‹ Exposé des applications de l'électricitéChapitre 3 sur 46 · CHIFFRES · texte numérisé non relu

CHIFFRES

boutons

et

Pour

boutons

et

Pour

Pour peu qu'on suive la marche du courant sur les figures 1 et 2 de la pi. I, on comprendra immédiatement comment les boutons du manipulateur ainsi touchés transmettront le courant à travers les galvanomètres dans Je sens qui convient. En effet, si les boutons 13 et 18 par exemple sont touchés, le pôle positif de la pile aboutissant à la traverse NN, le courant ira de N au bouton 13, de celui-ci au ressort n^ 3, entrera dans les galvanomètres 3 des deux cadrans, regagnera le ressort 3 du manipulateur de la deuxième station, et par la traverse LL de ce même manipulateur, contre laquelle appuie ce ressort^ il ira au ressort n» 5 également en contact avec cette traverse, parviendra aux deux galvanomètres 5 par le fil 5 de la ligne, et reviendra au pôle négatif de la pile par le ressort 5 du premier manipulateur, le bouton 18 et la lame PP. La lettre désignée sera la lettre T.

D'après cette combinaison des courants, on comprend aisément la nécessité dans laquelle a été M. Wheatstone d'adapter à ses boutons un ressortspirale. En effet, s'il se fût contenté de fixer sur les lames 6, 1, 2, 3, i, 5, les deux boutons interrupteurs, il s'en serait suivi que l'abaissement de Tun ou de l'autre de ces deux boutons aurait provoqué le contact du ressort sur lequel ils auraient fixés avec les deux pôles de la pile. Par l'intermédiaire du ressort-spirale, ce double contact n'a pas lieu, et l'on peut cependant, en abaissant Tun ou l'autre des boutons, séparer les lames 6^ 1, 2, 3, 4, 5 de la traverse LL, condition indispensable pour le fonctionnement de l'appareil.

Télégraphes avalais à. double aiguille de AIIII. Wl&eatstone et Cooke. — Malgré les perfectionnements remarquables que M. Wheatstone avait apportés à son premier télégraphe, lors de la prise de son brevet en 1840, la Compagnie télégraphique de Londres, à laquelle

M. Wheatstone avait vendu son invention, aima mieux conserver le premier système, en lui apportant toutefois certaines simplifications qui furent en partie réalisées par M, Cooke, associé de M. Wheatstone. Au lieu de cinq galvanomètres on n'en conserva que deux, et pour obtenir avec les deux aiguilles de ces galvanomètres un nombre suffisant de signaux, on fit intervenir dans l'interprétation de ces signaux le nombre de battements ou de mouvements qu'on pouvait faire accomplir aux deux aiguilles dans leurs différentes positions. Avec ce système, le transmetteur à clavier que nous avons décrit devenait inutile, et on lui substitua un double commutateur, à renversement de pôles que nous décrirons plus loin.

La figure 6 pi. I, représente une vue perspective de l'extérieur des télégraphes aujourd'hui en usâge sur les lignes anglaises. Les aiguilles indicatrices montées sur le même axe que les barreaux

aimantés des deux galvanomètres ^^* *• se voient au milieu du cadran

carré qui occupe le centre de Tappareil. Ces aiguilles sont aussi aimantées et placées de manière à constituer avec les barreaux aimantés deux systèmes compensés comme les galvanomètres de Nobili. Des deux côtés de leur extrémité supérieure se trouvent deux petites chevilles d'ivoire destinées à limiter retendue de l'oscillation du barreau aimanté et à faire mieux apprécier à l'oreille le nombre des battements. Pour des transmissions électriques rapides, il est important que la course accomplie par l'aiguille aimantée d'un galvanomètre soit le plus petite possible, car coiiuiic il faut un certain temps pour que cette aiguille revienne à sa position normale, la déviation pourrait rester constante sous l'influence d'un courant interrompu, si ces interruptions étaient très-fréquentes. C'est pourquoi dans les télégraphes anglais les chevilles qui limitent la déviation des aiguilles ne leur permettent que 5 ou 6 degrés de déviation à partir de la verticale. Les manches des commutateurs se voient en M, M, et nous représentons, ûg. 1 ci-dessus, la disposition des commutateurs eux-mêmes.

12 T&LÉGRAPHES A AIGUILLES.

G D est un cylindre métallique divisé en deux parties Cet D isolées Tune de l'autre par un manchon d'ivoire. Ce cylindre pivote en I sur un coussinet, et les deux parties C, D sont mises en relation avec les deux pdles de la pile par Fintermédiaire de deux ressorts E et J qui pressent, Tun, E, sur le tourillon du cylindre, Tautre J, sur le cylindre lui-même.

Des deux côtés du cylindre G D se trouvent quatre ressorts R, 6, G, H, fixés deux à deux sur les conducteurs X et Y, dont l'un X communique à la terre» et le second Y à la ligne par l'intermédiaire du galvanomètre M du récepteur de l'appareil. Les deux plus longs de ces ressorts G, U appuient en temps ordinaire contre un butoir métallique T qui sert à les relier métalliquement. Les deux autres R et S, dont l'un est seulement visible sur la figure, sont placés à distance de la partie G du cylindre. Enfin, deux deots métalliques A et B, adaptées sur les deux moitiés G et D du cylindre sont placées de telle sorte que Tune A peut rencontrer les ressorts G et H, et que Tautre B peut rencontrer les ressorts R et S. Or, voici ce qui arrive suivant qu'on fait tourner à gauche ou à droite le cylindre GD.

Quand le cylindre GD est tourné de gauche à droite, le ressort H est soulevé par la dent A et le ressort S par la dent B; alors le courant va de G en B, s'écoule en terre et revient par la ligne et les deux récepteurs au ressort H, puis à la pile par la partie D du cylindre G D.

Quand, au contraire, G D est tourné de droite à gauche, le courant traverse le récepteur des deux appareils en correspondance, s'écoule en terre et revient à la pile par le ressort G et la partie D du cylindre.

Le courant se trouve donc renversé dans les deux cas, et de plus, la communication du récepteur avec la terre pendant qu'on ne transmet pas est assurée par les ressorts G et U et le butoir T.

L'alarme ou la sonnerie d'appel est renfermée dans la partie supérieure de l'instrument; elle peut être introduite dans le circuit de la ligne, ou retirée à l'aide d'une clef m, fig. 6, pi. I. Les ressorts T T appartiennent au commutateur appelé à réaliser cet effet. Le cadran S fait partie d un appareil particulier auquel on avait donné le nom d'appareil silencieiLX, et qui est destiné à couper aux différentes stations le circuit de la ligne entière. Get appareil est un double commutateur que Ton manœuvre à l'aide de Taiguille indicatrice du cadran lui-même. Il se compose d'un cylindre de buis sur lequel appuient, d'un côté et de l'autre de son axe, quatre ressorts. Sur ce cylindre de buis, et suivant sa génératrice, se trouve appliquée une bande de cuivre, en rapport métallique avec le sol, et les ressorts aboutissent : les uns, ceux de droite, aux fils de la station de droite, les autres aux fils de la station de gauche, en introduisant toutefois dans les deux cas les gai-

TÉLÉGRAPHES A AIGUILLB6, 13

yanomètres deTappareildans les circuits ainsi complétés. Cette disposition, en confinant les signaux dans la moitié des fils, a l'avantage de laisser l'autre moitié à la disposition des autres stations.

Quand ce commutateur est dans une position déterminée, ce dont on est prévenu par l'index du cadran S qui indique alors le silence ; les deux fils des stations de droite et de gauche se trouvent réunis par l'intermédiaire des deux lames de cuivre dépendant du commutateur. Alors le courant ne passe plus par les galvanomètres de Tappareii, et la communication électrique se trouve établie d'une manière directe entre les deux stations extrêmes. Quand, au contraire, le commutateur est tourné d'un côté ou de l'autre de la division du cadran S indiquant sa position normale, la communication directe est établie entre l'appareil et Tune ou l'autre des stations. Enfin, quand le commutateur est dans sa position normale, les galvanomètres de l'appareil sont introduits dans le circuit de la ligne.

En outre des appareils précédents, les télégraphes anglais possèdent un système de commutateur auquel on avait donné le nom de toitches sonnantes, et qui sert à régler le jeu des sonneries aux diverses stations échelonnées sur la ligne, afin qu'elles ne marchent pas toutes en même temps. Ce commutateur est représenté fig. 7, pi. I.

M. Walker, ancien directeur des télégraphes anglais, avait été conduit par l'expérience à ajouter à l'appareil que nous venons de décrire quelques petits accessoires assez insignifiants, il est vrai, au point de vue théorique, mais fort importants dans la pratique. Ces accessoires sont i^ des chevilles mobiles et en second lieu des bobines mobiles.

Les chevilles mobiles ont été introduites en vue de permettre la correspondance télégraphique dans les cas où des courants accidentels viendraient à affecter la Ugne d'une manière assez énergique, pour faire buter en temps normal l'aiguille indicatrice des récepteurs contre Tune ou l'autre des chevilles d'arrêt. Dans ce cas, comme on le comprend aisément, il devient impossible de transmettre des signaux. Pour éviter cet inconvénient, M. Walker déplace les chevilles d'arrêt jusqu'à ce que la déviation de l'aiguille produite par les courants accidentels, ne puisse plus les atteindre. De cette manière, le courant envoyé à travers le récepteur peut réagir en dépit de la force perturbatrice, pourvu toutefois que la déviation accidentelle n'ait pas atteint le maximum de la déviation que le courant régulier peut produire. On comprend, par exemple, que dans ce cas le point de repère se trouve déplacé. Pour rendre le système des deux chevilles facilemeut mobile, on découpe dans le cadran une petite rainure circulaire ayant l'axe de l'aiguille indicatrice pour centre, et on fait circuler dans cette rainure les deux cbe-

villes qui sont, à cet effet, montées sur un disque à poulie, placé derrière le cadran. Ce disque est mis en mouvement par une corde enroulée sur une petite poulie qui correspond au bouton b, fig. 6, pi. I. Ce bouton, placé entre les deux manivelles peut réagir à la fois sur les chevilles des deux aiguilles, de sorte qu'en le tournant, d'un côté ou de Tautre on avance ou on recule d'autant les deux systèmes de chevilles d'arrêt.

Les bobines mobiles peuvent être substituées avec avantage aux chevilles mobiles, dans le cas où les déviations produites par les courants accidentels sont assez grandes, pour que les contre-poids des aiguilles tendent à les flaire osciller autour de leur point d'équilibre, qui ne serait plus alors suivant la verticale. Dans ce cas, au lieu de déplacer les chevilles d'arrêt, on tourne les supports des multiplicateurs eux-mêmes, jusqu'à ce que les aiguilles dans leur déviation accidentelle soient revenues suivant la verticale; un système de poulie analogue au précèdent peut produire ce résultat.

Je ne parlerai pas de Tinstallation et de la disposition des appareils télé' graphiques anglais sur les lignes; c'est une question spéciale qui est en dehors du but que je me suis proposé dans cet ouvrage. On pourra du reste, trouver tous les renseignements nécessaires à cet égard, dans l'excellent traité de télégraphie de M. l'abbé Moigno. Nous croyons plus utile pour le moment, de donner quelques renseignements sur le vocabulaire du télégraphe à deux aiguilles adopté en Angleterre.

A. Deux mouvements vers la gauche de l'aiguille gauche.

B. Trois mouvements, id. id. id>

G et le chiffre 1. Deux mouvements de l'aiguille de gauche, le premier à gauche, le second à droite.

D et 2. Deux mouvements de l'aiguille de gauche, le premier à droite, le second à gauche.

E. et 3. Un seul mouvement de l'aiguille de gauche Vers la droite*

F. Deux mouvements à droite de l'aiguille de gauche.

G. Trois mouvements de l'aiguille de gauche vers la droite. H et 4. Un mouvement vers la gauche de l'aiguille droite. I. Deux mouvements vers la gauche de l'aiguille droite.

J. Est omis, on le remplace par G.

K. Trois mouvements vers la gauche de l'aiguille droite.

L et 5. Deux mouvements de l'aiguille droite, le premier à droite, le second à gauche.

M et 6. Deux mouvements de Taiguille droite, le premier à gauche, le second à droite.

IS

N et 7. Un seul mouvement vers la droite de Taiguille droite.

Page 1