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DE LA CHALEUR SOLAIRE

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et qui se manifesterait si leurs mouvements de rotation et de translation cessaient par suite de leur chute sur le soleil autour duquel elles gravitent. Cette éventualité dans un temps indéfini n’est pas contraire aux nouveaux principes admis; car les planètes se mouvant au sein d’un fluide d’une densité Unie, quoique très-petite, la résistance que ce fluide leur oppose est une cause de perturbation, dont l’effet est de réduire graduellement les dimensions des orbites, et qui doit finir, dans un temps extrêmement long, par précipiter sur le soleil tous les corps qui aujourd’hui circulent autour de lui. Le retard constaté dans les retours de certaines comètes, que leur faible densité expose plus particulièrement à celte action perturbatrice, montre clairement cette influence de la résistance du milieu.

La rotation de la terre elle-même, qu’on est habitué à regarder comme l'image la plus parfaite du mouvement uniforme, subit un ralentissement graduel extrêmement faible, qui provient d’une autre cause : il est dû à faction de la lune sur les marées. Cet effet ne cessera que lorsque le refroidissement du globe aura amené la congélation totale des mers 1 . Nous sommes encore bien loin des conditions dans lesquelles pourrait s’accomplir ce dernier phénomène.

Ces longues périodes dépassent d'ailleurs de si loin la portée de notre esprit et la durée des temps que nous avons à apprécier d’ordinaire , qu’elles perdent pour nous toute signification précise. De telles inductions sur l’avenir du monde ne seraient entièrement admissibles que si les lois qui leur servent d’appui avaient été reconnues vraies d’une manière absolue et indépendamment de toutes limites. Or nos lois physiques sont de simples approximations, qui suffisent généralement quand nous les appliquons entre les limites où elles ont été observées, mais qui peuvent devenir de plus en plus fausses en dehors de ces limites. Au delà, la science fait défaut, et l'imagination seule travaille.

‘ M. Delminay, Comptes rendus de VA ca demie des sciences , \ 8 lin.

là.

diX RÉSUMÉ I)E LA NOUVELLE THÉORIE.

Telles sont les principales conséquences de la théorie mécanique de la chaleur, au point de vue de la constitution de l’univers. L'équivalence de la chaleur et du travail mécanique est le principe de toutes ces grandes hypothèses. Ce principe se vérifie universellement, car les diverses sources de travail mises par la nature à notre disposition sont presque exclusivement des transformations de la chaleur solaire. La végétation la fixe dans les plantes ; les plantes la transmettent aux animaux sous forme d'aliments, et aux foyers de nos machines sous forme de combustible. Elle devient force musculaire dans les uns, puissance mécanique dans les autres. La chaleur solaire produit seule l’énorme travail qui, dans l’atmosphère, s’acconqilit sous nos yeux; c’est elle qui élève les eaux destinées à retomber en pluie pour alimenter les fleuves; c’est elle qui entretient indéfiniment la puissance motrice utilisée dans les chutes d’eau, et, à ce point de vue, la chaleur est encore le premier moteur des machines hydrauliques.

11 reste encore beaucoup à faire pour compléter la théorie mécanique de la chaleur. Si elle fournit une explication satisfaisante des propriétés principales des gaz et des vapeurs, quelques points essentiels, parmi lesquels la compressibilité de l’hydrogène croissant «avec la pression, sont encore obscurs, et de nombreuses expériences restent à faire sur les propriétés des vapeurs dans le voisinage de la saturation. La notion de la température ne s’en dégage peut-être pas avec toute la clarté désirable. L’étude des lois de la chaleur rayonnante est moins avancée que celle des radiations lumineuses. L’équivalence de la chaleur et du travail mécanique et la transformation de l’une dans l’autre sont des faits désormais acquis à la science; mais l’identité de la chaleur et de la force vive est une hypothèse qui échappe à toute démonstration.

Une théorie physique n’est que l’énoncé d’un petit nombre de principes et de faits généraux, dans lesquels les faits particuliers sont logiquement renfermés. On peut dire que la nouvelle manière d’envisager les phénomènes caloriques rend mieux compte que

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