I* EXPÉRIENCES DE DARCY
manière approximative. Or cette loi a une influence très-sensible sur le régime des cours d'eau. Le régime d’une rivière ou d'un fleuve est fixé, lorsqu’il y a équilibre en tous points, entre l’action corrosive exercée par l’eau courante et la cohésion du terrain dans lequel le lit est creusé. Si donc sur une certaine étendue le cours d’eau traverse un terrain d’une même nature ou d’une cohésion partout égale, la vitesse de l’écoulement, qui règle l’intensité de la tendance corrosive, doit se trouver partout la même. Le produit de la pente par le rayon moyen est donc constant dans tout le parcours; et, si le rayon moyen augmente, ce qui a lieu par exemple quand le cours d’eau se grossit de ses affluents, la pente doit diminuer. De là cette réduction successive des pentes que l'on observe dans tous les grands fleuves, de leur source à leur embouchure; ce phénomène n'a pas toujours été bien interprété et a notamment conduit Girard à donner à son canal de l’Ourcq un tracé défectueux, qu’il a fallu corriger plus tard en multipliant les écluses.
M. Darcy a continué pour les canaux les recherches qui l’avaient conduit à réformer la théorie de Prony pour l’écoulement dans les tuyaux. Les services successivement dirigés par l’éminent ingénieur lui donnaient la possibilité de multiplier les expériences. Chargé du service municipal des eaux de Paris, il avait pu commencer l’étude des tuyaux ; le serv ice du canal de Bourgogne et l’établissement à Dijon de fontaines publiques lui apportèrent plus tard l’occasion d’étudier les canaux découverts. Lorsque sa sauté, déjà fort altérée, devint un obstacle de plus en plus sérieux à la continuation de ses belles recherches, il trouva en M. Bazin, ingénieur des ponts et chaussées, attaché dès l’année « 855 au service du canal de Bourgogne, un excellent collaborateur, auquel il put en toute confiance léguer à sa mort 1 le soin de continuer son œuvre. Aujourd’hui tout est terminé : le travail de M. Darcy sur les tuyaux a été suivi d’un ouvrage sur les canaux, rédigé par M. Bazin, d’après
1 En janvier 1 868 .