FONDATIONS A AIR COMPRIMÉ
fondations des ouvrages est Tune des plus belles applications modernes des principes de l'équilibre des liquides et des gaz. Les nouveaux appareils constituent une heureuse transformation de l'ancienne cloche à plongeur. Le premier perfectionnement qu'on y ail introduit a consisté dans l'addition d'un sas à air, remplissant le même rôle que le sas d'une écluse. Un bateau passe dans le sas d'une écluse quand il a à sortir d'un bief pour entrer dans un autre bief à un niveau différent du premier; et le sas permet d'opérer ce transvasement sans modifier radicalement les niveaux respectifs des biefs. De même le sas à air, ajouté à la cloche à plongeur, est une chambre garnie de soupapes, au moyen de laquelle l'ouvrier peut passer de l'air libre dans l'air comprimé de la cloche, ou réciproquement, en ne faisant perdre qu'une petite fraction de la pression intérieure. On obtient ainsi le bateau à cloche, avec lequel ou peut faire sous l'eau un travail suivi, tel que le déblai d'un rocher ^
Les fondations tubulaires réalisent sur le bateau à cloche un nouveau perfectionnement. Le tube dans lequel on comprime l'air fait partie de la fondation. Les ouvriers déblayent les terres au fond du tube; le déblai, dès qu'il est produit, est enlevé par le sas à air. Le tube s'enfonce tout entier dans la cavité ouverte à sa base. A mesure qu'il descend, on ajoute par-dessus les nouveaux anneaux qui doivent lui appartenir. On parvient ainsi, de proche en proche, à renfoncement total du tube. Alors on maçonne dans l'intérieur du tube, et l'on obtient de cette manière une colonne très-résislante, entourée d'une chemise métallique et enfoncée dans le sol à une profondeur où la maçonnerie faite soit par immersion, soit par épuisement, n'aurait pu atteindre. On est descendu, par cette méthode, jusqu'à des profondeurs correspondantes à une picssion de trois atmosphères, limite que la santé des ouvriers ne permettrait sans doute pas de dépasser.
Ce système si satisfaisant de fondation a été indiqué, pour la
' Annales (les ponts et chaussées, 18&8, Dit^uioire de M. de la Gournerie.