant qu'Abdan vivrait, parce qu'Abdan était le principal daï de tout le pays, que tous les autres daïs tenaient de lui leur autorité, et que tous les disciples de la secte étaient sous sa main, en sorte que lui, Zacrouya, ne pourrait disposer que de ceux qui dépendaient de son ressort particulier. Ils résolurent, en con-

jU^I M^j — t' semblerait par ce telle, dans lequel je ^jJ ta lieu de j jj' et «a^àj . que Zacrouya devait être nommi dataa lien de son pèrc; tandis que ce dont il s'agiuiil, était de bira tcconnatlre par Zacrouja, le lila d'Ahmed pour hodJja, ou cbef delà aecte, i la place de *on p^rc décédé. Je pense qu'il y ■ dei mMi omis dans le telle, et que le «em est celui que j'ai piprimé.

wm

INTRODUCTION. cxcu

séquence, de se défaire d'Abdan. Zacrouya fit assembler un grand nombre de ses proches et des gens dans lesquels il avait le plus de confiance ; il les fit paraître en présence du fils de Kaddafa, et leur dit que le hoddja était mort, et que c'était là son fils qui occupait sa place. Ces gens lui témoignèrent le plus grand respect et lui dirent : « Commandez-nous ce qu'il

• vous plaira. » Il leur commanda de tuer Abdan, leur déclarant que c'était un rebelle et un apostat. Dès la nuit suivante , ces gens allèrent chez Abdan et le tuèrent. Or, Zacrouya dépendait d'Abdan , et c'était Abdan qui lui avait conféré le ministère de daî. Quand donc le bruit se iîit répandu que Zacrouya avait fait tuer Abdan, les daïs et les Karmates le cherchèrent pour le faire mourir. Zacrouya fut contraint de se cacher, voyant son projet manqué, et il dit au fils de Kaddah : « Vous voyez comment

• les choses ont tourné. Je ne puis répondre ni

• de votre sûreté ni de la mienne : retournez «donc dans votre pays, et laissez-moi. J'espère

■ que les choses changeront, que je me rendrai

■ maître des esprits, et que je pourrai vous con- •cilier robcissancc des peuple»; quand j'aurai

« INTBODUCTION.

" réussi, je vous en donnerai avis, pour que vous ■ veniez me trouver. « Le fils de Kaddah retourna donc à Talékan, et Zacrouya se cacha, ■V, allant de village en village. Ceci arriva en 286. Les Karmates, cependant, le cherchaient, et les disciples d'Ahdan le guettaient continuellement. Il s'était fait une retraite souterraine, de celles que l'on nomme matamores ', à l'entrée de laquelle était une pierre. Quand il venait dans le village où il était des gens qui le cherchaient, une femme, qui demeurait dans la même maison , prenait un four portatif, et le plaçait auprès de la pierre ; puis elle allumut le feu et faisait semblant de vouloir cuire le pain, en sorte que ceux qui le cherchaient ne découvraient pas sa retraite. Cela dura ainsi pendant les années a86 et 287. Lorsqu'il vit que tous les habitants de Sowad, excepté ceux de son ressort particulier, l'avaient abandonné, il envoya, en l'année 288, son fils Hasan en Syrie\ avec un autre Karmate nommé Hasan, fils d Ahmed, et surnommé Aboa'lhoseïa, et

' Ce qui suit m lir* du tbapilrp île Nowaïri <|ui a («gr titr» :

INTHODl CI ION ((I

leui ordoima de rrpanciro leur doc Iriuc parmi les tribus arabes des I3énou-Kelb, et de les "x inviter à reconnaître pour imam un des descendants de Mohammed, (ils dlsmaïl. Ils eurent bientôt parmi ces Arabes un grand nombre de disciples, qui se soumirent à eux. On appela ces gens-là les Fatimis. Cependant le fils de Kaddah , lequel était retourné à Talékan , s'ennuyait du silence de Zacrouya; et, après lui avoir écrit plusieurs fois pour lui demander la permission de venir le trouver, Zacrouya lui répondant toujours d'attendre encore, il partit pour se rendre dans llrak. Arrivé dans le Sowad, il chercha le lieu de la retraite de Zacrouya , et fit si bien qu'il la découvrit. Celuici l'informa des succès que ses envoyés avaient obtenus en Syrie, ce qui lui inspira le désir de s'y rendre pour s'y faire reconnaître pour imam. Zacrouya approuva son dessein, et lui adjoignit un de ses neveux, Isa, fils de Mahouya \ qu'on a surnommé Modatthar, et un \ autre jeune homme de ses parents, auquel on donna le surnom de Motawwak , et qui était ar-

' Makoajra, uu plutôt Mahwaîh, est un nom prrsan qui \cut dire unthlahlt à la Innr.

ccii INTRODUCTION,

mûrier. 11 les envoya en Syrie, et écrivit à son filsHasan, pour le prévenir que c'était là le fils du hoddja, et lui ordonner de lui obéir. Ce fils de Kaddah est celui qui fut connu ensuite sous le nom de Sakib-abiakat ( le mailrt du chameau femelle), parce qu'il combattait monté sur une femelle de chameau. Quand il fut arrivé parmi les Arabes de Benou-Kelb, Hasan vint au-devant de lui, lui témoigna beaucoup de joie de son arrivée, rassembla ses disciples, et leur dit : ■ Voilà le compagnrai ■ de l'imam. ■ Ils furent ravis de le voir, et lui promirent de lui obéir; alors il leur ordonna de se disposer à la guerre, leur assurant que la victoire les attendait. Ceci se passa en Tannée 289. Les suites de cette insurrection furent fatales au fils de Kaddah , il fut tué dans une bataille près de Damas, et ses troupes furent dispersées '.

Nowaïri dit que ce chef des Karmales avait fait frapper des pièces d'or et d'aigent, sur lesquelles il avait fait mettre, d'un côté, ces mots :

' C'«9t uns doute ce cbef de» kaniialFs, Sakib alnakai, qa'Abmi'lféda numme l'oiro. cl qui poruil. uiivant lui, pinni In kanulei. If nom d'^bfàrïlth. Voyei ^nr. MtaL, t. II. p. igi .1 l'annér 191.

INTRODUCTION. cciii

Dis : la vérité est venue, et le mensonge a dispara * ; et de l'autre, ceux-ci : // ny a point diantre dieu que Dieu; dis : Je ne vous demande point pour cela de récompense y si ce n'est F amitié pour la parenté^.

Après la mort de celui-ci, Hasan, fils de Zacrouya, se mit lui-même à la tête des Karmates : il se fit appeler Ahmed, et il était surnommé Aboulabbas. On le distinguait par le sobriquet de Sahibnilschama [le maître de la tache), à cause d'une petite tache qu'il avait au visage \ Mohammed, fils de Soleïman, surnommé le Catib, remporta une grande victoire sur Hasan Sahib - alschama , et sur ses Karmates. Hasan , voyant qu'il ne pouvait ranimer leur courage, prétexta la nécessité de se rendre à Bagdad, où il avait, disait-il, un parti puissant , et laissa pour son lieutenant Abou'lhoseîn Kasem, fils d'Ahmed, promettant de lui écrire

' Alcor,, sur. 17, v. 83.

* Ihid. sur. 4 3, v. 33. On lit dans Nowaîri : yij»i\ J '^^J^^ Vt

mais il faut lire 3/^ 'ô3yli ^t. Cela signifiait sans cloute: itnoH io6v amitU pour ma famille.

* Suivant Aboulféda il se nommait Hosein, était frère de Yabya, se fit reconnaître pour le Mchdi, et désigna pour sou successeur Modatihar, fils de Yaliya.

cciv i^THOD^jCTIo^.

pour diriger sa conduite. C'était un prétexte dont il ne servait pour s'enfuir. Mais, ayant été pris dans sa fuite avec Modatthar, neveu de Zacrouya, et Motawwak, ils iiirent mis  mort et expièrent leurs crimes dans les tourments.

Je passe légèrement sur ces événements politiques, sur lesquels Nowaîn pourrait me foui^ nir les plus grands détails, parce que je considère ici les Karmates plutôt comme une secte que comme une dynastie. Cet auteur nous a conservé un exemple du style qu'emplovait le lils de Zacrouya dans sa correspondance avec les daîs. C'est une lettre adressée h un Curde nommé Djajar. fils de Hamid.

■ Au nom du Dieu clément et miséricordieux.

• De la part du Mehdi, de celui qui est assisté du secours d'en haut, qui prête assistance à la religion de Dieu, qui sert la cause du commandement de Dieu, qui appelle les hommes à la soumission au livre de Dieu, qui protège contre toute attaque le sanctuaire de Dieu, qui est choisi entre tous les descendants de l'apôtre de Dieu ; de la part du prince des croyants, de i'imani des musulmans, de celui

INTRODUCTION. ccv

qui livre les impies à rignominie, qui brise les transgresseurs, qui extermine les hérétiques, qui tue les injustes, qui anéantit les méchants; de la part de celui qui est la lumière de ceux que Dieu aide de son assistance, et qui disperse les désobéissants; de celui qui fait exécuter les lois du meilleur des envoyés, et qui est le fils du plus excellent des délégués. Que Dieu soit propice à lui et à toute sa sainte famille, et leur accorde la paix!

« A Djafar, fils de Hamid, le Curde : la paix soit sur vous! Je rends grâces, à votre sujet, à Dieu, qui est le seul dieu véritable, et je le prie d'être propice à Mahomet, mon aïeul, Tapôtre de Dieu. Que Dieu le comble de faveurs et lui accorde la paixl

« Après ce préambule : Nous avons appris tout ce qui est arrivé avant vous \ la conduite des ennemis de Dieu, des impies, tous les brigandages et les dégâts qu'ils ont commis dans voire territoire. Nous en avons été très-affligé; en conséquence, nous avons résolu d'envoyer, pour prendre le commandement des forces que nous avons en ce lieu, un homme, par le mi-

' jiX*3 CJjJ^ L« (TeAt-à-dire, je pense, aidant votre arrivte.

ccvi INTRODUCTION,

nistère duquel Dieu tirera vengeance de nos ennemis, de ces hommes injustes qui commetr tent des brigandages sur la terre. Nous avons envoyé une troupe de croyants vers la ville d'Emesse, et nous allons nous-méme les suivre: nous leur avons donné ordre de marcher vers votre canton, pour chercher les ennemis de Dieu, en quelque lieu quils soient, et nous espérons que Dieu nous accordera contre eux les mêmes succès qu'il a coutume de nous accorder contre leurs semblables. Que votre cœur, et les cœurs de tous nos fidèles qui vous suivent , aient une ferme confiance en Dieu et en son secours, qui ne nous manque jamais, pour nous faire triompher de tous ceux qui secouent le joug de Fobéissance et qui abandonnent la foi. Hâtez-vous de nous donner des nouvelles de tout ce qui se passera dans votre canton, et de tout ce qui surviendra de nouveau, et ne nous cachez rien. Soyez loué, ô mon Dieul> Leur manière de saluer, dans leurs lettres, c'est : La paix! et leur dernière formule de souhait religieux est : • Louange à Dieu le mai* « tre de l'univers I que Dieu soit propice à mon " aïeul, son apôtre, et à tous ceux de sa fa-

INTRODUCTION. ccvii

« mille , et leur accorde une paix abondante ! • Les lieutenants de ce Karmate , en lui écrivant, commençaient leurs lettres par la même formule.

La fin tragique des chefs des Karmates, et quelques autres exemples de sévérité contre leurs partisans, continrent pendant quelque temps les Arabes qui avaient embrassé leur parti. Ils demeuraient tranquillement à Samawa, lorsqu ils reçurent une lettre de Zacrouya qui releva leurs espérances. Il leur disait dans cette lettre qu'il avait appris, par révélation, que Sahilh^lschama et son frère ^ seraient tués, et qu'après leur mort son imam, qui était vivant, paraîtrait et triompherait.

On pense bien que Zacrouya avait appris par ses correspondants les revers que son parti avait essuyés. En effet, Kasem, fils d'Ahmed, surnommé Aboulhoseîn^ que Hasan, fils de Zacrouya, en prenant la fuite, avait laissé à Sal^a, pour le remplacer, voyant la situation

^ C'est-à-dire son cousin-germain, Isa, fils de Mahouya, et stir-

î Dominé ModaHhar,

Ç ^ih-ahchmma jUwJI c>^v^* '^ possesseur de la tache. Voyei

^Hl<^ant, p. crin.

ccviii INTRODUCTION.

désespérée des affaires desKarmates, se rendit dans le Sowad : il ioforma Zacrouya de la positioD où se trouvaient ceux dont son fils lui avait abandonné le gouvernement, et lui dit que la fuite de Hasan avait excité du soulèvement parmi eux, et que, pour lui, craignant les suites que cela pouvait avoir, il avait jugé à propos de les quitter. Zacrouya désapprouva fortement sa conduite, et lui témoigna surtout beaucoup de mécontentement de ce qu'il était venu le trouver sans Tcn avoir prévenu. Il loi fit connaître l'état de frayeur et d'alarmes dans lequel il vivait continuellement, inquiété d'uo côté par les recherches du gouvernement, et de l'autre par celles des partisans d'Abdan, qui lui imputaient la mort de ce daï. Ensuite, Zacrouya envoya en Syrie , pour remplacer Kasero, un de ses disciples nommé Mohammed, fils d'Abd-allah, fils de Saïd, et surnommé Aboa-Ganem. Cet homme, qui était auparavant maître d'école, se rendit en Syrie en l'année a 93, et fut nommé Nasir.

Nasir eut d'abord quelques succès, puis il éprouva des revei-s et fut lue. Zacrouya l'ayaot appris, renvoya Kascni, dont nous avons déjà

INTRODUCTION. ccix

parlé, pour ramasser les débris de son parti.

Celui-ci, ayant réuni les restes de ces Karmates,

$e rendit à Coufa, et étant venu de là à Al-

dema , village situé sur le fleuve de Ziad , dans

le Sowad , Zacrouya sortit de ce village et vint

le joindre. Ceci «e passa en la même année

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