‹ Exposé de la religion des druzesChapitre 85 sur 97 · UNITÉ DE DIEU. SA NATURE DIVINE ET INCOMPRÉHENSIBLE · texte numérisé non relu

UNITÉ DE DIEU. SA NATURE DIVINE ET INCOMPRÉHENSIBLE

Dieu, dit Hamza ^ est l'Etemel, l'Ancien, le Seigneur plein de libéralité , le Maître miséricordieui. Il est unique, sans être sujet à aucun des attributs des êtres uniques ; il est seul , mais sans ressembler aux êtres dont on dit qu'ils sont seuls ( c'est-à-dire qu'il n'est pas seul par privation). Il est beaucoup trop élevé pour être désigné par des nombres ou par des ressemblances, beaucoup trop grand pour qu'on lui attribue une femme ou des enfants. Aucun homme ne peut le défmir d'une manière qui réponde à son essence; les yeux de ceux qui K' regardent, ne peuvent le saisir; son essence ne peut être comprise par la réflexion et la méditatioii

la plus profonde A lui seul appartient ia

divinité.

Dieu ^ ne peut être défmi par aucune des qualités qui conviennent aux êtres créés, en sorte qu'il ait quelque rapport de genre avec les êtres qui semblent être du même genre que lui"^; les esprits et

*• Pièce XIX du recueil des Druzes.

* Pièce XX du recueil.

^ OS**^^*^' ^ if^^^f^ — Comme Hamza emploie ers fipressions en parlant de Hakem, il peut avoir eu en vue pfmdpilement de nier qu*i1 y eCii aucun rapport de parenté entre Ilalf" et les personnes de sa famille.

les imaginations ne peuvent le comprendre; il est fort élevé au-dessus du comment et du oà ^ ; il est trop magnifique pour être vu par les yeux et les regards les plus pénétrants , ou pour qu*on lui attribue le mouvement et le repos.

Notre-Seigneur, dit encore Hamza^, est unique, mais non en la manière que ce mot s'entend de Tunité dans les nombres; il n'a ni femme ni enfants «

il est le premier et le dernier des nombres U

est bien différent de toutes les fausses opinions que les hommes ont de lui, bien élevé au-dessus de toutes les dénominations que les hommes imaginent pour le<lésigner, et qui ne conviennent qu'à ses créatures^. La raison humaine ne peut atteindre à la connaissance de ses œuvres , et elle confesse son impuissance et l'impossibilité où elle est de comprendre ce qu'elle en connaît (c'est-à-dire, sa figure humaine); la langue demeure muette et dans le silence, parce quelle ne reconnaît à la raison, qui voudrait se servir de son ministère , aucun moyen d'exprimer dignement l'unité de son Créateur ^.

' çjj a)\j iùJu5C/i ^ ci^' — I^ glo'® explique cela par ^ Jft j f^yjZ}\ : j'ai dû nie conformer à cette interprétation.

* Pièce ixi du recueil.

* Par exemple, suivant les livres des Druzes, les mots Attt Diem et fi, — s^jSt ^J^J5\ It clément, U muéricordieux , ne désignent que certains ministres de la hiérarchie unitaire.

Comment, en effet, s'écrie Hanua, exprimer comme il faut l'unité de celui qui n'a ni bornes, ni origine, ni commencement, ni dernier terme, puisque les choses les plus anciennes ( c'est-â-dire les ministres et les âmes ) confessent qu'il les a produites lorsqu'elles n'existaient point, et que les ètm qui (entre les créatures) sont le dernier terme (leb que les corps) reconnaissent qu'ils ont une existence nouvelle , car le terme a nécessairement une existence postérieure au commencement? Loué soit celui parmi les productions duquel on compte if commencement, et qui est te terme de toutes chose* et leur anéantissement!

Notrc-Seigneur est le souverain des souverainsauquel ne conviennent aucunes des dénominations usitées parmi les hommes, rien de ce que la lai^ peut prononcer ou la plume écrire.

Louange te soit rendue (c'est encore Hamxa qui parie '), ô toi qui es distingué par la grandeur r\ ta puissance , qui es séparé de tous les êtres par Ion excellence et ta royauté, qui ne cesses d'existpr dans aucun âge, dans aucun temps, dans aucune durée, dans aucun lieu; qui es trop grand pour que l'on te compare quelque autre chose, ou qu'aucuiif

explique ceci en dÎMnt qne c'eM l'intdlîf^ce qui emploir U Uapf ' Pièce ux du recueil.

de tes créatures puisse te définir; qui es élevé audessus de toute comparaison et de toute assimila tion; qu'aucune description ne peut atteindre» et qui ne peux être désigné par aucune qualité!

Je rends témoignage, je crois, et je reconnais d'une ferme foi, au commencement et à la fm de mon existence, dans l'intérieur de mon cœur et par une confession publique et extérieure, que tu es le Dieu créateur, puissant, unique, seul, qui ne peut être ni multiplié par aucun nombre, ni augmenté par aucun accroissement, ni rapporté à aucune généal(^e ^ ; que tu es le Créateur qui n'a point eu de créateur, fauteur des êtres qui n'a point eu de rival, le puissant sur lequel aucun être n'a de pouvoir, le vainqueur contre lequel il n'y a ni abri, ni refuge autre que toi-même; le juge souverain qui n'est soumis au jugement de qui que ce soit; que tu fais ce que tu veux, que tu ordonnes ce qu'il te plaît par ton commandement sublime, trop élevé en gloire pour être associé avec aucuns sons ou aucunes langues ^.

C'est la confession du dopne de l'unité de Diey qui est le caractère essentiel de la religion des Druzes.

' Cest-à-dire , suivant la glose, qui na ni enfants ni ancêtres.

> i^Ui\j ^^t^Jff iijUL. ^ cxidl jUt d>.U — Cest. à-dire par ta seule volonté, indépendamment de tout ordre exprimé par de» paroles.

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0itiére d'être.

V'uici de quelle manière Mok j^ine, dont la confession doit j^s manifestations de la divinité une forme liumaîne,

La doctrine ' de l'unité du Sei ie plus digne d'être recherché, le cieux, le bien ic plus excellent <] quérir. Cest le fruit de tous les établis dans les siècles passés; ce vérité , par laquelle se soutiennen Par une confession sincère de la e les âmes pures parviennent à la

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ELIGION DES DRUZES. 7

^kriectioii dernière ; faute de cette conines impures demeurent éternellement «^- supplices, la confusion et une misère af-

^nfessetJjuûléLilu jSi^igoieur, clçst le j>remier >es devoirs dont Tobservation est indispensable, c'est le véritable culte cacbé sous Temblème de toutes les pratiques religieuses, comme Ta dit celui qui a eu en vue la confession du dogme de funité du Seigneur, et qui la dégagé de tous les attributs qui ne conviennent qu à ses créatures et à ses serviteurs, en s*exprimant ainsi : Le commencement de la piété envers Dieu, c'est de le connaître, La parfiite connaissance de Dieu, cest de confesser son unité de la manière convenable; et confesser son unité de la manière convenable, c*est rejeter loin de lui tous les attributs des êtres créés , lesLâaprits sains et éclairés convenant que Tattribut est une chose diCfêrente du sujet, et le sujet une chose différente^ Tattribu t .

La parfaite connaissance d^une chose, cest lorsqu'on la voit et la contemple de ses yeux, suivant ces paroles de Timani dans le livre (c*est-à-dire, de rAicoran^), Ik connaîtront le don de Diea, pais ils le méconnaitront : c*est-à-dire, ils connaîtront celui

* Alcor. sur. i6, vers. 86.

Aussi cette religion est-elle nommée tewkid, c'est-édire. Confession de l'unité, et ses sectateurs Afoiteahkidoaa, c'est-à-dire, ceux qui confessent funilé ou Unitaires. Ce dogme, de la manière dont fenleignent les livres des Druies, n'admet pas même en Dieu la considération de quelque qualité, de quelque attribut. Cette manière d'envisager runitf de Dieu est exprimée par le mot tenzOï, qui signifie proprement d^agement, l'action de débarrasser, de nettoyer de toute souillure, de divertir l'esprit de toute occupation sérieuse , et qui veut dire ici cosfesser l'anité de Dtea avec abstraction de iouie ijaalité ou manière d'être.

Voici de quelle manière Moktana expose cette doctrine, dont la confession doit être jointe i c^ des manifestations de la divinité qui ont lieu sotu une forme humaine.

La doctrine ' de l'unité du Seigneur est le bien le plus digne d'être recherché, le trésor le {dus précieux, le bien le plus excellent que l'on puisse a^ quérir. C'est le fruit de tous les cuites qui ont été établis dans les siècles passés; c*est la balance de b vérité, par laquelle se soutiennent le ciel et la terre. Par une confession sincère de la doctrine de l'unité, les âmes pures parviennent k la récompense iw

nelle et à la perfection dernière ; faute de cette confession, les âmes impures demeurent éternellement dans les supplices, la confusion et une misère affreuse.

rnnfpsftAj yipnît^ f|i^ f^jgr^^iir, cl^st . le j>reinier

des devoirs dont Tobservation est indispensable, c'est le véritable culte caché sous Temblème de toutes les pratiques religieuses, comme Ta dit celui qui a eu en vue la confession du dogme de Tunité du Seigneur, et qui la dégagé de tous les attributs qui ne conviennent qu à ses créatures et à ses serviteurs, en s*exprimant ainsi : Le commencement de la piété envers Dieu, c'est de le connaître. La parfaite connaissance de Dieu, cest de confesser son unité de la manière convenable; et confesser son unité de la manière convenable, cest rejeter loin de lui tous les attributs des êtres créés , legjgfiprits sains et éclairés convenant que fattribut est^une chose dift^rente du sujet, et le sujet une chose différente de Tattribut.

La parfaite connaissance d'une chose, cest lorsqu'on la voit et la contemple de ses yeux, suivant ces paroles de fimani dans le livre (c'est-à-dire, de TAlcoran^), Ils connaîtront le don de Diea, puis ils le méconnaîtront; c'est-à-dire, ils connaîtront celui

' Alcor. sur. 16, vers. 86.

dont il est ici question cl*une manière emblématique S quant à son existence, mais ils ne connaitront point en quoi consiste véritablement la confession de son unité ; au contraire, ils méconnaîtront le don que Dieu leur aura Ëdt, parce que leurs esprits ne pourront se former une idée de la manière parfaite de confesser son unité, et parce qu*ib n auront pas su comment il convient de le considérer, abstraction faite de tous les attributs des êtres créés et de ses serviteurs.

Et en effet, les hommes de toutes les sectes et de toutes les religions confessent Texistence de FÊtre adorable ; mais quand on les appelle à confesser la véritable nature de son existence, ils le méconnaissent , ainsi qu'il est dit , Ils connaîtront le don de Din, puis ils le méconnaîtront; cest-à-dire, ils confessent qu'ils ont un créateur qui leur a donné letre, mais quand on les appelle à la connaissance du dogme de son unité, ils méconnaissent son existence. Cependant tous ces gens, je veux dire les hommes de toutes les sectes et de toutes les religions, s'assujettissent eux-mêmes aux pratiques d'un culte quelconque, croyant par ce moyen se rendre dignes de ses récompenses et éviter ses châtiments. Mais la raison décide et prouve d*une manière inconte»-

' Ccst-à-dire Haktm , indiqué dans rAlcoran par ies mots U tfM àt DUu.

table que Ton ne peut attendre une récompense, et qu*il n'y a lieu d*y prétendre, que quand on connaît celui de qui vient cette récompense, puisque la créature a un besoin plus grand de connaître celui qui récompense, que de connaître la récompense elle-même.

De plus, suivant les sectateurs des lois et des religions précédentes, et tous ceux qui se rapprochent de ]a confession de Tunité du Seigneur, la manière la plus parfaite de confesser son unité, cest de n'admettre en lui ni attribut, ni bornes, ni qualités^ni rien de semblable , comme la vue ^ ou autres choses du même genre. Mais dans la vérité, de la manière dont ils entendent que Dieu est exempt de toutes ces qualités, cela signifie quil nexiste pas (d'une manière sensible) et que les yeux ne peuvent Tapercevoir. Mais, en admettant leur opinion, s'il nexiste pas ( d'une manière sensible ) , ce n'est pas pour lui un titre de ^oire que les yeux ne puissent l'apercevoir, puisque ce n'est que le défaut d'existence sensible qui le rend imperceptible à leurs yeux, et que leurs yeux l'apercevraient s'il avait une existence (sensible) et ne seraient point dans l'impuissance d'exercer leur action sur lui. C'est là leur doctrine, et il n'y aurait aucun reproche à leur faire si les

' Je crois que cela veut dire être susceptible détre vu. On pourrait cependant le prendre également dans le sens actif.

DE LA

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