CCI INTRODUCTION
dans la route, par suite de ses bleBsurea. St
tête fut portée à Bagdad'.
Le parti de Zacrouya ne fut pas tout k ûil éteint par sa mort, mais ses sectateurs se divisèrent, et quelques-uns soutinrent que Ztcrouya n'était point mort.
En l'année a 96, un nouvel imposteur, nommé Ahoa-Khatem , établit une secte paiticuliéie parmi certains Karmates du Sowad, que l'on nommait Boaraniyya, du nom de leur daï, Bnrani^. Abou-Khatem interdisait i ses disâples l'ail, le poireau et les raves, leur défendait de verser le sang d'aucun animal; il leur fit abandonner toutes les observances religieuses, et leur prescrivit beaucoup de cboses qui ne pouvaient être adoptées que par des fous et do imbéciles. Cette espèce de Karmates fut nommée Nakaliyya^. Au bout d'un an, on ne paria plus de cet Abou-Khatem.
La branche des Karmates dont je viens de tracer l'histoire en abrégé n'est pas la seul*
■ Abon'IKda, ^nn. Meà.. 1. I(, p. 199. \nwairi raconlecclM- Dcment fort en dclaîl.
INTRODUCTION. ccxi
qui ait acquis une grande célébrité , et menacé Tempire des musulmans. Une autre branche de cette secte ennemie de toute religion , s'établit dans cette partie de TArabie qui avoisine le golfe Persique, et porta des coups plus sensibles à rislamisme que ne le firent jamais les Karmates duSowad.CesKarmates durent leur naissance, ou du moins leur agrandissement et leurs succès à Abou-Saîd Hasan, fils de Behram, surnommé Djénabi, parce qu'il était de Djénaba ^ Nr Abou-Saîd était persan d'origine , et exerçait le métier de fourreur.
Voici de quelle manière Ebn-Athir, cité par Nowaîri, raconte les commencements de la secte des Karmates à Bahreïn ^ :
En Tannée a 81, un homme, nommé Yahya, fils du Mchdi ^ vint à Elkatif, et alla loger chez un Schii de la classe des Schiis outrés, lequel se nommait Ali ^ fils de Mali, fils de Hamdan *. Il lui dit qu'il était envoyé par le Mehdi vers les
' Voyez ci-dexant, page xxi, note i.
^ Ceci est tiré du chapitre de Touvragf de Nowaîri, intitulé ■
^ Je soupçonne que c'est le même qui est nommé Saheb alnakat ft Alwhethh. Voyei ci-devant, p. ccii. note i.
'Jim l>TROl»lCTIC»V
Schits pour les innter à le cccoonaitre, et leor annoncer qne son appuitioo êtah prodie.
Ali. GU de Mali, a&sembla les Scliiis dTttatir. et lear montra la lettre qne Yahya, fils du Mehdi, lui avait remise pour em. Os Tassnrirent de lenr soumbsicn. et lui promirent de prendre les armes pour lui quand il paraîtnit Tous les habitants des villages de Bahreûa lai firent les mêmes soumissions et les mâma promesses. Abou-Saïd Djénabi fut ud de ces proselvtes. Yahva, ûls du Mehdi. disparut et ivvint quelque temps après, apportant une lettre adressée , disait-il . par le Mehdi & ses Scfaiis, dans laquelle il disait : ■ Mon en%'ové Yahya, Us
• du Mehdi. m'a fait part de votre empressement
• à embrasser mon parti; que chacun de vont
• lui pave donc six pièces d'or et deux tiers de 1 pièce. ■ Ils le firent , et Yahva étant disparu de nouveau, revint ensuite avec une nouvelle lettre par laquelle on leur demandait le cinquième de tout leur bien. Ils le donnèrent encore.
On dit, ajoute Ebn-Atliir, que Yahva êtaol venu chez Abou-Saîd Djénabi, celui-ci lui donna k manger, puis sortant de sa maison, il ordonna à sa rcitiiiie d'aller trouver Saliva, et
INTRODUCTION. ccxiii
de ne point lui refuser ses faveurs , s'il les lui demandait. Cette action étant venue k la connaissance du gouverneur, il fit battre Yahya et lui fit raser les cheveux et la barbe. Abou-Saîd s'enfuit à Djénaba, et Yahya alla trouver les tribus arabes de Kélab, Okaïl et Hares \ qui se / soumirent à ses volontés et embrassèrent le parti d' Abou-Saîd, lequel se vit bientôt à la tête de forces importantes^, et commença à paraître à Bahreîn en Tannée 286.
il parait qu Abou-Saîd avait déjà connaissance de la doctrine des Ismaèlis avant le voyage de Yahya à Elkatif, soit qu'il Teût reçue de quelques habitants du Sowad dans un voyage qu'il avait fait dans le territoire de Coufa, soit qu'il y eût été initié par Hamdan Karmat qui lui aurait conféré le ministère de daï pour l'exercer à Elkatif. Nowaïri rapporte ces deux opinions; la dernière me parait plus vraisemblable , car les disciples d' Abou-Saîd ayant été connus sous le nom de KarmateSy il est probable qu' Abou-Saîd lui-même tenait sa mission de Hamdan Karmat. Il s'établit à Elkatif,
* ifydlm JaILcj cJ^ir Jl . — J'ai supposé qu'il fallait lire Aji^ au lieu de ^^aÎU^ .
«:xiv INThODUCTlOlN
qui était alors une ville très-considérable, et j eierça le commerce de farine avec une probité irréprochable, en même temps qu'il s'occupait à propager sa doctrine. Il eut bientdt un grand nombre de prosélytes, la plupart d'une coodilion abjecte, comme bouchers, porteliûx et autres gens de la classe du peuple.
Le schérif Abou'lhasan raconte que, dans le cours de sa mission à Elkatif, Abou-Said apprit qu'il y avait déj& dans ce pays un autre daï nommé Aboa-Zacaria Samami ', qui y avait été envoyé avant lui par Abdan; il en conçut de la jalousie, s'empara de sa personne et l'enferma dans une maison où il mourut de bim. Cette action rendit Abou-Saîd odieux aux tlî>> ciples du daï Abou-Zacaria.
Rien n'était ^ plus favorable aux projets d'Abou-Saîd que la nature des peuples parmi lesquels il exerçait sa mission. Il y trouvait une population nombreuse d'hommes gros-
' Ce qoi luil Est tiré du chapitre dr Nowairi intitulé
INTRODUCTION. ccxv
siers, ignorants « habitués à la guerre, et sans aucune connaissance des lois de la religion; aussi y eut-il promptement de grands succès, sans rencontrer aucune opposition. Les prosélytes qu'il y fit lui servirent bientôt à soumettre les pays voisins. La sévérité avec laquelle il traitait les lieux qui lui avaient opposé quelque résistance, les livrant au pillage et en passant tous les habitants au fil de Tépée, répandit une telle frayeur dans tous les environs, que les habitants prirent le parti de se soumettre ou d'abandonner leur patrie. Abou-Saîd ayant établi sa résidence à Lahsa \ entreprit le^iége de Hadjar^ capitale duBahrein, éloignée de Lahsa de deux.milles seulement, et qui était la résidence du sultan et de tous les négociants et autres gens considérables du pays. Le siège de cette place dura deux ans environ, et lui coûta beaucoup de monde; pendant ce temps, son parti grossissait tous les jours par Taccession de diverses tribus arabes. Enfin il réduisit Hadjar, en interceptant les eaux qui fournissaient à la con-
cciv INTRODUCTION,
pour diriger sa conduite. C'était un prétexte dont il se servait pour s'enfuir. Mais , ayant été pris dans sa fuite avec Modatthar, neveu de Zacrouya, et Motawwak, ils furent mis à mort et expièrent Jours crimes dans les tourments.
Je passe légèrement sur ces événements politiques, sur lesquels Nowaïri pourrait me four nir les plus grands détails, parce que je considère ici les Karmates plutôt comme une secte que comme une dynastie. Cet auteur nous i conservé un exemple du style qu'employait le lils de Zacrouya dans sa correspondance avec les daïs. C'est une lettre adressée à un Gurde nommé Djafar, fils de Hamid.
• Au nom du Dieu clément et miséricordieux.
■ De la part du Mehdi, de celui qui est assisté du secours d'en haut, qui prête as^stance à la religion de Dieu, qui sert la cause du commandement de Dieu, qui appelle les hommes à la soumission au livre de Dieu, qui protège contre toute attaque te sanctuaire de Dieu, qui est choisi entre tous les descendants de l'apôtre de Dieu ; de la part du prÏDce des croyants, de l'imam des musulmans, de celui
IMKODl'CTION ,iv
qui livre les jinj)i(\s à rij^iioiniim', ([ui bnso les transgresseurs, qui extermine les hérétiques, qui tue les injustes, qui anéantit les méchants; de la part de celui qui est la lumière de ceux que Dieu aide de son assistance, et qui disperse les désobéissants; de celui qui fait exécuter les lois du meilleur des envoyés, et qui est le fils du plus excellent des délégués. Que Dieu soit propice à lui et à toute sa sainte famille , et leiu* accorde la paix I
« A Djafar, fils de Hamid, le Ciu*de : la paix soit sur vous! Je rends grâces, à votre sujet, à Dieu, qui est le seul dieu véritable, et je le prie d'être propice à Mahomet, mon aïeul, Tapotre de Dieu. Que Dieu le comble de faveurs et lui accorde la paix 1
• Après ce préambule : Nous avons appris tout ce qui est arrivé avant vous ^ la conduite des ennemis de Dieu, des impies, tous les brigandages et les dégâts qu ils ont commis dans votre territoire. Nous en avons été très-affligé; en conséquence , nous avons résolu d'envoyer, pour prendre le commandement des forces que nous avons en ce lieu, un homme, par le mi-
' jULji cjjjifc Li C/Ml-à-dire. je pense, avant votre arrivée.
ccxVHi INTRODUCTION.
leur succédéreut. Ce fut sous leur gouvernement que la pierre noire fut reportée à U Mecque par les Karmates. Ce qui ' donna lien à cette restitution , ce fut une lettre d'Obnilallah, premier khalife de la dynastie des Fttimis, qui écrivit au chef des Karmates pour lui reprocher la conduite qu'il avait tenue eo cette occasion. «Vous avez, lui disait-il, ju-
• tilié les reproches qu'on nous fait , vous avn « publiquement rendu notre pouvoir su^iect
• de favoriser l'incrédulité et l'hérésie. Si vooi
■ ne restituez aux Mecquois ce que vous Imr
■ aves pris, si vous ne remettes la pierre noiie
• k sa place, et si vous ne rendes l'étoffe qui
• couvrait la Caaba , je n'ai plus rien de com*
■ mun avec vous, ni en ce monde, ni en l'autre. • Cette lettre produisit son effet. Hamza, citépir Ahou'lféda, dit qu'Ahou-Taher avait reconna Obeîd-ailah pour son souverain, et avait £ùt
' Vojoi Nowoiri, diDsl« chapitre iatiluti: iluIjiJI à jlcljfaï
Vuifi Ifs terme* de la Itllre d'Obeîd-alIah : lu»» tjtft^ pf?'-i Ji* j:^ [Ai ... cJ^ Cr jU^'j ^r»^ Ij^jJ *=U€**J ILà Jf t j CJijJI ■ CclU lettre eit uo docameat précieni fvar nà*luitx tics kaniiiir* el pour celle des khaliiès Faliaiîs.
INTRODUCTION. ccxix
faire la khotba en son nom , mais que , n*ayant pas été récompensé de sa soumission comme îl Tespérait, il cessa de reconnaître Tautorité d^Obeid-allah '.
En Tannée 358, Sabour, fils d'Abou-Taher, ayant élevé des prétentions à la souveraineté que ses oncles possédaient, fut jeté dans une prison où il périt ^.
En Tannée 36o, Hasan, fils d'Abou-Mansour Ahmed, et petit-fils d'Abou-Saïd Djénabi , qui avait succédé à la souveraineté chez les Kaimates de Hadjar, vint à Coufa, dans le dessein de porter ses armes dans la Syrie. Voici ce qui donna lieu à cette nouvelle irruption des Karmates.
Sous la dynastie des Ikhschidis, il avait été iccordé aux Karmates , par forme de composition, une contribution annuelle de trois cent mille pièces d'or, à prendre sur les revenus fiscaux du gouvernement de Damas. Le khalife faitimi Moêzz étant devenu maître de l'Egypte, ^ Djafar, fiis de Fellah, ayant conquis pour '•ii la Syrie, les Karmates crurent cette occa-
Abcnilféda, Ànn. Mnsi, i. Il, p. 76?.
Ihid. p. SoS.
aaa INTRODUCTION.
sioD favorable pour s'agrandir. Hasan s'avinçi donc jusqu'i CouJa, et aidé par Bakhtiyu, prince de la famille de Bowaîh, qui lui donna les armes de l'arsenal de Bagdad, et quatre cent mille pièces d'or à prendre sur Abou-Ta^^eb, fils de Nasir-eddaula, fils de Hamdan, et par Abou-Tagleb lui-même qui , non content de lui payer cette somme, lui fournit des foumget et des troupes, il se mit en campagne. Abou- Tagleb était bien aise de trouver cette occasion de se venger du ton insultant et menaçant avec lequel Djafar, fils de Fellah, lui avait écrit; ce fut ce qui le détermina à favoriatt les projets du prince kannate. Toutes les troupes des Ikhschidis qui, chassées de l^Egyptc par la conquête des Fatimis, avaient refloé dans la Syrie et la Palestine, vinrent gniaûr l'armée de Hasan. Ce prince, qui de Goufî était venu à Rahba, s'avança jusqu'à Damai dont il se rendit maître. De là, après avoir fait d'autres conquêtes dans la Syrie et la Palestine, il marcha vers l'Egypte. Suspendant, pour un instant l'exécution de ses projets, à^ retourna à Lahsa , mais il revint bientôt en Svrie et en Palestine , et se prépara tout de boo
INTRODUCTION. ccsxi
à entrer en Egypte. Il équipa une flotte avec laquelle il remonta le Nil, et vint mettre le siège devant la capitale de TEgypte, qui était défendue par un fossé. Il y eut plusieurs actions entre les Karmates et les troupes que commandait Djauhar, et qui étaient retranchées derrière le fossé. Celui-ci, que ces attaques vives et réitérées inquiétaient beaucoup, écrivit d'une manière très -pressante à son maître, Moêzz, qui était encore à Kaîrowan, pour l'engager à venir lui-même en Egypte. Moêzz se rendit à ses sollicitations, et arriva en Egypte en Tannée 362. De là il écrivit à Hasan pour lui représenter que , la doctrine dont il faisait profession étant la même que celle des Karmates, ils de^-aient vivre en bonne intelligence. Hasan lui ayant répondu en très-peu de mots, entra en Egypte et s'avança jusqu'à Aïn-schems. Il envoya lever des contributions jusque dans le &ud, assiéga le Caire et se rendit maître du fossé. La perte de Moêzz était assurée s'il ne fût parvenu à débaucher à Hasan , Mofarradj , fils ^ de Djerrah , Tay i , dont les troupes faisaient une grande partie des forces de l'armée de Hasan. ^ prix de sa trahison fut convenu à cent mille
•xxHi INTRODUCTION,
pi^-ccs d'or; mais Moêzz, trouvant cette somme beaucoup trop considérable, fit fabriquer dea pièces de cuivre que l'on dora; on eu reiii|dit des sacs, et à l'entrée de chaque sac on mîtqudqucs bonnes pièces d'or, pour couvrir les fiiusses qui étaient en dessous; on lia les sacs et on les porta k Mofarradj , après avoir pris de lui les promesses les plus sacrées d'exécuter fid^ Icment la convention faite avec lui. En conséquence, l'action s'étant engagée entre les Karnialcs et les Egyptiens, le traître, au plus Sort (lu combat, se retira de la mêlée, suiri de tooi les siens. Cette désertion arracha la victoire à lla.taii qui fut obligé de prendre la fuite en l'nuntV 363.
Oautas ayant été reprise ensuite par les li-ou))i<.s de Moczz, les habitants se révoltèrent en rnnnce 36^. et appelèrent les Karmatcal leur secours. Aziz, qui avait succédé k Moêu, marcha contre eux et les battit près de Ramia.
Hasan mourut à Ramla en l'année 366. H t'Ut pour successeur Djafar, un de ses cousins. Abou'Iféda rapporte a cette même année I» mort d'un autre karmate. ^ousouf, fils d^ llnKan, et dit qu'après lui les karmates fureo "■
INTRODUCTION. ccxxiii
gouvernés par six administrateurs qui prirent le nom de Seids ^ Deux de ces Selds, nommés Djafar et Ishak^ prirent Coufa en 375, mais ils furent défaits par les troupes de Samsameddaula et contraints à évacuer Coufa '. Depuis ce temps on n'entendit plus parier des Karmates dans llrak et la Syrie.
En Tannée 378 un Arabe, nommé Asfar'^^ rassembla de grandes forces, et il y eut entre son armée et celle des Karmates une action, dans laquelle ceux-ci furent défaits et leur chef perdit la vie. Asfar s'avança vers Lahsa où les Karmates se renfermèrent et se fortifièrent. Asfar marcha vers Eikatif, s'en rendit maître, enleva tous les bagages, les esclaves et les bestiaux des Karmates qui étaient dans celte ville, et se retira à Basra^. Cet échec ruina li puissance des Karmates dont il n'est plus &it mention dans l'histoire .
On trouve cependant, dans les livres des *^nixes, une pièce de laquelle il semble résul-
A.|)oa*lfêda, Ann. Mosl. , t. II , p. 535. Newairi racootc ce fait d'après Ebo-Athir. •^Itoulfi^, Annal. Motlem., t. II, p. 56 1. Voyez Nowaîri, au chapitre intitulé : «^V' »
ocixiv INTRODUCTION,
ter que les Karmatcs firent une irruption en Egypte sous le règne de Hakem , et par con- /- séqucnt postérieurement à l'année 386, et avant l'année an. Voici cette pièce :
■ Copie de la lettre écrite par le BUinnati, lorsqu'il vînt en Egypte, à notre seigneur H>- ' kem-biamr-allah , prince des croyants.
I Au nom dii Dieu clément et miséricor' dieux. Nous sommes arrivé avec les Turcs du Khorasan, les chevaux de l'Arabie, les glaives de l'Inde, les cuirasses de David, les boucliers du Tibet, les lances d'EIkhatt. Notre marche est légère '. Livre-moi donc la ville, et tu auras toute sûreté pour la conservation de U personne, de tes biens, de toute ta maison et de tes enfants. Amen.
• l.'émir lui répondit :
> Cl' que tu dis de la légèreté de ta marche est un ciïet de ton peu de bon sens, et la conséquence d'un décret irrévocable écrit dans un livre d'une vérilé certaine". Car nous avoos vu dan.s le livre caché et dans la science tcDia.«
INTRODUCTION. ccxxv
en réserve ^ , que notre terre doit être le tombeau de vos cadavres, et que nous devons hériter de vos richesses et de vos habitations. Il faut donc que tu saches que le malheur t'environne, et que la mort va fondre sur toi. Ce n^est pas toi qui' es venu ici, c'est Dieu qui t'a amené, afin .-de faire voir sur toi et sur tes compagnons sa puissance miraculeuse. Je remercie Dieu de la grâce qu'il m'a faite de triompher de vous, ce qui aura lieu après la huitième heure du lundi, en ce momeM où aucune excuse ne pourra garantir les impies : \a malédiction et un séjour détestable seront leur partage.
■ Salut à quiconque suit la direction et craint les suites funestes de la perdition; à qui craint Dieu (c'est-à-<lire sa vengeance) dans l'autre vie et dans celle-ci. Il nous suffit, et nous n'avons besoin d'aucun autre avec lui : c'est de lui ^"W parlé tous ceux qui ont appelé ^. »
" {j^ 7'onj cnur qui ont appelé , cVst-à-dire que tous les pro-
ccsxn INTRODUCTION.
H est difficile de concilier ce que cette pièce nous apprend d'une expédition entreprise par un chef desKarmatcs, on ne sait lequel, contre l'Egypte, du temps de Hakem, avec le silenu complet des historiens sur un tel événement. Peut-être cette correspondance, si elFectivement elle a eu lieu, appartient-elle au règne de Moêzz , ou à celui de son fds Aza , et n'estelle mise sous le nom de Hakem que par suite y I de l'opinion des Ismaélîs, qui enseignaient que I c'était toujours le même personnage, la même 1 entité divine , qui se manifestait successivement I sous diverses figures humaines. Dans le système desDruzes, ces manifestations finissaient en la personne de Hakem, mais les Ismaêtis continuèrent à admettre la transmission de h nature divine dans ses successeurs.
phèles et les foodaliurs de toutes les religions n'ont ea en TU, diM leur cnscigneraent et leun instilulions , que la religion unitaire, rt réUlilisseroent du pouvoir souverain du ^tebdi tl de ses succeuedct, dans lesquels réside la diiinité. (resl l ce qu'on trouve k thaifi* instani dans la doctrine des Ismaêlis el dans celle des Dnues. ff Paalrr vie ri la vu prheate, ou plus littéralement la drmiht (ri') ti la prtmitre (Jj* Ij 'V^-" ■ '1 f""' entendre l'époque de la »•" nirosiation et du triomphe de la religion uniuire, et le* kpt q»^ ont précédé cette époque.
INTRODUCTION. ccxxvii
Quoi qu'il en soit, je dois faire remarquer qu'il existe dans les livres des Druzes une preuve que les Karmates de Lahsa étaient encore gouvernés, en Tannée 429» par six chefs sous le nom de Seîds^.
Jai passé légèrement sur la correspondance de Moëzz avec Hasan, prince des Karmates, pour ne point interrompre ce que j'avais à dire concernant les derniers événements de Thisloire de cette secte ; mais comme il y a dans cette correspondance des choses importantes, relativement à l'identité de la secte des Karmates et de celle des Fatimis, je suis obligé de revenir sur cet objet.
Nowaïri nous a conser\'é une partie de la lettre que M oczz écrivit à Hasan , et à laquelle celui-ci se contenta de répondre en ces termes : •Nous avons reçu ta lettre, où ii y a beaucoup
• de détail el peu de résultat. Nous allons sul-
• vre ses traces en personne. Adieu ^. «
' Voyei la pièce du recueil des Druzes qui a pour titre : iJLwj >^^' . Cette pièce est de Tan 4î»9.
^OLJt^ .^'t Jx ^j^L,. — Nowaïri
«avili INTHODUCTION.
leur succédèrent. Ce fut sous leur gouvernement que la pierre noire fut reportée à la Mecque par les Karmates. Ce qui ' donna lieu k cette restitution , ce fut une lettre d*Obeïdallah, premier khalife de la dynastie des Fatimis, qui écrivit au chef des Karmates pour lui reprocher la conduite qu'il avait tenue en cette occasion. ■ Vous avez , lui disait-il , jus-
• tifié les reproches qu'on nous fait , vous avez
■ publiquement rendu notre pouvoir suspect
■ de favoriser l'incrédulité et l'hérésie. Si vous « ne restituez aux Mecquois ce que vous leur
■ avez pris, si vous ne remettez la pierre noire
■ à sa place, et si vous ne rendez TétofFe qui a couvrait la Caaba , je n'ai plus rien de com-
• mun avec vous, ni en ce monde, ni en l'autre. * Cette lettre produisit son effet. Hamza, cité par Abou'lféda, dit qu'Abou-Taher avait reconnu Obeïd-allab pour son souverain, et avait bit
> VojeiNowtîri, dtiislecbtpitNiDtitulé: iLkiit^l t^lcl^^^îs!)
Voici les termet At la Icltrc d'ObcId-itlah : lujk. ^^tJ^ is>JiÂ> i trU* tV^ 'j'j ■ ■ oJ»» U; jl^Ij -iXlïlj UJjJ uJij^^j ÏjâHj CJo-II ' CetU letlr« eil an docoment précirui pour m*luire de* KarmalM et pour celle des khalifes FaLoiis.
■*iMB^P^W*V9Vi4
INTRODUCTION. cciix
(aire la khotba en son nom , mais que , n'ayant pas été récompensé de sa soumission comme il Tespérait, il cessa de reconnaître Tautorité d*Obeïd-allah '.
En Tannée 358, Sabour, fils d'Âbou-Taher, ayant élevé des prétentions à la souveraineté que ses oncles possédaient, fut jeté dans une prison où il périt ^
En Tannée 36o, Hasan, fils d'Abou-Man* sour Ahmed, et petit-fils d'Abou-SaîdDjénahi, qui avait succédé à la souveraineté chez les Karmates de Hadjar, vint à Coufa, dans le des* sein de porter ses armes dans la Syrie. Voici ce qui donna lieu à cette nouvelle irruption des Karmates.
Sous la dynastie des Ikhschidis, il avait été accordé aux Karmates , par forme de composition, une contribution annuelle de trois cent mille pièces d'or, à prendre sur les revenus fiscaux du gouvernement de Damas. Le khalife fatimi Moëzz étant devenu maître de l'Egypte , et Djafar, fils de Fellah, ayant conquis pour lui la Syrie, les Karmates crurent cette occa-
' AboulfîMa, Ann. MosL, t. H, p. 7S;?. ' IbiJ, p. 5o5.
ccixi INTRODUCTION. 1
des imams et des propliètcs, la conduite des envoyés et des délégués qui nous ont précédé (que les faveurs de Dieu reposent sur eux et sur nos ancêtres!) dans tous lesÀèdes, tous les âges, tous les temps et toutes les époques passées, a toujours été , quand ils se sont élevés pour faire régner les lois de Dieu, et qu'ils ont été établis pour faire exécuter ses commandements, d'employer d'abord les avertissements, et en dernier lieu les menaces, avant de mettre à exécution les décrets de Dieu contre les méchants et les rebelles, afin que cette conduite formât un titre de conviction contre les désobéissants, et que le châtiment juste- (nent mérité tombât sur ceux qui se sépareraient et suivraient une voie d'erreur. Cela &A conforme à ces paroles du Dieu très-haut : Noas ne les avons point châtiés, qae nous ne leur ayons envoyé préalablement un apôtn ' ; et encore : // n'y a point de peuple qui n'ait eu ion prédicateur^; et à celles-ci ; Dis-lear ; Telle est ma manière d'agir; nous appelons à Dieu, moi tl ceux qui me suivent , en donnant des argument!
' Alcor., aor. 17, vers. i6.
* thii., snr. 3â, icra. 13.
INTRODUCTION. ccxxxi
certains. Dieu soit loué ! Je ne suis pas du nombre des polythéistes^; et encore: .S'i75 croient, de même que vous avez cru^ ils seront dans la droite voie; mais s'ils se détournent, ils seront dans une voie de rébellion *.
« Après ce préambule, ô hommes, nous louons Dieu, à cause de tout ce qu'il y a en lui de digne de louange; nous le glorifions, à cause des perfections sublimes qu'il possède, d'une louange étemelle, d'une glorification excellente et sans fin ; lui rendant grâces pour l'abondance de ses bienfaits et pour la grandeur de ses dons. Nous le prions de nous accorder le don de son assistance, de nous aider à lui obéir, de nous fortifier par son secours puissant. Nous le supplions de nous protéger et de nous défendre contre la séduction de nos propres penchants, contre les pièges de celui qui tend ses embûches sur le chemin de la droite voie. Nous le conjurons de répandre toujours avec abondance ses faveurs les plus parfaites , et de faire déborder l'inondation de ses bénédictions et de ses dons les plus précieux sur
ccxxxii INTRODUCTION,
ses amis des siècles passés, sur ses lieutenants qui leur ont succédé, je veux dire nous, et sur nos ancêtres qui ont suivi la droite voie et ont été dirigés dans le bon chemin, qui ont été élus par lui, qui ont jugé selon la vérité et se sont conduits conformément à la justice. 0 hommes ! vous avez reçu de la part de votre seigneur des preuves convaincantes; celui qui aura ouvert les yeux, le mérite en sera pour lui ; celui qui y aura été aveugle , la faute en retombera sur lui , afin que cela serve d*avertissement à quiconque pense, et d'avis à tout homme qui ouvre les yeux et réfléchit.
« 0 hommes! quand Dieu veut une chose, il en forme le décret; quand il forme le décret, il l'accomplit. C'est j[)ar\vix décret formé par rapport à nous, avant que rien existAt, qui! a créé nos corps et produit nos âmes, nous accordant la puissance , et nous revêtant de la force , dans im temps où il n'y avait encore, ni cieux formés, ni terre étendue, ni soleil qui éclairât, ni lune qui marchât dans les cieux durant la nuit, ni planète qui suivît sa course, ni nuit qui couvrît de ses voiles, ni voûte du ciel qui enveloppât (la terre), ni langue qui
INTRODUCTION. ccxxxiii
parlât, ni aile qui volât, ni nuit, ni jour, ni sphère qui tournât, ni astre qui errât. Nous sommes la première de ses pensées, la derniére de ses œuvres: formés par la puissance '^ et je décret , et par un commandenient J)ienfaisant,detoute éternité. Lorsque son commandément est venu au moment de sa perfection et que l'exécution de ses desseins a été décidée, il nous a ornés par la production de toutes les créatures; il a tiré de notre substance et produit au dehors les éléments; il a produit de notre essence la lumière et les ténèbres, le mouvement et le repos, et par reffet de ses décrets qui étaient renfermés dans sa prescience bien auparavant, ont existé toutes les choses que vous voyez : les sphères qui roulent, les étoiles errantes, la nuit et le jour, les merveilles incompréhensibles de l'univers , les preuves sensibles de ses décrets; tous les événements passés dont l'histoire conserve le souvenir, toutes les idées de genres, de hgurcs et d'espèces que renferment les âmes, toutes les choses subtiles et grossières, toutes les choses Tui ont reçu l'existence ou qui sont restées ^ans le néant, tout ce qui est intérieur ou cxté-
cuuiT INTRODUCTION,
rieur, accessible aux facultés inteUectuetles o palpable et susceptible d^être connu par les sens; ce qui est proche ou éloigné, ce qui descend et ce qui monte : tout a été fait pom nous et i cause de nous, comme autant de signes destinés k nous indiquer, de figures propres h conduire à notre connaissance et dont Dieu voulait se servir pour diriger vers nom ceux qui ont un sens droit et un jugement exquis, qui ont reçu de nous avant ce temp»ci des dons excellents, et ont fait profesûon de reconnaître pour l'objet de leur religion le sens intérieur'.
• Dieu a fait sortir ensuite, du secret de si science et du trésor de ses décréta, Adam et Eve, les deux premiers pères, mile et femelle, alin qu'ils fussent l'instrument de fa production du genre humain, alin qu'ils fiassent un emblème de la manifestation produite par k puissance forte et énergique de celui qui porte le nom de Maadd '. Il les a unis ensemble pu
* Ç.t tria inlinitur, l« ^j^L a.>. c'nl la diiinité anir au imBBL Ln .NoMÎm aditmil «nci>r« njoarcTbiii le Vmm. Irarm aântm- Ou d<<o( fiaHr id Mmu. tout \ti ^orralioDi dn PimlMiM JoDl il m KHitmi i^unÙMi dut In liin» d» Dnun.
' C«lt<rraid<rr qoe. dcm^meqDcIr pran liamaùi ■ FtepadaH
INTRODUCTION. ocxxxt
le mariage , et ils ont engendré des enfants dont le nombre s*est multiplié, et ainsi nous avons passé successivement par des reins purs et^cjes ^ matrices saintes et excellentes '. Tous les reins
par TunioD d*Adain et d^Èvc, de même, dans l'ordre de la religion , la production des proaéljtes s^opère par l^onjon des âmes avec les vérités. Maadd est le nom propre de Moèu.
Nowaîn nous apprend que Sloèzz fit frapper en Egypte , en Tannée 358, des monnaies d*or et d^argent qui portaient les légendes i«mnlet. Sur une face on lisait :
• f 1 n'y a point de Dieu si ce n'est Dieu ; Mahomet est le messager
• de Dieu; Ali est le meilleur des délégués, et le vizir du plus ex-
• cellent des envoyés. Mahomet est le messager de Dieu; il Ta envoyé
• avec la direction et la vraie religion , pour qu'il la fasse triompher
• de timtes lea autres religions, quand même cela déplairait aux
• polythéistes. »
Sur Tautre (ace on lisait :
• Llmam Maadd a appelé (les hommes) à la profession de l'unité •4u Dieu étemeL Moëzx-lidin-ailah, prince des Croyans. Frappé
• à Misr, en Tannée (trois cent) cinquante-huit. »
Nowaîri, manuscrit de l'université de Lcydc.
' Ce système, où Tftme de Timam est considérée comme passant MKcessivement de génération en génération dans diverses figures corporelles, est un dogme reçu par beaucoup de Schiis, cl sur lequel ^M'ose l'enseignement religieux des Druzes.
anxxvi INTHODIJCTION. I
et toutes les matrices qui nous ont contenu ont manifesté une science et une puissaucejjuL venaient de uou^Cela a contÎDué ainsi jusqu'l notre premier aïeul et notre excellent père, le seigneur de tous les envoyés, rimam de tons les prophètes, Ahmed et Mohammed' (que les faveurs de Dieu reposent sur lui et sur sa postérité en tout lieu I ) : ses bienfaits ont été grands et ses travaux illustres. Il a exterminé les polythéistes, brisé tes impies, manifesté la vérité, pratique la véracité; il s'est distingue par te dogme de l'unité, et il a fait profession de la religion qui enseigne réternité de Dieu. Par cette religion sont tombées les idoles, a été établi l'islamisme, a été manifestée la foi, ont disparu la sorcellerie et la messe, ont été abolies l'infidélité et l'incrédulité, a été éteint le feu des pyrécs , ont été mis en fuite les adorateurs des idoles. 11 a apporté l'Alcoran qui a rendu témoignage à la vérité, dans lequel se trouvent tous les événements passés et tout ce qui doit arriver jusqu'au jour llxé; qui contient l'explication des livres précédents, des volumes envoyés (lu riel; qui renferme la signification de
' Ce* ilfui noms dcii^iicnl e|;a1cincnl Mahomrl
INTRODUCTION. ccxxxvii
toutes choses; qui est direction et miséricorde, une lumière et un flambeau qui éclaire.
• Tout cela n*est autre chose que des signes qui se rapportent à nous, des préludes envoyés
devant nous, des moyens pour,prép.9a:çjJJift|re manifestation , des directions , des signaux, des témoignages, des pronostics de bon augure, saints, divins, fidèles, qui existent, qui ont été produits , qui ont reçu l'existence , qui ont été préparés. Aucun Natik na parlé , aucun prophète n'a été envoyé, aucun délégué n'a paru, qui ne nous ait indiqué, qui n'ait eu pour objet de fixer sur nous les regards, qui ne nous ait désigné dans ses écrits et ses dis-
cours, dans les emblèmes de Sâ.,dûÇtrine et les figures ^lligffldqucs jdc son en&cign£ment. Ces indications existent réellement et ne sont point nulles, elles sont intérieures et extérieures, connues de tous ceux du peuple saint qui ont écouté la prédication, qui ont vu et regardé. Quant à ceux d'entre vous qui n'ont pas fait attention à cela ou qui Tout oublié , qui se sont égarés ou qui sont tombés dans l'erreur, ^'ils considèrent les livres anciens et les vo- 'ï^mes révélés, qu'ils jettent les yeux sur l'Ai-
GcxzxTiii INTRODUCTION.
coran et sur les explications qu'il contient, qu'ils interrogent les gens instruits , s'ils sont dans l'ignorance ; car Dieu a dit : Si vous ignorez, interrogez ceux qui savent '. ■
' Ahiyr..»m. le.vere. iS.
Nowairi, dan» la partie de »on onvrage où il traite de lliiMciin des Umlifes Falimis, ajug£ convenable de rapporter divers tof mentB de cette mùme lettre, qui n'avaient piiint trouvÉ place dam rhijtoire des Karmales. Ayant eu ù ma disposition , au moment ai Ton imiirimait celte partie de moi) introduction , un manmcril di la bibliothèque de l'université de Leyde, qui cootienl l'histoire des Falimis de Nowaîri, j'ai cru devoir ajouter les fragmenta de )i lettre de Moëii qui s'y trouvent, à ceux que m'avait fborais an histoire des karmates. Le* voici :
< Ke sais-tu point gae jt sait le Jiu ttilamé de Uifu . 901 pinitn dsat In cmtm? [Alcor. sur. io4, v. 6.) Je cannais ce qui fckappc an
yeui et ce que cachent les poitrines Vo> pères rftsiient dans la
dépendance des miens... \ous vous adressons celle lettre de Fdstat. Nous sommes venu dans cette ville , conrormément 1 un décret antérieurement déterminé, et à une époque précédemment prenoncée. Nous ne levons pas le pied , et nous ne le posona pas, • ce n'est en conséquence d'une science parlàitc, avec une prudeoce calme, et en observant un terme liié. >
(On lit dans le teitc:
.y»j^ J»'j fj*^ |i* j £5*— -*W ^1 ■ ï^ ■"" £!*** que j'ai rendu par /rar/iu'lr, signifie ^011 avec art, artificUL Au lien de r.ff J>c. j'ai supposé qu'il fallait lire f-j*^ I^i le net 1-ji^ signifie rrro^iUi, tnatqaillt. quand il s'agit de l'âme et de
• Ponr loi, perfide, infractcur, qui t'éloignes de la dircctio* (je lis ^i>« au lieu de ^j^ que porte If mnnuacril] de les pjrts et de tes aïeui, qui t'es douille de la reli^on de tes prédf'
INTRODUCTION. ccxxxix
Cette lettre jette un grand jour sur les prétentions des Fatimis et sur leur doctrine mystique, et prouve que leur système différait bien peu de celui des Druzes.
ceflsenrs et de tes semblables , qui as allumé le feu de la rébellion , qui asabandonoé le parti de Forthodoxie et de la tradition, je n^ai point fermé les yeux sur ta conduite , et tes démarches n'ont point été cachées pour moi; car du lieu où j'étais, je voyais et j'en tendais toot ce qoe ta faisais. Le Dieu très-haut a dit : Je sais avec vous, je vois etjeidends (Âlcor. sur. ao, v. ^8 ). Ton père n'était pas un méchant homme, et ta mère n'était pas une femme de mauvaises mœurs; Boos savons dans quelle pensée tu t'es égaré, et dans quel chemin ta as injux:hé.
• Nous ne te négligerons pas et nous ne t'accorderons aucun délai , si ce n'est celui qui est nécessaire pour que ta lettre nous pan'iennc, et pour que nous connaissions quelle sera ta réponse. Pense donc à tes propres intérêts, à tes intérêts de la vie présente et de l'autre «ie, arant que la porte de la pénitence soit fermée, et qu'arrive le temps du changement (i^^yvll o^j)- ^^"' ^^^^* '' ne servira Je rien à vu âme de croire» si elle n'a pas cra auparavant, oa si elle n'a pas fâk de bonnes œavres en conséquence Je sa foi. (Alcor, sur. 4t v. 1 49]. > La lettre se terminait ainsi :
• Toi et les tiens, vous êtes comme le Heu où l'on fait reposer
des chameaux, ou le parc où se retirent le soir les brebis. Soit
9itf nous iefauions voir le châtiment dont nous les menaçons , soit que
KOHI le retirions à nous auparavant (Alcor. sur. i3, v. ho. Nowaîri
i^nurque qu'on lit un peu différemment dans TAicoran , mais c'est
^ tort qu'il dte la surate intitulée : ,^ a*>M ), certes, nous leur
jtrons sentir notre pouvoir. Alors on éprouvera la perte des biens
"' (f monde et Je f autre ■ c'est là la perte la plus éviJente (Alcor,
'"'île a8, verset 11). Menace-les Je ce Jeu qui s enfiammera , et
^ ï ardeur ne se fera sentir qu'au malheureux qui a traité Je men-
**■?' la vérité, et qui a tourné le Jos ( Alcor. sur. 91, v. 1 4 et suiv.).
ccxi INTRODUCTION,
Cette identité est reconnue par Hamxa, dans un écrit où il raconte l'histoire des commencéments de la secte des Ismaëiis dans lesvilles de Hadjar et de Lahsa ; il y reconnaît Jes Karmates jour de vrais unitaires, et dit formcllfrment qu'Abou-Saïd, Abou-Taher et plusieun autres seïds des Karmates , ont été des serviteurs du vrai Dieu, de Hakcm '. Moktana, autre écrivain de la secte des Druzes, adresse aussi une lettre aux seîds de Lahsa, et rappelle les services que leurs ancêtres ont rendus k la religion unitaire ^.
Aa jour oà ili t'irronl cr dont on Ifs menacf, i/l n'anrent drmemi liant U lomhraa qu'une lirarr J'an jour .- rrri ctl nn avtriiufwirii fti Jrur est donné. Qai loni ceux ijai périront . sinon les kommet eomfaUr d'inii/niti [Alcoratt, surate iC, verset 31 et 35-)> Que tes bomna rapnblm de rédéi-hir, réllÔGliissent donc, rt que ceiu-li penml spripuMmcnt qui sont capables de prnser-, qu'ils se lienneat eD prdi ronlrc le jourdr la résurrection. 1g jour des soapira et du rcpeotir, ce Jour oi'i l'âme dira : lliliuf nudhrurà moi, à caair de la tUglijacr dont jai usé aa rrgard de Dïtu [ Atcor, sur. 3g. v. 56. j ; mattcar à naos, ù came de ce i/ar nous avons omis [Alror. sur. 6, v. 3i.]. PUli IHtu ijac nom fussions rrrcnir iiu iiiondt, rt agir aalrtmrnt fac MU ■■.™n,/.a.r (Jt»..u,,.,.5..)
• \^ paii M>il sur ceux qui suivent la dirertioD, et qui w prittr~ teol des suites de la perdition. Il nous sullil et i) est no riedha^
' Vny. la pii^ce du reEiieil des Dniics, intitulée : Ji^JU~ll *Jfr^* - ' Celle lettre est celie qui porte le litre de t jlj p »H <JL.j J.' ëiîLajl , «t que j'ai di'jà citée ri^devant. (vif^e cctxilt.
tg^^^gfW^
INTRODUCTION. ccxlî
Nous avons vu jusqu'ici l'histoire de la propagation de la doctrine des Ismaêlis dans le Sowad de Coufa, Tlralc^ 1^ Syp^ ^^ 1^ J2âJ3LdfiJSabreln. Cette doctrine eut aussi des missionnaires dans le Yémen et dans le ]\y^eb. Cette mission date de la même époque que celle de Hosein Âhwazi » par qui Hamdan Karmat fut initié à cette secte; car Ebn-Hauscheb , premier missionnaire envoyé dans le Yémen , reçut cette mission d'Ahmed, fils d'Abd-allah Kaddah. L'histoire de cette branche d'Ismaclis appartenant proprement à celle de la dynastie des Fatimis, je la réserve pour la vie de Ilakem.
Qu'il me soit permis, en fmissant cette introduction, de joindre à ce que j'ai dit un passage d'Abou'lféda , qui prouvera jusqu'à quel point les idées les plus extravagantes trouvaient créance parmi les Musulmans.
En Tannée 32 2^ fut mis à mort Mohammed, fils d'Ali, Schalmagani : il était surnommé ainsi de Schalmagan , bourgade du territoire de Waset. Il fut Fauteur d'une nouvelle secte qui avait pour dogmes fondamentaux l'infusion de la divinité, la transmigration des Âmes et
> Alwu'lféda, Annal. Moslem. l. fl, p. 383 et £uiv.
ccxLii INTRODUCTION.
les opinioDsparticulières aux Schiis^. On dit qu'il eut pour disciples dans ces opinions Hosein, fils de Kasem, fils d'Obeld-allah, qui fut vizir de Moktader; Abou-Djafar et Abou-Ali, tous deux fils de Bastam; Ibrahim, fils d'Abon- Aun, et Ahmed, fils de Mohammed, fils d'Abdous. Mohammed Schalmagani et ses disciple^ se tinrent d'abord cachés, mais le chef s'étant fait voir au mois de schowal de cette année 3:12, le vizir £bn-Mokla le fit arrêter. Schain»gani, dans lequel ses sectateurs croyaient que résidait la divinité , nia la doctrine qu'on lui imputait; on le prît donc et on le conduisit en présence du khalife Radhi, avec le fils d'Ahou-Aun et le fils d'Abdous. On ordonna à ces deux derniers de donner des coups de poing à Schalmagani, ils s'y refusèrent; mais, comme on les y contraignît, le fils d'Abdous étendît la main et le frappa. Le fils d'Abou- Aun étendit aussi la main pour le frapper, mais sa main trembla, il haisa la barbe et la tête de Schalmagani , en disant : ■ Mon seigneur, moi&
■ KeiAv a traduit ainsi le seul mot «^^wJI : Alin morlalàm ac^- Unlinimum , tl nul ipium lUum, aat àeo timiUimaai nie, Ccil damer
INTRODUCTION. ccxuii
« dieu , mon bienfaiteur de qui je tiens Texis-
• tence 1 > On dit alors à Schalmagani : « N'avez-
• vous pas nié que vous eussiez jamais eu au-
■ cune prétention à la divinité? — Je n'ai jamais « prétendu à la divinité , répondit-il , et si le fils
• d'Abou-Aun tient de tels discours, je n'en
■ suis point responsable. » Ensuite on les emmena. On fit comparaître plusieurs fois Schalmagani devant des jurisconsultes, qui déclarèrent à la fin qu'il méritait la mort. Au mois de dhou'lkaada 32t2, on fit mettre en croix Schalmagani et le fils d'Abou-Aun , et ensuite on brûla leurs corps.
Suivant le système de Schalniagani, Dieu descend dans chaque chose, en proportion de ce que chaque chose est capable de le recevoir. Dieu a créé le rival pour qu'il servît à faire connaître et distinguer celui dont il est le rivale Dieu est descendu dans Adam et dans Iblis, qui sont rivaux l'un de l'autre; celui qui sert de guide pour faire connaître la vérité est plus excellent que la vérité; le rival d'une chose a
* ^•Jb^ôlt ^^ 4^ Jj^ 0^\ i^i^- — Voilà une «pression commune chez les Druzes, où chaque ministre spirituel et bon a un ri «al niauTais.
cciuv INTRODUCTION,
plus d'analogie avec cette chose qu'une autre chose qui lui ressemblerait. Dieu, en se revêtant d'un corps humain , a donné des signes de puissance et de faiblesse , destinés à faire connaître qui il était. La divinité s*est luiie tont entière à Noé et à son Ihlis ' ; ensuite elle s'est séparée , puis elle s'est unie tout entière i Salèh et à son Iblis , c'est-à-dire & cet impie qui coupa les jarrets à la femelle de chameau'; s'étant séparée ensuite , elle s'est imie tout entière à Abraham et à son Ihlîs, Nemrod; elle s'est séparée ensuite, et ia même vicissitude d'union et de séparation a eu lieu successivement dans Aaron et Pharaon, dans Salomon et son Ihlis, dans Jésus et son Ihlis; ensuite elle s'est divisée dans les douze apâtres, puis elle s'est encore unie tout entière à Ali et i un Iblis. Tout homme qui est nécessaire aux antres hommes est dieu. Il nommait, ainsi que ses sectateurs, Moïse et Mahomet les deux peMa, disant qu'ils avaient reçu leur mission d'Aaron
' fMii, mot Tanné du gr«r JiilC»\af, ni \r nom que le* \n.\»m i musulmins danoent i Sitan, lechrrdesmiDTti* «tpriu. Icini^at CM prii (ItDS le tta» de ripât ou enncni.
' Vojet Aie. sur. 7.
INTRODUCTION. ccxxxv
le mariage , et ils ont engendré des enfants dont le nombre s'est multiplié, et ainsi nous avons passé successivement par des reins purs et. des ^ matrices saintes et excellentes ^. Tous les reins
pir Tunion dWdam et d'Eve, de môme, dans l'ordre de la religion , b production des prosélytes sop^rej^rTonjon des âmes avec les vérijw. j^fomdd est le nqni propre de Moëzz.
Nowaîn nous apprend que flôezz fit frapper en Egypte , en Tannée 358, des monnaies d*or et d'argent qui portaient les légendes savantes. Sur une face on Usait :
• Il n*y a point de Dieu si ce n*est Dieu ; Mahomet est le messager «de Dieu; Ali est le meilleur des délégués, et le vizir du plus ez- •cellent des envoyés. Mahomet est le messager de Dieu; il Ta envoyé <avec la direction et la vraie religion, pour qu'il la fasse triompher *^ toutes les autres religions, quand même cela déplairait aux • polythéistes. •
Sur Fautre face on lisait :
*Llaiam Maadd a appelé (les hommes) à la profession de l'unité *du Dieu étemeL Moêzz-lidin-allah, prince des Croyans. Frappé *à liisr, en l'année (trois cent) cinquante-huit.» .Nowaîri, manuscrit de l'université de Leyde. ' Ce système, où l'âme de l'imam est considérée comme passant Hiccessîvement de génération en génération dans diverses figures cofporelles, est un dogme reçu par heaucoup de Schiis, et sur lequel ! rcfiose renseignement religieux des Druzes.
cciivi INTRODUCTION.
quiconque manquerait à s'acquitter de ce voir deviendrait femme dans une autre rérolution; car il admettait la transmigration de» âmes. Peut-être bien cette doctrioe n'est-^t autre chose que celle des Nosaîris.
Je pourrais encore citer il'autres exemples des aberrations de l'esprit bumain qui ont dtfiguré le mahométisme dans le cours des «écles; mais je pense que ce serait abuser de b patience des lecteurs.
FIN DE I.IMUODI'CTION.