‹ Exposé de la situation de la mécanique appliquéeChapitre 182 sur 203 · FUSION DES SOLIDES · texte numérisé non relu

FUSION DES SOLIDES

constante, et le coefficient de dilatation, on pourra calculer tous les éléments nécessaires pour appliquer la théorie de la chaleur. Les résultats de ces calculs ne méritent cependant pas une parfaite confiance, puisqu'ils reposent sur des données dont quelques-unes n'ont pas été déterminées directement avec une précision suffisante. Toutefois la théorie se trouve entièrement confirmée par des expériences très-délicates, faites au moyen de la pile thermo-électrique, par un physicien suédois, M. Edlund, sur les variations de température qu'éprouve un fil métallique qu'on allonge , ou qu'on laisse se raccourcir, soit lentement, soit brusquement. Les résultats de ces expériences sont tout à fait conformes aux nouveaux principes. En opérant sur un corps très-dilatable, comme le caoutchouc, on peut rendre sensible le refroidissement correspondant à la période d'extension, le réchauffement qui se produit lorsque le corps revient sans vitesse à sa longueur première, et le réchauffement plus grand qui se manifeste si on le laisse se contracter subitement en l'abandonnant à sa seule élasticité.

Le passage de l'état soHde à l'état liquide rentre encore dans les lois générales de la théorie mécanique de la chaleur. A la chaleur latente de l'ancienne physique, elle substitue le travail moléculaire de désagrégation des molécules. La chaleur communiquée au corps solide se partage en trois parts : l'une est équivalente au travail inlramoléculaire qui éloigne les molécules les unes des autres et leur rend leur liberté; l'autre est convertie en travail extérieur; enfin la troisième, si l'on continue à échauffer le corps, reste à l'état de chaleur, et produit l'élévation de la température.

Pour l'eau, on sait qu'à égalité de poids, le volume de la glace est plus grand que le volume de l'eau liquide; le travail extérieur produit pendant la fusion de la glace est donc négatif, et représente une production de chaleur qui s'ajoute à la chaleur communiquée extérieurement à la glace, pour produire le travail interne de désagrégation. Il résulte de là qu'une pression extérieure exercée sur la glace en favorise la fusion, et qu'il faut de moins en moins de

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chaleur extérieure pour fondre la glace, à mesure qu'on augmente la pression sous laquelle la fusion s'effectue; en d'autres termes, la pression abaisse le point de fusion. M. James Thomson a le premier énoncé cette conséquence remarquable de la théorie , et M. William Thomson l'a vérifiée par ses expériences. Un accroissement de pression de huit atmosphères abaisse la température de fusion de la glace de près de six centièmes de degré. Ce résultat s'accorde parfaitement avec les calculs.

Pour définir rigoureusement le zéro du thermomètre centigrade, il faudrait donc indiquer sous quelle pression la température de fusion de la glace doit être observée; mais la variation de la pression a une si faible influence que cette précaution n'est pas indispensable.

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