PAR RAYONNEMENT
lui servir de soutien, et franchissant ainsi des espaces extrêmement grands, comme ceux qui séparent le soleil des planètes. Si la chaleur n’est qu’un mouvement particulier des molécules matérielles, un corps chaud, placé dans le vide, ne pourra transmettre aucune chaleur à un autre corps éloigné, faute d’un milieu qui leur serve d’intermédiaire, et qui puisse recevoir les vibrations de l’un poulies communiquer à l’autre. Le rayonnement étant d’une part un fait physique bien constaté, et de l’autre la théorie mécanique de la chaleur paraissant désormais solidement établie, on est conduit à admettre la présence, dans tout l’univers, d’un milieu capable de transmettre les vibrations calorifiques du soleil jusqu'à nous; l’éther, dont l’intervention est aujourd’hui invoquée pour l’explication de tous les phénomènes de l’optique, suffit pour jouer le rôle nécessaire à la transmission de la chaleur. Grâce à cette hypothèse, le rayonnement n’est qu’un cas particulier de la transmission par contact; les molécules de l’éther, de densité extrêmement faible, tiennent lieu des molécules des corps qui tombent sous nos perceptions directes.
L’observation du spectre solaire lie entre elles les deux radiations, la radiation calorifique et la radiation lumineuse, superposées dans tout rayon qui nous vient du soleil. A côté du spectre coloré, le seul que l’œil aperçoive, se placent deux autres spectres obscurs : l’un, voisin des rayons rouges, ne contient que des rayons de chaleur, et se révèle à la pile thermo-électrique; l'autre, voisin des rayons violets, ne renferme que des rayons chimiques qui, sans couleur ni chaleur, se manifestent en produisant certaines combinaisons. En réalité, un rayon solaire naturel se résout, par le passage dans le prisme, en une infinité de rayons, ayant chacun une longueur d’onde particulière, et dont une partie seulement agit sur l’œil; une autre partie est une source de chaleur; une troisième enfin possède un pouvoir chimique que rend bien sensible l’influence du soleil sur les matières colorantes et sur la végétation.
S’il en est ainsi, le rayonnement solaire communique, à chaque
Mécanique. 1 5
i>i(i HYPOTHÈSE DE L’ENTRETIEN
instant, sous forme de force vive, une certaine quantité de chaleur à l’éllier au sein duquel le soleil est placé; et l’entretien de ce mouvement vibratoire suppose une perte continue de sa force vive interne ou de la chaleur propre de ses molécules. Comment se répare cette perle? L’hypothèse de Mayer 1 , adoptée et développée par plusieurs physiciens, répond à celle question. On sait qu’une multitude de corps circulent autour du soleil et forment par leur amas la grande lentille que nous observons parfois à son lever ou à son coucher, et qui produit la lumière zodiacale. Chacun de ces corps est comme une petite planète, troublée dans son mouvement elliptique par l’influence de toutes les autres, et retardée dans sa marche par la résistance du milieu à travers lequel elle se déplace. Sa trajectoire, sous cette dernière influence, se resserre de plus en plus; il arrive un moment où elle pénètre dans l’atmosphère solaire; elle y échange, sous l’influence des résistances quelle subit, sa force vive de progression en une force vive moléculaire qui n’est autre chose que de la chaleur. La matière chaotique qui entoure le soleil possède donc, sous forme de mouvement, la réserve de chaleur destinée à maintenir pendant un temps très-long la température du foyer de notre monde. Laplace a proposé une hypothèse d’une grandeur et d’une simplicité admirables sur la formation de l’univers : le système solaire entier serait, d’après lui, le résultat de la condensation successive d’une nébuleuse; en s’opérant, cette condensation a produit une énorme quantité de chaleur, dont le soleil est aujourd’hui le principal dépositaire. L’hypothèse moderne de l’entretien de la chaleur solaire complète l'idée de Laplace, en montrant, dans la chute successive sur le soleil des corpuscules de la lentille zodiacale, la suite de la condensation de la nébuleuse, avec son caractère fondamental de transformation du mouvement en chaleur. On a pu calculer par les mêmes principes la réserve de chaleur que représentent les forces vives des planètes,
J Itrilràffr :ur Dynuinik ( 1 rs liimmel* , 18/I8.