SOLIDES
Do. même que l'hydraulique, science appliquée, est plus ancienne que l'hydrodynamique, science exclusivement rationnelle, les phénomènes de la déformation des corps solides ont constitué pendant longtemps une science d'application, et ce n’est que, dans les trente dernières années, que les analystes sont parvenus à en fonder la théorie mathématique générale, théorie très-épineuse, plus récente et déjà plus avancée que l'hydrodynamique , avec laquelle pourtant elle a plus d'un rapport.
C’est Navier qui en a posé les premières hases. A peu près à la même époque, Poisson apportait à cette nouvelle branche de la mécanique le tribut de ses recherches et de ses efforts. 11 entreprit le premier de soumettre au calcul le phénomène de la contraction latérale d'une verge solide qui suhit une extension, et il arriva à conclure que la compressibilité cubique d’un solide est égale à une fois cl demie sa compressibilité linéaire. Une expérience assez grossière sembla d'abord vérifier cette conclusion, qui devint classique et fut enseignée dans tous les cours. Mais des expériences jdus précises, comme on sait les faire aujourd'hui, ont montré que 1e résultat des calculs de Poisson n’était pas d'accord avec la réalité, et que les deux compressibilités sont égales au lieu d’èlrc différentes. Ces expériences, ducs à M. Wertheim, ont jeté un grand jour sur la question de la constitution intime des corps solides, et oui permis de rectifier des hypothèses qui jusqu’alors paraissaient