EMPLOI DE L'ÉLECTRICITÉ COMME MOTEUR
est alimenté par un courant de gaz d'éclairage , mélangé d'air dans la proportion de i o d'air pour 90 de gaz; une étincelle électrique, produite par une bobine de Ruhmkorff et excitée par l'appareil lui-même, met le feu à ce mélange, et la chaleur qui résulte de la combinaison est le vrai moteur de la machine. C'est le retour au cylindre de Papin, où tout était confondu, mais avec les procédés de la chimie moderne. Occupant peu de place et n'exigeant pour ainsi dire aucune surveillance, la machine Lenoir est de la plus grande utilité pour les ateliers de la petite industrie, et résout à sa manière ce problème économique et moral qui consiste à amener la force motrice dans le domicile même de l'ouvrier.
L'électricité peut servir à elle seule de puissance motrice; c'est un moteur encore bien cher, et dont les usages industriels sont par conséquent très-restr eints ; mais la précision des appareils qui ont l'électricité pour moteur les fait apprécier dans certaines industries spéciales, par exemple dans la fabrication des instruments d'optique et d'astronomie. Un grand constructeur d'instruments de précision. Froment, a construit une telle machine, mise en mouvement par la pile électrique, et dont l'allure conserve indéfiniment une parfaite régularité.
Résumons ce chapitre pour finir.
Nous avons vu d'abord comment la théorie mécanique de la chaleur, ébauchée par Sadi Carnot en 182/1, était devenue, à la suite d'expériences précises des physiciens modernes, une des branches les plus importantes de la mécanique appliquée. Nous en avons montré les principaux résultats théoriques au point de vue des lois physiques des corps à l'état de gaz, de vapeurs, de solides et de liquides; les plus importantes conséquences relativement aux machines dont la chaleur est le moteur; enfin nous avons indiqué les inductions auxquelles elle conduit relativement à la constitution du système du monde.
Quittant ensuite la théorie pour examiner les questions pratiques,