DANS LE MOUVEMENT RELATIF
La partie de l'hydraulique consacrée à l'étude des actions mutuelles qui s'exercent entre les solides et les liquides dans leur mouvement relatif est encore très-peu avancée. La théorie cède vite le pas, sur ce terrain, à l'observation et aux formules empiriques. Cependant on résout avec rigueur le problème fondamental de la recherche de la pression normale exercée par une veine liquide qui vient s'aplatir contre un plan indéflni. Le théorème des quantités de mouvement projetées fait connaître la somme des actions normales du plan sur la veine, et montre qu'elle se décompose en deux parties : l'une, représentant pour ainsi dire la pression statique de l'eau, est due à la composante de la pesanteur prise perpendiculairement au plan ; l'autre est la pression dynamique , et s'exprime par un terme où entre en facteur le carré de la vitesse de la veine afiluente. On reconnaît en même temps que la pression serait moindre si le plan, au lieu d'être indéfini, laissait échapper les filets liquides dans la direction de leur mouvement primitif; et
lOâ PRESSION MUTUELLE DES LIQUIDES
quelle serait plus grande au contraire, si Ton substituait au plan une surface concave , retournant les filets liquides dans une direction opposée.
Ce problème du cboc de la veine contre un plan une fois résolu , on cherche à y ramener les problèmes analogues qui se présentent dans les applications , et dans lesquels on a à considérer un courant liquide venant frapper mi corps de forme quelconque.
On est généralement réduit dans des questions de cette nature à des assimilations plus ou moins grossières , et Ton ne reste dans la vérité qu'en demandant à l'observation des coefficients dans lesquels entrent en bloc toutes les corrections que l'on devrait &ire subir aux formules. Les plus anciennes expériences sur les actions mutuelles de l'eau et des corps qui s'y déplacent sont dues à Dubuat. Ce célèbre hydrauliclen fit mouvoir dans une eau tranquille des plans et des solides de diverses formes et de diverses dimensions, et détermina dans chaque cas particulier le coefficient par lequel il convenait de multiplier le produit de la section transversale par le carré de la vitesse pour avoir la mesure de la résistance. Lorsque le solide expérimenté a une forme prismatique, le phénomène se complique d'un frottement du liquide le long de ses faces latérales ; on observe aussi que l'amincissement des formes vers les extrémités réduit la valeur du coefficient de résistance. Une longue expérience, celle de la navigation, a de même révélé les formes les plus avantageuses, au point de vue de la marche, qu'on doit donner à la carène d'un bâtiment.
Sur les canaux, la résistance à la traction dépend non-seulement de la vitesse du bateau et de la section au maître couple, mais aussi de la section du canal ; de sorte que la traction est plus pénible, à vitesse égale, sur un canal étroit que sur un canal large. On a constaté de plus qu'à une certaine vitesse, la traction décroît notablement. Cette vitesse est celle de la propagation de Tonde que le mouvement du corps flottant forme à la surface de l'eau '.
* D*Aiibuisson , Traité d'hijdrauUque , p. 3 a 3.