APPAREILS A RÉACTION
pèles y qui, une fois connue, permettrait à rhooime de se dérober plus ou moins à leur influence. Qu'on soit loin de posséder aujourd'hui des données parfaitement certaines sur tous ces problèmes obscurs de la météorologie, c'est ce qui est évident; il n'en est pas moins vrai que ces efibrts n'ont point été stériles, et, si l'on ne peut affirmer, comme quelques-uns le pensent, que tout soit déjà éclairci, on peut du moins dire que la lumière est en train de se faire. Les courants et les vents, de mieux en mieux connus, donneront à la navigation des facilités de plus en plus grandes.
L'hélice, réservée presque exclusivement aujourd'hui aux bâtiments de guerre, a été l'objet de nombreuses expériences qui ont amené à en améliorer la forme. Parmi les plus récentes, nous mentionnerons celles de MM. Moll etBourgois, et, depuis encore, celle de MM. Guède et Jay, du génie maritime. On a réduit l'appareil à une fraction seulement de spire hélicoïdale; on a brisé la directrice de cette surface en lui donnant des pas difl'érents, l'un pour l'entrée de l'eau, l'autre pour la sortie, séparés par un pas moyen; de cette manière, on réduit la violence du choc qu'éprouve l'eau à son entrée dans l'appareil. Les Anglais ont créé un autre type : ils substituent à l'hélicoïde gauche à plan directeur une surface à la fois hélicoïdale et concave , connue sous le nom d'hélice Grijith.
On a souvent songé, mais sans succès, à l'emploi des appareils à réaction pour mettre en mouvement les navires : les frottements développés dans les tuyaux d'écoulement enlèvent à ces appareils une grande partie de leur puissance motrice. On vient cependant d'en faire en Ecosse une application utile aux bacs de la Clyde , à Glascow : la machine à vapeur du bateau met en mouvement une pompe, qui puise l'eau dans la rivière par un tube vertical , et l'y fait retourner par des tuyaux horizontaux, difl*éremment orientés, que le timonier ouvre et ferme à volonté. On obtient par le simple jeu des clapets les mouvements de progression, de recul, de dérive latérale, de rotation dans un sens et dans l'autre; le bateau n'a aucun organe qui fasse saillie sur sa coque; il n'a mc^me pas de
an TOUAGE SUR CHAInë NOYÉE
gouvernail; la manœuvre en est très-rapide; toutes conditions qui conviennent très-bien pour un bac destiné au transport des personnes d'un bord à l'autre d'une rivière très-fréquentée.
Sur les canaux et les rivières, ces dernières années ont vu se multiplier le procédé du touage sur chaîne noyée des remorqueurs destinés à la traction des trains de bateaux. On a essayé de supprimer la chaîne noyée attachée au fond de la rivière, et de la j emplaccr par une chaîne sans fin qui serait portée par le bateau lui-môme, et qui donnerait le point fixe nécessaire au touage par son adhérence sur le fond du lit. Proposé en 1889 par un Bavarois nommé Hoheberger, expérimenté pour la première fois par M. Clément Desormes, en 18/17, ^PP^î^ué par M. Reynaud sur les canaux du Midi, ce procédé a été étudié de nouveau en 1 86â par M. Beau de Rochas ^ Des essais pratiques assez multipliés manquent encore pour faire connaître la valeur exacte de ce mode de traction. On a été plus loin encore en proposant d'employer le courant d'un fleuve comme force motrice pour faire remonter le bateau de lavai à l'amont. On obtiendrait ainsi un bateau aquamoteur. Pour ce dernier problème, on n'en est pas encore arrivé aux essais pratiques, qui seuls, en pareille matière, ont la valeur d'une démonstration.