AO FORCES INSTANTANÉES. — FORCES ISOLÉES
attaché à ces mots. Cependant certaines forces très-grandes peuvent agir sur des points matériels pendant un temps tellement court que les positions de ces points soient à peine altérées pendant cet intervalle de temps, et que la seule modification sensible introduite dans le mouvement du système porte sur les vitesses de ces points. On substitue par ces hypothèses des équations approximatives aux équations rigoureuses, mais l’erreur commise demeure assez petite pour qu’on doive la regarder comme insignifiante. On peut appeler alors forces instantanées non pas les forces elles-mêmes qui agissent sur les points matériels, mais les impulsions de ces forces, ou les produits des forces par la durée de leur action; et c’est dans ce sens qu'on dit que le théorème de d'Alembert est encore vrai quand on l’applique aux forces instantanées, et que les effets des forces instantanées se superposent sans se nuire. Cette locution de force instantanée semble du reste un peu vieillie, et l’on préfère employer les mots d'impulsion, de percussion, qui rappellent la même idée sans faire intervenir le mot force. Quels que soient les mots employés, la fiction des forces instantanées ne peut tromper personne. Une force agit pendant un temps fini ou n’agit pas; et si le temps est trop court pour pouvoir être apprécié, la seule quantité qui soit susceptible de mesure est le produit de la force par la durée de son action, lequel est donné par la quantité de mouvement communiquée par la force au point auquel elle a été appliquée. 11 est impossible de ne pas saisir l’analogie des impulsions ainsi définies avec les résultantes, tout aussi fictives, que l’on considère dans la théorie de l’élasticité et de la résistance des corps solides. En réalité, il n’y a dans la nature aucune force finie isolée; les forces sont du même ordre de grandeur que les points matériels qu’elles sollicitent. Autrement, une force finie, isolée, surpasserait la résistance que le corps est capable de développer an point unique où il en subirait l’action. Les tassements, les déformations, créent des régions finies de contact autour de ces points, par lesquels les corps sont appelés à réagir les uns sur les