DES CORPS TOURNANTS
mettent le mouvement, soit par des engrenages, soit par des courroies ; étant données les forces appliquées séparément à chacun de ces treuils , il s'agit de chercher les réactions mutuelles de chaque treuil sur les treuils avec lesquels il est en relation directe. Ce problème a été résolu d'une manière très-élégante par Coriolis, qui substitue aux forces données et aux masses des corps tournants d'autres forces et d'autres masses , réduites à des circonférences animées d'une vitesse linéaire commune. Grâce à cçt artifice , la rotation des corps est ramenée pour ainsi dire à un mouvement rectiligne; les équations se simplifient, et les tensions ou pressions inconnues se trouvent en composant convenablement un certain nombre de rapports égaux. La discussion des formules finales présente un grand intérêt pratique; car elle montre l'influence de la répartition des masses sur les variations des actions mutuelles, et elle met en évidence l'utilité des masses additionnelles qu'on emploie dans les ateliers sous le nom de volants d^outih.
Nous devons dire un mot ici de la théorie mécanique des cames qui mettent en mouvement les marteaux et les bocards; cette théorie a été faite d'une manière complète par M. Poncelet dans son cours à l'Ecole d'application de Metz. Le mouvement d'un tel système comprend nécessairement trois périodes : la première, celle du choc, présente une application des théorèmes sur le choc et les percussions; l'emploi des masses réduites y est utile pour la simplification des équations; la deuxième est celle du mouvement commun des deux corps en contact, et de leur glissement relatif, depuis la fin du choc jusqu'au moment où ils cessent d'être en prise; enfin la troisième période est celle des mouvements indépendants du marteau, qui s'arrête pour retomber sur l'enclume, et de la came, qui continue son tour à vide pour revenir soulever le marteau. Le mouvement de la came doit être périodiquement uniforme; ce qui exige qu'à chaque tour, le travail moteur dépensé pour la mettre en mouvement soit égal à la somme de tous les travaux résistants qu'elle subit pendant la même période. On est ainsi