‹ Expose de la situation de la mecanique appliqueeChapitre 161 sur 186 · LOIS DES VAPEURS · texte numérisé non relu

LOIS DES VAPEURS

parfaitement en harmonie avec les faits observés. Mais elles ne sont admissibles que pour les gaz permanents et ne peuvent être étendues ni aux vapeurs d’eau, d’éther, etc. ni même au gaz acide carbonique, au gaz ammoniac, et autres gaz qu’on est parvenu à liquéfier.

On sait que, pour une vapeur donnée, il existe, pour chaque température, une limite de pression ou de force élastique que cette vapeur ne peut jamais dépasser, et qu'elle atteint, lorsqu’elle est mélangée, ou simplement en contact avec la substance liquide à la même température. On dit alors que l’espace occupé par la vapeur en est saturé et, par abréviation, que la vapeur est saturée, ou encore qu’elle est à son maximum de pression et de densité. En elfel, toute tentative d’augmenter l’espace occupé par la vapeur, en diminuant légèrement la pression qui contrebalance et mesure sa force élastique, toute tentative de réduire cet espace par une augmentation légère de cette pression, la température étant maintenue invariable, ont pour résultat unique d’amener la conversion d’une partie du liquide en vapeur, qui se joint à celle qui existait déjà pour remplir l’espace agrandi, ou la liquéfaction d’une partie de la vapeur existante proportionnelle à la diminution de l’espace primitif. Si la pression est maintenue constante, une addition de chaleur au mélange de liquide et de vapeur ne donne lieu à aucune élévation de température et ne produit que la vaporisation du liquide, et une soustraction de chaleur détermine la condensation de la vapeur, sans abaissement de la température. Il existe donc une relation entre la température et la pression ou force élastique de la vapeur saturée.

Les expériences de Dulong et d’Arago, puis celles de M. Régnault ont déterminé cette relation et épuisé la question pour la vapeur d’eau. Les tables dressées par ces habiles expérimentateurs, ou les formules empiriques qui peuvent en tenir lieu, renferment la vraie expression de la loi de la saturation, l’une des plus importantes de la théorie de la chaleur. M. Régnault a aussi repris les

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