‹ Exposé de motifs pour la revendication de la propriété exclusive du pseudonyme NadarChapitre 4 sur 19 · A. LEFRANC · texte numérisé non relu

A. LEFRANC

« A, rue de Louvois (1). »

Mais, à défaut de ces documents si convaincants, la preuve morale, et de la propriété à moi personnelle de ce nom, et de l’usurpalion de mes trois adversaires n’est-elle pas tous les jours, et d’une façon significative, dans cetélan de tous mes confrères en journalisme à réclamer pour le seul Nadar un droit acquis et sacré? C’est qu’ils me connaissent, eux surtout, et qu’ils savent quel est celui qui a travaillé, qui travaille encore avec eux; c’est qu’ils connaissent, et ce n’est pas d’hier, ma signature, — cette signature tant de fois répétée au bas de mes œuvres qu’elle est devenue typique, — cette signature que, non contents de mon nom usurpé, on ose contrefaire avec son paraphe chaque jour. Est-elle donc sans aucune valeur l’unanimité spontanée de ces protestations continuellement réitérées?...

Protestations vaines d’ailleurs quant à leur eflet matériel , attestations inutiles quant au but qu’elles visent. C’est que le journal ne peut lutter contre votre pompeuse enseigne et vos montres du boulevard Italien, le lieu le plus fréquenté du monde. L’enseigne est l’appel direct à la foule, et tel qui me cherchait, trouve mon nom, ne s’inquiète pas au delà, et vous apporte une clientèle qu’il me destinait. Si mon droit a quelque besoin de se renforcer par des faits, voici de ce préjudice quotidien et considé-

nom :*up ; tmlqrtlmn Ju -ni 0 .0 >/n nq »|j

•o ol mlfjo /ioi ) ni Hi'i uùliii'i I ;mu u'iuü ii I

. Ai.!' ii Jnon ; : ou!’ i i • v | ; > o . > •riyilu

• if « •mol i.‘> <<91 m •'•ni 7i,9 jiitu» • { i, ri-

' ■ «q In . 1 ti'i iji; f ii o no i i, Ii i • * « • « . i . i

. .t eloilUj’IU .f*ni '« > i •

. Mi‘ • 'Oglq IM’ '11' I !'.i •'

(l) Pièces à l’appui. — Je n’ai pas cru avoir à demander d’autre attestation à mes amis nommés dans cette lettre dont la signature garantit la véracité. J’y joins une autre lettre d’un ami aux côtés duquel j’ai travaillé pendant près de cinq années dans le journal le Commerce, sous M. Charles Lesseps.

Mon cher Nadar,

Tu me demandes de t’écrire ce que je sais sur l’origine de ton nom de Nadar. Rien ne m’est plus facile, car je suis un de tes plus anciens amis et j’ai vu naître ta légende.

Quand nous nous sommes rencontrés, il y a dix-sept ou dix-huit ans, au moment où tous deux nous sortions du collège, tu t’appelais encore Tournachon. Un de les camarades trouva piquant de transformer Tournachon en Tour nadar, qui le lendemain se formula en Nadar tout court. Celte plaisanterie fit une fortune inouïe. Tu adoptas ce nouveau nom dans le journalisme où lu débutais alors; tes camarades oublièrent ton nom véritable, et bientôt, grâce à ta verve, à ton esprit, à tes succès, à ton originalité, Nadar devint bientôt un des hommes les plus connus de Paris.

La substitution de Nadar à Tournachon devint si complète et si absolue, que j’ai vu beaucoup de gens qui connaissaient le premier très-intimement depuis plusieurs années, apprendre avec étonnement, un beau malin, que Tournachon et Nadar n’étaient qu’une même personne.

Quant à ton frère Adrien, mes relations n’ont pas été aussi intimes avec lui qu’avec toi. Tout ce que je puis dire sur le différend qui vous divise, c’est que quand il est venu près de toi, le nom de Nadar était consacré depuis bien longtemps, et que, mes amis et moi, nous avions l’habitude de l’appeler Adrien, — Tournachon jeune, — ou bien : LE FRÈRE DE NADAR.

Ton vieil ami,

Desmouuns,

i T'iliniM lo i ,1, -, , jiMh Kl.- ij c i If

rablc des preuves lellement multipliées que mon avocat n’aura que l’embarras du choix entre tous ces clients trompés (2).

J'ose , sur ce point d’appréciation particulière, en appeler respectueusement à MM. les Conseillers à la Cour eux-mèmes et leur demander s’ils n’y ont ou s’ils n’y auraient pas été trompés les premiers?...

Mais venons au jugement :

1° Attendu que l’établissement de photographie, fondé en 1853 par Adrien Tournachon , a été exploité par ce dernier jusqu'à ce jour sous le nom de Nadar jeune.

Double erreur matériel le. — 1 0 L’établissemen t de photographie a été fondé non par Adrien Tournachon, mais par Félix et Adrien Tournachon, réunis dans un intérêt commun.

2° L'établissement a été exploité jusqu’à ce jour d’abord sous le nom de A. Tournachon, — puis sous le nom de A. Tournachon Nadar JIie, ainsi qu’il l’est encore, — et jamais sous le nom de Nadar Jne seul.

Ce n’est que sur mes instances réitérées, et moyennant la promesse absolue démon concours, que M. Adrien Tournachon a fini par accepter l’offre des premiers fonds, offre que lui adressait mon ancien ami M. Louis Le Provost, de la maison Ch. Laffitte et Blount.

De ces instances et de ma promesse de concours, il est un témoin sacré dont M. Adrien Tournachon sait trop bien que je ne puis invoquer entre nous le témoignage dans ce procès qui ne touche pas au cœur que moi seul. Je ne puis que rappeler ici à M. Adrien Tournachon, s’il l’a en effet oublié, que ce débat familier eut lieu chez moi, à ma table qui était la sienne, à mon domicile de la rue Saint-Lazare, 113, que

(2) Pièces à l’appui.

III I O-- Il .1111 .U/J-J..IU, |> JU M

••il Mi. il; i bl) |M I -If! oh CK" / t>Jj«

j’habitais dès lors avec notre mère et que j’habite encore aujourd'hui.

Mais à défaut de ce témoignage impossible (ceux qui me connaissent savent si j’aurais l’impiété de l’invoquer à faux), la preuve essentielle du fait existe dans les leçons de photographie que je fis donner immédiatement à M. Adrien Tournachon par un homme éminent parmi les plus distingués dès l’invention de la photographie, M. Gustave Legray.

Sans l’assurance d’une association , je ne me fusse point engagé en ce moment, par billets à ordre et à bref délai , à payer l’apprentissage de M. Adrien Tournachon chez M. Legray. Ma position du moment me rendait, après tant d’autres depuis dix ans, ce nouveau sacrifice complètement impossible (3) (*).

Ainsi que je l’ai dit dans mon mémoire (page 5), M. Adrien Tournachon , devenu facilement photographe en quelques jours, grâce à moi et à M. Legray, se disposa à s’installer dans l’atelier du boulevard des Capucines que lui avait trouvé M. L. Le Prévost. Seulement, troublé sans doute par la satisfaction et les espoirs de cette installation nouvelle pour lui , il me déclara qu’il entendait rester seul. — C’est alors que je lui écrivis une lettre qui le toucha profondément, paraît-il, et à laquelle il avait brouillonné une longue réponse dont il m’a bien souvent parlé depuis. (M. Adrien Tournachon sait, entre autres, devant qui.. .)

Mais M. Adrien Tournachon a nié cette lettre devant le Tribunal de commerce : il va sans doute la nier encore aujourd’hui. Laissons donc de côté ce témoin que l’on cache et dont nous pouvons

(3) Pièces à l’appui. — 1° Bordereau de l’huissier, qui constate le payement d’un billet de 200 fr. signé F. T. Nadar, ordre Legray,

et l’acquit de soixante-dix francs POUR FRAIS .

. 2“ En réponse

aux renseignements que tu me demandes, mon cher Nadar, sur les leçons de photographie que tu m'as fait donner à ton jeune frère, et sur le chiffre de mes honoraires, je dois dire qu’à la considération je ne l ai fait payer que 200 fr. au lieu de -i 0 0 que je prends à mes autres élèves, etc., etc.

Gustave Legray'.

(*) Le Panthéon Nadar, dont l’édition m’avait coûté vingt et un mille francs de dépenses et le travail de plusieurs années, venait, le lendemain même de son apparition, d'être arrêté par une opposition dont il ne s’est dégagé que tout récemment, au bout de quatre années. Je me voyais, moi qui n’ai jamais eu d'autre fortune que mon travail, écrasé sous ce coup inattendu, ruiné dans le présent et dans l’avenir par les lourds engagements de cette affaire perdue. — Non, je le répète, sans la conviction d’une association positive, j’avais des engagements plus sacrés à cet instant que l’obligation de donner à M. Adrien Tournachon une preuve de plus île mes bons sentiments de frère aîné. *

nous passer. Nous allons en appeler d’autres moins faciles à démentir.

Le fonds de M. Adrien Tournachon n’a pas été exploité, jusqu’au jour du jugement, sous le nom de Nadar, comme dit le jugement. Les deux montres encadrées de bois noir , qui ont annoncé l'ouverture de la maison au boulevard des Capucines, ont d'abord porté le nom A. Tournachon seul (4). Depuis, la maison n’a jamais inscrit sur ses montres et enseignes diverses, boulevard des Capucines, puis boulevard des Italiens, à l’Exposition universelle et à l’Exposition de Bruxelles, le nom Nadar Jue sans le faire précéder du nom A. Tournachon.

Cette question de simple fait a sa portée.

( otip h n ui! vi n. n i -•.!» >

iiidh'li. :j.

moi ‘l’ji'ifliiii oml oo d, liuLh ..

lit- m -. J n :in< ,n , I viütl .

i |H) / (Il I *«l 91

& I iiüb eh.ixo tiiil i

'lll IO TJ|JîI«m< 'il o[ ,lip

nioau'im- i

(loi »! . / .1/ r. !.. un - ?y{ imiuq Jmuiiiiio

(4) Une déclaration à l’appui de ce fait s’est rencontrée* tout inattendue dans la consultation même de M. Plocque (Voir à la fin de ce mémoire).

'O l uu

rir

2° Que Félix Tournachon reconnaît être demeuré pendant ce temps complètement étranger à la propriété dudit fonds commercial.

Erreur matérielle constatée par le jugement meme. — Cette appréciation du Tribunal qui déclareque j’ai été complètement étranger à lapropriété dudit fonds commercial, est contredite par toutes les pièces du procès, — par tous les témoignages,

— par l’aveu même de M. Adrien Tournachon,

— par ses Uyres tenus par moi et de mon écriture depuis le 21 septembre 1854 jusqu’au 16 janvier 1 855, — livres qui ont été soumis à nos premiers arbitres, sur lesquels ils ont basé la décision qui condamne M. Adrien Tournachon quant à la question de nos intérêts pécuniaires et qui prouvent virtuellement ma présence et mes droits dans la maison du boulevard.

Mais qu’on parle pour moi et qu’on me fasse reconnaître que j’ai été complètement étranger à cette propriété que je n’ai pas un instant cessé de revendiquer de toutes les forces que je possède, je ne puis réellement l’admettre même

fri g , >.-j m f p no oiiq: 'Igniolhj

i r*. 1 I i * i > ■ o , yi; iîio < . î>

SCO

.mp

pour le discuter et je n’ai qu’une question à adresser pour toute réponse :

— Pourquoi ai-je invoque d abord notre premier Tribunal arbitral ?

— Que suis-je venu faire au Tribunal de commerce ?

— Que viens-je faire ici ?...

3° Attendu que pour demander qu’ interdiction soit faite à Adrien Tournachon d’user du nom de Nadar jeune, Félix Tournachon se fonde sur la célébrité qu’il aurait acquise à ce nom et sur les protestations réitérées qu’il aurait adressées à raison de l’usage qui aurait été fait de ce pseudonyme qui lui était personnel;

Attendu que Félix Tournachon a à s’imputer le tort de n’avoir pas revendiqué plus tôt le droit qu’il prétend exercer aujourd’hui. . .

J’ai adressé des 'protestations réitérées, — le jugement m’en donne acte et tout ce mémoire en fait foi, dès le premier jour de l’usurpation de ce nom rendu par moi célèbre, et qui m était personnel, — et cependant j’ai à m imputer le tort de riavoirpas revendiqué plus tôt le droit...

Que me demande-t-ou donc? Fallait-il, pour prouver que je revendiquais mon droit, aller casser les glaces de votre exposition et lacérer vos enseignes? Pouvais-je faire autre chose que ce que j’ai fait : vous supplier, avec une persévérance qui ne s’est jamais lassée, de soumettre à des arbitres cette question que j’avais tant à cœur, et, à défaut d’arbitres, puisque vous n’en avez pas voulu, attendre la justice du Tribunal?

Mais d’ailleurs, si peu légiste quejesois,je n’ai pas à chercher ma réponse ai 1 leurs que dans la lecture de ce paragraphe qui établirait pour mon droit de propriété une prescription toute nouvelle.

-, >vs

|i ] • f 9JUOÎ.J O» *» ’itt JJ|> k • ^|, r * ■* ' ■<{ 1 i' 1 * 1

HlHixeVï iïü*Y n eJ) >•■ ,oqi :Skj • ! ciu\b,\ m ènr .i: •î.tilfri se i u ,1'ju tuvioq lin tJ non onp .19 ,> q j, gj| | . •» oonalli! , finit' r r ut nom

w.n h , ‘iiK’fàlioqq» no itv uoi o-nqoif Jnq

»)• 9 j ; fiîîTlil

l ; -• i'; -:■> n 910909 Je. ! . iJichi.q : •!’ -f.T

« noibiiniioT aeiibi ,MM mpeÜiabèmBl eetl ■ .ri ■ ■ ’ 71 fi j ol }*» r.” d y.) mo oi ne J

13 i ; J . ’ eii.ücèb -u. fi oi •' u; ioiii> i.

lir/ü1 V iifillr. inp noilièiuqz oiobta-tul iiaduÀ i;" mq o

o ■ : m r ; * • d j u.iüB97 non >1 > > iv

- >i j . -o.v|i;f-toJO(l • .»!» mm -jl.

H . ; noT n.sribA . ;

sen iy.çoq’iinevé èJi'/o» .o. f te.:-;

rr ‘ J A | /i ; m rif

f • . t i « .... ; ; . ûlt.'

4° Qu’ Adrien Tournachon a en effet conquis comme photographe une notoriété incontestable ; que ses travaux lui ont fait décerner sous le nom de Nadar jeune des récompenses honorifiques par le jury de l’Exposition...

Je suis d’autant moins disposé à contester la notoriété de la maison de M. Adrien Tournaclmn et Compagnie, que je sais ce qu’elle me coûte; que sans moi, dans le principe, cette maison n’existait pas, et que mon travail personnel, mes relations, mon argent et la bienveillance d’une partie du public pour mon nom ont apporté leur part assez large à cette notoriété.

J’accepte parfaitement encore, à ces mêmes titres, la médaille que MM. Adrien Tournachon et Compagnie ont obtenue devant le jury de l’Exposition, médaille que je nous désirais tant, et en vue de laquelle j’allai solliciter mon honorable ami M. Aubert, qui occupait un poste important au palais de l’Industrie, de nous faire obtenir une place tardive à l’Exposition qui allait s’ouvrir. En veut-on la preuve par M. Aubert lui-même? Voici son attestation (5).

J’avais été assez heureux dans le choix des modèles qui valurent celte médaille : je veux parler des Têtes d’expression de Pierrot , qui ont beaucoup occupé le monde photographique et qui ont surtout fait connaître la maison de MM. Adrien Tournachon et Compagnie.

Pensant qu’il devait y avoir quelque intérêt à varier par cette nouveauté la physionomie ordinaire des montres de photographes (et le succès a donné raison... à M. Adrien Tournachon et Compagnie), j’avais invité à venir poser chez nous RI. Debureau fils, — que M. Adrien Tournachon n'avait jamais vu, — et d’autant plus empressé à m’être ainsi agréable, que je l’avais fait débuter en 1848, après la mort de son père, dans le principal rôle d’une pantomime de moi, contre l’avis général qui me poussait à donner le rôle à son rival, Paul Legrand.

\ 't . ■ .oin.'.V'Ai ««•>,, > ,-;<V '• \>«t ù

, ;yv " ■ \ . \ . • '/r, V

Hl'V' • U\» \ \VY\ Vfc > .<o.\ ••

. Uil ir\

\ \ , . \ y-' i) \ iuava *uu*T y\V \ w\

■'AY'.a' >; V'vy K\\ \l\\ v\}*r\ v.i« m v.'V

. . . . Quand vous m'avez demandé de vous aider de mon

crédit dans une sollicitation qui vous intéressait, lors de l’ouverture de l'Exposition universelle, où je remplissais les fonctions de Chef du Secrétariat général, il me souvient parfaitement que cette demande me fut faite par vous, sur le boulevard des Capucines, devant VOTRE établissement , que vous m’engageâtes d’aller visiter.

Je regarde cette déclaration comme un acte de conscieuce, dans la position où vous vous trouvez.

Recevez, cher monsieur Nadar, mes cordialités les plus empressées, A. Aubert #.

ti si cr «•milqqufc "* t * t »v : Jmii tr. i oup ao

•u ni b oup --un; T m ' 'un

i,: -'it| Aqtï'i:

«IwoJ noilqt t j j<{ >ui

J’aurais donc pins que mauvaise grâce à (rouver imméritée la médaille de 1855, bien que je n’en aie pas eu personnellement les bénéfices, et bien qu’au contraire, par un étrange bouleversement des choses, cette médaille — que je nous avais si ardemment souhaitée alors et qui arrivait à peu près au moment où je partais , — semble au premier abord aujourd’hui , et d’après les termes mêmes du jugement, devoir être contre moi une arme terrible aux mains de mes adversaires.

Donc, je n’ai pas eu de médaille, moi, par cette excellente raison que, travaillant avec vous et pour nous , je n’avais pas eu à m’occuper de mon concours à moi et contre vous. Vous pouvez même dire, comme l’a dit dédaigneusement votre agréé du haut de cette médaille, que je ne suis pas un photographe , et donner un démenti aux douze employés de ma maison et aux vingt clients qui me voient, tous les jours, opérer de ma personne, — et non par mes associés, — dans mes ateliers depuis près de trois ans. — Vous avez eu la médaille, dit le jugement : je ne suis pas photographe, dit votre agréé; — et voilà une affaire décidée.

Quand je parle de médaille, j’entends la médaille de 1855, à cette Exposition où je ne m’étais même pas présenté, — si ce n’est en votre personne. — Mais l’année suivante, il y en eut une autre Exposition, bien plus importante au point de vue photographique que la première et plus complète, tout le monde le sait, comme documents et nombre d’exposants : celle de Bruxelles, où tous les photographes de France, d’Angleterre, d’Allemagne et d’Amérique se rencontrèrent. Vous y vîntes, — et j’y vins aussi pour cette fois, pour mon compte seul, puisque vous l’aviez voulu, et bien que j’eusse employé bonne partie de mon temps et de mes efforts à vous conquérir notre médaille quelques mois auparavant, j’avais l’honneur, devant un jury

international composé des noms les plus illustres, d’obtenir à la France la grande médaille d’iion-

neur POUR LE PORTRAIT, AVEC MENTION SPÉCIALE.

La maison de M. A. Tournachon-Nadar jeune et Compagnie n’obtenaitjqu’une récompense inférieure.

J’apprends cette semaine que je viens d’obtenir une seconde fois, — quoique non photographe! — celte Médaille d’Excellence à l’Exposition des Arts Industriels, où votre maison n’a rien envoyé.

• jj, in ni ,oi!i: ' i'firr oh f> r ’-a-* eu 6: I

Autre erreur de fait à signaler encore dans le jugement du Tribunal de commerce, à ce même paragraphe :

... Ses travaux lui ont fait décerner, sous le nom de Nadar jeune, des récompenses à l’Exposition.. .

Voici le numéro du Moniteur (6) conforme à la (G) Pièce à l’appui. N° du Moniteur universel du 8 décem liste officielle qu’il publie, qui constate que ce brei855. n’est pas sous le nom de Nadar jeune, mais de A. Tournachon j Nadar jeune et Compagnie , que vous avez obtenu celle et non pas ces récompenses. Cette virgule séparative ne veut-elle donc rien dire?

Bien que le droit que je revendique soit assez évident pour ne pouvoir être obscurci par des détails de fait, je tiens à constater que toujours et à l’Exposition, vous avez annoncé votre maison sous les deux noms réunis, tandis que je n’en ai jamais porté ni signé qu’un seul, celui de Nadar.

Quel bon et simple moyen je vous donnais ainsi, messieurs A. Tournachon et Compagnie,

— en renonçant spontanément à mon nom patronymique, ce dont j’ai fait la proposition écrite à nos arbitres , — et je ne puis m’empêcher de revenir une fois de plus sur ce point, — quel bon et simple et honnête moyen d’éviter toute confusion, toute tentation de déloyale concurrence, si vous aviez voulu m’imiter et signer du seul nom Tournachon que je vous abandonnais!

Je ne puis m'empêcher de dire un mot d’un argument de plaidoyer qui m’a paru avoir une influence considérable sur !a décision du Tribunal de commerce. L’honorable agréé de mes adversaires, qui avait été, je n’en doute pas, trompélui le premier, — après m’avoirabandonné en toute propriété devant le Tribunal mes travaux littéraires et artistiques antérieurs que l’on renonçait enfin (il était temps, cette fois !) à revendiquer, — déclara que je n'étais pas photographe. M. l’agréé ne voulut pas voir, malgré mon insistance réitérée, l’attestation , jointe au dossier, de mon professeur M. Arnaud (Bertscli et Arnaud) constatant qu’il m’avait appris la photographie dès le commencement del’année 1 854 (T) , en même temps que débutait la maison de M. Adrien Tournachon au boulevard, ni les factures de mes fournisseurs , celles surtout de MM. O. de Lalande et Compagnie, pour produits photochimiques fournis dès la même époque (8). Il ne voulut pas ouvrir non plus le carton considérable de photographies que j’apportais à l’audience, photographies exécutées par moi, et parmi lesquelles se trouvaient déjà plusieurs portraits importants de ma galerie des Figures Contemporaines. M. l’agréé déclara dogmatiquement, la médaille d’Exposition que l’on sait en main, que je n étais pas photographe, — et les termes du jugement démontrent le poids que dut avoir sur le Tribunal une accusation aussi écrasante tombant de la bouche d’un aç»réé

dont les paroles inspirent toujours une confiance méritée.

Pas photographe !

Un homme qui réclame sa propriété, sans être photographe !

Un homme qui demande justice, sans [être photographe!

(7) Pièce à l’appui*.

(8) Pièce à l’appui.

Un homme qui a la prétention d’empêcher trois aulres hommes dont un qu’il ne connaît pas e( l’autre qu’il n’a jamais vu, do fausser quotidiennement sa signature à son préjudice — et sans avoir même l’honneur d’étre photographe!

La raison était majeure, comme on voit.

L’honorable agréé m’en voudra-t-il quand je lui raconterai que son invincible pas photographe! a égayé un peu ceux des photographes mes confrères qui n’ont pas besoin de cacher ce gros secret de la comédie sous le boisseau? Je ne saurais même douter que malgré toutes les nécessités de l’agréé, si Me Dillais eût pu savoir pour si peu que ce fut ce dont il parlait, il m’eût épargné cet excès d’indignité.

Écoulez-moi donc à votre tour, maître Dillais, elécoutez-moi avec attention, car, c’est moi cette fois qui parle exprofesso — et je défie respectueusement mes maîtres : Talbot, Bayard, INiepce de Saint-Victor oncle et neveu, Becquerel père et fils, Régnault, Bertsch et Arnaud, Legray, P. Périer et l’ombre du grand Daguerre lui-même, de trouver un mot à redire dans ce que je vais avoir l’honneur de vous exposer :

La Photographie est une découverte merveilleuse, une science qui occupe les intelligences les plus élevées, un art qui aiguise les esprits les plus sagaces — et dont l’application est à la portée du dernier des imbéciles. Cet art prodigieux qui de rien fait quelque chose, cette invention miraculeuse après laquelle on peut tout croire, ce problème impossible dont les savants qui le résolvent depuis quelque vingt années en sont encore à chercher le mot, cette Photographie qui, avec l’Electricité appliquée et le Chloroforme, fait de notre dix-neuvième siècle le plus grand de tous les siècles, — cette surnaturelle Photographie est exercée chaque jour, dans

m b l<urr nu • ml t|. i-*. ! )m(|hiu m iuq ui nT i:i( d< fi: u ir.q ij’m iup ‘iOVohiidq -.b lnsmugn ; oh îjt'i-.;.! )•. *i u >. dd iviobi.- in lu uononltni OUI oh i QÎdi. llOli . ! / allie ' h lillUll

*"] '4|' •> *« •»[ Ji«/« iup ^vn. - nvb,:

■ i lîobiiiw i - • 1 1 » • . . in hqu- ,'ioiuio'iq ol inlôquioiJ ait fc-mi fjoiudiiT ol ;ua/ob olù; iqiriq eJuoî no

• ; ; i j » r.ijion ' i ; u q-ib iiiu J>> aoiit.ièJlii zu /

l o/ci ■ o<)l >!e , •.qu’ il !■ ;,!o nihio Jir.quon i

sAqavçoj't >..*q tv.-V'*' i \ u j ni. - — ’ioupib ni no.u .ig’uu ,iio/ aoq luluo/ ni èoign’l .1/ e-itiaob un oimoj , nuilfs ! olIn ! .oàioiiai oonaRL

• I- J - ii ) ) fl hmun/ lé ; UiW*:doiq lîoift oh

' lodq .1 h. ; : U. .i u. li’up Jmdateiioo (Lu lui

P 1 i Oui! fin 1 ■ I M ; 1 1 1 1 0 J . : 0 ! M:U9 0l <r.ûb OiJqn . 0

r nogiRin r.l luduiiib oup rfumn) om’ui no in , 1 'U. m! i jud or iiuilonu t ou ! îiurii.^. ,\f

Page 1