MACHINES A AIR CHAUD
bout à une température de 87 degrés; la vapeur d'eau condensée conservait encore une température assez élevée pour réduire en vapeur Téther, qui par son expansion ajoutait un certain travail au travail déjà produit. Cet essai na pas réussi, et les machines construites dans ce système ont été reconnues extrêmement dangereuses. La substitution du chloroforme à Téther, proposée par M. Lafond, lieutenant de vaisseau, na pas eu de meilleurs résultats. Ces essais semblent d'ailleurs peu conformes aux vrais principes de la théorie mécanique de la chaleur, qui ne permet pas d'attacher une grande importance à la substitution d'un liquide à un autre , dès que les températures extrêmes entre lesquelles fonctionne la machine restent les mêmes.
La machine à air chaud, réalisée, vers 1862, par le capitaine Ericson, est très - remarquable au point de vue théorique, mais elle donne prise à certaines difficultés pratiques , qui en ont empêché le succès jusqu'ici. La principale difficulté est l'énorme volume que doivent occuper ces machines pour avoir une puissance déterminée.
Dans sa première machine, le capitaine Ericson plaçait un régénérateur^ formé d'un grand nombre de toiles métalliques, sur le chemin de l'air échaufl*é qui sortait du cylindre moteur, quand le piston prenait son mouvement rétrograde. Le cylindre moteur était chauff'é directement par le foyer. Il transmettait son mouvement à un cylindre alimentaire^ véritable pompe, qui prenait l'air dans l'atmosphère et le comprimait dans un réservoir; de là, l'air venait sous le piston moteur en traversant les toiles métalliques, où il s'échauff*ait aux dépens de la chaleur abandonnée par l'air chaud précédemment expulsé.
Dans les nouvelles machines Ericson on a supprimé les toiles métalliques, et rejeté directement dans l'atmosphère Fair chaud qui a servi à pousser le piston au bout de sa course. Le piston alimentaire n'est pas relié directement au piston moteur comme dans la machine primitive. Cette machine est à simple effet, et ne peut
MOTEUR LENOIR. 2'i9
se mettre d'eHe-même en mouvement : le mécanicien doit donner au volant une certaine impulsion.
La machine à air de Franchot, qui parut en modèle à l'Exposition universelle de i855, est dans des conditions théoriques trèsremarquables ^ Mais elle n a pas encore été construite en grand. Elle consiste essentiellement en deux cylindres de même longueur, dont les diamètres sont égaux ou inégaux; ils sont tous deux maintenus à des températures constantes, mais différentes de l'un à l'autre. Leurs pistons mettent en mouvement un arbre tournant au moyen de manivelles à angle droit, et disposées de telle sorte que la manivelle correspondante au cylindre le plus chaud soit en avance sur la manivelle correspondante à l'autre cylindre. Les extrémités voisines des deux cylindres sont mises en communication mutuelle par des tubes qui donnent passage à l'air de l'un à l'autre ; dans ces tubes sont placées des toiles métalliques sur lesquelles l'air chaud dépose une partie de sa chaleur quand il passe dans le cylindre froid, et auxquelles l'air froid emprunte au contraire de la chaleur dans le mouvement inverse. La discussion des circonstances du mouvement montre que cette machine exigerait des dimensions très-grandes, et que son allure serait peu régulière. On corrigerait ce dernier défaut en doublant le nombre des cylindres.
La machine à gaz d'éclairage, imaginée, dès le commencement de ce siècle, par un ingénieur des ponts et chaussées, nommé Lebon , est aujourd'hui bien connue sous le nom de moteur Lenoir.
Le moteur Lenoir est destiné à fournir dans de petits ateliers une faible puissance motrice. La machine à vapeur n'est pas dans de bonnes conditions de travail lorsque la puissance est très-faible ; de plus elle est embarrassante, car elle exige une chaudière et un chauffeur, et doit être soumise à une certaine surveillance de l'Administration publique. Le moteur Lenoir n'a pas de chaudière; il
' M. Combes, Principes de la théorie mécanique de la chaleur, p. 6a et suiv.