EFFORT TRANCHANT
cuies matérielles comprises dans le plan de la section. Les anciens géomètres connaissaient cette tendance; Navier la signale en termes très-précis; mais ce n'est que de nos jours, et après le développement pris par les constructions en fer, qu'on a reconnu qu'elle pouvait avoir de l'importance dans la pratique, et qu'on lui a donné un nom, celui $ effort tranchant ^ expression consacrée aujourd'hui, bien qu'elle ne soit pas d'une parfaite justesse. Dans les poutres de bois comme dans les poutres de fonte, l'eflbrt tranchant n'est pas essentiel à évaluer, parce qu'il se répartit sur une section matérielle toujours suflSsamment nourrie dès que la résistance à la flexion est assurée; il n'en est pas de même pour les poutres de fer laminé, où les semelles dans lesquelles se développent principalement les efl'orts de résistance à la flexion sont reliées l'une à l'autre par une paroi de faible épaisseur.
Si, au lieu de couper par un plan vertical une poutre droite, que nous supposerons placée horizontalement et chargée de poids, nous la coupons par un plan horizontal qui la partage en deux régions, égales ou inégales, les tensions et les pressions développées dans ces deux parties par suite de la flexion générale de la poutre donneront dans chacune des efl'orts dirigés en sens contraire, et variables d'un point à l'autre de la portée; l'équilibre de chaque élément de ia poutre exige donc que les molécules situées dans le plan coupant développent certains efforts, qui constituent ce qu'on a appelé la rémlance au glissement longitudinal des fbres. C'est à un ingénieur russe, M. le colonel Jouraffski^ qu'on doit les premiers calculs relatifs à cette tendance; il était alors chargé de la construction d'un pont américain sur le Verebia, pour le passage du chemin de fer de Saint-Pétersbourg à Moscou. Des expériences sur la flexion des poutres composées de planches superposées, dont il cherchait à faire un assemblage entièrement rigide, le conduisirent à évaluer les tendances au glissement auxquelles les liaisons auraient à résister.
* Annales des ponts et chaussées, i856, t. II , p. 3q8.