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CHAPITRE III TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS

Les télégraphes écrivants dont l*appareil Morse est le spécimen le plus connu et le plus frappant, ont sur les télégraphes à aiguilles l'avantage de conserver les traces des dépêches transmises. Il est vrai que ces traces ne sont que des signaux de convention, c'estrà-dire des combinaisons plus ou moins compliquées de lignes et de points qu'il faut une certaine étude pour comprendre et un temps assez long pour transmettre, mais Ce système offire pour les che& de service des lignes télégraphiques un moyen de contrôle tellement infiùllible, qu'on a dû passer par dessus tous les inconvénients qui lui sont inhérents. D'ailleurs, l'appareil est très-simple en luimême, il n'entraîne pas l'accumulation des erreurs dans la transmission des signaux et n'exige qu'un seul fil à la ligne.

S'il faut en croire M. Morse, ce serait lui qui aurait le premier combiné ce système télégraphique, et pour donner à cette invention plus de couleur et d^ntérêty cet inventeur et ses amis ont bâti tout un petit roman qui a été souvent reproduit dans les publications télégraphiques et qui, quand bien même il serait vrai, ne prouverait pas grand'chose. Sans entrer dans les débats de priorité qu'a soulevés cette invention et qui remplissent inutilement plusieurs ouvrages, notamment celui de M. Yail sur le télégraphe électro-magnétique américain et une brochure publiée en France sur l'histoire de cette invention, par M. Morse lui-même, nous dirons qu'on a peutêtre un peu exagéré le mérite de cet inventeur. Il a mis au jour un système télégraphique comme tant d'autres qui se sont occupés avant lui de la question; et d'après la manière même dont ce système avait été conçu, on peut reconnaître que son auteur avait foit moins preuve d'érudition dans la science électrique que de hardiesse dans les déductions qu'il émettait et que rien ne pouvait alors justifier, si on se rapporte à Tétat de la science à l'époque de cette invention, époque qu'il fixe à l'année 1832« C'était alors une idée plutôt jetée en l'air qu'une idée réellement sérieuse et je n'en veux pour preuve que la manière même dont elle prit naissance. Examinons, en effet, l'origine de cette invention.

n se trouve qu'à bord du vaisseau le Sully, qui ramenait M. Morse en Amérique, quelques passagers, entre autres M. Jackson, parlent d'électricité et des effets surprenants des électro-aimants, sortes d'aimants qui pouvaient acquérir et abandonner instantanément leur pouvoir magnétique. M. Morse en est frappé, et dans un premier élan, il dit ingénuement qu'avec

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une pareille propriété il n'est pas difficile de faire un téléfçraphe. H y réfléchit quelque temps, établit dans sa tête certaines combinaisons déjà réalisées dans les enregistreurs mécaniques, dans les maréographes, par exemple, et annonce bientôt que le problème de la télégraphie électrique •est définitivement résolu. C'est alors qu'il dit au capitaine du navire ces paroles que l'on a souvent invoquées dans les divers procès qui se sont produits à ce sujet : u Rappelez-vous, capitaine, quand mon télégraphe )> sera la merveille du monde, que c'est à bord du Sully qu'il aura été dé- 1) couvert. » Cette exclamation ne prouvait pas déjà en faveur de la modestie de M. Morse, mais pour la faire, il fallait qu'il fût peu fBimiliarisé avec les effets électro-magnétiques, car les lois des électro-aimants étaient «Jors complètement inconnues et* le peu qu'on savait à leur égard était qu'ils ne pouvaient produire d'effet à une certaine distance, comme le disait fort nettement M. Daniell dans un passage de son livre que nous reproduisons plus loin, et qui ayant été invoqué maladroitement par M. Morse pour sa défense, a prouvé juste l'inverse de ce qu'il voulait démontrer. C'est pour cette raison que tous les \)hysiciens qui se sont occupés avant M. Morse de télégraphes n'avaient jamais voulu avoir recours à de pareils organes électriques et s'étaient bornés à n'employer que des aiguilles aimantées. M. Morse qui était moins qu'eux au courant de ces effets a été plus hardi, et c'est là tout le secret de sa réussile.

Audaces fortuna juvat.

Toutefois ce ne fut que quand une disposition particulière des électroaimants, imaginée par M. Wheatstone, eut permis de les faire réiigir à grande distance, que le télégraphe Morse put fonctionner d'une manière convenable, comme le démontre une lettre de M. Page que nous reproduisons plus loin; et certes on ne peut accuser M. Page d'être favorable aux Européens : nous en avons eu la preuve dans notre second volume au chapitre des appareils d'induction électro-magnétiques.

Or, ce point étant établi, que reste-t-il à M. Morse?.... !• l'idée d'avoir employé un organe électrique qui, pour être utile, exigeait une disposition particulière qu'il n'avait pas trouvée; 2» l'application à cet organe d'un système enregistreur qu'il n'avait pas davantage imaginé, et qui était appliqué au maréographe et à tous les enregistreurs employés depuis longtemps en physique et en mécanique; 3° un système de transmetteur automatique qui existait dans toutes les vielles organisées ou les boîtes à musique. Je le répète, rien d'original ne se rencontre dans l'invention de M. Morse, et tout individu qui aurait admis qu'un électro-aimant devait

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fournir à distance une réaction mécanique suffisante, aurait imaginé ime combinaison analogue, peut-être même dans de meilleures conditions, comme le donneraient à supposer tous les perfectionnements qui ont été apportés successivement à cet appareil. Voici, maintenant la lettre de M. Page, datée de Washington (d. c.) le 26 mars 1860.

« De grandes félicitations doivent être adressées au professeur Morse pour la part qui lui revient réellement dans l'invention du télégraphe écrivant; mais il n'en est pas moins vrai que sans l'appoint fourni à cette découverte par d'autres inventeurs, le télégraphe Morse serait resté sans doute jusqu'à ce jour une invention d'une valeur inférieure, et vraisemblablement même, il n'aurait pas été du tout employé,

« La vie, Tàme du télégraphe électrique est ce merveilleux petit instrument appelé électro-aimant récepteur imaginé par le professeur Wheatstone d'Angleterre (1). Le professeur Morse se servait bien aussi, il est vrai, d'un élccti'û-aimant récepteur, mais d'une construction telle qu'il était inapplicable pour un long parcours. L'électro-aimant qu'il employa sur la première ligne télégraphique essayée aux frais du gouvernement entre Washington et Baltimore, était formé d'une très-forte barre de fer recourbée (crowbar) dont les bobines magnétisantes étaient faites avec du fort fil de cuivre no 16 ou 17) (2), recouvert sans soin de coton commun. Cet électro-aimant et ses bobines étaient renfermés dans une énorme boîte qui pour être soulevée exigeait la force de deux hommes. Le fil des bobines était du reste de la môme grosseur que celui du circuit de ligne, et en raison de cette circonstance aussi bien que par l'effet du magnétisme rémanant, résultant de la grande dimension et de la longueur de l'électro-aimant, aucun courant n'aurait été capable de fournir des résultats satisfaisants avec le télégraphe Morse. Les premiers essais d'un fil de plus petit diamètre que le fil de ligne, pour l'enroulement des électro-aimants du télégraphe Morse, furent faits par moi pendant que le professeur Morse était en Europe. J'avais, en effet, substitué à l'électro-aimant encombrant de l'appareil un petit électro-aimant récepteur qui occupait à peu près la moitié d'un pied cube comme espace. Je n'avais pas eu connaissance alors des essais entrepris par le professeur Wheatstone en Europe. C'est seulement à son retour en Amérique, que le professeur Morse ayant introduit dans son appareil un petit électro-aimant

(I) La première combinaison d'un ('ilcctro-aimant récepteur sur un circuit de ligne avec un électro-aimant et un circuitloca! pour produire des effets majçnétiques appréciables à distance, fut employj^e et brève' ée par M. Davy, en Europe, en 1838.

^2) Ces numéros correspondaient à des fils de i'n/™,65 ou l«/",47 de diamètre.

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de Wheatstone qu'il avait apporté avec lui, obtint des résultats véritablement avantageux de son système télégraphique, et c'est seulement de cette époque que date son succès. Mais je le répète, non-seulement le principe de rélectro-aimant de Wheatstone lui était inconnu avant son voyage en Europe, mais encore il ne mit à proât les travaux de Wheatstone que parce qu'ils pouvaient lui donner le moyen de produire des effets magnétiques à grande distance; ce qui ne Ta pas empêché de publier, avec une outrecuidance qui ne s'est jamais vue, dans Touvrage de Yail sur le télégraphe américain (page 53) (1) et en s'appuyant, soi-disant, sur un livre du professeur Daniell intitulé Introduction à Vétude de la philosophie chimique^ que Wheatstone n'avait jamais pu produire des effets électriques à grande distance. Or dans la partie concluante de ce livre on trouve non-seulement les moyens employés par M. Wheatstone pour atteindre ce but, mais encore un dessin de grandeur naturelle de Tinstrument dont il s'était servi pour ses expériences et d'après lequel il fut construit. Ainsi Télectro-aimant receveur de Wheatstone, n'est en définitive que le fac-similé de celui que le professeur Morse rapporta d'Europe et il explique parfaitement la théorie de celui-ci et son mode d'action.

« La cause principale de cette triste sortie contre le travail du professeur Wheatstone est le résultat du peu d'intelligence dont le professeur Morse a fait preuve dans l'interprétation du passage du livre de Daniell auquel il fait allusion, et que M. Daniell lui-même explique de la manière la plus claire dans la page suivante de son livre. Voici ce passage :

« Les aimants électriques du plus grand pouvoir, même lorsqu'on emploie « des batteries les plus énergiques cessent d'agir lorsqu'ils sont unis à la « batterie par des conducteurs d'une longueur considérable (2). » Il semblerait que MM. Morse et Yail auraient fermé le livre après cette déduction et que, mettant dans leur poche Télectro-aimant de Wheatstone, ils n'eussent plus eu à se préoccuper que de l'action exercée sur des barreaux magnétiques par les électro-aimants qu'ils avaient décrits.

La remarque de Daniell citëe précédemment étant ainsi isolée dans la contestation et prise dans son sens littéral, était réellement par trop absurde

(1) Voir rédition française, p. 60.

(2) Ce passage est précédé de ces quelques ligaes : c queîqu' ingénieuses que soient les inventions du professeur Wheatstone y elles n'auraient pu servir en rien nu but tétégraphique sans les recherches qu'il fui le premier à faire sur les lois des aimants électriques lorsqu'ils agissent sur de grandes étendues de conducteurs, » Or le passage cité précédemment explique précisément, pourquoi les inventions de WheatstoDe auraient été stériles sans son électro- aimant receveur.

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pour dire employée par le professeur Aiorse dans sa réclamatioa contre le professeur Wheatstone, car cette assertion était en contradiction flagrante avec les découvertes du professeur Henry faites bien des années ayant le télégraphe Morse, et qui démontraient qu'un électro-aimant de grande force réuni à la l^tterie par une grande longueur de fil» peut parfaitement réagir dès lors qu'on emploie des moyens semblables à ceux mis à contribution par le professeur Morse dans son télégraphe. »

Gh. G. Page.

Washington (d. e.), le S6 mars i860.

On remarquera que jusqu'à présent nous n'avons raisonné que dans l'hypothèse, où Ton admet pour l'invention de M. Morse la date qu'il réclame^ c'est-à-dire 1835; mais entre une invention aussi peu étudiée que l'était alors celle de M. Morse et celle de M. Steinheil qui avait été expérimentée sur une ligne relativement considérable pour l'époque et pour laquelle il avait &it preuve de la plus grande sagacité, il y a tout un monde; de sorte qu'on peut réellement regarder M. Steinheil comme le véritable inventeur des télégraphes écrivants.

Nous nous sommes étendu un peu sur cette partie de l'histoire de la télégraphie, car cette question, à cause de l'indemnité de 400000 francs accordée à M. Morse par les différents gouvernements d'Europe faisant usage de son télégraphe, est une question d'actualité dans laquelle on peut voir, une fois de plus, que ce ne sont pas les véritables inventeurs qui recueillent le fruit de leurs inventions. La France surtout devait plus à M. Wheatstone qu'à M. Morse, car si elle a emprunté à ce dernier le principe de son appareil, M. Wheatstone lui a apporté dans l'origine, s'ertrà-dire en 1844, ses propres instruments, l'a mise au courant de tous les secrets de la télégraphie électrique alors inconnus, et a fait lui-même les pf^miëres expériences sur les lignes de Versailles et d'Orléans qui ont décidé l'adoption de la télégraphie électrique chez nous, malgré l'épithfete qt*on lui donnait de sublime utopie.

Télégraphe de M. Stelnkeil. — Bien que ce télégraphe n'ait jamais été mis en usage sur les lignes télégraphiques en raison des avantages considérables que présentait pour ces sortes d'appareils l'emploi de l'électro-aimant et de la possibilité qui fut donnée, lors de l'établissement de ces lignes, de faire fonctionner ces organes électriques dans de bonnes conditions, comme l'appareil de M. Steinheil est en quelque sorte Un monument historique de l'art télégraphique, nous croyons devoir en donner une description rapide.

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Ce télégraphe se composait d'un simple galvanomètre A A, fig. 4, pi. I, à rintérieur duquel pivotaient sur pointes, autour d'arbres verticaux, deux barreaux aimantés D D. Ces barreaux portaient chacun une tige métallique terminée par un bec tubulaire K, H, dans lequel était versée de Tencre. En face de ces deux becs était disposée une bande de papier EE, fig. 5, que pouvait entraîner avec une vitesse uniforme un mouvement d'horlogerie M. Enfin deux barreaux aimantés N, S, susceptibles d'être éloignés ou rapprochés suivant l'intensité du courant, pouvaient rappeler les barreaux DD dans leur position normale, suivant Taxe du galvanomètre.

Quand le courant était dirigé à travers le galvanomètre, dans un certain sens, les deux barreaux déviant du même côté, l'un des deux becs chargés d'encre s'approchait de la feuille de papier et y déposait un point noir, tandis que l'autre bec tendait à s'en éloigner. Mais quand le courant venait à changer de direction, ce dernier bec se trouvait rappelé et laissait à son tour un point dont la position sur le papier était différente de celle de la première trace. Ces points pouvant être combinés les uns par rapport aux autres de mille manières différentes par suite du mouvement du papier, il devenait facile de composer^un alphabet conventionnel à l'aide duquel des signaux pouvaient être échangés.

En adaptant à la partie de son télégraphe, opposée à colle où se trouvait le mouvement d'horlogerie, deux timbres sonores dont les sons différaient d'une sixte, et les disposant de manière à ce qu'ils pussent être frappés par les barreaux aimantés au moment de leur déviation, M. Steinheil a pu faire de son télégraphe un télégraphe auditif d'un usage facile et qui avait l'avantage de ne pas exiger une surveillance continuelle de la part des employé?.

Comme M. Steinheil employait pour le fonctionnement de son télégraphe les courants résultant d'une machine magnétique, l'appareil transmetteur de ce télégraphe consistait dans la machine magnéto-électrique elle-même, qu'il suffisait de tourner dans un sens ou dans l'autre pour changer le sens du courant. A cet effet, la manivelle des machines à rotation était remplacée par un balancier horizontal analogue à celui des presses à timbre, et comme ce balancier était manœuvré à la main, l'on pouvait, en variant la longueur des intervalles de temps entre les transmissions électriques, obtenir des écartements plus ou moins grands des points sur la bande de papier, ce qui permettait de simplifier considérablement le vocabulaire télégraphique.

Dans l'alphabet que M. Steinheil avait choisi, les lettres qui, dans la langue allemande, sont les plus fréquentes, correspondent aux signes les plus simples. De plus, M. Steinheil s'était arrangé de manière à établir une sorte de similitude entre les lettres latines et les groupes de signes, afin

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qu'ils pussent se fixer mieux dans la mémoire. Grâce aux trois modes de combinaisons dont nous avons parlé, les signaux les plus compliqués n'exigeaient que quatre points ou quatre sons distincts.

Gomme on le voit d'après la description précédente, le télégraphe de M. Steinheil présentait deux innovations bien grandes pour l'époque, innovations qui, à elles seules, pouvaient faire entrevoir dans un avenir prochain la solution complète du problème de la télégraphie électrique. Ces innovations étaient d'abord la possibilité de la transmission d'un nombre indéfini de signaux à l'aide d'un seul circuit; en second lieu la possibilité d'avoir un langage télégraphique parlé ou écrit sans combinaisons trop compliquées de signaux; mais l'innovation la plus importante, celle qui attache au nom de M. Steinheil une gloire impérissable, ce fut l'application qu'il fit dans ce télégraphe (établi sur une longueur d'une lieue trois quarts d'Allemagne), de la faculté de transmission du sol. Dès lors un seul fil suffisait pour la transmission électrique, et la dépense la plus élevée, celle de l'installation de la ligne» se trouvait réduite de moitié.

Télé^i^pbe Morse. — Quoique nous ayons toujours été le premier à défendre les droits de M. Steinheil contre les prétentions de M. Morse dans l'invention des télégraphes écrivants, nous ne pouvons ne pas convenir que le système de ce dernier, en raison de sa simplicité, du peu de délicatesse de ses organes électriques et de sa disposition peu encombrante, présentait de réels avantages, qui devaient un jour le faire adopter partout, et c'est en effet, ce qui a eu lieu; mais comme la vitesse de transmission avec ce système est assez restreinte, on dût demander à la science un appareil plus expéditif , et aujourd'hui le télégraphe Morse a di\ céder le pas sur les lignes surchargées de dépêches, à un nouvel appareil également d'origine américaine qui peut expédier dans le même temps trois fois plus de dépèches. Néanmoins en raison de son bon marché et de sa simplicité, on cherche toijgours à perfectionner le Morse, et nous verrons bientôt plusieurs appareils ingénieux qui ont permis de résoudre le problème de la célérité des transmissions avec ce système.

Un télégraphe Morse se compose de quatre éléments distincts : i^ d'un système électro-magnétique qui reçoit l'impression électrique transmise à distance; 2*> d'une bascule armée d'un style qui traduit par un mouvement mécanique les réactions électriques exercées sur le système magnétique; 3« d'un système mécanique ou mouvement d'horlogerie qui, en déroulant une bande de papier devant le style, permet à celui-ci de laisser une trace durable des différents mouvements qu'il accomplit; 4* enfin d'un appareil transmetteur réagissant sur le courant électrique.

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Dans Tappareil primitif de M. Morse, le système ëlectro-magnêtigue se composait d'mi électro-aimant (de la forme décrite page 78, tome II), dont les branches étaient placées verticalement les pôles dirigés en haut, et dont les rondelles étaient, pour un motif dont je ne me suis pas rendu compte, réunies par des traverses métalliques. Enfin le rapprochement des pôles de cet électro-aimant permettait de rendre l'armature d'un petit volume, c(mdition comme nous l'avons vu, essentielle pour la célérité de la marche de l'appareil.

La bascule porte-style fixée horizontalement au-dessus de Pélectro-aimant^ se terminait d'un côté par une petite tige cylindrique de fer doux qui cons« tituait Tarmature de l'électro-aimant, de l'autre par une pointe émoussée d'acier qui constituait le style. Cette bascule, dont les mouvements étaient limités par deux vis butoirs placées des deux côtés de son point d'articulation, était maintenue dans une position fixe par une lame de ressort trèsflexible et très-longue, fixée en dehors de l'électro-aimant sur une équerre de cuivre. Cette lame de ressort appuyant sur une attache adaptée à la bascule du côté du style, tenait lieu des ressorts antagonistes à boudin qu'on a employés depuis.

Le système mécanique destiné à conserver les traces des mouvements du style se composait d'un mécanisme d'horlogerie à trois mobiles dont le mouvement était communiqué à un système composé de deux cylindres parallèles appuyant l'un contre l'autre, et formant laminoir. Une bande de papier sans fin. enroulée en provision sur une grande roue d'un jeu un peu diïficile, passait entre les deux cylindres du laminoir et se trouvait par conséquent entraînée, lorsque le mécanisme d'horlogerie était dégagé; enfin un troisième cylindre, placé précisément au-dessus du style et portant entaillée perpendiculairement à son axe une petite rainure, forçait la bande de papier à passer devant ce style. Pour que cette bande ne pîlt se déranger dans son mouvement, ce cylindre se terminait par deux rondelles saillantes.

Avec cette disposition on comprend que quand l'électro-aimant, en devenant actif, attirait la bascule porte-style, celui-ci appuyait contre la bande de papier et y laissait son empreinte. Mais comme en même temps cette bande de papier se trouvait entraînée par le mouvement d'horlogerie, cette empreinte s'allongeait et formait des lignes d'autant plus longues que le courant était resté fermé plus longtemps à travers l'électro-aimant. Quand ce courant venait à cesser, la bascule porte-style se relevait, et son empreinte finissait Pour une nouvelle fermeture de courant, de nouvelles traces étaient imprimées, et comme on pouvait faire varier la longueur de ces traces par

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le plus ou moins de temps qu'on maintenait le courant fermé, on pouvait, en combinant entre elles de différentes manières, les traces longues et les traces courtes (qui pouvaient être des points), composer un alphabet et un vocabulaire aussi complets que possible.

Comme l'appareil que nous venons de décrire est entièrement sous le contrôle de l'employé qui transmet, puisque dans ce système les dépêches se trouvent imprimées et qu'au besoin, on peut même se passer de la présence d'un employé à la station qui reçoit, M. Morse dans l'origine, avait pensé à ûôre déclancher le mécanisme d'horlogerie commandant le mouvement de la bande de papi^ par l'électro-aimant lui-même. Pour cela, il avait articulé à la bascule porte-style et au-dessous d'elle, une tige métallique A B (fig. 36, ci-dessous),soutenantunlevier coudé de détente C BD. Ce levier était fixé sur l'axe d'une poulie isolée Q, qui recevait son mouvement du barillet

du mécanisme d'horlogerie au ^' moyen d'une corde très-faible-

ment tendue. A l'état normal, ce levier était appuyé contre la circonférence d'un disque d'arrêt £ appartenant au dernier mobile du mécanisme moteur, et pouvait facilement en arrêter le mouvement; mais quand il était soulevé, ce qui avait lieu quand rélectro-aimant devenait actif, ce mécanisme était mis en mouvement et ne s'arrêtait qu'au bout de quelques instants après même que rélectro-aimant était redevenu inerte, car le levier de détente C B D était commandé par la poulie Q reliée au barillet du .'moteur, et cette poulie ne tournant que très-lentement, il fallait un certain temps pour que ce levier pût redescendre à portée du disque d'arrêt E. Par l'intermédiaire de ce mécanisme, la bande de papier se trouvait donc entraînée dès le commencement de la correspondance et ne s'arrêtait que quand une interruption de courant suffisamment prolongée, avait pennis au levier de détente d'être redescendu complètement

Ce mécanisme peu^être ingénieux pour l'époque, présentait plusieurs inconvénients qui en ont empêché l'adoption ; d'abord à Tépoque où les premiers télégraphes de Morse ont été construits, les relais n'avaient pas encore étéimaginés, et par conséquent la force réagissant sur la bascule porte^tyle, n'était pas sufSsante pour vaincre le frottement de la corde sur

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la poulie du levier de détente^ frottement qui devait être assez considérable, puisque cette poulie recevait son mouvement par cette corde. En second lieu, un tel système d'embrayage ne présentait aucune siireté et exigeait un réglage continu. Nous verrons bientôt que ce problème a été résolu dans de meilleures conditions par plusieurs inventeurs et en particulier par M. Sortais. Du reste, on ne semble pas avoir attaché une grande importance à ce système de déclanchement, et dans tous les télégraphes de ce système qui sont en ce moment en exploitation dans presque tous les pays, c'est remployé lui-même qui déclanche le mécanisme moteur après avoir été averti par l'alarme ou simplement par le bruit du relais.

Dans le premier système de M. Morse, c'était la tige réagissant sur le levier de détente du mécanisme précédent qui faisait fonctionner le marteau de la sonnerie; mais on a depuis adapté à ces sortes d'appareils des sonneries spéciales dont nous parlerons plus tard.

Le transmetteur du télégraphe Morse consistait, dans Torigine, dans un simple ressort terminé par une touche munie d'une pièce métallique et placé au-dessus d'une autre pièce également métallique que Ton avait appelée enclume. Un des pôles de la pile aboutissait à cette dernière, et le circuit de la ligne correspondait au ressort. Depuis, M. Morse a adopté pour ce transmetteur, la forme que nous représentons un peu plus loin au cha* pitre du télégraphe Digney; c'est un levier articulé sur un petit support de cuivre, et muni de deux fortes vis. Au-dessous de ces vis, se trouvent deux contacts, solidement fixés sur le bâti de l'appareil et tenant Heu, Tune de Tenclume, l'autre de butoir d'arrêt. De cette manière, l'appareil peut être facilement réglé et avoir le jeu nécessaire pour une manipulation prompte et facile. Ainsi disposé, cet interrupteur a été nommé levier-clef ou simplement clef du télégraphe Morse.

M. Morse a cherché pendant longtemps les combinaisons de points et de traits les plus simples et les plus faciles pour les appliquer aux différentes lettres de l'alphabet et aux chifires ; après bien des essais, voici l'alphabet auquel il s'est arrête\

N 0 P Q ' R 8 T Û y W (X Y Z etc

et que la pratique a fait modifier de la manière suivante

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ABC DEPGHI J K

*LMNO P Q RSTIJV

Après avoir arrêté ainsi son alphabet télégraphique, M. Morse imagina, pour rendre la manipulation de la clef plus facile, de composer un commutateur alphabétique, dans lequel le nombre et la durée des feimetures et in« terruptions de courant, représentant les différents signaux, pouvaient être immédiatement obtenus sans aucune contention d'esprit, et par la simple friction d'une lame de ressort à travers plusieurs séries de plaques métalliques combinées convenablement. Pour obtenir ce résultat, il suffisait que les plaques correspondant aux fermetures longues du courant fussent plus larges que les autres, et que les espaces séparant ces plaques fussent plus ou moins étendus, suivant qu'ils devaient représenter des espaces larges ou étroits. En incrustant dans ime planche de bois ces différentes combinaisons de plaques, on avait donc un commutateur alphabétique à Tusagedes plus ignorants.

En donnant plus d'extension à cette idée, M. Morse imagina d'entailler de petits morceaux de cuivre de même hauteur, de manière à leur faire représenter les diverses combinaisons qui devaient reproduire la désignation de chaque lettre. Ces entailles formaient, sur chacun de ces caractères, des espèces de dents de scie plus ou moins larges, plus ou moins multipliées, plus ou moins écartées les unes des autres suivant qu'elles devaient fournir un ou plusieurs points, un ou plusieurs traits, un grand ou un petit intervalle de séparation sur Tappareil récepteur. Tous ces caractères pouvaient être ensuite groupés, comme une composition d'imprimerie dans un composteur; et il suffisait ensuite de faire passer, à Taide d'une machine, le composteur sous im ressort en connexion avec le courant, pour opérer mécaniquement toutes les fermetures et interruptions de courant, nécessaires pour transmettre la dépèche.

Enfin dans un autre système, également combiné par M. Morse, le commutateur alphabétique dont nous avons parlé en premier lieu pouvait être disposé sur un cylindre de bois mû par un mouvement d'horlogerie. Alors, des touches à ressort, échelonnées le long du cylindre et portant à leur partie postérieure des galets métalliques, pouvaient, étant abaissées, rencontrer les différentes combinaisons de plaques conductrices voulues et produire les réactions électriques, en rapport avec la disposition de celles-ci.

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Tous ces systèmes et plusieurs autres encore sont longuement décrits^ et avec figures, dans l'ouvrage de M. Yail sur le télégraphe électrique américain, imprimé en i^47; cequi n'a pas empêché plusieurs personnes d'imoginer, dans ces derniers temps, des moyens exactement semblables, et même de se disputer une priorité que ni les uns ni les autres n'étaient en droit de faire valoir. Nous verrons plus tard ceux de ces appareils qui ont fourni les résultats les plus avantageux, toutefois aucun d'eux n'est encore entré jusqu'ici dans la pratique télégraphique.

Téléiprapbe ma§;néto-éleoCriqae de M. Di^jardiiiy de Lille. -^ M. Oijjardin a été un des premiers à s'occuper du télégraphe électrique, et avant qu'on ait pensé, en France, à employer le télégraphe Morse, il avait combiné un système de ce genre qui, non-seulement a pu fonctionner d'une manière satisfaisante en ligne comme l'a prouvé le rapport de M. Leverrier à l'Assemblée législative en 1851, mais qui a pu fournir des signaux sous l'influence seule d'une machine magnéto-électrique, disposée diaprés son système, c'est-à-dire avec les bobineS" placées sur les pôles d'un umant permanent. Gonune la transmission de ces signaux était le résultat de mouvements saccadés imprimés à cette machine, et que les courants induits sont instantanés, il ne pouvait composer ses lettres que par des combinaisons particulières de points, ce qui entraînait un alphabet partie culier et assez compliqué; néanmoins il a pu transmettre par ce système 82 lettres par minute sur un circuit double de la distance de Paris à Lille. C'est, du moins ce qu'indique le rapport de M. Leverrier.

Le récepteur de cet appareil était constitué d'une part par un cylindre mis en mouvement de rotation sur une vis sans fin par un mouvement d'horlogerie) et d'autre part par un second cylindre de très-petit diamètre, placé parallèlement au-dessous de Tautre sans être animé d'aucun mouvement. Une feuille de papier enveloppait ces deux cylindres à la manière d'une courroie, et Pélectro-aimant enregistreur, muni de son style traceur qui était un bec à encre, était placé au bas du système, de manière à ce que le bec vint buter à chaque attraction électro-magnétique contre le petit cylindre normalement à sa surfoee. Il résultait de cette disposition que les traces laissées sur le papier se succédaient comme dans le système Morse ordinaire et de plus, en raison du mouvement de translation du cylindre, elles constituaient dans leur ensemble une ligne en hélice, qui pouvait remplir une grande partie de la surface du papier.

Le transmetteur employé par M. Dujardin était dans l'origine une machine magnéto-électrique du genre de celle que nous avons décrite dans notre tome n p. 21i et il suffisait d'abaisser la poignée mettant en mouve-

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ment I armature un plus ou moins grand nombre de fois pour transmettre telle ou telle lettre. Dans ce cas, Tarmature de l'électro-aimant du récepteur devait être aimantée afin quo. les courants induits de sens contraire qui se produisaient à chaque mouvement, pussent fournir une oscillation unique dans des conditions déterminées. Mais dans un autre système, M. Dujardin a eu recours à un transmetteur automatique dans lequel on composait d'avance la dépèche avec des contacts métalliques découpés, et il sufQsait alors de passer par-dessus tous ces contacts un style mis en rapport avec la ligne pour fournir toutes les émissions de courants nécessaires.

Perfectionnements Bnecesalfs de Pappareil Morse. -* En raison de son adoption par les différents Etats d'Europe et d'Amérique, le télégraphe Morse a été celui de tous les télégraphes qui a le plus exercé la sagacité des mécaniniens et des télégraphistes. Aujourd'hui plus d'une centaine de systèmes perfectionnés ont été mis au jour et l'on n'a plus que l'embarras du choix. Toutefois le système qui a été le plus généralement adopté est celui de MM. Digney que nous décrirons avec détails un peu plus loin. Parmi les dififérents inventeurs qui se sont occupés de cette question, les uns ont eu pour but d'obtenir sans relais la marche de rappareil; ce sont MM. Hipp, Teyler, Achard, etc. Pour cela, ils ont fait en sorte que l'action du style sur la bande de papier fut produite par le mécanisme d'horlogerie destiné à entraîner celle-ci, et alors l'action électro-magnétique se bornait à faire réagir le mouvement d'horlogerie sur le style. Les autres ont voulu obtenir plus de célérité dans les transmissions des dépêches et, pour y parvenir, ils ont disposé l'appareil de manière à obtenir un alphabet moins compliqué ou exigeant des signaux de moindre durée. Ce problème a été résolu de diverses manières, soit en adaptant à l'appareil deux styles écrivants sur deux lignes parallèles comme l'ont fait MM. Wheatstone, Ilégnard, Stœhrer, Gloesener, Renoir, Hipp, soit en n'employant que des points, ou en introduisant dans l'organe traçant un mouvement latcral qui permit d'utiliser comme éléments de signaux les positions différentes des traits à l'égard d'uno ligne horizontale imaginaire, comme cela a été pratiqué par MM. Allan et Garapon. D'autres inventeurs encore ont voulu rendre les traces fournies par le style plus facilement lisibles en les reproduisant à l'encre, au crayon ou par des réactions électro-chimiques. Ce sont MM. Thomas John, Digney, Viney, Cacheleux, Froment, Bain, Dujardin, Gloesener, Siemens, etc. Quelques autres ont cherché à obtenir de la part de ce système télégraphique et avec les courants induits, les traces longues et courtes qu'on obtient avec les courants voltaïques; ce sont MM. Siemens et Varley. in. *

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D'autres encore ont voulu appliquer le système Morse au télégraphe à cadran, comme moyen de contrôle et pour réunir dans un même appareil les deux systèmes télégraphiques; ce sont MM. Tremeschini et Glover. ËnÛQ d'autres ont voulu, pour augmenter la rapidité de la transmission, préparer d'avance les dépêches et les faire transmettre automatiquement par l'appareil lui-môme, avec une vitesse et une régularité que ne pouvait avoir la manipulation d'un employé. Un grand nombre de systèmes de ce genre ont été proposés par MM. Whcatstone, Siemens, Digncy, Renoir, etc., etc.

Dans quelques systèmes, on a voulu aussi remplacer le mouvement d'horlogerie destiné à Tentrainement du papier par un moteur électromagnétique, afin d'obtenir une mise en action automatique de l'appareil, mais ces systèmes sont tellement défectueux, que nous ne les rappelons ici que pour mémoire.

Pour mettre ée Tordre dans la description de tous ces appareils, nous les rangerons en trois grandes catégories, savoir : l^les télégraphes ordinaires à enregistration mécanique; 2<» les télégraphes à transmission automatique; 3* les télégraphes électro-chimiques. Ceux de la première catégorie eux-mêmes ont été répartis en cinq classes, comprenant : l^* les télégraphes ordinaires à un style; 2<> les télégraphes à enregistration méca^ nique; 3» les télégraphes à deux styles; 4» les télégraphes à déclanchement automatique; 5* les télégraphes à manipulateurs mécaniques.

I. — TÉLÉGRAPHES A ENREGISTRATION MÉCANIQUE* i* Télégmpkcs ordinaires à une seule pointe traçante.

Dans les télégraphes Morse construits jusqu'en 1854 en Amérique, en Allemagne et même en France par MM. Laumain et Bricquet, le mécanisme d'horlogerie, le mécanisme entraîneur de la bande de papier et le mécanisme imprimeur étaient confondus ensemble et placés entre les deux platines de l'appareil; de plus, n'étant pas renfermés dans une boîte, ils étaient exposés à la poussière, à l'humidité et à tous les inconvénients qui pouvaient en résulter. M. Mouilleron, ancien contre-maître de la maison Breguet, qui, vers 1853, s'était établi à son compte, fut le premier en France qui construisit d'une manière régulière ces appareils et leur donna la forme que nous voyons aujourd'hui. Il commença d'abord par isoler complètement le mécanisme enregistreur du mouvement d'horlogerie en le plaçant en dehors de Tune des platines de l'appareil, puis il

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forma avec ces platines et des lames de verre dont les bords étaient taillés en biseau et qui pouvaient glisser dans des rainures, une sorte de boite transparente hermétiquement fermée qui renfermait le mécanisme d'horlogerie. 11 imagina aussi le premier la disposition qui permet d'introduire facilement la bande de papier dans le laminoir par le soulèvement facile du rouleau supérieur, et ce fut lui qui disposa le premier cet appareil, de manière à constituer, sans complication, un- système translateur. Cet appareil, admirablement construit, a été longtemps le type le plus perfectionné des télégraphes Morse, et tous les appareils de l'administration télégraphique française jusqu'en 1858, étaient établis sur ce modèle. Toutefois les inconvénients qu'entraînait la lecture difBcile des dépêches reproduites par un gauffrage souvent incomplet de la bande de papier, et la nécessité d'avoir des relais pour obtenir ce gaufirage, fit rechercher s'il n'y aurait pas moyen de substituer à la pointe émoussée des appareils Mouilleron, un style imprimeur à l'encre ou au cmyon« Bien des essais furent tentés pour arriver à ce but. Tantôt on employait à cet effet des becs à encre à ouverture capillaire; tantôt des tire-lignes toujours imprégnés d'encre par un moyen ou par un autre; tantôt des styles ou petits tampons plongeant dans l'encre à leur état normal et venant présenter au papier un point fraîchement imprégné d'encre au moment de leur réaction ; tantôt des becs de pierre ponce imprégnés d'acide sulfurique et réagissant. sur du papier teint au tournesol; tantôt enfin un style d'acier exerçant une action électro-chimique sur du papier préparé au cyanure de potassium; mais tous ces systèmes ont tour à tour été abandotmés, et on en était toujours revenu au système à pointe sèche de Morse.

Quels étaient les obstacles qui s'opposaient au fonctionnement des appa* reils établis d'après ces différents systèmes?... les voici : quand on employait des becs à encre, des tire-lignes, etc., l'encre destinée à les alimenter et qui ne contenait pas à cette époque de glycérine, venant à se sécher ou ii s'épaissir précisément vers leur extrémité traçante, ne pouvait plus couK r et fournir les traces nécessaires à l'impression de la dépèche. Les tampo:;s plongeant dans l'encre éclaboussaient de liquide la bande de papier, et Kis becs de pierre ponce imprégnés d'acide formaient des traces qui, en s'él:ilant, finissaient par se confondre. Eofiii le papier électro-ohimique, quoiq te préparé avec de l'azotate d'ammoniaque, n'était jamais assez hygromètriq-o pour être dans un état d*humidité convenable, surtout par les temps chaud -. L'emploi du crayon fut également tente, et M. Froment, construisit même n i télégraphe dans lequel le problème était résulu d'une manière très^ingénieuse, car il avait fiaût en sortCi que le crayon par le fait mâme de son usure^ pouvn i t

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maintenir toigours sa pointe suffisamment aiguë. Ce résultat était obtenu au moyen d'une roue à rochet dont était muni le porte crayon et qui tournait d'un cran à chaque mouvement de l'armature électro-magnétique. Comme le crayon était couché sur le papier, ^on usure s'effectuait suivant une surface conique, et sa pointe se trouvait de cette manière toujours taillée. Néanmoins ce système était trop délicat pour é!re condé à des employés peu soigneux et il ne pouvait devenir pratique; aussi n'a-t-il pas été plus employé que les autres, et ce ne fut que quand M. Thomas John, inventeur Hongrois, eût conçu sa molette tournante dans l'encre, que Ton pût voir dans un avenir prochain la solution pratique du problème si longtemps cherché. C'est en effet, à partir de cette découverte, c'est-à-dire en 1856, et surtout après que MM. Digney frères, constructeurs français, eurent donné à ce système, en 1857, toutes les conditions de solidité et de stabilité désirables, que les signaux à l'encre commencèrent à se faire voir sur les bandes sortant des appareils Morse. Nous ne parlerons pas du procès important qui ei\t lieu à celte occasion entre MM. Thomas John et Digney; mais, d'après le jugement qui a été rendu, on peut reconnaître une fois de plus qu'il est plus avantageux, à tous les points de vue, de rendre pratique une invention que de la concevoir. Ce qui est certain, c'est que le malheureux inventeur Hongrois a succombé à la peine, et son nom peut être ajouté au nombre déjd si grand de ceux qui composent le martyrologe des inventeurs. Nous avons dit ces quelques mots, non pour abaisser en quoi que ce soit le mérite de MM. Digney, qui par leur invention ont rendu un réel service à la télégraphie, mais pour rendre un juste hommage à la mémoire du malheureux inventeur dont nous avions patroné l'invention dès l'origine et auquel nous avions fait accorder une médaille de platine en 1859, par la Société d'encouragement.

Télén^raphe de M. Thomas Jobn. — Dans le télégraphe de M, Thomas John l'organe traçant est, comme nous l'avons vu, une molette tournant toujours dans l'encre, et présentant par conséquent à l'impression un point fi aîchement imprégné d'encre. Avec cette disposition Ton n'avait plus à craindre les conséquences du séchage et de l'épaississement de l'encre, et l'appareil pouvait fonctionner à des intervalles plus ou moins éloignés sans èire mis en train. De plus, comme l'impression résultait du simple rapprochement de la molette et de la bande de papier, il n'était plus nécesi'aire d'employer de relais. Le double problème était donc ainsi résolu.

Nous représentons fig. 1, pi. II, la disposition de l'appareil de M. Thomas John comme il l'a apporté en France en 1856. Dans ce modèle la molette

TÊLÉGRAPHKS ECRIVANTS. m

imprimante est en M; elle est mobile à rextréraité d'un long levier coudé Mlh sur lequel réagit par Tintermédiaire d'une bielle D et d'une tige articulée AC, Parmature 0 de Télectro-aimant £. Cette molette plonge par sa partie inférieure dans un réservoir fixe R rempli d'encre de chine délayée, et comme elle est reliée pur un système de poulies de rrnvoi PF avec un galet Q qui reçoit son mouvement du glissement de la bande de papier, elle tourne dans l'encre tout le temps que l'appareil fonctionne et présente toujours devant le point 8, où doit se faire l'impression, une partie de sa circonférence fraîchement imprégnée d'encre.

Afin que les traces noires laissées par cette molette sur la bande de papier, pussent être assez courtes et assez nettes, pour former les points qui entrent dans les combinaisons de l'alphabet Morse, la bande de papier, guidée par une gouttière SO qui avance presqu'au contact de la roue traçante, se replie brusquement sur elle-même, et se trouve maintenue dans cette situation par trois galets 1, H, Q, dont l'un Q sert à faire tourner la molette traçante ainsi que nous l'avons dit précédemment. Cette disposition présente un avantage; c'est celui de tenir tendue sur une longueur OL, d'environ 20 centimètres, la bande de papier aussitôt après son impression, ce qui facilite beaucoup la lecture des dépêches.

Si Ton réfléchit maintenant que l'appareil, pour fonctionner, n'a d'autre effet à produire, qtie d'approcher la roue encrée de la bande de papier, rapprochement qui ne nécessite pas une dislance d'attraction plus grande qu'un demi millimètre, on comprendra facilement pourquoi un pareU système n'a pas besoin de relais ni de mécanismes d'horlogerie autres que celui qui fait avancer la bande de papier. J'ai pu, en effet, constater que malgré les mauvaises conditions de résistance de l'électro- aimant de l'appareil qui m'avait été présenté, malgré un temps huniidc et de la pluie, une dépêche a pu être transmise directement et avec 25 éléments Daniel! seulement, à la pile, de Rouen à la gare 8aint-Lazare.

Je n'insisterai pas sur les détails d'exécution de cet appareil qui ont du reste été considérablement simplifiés et modifiés comme nous allons le voir à l'instant. Je dirai seulement, pour compléter ma description,'^ que touies les pièces mobiles de l'appareil étaient munies de vis de rappel pour en régler l'écart et le jeu, pour assurer un frottement suffisant au galet qui met en mouvement les poulies de la molette traçante, enfin pour tendre à un degré convenable la corde qui réunit ces poulies.

Les perfectionnements apportés au télégraphe Morse, par M. Thomas John, ne concernant que l'impression des dépêohes,tous les transmetteurs, ciefs,etc. , déjà en usage, étaien applicables à l'appareil que nous venons de décrire.

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Depuis la présentation de son appareil à la Société d'encouragement, M, Thomas John lui avait donné une autre disposition qu'il regardait comme très-supérieure à celle dont nous venons de parler, et M, Breguet lui-même, qui avait acheté l'invention, en a fait un télégraphe tout à fait pratique que nous représentons fig. 37 ci-dessous, et qui a été employé par certaines administrations télégraphiques.

Dans cette nouvelle disposition la molette traçante est en m; elle est adaptée à Textrémité du levier / qui porte Tarmature A de Télectro-aimant E et reçoit son mouvement d'une petite roue montée sur le môme axe qu'elle et qui engrène avec une autre roue de plus grand diamètre adaptée au rouleau R. Gomme ce rouleau est mis en mouvementé la suite du déroulement du papier par le laminoir N N', la molette m tourne par la même occasion, et un tampon encreur t disposé comme ceux de la roue des types

Fig. 37.

des télégraphes imprimeurs, en appuyant sur la circonférence de la molette, fournit Tencrage qui lui est nécessaire. L'écart de cette molette de la bande de papier se règle d'ailleurs à l'aide des deux vis butoii*s pp' entre lesquelles oscille le levier de l'armature, et le contact anguleux nécessaire à la netteté des impressions est fourni par un appendice i placé devant la bande de papier en face du rouleau R. La vis B sert à régler la force antagoniste, le levier H à déclancher le mouvement d'horlogerie, le levier Q à relever le

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rouleau supérieur du laminoir, et la vis k en appuyant sur un ressort serr . convenablement l'un contre Taulre les deux rouleaux de ce laminoir. Télégraphe de MAI. Digney et Beaudoin. — Le but que

s'était proposé M. Thomas John dans le perfectionnement important qu'il avait apporté à l'appareil Morse, était de placer l'organe traçant des télégraphes ordinaires dans les meilleures conditions po£sible^, et, pour obtenir ce résultat, il avait été conduit, comme on Ta vu. à adapter aux pièces mobiles de ces sortes d'appareils un système mécanique, sans doute très-ingénieux, mais un peu compliqué, qui était la conséqtience forcée de la nécessité dans laquelle il se trouvait de faire tourner une roue soumise à un mouvement de va et vient. Naturellement cette complication devait en« traîner un accroissement de résistance et, par suite, enlevait à l'appareil un peu de sa sensibilité. D'un autie côté une roue mobile dans l'encre n'était pas complètement exempte des inconvénients qui avaient fait échouer les divers essais tentés jusque-là; nous avons même vu que M. Breguet avait été lui-même obligé de renoncer à l'encrier et de le remplacer par un tampon encreur.

Malgré les résultats avantageux qu'avait fournis cet appareil, on pouvait donc désirer encore quelques nouveaux perfectioimements, qui le rendis- Eent plus simple dans sa construction, moins délicat dans sa manœuvre et plus sAr dans ses effets. Or ces conditions se sont trouvées réalisées dans l'appareil de MM. Digney et Beaudoin qui a suivi de quelques mois seulement celui de M. Thomas John.

MM. Digney et Be «udoin, ayant considéré les difficultés que présentait la rotation d'une roue à encre mobile à l'extrémité d'un levier oscillant, telle qu'elle était du reste spéciilée duns le brevet de M. Morse, crurent qu'il était plus simple de renverser les données du problème accepté jusque-là et d'affranchir celte roue de tout mouvement oscillatoire en la faisant tourner sur un axe fixe et en faisant en sorte que ce fut la bande de papier qui s'approchât d'elle. Cette idée, une fois acceptée, sa réalisation devenait extrêmement simple, puisque le problème se trouvait ramené à celui des télégraphes imprimeurs. Il suffisait donc : l"" de placer la roue traçante de manière qu'elle reçut directement son mouvement du mécanisme d'horlogene appelé à faire marcher la bande de papier; 2<» de faire frotter contre cette roue un rouleau imprégné d'encre grasse; 3° de terminer le levier mis en mouvement par Télectro-aimant par un couteau placé exactement audessous de ia roue encrée; 4° do faire passer a»i- lessus de ce couteau la bande de papier destinée à recevoir l'impression de la dépêche. Avec un pareil système, en effet, chaque mouvement provoqué par rélectro*aimant

404 TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

avait pour efifet d'approcher le papier de la molette encrée, et comme le corps

Fig. 38.

Fig. 39.

dur qui appuyait ainsi le papier contre cette roue était taillé en couteau»

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

Fig. 40.

c'e8t*à-dire présentait un angle aigu, un point seulement pouvait être imprimé pour un mouvement rapide accompli par Tarmature de Télectroaimant, tandis qu'un long trait était la conséquence d'une attraction pro« longée de cette môme armature. Le problème se trouvait donc complètement résolu, et cela de la manière la plus simple, puisque les pièces mécaniques nécessitées pour cette opération n'étaient pas en plus grand nombre et plus compliquées que dans les télégraphes Morse perfectionnés. Aussi Tadministratioa des télégraphes a-t-elle immédiatement adopté cette disposition, et c'est ainsi que sont établis les Lclù^aphes Morse aujourd'hui en usage en France. En raison de son importance, nous allons étudier cet appareil dans tous les détails de sa construetion et avec tous ses perfectionnements récents, qui sont nombreux comme on pourra en juger.

Rccepltur. — Les fig. dS et 39 ei-contre représentent le plan et Télévatiou du récepteur de cet apparoil. Il se compose, comme on le voit : l*" d'une boîte rectangulaire en bronze S 8 dans laquelle est renfermé le mécanisme d'horlogerie destiné à l'entraînement du papier; 2« d'un système imprimeur et encreur placé sur le côté de la boîte S 8 et complètement en dehors du mécanisme d'horlogerie; S^* d'un électro-aimant B également placé en dehors du mécanisme d'horbgerie; 4® d'un rouleau à papier G.

Mécanisme d*horlogerie. -— Ce mécanisme est composé de cinq mobiles, d'un baiillet R muni d*un très fort ressort que l'on remonte à l'aide d'une clef par le trou d (fig. 38 et 39), de quatre roues engrenant l'une dans l'autre au moyen de pignons, et d'un volant vertical à ailettes que nous représentons vu de face (fîg. 40). Ce volant est mis en mouvement au moyen d'une vis sans fia. Il se compose essentiellement de deux disques munis de contrepoids a a' et articulés à une pièce b b' qui est mo bile le long de l'axe du volant mais qui est maintenue re poussée vers le haut par un ressort à boudin. Deux lames de ressort /, /*, adaptées à cette pièce et appuyant sur les ailettes par l'intermédiaire de deux goupilles, tendent à maintenir abaissées ces deux ailettes; mais quand le volant tourne, ces lames cèdent bientôt à la force centrifuge qui anime les ailettes, et celles-ci, en s'écartant les font infléchir. Pour une force médiocre telle que celle que possède le ressort du barillet vers la fin de sa détente, ce système régulateur pourrait

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avoir ainsi sa marche suffisamment réglée, mais pour une force plus grande récart des ailettes ne pourrait plus être limité, si la pièce b, en s'abaissant 60U6 rinfluence de la même action, ne refoulait pas le ressort à boudin qui la sollicite et ne rendait pas l'action des ressorts 1 1' plus énergique. Ainsi, par le fait, ce système de volant a sa marche tempérée par un double régulateur à force centrifuge. Comme le volant en question constitue le dernier mobile du mécanisme d'horlogerie, c'est sut son axe que se trouve placée la cheville de détente de l'appareil que Ton aperçoit du reste en c\ et que Ton dégnge à l'aide du levier articulé J (âg. 38 et 39).

Dans une disfiosition récente, MM. Digney ont pu à l'aide d'un bouton mobile sur l'axe du volant modifier considérablement la vitesse du mécanisme, au point de lui faire débiter, en plus ou en moins, une longueur de 50 centimètres de la bande de papier en une minute. Pour obtenir ce résultat la pièce bb' (flg. 40) sur laquelle sont articulées les deux ailettes et qui sert de support aux deux ressorts' ^, l,\ porte à ses deux extrémités deux leviers circulaires qui appuyent sur les ressorts /, V, Les extrémités supérieures de ces leviers sont soutenues par un écrou conique E qui se visse sur la pièce h b\ et cet écrou étant plus ou moins serré tend par sa surface conique à presser plus ou moins les ressorts /, V, Or cet écrou peut être aisément serré ou desserré à la main puisqu'il occupe la partie supé^ rieure de la pièce.

Mécanisme entraîneur de la bande de papier. — C'est sur Taxe d'un petit pignon engrenant avec la troisième roue du mécanisme précédent que se trouve adapté le cylindre mobile P (fig. 38) du laminoir qui doit provoquer l'entraînement de la bande de papier. L'autre cylindre q est adapté à l'extrémité d'une bascule qq sur Taxe de laquelle se trouve fixé un fort ressort. Une vis Z appuyant sur ce ressort permet de régler la pression que le cylmdre q doit exercer sur le cylindre P, pour que l'entraînement de la bande de papier soit assuré d*une manière régulière. Pour qu'on puisse facilement introduire la bande de papier entre les deux cylindres ^ et P du laminoir, un levier Q Q', articulé en Q' et muni d'un manche Q, se trouve placé sous la bascule du cylindre q et peut soulever cette bascule au moyen d'une portée, lorsqu'on repousse vers la gauche le levier Q Q'. La bande de papier en provision sur le rouleau 6, après avoir été introduite entre les deux cylindres q et P, est ensuite placée derrière un guide à poulie i afin qu'elle se présente horizontalement devant le mécanisme imprimeur, et elle glisse sur un support horizontal e atiu que l'employé, en lu tirant de haut en bas vers la gauche, puisse facilement lire les signaux qu'elle porte.

La roue G, sur laquelle est enroulée la bande de papier en provision, se

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compose de deux joues circulaires adaptées à un axe de gros diamètre au moyen d*un pas de vis. Quand on veut placer le papier, on dévisse une de ces joues et on introduit sur l'axe, mis à découvert, le rouleau de papier qui a un trou ménagé en conséquence; on revisse ensuite cette joue, et l'appareil se trouve ainsi en état de fonctionner.

Mécanisme imprimeur. — Ce mécanisme se compose essentiellement d^une molette tournante a, adaptée sur Vaxe d'un pignon engrenant avec la roue du troisième mobile et sur laquelle appuie un rouleau en flanelle t imprégné d*encre oléique. La bande de papier passe au-dessous de cette molette, et une lame de ressort v, adaptée au levier 0 Y de l'électro-aimantf peut, au moment des attractions provoquées par celui-ci, approcher et serrer la bande de papier contre la molette, qui laisse alors forcément une trace sur le papier. Cette trace, on le comprend aisément, est d'autant plus longue que Tattraction de l'électro-aimant a duré plus longtemps, puisque la bande de papier se trouve entraînée d'un mouvement uniforme; par conséquent, en variant la durée des attractions, on peut obtenir les traits et les points nécessaires à la composition des lettres de l'alphabet Morse. Pour que ces traces soient nettement arrêtées, le ressort v se recourbe un peu sous la molette, de manière à fournir un angle aigii devant le point où doit s'effectuer la pression du papier.

Comme la pression qui doit être exercée par le ressort v (auquel on a donné le nom de couteau) doit être réglée aûn de ne pas présenter de résissistance inutile au mécanisme entraîneur de la bande de papier et à l'action de l'électro-aimant, une vis de rappel v a été adaptée au levier 0 Y de rélectro-aimant, dans le voisinage du point où le ressort i; s'y trouve fixé. Cette vis traverse le levier, et, en appuyant plus ou moins sur le ressort^ réloigne ou le rapproche de la molette a.

Le tampon encreur a reçu de MM. Digney dans ces derniers temps (1872) un perfectioimement important dont la nécessité avait été révélée par la pratique. On avait constaté que souvent ce tampon ne tournait pas et que la partie toujours en contact avec la roue des types, non-seulement finissait par 8*user assez promptement, mais encore se trouvait le plus souvent dépourvue d'encre, alors que les parties latérales en étaient amplement fournies. Il fallait en conséquence arroser fréquemment d'encre le tampon et même le changer assez souvent. Pour éviter cet inconvénient, MM. Digney ont adapté à leur mécanisme d'horlogerie un nouveau mobile s*engrenant avec la deuxième roue et ayant pour effet, au moyen d'un dispositif représenté fig* 4i> P* <08, de communiquer à l'axe portant le tampon ua mouvement de va et vient tel que les différentes parties de celui-ci fussent forcées de

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86 présenter successivement au-dessus de la molette traçante. Pour obte* nir ce résultat. Taxe A, sur lequel est articulé le support du tampon T, porte au dedans des platines de Tappareil une pièce G maintenue par un guide et se termine par deux chevilles t\ t;' entre lesquelles se meut un disque à surfaces gauches b b' monté sur Taxe du nouveau mobile B. Ce disque est disposé de manière que pour chaque demi révolution qu'il accomplit, ses surfaces se trouvent inclinées dans un sens différent et d'une quantité suffisante pour correspondre à la largeur du tampon. Comme le passage d'une position à l'autre est successif, puisque l'inclinaison des sur^es joue par rapport aux chevilles v, v\ le rôle de coins qu'on enfonce successivement, ces

Fig. 41.

chevilles se déplacent horizontalement, entraînant avec elles l'axe A et le tampon T, jusqu'à ce que Tinchnaison du disque, ayant changé de ssns, provoque un mouvement en sens contraire et par suite un mouvement rétrograde du tampon. Il y a donc ainsi un mouvement de va et vient continu produit par le seul fait d'un mouvement circulaire parallèle et sans l'intermédiaire de bielles ni d'excentriques. Les deux positions extrêmes des surfaces latérales du disque bb' sont indiquées sur la figure, l'une en bb\ Tautre dans une annexe à droite de la figure, et leur action se comprend aisément. Quant au mécanisme destiné à faire tourner le tampon il est des plus simples, car ce tampon porte latéralement une roue R dont les dents larges et pointues peuvent rencontrer quatre broches ccc fixées sur la molette M; et comme celle-ci est forcée de tourner sous l'influence du mécanisme d'horlogerie, il faut bien que le tampon entre en mouvement quand bien même il n'appaierait pas suffisamment sur la molette.

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Le tampon encreur peut du reste être remplacé fiacilement par un autre, et à cet effet, on a adapté à rextrémité de Taxe creux qui le supporte, une espèce de petit verrou qui vient s'enclancher dans une entaille pratiquée sur le pivot servant d articulation à cet axe. Un pas de vis adapté à l'axe creux lui-même permet d'ailleurs de changer les points d'application de la surface du rouleau sur la molette quand l'appareil ne possède pas le dispositif précédent. M. Siemens a voulu rendre ce système plus complet en remplaçant le tampon en question par un tampon de flanelle formant le bouchon d'une bouteille d*encre renversée, comme on le voit flg. 42. Ce bouchon est toujours imprégné d'un excès d'encre par capillarité et le communique à la molette. Nous croyons toutefois ce mode de communiquer l'encre moins sûr que celui de MM. Digney, car le frottement produit doit, par suite de la rotation, essuyer une partie de fencre déposée.

Système électro-magnétique. — Le système électro-magnétique de l'appareil Digney se compose d'un électro-aimant à deux bobines, dont Tarmature cylindrique V (fig. 38) est portée par le levier O Y, qiif oscille par son extrémité libre entre deux vis butoirs m,n, adaptées à une colonne ÏP\ Cette colonne est séparée er* tieux tronçons par une bague d*ivoire y qui isole Tune de Tautre les deux vis, afin de constituer avec le levier 0 Y, un système de relais connu sous le nom de translateur, et dont nous verrons plus tard Tusage. En conséquence, ces vis fournissent des contacts électriques tout en limitant le jeu du levier O Y et de l'armature de i'électro-aimant; le ressort antagoniste est d'ailleurs placé en E, et se manœuvre à l'aide de la vis F.

Dans l'origine, MM. Digney avaient substitué aux pivots qui terminent Taxe d'oscillation du levier OY des couteaux de balance afin de rendre moindres les effets du frottement; mais le défaut de fixité de pièces ainsi montées a déterminé ces constructeurs à revenir aux pivots, et nième à recouvrir les trous de ces pivots d'une rondelle métallique, afin que les employés ne puissent y toucher et pour les maintenir toujours convenablement huilés. Il en a été de même poiu* les autres trous de pivots, et c'est ce qui explique Futilité des rondelles que nous avons figurées sur notre dessin.

Mécanismes accessoires. •— Nous verrons plus tard que dans la plupart des bureaux télégraphiques oix les employés doivent se trouver constamment à leur poste, l'appel ne se fait que par les battements du levier

m TÉL^GBAPHES ÉCRIVANTS.

d« I armature de rélectro-aîmant contre le contact du relais. Il était donc important) avec ce. système d'appel, que ces battements pussent produire le plus de bruit possible. Or, comme avec le système simple de Digney les coups, résultant de ces battements, se trouvent considérablement amortis par la résistance du couteau imprimeur contre la molette, il était important, dans ce but aussi bien que dans celui d'assurer de bons contacts pour la translation, de modifier un peu le système imprimeur, et le moyen qui s'est présenté naturellement à Tesprit a été d'éloigner, après chaque transmission, le couteau de la molette imprimante à Taide de la vis v\ Ce moyen, d'ailleurs, n'avait aucun inconvénient puisque quand les appareils ne transmettent plus, il est inutile que le couteau vienne appuyer contre cette molette.

Au premier abord, la solution du problème paraît simple, et Ton pourrait croire qu'il suffirait, pour l'obtenir, de serrer la vis régulatrice du couteau de manière à éloigner celui-ci de la molette, car alors une seconde vis butoir pourrait servir de repère pour rétablir le couteau dans sa position primitive. Cette manière de résoudre la question avait même été proposée par M. Sortais; mais il est facile de voir que ce moyen exige du soin, et ne peut être appliqué pendant le temps que Téiectro^aimant fonctionne; il entraîne donc une perte de temps et n'est même pas d'une disposition commode pour les employés. Le problème est plus complexe; car il arrive souvent, dans les transmissions télégraphiques, que tous les avis envoyés n'ont pas besoin d'être imprimés, et si, pour passer d'un simple avis à l'impression d'une dépêche, qui peut suivre immédiatement, il fallait arrêter le jeu de l'armature de l'électro-aimant et régler la vis dont nous avons parlé, non-seulement on perdrait beaucoup de temps, mais on s'exposerait ^encore à couper la dépèche et à nécessiter sa répétition. Le même défaut peut être reproché au système proposé par MM. Digney, qui consistait à articuler sur le levier OY la lame du couteau imprimeur et à l'enclancher dans deux positions différentes au moyen de deux cames appuyant contre un ressort à la manière des lames de canif. En écartant la lame de la molette imprimante, on rendait, il est vrai, le levier portant l'armature de l'électro-aimant parfaitement libre dans ses mouvements, mais l'inconvénient signalé précédemment n'en aurait pas moins existé. Le problème a été résolu d'une manière préférable dans les ateliers de l'administration des lignes télégraphiques, au moyen d'une disposition que nous représentons fîg. 43 et qui a pour effet de relever la molette imprimante I, en soulevant verticalement^ au moyen d'une excentrique EF, une partie de la platine de

TÉU66RAPHES ÉCRIVANTS. lH

l'appareil sur laquelle sont montées les diflFérentes pièces qui sont en rapport avec elle. Pour obtenir cet effet, cette partie de la platine C A glisse dans une double rainnre à bi-eau, et se trouve sollicitée en sens contraire de raclion do l'excentrique au moyen d'un fort ressort L'excentrique EF étant pourvue d'un manche 0, il est aussi facde à l'employé de disposer son appareil pour l'impression ou la translation que de soulever un des rouleaux du laminoir de la bande de papier ou de déclancher le mouvement de son appareil. Cette disposition est maintenant adaptée aux télégraphes à molette de Tadministration, qui doivent fonctionner en translation.

Communications électriques de ^appareil. — Dans les récepteurs simples Fig. 43. de MM. Digney, comme du reste dans tous les

récepteurs Morse employés dans les administrations télégraphiques, il existe cinq bornes d'attache marquées M,I,P,T,L. La première de ces bornes M communique au massif de rappareil, c'est-à-dire, à la masse métallique; la seconde I correspond à la pièce isolée T, fig. 38 et 39, c'est-à-dire au contact du repos, Jl^s et doit être reliée au bouton L d'un seond appareil ainsi qu'à un commutateur, quand l'appareil est monté en translation. La troisième borne F correspond à la partie F de la colonne r P', c'est-à-dire au contact de translation qui est constitué par la vis n; elle doit être d'ailleurs reliée au pôle positif de la pile de ligne. Ces trois bornes ne sont utilisées que pour la translation. Dans une transmission ordinaire la borne T qui est en rapport avec la terre et la borne L qui est en rapport avec la ligne par l'intermédiaire du transmetteur suffisent, car ces deux bornes aboutissent aux deux extrémités b et b' du fil de Télectro* aimant. Dans les appareils à relais l'une de ces bornes L correspond à la manette du commutateur qui établit ainsi la communication entre la ligne et l'un ou l'autre des deux électro-aimants, et Tautre borne leur correspond directement.

Transmetteur. — Le transmetteur de l'appareil Morse, désigné vulgairement sous le nom de clefn'dL rien de particulier dans le système Digney. C'est, comme on le voit, fig. 44, un levier basculant lE, muni, à Tune de ses extrémités, d'un manche aplati F, et qui, à l'état de repos, appuie par l'intermédiaire d'une vis M (et sous Taction d'un ressort à) sur un contact métallique D. Un appendice métallique R, rencontrant un second

U2 TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

contact P quand on abaisse la bascule, établit les fermetures et ouvertures de courant destinées à réagir sur Tappareil du poste de réception.

La ligne télégraphique communique au support sur lequel pivote le Jevier 1 E, et les deux contacts dont nous avons parlé sont en relation, Tun P avec le pôle positif de la pile de ligne, l'autre D avec le récepteur ihi poste, afin de mettre cet appareil en état de recevoir les dépêches quand la clef est au repos.

Fig. 44.

Nous devrons maintenant dire quelques mots des différentes modifications que MM. Digney ont di\ apporter à leurs modèles pour satisfaire aux demandes de plusieurs administrations télégraphiques étrangères.

Ces modifications se rapportent principalement au système électromagnétique et à certaines dispositions accessoires pour la commodité de la manœuvre.

Quant au système électro-magnétique, tantôt il se compose d*un électroaimant à quatre bobines et à quatre armatures rayonnant autour d'un axe commun auquel est adapté le levier imprimeur; tantôt il est muni d'un électro-aimant ordinaire dont l'armature, est constituée par un petit électro-aimant; tantôt les électro-aimants sont munis de deux hélices qu'on peut disposer en quantité ou en tension, de manière à en faire soit une seule et même hélice de grande résistance, ayant un nombre de spires double de celui de l'hélice simple, soit une hélice d'un nombre de spires moitié moins grand et d'une résistance moindre, soit une hélice double dont les courants marchant en sens contraire laissent inerte, dans certaines conditions, réleclro-aimant. Cette dernière disposition peut servir dans beaucoup de cas, notamment pour les transmissions simultanées à travers un môme fil télégraphique, comme on le verra plus tard.

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS* il3

Pour les dispositions accessoires dont nous avons parié, elles peuvent être regardées comme de véritables perfectionnements de détails qui devront figurer un jour dans le modèle de l'administration française, car elles n'entratnent aucune complication et peuvent avoir leur utilité suivant les cas où se trouve placé l'appareil.

Le premier de ces perfectionnements, réclamé par la Suède et le Dane* mark a eu pour eflfet de foire disposer le barillet de manière à pouvoir être remplacé facilement par les employés eux-mêmes quand le ressort vient à se casser. En conséquence, les appareils se trouvent accompagnés d'un barillet de rechange disposé à cet effet.

Le sei'ond perfectionnement, demandé par la Hollande, concerne l'armature de rélectro^mant qu'on désirait pouvoir approcher plus ou moins des p^es de celui-ci sans toucher aux vis de réglage de la translation et de l'impression.

Le troisième perfectionnement se rapporte au tendeur du ressort antagoniste, n a été réclamé pour les postes n'ayant qu'un seul appareil pour desservir plusieurs lignes d'inégale résistance; dans ce cas il importe que la tension du ressort soit effectuée rapidement, et avec le tendeur rapide de MM. Digney, on peut avec un seul tour de vis obtenir le maximum de tension.

Le quatrième perfectionnement concernant l'imbibition du tampon a été réclamé pour le service des postes dont les appareils fonctionnent jour et nuit; il a eu pour conséquence de Caire établir au-dessus du tampon encreur une sorte d'encrier pompe sur lequel il suffit d'appuyer le doigt pour fournir une imbibition complète du tampon sans que la transmission en soit pour cela arrêtée.

Nous ne parions pas du bouton de réglage du volant du mécanisme d'horlogerie, ni du mécanisme pour le déplacement continu du tampon sur la molette, car nous avons déjà indiqué ces deux perfectionnements qui fon maintenant partie essentielle de TappareiL

La ûg. 2, pi. II, représente la première disposition que MM. Digney ont donnée à leur appareil. £lie ne diffère de celle qui est employée aujour* d'hui que par la disposition des contacts pour la translation et la forme du levier de l'armature.

Téléippi^plie de M. Slentems. — M. Siemens appréciant toute i'importanoe du système Digney, ne tarda pas à traiter avec la maison Digney et 0\ pour exploiter conjointement avec elle ce système télégraphique, et^comme il le destinait principalement aux hgnes sous-marines, il disposa les appareils de manière à fonctionner sous l'influence de courants renversés et par l'intermédiaire de son él^olro-aimaat à armature polari^ que m $

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

Fig. 45.

nous avons décrit tome II, page 87. Cette substitution de Torgane électromagnétique entraîna une modification dans la disposition de l'appareil qui prit alors la forme que nous représentons fig. 45; mais quoique cstte forme soit assez différente de celle du récepteur Digney, il est fiusile d'y retrouver

les organes principaux, et dans la fig. 45, il n'y a ensommede changé que la partie de droite qui représente le système électro-magnétique vu par la partie supérieure.

Les bobines de Télectroaimantsont donc placées à rintérieur de la boîte renfermant le mécanisme d'horlogerie et qui est toute en cuivre.

Gonune l'électro-aimant Siemens peut fonctionner sous l'influence de courants simples ou de courantsrenversés, cette disposition peut être appliquée aux lignes aériennes comme aux lignes sous^narinesyseulement dans ce dernier cas, l'appareil contient un mécanisme pour le déclanchement automatique de l'appareil, mécanismedontnous parlerons plus tard« Le manipulateur lui-même pour son application à la télégraphie sousmarine, a dû avoir aussi une disposition particulière que nous r^résentons fig. 46, et que nous décrirons avec détails au chapitre de la télégraphie sous-manne.

A l'Exposition de 1867, M. Siemens avait fait figurer parmi les différents appareils envoyés par lui, une clef Morse agissant mécaniquement sur une pièce oscillante qui plongeait des appendices métalliques dans deux godets pleins de mercure : deux de ces godets étaient affectés à la liaison de la ligne avec le récepteur du poste expéditeur, les deux autres fournissaient les fermetures de circuit. Je n'ai pu savoir dans quel cas M. Siemens employait ce genre de manipulateur.

Fig. 46.

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS. litt

Systèmes dlTers de téléf^raplies ii eiipfliaax enerés. — La

molette imprimante ayant été brevetée, soit dans le système Thomas John, soit dans le système Digney, les anciens constructeurs qui se trouvaient, par suite de cette découverte, dépossédés de leur privilège de fourniture aux différentes administrations télégraphiques, cherchèrent pendant quelque temps à lutter, soit en perfectionnant les procédés anciens, soit en prenant des systèmes intermédiaires. Bs construisirent de cette manière des appareils dont plusieurs fonctionnèrent très-bien, mais comme ils étaient ton* jours plus compliqués que les appareils si simples de Digney, ils ne furent guère employés; de sorte que par le fait, MM. Digney purent avoir tout le temps de leur brevet, le monopole des télégraphes Morse à signaux encrés. Quoique nous ne puissions pas considérer les appareils dont nous venons de parler comme un progrès réalisé, quelques-uns présentent des dispost* tioiis tellement ingénieuses que nous croyons devoir en dire quelques mots.

Syslème à lire-ligne de MM. Cacheleux et Mouilleron. — Nous cornmenceroDs par l'appareil à tire-ligne de M. Gacheleux, auquel M. Mouilleron avait donné la forme que nous représentons iig. 7, pi. II. Il présente à peu près la même disposition mécanique que les télégraphes Morse de M. Mouilleron, seulement à la place du style qui, dans ces derniers, est fixé sur le prolongement du levier A B de Tarmature, se trouve adapté le mécanisme écrivant G O £ qui se compose : l"* d'un tire-ligne G D ayant une forme particulière que Texpérience avait indiquée ; 2» d'une fourchette E F composée d'une lame de ressort et d'une tige rigide, et qui est fixée sur le levier A B; S"" d'un contre-poids P dont la position est voisine du point d'équilibre instable; 4<^ d'un encrier pompe M dans le réservoir N duquel pbnge le tire-ligne.

Le jeu de cet appareil s'effectue de la manière suivante. A Tétat normal^ le tire-ligne G D plonge entièrement dans Tencre du rései-voir N, et cette encre, au moyen de la tète de vis X de Tencrier, peut toi^ours atteindre un niveau constant; mais aussitôt que Télectro-aimant réagit sur le levier A B, la fourchette E F appuie sur la queue du Ure-ligne, le contre- poids incliné favorise cette action, et la pointe du tire-ligne imprégnée d'encre rencontre la bande de papier, qui se déroule devant le cylindre V du laminoir qui Tentraine. Gomme la pression exercée sur le tire-ligne résulte de l'effet d'un ressort, on n'a pas à craindre dç déchirures de la bande de papier, et l'impression se trouve faite d'une manière suffisamment nette.

Le timbre qu'on remarque à la droite de la figure a été adapté pour la réception au son, quand l'appareil doit agir comme parleur.

Système de Jf. Hermann. — A côté du télégraphe à tire-ligoede MM, Ca-

TÉLË6RAPHBS ÉCRIVANTS.

cheleux et Mouiileron, nous devrons ranger le télégraphe à tube capillaire de M. Hermann, de Lisbonne, qui a figuré à TExposition universelle de 1867 (1), et dont les marques se produisent au moyen d'un tube capillaire adapté sous un encrier. Ce système présente un dispositif ingénieux qui évite quelques-uns des inconvénients reprochés à ce genre d'appareils. Ce dispositif consiste dans une solidarité de mouvement établie entre Tencrler à tube et le levier de détente du mécanisme d'horlogerie. £n temps ordinaire, cet encrier est élevé au-dessus de la bande de papier, et de cette manière Tencre ne s*étale pas sur cette dernière, soit par imbibition, soit par endosmose; mais aussitôt qu'on déclanche l'appareil pour recevoir la dépêche, Tencrier et le tube prennent la place qu'ils doivent avoir, et les marques se produisent par le rapprochement du papier comme dans le système Digney.

Système de MM. Vinay et Gamsin. — A la molette traçante qu'ils ne pouvaient pas employer, ces constructeurs ont eu l'idée de substituer une chaîne sans fin enroulée sur deux pouhes, et, nous devons le dire, ce système a produit de bons résultats; mais comme il était une contreîauçoa déguisée du système Digney il n'a guère été employé. Nous le représentons fig. 47 ci-dessous, A et B sont deux poulies d'égal diamètre sur les- „. ,^ quelles est enroulée la chaîne

sans fin que vient sans cesse imprégner d'encre un rouleau encreur R. La pouUe B est montée sur ime pièce qui oscille autour d'un pivot G et qui étant repoussée par un ressort I, tient toujours la chaîne convenablement tendue. Un levier D E articulé en E porte en D une cheville sur laquelle vient passer la bande de papier et se trouve maintenu dans une position convenable par rapport à la chaîne, à l'aide d'un butoir et d'un ressort G appuyant sur une came excentrique E. Deux poulies au-

(1) Voir la description et les dessins de cet apparetl dans les Annalei télégraphiques tome 3, page 92.

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS. 117

dessous desquelles circule la bande de papier, maintiennent celle-ci repliée sur la cheville D; enfin le levier Imprimeur L est terminé par une cheville H qui, en appuyant sur la chaîne la met en contact avec la bande de papier et lui foit produire Tim pression.

Une idée analogue avait, du reste, été émise quelque temps avant par MM. Pradines et Tondeur qui avaient imaginé d'enrouler sur le rouleau moteur de la bande de papier dans les appareils ordinaires, un ruban de toile fine passant sur un second rouleau et formant chaîne sans fin, à la manière des courroies d'engrenage. Ce ruban était recouvert d'une encre d'imprimerie épaisse jusqu'à la consistance du savon et qui pouvait aisément être renouvelée. En raison de sa consistance cette encre, bien que pressée contre la bande de papier destinée à recevoir la dépèche, ne laissait pas d'empreintes sur le papier, mais lorsque le stile du télégraphe tendait à opérer le gaufrage de ce papier, l'encre s'attachait aux traces produites absolument comme dans les tracés pantographiques à pointe sèche.

Dans un appareil qu'il a exposé en 1867, M. Yinay a employé comme organe encreur un système composé de deux molettes dont une, celle destinée aux impressions est &xe, et l'autre qui est de grand diamètre et qui plonge dans un encrier^ tourne tangentiellenient à la première pour lui four* nir Tencre. On a prétendu que cet appareil fonctionnait bien et qu'il avait l'avantage d'éviter les inconvénients résultant du renouvellement de Tencre sur les rouleaux dans les systèmes ordinaires.

Système de MM, Rault et Chassan. — L'une des plus importantes solutions qui aient été données du problème de l'encrage des signaux Morse depuis la molette de Thomas John, est bien certainement celle qu'ont présentée l'année dernière MM. Rault et Ghassan et qui a été remar* quée à l'Exposition de Vienne de 1873. Avec ce système c*est l'encrier qui sert lui-même d'organe encreur, et l'encrage se fait à la manière d'une molette ou d'an tire-ligne. La fig. 48, p. 118, représente Tensemble de l'appareil, et la fig. 49 montre le dispositif du système encreur qui est placé au-dessus de la cage de l'appareil, ainsi que le système entraîneur de la bande de papier et le levier imprimeur, comme on le voit sur la fig. 48. Cette disposition est plus commode dans la pratique et permet de réduire les dimensions et le prix de Tappareil.

Le système encreur de MM. Rault et Ghassan se compose de deux réservoirs cylindriques A et B fig. 49, placés dans le prolongement Tun de Tautre et disposés de manière à ne laisser entre eux qu'un intervalle assez étroit pour qu'un liquide introduit entre les diaphragmes qui les terminent se trouve maintenu par l'action capillaire à la manière de l'encre dans un tir»»

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

ligne. L'un de ces réservoirs cylindriques A est fixe et muni d'une ouverture 0 par laquelle on introduit Tencre. L'autre B est mobile sous l'influence du mécanisme qui entraîne le papier, et les deux diaphragmes qui les terminent sont percés de trous pour permettre à Tencre de circuler d'un réservoir dans l'autre, tout en remplissant l'espace compris entre eux,

Fig. 48.

^S? -->,.-. Ai^f,',

lequel espace est calculé de façon quHl ne passe que la quanlilé de liquide nécessaire pour l'encrage.

Pour obtenir des traces parfiaitement nettes, les deux diaphragmes dont nous venons de parler dépassent la surface cylindrique des réservoirs et forment deux lèvres a, b qui pourraient constituer un tire-ligne circulaire si elles étaient semblables, comme du reste MM. Rault et Ghassan les avaient disposées dans l'origine, mais qui, par suite de l'excentricité donnée à l'une d'elles a, celle du réservoir fixe, constituent un système encreur dans lequel la lèvre mobile b réagit à la manière d'une molette encrée. En efiet, au moment où la partie découverte de cette lèvre mobile vient à s'approcher de la partie excentrique de la lèvre fixe, l'encre vient s'étaler à sa su^ face, et, quand elle a accompli sa révolution, c'est-à-dire quand elle se trouve en face de la bande de papier, elle présente à celle-ci une partie fraîche-

TtUtoRAPHBS fiCaUVANTS;

il9

méat imprégnée d'encre, et cela d'autant mieux que les parties desséchées ou épaissies de ce liquide se trouvent broyées entre les deux diaphragmes par le (ait de la rotation de Tim d'eux. De plus, pour éviter les bavochures et forcer le bord extérieur de la lèvre tournante à partager Tencrage, une sorte de firotteur G, appuie au-dessus des deux lèvres et les emboîte sur la moitié de leur circonférence. Grâce à ce dispositif, on obtient des traces très-nettes. Les impressions s'effectuent d'ailleurs comme dans le système Digney , par l'intermédiaire d'une lame de ressort recourbée vers son extrémité -, .^ et dont la tension n'a besoin

que d'être réglée une fois pour toutes, grâce àun dispositif dont nous allons parler à l'instant*

Quant au système entraîneur de la bande de papier, il se compose d'un laminoir comme dans les autres systèmes télégraphi* ques; mais il est de plus petites dimensions et le cylindre inférieur est muni de deux roues àdents pointues, comme dans le télégraphe Hughes, qui donnent à la traction du papier une plus grande puissance.

Dans ce système le ressort antagoniste du levier imprimeur est une lame de ressort dont on règle la tension au moyen d'un axe à excentrique, mais cette tension n'a besoin que d'être réglée une fois pour toutes, car on préfère opérer le réglage de Tappareil par l'accroissement ou la diminution de la force magnétique. Pour obtenir ce résultat, MM. Rault et Ghassan employant pour noyaux magnétiques de l'électro-aimant des tubes de fer, à rintérieur desquels peuvent se mouvoir deux tiges de cuivre, munies à leur extrémité supérieure de deux bouchons de fer, qui constituent par le fait les deux pôles de l'électro-aimant. On a vu t U, p. 36, que d'après mes expériences un électro-aimant creux peut avoir la même force qu'un électroaimant plein, à la condition d'avoir ses extrémités remplies par un bouchon de fer. MM. Rault et Ghassan ont appliqué avantageusement ce principe à leur appareil, car ils ont pu de cette manière rapprocher plus ou moins près de l'armature, les pôles de l'électro-aimant, sans nuire à sa force et sans toucher aux noyaux magnétiques, par conséquent sans leyr faire

f M tAlégraphes écrivants.

perdre l'avanlage de Taimantation plus énergique résultant de la plus grande proximité du fer des spires de l'hélice magnétisante.

Ce réglage de la distance attractive est d'ailleurs obtenu au moyen d'un bouton placé à Textrémité de la colonne qui porte les vis de contact de la translation, lequel bouton étant tourné à gauche ou à droite a pour efifet de soulever ou d'abaisser par l'intermédiaire d'une tige mobile à l'intérieur de la colonne, une bascule articulée placée au-dessous de l'appareil et sur laquelle sont fixées les deux tiges portant les appendices polaires.

Le déclanchement du mécanisme s'effectuait dans les premiers appareils de MM. Rault et Ghassan, au moyen d'un bouton adapté sur Taxe de la partie mobile du cylindre, en avant du système, et qui pouvait enrayer le mouvement par la pression d'un excentrique; mais dans les derniers appareils, on en est revenu au système de déclanchement ordinaire.

Nous devons encore signaler, dans Tappareil de MM. Rault et Ghassan, un dispositif ingénieux pour faire varier d'une manière extrêmement facile et entre des limites considérables/la vitesse du mouvement de l'appareil. Ce dispositif consiste dans un tube adapté à frottement doux, sur Taxe du volant modérateur, et qui est muni à sa partie inférieure de deux bagues à rebord sûr lesquelles peuvent agir, à la façon d'un engrenage, une came fixée sur l'axe d'un t)outon régulateur, placé en dehors de Fappareil. Deux ressorts arqués, chargés de limiter l'amplitude du jeu des ailettes sont adaptés au tube en question, et se trouvant plus ou moins arqués suivant que le tube est plus ou moins abaissé, ils laissent aux ailettes un dévoloppement plus ou moins considérable, qui fait par conséquent varier la vitesse du moteur. Or ce mouvement du tube est commandé, comme nous l'avons vu, par un bouton de réglage, et comme le tube porte deux bagues, la came peut réagir deux fois successivement, comme si les rebords de ces bagues constituaient deux dents; elle peut par suite fournir deux vitesses différentes au moteur.

Les essais faits à l'administration des télégraphes français, avec cet appareil, ont été très-fietvorables, et déjà plusieurs lignes sont ainsi desservies. Il est probable que l'usage s'en répandra de plus en plus, car il est d'un prix moins élevé que les autres, et il est dans de meilleures conditions de solidité.

2° .TélégrAphei Morte dont lo poîato troçoato réagit foiif rinHiienoo da mouvoment d'horlogerîo.

Nous avons vu qu'avant la réussite complète de l'impression des signaux à l'encre, on avait cherché, dans les appareils Morse à pointe sèche,

TÉLÉGRAPHSS ECRIVANTS. 121

à éviter les inconvéoîents des relais en disant réagir sur la pointe traçante elle-même le mécanisme d'horlogerie destiné à entraîner la bande de papier : plusieurs systèmes ont été imaginés dans te but par MM. Hipp, Theyler et Achard, et Os ont généralement bien réussi. C'est M. Hipp, Tbabile constructeur Suisse, qui a eu Tinitiative de ce perfectionnement.

Système de M. Hipp. ^ Pour obtenir de la part du mécanisme eninU* neur de la bande de papier l'action mécanique nécessaire pour fiûre réagir le style, M. Hipp construit les deux dernières roues du mouvement d'horlogerie des appareils ordinaires de manière qu'elles aient la même vitesse; ces roues portent sur leur axe deux autres roues taillées en roues de rencontre ou à rochet, que le moindre mouvement de Tarmaturefait engre* ner, quand elle est attirée par Télectro^mant, avec la partie supérieure d'un double râteau, dont l'axe est le même que celui de l'armature; ce râteau en marchant jusqu'à son extrémité, communique le mouvement de la roue supérieure au style qui (Nresse alors sur la bande de papier. Dès que Faimantation cesse, le mouvement de l'armature foit engrener le dessous du râteau avec la roue inférieure de l'appareil, ce qui remet le style dans sa position primitive. Ck)mme ces mouvements ne durent qu'un instant trèscourt pour écrire chaque signe télégraphique, point ou trait, le râteau peut ne présenter qu'un petit nombre de dents, soit pour conduire le levier^ soit pour être ramené lui-môme quand réiectro-aimant n'exerce plus d'attraction sur l'armature. La vitesse du mouvement dépend de celle des deux roues, et on peut la régler de manière à être en rapport avec une transmission à la fois prompte et fidèle de la dépèche. M. Hipp, à la suite d'une expérience de deux années d'application de ce système dans plusieurs des bureaux de la Suisse, assure qu'il présente, outre l'avantage de supprimer les relais et les piles locales, celui d'avoir pour l'impression un mouvement parfaitement régulier indépendant de l'adresse de l'employé et dont la vitesse ne dépend que de la volonté du constructeur.

C'est sur le même principe que M. Hipp a construit son télégraphe militaire portatif.

Système de M. Theyler. — Dans ce système, le style traçant se troave fixé normalement sur un axe tournant qui reçoit son mouvement du mécanisme d'horlogerie lui-même par l'intermédiaire d'un pignon et d'une roue fermant un troisième mobile. Cette roue est folle sur son axe et peut, par conséquent, être arrêtée sans que le rouage qui la met en mouvement participe à son aiTêt. Quant à Taxe tournant lui-même, il est construit de manière à avoir assez de jeu entre ses deux supports pour permettre à un ressort qui le termine d'appuyer ou non contre une ron-

f 22 TÉLÉGRAraSS ÉCRIVANTS.

délie fixe placée à portée. En fiace de l'autre extrémité de cet axe se trouve l'armature de l'électro-aimant, qui, à Tétat normal, appuie assez contre le bout libre dé cet axe pour que le ressort dont nous venons de parler s'applique à frottement sur la rondelle fixe placée en £ace de IuL Le frottement de ce ressort est alors suffisant pour arrêter dans son mouvement la roue folle qui tend à le faire tourner avec Taxe lui-même. Mais lorsque Tarmature cesse d'appuyer sur Taxe en question, la roue folle devient libre, et cet axe se trouve entraîné. Toutefois, ce mouvement n'est que de courte durée, car le style, une fois abaissé sur le papier, empêche bientôt la roue folle de se mouvoir, mais ce mouvement a suffi pour que ce style ait pu produire sur le papier le gaufrage nécessaire pour laisser ime marque visible.

M. Theyler a employé pour cet appareil une disposition particulière d'électro-aimants qui se rapproche, du reste, de celle de MM. Oecchi, de Lafollye, Régnard, etc. Il foit osciller l'armature qui est en fér doux par son centre entre les quatre pôles de deux électro-aimants, et place au-dessous de cette armature un aimant persistant destiné à la polariser. Il en résulte alors que, suivant la direction du courant, cette armature oscille dans un sens ou dans l'autre, et peut réagir d'autant mieux sur le mécanisme que nous avons précédemment décrit, que son magnétisme lui permet d'attirer plus efficacement Taxe tournant au moment du débrayage.

Système de M. Aekard. — M. Achard a voulu appliquer le principe de son embrayeur à hélice aux télégraphes Morse, afin de les mettre dans la possibilité de marcher sans relais à toutes distances, et sous l'influence d'une force électrique très-minime; mais les résultats qu^il a obtenus ne sont pas assez satisfaisants pour qu'on puisse affirmer si ce système présente quelques avantages sur les télégraphes actuellement en usage. Au premier abord, on pourrait croire même que ces derniers devraient avoir l'avantage par rapport à la célérité des mouvements. Quoi qu*il en soit, comme ce système constitue une idée nouvelle, nous devons dire quelques mots sur sa disposition.

L'embrayeur à hélice de M. Achard que nous décrirons aux ap;}lîcatîons industrielles de réiectricité, est constitué par un écrou mobile dans les deux sens opposés sur une vis sans fin à filets croisés et qui porte un électro-aimant; le mouvement est communiqué à cette vis par un moteur quelconque, et réiectro-aimant, après chaque allée et venue, est mis en contact avec une armature de fer doux qui n'est entraînée par lui que quand un courant le traverse. Or, que l'on suppose monté sur un bâti approprié au télégraphe un mécanisme de ce genre de très- petites dimensions mis en mouvement ^rapide par le mécanisme d'horlogerie qui doit entraîner la bande de papier^

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS. 123

on comprendra facilement que si le pas de la vis de Tembrayeur est excessivement petit, le porte-style porté par l'armature de Télectro-aimant et mis en mouvement par Técrou mobile de cet embrayeur, pourra avancer d'une certaine quantité contre le cylindre sur lequel se déroule le papier. Si ce porte-style est trës-rapprocbé de ce cylindre et qu'il puisse se replier sur lui-même au moyen d'un ressort-boudin, il devra arriver que pour une fermeture instantanée du courant, le style avancera seulement contre le papier et y marquera un simple point, tandis que pour une fermeture de courant plus prolongée il appuiera un temps plus long et laissera par suite une trace plus longue. Dans ce dernier cas, il est vrai, le style sera obligé de se replier sur lui-même, mais comme le pas de lavis de Tembrayeurest très-petit, ce refoulement n'occasionnera pas une tension du ressort-boudin assez forte pour déchirer le papier et arrêter le mouvement des cylindres. D'ailleurs, après être refoulé d'un ou de deux millimètres environ, le chariot du style abandonne mécaniquemen t l'embrayeur comme étant au point le plus éloigné de sa course. On gagne à cette disposition, suivant M. Achard, que les attractions électro-magnétiques, au lieu de se foire à distance, se font au contact et par conséquent que leur action se trouve grandement augmentée. Maintenant, comment les transmissions promptes s'arrangeront-elles d'un système d'attraction intermittent?... C'est une question que la pratique seule peut trancher, mais il semble que si la fermeture du courant est instantanée et qu*elie surprenne l'appendice oscillant de l'embrayeur dans sa position la plus éloignée du pas de \\s, l'attraction n'aura plus lieu au contact et pourra ne pas se foire sentir suffisamment pour motiver le jeu de l'embrayeur. On nous répondra qu'on a foit en sorte de rendre les mouvements oscillatoires de l'embrayeur tellement prompts qu'ils soient toujours plus instantanés que ceux produits par la main de l'homme; mais pour obtenir un pareil résultat, il fout des mécanismes d'horiogerie très-puissants et, partant, assez dispendieux.

3* Véléfr«pli«t Morf« â émux pointoi traçantM.

Âfln d'obtenir des combinaisons alphabétiques moins compliquées que celles qui constituent le vocabulaire de Morse, on a cherché à différentes époques depuis MM. Stheinhel et Stœhrer, à produire Timpression des signaux sur deux lignes parallèles, à l'aide de deux styles fonctionnant sous l'influence de deux effets électriques opposés. Comme cette double action pouvait ne pas entraîner un surcroit de dépense pour l'établissement des lignes» puisqu'à Taide d'armatures aimantées ou polarisées, on peut ol>-

TËLÉ6RAPHBS ÉCRIVANTS.

tenir deux effets différents à travers un même fil, on aurait pu croire qu'on saisirait avec empressement ce moyen d'augmenter la vitesse de transmission ; mais il n'en a rien été parce quUl aurait fallu pour cela former xin nouveau personnel, établir avec les autres pays d'autres conventions, en un mot, remanier toute Torganisation télégraphique. On a reculé devant de pareilles conséquences, et on a en définitive bien fait, car les télégraphes imprimeurs sont venus résoudre d'une manière inattendue, il est vrai, laqueslion de la célérité de transmission des dépèches. Néanmoins nous devons dire quelques mots de ces systèmes qui auraient pu être les meilleurs s'ils étaient venus les premiers.

Système de M, Gloesener. — M. Gloesener est un des premiers qui se sont occupés de cette question; les effets des électro-aimants à armatures aimantées qu'il avait le premier employés lui en donnaient un moyen facile, et nous le voyons, depuis Tannée 1851 jusqu'en 1867, perfectionner successivement un système établi dans ce but. Ne pouvant le suivre dans tous les perfectionnements successif qu'il a combinés, nous nous arrêterons à l'appareil qu'il avait fait figurer à l'Exposition universelle de Londres, en 1862. Le récepteur de cet appareil se compose de deux armatures aimantées A et G (fig. 50), suspendues verticalement l'une à côté de l'autre entre deuxélectro-aimants d'une forme particulière, et réagissant sur deux tiges T^T portait des styles ou des molettes [ r\ ^ d'impression. Un aimant en fer à cheval, placé au-

l'grprn dessus de ces palettes et dans le même plan qu'elles, tend à les ramener toujours dans le plan de la verticale quand elles en sont déviées.

L'un des électro-aimants, composé d'une bobine ■^^ aplatie, àyintéricur de laquelle se trouve une large palette de fer doux D, est placé de manière que cettelpalette corresponde aux pôles inférieurs (de noms contraires) des deux palettes aimantées. L'autre électro-aimant, à bobine également aplatie, est constitué par deux palettes I, r, également de fer doux, placées paiallèlement à l'intérieur de la bobine et réunies extérieurement à celle-ci par un aimant E qui commum'que à Tune une polarité sud et à l'autre une polarité nord. Ces deux palettes sont, bien entendu, disposées devant les deux extrémités des armatures aimantées, et peuvent être reculées ou avancées à l'aide de vis de rappel.

Le transmetteur consiste dans une clef disposée de façon à renverser alternativement le courant, suivant qu'elle est poussée d'un côté ou de

TÉLÉGRAPHES ËOUVÂNTS. 125

l'autre, et à fournir des interruptions pour chaque sens du courant. Cette disposition^ qui se devine aisément, peut être combinée de bien des manières différentes, et M. Gloesener en indique deux qu'il regarde comme également bonnes (i}. Or voici comment fonctionne ce système télégraphique.

Si on envoie un courant positif à travers l'appareil, Tune des deux palettes de fer de Tèlectro-aimant double se trouve dépolarisée et prend même un excès de magnétisme contraire à celui qui lui est communiqué par l'aimant fixe, tandis que la polarité de Tautre palette se trouve renforcée. Celle-ci peut alors réagir sur l'armature aimantée suspendue devant elle et provoquer l'abaissement du style correspondant, tandis que l'autre restera inerte. Toutes les interruptions faites sur ce courant positif n'auront par conséquent d'action que sur le même style. Quand on renversera le courant, les effets seront nécessairement renversés, et ce sera le second style qui deviendra actif. C'est pour assurer l'inertie de Tune des palettes de l'ëlectro-aioiant double et renforcer l'action de l'autre qu'a été ajouté le second électro-aimant à palette unique.

Système de M. Hipp. — Le télégraphe à deux styles de M. Hipp est fondé sur un principe analogue à celui de M. Hughes, c'est-à-dire sur la mise en action des leviers imprimeurs sous l'influence d'une répulsion des armatures des deux électro-aimants destinés à réagir sur eux. A cet effet ces armatures, qui se trouvent d'ailleurs fortement polarisées par de petits aimants en fer à cheval placés à portée^ sont adaptées au mécanisme d'horlogerie qui doit entraîner la bande de papier, de telle manière qu'après avoir été momentanément détachées des électro-aimants sous l'influence électrique, elles se trouvent immédiatement et mécaniquement ramenées en contact avec eux. De cette manière, l'action électrique s'effectue dans ses conditions de maximum, et les impressions, qui ne sont alors il est vrai que des points, se trouvant déterminées par le mécanisme d'horlogerie lui-même, sont indépendantes de l'intensité électrique.

L'alphabet de M. Hipp est, du reste, exactement le même que celui que M. Wheatstone avait adopté pour son télégraphe rapide, appareil dont nous parlerons plus tard, et pour en obtenir la reproduction des différentes lettres avec l'appareil dont nous venons de parler, il a suffi à ce savant de disposer les électro-aimants de telle manière que l'un fi\t actif pour un certain sens du courant, alors que l'autre ne pouvait l'être que pour le sens opposé du

(1) Voir son Traiié général des applications de téleetriciti, tome I« page» 147 et 149.

126 TÉLÉGRAPHBS ÉCRIVANTS.

même courant. M. Bipp, comme M. Wheatstone, voit d'ailleurs daiis ce système alphabétique de grands avantages sous le rapport de la célérité des transmissions.

Le manipulateur de ce nouvel appareil est à clavier et peut transmettre, suivant l'auteur, environ 180 lettres par minute. Inutile de dire que Ton peut appliquer à ce système les courants induits ou les courants de pile.

Système de M, Renoir, — Ce système n'est à proprement parler, qu^uu télégraphe Digney, ayant deux leviers imprimeurs au lieu d'un. I/appareil fonctionne sous l'influence de courants traversant, soit dans un sens, soit dans l'autre, deux électro-aimants dont les armatures, placées dans le prolongement des leviers imprimeurs, se trouvent polarisées par deux électro-aimants droits, animés par le courant d'une pile locale.

Système de M. Régnard. — Dans ce système le mouvement des styles est déterminé par deux mécanismes d'horlogene, commandés par un échappement, qui n'est mis en action, pour chacun d'eux, que pour un sens déterminé du courant. A cet effet, ces styles constituent des bascules à ressort dont les mouvements s'effectuent dans le sens de la génératrice du cylindre entraîneur de la bande de papier, sous l'influence des roues d'échappement elles-mêmes, et les chevilles de ces roues, en rencontrant l'extrémité de ces bascules, leur fait accomplir mi petit mouvement pour chaque échappement La trace fournie par le style, par suite de ce mouvement, étant combinée avec le mouvement de rotation du cylindre» donne lieu à des jambages qui se détachent de deux lignes parallèles et qui peuvent composer un alphabet très-simple. C'est pour obtenir la mise en mouvement du mécanisme entraîneur de la bande de papier que M. Régnard a employé, dès l'année 1854, un système de déclanchement automatique assez perfectionné, qui a précédé tous ceux dont on a parlé depuis et que nous décrirons plus loin.

Système de M. Morenès, — A l'Exposition universelle de 1867, M. Morenès, constructeur espagnol, avait envoyé un télégraphe à deux marqueurs, combiné un peu dans le système de M. Gloesener. H avait, en effet, pour organe traçant, deux molettes portées par deux bascules sur lesquelles réagissait, par l'intermédiaire de la pointe d'une vis, une traverse portée par une armature verticale en forme de fer à cheval. Cette armature oscillait autour d'un point fixe situé au milieu de sa courbure et présentait ses deux pôles entre les trois pôles d'un électro-aimant placé horizontalement n résultait de cette disposition que suivant le sens du courant, les battements de l'armature aimantée se faisaient à droite ou .à gauche, et par suite l'une ou l'autre des molettes fournissait des marques sur la bande de papier. Comme complément à cet appareil, M. Morenès avait adapté à

TÉLÉGRAPHES ECRIVANTS. 127

l'armature dont nous venons de parler un marteau pouvant frapper suivant le sens du courant sur deux timbres de sons différents afin de recevoir un son. Des différents systèmes à deux styles qui ont été présentés, celui qui a fourni les résultats les plus satisfaisants est sans contredit celui de M. Wbeatstone que nous étudierons plus tard au chapitre des télégraphes automatiques; eh bienl malgré la notoriété de M. Wheatstone, malgré les transmissions rapides que cet appareil avait fournies, on n'a pu le faire adopter par les administrations télégraphiques, ni en Angleterre ni en France, et pour qu'on se décidât à remployer sur une Ugne anglaise, il a fallu qu*il fût transformé de manière à fournir des signaux Morse. On peut voir d'après cela qu'il n'y a pas lieu pour les inventeurs de s'engager dans cette voie.

4® Téléfr«ph«0 à déel«a«k«meBt «stomatîqwe.

U y a quelques années, en 1859, l'administration des lignes télégraphiques françaises avait proposé aux inventeurs, comme problème important à résoudre pour le service télégraphique, de fiiire opérer automatiquement le déclanchement des appareils Morse. Ce problème avait été déjà, il est vrai, résolu par M. Morse lui-même, et depuis par plusieurs inventeurs, entre autres M. Régnard; mais les solutions proposées n'avaient pas paru sans doute satisfaisantes, puisque le problème avait été de nouveau mis à Tétude. Une foule d'inventeurs répondirent immédiatement & l'appel de Tadministration, et de nombreux systèmes (plus de quarante), parmi lesquels nous citerons ceux de MM. Sortais, Siemens, Flouard, Régnard Garbonel, Bourseul, Berty, Sambourg, Brassart, Besse-Bergier, Guyot, Anfonso, Ailhaud, Alexis, Guche, Mazet, Beaunis, Latour-Dubreuil, Pety, Faure, Gramaccini, Salus, Leclercq, Davy, Miège, Meyer, Dheu, Joly, Fulcrand, Brisson, Yasseur, Mairesse, Sauvage, Bastien, Coustou, Mouilleron, Genty, Bizot, GiUet, etc., etc., furent présentés; mais bien que toutes les conditions voulues aient été remplies dans la plupart de ces systèmes, Tadministration des lignes télégraphiques d'alors, ayant réfléchi davantage sur l'opportunité de la question, et pensant sans doute qu'un moyen si ûicile d'imprimer les dépèches pourrait endormir la vigilance des employés ou provoquer de leur part des absences qu'on ne pourrait pas contrôler, trouva qu'il valait mieux en rester là, et l'essai de tous les systèmes proposés fut ajourné indéfiniment, au grand désappointement de leurs auteurs. Quoiqu'il puisse y avoir un peu de vrai dans les craintes de l'admiaistnition, nous ne pouvons admettre que

es motib soient suffisants pour flure renoncer aux avantages qui peuvent

128 TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

résulter de Tintroduction dans les appareils d'un semblable système, et dont le moindre serait de permettre de confier à un même employé le service de plusieurs lignes dans les bureaux de médiocre importance. 11 ne faut pas, d'ailleurs, toujours prévoir le mal, et je ne sais jusqu'à quel point une trop grande défiance a entraîné plus de résultats heureux qu'une trop grande confiance. Quoi qu'il en soit, étant convaincu qu'un jour ou l'autre les systèmes de déclanchement automatique seront introduits dans les appareils écrivants, nous allons décrire ceux de ces systèmes qui présentent les dispositions les plus originales, et nous commencerons par celui de M. Sor^ tais, qui paraît être le meilleur de tous.

Système Sortais. — Le problème à résoudre pour obtenir dans de bonnes conditions le déclanchement automatique des télégraphes écrivants ne laisse pas que d'être assez complexe ; il faut, en effet, que le déclanchement puisse

Fig. 51.

s'opérer instantanément sous l'influence même de Taction électro-magnétique qui met enjeu le style écrivant, et il faut de plus que ce déclanchement ne se maintienne que pendant le temps seulement que dure la transmission de la dépêche; par conséquent, le mécanisme destiné à le produire doit être susceptible de fournir un enclanchement quelques instants après que Tappareil électro-magnétique a cessé de fonctionner. Enfin, il faut que ce même mécanisme puisse fonctionner avec une force excessivement minime, car il ne doit pas être un obstacle à l'action de l'électro-aimant de l'appareil qui, dans les récepteurs perfectionnés actuellement en usage, doit fonctionner sans relais, par conséquent, avec le courant de ligne.

Ces différentes conditions ont été l'ésolues dans le mécanisme proposé par M. Sortais, que nous représentons ci-dessus, fig. bi. Il consiste essentielle-

ment dans une roue à rochet G portant un levier d'embrayage h, et sur laquelle réagit Pun des mobiles du mécanisme d'horlogerie de l'appareil télégraphique et dans un cliquet de retient E mis en action par le levier deTélectro-aimant imprimeur, par Tiritermédiaire de la goupille d'. Le levier embrayeiir h est équilibré par un contre-poids i qui tend à l'entraîner en dehors du volant modérateur, sur lequel il doit réagir pour produire l'arrêt du mécanisme; mais à l'état normul il ne peut céder à ce mouvement à cause du cliquet de retient E qui maintient la roue à rochet dans une position déterminée; alors il bute contre un doigt d'arrêt n adcipté h l'axe du volant Le mouvement transmis par le mécanisme d'horlogerie à la roue à rochet s'effectue par l'iiUormévliaire d'une dent m fixée à Taxe de l'avant* dernier mobile, laquelle à cha^jne révolution de celui-ci (ait avancer d'un cran ler<»cheL Or, voici ce qui se pa«s(* quand l'appareil est mis en action.

Sous l'influence de rélectro-aîuiant, le cliquet de relient du rochet se trouve écarté, et comme celui-ci ne se trouve plus soi/tenu, le levier h qu'il porte est eniratné par son contre-poids et le déclanchement est efifectué. Si l'action mécanique ne se prolonge pas, le cliquet de retient du rochet se trouve en prise avec lui, et à chaque tour de rayant-dernier mobile du mécanisme d'horlogerie, le rochet remonte d'une dent; le levier d'embrayage s'abaisse, rencontre bientôt, après un certain nombre a'impuNions du rocht>t, le doigt n de Taxe du volant modérateur et arrête le mouvement de l'appareil. Maintenant si plusieurs attractions provoquées par Télectro-aimant se succèdent à des intervalles assez rapprochés, le rochet sans cesse dégagé de son cliquet de retient, ne peut remonter à la hauteur voulue pour produire l'enclanchement, et le mécanisme continue à marcher malgré les interruptions de l'action magnétique Ce n'est que quand ces interruptions durent un temps suffisant que l'arrêt a lieu. Le problème se trouve donc ainsi résolu.

Quoique cette disposition paraisse bien simple en elle-mêmo, il était nécessaire cependant, pour assurer le bon fonctionnement de l'appaieil, de tenir compte de certaines réactions qui auraient pu entraver sa marche régulière : il fallait faire en sorte : \* que la dent m, appelée à réagir sur le rochet, ne pût jamais être en prise avec cette roue au moment de l'arrêt du mécanisme; 2^ que le cliquet de retient pût se dégager delà dent du rochet de la manière la plus douce possible; 3* que l'électro-aimant ne pût réagir sur ce cliquet qu'au moment de sa plus grande force. M. Sortais a salisf lit à ces dift%rentes conditions en plaçant le doigt d'arrêt du volant n sur un ressort en spiraL* P fixé sur l'axe de ce volant, en donnant peu de surface frottante au bec du cliquet de retient du rochet et en ne &isant i*éagir le levier de l'électro-aimant que vers la fin de sa course.

lao

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

Avec cette disposition, le déclanchement automatique de Tappareil, qui n'exige pas un gramme de force électro- magnétique pour se produire, peut s'effectuer lacilement et fappareil foncionner sans relais comme les télégraphes ordinaires.

Système Siemens, — Le système de déclanchemeût automatique de M. Siemens consiste essentiellement dans une bascule d'embrayage en fer doux CD (fig. 52), terminée d'un côté par un ressort arqué Bl> qui peut embrayer un disque D fixé sur l'axe du volant, et terminée de Tautre côté par unepetite palette A servant d'arma ure à un petit électro-aimant supplémentaire E introduit dans le circuit de la W^ne, Une tige IH, articulée au premier des deux bras de cette bascule, porte une petite pièce arquée H

en ivoire, qui peut rester libremeDt suspendue ou être mise en contact avecun disque O adapté sur Taxe d'un des mobiles du mouvement d'horlogerie, suivant que l'électro-aimantqui agit sur la bascule est actif ou inerte. Quand on transmet, ce qui suppose un envoi successif de courants à de courts intervalles, cette pièce arquée danse continuellement sur la circonférence du disque placé au-dessous d'elle sans qu'elle puisse le sui\Tedans son mouvement, et la bascule DC ne peut jamais descendre assez bas pour embrayer le disque du volant. Mais quand le circuit reste interrompu pendant qiiel(|ucs instîinis, cette pièce arjuée s'engrène par froltemeiitavec le disque sur lequel elle repose et se Irouvo repoussôc de côté avec la li«^e qui la supporte; celle-ci ne forme plus alors urc-b )utatit, et la bascule, devenue libre de s'<i baisser, embraye le mouvement de Taxe du volant.

Voici maintenant comment M. Siemens a appliqué ce mécanisme au jeu du translateur dans Tappareil que nous uvons décrit page IH.

Sur Taxe (1 il fixe en dehors des platines de l'appareil un long levier formant bascule et pouvant appuyer, soit d'un côié, soit de l'autre, sur deux butoirs réglés de manière à correspondre aux écarts extrêmes* du levier CA. L'un de ces butoirs correspond au relais, l'autre au levier imprimeur du réce{)teur, et la bascule elle-même est mise en rapport avec le fil de ligne qui doit fournir la translation. C >mme les doux butoirs entre lesquels oscille le levier imprimeur sont mis en rappoit, l'un (fig. 45, page 114) avec le pôle positif de l'une des piles, l'autre avec le pôle négatif de l'autre pile,

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS. 13i

on comprend facilement que ce levier imprimeur puisse fournir les courants alternativement renversés à travers la lip^ne qui doivent produire la transmission par translation, quand le mécanisme déclancheur sera mis en action. D«; plus, si une pièce métallique est adaptée sur Tare H, de manière à rencontrer un peu avant l'arrêt du mécanisme un anneau métallique J fixé sur le tambour O et mis en communication avec la terre, on pourra obtenir, comme avec les manipulateurs à déchargeurs, la neutralité de la ligne avant la transmission de chaque signe.

Ce système de déclanchement par l'addition d*un second électro-aimant a été combiné de diverses manières par MM. Sauvage, Miége, Oavy, mais dans des conditions si peu favorables que nous nous dispenserons d*en parler.

Nous en dirons autant des systèmes de MM. Bastien et Coustou, qui, pour éviter les frais de ce second électro-aimant, adaptent à celui du levier imprimeur une seconde armature dont l'action opère le déclanchement ou le renclanchement du mécanisme, soit sous Tinfluence de courants dans des directions opposées, soit sous Tinfluence du courant simple, mais avec addition d'une roue de débiayage marchant assez lentement. Ces messieurs semblent ignorer qu'avec deux armatures la force magnétique se divise, et quA le levier imprimeur est plus affecté par cette division de l'action magnèlique que par la réaction mécanique qu*il aurait & produire pour déterminer le même résultat.

Les systèmes de MM Guyot et Ânfonso, qui sont très analogues, sont fondés sur Faction d*une détente adaptée au levier imprimeur, qui peut, par rintennédiaire d'un bras ou d'une roue à cran montée sur l'axe de l'un des mobiles du mécanisme d'horlogerie, arrêter ou dégager le mouvement de celui-ci. Toutefois, comme ce bras ou cette roue à cran ne tient & l'axe du mobile que par l'intermédiaire d'un ressort spiral, le mé nanisme d'horlogerie ne peut être arrêté instantanénient, et il faut, pour que cet arrêt ait lieu^queia tension du ressort spiral, qui se replie sur lui même sons l'influence d'un renclanchement prolongé de la ilétente, soit suffisante pour contre-balancer la force motrice du mobi e sur lequel il est fixé. Il résulte donc de cette disposition que, tant que les interruptions du courant qui met enjeu le levier imprimeur se succèdent avec rapidité, la détente, en se relevant, n'exerce qu'un arrêt momentané sur le bras ou la roue adaptée au spiral, et celui ci se détend toujours au moment où il commence à se tendre, de sorte que le mécanisme continue toujours à marcher; mais quand Tinterniption se prolonge, le spiral atteint bientôt la tention suffisante pour provoquer l'arrêt du mécanisme.

132 TÉLËGRAPHES ÉCRIVANTS.

L'inconvénient de ce système est d'apporter à runiformitô du mouTement dUiorlo^erie certaines (>et burbalions qu m 1 il est ada^ité sur le dernier mo^ bile, ou de nécessiter une certaine force pour mettre en jeu la doteute quand il est up|)li(]iié sur Tun des premiers mobiles.

Le système de M. Cuche consiste à adapter à l'axe de Tavant-dernier mobile du mécanisme d'iiorlogerie une vis sans fin dans le pas de laquelle s'engage une lige d'acier très-flexible maintenue par une de ses extrémités sur une pièce rigide; le levier imprimeur, au moyen d'une petite traverse, peut réagir sur cette tige de telle manière que quand il est soulevé la tige appuie sur le pas de vis, et que quand il est abaissé elle se trouve rejetée en dehors. Cette tige» d'ailleurs, étant conduite par le pas de vis. peut rencontrer, après un certain nombra de tours du mobile, les ailettes du volant modérateur du mécanisme, lequel se trouve ainsi an été. Or, on comprend facilement qu'avec cette disposition une fermeture du courant doit avoir pour effet le débrayage du mécanisme, puisque la tige tlexible qui produit rembniyage se trouve re^ioussée, et vient se reporter sur la \is au point opposé d'où elle était partie primitivement. Plusieurs fermetures successives du courant n'ayant pour effet que de replacer sans cesse cette tige à son point do départ, l'embrayage ne peut avoir lieu ; mais une interruption prolongée du courant permettant à lu vis de conduire sans conteste la tige jusqu'à l'extrémité de sa course, celle-ci doit finir par renconti*er le volant et arrêter le mécanisme. Ce système a été exécuié dans les ateliers de l'administration des lignes télégraphiques; mais re;cpérience a démontré que pour pouvoir fonctionner convenabletnent il fiillait : i" que la tige d'embrayage fîït mainteime appuyée sur la vis au moyen d'un ressort-boudin; 2^ qu'une bascule servît d'iutermédiaira entre cette tige et le levier împri* meur.

Les sys'èmes de MM. Mazet, Beaunis, Latour-Dnbreuil et Doumergue sont fondés sur le jeu d'une crémaillère qui» étant dégagée par l'action du levier imprimeur, peu(, sous Thifluence du mécanisme d'horlogerie, pousser un ressort jusqu'au complet arrêt de celui-ci, ou faire avancer un butoir jusqu'à l'axe du vola^nt qu'il embraye après un certain temps de parcours de la crémaillère, lequel temps est Umité par la vitesse de rotation du mobile avec lequel cette crémaillère engrène. Ce dernier moyen se rapproche en principe de celui de M. Sortais.

Le système de M. Leclerc est basé sur l'emploi d'un petit soufflet, dont l'une des joues portant la détente est soulevée par le levier imprimeur, et qui ne peut retrouver sa première position que quand l'air aspiré a été complètement évacué, ce qui demande un certain temps si l'orifice d'écoulement

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

est très étroit. Ce système est plutôt théorique que pratique, car il fout toujours une assez grande force pour Faire fonctionner un soufflet.

Le système de M. Henoir produit le déroulement du papier et Tarrète au moyen d'un courant d'une durée de cinq à huit secondes; de plus, son mécanisme avertit remployé qui transmet que le papier se met en mouvement; et en outre, il permet d^appeler à volonté par une sonnerie un bureau correspondant quelconque entre pli. sieurs consécutifs. Un comprendra sans i>eine qu'un syst^me aus^i complet soit trèà compliqué; nous diions seulement qu'il se compose d'une créniudlère qu'un électro-aimant fait rapprocher d'un mouvement d'horlogerie spécial; tant que le courant passe, cette crémaillère engrène avec une dos loues de ce mouvement; si elle se dégage après un contact de cinq à huit secondes, en revenant à s:i première position par l'action d'un ressort, elle fait tourner d'un cran une roue à rochet qui dégage ou arrête alternaiivement le mouvement d'horlogerie de

Fig. sa.

fti^

l'appareil Morse. Si elle le dégage avant cinq ou après huit secondes, elle ne produit aucun effet.

Le système de M. Meyer a pour effet de produire le déroulement du papier, tout en permettant son arrêt à la volonté de l'employé expéditeur. A cet effet, l'arbre AB (fig. 53) de la dernière roue du mouvement d'horlogerie porte six pas de vis UU' et un doigt d'arrêt Q*. Un second arbre QD, parallèle au premier, porte également un doigt Q et six pas de vis; il reçoit son mouvement d'un second barillet à ressort d'une faible puissance, et qu'il suffirait de remonter une fois par jour. Cet arbre porte, en outre, une roue E en rapport de mouvement avec une petite roue à échappement a a', placée entre les deux arbres.

PL est une tigp non cylindrique mobile sur un pivot vertical 0; les vis X et Y limitent son mouvement; à l'état de repos, un léger ressor: la presse contre celle-ci, et l'extrëiuité L, s'engageant dans la roue aa\ arrête le mouvement de QO. Deux écrous M et N, munis chacun d'une saillie destinée à engrener dans le pas de vis UU' et W, sont fixés aux deux extrémités de

i34 TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

la tige par des ressorts qiii les ramènent sans cesse dans cette position si quelque force les a déplacés.

Une double palette RB, placée au-dessus de la tige LP, peut glisser hori* zontalement de H en 8, sous Faction des écrous M ou N, et arrête, suivant sa position, le doigt Q ou le doigt Q'. Supposons d'abord qu'elle touche l'écrou Q; dans ce cas Q est libre et Q' est arrêté. G*est la disposition inverse de la fig. 53.

Quand le courant passe, le levier-style pousse en s'abaissant le bras P de Y en X, et L vers W ; (m' est dégagé et QD tourne; quand le coucant cesse, PL revient à sa première position et arrête de nouveau QD; Técrou N s'est engagé un instant dans la vis V V\ mais pas assez longtemps pour changer la position de RS; donc Q' est toujours an été et AB n'a pas pu bouger. Les signaux Morse étant tous trop brefs pour permettre un mouvement sensible à RS, on pourra, si Ton veut, transmettre toute une dépèche, sans faire dérouler la bande. Mais si nous envoyons un courant prolongé et égal, approximativement à quatre traits Morse, N, s'engage dans la vis V V', avance de \' en Y, et repousse R S, vers M, alors Q est arrêté, comme on le voit sur la figure, mais Q' devient libre ; AB tourne et le papier se déroule avec régularité. Pendant le cours de la transmission, chaque courant pousse M, dans la vis U U', mais tous ces contacts sont également trop peu durables pour déplacer sensiblement R S, d'autant plus que chaque interruption du courant dégage M du pas de vis, et cet écrou, sous l'effort constant du ressort, revient instantanément à sa première position. Le papier se déroulera donc constammeiit jusqu'à ce qu'un second contact prolongé vienne conduire M en U' et ropoussor R S vers N.

MM. Dheu, Joly, Fulcrand, Brisson, Vasseur et Miriesse ont voulu résoudre le même problème, en faisant réagir sur la détente un système électromagnétique capable de fournir deux actions différentes, soit sous l'influence de courants renversés succédant Tun à l'autre, soit sous l'influence de courants issus de piles différentes et dirigés de manière à se combattre ou à s'additionner, soit au moyea de courants qui se trouvent renforcés dans un cas et livrés à eux-mêmes dans l'autre. Tous ces systèmes n'ont réellement rien de plus sérieux, et sont bien loin de valoir le mécanisme si simple de M. Sortais (1).

^1) Voir les deux articles de M. Lemoytie sur ces déclancheurs, insérés dans les AwMkUt tiUgraphiqutty t. II, p. 117 et 597.

TÉLÉGRAPHES ECRIVANTS. ItlS

5* TéUf rapliet à mABÎpuUi««r« méeaniqiiet.

Bien que tous les essais entrepris par M. Morse et une foute d*autres inventeurs dans le but de substituer au jeu si simple de la clef des télégraphes écrivants, l'action automatique des transmetteurs mécaniques, niaient pas encore convaincu ies praticiens, beauoup d'inventeurs cherchent encore à résoudre ce problème, et ont présenté dans ces derniers temps placeurs systèmes assez ingénieux. Tout en pensant que ces systèmes ne détrôneront pas encore la simple clef actuellement en usngo, je ne puis ce* pendant les passer sous silence, car à force d être circonspect, je manquerais le but que je me suis proposé d'atteindre.

Porte-crayon manipulateur de M. Ailhand. — L'un des plus simples manipulateurs de ce genre, et aussi l'un des plus nouveaux quant à son principe, est \e porte-crayon manipiilaieur de M. Ailhaud qui permet de transmettre une dépèche à mesure qu'on l'écrit.

Le nouveau système de manipulateur consiste dans un simple porte<crayon dont la tige est mobile dans un étui et peut réagir par l'intermédiaire d'un petit levier coudé sur un interrupteur de courant analogue à ceux des télégraphes Breguet. Deux petits fils assez longs, facilement extensibles, adaptés à cet interrupteur, établissent les communications électriques, et un ressort-boudin pousse toujours vers l'extrémité du porte-crayon la tige mobile qui le soutient. 11 résulte de cette disposition que toutes les fois que l'on appuie sur le pap er pour marquer un trait, le courant électrique se trouve fermé par Tinterrupteur, et cette fermeture dure d'autant plus lonortemps que le trait qu'on trace est lui-même plus long. Ce moyen a permis à M. Ailhaud de faire intervenir la longueur des traits dans les combinaisons de l'alphabet Morse pour les rendre plus nets et plus faciles à distinguer. On comprend, en effiit, qu'il faudra toujours plus de temps pour tracer à la main un double crochet qu'un simple trait, quelque irrégulière que soit la vitesse qu'on imprime d'ailleurs au porte-crayon. Or, cette différence de temps suffit pour rendre parfaitement distinctes les marques produites. Ces appareils, bien exécutés par M. Mouilleron, ont été en usage dans plusieurs bureaux tjlôo'raphiques et ont fourni, paraît-il, d'assez heureux résultats. Le môme inventeur a aussi imnginô d'eniplo\er au même usagt^ des plumes méialliqucs qui, étant proinenccs sur une planche de cuivre, serviraient dircrtetnent d'interrupteur au courant, tout en laissant les traces de la dépêche sur la plaque de cuivre; mais ce moyen est ce nous semble, moins silr que le premier dont nous avons parlé. Manipulateur de M. «loly. — On a parlé dans un temps des

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manipulateurs alphabétiquos de M. A. Joly : mais avec la meilleure vo* k)nté du monde, il m'est bien difficile de voir ce qu'ils présentent de réellement nouveau sur les appareils du même genre imaginés par M. Morse. Voici ce que dit le Cosmos à leur égard dans le numéro du 20 mars 1857 :

« Dans le premier de ces manipulateurs, chaque touche portant une lettre fait partie d'une tige verticale en acier faisant fonction de came, c'est-à-dire portant sur toute sa longueur des saillies ou dents longues et courtes représentant exactement, par leur longueur et leur nombre, la lettre correspondante; de toile sorte qu'en faisant descendre la tige par une pression exercée sur la touche, on détermine le nombre de contacts ou de fermetures du circuit plus ou moins prolongés nécessaires pour Timpression par le récepteur de la lettre dont il s'agit. Il n'est besoin ici d'aucune force motrice étrangère, la pression du doigt produit l'effort suffisant, et la ré<nction d'un ressort tendu parla pression ramène lu tigeàsa position normale. M. Joly avait fait à ce manipulateur très élégant une addition importante dont tôt ou tard on sentira la nécessité; chaque tige, en s abaissant, faisait avancer d'une division l'aiguille d'un compteur arithmétique pouvant marquer les dizaines, les unités, les centaines, les mille, voire même les dizaines de mille ; de sorte qu'à la fin de chaque journée on connaissait, en Usant sur ce compteur, le nombre des lettres transmises. Eu comparant ce nombre à celui qu'annonçait l'ensemble des bulletins de dépèches, on s'assurait qu'aucune infidélité n*avait été commise, qu'aucune correspondance de contrebande n'avait été échangée.

i Mais en raison même de sa complication et du travail qu'exigeaient la taille à la main des tiges d'acier, leur ajustement mécanique, etc.. etc., ce manipulateur eût coûté assez cher, 200 ou 300 francs peut-être. M. Joly a donc dû en imaginer un autre accessible à toutes les bourses, et qui coûtât à peine plus cher que la clef ordinaire ; il y est parvenu en écrivant les lettres de l'alphabet Morse sur un cylindre de bois dur, en cuivre galvanoplastiqué ou en fonte, à l'aide de reliefs longs et courts correspondant aux traits qui composent les lettres. Les trente signaux primitifs sont ainsi distribués sur des cercles concentriques perpendiculaires à Taxe du cylindre, absolument comme un air est écrit en relief sur le cylindre des orgues de Barbarie ou des boites à musique; des tiges verticales en cuivre uni, en nombre égal à celui des signaux, sont, comme dans le premier appareil, terminées par des touches formant clavier sur lesquelles les lettres ou les signaux sont écrits ou représentés en caractères ou en signes très visibles. On f^it tourner, incessamment, à l'aide d'une manivelle mue à la main ou par un mouvement d'horlogerie, le cylindre du manipulateur divisé en deux

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moitiés sur sacirconrôrence par une ligne ou rainure longitudinale parallèle à Taxe foisant séparation entre le commencement et la fin de toutes les lettres ou de tous les signaux. Si alors on presse sur l'une des touches, elle pénétrera dans la rainure au moment où cette rainure se présentera audessous d elle, et le mouvement de rotation c )ntinuant, elle suivra tous les reliefs qui sur le rylindre dessinent les lettres ou le signal dont il s'agit. Ses dépressions et ses élévations successives détermineront des contacts de même durée qui, sur le récepteur, seront transformés en traits longs et courts dessinant la lettre ou le signal à tran;:mettre. Le premier tour du cylindre achevé» on pourra presser s:ir une seconde touche pour transmettre un second signal et ainsi de suite. Il n*y a pas d'erreur poss ble parce qu'on ne pt'Ut abaisser à la fois qu*ime seule touche, et le nombre des signaux traii:<imis par seconde pourra être égal au nombre des tours du cylindre qu'on peut faire tourner très vite. L'expéri'^nce a prouvé que la vitesse de ce manipulateur pouvait même dépasser la vitesse possible du récepteur actuel. »

Manipulateiir de M. Réf^ard. — M. Régnard a aussi imaginé en 1855 un manipulateur du même genre que celui que nous venons de décrire

Flg. 64.

el qu'il a appelé transmetteur à cylindre, mais je doute que ses fonctions soient plus simples que celles des appareils primitifs. Quoi qu'il en soit^ voici en quelques mots en quoi il consiste.

Un clavier composé de 26 touches horizontales basculant comme les touches d'un piano, est placé sous un cylindre métallique Â, fig. 54 ci-dessus, mis en rapport avec le fil de ligne et animé lui-même au moyen d'un mécanisme d'horlogerie d*un mouvement de rotation continu. Ch;ique touche est terminée par un disque de cuivre B, sur la circonférence duquel sont entaillées plusieurs coches de manière à produire une sorte de relief plus ou moins large, représentant un des signaux do l'alphabet Morse. T^es intervalles de ces reliefs sont garnis d'ivoire» et les disques

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eux-mêmes sont ramenés à une position initiale fixe par un ressort spiral. Tous ces disques sont placés au-dessous du cylindre métaU' lique tournant A d3 telle sorte que, quand on abaisse l'une des touches, mises d'ailleurs on rapport avec le circuit, on met le disque correspondant en contact avec le cylindre. Comme celui-ci se trouve animé d'un mouvement de rotation pendant lequel les parties alternativement cuivre ot ivoire, se présentent tour à tour au point de tangence, il en résulte des fermetures de courant plus ou moins longues, plus ou moins multipliées, qui déterminent sur le récepteur les traits et les points, en rapport avec telle ou telle lettre de J'alphabet. Qtiand le signai est terminé, le disque présente au cylindre une échancrure Z qui Tem pèche de tourner davantage, et quand on relève la touche, le ressort spiral le ramène immédiatement à sa position initiale.

Comme il importe que le circuit de la ligne soit fermé en temps de repos du manipulateur à travers le récepteur de la station, qtii doit toujours être prêt à recevoir les signaux des postes éloignés, il importe de disposer le manipulateur pour produire lui-même cet effet, et pour cela M. Régnanl adapte à l'appareil précédent une tringle qui traverse le clavier dans toute sa longueur, et qui opère naturellement les fermetures du circuit quand toutes les touches sont soulevées.

M. Régnard croit qu'en combinant deux à deux ou trois à trois tes différents signaux de l'alphabet Morse, et cela en frappant ensemble des touches correspondantes comme on frappe les accords sur le piano, on pourrait simplifier considérablement le manipulateur précédent, et réduire à 12 ou 13 le nombre des touches nécessaires pour l'alphabet Morse.

in anipulateur méoaniqae de m. Allhaud. — Le transmetteur de M. Ailhaud est fondé sur le même principe que celui de M. Régnard^ que nous venons de décrire; seulement il est combiné d'une manière plus pratique et dans des conditions infiniment plus avantageuses pour la sûreté des contacts. Il se compose essentiellement d'une série de bascules correspondant aux différents signaux de Talphabet Morse, et pivotant sur un axe commun. Ces bascules se terminent, d'un côté, pnr un arc de cercle vertical, sur la partie inférieure duquel sont déc<3Upés les différents signaux, et qui est muni à sa partie supérieure d'une série de dents engrenant avec un long pignon horizontal occupant toute la longueur de l'appareil. De l'autre côté, ces mêmes b^iscules, qiienous appellerons bascules aux types, appuient, au moyen de taquets à vis de réglage, sur une autre série de bascules constituant les touches d'un clavier analogue à celui des

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pianos. En face de la partie des arcs verticaux, découpée de façon à reprd^ duirt les signaux Morse, est adaptée une longue |)iôce horizontale rectanp gulaire occupant toute la longueur de l'appareil et pouvant osciller suivant son axe. Cette pièce porte d'abord vers le milieu un petit levier muni d'un ressort, qui, en oscillant avec elle entre deux butoirs d arrê*. peut former interrupteur du courant, et jouer, par conséquent, le rôle de la clef ordi* naire; en second lieu, cette même pièce est munie, suivant sa longueur, de deux tringles horizontales placées dans le prolongement l'une de l'autre et pivotant séparément selon leur axe. Ces tringles, qui portent autant de dents en biseau qu'il y a de bascules à types, sont disposées de manière à pouvoir tourner d'un angle de quelques degrés quand on appuie de haut en b.is sur les dents qu'elles portent, mais à rester fixes quand cette pression s'exerce en sens contraire. Enfin un mécanisme d'horlogerie, avec volant modérateur, est adapté au long pignon horizontal qui rJ^agit, d'autre part, sur une bascule verticale portant inférieurement une tringle destinée à permettre l'abaissement simultané de deux touches, sans qu'il y ait trouble dans la transmission. 11 va sans dire que de forts ressorts à boudin dont on peut régler à volonté la tension, à l'aide de vis de réglage, soulèvent en temps ordinaire les différentes bascules à types. Voici maintenant comment cet appareil fonctionne :

Quand on abaisse une des touches du clavier, la bascule à types correspondante se trouve abaissée; les différentes saillies constituées par ladécou* pure du caractère, en rencontrant la dent de la tringle mobile quiae trouve en foce d'elles, font céder cette dernière, mais sans faire bouger la tige rectangulaire qui la porte; de sorte qu'aucun courant n'est envoyé parle levier interrupteur. Ce n'est que quand la bascule à types se relève sous l'effort du ressort antagoniste qui la sollicite, que la dent en question fuit obsta ;le et provoque, à chaque saillie du caractère découpé qui se relève alors, une oscillation du levier interrupteur, lequel fournit une fermeture du circuit plus ou moins prolongée, suivant la largeur de la saillie. Comme le relèvement de cette bascule est tempéré par le mécanisme d'horlogerie auquel elle est reliée par le long pignon horizontal dont nous avons parlé, les contacts sont effectués d'une manière uniforme et indépendante de la manière plus ou moins brusque dont on abaisse la touche.

11 nous reste maintenant à parler du mécanisme destiné à régler la succession des transmissions pour que deux touches abaissées ù la fois exercent leur effet en temps opportun. Ce mécanisme se compose, comme nous l'avons vu, d'une bascule verticale portant inférieurement une tringle sur laquelle viennent reposer les arcs des bascules à types. A sa partie supé*

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rréure cette bascule porte une cheville qui appuie sur la circonférence d'un disque muni d'une échancrure. En temps ordinaire, cette cheville est placée dans Téchancrure en question; par conséquent, la tringle portée par la bascule verticale ne peut faire obstacle à Tabiiss^iment des arcs portant les types; mais quand Tune des touches est abaissée, le pignon horizontal, eh tournant sous Tiufliienee des dents que portent les arcs, écarte la cheville de la bascule verticale, repousse cclle-ci de côté et place la tringle au-dessous de tous ces arcs, sauf au-dessous de celui qui a été abaissé et qui a pu ainsi échapper; il en résulte que toutes les touches abaissées postérieurement à la première ne peuvent produire d'effet sur Tinterrupteur qu'après le relèvement complet de cette première touche, car ce n*est qn *alors que le pignon horizontal, en tournant en sens contraire de sa première rotation, apnt replacé la cheville de la bascule verticale dans l'échancrure du disque dont il a été question, permet la transmission du caractère correspondant à la seconde touche abaissée.

Cet appareil a été habilement construit en 1862 par MM. Vinny et Gaussîn.

MM. Rizet, Minié et autres ont également cherché à perfectionner le manipulateur Morse, mais les moyens qu'ils ont employés sont plus ou moins compliqués et ne présentent réellement pas d'avantages sérieux. Ainsi M. Rizet reproduit les fermetures de courant longues et courtes en rapport avec chaque lettre de Talphabet au moyen d'une gorge sinueuse dans laquelle glisse un galet adapté à un levier-bascule, comme dans les manipulateurs Bivguet; cette gorge, dont les sinuosités se trouvent par cela même forcément irrégulières, est pratiquée dans une règle de cuivre qui glisse longitudinalement, et chaque lettre exige une règle particulière. Pour que la transmission puisse se faire le plus vite possible, l'inventeur dispose ces règles sur trois lignes en gradins, de telle manière que tous les mouvemenis produits par les leviers-bascules correspondant à ces règles viennent converger à un levier central, qui constitue alors le véritable interrupteur. Chaque règle ainsi étagée correspond à une touche qui, étant abaissée, rend libre le mécanisme d'horlogerie destmé à l'entraîner; de telle sorte qu'il suffit d'appuyer le doigt sur telle ou telle touche pour faire passer telle ou lettre qu'on veut transmettre.

. Manipnlateup de Mill Hefner-illteneok et Siemens. — Des difFôrents systèmes de manipulateur Morse à clavier, cehii de MM. Hefner-Alteneck et Siemens qui a figuré à l'exposition de Vienne de 1873 paraît être le meilleur et le plus pratit|ue. Voici la description qui en a été publiée par le Juurnai télégraphique de Berne le 25 mars 1674.

« Le manipulateur est intercalé directement dans le circuit de la ligne, et

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la transmission d*une dépèche s'efTectiie en abaissant des tonches dont chienne correspond à un des sij^nes. lettres ou chiffres usuels dans la télégraphie. La rapidité nioyeniio avec la {tiello les touches peuvent être successivement abaissées ne dépend que de la vitesse pour laqielle est réglé le mécanisme, qui est lui-môme iiiiiépeniJant du jeu ties touches. Ladifféi-ence de longueur des divers sig.iaux Mui-so n'a pas besoin d'être prise en considération lors de l'abaissement des touches, pas plus que Tespiice blanc réservé entre deux signaux, lequel se produit de lui-même, quel que soit le temps que le télégraphiste laisse écouler entre ^abaii^sement successif des touches. Les espaces blancs plus prolongés (entre deux mots par exemple) sont produits en al^aissant une touche particulière, appelée touche des blancs.

» Afin qu*il occupe le plus petit espace possible, le clavier est disposé en forme de gradins sur st'pl lignes dont chacune comprend sept touches. Les lettres sont distiibuées sur ces touchrs de telle façon que, dans la position naturelle des mains sur le clavier, les lettres qui se présentent le plus fréquemment soient atteintes le plus commodément. I/appareil entier couvre une surface de 21 centim. sur 3J, dont environ 20 centim. sur ?0 sont occupés par le clavier. Sa plus grande hauteur est d'environ 20 centim.

}> Le manipulateur de MM. Uefner^Alt«*neck et Siemens peut être disposé pour rémission de courants dirigés dans le même sens ou de courants en sens contiaires, avec ou sans décharge à la terre, selon la nature de la ligne qu'il doit desservir. Dans le premier cas, fappareil récepteur peut être un simple Morse à encre, et si Ton veut appliquer ce manipulateur dans une station correspondant avec un appareil dj ce genre, il suffit de Tintercaier à la place du manipulateur ordinaire.

9 La vitesse de transmission de cet appareil n'est limitée en définitive que par la vitesse avec la^^uelle le télégraphiste est en état d'abaisser successivement les touches correspondant aux différentes lettres, en admettant toutefois que rétat de la ligne n'impose pas une limite plus restreinte. Un télégraph'Ste exercé peut facilement abaisser cinq touches à la seconde, ce qui, à la condition que le mécanisme soit réglé en conséquence, produit 300 signaux à la minute, y compris les intervalles entre les mots. En admettant quHl faille en moyenne 200 signaux pour la transmission d'une dépèche (33 mots), le manipulateur à clavier transmettrait ainsi 90 dépêches à rheure, soit environ le double de ce que produit pratiquement en moyenne l'appareil Hughos. Cet apprireil présente donc les avantages de la télégraphie automatique (augmentation de vitesse et exclusion dos défauts de manipulation) sans ajouter au service des difficultés particulières.

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» La figiire il» pi. III, représente la disposition des organes principaux de Tappareil.

La partie caractéristique du mécanisme consiste dans un tambour cylindrique D mobile autour de son axe, et dont la surface cylindiique extérieure est entourée de petites tiges sSf placées les unes à côté des autres parallèlement à Taxe du tambour. Ces tiges, sous Taction des touciies, pouvent se déplacer à frottement doux dans le sens de leur longueur et dans des limites déterminées; mais étant déplacées de manière à constituer entre elles des groupes convenablement combinés, elles peuvent composer les types destinés à la transmission automatique des signaux. Trois tiges juxtaposées, déplacées ensemble, représentent un trait; une seule tige déplacée entre deux qui ne le sont pas, un point; une tige ou plusieurs tiges juxtaposées non déplacées, un intervalle blanc plus ou moins grand.

» Lorsqu'une touche est abaissée, les tiges correspondant au signal sont déplacées simultanément, et le tambour D sous faction du poids P (ou d'un ressort d'horlogerie) qui le sollicite en ce moment là, tourne de la quantité voulue pour franchir l'espace réservé au signal donné ainsi qu a Tintervalle qui doit le suivre, et présente une nouvelle série de tiges non déplacées au jeu des bras n n, qui produisent leur déplacement sous Tinfluence du mouvement résultant de rabaissement des touches.

n La liaison mécanique entre ces bras et les touches* est d'ailleurs sem« blable à celle qu'avait appliquée déjà le l^ Werner Siemens à son perforateur à clavier pour les transmissions automatiques. Chacune des louches T (il n*y en a qu'une de représentée dans la figure) est en rapport avec une lame de tôle verticale 8 dont Farète antérieure également verticale est découpée. Lorsque la touche est abaissée, cette lame fait un mouvement en avant, et il y a autant de ces lames 8 que de touches ^49). Elles sont placées les unes à côté des autres et lors de leur mouvement en avant, leur arête antérieure peut repousser par les parties saillantes dont elles sont pourvues, les arêtes d'une autre série de lames de tôle QQ situées dans une position perpendiculaire aux premières, c'est-à-dire horizontalement.

» Chacune de ces lames Q (au nombre de 19), est eile-mème reliée mécaniquement, par un levier basculant en tôle H. avec l'un des 19 bras n, de foçon que le mouvement de la lame Q ait pour effet de déplacer de sa position normale celle des tiges s qui se trouve vis à-vis du bras n correspondant. Pour plus de clarté, la figure ne représente qu'un seul des leviers H.

» Afin d'obtenir par le simple abaissement d'une touche le groupement des tiges s nécessaire pour reproduire une lettre déterminée, l'arête anté-

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rieure de la lame 8 est entaillée de foçon à n'atteindre gue celles des lames Q qui doivent amener ce grou{)emenl.

» 1^ mnuvemont d? rotation du tambour D qui suit immédiatement le groupement des liges, effectué comme il vient d'êire dit par rabaissement d'une touche, est produit par Taction d*un poids moufle et d*une séiie d'engrenages correspondant au pignon M.

>i Le cliquet a qui à Tétat normal retient ce tambour, est déclenché par le mouvement même des tiges ^, qui, étant déplacées par l'abaissement de la touche, pressent la surface oblique /"du cliquet et mettent ainsi le tambour en liberté. Le cliquet a est d'ailleurs combiné de telle sorte qu'il arrête de nouveau le tambour aussitôt que celui-ci, par un mouvement très rapide, a comme sauté l'espace nécessaire au groupement correspondant au signal donné et à l'espace blanc qui le suit. Des dispositions sont en outre prises pour que les bras n ne gênent pas la rotation du tambour. A cet effet, ils reçoivent une certaine mobilité, et leur extrémité est disposée de façon à s'écarter obliquement des tiges s aussitôt qu'ils ont produit l'action voulue sur ces dernières.

» Pour la touche des blancs qui ne déplace aucune des tiges $, le mou» vement de rotation du tambour est déterminé d'une autre manière, c'est-àdire par une action mécanique directe de la touche.

» Api es avoir ainsi expliqué le mécanisme œtapositeuvy nous allons passer au mécanisme transmetteur.

» Celui-ci doit avoir pour effet, sous l'action des tiges s déplacées, de déterminer le mouvement oscillatoire du levier interrupteur G qui, dans sa forme la plus simple, représente un manipulateur Morse ordinaire à deux contacts, et qui doit réagir de manière à transmettre sur la ligne les signaux Morse correspondant à la composiiion préalable effectuée sur le tambour. Dans ce but, tourne sur la surface antérieure du tambour et concentriquement avec celui-ci, une aiguille i terminée obli(}ueuientpar une pointe souple émoussée, qui rencontre dans sa rotation les tiges s rendues proéminentes par leur déplacement, et qui glisse par-dessuî^, tout en recevant d'elles des mouvements oscillatoires. Or ces mouvements oscillatoires se transmettent par un levier coudé o et une tige v au levier de contact G. Le levier coudé o est à cet effet fixé à l'aiguille elle-même et pénètre par une fsnte pratiquée dans Taxe de rotation du système de manière à appuyer Tun de ses bras contre la tige 9, qui repose dans un trou percé au centre du dit axe depuis son extrémité jusqu'à la fente dont nous venons de parler. Gomme l'autre bout de la tige d, en dehors de l'axe, touche Textrémi té in fériêiifed» levier de contact G qui appuie sur elle sous Taction d'un ressort, ce levier obéit à

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tous ses mouveincnts et réalise TefiTet de la godille dans les télégraphes à cadran. Lorsque Taiguilie i rencontre une tige saillante isolée ad pourionr du tambour, le contact en C est très court et produit un point; qunnd elle en rencontre au contraire trois juxtaposées, le contact en G est plus prolongé et produit un trait.

» Mais pour obtenir ce résultat, il est nécessaire que l'aiguille i chemine devant les extrémités des tiges s avec une vitesse cunslainnient égale, et cela quoique le tambour (et avec lui les tiges) ait lui-même un mouvement de rotation intermittent, se produisant par sauts sous Faction des touches.

» A cet effet le tambour I), ainsi que la roue denrée M qui fait corps avec lui, tourne librement sur l'axe m, tandis que Taiguille i y est au contraire jQxée, ainsi que la roue dentée K placée à Tintérieur du tambour, et qui coaimuuique par Tintermédiaire d'autres roues dentées fixées aux parois du tambour avec un régulateur à volant W. Enfin, à Taxe m est, en outre, fixée Tune des extrémités d'un ressort de pendule F convenablement tendu, dont Tautre extrémité est solidement arrêtée à la cage de Tappareil. A Tètat de repos ce ressort tient raiguilleî appuyée contre i'arrôt A, lequel se trouve en airière et tout près de la pince où le déplacement des tiges s s*effectuesous faction des touches. La rotation par sauts du tambour éloigne Taiguille t de Tarrèt A et tend en même temps le ressort F; mais la réaction de ce dernier ne peut se faire sentir sur Taxe m qu'avec une vitesse relativement faible et régulière, car tout en rapprochant l'aiguille i de Tarrét A, elle doit donner au volant W, à l'intérieur du tambour, un mouvement rotatoire très rapide autour de son axe. L'aiguille accomplit donc ainsi avec le tambour les mouvements saccadés décrits plus haut, indépendamment de son mouvement propre qui s'effectue dans un sens contraire, et qui est relativement régulier, eu égard aux tiges s, en raison du mécanisme d'horlogerie qui tempère l'action du ressort F. Une disposition spéciale permet, du reste, de régler à volonté la vitejsse de rotation du volant W.

» Selon que le télégraphiste abaissera successivement les touches avec plus ou moins de rapidité, ce sera le mouvement saccadé en avant du tambour ou bien au contraire le mouvement en arrière de l'aiguille, qui l'emportera; de sorte que, l'aiguille tendra dans le premier cas à s'éloigner de plus ea plus de I'arrôt A et dans le second cas à s'en rapprocher ; autrement dit, l'approvisionnement des signaux eomposé^ entre la pointe de l'aiguille et l'arrêt iia en augmentant o\\ en diminuant. En fait, le mouvement eil avant de l'aiguille pourrait être porté par un jeu rapide des touches à un maximum qui n'atteindraitt pas tout à fait une révolution entière, mais une disposition mécanique très simple a pour effet de faire sonner une alarma aH

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moment où le télégraphiste serait près de dépasser l'avance permise entre la composition des signes et la transmission automatique qui la suit.

» Les Uges déplacées, après avoir agi sur Taiguille, sont ramenées à leur position normale avant de se présenter de nouveau dans la position où leur déplacement a lieu, par le moyen d'un plan incliné fixe contre lequel elles frottent dans leur mouvement de rotation. »

Au pi'emier abord, quand on considère la vitesse avec laquelle peut vibrer une armature sous une iufluence électro-magnétique, vitesse qui est telle qu'elle peut donner lieu à des sons très-aigus, on est porté à croire que la rapidité de transmission des dépêches dépend uniquement de la promptitude avec laquelle l'interruption du courant est produite, et l'idée des transmetteurs mécaniques nàit à Tinstant dans Tesprit Aussi avonsnous vu que dès l'origine M. Morse avait combiné à cet effet un certain nombre d'appareils qui sont longuement décrits dans l'ouvrage de M. Vail sur le télégraphe électro-magnétique Américain. Mais pour peu qu'on réfléchisse quelque temps sur cette question, on ne tarde pas à reconnaître que le problème est beaucoup plus complexe qu'il ne paraît Tôtre tout d'abord, et on arrive à cette conclusion, que non-seulement ces sortes d*apparelis doivent avoir une vitesse très-limitée, mais qu'ils ne peuvent présenter d avantages réels que sur des lignes très-encombrées de dépêches, et cela seulement par la possibilité qu'ils donnent d'utiliser sans perte de temps la ligne télégraphique qu'ils desservent.

Nous avons vu en effet qu'avant d'atteindre la force maximum quil doit avoir pour faire fonctionner convenablement les appareils télégraphiques, le courant envoyé par le transmetteur doit passer par une période variable dont la durée se trouve considérablement augmentée par l'introduction à l'extrémité du circuit d'une résistance considérable (celle des électroaimants). De plus, il faut un certain temps pour que la magnétisation se produise et un temps plus grand encore pour que la désaimantation s'effectue, soit par suite de la condensation magnétique et du magnétisme rémanent, soit surtout par la prolongation du temps de la décharge du fil qui est, comme on l'a vu, environ quatre fois plus long que celui de la charge, soit enfin par le temps matériel nécessité pour la vibration. Si on joint à ces causes d'affaiblissement de l'intensité électrique celles qui résultent des courants accidentels, des dérivations et. des. mélanges qui se manini 10

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festent sur les lignes» on arrive à se convaincre que le problème & résoudre dans les transmetteurs télégraphiques n*est pas tant de rechercher la promptitude des émissions produites, que de trouver une disposition qui parviendrait à empêcher toutes les réactions contraires que nous venons de signaler. Nous savons déjà que la mise en contact de la ligne avee la terre au poste de réception^ après chaque émission de courant, et l'envoi à certains moments d'un faible couiant contraire peut augmenter dans une proportion notable la vitesse des transmissions : mais on pourrait foire mieux encore, et nous verrons au chapitre de la télégraphie sous-marine que Ton est en bonne voie de ce côté. Dans tous les cas, il résulte des expériences que nous avons rapportées dans notre tome II p. 439, que les transmetteurs automatiques, si on les emploie, devront être disposés de manière à permettre de varier à volonté le rapport de la durée des contacts aux intervalles de temps qui les séparent.

Si l'on considère maintenant que les transmetteurs automatiques exigent une opération préalable avant la transmission, celle de la composition de la dépêche sur des appareils de rechange» et que cette opération préalable exige toujours plus de temps, quoi qu*on fasse, que la simple expédition de la dépèche avec la clef ordinaire, on comprendra immédiatement que ce système ne peut avoir d'avantages sous le rapport de la célérité de la transmissioUi qu'en ce qu'il permet de faire composer d'avance un certain nombre de dépèches par plusieurs employés, et de ne laisser jamais la ligne inactive. Les transmetteurs automatiques seraient donc une erreur sur des lignes peu chargées de dépèches.

Gdmme nous Tavons dit, l'invention des transmetteurs automatiques remonte à celle du télégraphe Morse lui-même. Les systèmes qui ont été ptbposés depuis n'en sont que des modifications ou des complications plus ou moins bien entendues. Ceux dont on s'est le plus occupé jusqu'ici ont été présentés par MM. Bain, Wheatstone, Paul Garnier et Marqfoy, Digney, Siemens, Breguet, £>egors, Baggs, Âllan, Mouilleron et Guérin, Renoir,' Humaston, Ghauvassaignes et Lambrîgot, etc. Gomme ceux de MM. Wheatstone, Siemens et Digney sont les plus pratiques, nous commencerons par eux la description que nous devons faire de ces sortes d'appareils quoiqu'ils ne soient pas les premiers en date.

Téléi^aphes automatiques de M. Wheatstone. — Il y a déjà longtemps, en 1858, M. Wheatstone avait combiné un système de télé* graphe écrivant automatique, qui avait fourni des résultats très-remarquables pour répôque et dont les combinaisons extrêmement ingénieuses a^ent ftût Tadmiration des savants et des hommes du métier. Toutefois

têlk(;haphks échivants. ui

cet appareil ne fut pas adopté dans la pratique à cause de la délicatesse des organes du récepteur, et surtout parce que les impressions ?c rnpportaient à un système d'ulphahet paiticu'ier et mettaient à contribution un mode de pointage à Tencre regardé comme défectueux par les praticiens. Par suite d'une modiiication très simple apportée au transmetteur de Tappareil, M. Wheatstone était parvenu cepindantà appliquer son système aux nppareils Morse en usasre et avec lalphabet adopté; mais les avantages pratiques de ce nouveau système furent encore méconnus, et ce ne fut que quand M. Wlieatsionc, par une nouvelle disposition plus pratique, eut démontré qu'on pouvai^ de celte manière expédier sur une ligne de 800 kilomètres de longueur plus de 110 dépêches à l'heure, qu'on commença à se préoccuper sérieusement de cet appareil. Aujourd'hui il est en fonction sur plusieurs lignes anglaises et il fait depuis le mois d'octobre 1873 le service de Paris à Marseiile. Ce qui est le plus étonnant selon moi c'est qu'il ne se répande pas davantage, car c^est celui de tous les systèmes automatiques dont les résultats ont été les plus avantageux.

Comme les œuvres de M. Wheatstone sont des œuvres monumentales dans lesquelles le génie inventif de cet illustre savant se retrouve jusque dans les moindres détails, nous allons décrire successivement ses différents systèmes et nous commencerons par celui de 1858.

!«' Système. — Ce système, comme du reste presque tous ceux de ce genre, comporte, en dehors du récepteur qui comme nous l'avons dit peut être un télégraphe Morse ordinaire, deux appareils : un transmetteur automatique qui est mécanique et un compositeur de la dépêche.

Compositeur de la dépêche. — Cet appareil que nous représentons vu en plan fig. 57 et en élévation fig. 50, a pour effet de découper sur une bande de papier une série de trous do!it le groupement est disposé de manière à

Fig. 33.

reproduire les différentes lettres de la dépêche. Ces trous que nous représentons Ag. 55 sont à la vérité disposés sur trois lignes et no représentent guèro/ à première vue les signaux Morse, tnais nous verrons rjue, grâce îi ime disposition très-simple du transmetteur, ils peuvent re(>roduire très-nettement ces signaux sans aucun changement. Par suite de sa fonction d'em-' porte-pièce M. Wheatstone a donné à cet appareil le nom de perforaleuv:

TÉLÉGRAPHES ECRIVANTS.

Le perforateur de M. Wheatstone est d'une simplicité merveilleuse et avait dans Torigine des dimensions pour ainsi dire microscopiques : il n'avait guère que 18 centimètres environ de longueur sur 8 de largeur. Il se compose essentiellement de trois clefs A, B, G, fig. 57, placées parallèlement les unes à côté des autres et dont les extrémités opposées aux toup. gg ches se contournent de ma-

nière à se trouver en £, F, O, fig. 56, sur la même ligne droite. Chacune de ces extrémités soutient le bout d'une aiguille d'acier G, H, I, et peut, en réagissant sur une pièce L rectangulaire KLOP et une ^^ traverse OP, produire une triple action mécanique que nous allons analyser. Pour qu'on puisse la comprendre, nous dirons tout d'abord que les trois aiguilles d'acier G-, U, I sont reliées, par des traverses trouées qui leur servent de guide, à deux montants que l'on aperçoit un peu en X et en Y, et qui font partie d'un système oscillant pivotant autour des vis N et M. Ces deux

Fig. 57.

montants se terminent supérieurement par une traverse d*acior également trouée que Ton distingue en JH, fig. 57, mais à travers laquelle les aiguilles G, H, 1 ne passent pas quand elles sont dans leur position normale. Cette traverse correspond à l'ouverture UV, ^g, 56, par laquelle on introduit la bande de papier. Pour que le système oscillant dont nous venons de parler puisse être mis en action, il sufiit que la traverse OP0 qui est en avant des vis M et N soit un peu soulevée. Alors le système entier des trois aiguilles se trouve incliné et reporté de ST en QR, fig. 57 ;

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS. 149

mais il se trouve bientôt ramené à sa position initiale par l'action des ressorts à boudin qui entourent les tiges CK, YL, fig. 56, et qui, en repoussant la pièce KLOP, repousse également ia traverse OP par Tintermédiaire de la pièce avancée KL. Nous devons dire, toutefois, que cette pièce KLOP n'est pas seulement destinée à produire cette action; étant reliée par les tiges UK, YL, avec une pièce 8T, et appuyant directement sur les trois leviers, chaque mouvement de ceux-ci a pour efifet le soulèvement de la pièce ST. Or, cette pièce sert en quelque sorte de presse pour maintenir la bande de papier intjx>duite dans Touverture UV et la serrer près du point où doivent être percés les trous. Yoici maintenant le jeu de cet appareil :

Au moment où l'on appuie le doigt sur Tune ou Tautre des touches A, B, G, Taiguille correspondante à la tige touchée est soulevée; elle rencontre le papier, qu'elle perfore, et, aussitôt la perforation effectuée, la pièce 8T est soulevée; le papier se trouve donc libre dans l'ouverture UY et n'est plus maintenu que par Taiguille qui a passé au travers; mais bientôt le levier touché rencontre la traverse OP, et alors le système oscillant étant mis en jeu, la bande de papier se trouve entraînée de Tintervalle d'un entre-trou; quand le levier revient à sa position primitive, Taiguille, en s'abaissant, se dégage du trou qu'elle a fait; la pièce RT serre de nouveau le papier, et les ressorts à boudin des tiges UK, \L, réagissant sur la traverse OP, ramènent le système oscillant à sa position normale, jusqu'à ce qu'une nouvelle impulsion donnée à Tun ou à l'autre des trois leviers A, B, G, provoque un nouveau trou. '

Un coup sec et ferme donné aux touches de cet appareil suffit pour obtenir les trous en question,' quelque promptitude d'ailleurs qu'on mette à cette action; et telle est la perfection de l'appareil que les intervalles des trous sont égalisés comme s'ils avaient été déterminés à l'aide d'une machine à diviser.

Dans l'appareil de M. Wheatstone, le poinçon de Taiguille du milieu est affecté aux trous qui correspondent aux espaces blancs. Ges trous sont plus petits que les autres, pour ne pas troubler la lecture de la dépêche, et doivent être au nombre de trois consécutifs entre chaque lettre pour fournir un espace suffisamment large.

Les deux cylindres formant laminoir que l'on aperçoit enED, fig. 57, sont destinés à servir de support et d'organe de repère à la bande de papier imprimée lorsqu'il s'agit de reproduire une dépêche reçue que Ton doit expédier plus loin. De la main gauche on fait avancer la bande de papier à l'aide du boulon M, à mesure que les diverses combinaisons de points qui composent la dépèche se trouvent découpées à l'aide de la main droite.

TÈLÈr.IîAPÎlEr; ECUIVANTS.

Transmeltciir. — Le principe mécanique du transmetteur de M. Wheatstone est exactement le même que cului de l'appareil précédent, et son jeu n'est autre chose que celui des aiguilles dans une jacquart ordinaire. Il se compose de quatre paKies : 1° d'uu système moteur représenté, dans la fi^^ j8 ci-contro, par la »-():ii> A. mise on mouvement à Taidede la manivelle

M, pnr le pignon B et le vo*

Fi^r. 58.

Innt V, monté sur Taxe même de ce pignon; 2° d'un système interrupteur et inverseur représenté par une visbutoir C, sur laquelle réagit une bielle coudée F, et par (jualre ressorts commutateurs qui se voient par le bout en D, D' et en E, F; 3° d*un système traducteur (\\n sert d'intermédiaire entre la bande de papier percée et le système inverseur pour [[Jp^ faire exprimer électriquement à celui-ci les combi nuisons fournies par cette bande de papier; 40 d'un système pour faire avancer labande de papier.

Ces deux derniers systèmes, constitués par les trois aiguilles G, K, I et le système oscillant PLONQ, ne sont, comme on peut le reconnaître aisément, que la reproduction du mécanisme perforateur, dans lequel le mouvement de bas en haut des aiguilles et le mouvement de côté du mécanisme oscillant, au lieu d'être produits par des leviers, sont obtenus par l'intermédiairi' d'un axe excentrique adapté à l'axe du pignon B. A cet effet, le levier ()P est terminé en P par une fourchette placée à cheval sur cet axe excenlrique, et les aiguilles G. K, I sont terminées par des crochets sans cosse appuyés contre cet axe par l'iu termédiairj de ressorts à boudin, connue on le voit sur la figure. Gomme dans le mécanisme perforateur encore, la pièce JM est soulevée par une tige XT un peu après l'ascension des aiguilles G, K, I, afin de laisser libre la bande de papier une fois qu'elle a

TÉLÉGRAPilKS ECRIVANTS. 151

été traversée par les aiguilles. Enfin, les aiguilles G, K, I elles-inAmes» conduites par la pièce LQ, à travers laquelle elles passent^ se trouvent dirigées devant une traverse trouée, tout à fait semblable à la pièce JH de la ûg. 57, et qui est supportée par les tiges OU, NQ, du système oscillant. (Nous avons augmenté sur la figure l'espace entre les aiguilles, afin de ne pas embrouiller le dessin.)

(Test au moyen de deux petites goupilles R, 8, isolées sur des manchons d'ivoire et adaptées aux aiguilles G et I, que s'opère la réaction du système traducteur sur le système inverseur. Ces goupilles, en suivant le mouvement des aiguilles G et I, peuvent opérer un contact alternatif avec les ressorts D, D', £, £' dont nous avons parlé, et qui sont en rapport avec le circuit de la ligne dans lequel se trouve interposé déjà l'interrupteur constitué par la vis G. Or, ces goupilles étant mises elles-mêmes en rapport avec les pôles de la pile de ligne par Tintermédiaire des ressorts à boudin qui soutiennent les aiguilles I et G, il arrive que, suivant que celles-ci sont éle* vées ou abaissées, le courant traverse la ligne dans un sens ou dans l'autre; mais il faut pour cela que Tune d*elles soit abaissée, alors que l'autre sera élevée. Dans tous les cas, le courant ne se trouve interrompu qu'en G, et cela à chaque tour du pignon B, car Taxe excentrique de ce pignon, qui réagit déjà sur les aiguilles G, K, I et sur les tiges TX, PO, exerce aussi son action sur le levier coudé F qui porte le ressort interrupteur destiné à être mis en contact avec la vis G.

Si Ton a bien saisi cet exposé, on comprendra facilement qu'en introduis sant par Touverture UY la bande de papier découpée par le perforateuTi ainsi qu'on l'a vu précédemment, cette bande de papier, une fois mise en prise avec les aiguilles G, I, K au moment de leur ascension à travers les trous de la pièce JH, devra être repoussée à chaque tour du pignon B par suite de l'introduction de Tuno ou l'autre des aiguilles G, K, I dans les trous du papier; car Toscillation de la pièce JH, fig. 57, ayant dans cet appât reii exactement la même amplitude que dans l'appareil perforateur, les aiguilles G, K. I jouent en quelque sorte, par rapport aux trous du papier, le rôle de cliquets d'impulsion à regard d'une crémaillère. Mais comme ces aiguilles ne subissent la réaction de l'axe excentrique du pignon B, fig. 58, que par rintermédiairo d'uq ressort fiexible, il arrive qu'elles ne réagissent sur le papier qu'alternativement, suivant qu'un trou se présente devant l'une ou l'autre d'entre elles. Aussi, quand un trou se présente devant Taiguille G, celle-ci passe à travers le papier et la pièce JH; alors la goupille H entre en contact avec la lame D ; un courant se trouve envoyé à travers la ligne dans une direction doxmée; la pièce qui serre le papier se trouve sou-

152 TÉLÉGRAPHES ECRIVANTS.

levée, et lorsque la bascule OPLQN s'incline, Taiguille G, qui a passé au travers du papier ainsi que l'aiguille K qui y passe toujours, repoussent celui-ci de l'intervalle d'un erUre-trou. Pendant ce temps, l'autre aiguille I, qui n'a pas rencontré de trou en face d'elle, est restée abaissée, et complète le circuit. Quand Talguille K, seule, rencontre un trou devant elle, ce qui suppose un intervalle de lettres, les deux aiguilles G et I restent abaissées; par conséquent aucun courant n'est envoyé, mais le papier se trouve alors trois fois de suite repoussé par la même aiguille, ce qui fournit un intervalle blanc sur la bande de papier du récepteur. Enfin, quand le trou se présente devant Taiguillel, le contact de la goupille S a lieu avec le ressort E, et une émission de courant se manifeste comme dans le premier cas, mais avec une direction inverse. Le jeu de ce mécanisme est, comme on le voit, celui d'une jacquart ordinaire.

. Le transmetteur que nous venons d'étudier est disposé pour s'adapter aux courants voltaïques, mais il peut également s'adapter aux courants d'induction, en établissant entre la roue A et Taxe de rotation des bobines de la machine magnéto-électrique une solidarité de mouvement convenable. Dans les machines magnéto-électriques destinées à cet usage, M. Wheatstone n'emploie pas de commutateur à renvei*sement de pôles ; il utilise seulement les courants directs en ayant soin d'éliminer les courants inverses.

Dans la description précédente nous avons parlé du mécanisme constitué par les pièces G, F mais sans en préciser l'usage. Ge mécanisme constitue l'interrupteur du cii-cuit qui relie la ligne au récepteur du poste. Il se compose d'une tige rigide F adaptée à un bras métallique horizontal muni d'un ressort de contact qu'on devrait apercevoir vu par le bout sur la figure et qui appuie contre une vis butoir G, quand l'excentrique du pignon B est dans la position horizontale; c'est en quelque sorte un levier coudé articulé qui, étant relié au fil de ligne alors que la vis G communique au récepteur^ joue le rôle du contact d'attente dans les manipulateurs ordinaires.

Rècepleur. — Pour obtenir une grande sensibilité et une grande vitesse de la part des appareils télégraphiques, il faut, ainsi que nous l'avons déjà dit plus d'une fois, que les pièces mobiles soient le plus légères possible, que les électro-aimants soieut le plus petits possible, et que Ton se trouve afiranchi des temps de pause par des combinaisons simples de signaux ne demandant que des courants d'une durée instantanée. Ce sont ces résultats que M. Wheatstone a cherché à obtenir dans le récepteur écrivant que nous représentons fig. 59.

Dans cet appareil, le système électro-magnétique est combiné comme

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

nous rayons indiqué page 89, tome II. 11 se compose de deux ftûsceaux de quatre électro-aimants droits de très petit diamètre disposés parallèlement les uns à côté des autres, les pôles contraires en regard. Les armatures de ces électro-aimants sont constituées par quatre petits barreaux aimantés A B, CD, etc., légèrement arqués, et fixés entre les pâles

des électro-aimants sur un axe commun d'oscillation £F, E'F, dont l'un des bouts porte une aiguille de platine FG, FG' recourbée en 8 et tenant lieu de style. Une vis aimantée P, F^ réagissant sur Tun de ces barreaux aimantés, rappelle toujours chaque système à une position fixe. Avec cette disposition, on comprend facilement que chaque fiusceau aimanté, subissant de la part des pôles des électroaimants, pour chaque fermeture de courant, seize influences effectives conspirantes dans uu même sens, et n'ayant d'ailleurs par lui-même qu'une force d'inertie très faible, puisque son centre de gravité est très rapproché de l'axe d'oscillation du système, il se trouve dans les meilleures conditions possibles de force et de vitesse, et permet en outre d'obtenir une réaction différente dans chaque système. Le mécanisme entraîneur de la bande de papier est représenté en X; il se compose toujours de deux cylindres S et O formant laminoir, et entre lesquels glisse la bande de papier, qui est introduite en R dans l'appareil. Les traces fournies par cet appareil sont faites à l'encre, et, à cet effet, une cuvette métallique se trouve placée en N entre les deux systèmes électro-magnétiques; deux trous G, G', dans lesquels s'engagent les extrémités libres des fils G, F, G'F, permettent à l'encre d'imprégner toi^urs ces extrémités, mais, en raison du petit espace qui existe entre le fil et les bords du trou, ce liquide ne peut jamais s^écouler librement. Il en résulte donc que chaque fois que les aiguilles GF, G'F s'enfoncent plus profondément dans les trous, elles se recouvrent d'encre fraîche et viennent déposer un point coloré sur la bande de papier qui défile au-dessous.

Ce système de récepteur est, comme on le voit, excessivement simple, et, en raison du peu de résistance qu'il, rencontre, il peut se passer de relais. Le seul inconvénient qu'il présente est le soin qu'il fiaut lui donner pour

154 TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

empocher Tencre de se sécher ou de s'épaissir dans les trous 6, 6'; mais, .en le combinant avec deux molettes encrées, comme dans le système Digaey, le problème pourrait être résolu d'une manière tout à fait pratique.

Traducteur des dépêches. •— Pour obtenir l'impression en caractères ordinaires d'une dépêche envoyée dans le langage alphabétique qu'il avait adopté, M. Wheatstone a combiné deux appareils différents excessivement ingénieux, mais un peu compliqués, qui réalisent néanmoins, tels qu'ils sont, le problème de la manière la plus complète. Le plus curieux de ces appareils est fondé sur une propriété particulière des nombres, qui rend possible la reproduction de trente combinaisons différentes avec l'emploi de neuf touches seulement.

L'appareil montre donc au dehors neuf touches, dont huit sont disposées sur deux rangées parallèles, quatre dans chaque rangée; la neuvième touche est placée séparément. La partie principale du mécanisme est une roue portant à sa circonférence trente types placés à des distances égales, représentant les lettres et autres caractères de l'alphabet. Un second mécanisme est tellement disposé et uni au premier, que, si Ton abaisse les touches de la rangée supérieure, la roue s'avance de 1, 2, à ou 8 pas ou lettres, et que si Ton abaisse de la même manière les touches de la rangée inférieure, la roue avance respectivement de 2, 4, 8 ou 16 pas ou lettres. Par cette disposition, lorsque les touches sont abaissées successivement et dans l'ordre dans lequel les points sont imprimés sur le papier, c'est à-dire si Ton abaisse la première touche pour un point, la première et la seconde pour deux points, et que Ton choisisse les touches de la rangée supérieure ou de la rangée inférieure, suivant que le point est sur la ligne supérieure ou sur la ligne inférieure de la bande de papier imprimée, la roue à types ou à lettres sera amenée dans la position convenable pour montrer la lettre correspondante à la succession ou à Tensemble des points tracés sur la bande. La neuvième touche lorsqu'elle est abaissée, agit pour imprimer le type ou la lettre sur la bande, pour la faire avancer de manière à offrir une place libre à la roue à types, et pour ramener la roue à types à sa position première.

D'après la description pi^édente, il est facile de comprendre comment le transmetteur de ce système télégraphique peut être transformé pour fournir avec un récepteur Morse ordinaire les signaux Ue l'alphabet Morse. Il suait en effet pour cela que les aiguilles G et I (iig. 58) soient mises en contact avec le fil de hgne et que les ressorts £ et D sur lesquels elles appuient soient disposés de façon que le contact opéré sur Tun d'eux, £ par exemple, soit plus prolongé que sur l'autre. De celte manière les contacts effectués par

ÏÉLKGUAPHKS ECUIVANTS.

i*aiguiUe I peuvent reproduire les traits allongés de Talphabet Morse alors que ceux opérés par Taiguille G reproduisent les points ou les traits courts. Comme ces fermetures de courant sont alternatives et opérées alois à tra* vers un même électro-aimant, les traces qui en résultent se trouvent né* cessairement reproduites au récepteur sur une même ligne droite. De plus, les deux ressorts D', E', mis dès lors en relation avec la terre, permettent de décharger la ligne après chaque émission de courant et de la. placer dans les conditions voulues pour une transmission rapide.

2<» Système dit Télégraphe rapide de M. Wheatstone. — Le nouveau système de M. Wbeatstone est fondé sur le même principe que le

Fig. 60.

premier; seulement pour satisfaire aux réclamations qui lui avaient été faites, M Wheatstone a combiné son récepteur de manière à fournir des impressions au moyen d'une molette tournante, comxe dans le système Thomas John, et a disposé son transmetteur de manière que les courants renversés utilisés, dans son premier systèm'), à fournir des points supérieurs et inférieurs, pussent fournir des signaux Morse ordinaires placés les uns à la suite des autres sur une même ligne droite. Les fi^. 60, 64 et b't représentent les différents appareils qui composent ce système. IransmetUur, — Le transmetteur du télégraphe de M. Wheatstone que

156 TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

nous représentons fig. 60 et dont Torgane électrique est placé en avant de l'appareil dans une petite boîte carrée recouverte d'une glace, n'est en somme qu'un inverseur de courant mis en action sous Tinfluence de la bande de papier perforée, et auquel a été adapté un système compensateur destiné à égaliser l'action des courants envoyés, malgré l'inégalité des effets auxquels ils donnent lieu, afin dé fournir une vitesse de transmission plus grande. Avant de décrire cette partie de l'appareil de M. Wheatstone il est important que nous expliquions en quelques mots l'importance de ce système compensateur.

On a vu tome II, p. 439, que les courants renversés fournissent une vitesse de transmission plus grande que les courants simples, et cette vitesse est beaucoup plus grande encore quand les signa^ix qui se succèdent sont de durée égale et également espacés. Gomme avec le nouveau système de M. Wheatstone on doit reproduire les signaux de l'alphabet Morse, il était donc nécessaire pour obtenir une transmission rapide de faire en sorte que les courants brefs et les courants prolongés eussent une même vitesse de transmission, et c'est dans ce but qu*a été adapté le système compensateur

Flg. 61.

qui e'st placé à la droite du commutateur et qui a pour effet, au moment des ruptures du circuit qui suivent l'émission d'un trait ou d'un espacement prolongé, d'envoyer sur la ligne un courant de compensation, afin de maintenir celle-ci dans les mêmes conditions électriques qu'après les ruptures du circuit succédant aux points et aux espacements de signes. La fig. 61 ci-dessus pourra donner une idée nette de l'importance de cette disposition ; mais pour la comprendre, il faut d'abord savoir que dans le système de M. Wheatstone toutes les émissions de courants sont égales et que les effets inégaux qui sont produits sont le résultat de l'action électro-magnétique qui, par suite d'une réaction propre de Tarmature de l'électro-aimant du récepteur sur les noyaux magnétiques et des effets d'induction déterminés sur la ligne, maintiennent les effets produits par le courant, même après son interruption et jusqu'à ce qu'une inversion dans sa direction change

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS. 157

diamélralement les oonditions magnétiques de rélectro-aimant. C'est du reste une réaction analogue à celle des électro-aimants Siemens dont nous avons parlé plus d'une fois. Or il résulte de ce système de transmission que rétat de charge électrique de la ligne pendant la transmission d'une lettre, de la lettre r par exemple, pourra être représenté, en supposant la ligne x y comme indiquant les tensions neutres, par une ligne sinueuse à contours très inégaux abcgde fikqvl montre que le circuit se trouve alors dans de mauvaises conditions, pour la célérité des transmissions, puisque, ainsi que nous Pavons dit, ces contours devraient être égaux et symétriques pour obtenir le maximum de vitesse. La forme de ces contours s'explique d'ailleurs facilement si Ton réfléchit qu'au moment de la formation du trait, le circuit étant interrompu sans inversion de courant, la courbe de décharge positive, au lieu de descendre de g en / comme dans le signal précédent, va de g en o, et comme par suite de la décharge complète de la ligne qui a eu lieu eaod l'émission du courant négatif qui suit peut produire une charge négative plus grande que de b en c, où la tension négative communiquée primitivement à la ligne affaiblit un peu la tension positive de Tonde a 6, la courbe descend en m, comme elle était descendue de q en p pour l'onde a 6. 11 en est naturellement de même pour la portion /* i A de la courbe qui représente un blanc prolongé. C'est, comme nous l'avons déjà dit, pour rectifier cette courbe à contours irréguliers qu'ont été introduits les courants de compensation^ et pour en obtenir l'eflfet voulu, il suffit de disposer les contacts du transmetteur de manière que, un peu après l'émission de courant qui a produit la partie de la courbe e g^ puisse succéder un courant supplémentaire d'une intensité suffisante pour compenser la perte de tension résultant du prolongement de la décharge. 11 arrivera alors que la courbe c go d se relèvera en h et fournira une courbe de décharge /» d qui se trouvera dans les mêmes conditions qu'en p 6, si l'intensité du courant de compensation est convenablement calculée. Par suite la courbe dme deviendra d n e, et la courbe entière ne présentera plus que des sinuosités régulières et symétriques. Nous verrons à l'instant comment la disposition du transmetteur de M. Wheatstone permet de réaliser ce problème, mais on devra observer que puisque la ligne en o et est complètement déchargée alors qu'elle ne l'a pas été complètement en a &, il faudra, pour que la courbe h d soit la même que p fr, que le courant de compensation soit un peu plus feibleque le courant de ligne, ce que l'on obtient en lui faisant traverser une résistance qui doit être calculée suivant la longueur du circuit. Sur la ligne de Paris à Marseille cette résistance doit être le quart de celle de la ligne, et son

. 158 TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

intervention, en abaissant le sommet de la courbe positive, réalise alors le même effet que celui qui avait été produit en a 6par la charge négative du fil, laquelle avait fait tomber primitivement la courbe a b de a qbenap b. La pièce principale du transmetteur de M. Wheatstone est une bascule oscillante en ébonite R (Hg. 62) qui pivote sur sa partie centrale et qui est mise en mouvement continu d'oscillation par un fort mécanisme d'horlogerie. Cette pièce porte trois chevilles métalliques sur lesquelles peuvent appuyer, dans des conditions données, quatre leviers coudés à ressorts, Â^ B, Z, O en rapport plus ou moins direct avec la pile. Les chevilles elles-mêmes, du moins celles qui sont voisines des extrémités de la bascule, sont en rapport direct, Tune H avec la ligne, l'autre, celle de droite, avec lat«rre, et celle du milieu qui est isolée n'a d'autre effet à produire que d'établir une liaison électrique entre les leviers Z, O et B, quand dans certains'moments ils appuient en même temps sur elle. Les pôles de la pile aboutissent aux deux équerres F et G, sur lesquelles sont articulés les leviers O et Z, et ces équerres pov*tent en même temps deux vis de contact F et 6, entre lesquelles oscille un levier basculant N, qui £ait fonctionner le système corn* pensatetir et dont le pivot est monté sur une pièce mise en rapport avec la ligne par l'intermédiaire d'un Rhéostat d'une grande résistance. Par suite de cette disposition, les leviers coudés 0 et Z représentent les deux pôles de la pile et les leviers articulés A et B la ligne elle-même, quand toutefois ils sont en contact avec les chevilles qui leur correspondent. Ces deux derniers leviers portent chacun à leur extrémité la plus longue une aiguille verticale Y, V qui appuie, sous Tinfluence des ressorts H, fl' qui sollicitent les leviers, sur la bande de papier perforée L placée au-dessus d'eux. Cette bande est conduite par une roue W^ dont les dents s'engagent dans les trous du milieu de la bande et qui fiiit passer successivement au-dessus des deux aiguilles V, V les différents trous représentant les signaux. Q'.iand c'est un vide qui se présente au-dessus d'elles, elles s'y enfoncent sous l'influence des ressorts H et H' au moment où le bras de la bascule qui les porte s*éiève; mais quand au contraire c'est la surface non percée du papier qui se montre, elles restent abaissées, et les leviers qui les conduisent ne suivent plus la bascule dans son mouvement oscillatoire. On remarquera ici en passant que l'une des aiguilles s'élève quand l'autre s'abaisse ; or comme pour une double oscillation de la bascule R, c'est-à-dire pour l'ascension successive des deux aiguilles, la bande de papier a été entraînée sur une longueur égale à un intervalle de deux trous de la bande perforée, les extrémités des deux aiguilles doivent être séparées par un même espacement, si l'on veut que la bande perforée laisse passer les aiguilles par deux trous situés sur la

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

même ligne droite. C*est pour cette raison que les deux aiguilles paraissent inclinées Tune sur l'autre sur la fig. 62, et qu'elles sont munies de ressorts antagonistes et de butoirs d'arrêt différemment placés. On remarquera encore que Tune des aiguilles V sert aux inversions du courant tandis que l'autre sert aux ruptures du circuit.

ÏJBS leviers A et B communiquent métalliquement entre eux par Tintermédiaire des ressorts H et H', mais ils sont reliés mécaniquement aux deux extrémités d'un levier basculant N parllntermédiaire de deux tringles E et D, qni leur permettent de foire accomplir à co levier un petit mouvement oscillatoire dans 4eux sens différents. Toutefois ce mouvement n'étant prodoit que par l'intermédiaire d'une pièce isolante à rebord adaptée aux extrémités des tiges E et D, Faction des leviers A et B n'est effective que dans le sens de la poussée^ et comme le mouvement communiqué par ces

Fig. 62.

tiges est continué dans im sens ou dans l'autre par un galet à ressorts qui appuie à l'extrémité delà bascule ou godille N, à la manière d'un encliqao tage à étoile^ il arrive qu'au moment des oscillations rétrogrades des leviers A et B, la godille N reste inclinée, pendant un intervalle de temps plus ou moins court et qui a été calculé, dans la direction que lai avait fait prendre les oscillations de sens opposé des leviers^ et se trouve mise ainsi en contact prcrfongé avec l'une ou l'autre des vis de contact F et G. Or voici ce qui résulte de cette dispositioii*

Dans la situation de la bascule oscillante R sur la fig. 62, aucun courant n'est envoyé sur la ligne; c'est la position neutre. Un petit butoir en ébonite adapté au levier Z empêche en eflèt son contact ainsi que celui du levier 0 avec les deux chevilMs de droite de la bascule, qui se trouvent ainsi isolées

160 TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

de la pile; la godille N de son côté est placée entre les deux vis F et G, ce qui rempèche également d'envoyer aucun courant de compensation sur la ligne. Mais si nous supposons que la bascule R s*élève du côté droit en s'abaissant du côté gaucbe, les leviers A et B, en suivant les chevilles contre lesquelles ils butent, soulèveront d'une part l'aiguille V contre la bande perforée et abaisseront d'autre part TaiguiUe V, tout eti réagissant sur la godille N, qui se trouvera de cette manière mise en contact avec la vis F. De plus le levier O sera mis en contact avec la cheville intermédiaire, et le levier Z touchera la cheville extrême de la même bascule qui communique à la terre. Le levier A de son côté aura été abaissé et aura retiré de Textrémité inférieure de la godille N le butoir de poussée de la tige £. Toutefois ces effets ne seront complets que si l'aiguille V' correspondant au levier B peut pénétrer par un trou à travers la bande de papier. Dans ces conditions le courant de la pile prenant le chemin le moins résistant ira directement de 0 en B et de B en A par les ressorts H H', puis de A à la ligne par la cheville R» et enfin il reviendra par la terre à la chevilleextrême de droite de la bascule R et le levier Z. Il est vrai que sans la résistance considérable du Rhéostat intercalé dans le circuit du système compensateur, il pourrait regagner la ligne par le contact F, la godille N et ce Rhéostati mais nous verrons à l'instant qu'il pourra suivre cette route au moment ou le levier A, abandonnant la cheville R, coupe lecircuit de ligne le plus court. Or, c'est précisément ce courant établi au moment des coupures de la ligne, qui constitue le courant de compensation dont nous avons analysé les effets précédemment.

8i après cette émission de courant, Taiguille V^ dans l'oscillation rétrograde de la bascule R, rencontre un trou de la bande perforée qui sera alors au-dessous de celui que nous avons vu à l'instant traversé par l'aiguille V, elle passera à travers sous l'influence du ressort H; mais en ce même moment les deux leviers O et Z auront changé de contacts; le premier O touchera maintenant la cheville extrême, c'est-à-dire la cheville de terre, et le second Z sera en contact avec la cheville intermédiaire qui, en abaissant le levier B avec lequel elle reste en contact, a retiré le butoir de poussée qui avait primitivement porté la godille N sur le contact F. En même temps, cette godille se trouve repoussée sur le contact G par le levier A sous l'influence du ressort H. Or, il résulte de cette action l'envoi sur la ligne d'un courant de sens contraire au premier qui avait été transmis, et qui traverse le levier 0, la terre, la ligne, le levier A, le levier B et le levier Z. Sans la résistance de Rhéostat il aurait pu traverser également le circuit constitué par le le levier 0, la terre, la ligâe, le Rhéostat, la godille et le contact; mais dans

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS. 161

le cas en question il n*en est pas ainsi, et Tarmature du récepteur se trouve ramenée par ce courant inverse à sa position de repos après une durée de courant égale à une oscillation complète de la bascule H. Or, cette durée a été calculée de manière à représenter un point du vocabulaire Morse.

Admettons maintenant que lors de l'oscillation vers la gauche, Faiguille V au lieu de rencontrer un trou à travers lequel elle a pu passer, ait été arrêtée dans sa course par la surface non perforée de la bande de papier : le levier A en se séparant alors delà cheville R coupe le circuit direct et, au lieu de provoquer l'envoi d*un courant inverse à travers la ligne, il permet au courant de compensation de passer à travers le Rhéostat, qui devient alors la seule issue par laquelle il puisse s'écouler. Dès lors, l'armature polarisée du récepteur restant dans la position qui lui avait été donnée, continue l'action du courant jusqu'à la prochaine oscillation, qui cette fois provoque les efifets qui ont été analysés précédemment; mais alors l'action produite sur le récepteur aura duré un temps double, et aura par conséquent déterminé la formation d'un trait sur le récepteur, sans que la ligne ait eu ses conditions de charge modifiées.

Fig. 63.

Il en sera de même, mais en sens inverse, quand Taiguille T au lieu de rencontrer un trou se trouve arrêtée dans sa course; alors aucun courant positif n'est envoyé à travers la ligne, et farmature du récepteur reste à sa position de repos pendant une oscillation entière de la bascule B, ce qui répond à un espace blanc ou à un intervalle de lettres d'une longueur égale à celle d'un trait; et si après deux oscillations l'aiguille V'ne rencontre pas encore de trou, l'espace blanc s'augmente d'un intervalle de pointa et fournit un intervalle de mots,

La figure 63 ci-dessus représente, de grandeur naturelle, la bande perforée pour le mot Paris et la traduction de ce mot reçu à Paris venant de Marseille avec une vitesse de transmission de 85 mpts par minute. On voit que la dépèche est très-facilement lisible puisque, avec cette vitesse, les traits ont en moyenne 5 millimètres de loogueuf et les points 2 millimètres et demi, m li

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

Perforateur. — Le perforateur, dans le nouvel appareil de M. Wheatstone« bien que fondé sur le même principe que celui qui a été décrit p. 147, a dii se compliquer d'éléments nouveaux pour se prêter aux espacements inégaux des trous correspondants aux signaux. La figure 64 représente la

Fig. 64.

vue extérieure de cet appareil. Les trois touches se voient en avant, et le mécanisme perforateur est renfermé dans la petite boîte carrée que Ton aperçoit en arrière des touches. La bande de papier se présente comme on

le voit verticalement devant ce ^^' ^' mécanisme, et un pupitre placé

au-dessus, permet à l'opérateur de lire facilement la dépêche qu'il doit composer.

Quant au mécanisme perforateur lui-même que nous représentons fig. 65 et 66, il se compose essentiellement de cinq aiguilles horizontales à poinçon disposées verticalement en A Tune au-dessus de l'autre sur deux rangées; trois pour la rangée de gauche, deux pour la rangée de droite. Les trois premières correspondent à la touche de gauche et fournissent les perforations correspondant aux points de Talphabet Morse, plus le trou du milieu destiné à Tentraînement du papier. Celui-ci est produit ^«r Taiguille intermédiaire sur laquelle réagit non-seulement

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS. 163

la touche de gauche, mais encore la touche du milieu qui correspond aux hlancs. Les deux autres aiguilles sont mises en action ainsi que les deux pre* mières de la première rangée, par la touche de droite qui doit fournir les trous en rapport avec les traits de l'alphabet Morse. L'action des touches sur ces aiguilles s'effectue par l'intermédiaire de trois leviers à bascule terminés par des becs d'acier recourbés en B dont la partie antérieure appuie sur le bout des aiguilles auxquelles ils correspondent ou sur des tiges faisant partie de leur support, et en même temps sur un levier articulé L P qui passe devant eux et qui réagit sur le mécanisme qui doit faire avancer le papier. Ce sont d'ailleurs des ressorts à boudin adaptés au support de ces aiguilles (voir Ug. 66), qui les ramènent à leur position initiale.

Le mécanisme pour faire avancer le papier est, comme nous venons de le dire, commandé par un levier articulé horizontal L P à l'extrémité duquel pivote un levier à cliquet D ou plutôt un levier muni d'un arc denté G, qui réagit sur une roue à dents rondes N engagée dans les trous du milieu de la bande perforée, laquelle bande passe à travers la presse O. Ce levier cliquet assez compliqué dans sa construction et d'une disposition fort ingénieuse, est combiné de manière à faire accomplir un mouvement d'une amplitude différente à la roue N, engagée dans la bande perforée, suivant qu'on abaisse la touche des points ou des blancs et celle des traits. Dans le premier cas, le mouvement du cliquet est limité par le bec d'un levier d'arrêt recourbé T qui est articulé à son extrémité de droite et qui ne se soulève que quand on abaisse la touche des traits. Dans le second cas, c'esirà-dire quand on abaisse cette dernière touche, le soulèvement du levier d'arrêt T ayant lieu par l'action d'une tige articulée qui le relie à la touche, le cliquet parcourt un arc de cercle double du premier et a sa course limitée par un butoir fixe J. Il en résulte que la roue directrice de la bande de papier entraine alors celle-ci d'une quantité correspondante à deux intervalles de trous. Comme cette roue fait saillie dans l'espace où circule la bande de papier» puisque les dents de cette roue doivent s'engager dans les trous du milieu de cette bande, il devient nécessaire, pour introduire la bande de papier dans l'appareil, de refouler un peu en arrière la roue N, et à cet effet une tige U sortant extérieurement de l'appareil, estdisposéeauprèsdu levier cliquet D et réagit par son extrémitésur une bascule à ressort sur laquelle est montée la roue directrice N. En même temps une entaille qu'elle porte et dans laquelle est engagée l'extrémité du levier LP, permet à cette tige de faire mouvoir celui-ci de manière à dégager l'arc denté G du butoir R contre lequel il appuie. H suffit donc d'appuyer sur l'extrémité de cette tige U pour permettre l'introduction de la bande de papier dans la presse 0. Un ressort antagoniste V et un butoir d'arrêt K rappellent

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

d'ailleurs toujours le levier D à une position déterminée, et la pression du cliquet C sur la roue directrice s'effectue par une poulie I dont Taxe vertical est constitué par une lame de ressort et qui appuie sur le dos du cliquet. Une seconde tige U', placée à droite du mécanisme, léagit sur l'intermédiaire d'une bascule H sur le mécanisme perforateur pour dégager les aiguilles A des trous qu'elles ont produit, dans le cas où elles y resteraient engagées. Enfin un système de ressort particulier G réagit sur le guide papier 6 pour maintenir celui-ci dans une position parfaitement fixe pen* dant l'opération de la perforation.

Pour qu'on puisse comprendre la manière dont les becs B peuvent réagir sur les aiguilles A» il est nécessaire que nous représentions l'appareil vu de côté et en coupe dans le plan des aiguilles. La fig. 66 ci-dessous peut en

Fip. 66.

donner une idée exacte; seulement une seule des deux rangées d'aiguilles est représentée; c'est celle de gauche; l'autre rangée est derrière celle-ci et ne compte que deux aiguilles au lieu de trois. Dans la fig. 66, B représente l'un des becs qui doivent agir sur les aiguilles ; il fait partie d'une bascule BP C articulée en P et correspond à la touche du milieu du perforateur; le second bec exactement semblable est placé derrière B et correspond par la bascule P D à la touche de gauche ; enfin le troisième bec placé encore en arrière correspond, par une bascule disposée de la même manière que P D, à la touche de droite. C'est sur cette dernière bascule que se trouve articulée par l'intermédiaire d'un ressort rr une tige t qui fait réagir le levier butoir T fig. 65. Le levier qui fait réagir le cliquet C se voit en L fig. 66, et les aiguilles

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS. 165

de la première rangée, en 1, 2, 3. Enfin les tiges fet g fixées sur la plaque ieei sur le bâli de Tappareil^ servent de guide au support d qui se trouve sans cesse poussé vers les becs B par deux ressorts à boudin. Le papier est introduit dans l'espace vide formé par les deux plaques juxtaposées 0, et le cylindre E recouvre Torifice du trou par lequel tombent les copeaux résultant de la perforation. Voici maintenant comment réagissent les becs B sur les

Le premier bec à gauche qui correspond à la touche du milieu agit sur une goupille i parallèle aux aiguilles, laquelle fait partie de leur support commun d. Cette pièce d est traversée par les deux aiguilles 1 h,^j qui fournissent les trous du haut et du bas de la bande de papier, mais elle porte fixée sur elle l'aiguille 2 qui doit fournir les trous du milieu de la bande^ trous gui servent à l'avancement régulier de la bande de papier. Le second bec, celui du milieu, qui correspond à la touche de gauche, appuie sur les deux aiguilles ihet ^J, fournissant les trous du haut et du bas de la bande ; mais comme ces aiguilles sont munies d'une portée a et c entre leur support commun d et la lame e e qui leur sert de guide dans le voisinage des becs B, leur abaissement simultané entraîne celui du support d et par suite celui de Taiguille des blancs 2; par conséquent trois trous placés sur la même ligne verticale sont percés en même temps. C'est ce qui doit fournir les points sur le récepteur. Enfin le troisième bec à droite qui correspond à la touche des traits appuie à la fois sur les deux aiguilles de la seconde rangée à droite, sur Faignille des blancs et sur Taiguille du dessus de la première rangée à gauche. Yoici conunent : La portée a de cette dernière aiguille est plus large que celle des autres et porte au-dessus de la première aiguille de la rangée de droite, qu'on ne voit pas sur la figure, une goupille munie d'une portée, comme nous l'avons déjà vu, eif b pour le bec de gauche. Cette goupille peut être rencontrée par le bec de droite en même temps que les deux aiguilles qui lui correspondent, et comme elle fait partie du système a de la première aiguille 1 /i de la rangée de gauche, elle fait abaisser cette dernière et par suite l'aiguille des blancs 2; de sorte que quatre trous sont percés d'un même coup par suite de rabaissement de la touche des traits.

Afin de rendre plus facile et plus prompte la manœuvre de ce système perforateur, M. Wheatstone Ta disposé de manière à fonctionner sous l'influence de l'air comprimé, qui agit alors comme force motrice et effectue la perforation. Avec cette disposition l'employé n'a plus qu'à faire manœuvrer du bout des doigts les trois touches, dont le jeu est aussi facile que celui des touches d'un piano. Cet effet est réalisé au moyen de trois petits corps de pompe dans lesquels se meuvent des pistons, et ces pistons tiennent lieu

166 TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

des touche^ dans Tappareil que nous avons décrit précédemment. L'air comprimé arrive à ces trois corps de pompe par ] intermédiaire d'un tuyau qui aboutit à un petit réservoir dans lequel ils s ouvrent, et les touches, qui sont alors constituées comme celles d'un piano, n'ont d'autre office à remplir que de soulever les soupapes qui établissent la communication de Tair entre le réservoir et les corps de pompe, ce qui n'exige qu'un effort extrêmement minime.

Comme avec le manipulateur représenté fig. 64, la manipulation est assez fatigante pour les doigts de Topérateur, on frappe smr les touches avec des petits manches en bois terminés par des tampons en caoutchouc.

Pour obtenir de bons résultats et maintenir toujours l'appareil en bon état, il est nécessaire d'employer pour la bande qui doit être perforée du papier un, de bonne qualité et ayant subi une préparation à l'huile de lin. De cette manière il acquiert plus de consistance et de raideur, et en passant à travers le perforateur, il empêche la rouille des aiguilles qui a toujouTS lieu avec le papier ordinaire, toujours plus ou moins hygrométrique.

D'un autre côté comme ce papier est très mince on peut superposer plusieurs bandes et obtenir d'un seul coup leur perforation, ce qui permet de fournir des transmissions d'une même dépêche dans plusieurs directions. On peut en perforer ainsi jusqu'à cinq sans aucune difficulté. Cet avantage est très-important en Angleterre où le télégraphe expédie simultanément à beaucoup de journaux les mêmes nouvelles.

Récepteur. — Le récepteur est représenté fig. 67 et on peut en voir le détail du mécanisme fig. 68. C/est comme on le voit un récepteur Morse du système Thomas John fonctionnant sous l'influence du système électromagnétique de M. Wheatstone que nous avons décrit tome II, page 89, et qui avait déjà été employé dans le premier appareil du même auteur. Ce système du reste peut être modifié, à la condition qu'il comporte une disposition, d'armatures polarisées telle, qu'elles puissent rester^ au moment des interruptions du courant, dans la dernière position qu'elles ont prises. Dans ses derniers appareils, M. Wheatstone a même employé un système se rapprochant de celui de M. Siemens. IL se compose en effet de deux électro-aimants droits placés parallèlement l'un à côté de l'autre et entre les pôles, desquels, oscillent deux armatures montées sur le même axe devant les deux pôles d'un aimant en fer à cheval placé derrière le système. L'organe encreur est au centre de l'appareil, mais il présente une disposition particulière dont nous devons dire quelques mots. Dans ce système, l'encrage de la molette s'effectue par l'intermédiaire d'un disque plongeant dans un encrier, et ce disque en tournant dans Tencre se trouve assez recouvert

TÉLÉGRAPHES ECRIVANTS.

de ce liquide pour le communiquer à la molette sans la toucha. II se produit alors, par Teifet de la capillarité, une goutte d'encre entre les deux roues qui maintient toujours et sans éclaboussures Tencrage de la molette. La cuvette à encre où plonge le disque encreur se distingue aisément au centre de la fîg. 67, et le capuchon qui surmonte cette cuvette recouvre ce disque et la molette; une longue vis verticale placée à droite de Tencrier sur son support, permet de le retirer aisément de Tappareil. Le laminoir qui entraîne la bande de papier se voit à la gauche du capuchon de l'encrier et un disque denté portant des divisions permet, au moyen d'une vis micrométrique qui engrène avec lui, de régler la tension du ressort antagoniste de l'armature

Fig. 67.

pour maintenir celle-ci plus ou moins fortement attirée au moment des ruptures du circuit. Le levier déclancheur est à la gauche de l'appareil et réagit en même temps sur un commutateur qui établit la communication de rappareil avec la ligne aussitôt l'appareil déclanché, et qui la rétablit avec la sonnerie aussitôt l'appareil renclanché. La manette que Ton aperçoit audessous de Tencrier ^t fonctionner, à l'aide d'une petite fourchette, rar«> mature de Télectro-aimant afîn de pouvoir manœuvrer l'appareil à la main et reconnaître s'il est dans de bonnes conditions de marche.

Le système électro-magnétique a été disposé» comme nous Tavons dit, de manière à ce que Tarmature reste dans la position où Ta fait arriver le dernier courant qui Ta impressionné. L'extrémité de cette armature composée de deux arcs aimantés se voit en MM fîg. 68. La bande de papier qui

iea

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

doit recevoir la dépèche est en P P'; les deux rouleaux du laminoir en A A'; et le premier de ces rouleaux dont le support pivote en B^ peut être relevé et abaissé facilement à Taide du levier articulé B'. La molette imprimante portée par Taxe de Tarmature MM est en R; le disque encreur en R' et la cuvette en S. Enfin le régulateur de la tension du ressort antagoniste de

Tarmature avec sa chaîne ^^^' ^^' enroulée sur 3 poulies et

sa vis micrométrique TT' se voit en N. La tension de ce ressort s'exerce, comme on le voit sur la figure^ dans le sens de l'impression afin de permettre le règlement de la longueur des signaux encrés. Si cette tension est forte les traces s'allongeront; si au contraire, elle est faible, ces traces se raccourciront.

Il ne nous reste plus, pour en finir avec la description de rappareil de M. Wheatstone, que de parler du régulateur de mouvement des mécanismes d'horlogerie qui mettent en marche le transmetteur et le récepteur. Ce régulateur se manœuvre à Taide d'une manette qui surmonte ces deux appareils et qui se meut comme on le voit fig. 60 et 67, autour d'un grand arc gradué. Le dispositif de cette partie de l'appareil est fondé sur un principe tout à fait nouveau. L'axe du volant à aillettes qui est appelé à modérer la vitesse du mécanisme et qui est monté sur un axe indépendant, porte un disque d'un assez grand diamètre sur lequel appuie légèrement, dans un plan perpendiculaire à celui du disque, un autre disque qui lui communique le mouvement du mécanisme d'horlogerie. Ce second disque, du moins pour le transmetteur, peut être déplacé sur son axe de rotation et peut réagir, par conséquent, aux différents points d'un même rayon du premier disque. Or on conçoit facilement que plus le point de ce rayon occupé par le disque frotteur sera éloigné du centre du grand disque) plus le mouvement qu'il tendra à lui communiquer sera facile à produire, et plus par conséquent la marche de l'appareil sera prompte. Ck)mme la longueur du rayon du disque du volant permet de nombreuses stations du disque frotteur, on conçoit

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

que, par ce système, on peut régler la vitesse de l'appareil d'une manière beaucoup plus précise et entre des limites plus étendues qu'avec les autres systèmes régulateurs. La manette que Ton aperçoit au-dessus des appareils n'a d'autre effet à produire que ce déplacement plus ou moins grand du disque frotteur le long de son axe, et le déclanchement du mécanisme s'effectue lui-môme sur le disque du volant.

Le mécanisme que nous venons de décrire est particulièrement appliqué au transmetteur. Celui qui est adapté au récepteur, quoique fondé sur le même principe, est un peu différent dans sa disposition afin de permettre le réglage pendant la marche de l'appareil. Dans ce système, le dernier mobile du mécanisme d'horlogerie est muni d'un disque de même diamètre que celui du volant, et ces deux disques sont placés parallèlement à une assez grande distance l'un de l'autre pour qu'un troisième disque, en rapport avec le levier de la manette régulatrice, puisse circuler entre eux deux

normalement à leur plan.

Fig. 69.

Cest ce troisième disque qui sert d'organe intermédiaire de transmission de mouvement, et l'on comprend aisément que sa position plus ou moins éloignée du centre de rotation des deux autres disques rend cette transmission plus ou moins facile, comme dans le premier système.

La figure 69 montre un système de relais qui a été proposé pour faire usage des courants d'induction électro-magnétiques ; mais ce système a été rarement mis en pratique. R R' sont les bobines de l'électro-aimant ; a, a' les vis de contact ; B la batterie qui est divisée en deux parties pour fournir à volonté le circuit local ou le circuit de ligne; I est la bobine d'induction électro-magnétique. Le courant entrant dans le relais par les fils w,w' provoque par l'action du relais l'envoi du courant local dans le premier fil de la bobine I, et le courant secondaire de cette bobine est envoyé sur la ligne. Les expériences faites en Angleterre avec le nouvel appareil de M. Wheatstone ont montré qu'il pouvait transmettre de 100 à 120 mots par minute; mais cette yitesse dépend beaucoup de la longueur de la ligne, car on est obligé de régler la vitesse de déroulement de la bande de papier suivant cette longueur. D'un autre côté le nombre de mots que l'on peut expé-

dier par minute dépend aussi beaucoup de la longueur des mots employés, et la langue anglaise étant plus brève que la langue française et surtout que la langue allemande, on devait s'attendre à ce que cette vitesse de 120 mots ne pourrait pas être obtenue en France. C'est en effet ce qui a été démontré, et d'après les expériences faites à Tadministration des télégraphes français sur la ligne de Paris à Marseille, expériences qui se poursuivent avec succès depuis le mois d'octobre 1873, il est resté démontré qu'on ne peut transmettre guère plus de 80 à 85 mots par minute en langage français ordinaire. Quand la dépêche est donnée en langage télégraphique, c'est-à-dire avec suppression des articles et des signes, cette vitesse de transmission ne dépasse pas 65 mots. C'est ime vitesse de transmission à peu près double à celle du Hughes et cinq fois plus grande que celle du Morse ordinaire. U est vrai que pour faire fonctionner cet appareil il faut cinq employés à chaque station, ce qui, au point de vue économique, semblerait rendre les avantages de cet appareil un peu illusoires; mais il faut se rappeler que sur les lignes très chargées de dépêches, ce que Ton doit considérer avant tout est la vitesse de transmission, et cette vitesse ne pourrait être obtenue, avec les appareils ordinaires et les 5 employés dont nous avons parlé, qu'avec 5 lignes difiPérentes, qui seraient un surcroit de dépense d'entretien et de premier établissement d'autant plus onéreux, que les lignes les plus chargées ne le sont qu'à certaines heures. Du reste, on ne peut considérer cet appareil comme avantageux que sur les lignes surchargées, et c'est en Angleterre surtout que ce cas se présente le plus fréquemment. Aussi, est-ce en ce pays que ce système télégraphique est le plus employé. Nous verrons, du reste, plus tard, un système télégraphique combiné par M. Meyer qui réalise les mêmes avantages; mais un mérite du télégraphe Wheatstone, que nous ne devons pas omettre, c'est qu'il peut être disposé pour fonctionner en double transmission, avec Tune des combinaisons dont nous parlerons plus tard, au chapitre des transmissions simultanées. Dans ces conditions, il pourrait transmettre ?.00 dépêches à l'heure, et l'on peut voir par ce résultat que M. Wheatstone, qui le premier a rendu pratique la grande idée de la télégraphie électrique, est arrivé à avoir le dernier mot comme résultat obtenu.

Le système de M. Wheatstone est employé en Angleterre non-seulement sur les lignes aériennes, mais encore sur les lignes avec câbles sous-niarins. 8ix de ces dernières lignes appartenant au réseau télégraphique qui relie l'Angleterre au nord de l'Europe sont en effet desservies par cet appareil, et la longueur des câbles qui y sont introduits varie de 256 à 877 milles nautiques (environ de 500 à 1,600 kilomètres). Sur la ligne de Newcastle à Fré-

dericia, en Danemark, avec un circuit de 460 milles dont 334 sont en cable, on obtient un travail effectif de 20 mots par minute. Cette vitesse de transmission pourrait môme être dépassée, mais on préfère ne pas Taugmenter pour la sûreté des transmissions. Dans ces condi* tions de vitesse on n'emploie qu'un opérateur, ce qui place l'appareil dans les conditions ordinaires de transmission sur les lignes aériennes; mais Ton a l'avantage d'avoir des dépêches beaucoup plus correctes, car non-seulement les signaux sont plus régulièrement formés, mais encore l'employé qui découpe la bande de papier peut )es contrôler en perforant, puisque la bande passe devant ses yeux au sortir de l'instrument.

Télé||^paph« automatique de MlH. Dl|piey. — MM, Digney ont rendu leur télégraphe écrivant automatique, en employant un moyen

Fig. 70.

analogue à celui que nous venons de décrire. Comme le système de M. Wheatstone, en eiïet, le système de MM. Digney se compose de trois appareils : d'un récepteur, d'un transmetteur et d'un perforateur ayant pour effet de découper une bande de papier; mais ces appareils sont combinés d'une façon différente, et la bande de papier, au lieu d'être découpée de manière à ne présenter que des trous roiids, est percée d'entailles carrées de diverses longueurs, de manière -à représenter les traits et les signaux Morse.

Le perforateur que nous représentons fig. 70, ci-dessus (i), se com-

(1) Par une inadvertance du dessinateur, cette figure est représentée à l'envers.

172 TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

pose de trois leviers, terminés par des touches A, B et C, qui peuvent réagir au moyen de tiges verticales T, R et S, munies de galets, sur une bascule D, qui, en faisant décrire à la pièce IF un arc de cercle, repousse, par l'intermédiaire d'un cliquet H, une ou deux dents du rochet J, suivant que c'eçt la tige S ou T qui réagit sur elle. Ce mouvement du rochet J est assuré au moyen d'une roue à dents pointues IG et d'un cliquet d'arrêt I. Les leviers A et B portent en L et E deux emporte-pièce d'acier de largeur différente, destinés, en passant à travers la boîte M, à produire la perforation du papier; mais comme ces deux pièces sont forcées d'être placées Tune derrière l'autre, cette perforation s'effectue par le fait, comme dans l'appareil Wheatstone, sur deux lignes différentes, de telle sorte que les trous longs ne se sont jamais placés à côté des trous courts. Cette disposition du reste n'a aucun inconvénient pour la transmission, comme on pourra le voir à l'instant. Un laminoir N, placé devant la boîte de i'emporte-pièce M et monté sur le même axe que la roue à rochet J, détermine l'avancement du papier après chaque perforation, et complète l'appareil. Toute la complication de cet appareil provient de ce que les inventeurs ont voulu obtenir d'un seul coup la découpure des trous longs destinés à fournir les traits des signaux Morse, il est résulté, en effet, de cette disposition mécanique, que la quantité dont la bande de papier se trouve entraînée après chaque perforation doit être plus grande pour les trous allongés que pour les trous courts, et pour obtenir ce résultat il a fallu croiser le levier A audessus du levier B, afin que la tige T, appuyant sur la bascule D, plus près de son axe d'oscillation, pût, avec une même course, produire un échappement de deux dents du rochet J au lieu d'une.

Le troisième levier C u'agit que sur la bascule D pour fournir les espacements des lettres et des mots. Enfin la plaque 00 sert de point d'appui à la main quand on fait marcher les leviers A,B,C.

Le transmetteur qui est adapté sur la platine du récepteur opposée à celle . où est le système imprimeur, consiste essentiellement dans deux tiges oscillantes A, B (fig. 71 et 72,) articulées en A et portant deux becs C et D, appuyant dans des rainures circulaires adaptées à un rouleau R. Ces tiges sont repoussées sans cesse contre deux vis T par des ressorts antagonistes S; mais quand on veut transmeUre, la bande de papier perforée doit être engagée entre les becs C et D et le rouleau R, de telle sorte que les tiges en question ne peuvent toucher ces vis T que quand l'un ou l'autre des becs G et D rencontre les parties trouées de la bande de papier. Comme cette bande est entraînée d'un

TÉLÉGRAPHES ÉCIUVANTS.

mouvement uniforme par un laminoir £F,I on comprend aisément que les contacts des tiges A, B avec T seront d'autant plus longs que les trous de la bande seront eux-mêmes plus longs ; et si l'on admet que ces tiges et les vis T soient en connexion avec le circuit de la pile de ligne, on comprendra facilement que les combinaisons obtenues sur la bande de papier à la station de réception pourront être reproduites électriquementy absolument comme si elle était transmises avec un manipulateur ordinaire.

La tige qui est reliée au bec G est représentée sur la fig. 72 avec un prolongement diagonal dont nous n'avons pas encore expliqué l'usage. Ce prolongement est une espèce de fourchette qui emboîte avec un certain jeu la tige en rapport avec le bec D. Cette disposi-

Pig. 71.

Fîg. 71

tion a été adoptée pour empêcher im contact permanent entre la ligne et le récepteur du poste-expéditeur, contact qui, en s'effectuant par les vis U, aurait pour effet de dériver le courant à travers ce récepteur au lieu de l'envoyer entièrement sur la ligne.

MM. Digney ont, du reste^ combiné un perforateur plus simple à deux touches, avec lequel les trous longs sont faits en deux fois, et un transmetteur à un seul style; mais nous ne voyons aucun avantage à remploi de ces derniers appareils, qui exigent de la part de l'employé un plus grand soin et luie plus grande habitude.

S'il £siut en cron*e M. Ed. Zetzsche, qui a publié récemment dans le journal télégraphique de Berne un aperçu historique de la télégraphie allemande, à propos de l'Exposition de Vienne, M. Siemens aurait été

174 TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

lo premier (en 1853) à avoir employé les bandes de papier per/bré^^ mécanU quement à l'aide d'un perforateur à trois touches pour les transmissions automatiques.. MM. Wheatstone et Digney ne seraient venus qu'après. D'après le même auteur M. Siemens aurait même considérablement perfectionné son système, en 1868, en transformant son perforateur à trois touches en un véritable compositeur à touches fournissant d'un seul coup la perforation d'un signal entier. « Pour obtenir ce résultat, dit M. Zetzsche, 9 chaque touche abaissée, soulève une plaque de tôle munie d'entailles I disposées de telle manière que sur les 20 petits poinçons en présence, i » n'y a que ceux nécessaires pour produire les signes voulus qui peuvent n perforer la bande. U est probable que le dispositif de ce système de perforateur doit avoir quelque analogie avec celui que nous représentons fig. 11, pi. m et qui appartient au manipulateur à clavier que nous avons décrit page 140.

Télégraphe automatique de M. Llttle. *- Ce système télégra* phique, appliqué sur une ligne américaine, ne diiOfère guère de ceux que nous avons décrits précédemment que par l'action électrique qui résulte de deux piles différentes mises en rapport avec le circuit de ligne d'une manière diamétralement opposée, et qui peuvent envoyer, par conséquent, des courants de sens opposé suivant la manière dont s'effectue leur réunion à la ligne. Cette réunion se produit par l'intermédiaire d'une bande perforée en deux points différents de sa largeur et dont les trous correspondent à deux leviers articulés qui constituent interrupteurs comme dans le système Digney. L'un de ces interrupteurs fournit les courants nécessaires aux impressions, l'autre ceux qui doivent rappeler l'armature de Télectro-aimant et par suite la pointe traçante à sa position de repos ; ce qui suppose, par conséquent, à Télectro-aimant une armature polarisée.

Dans ce système on interpose un rhéostat entre la ligne et la terre, avant le récepteur, pour écouler l'excès de charge, et l'action de rélectro-aimant sur l'organe traçant s'effectue par la flexion de la tige qui le porte, sous Pinfluence d'une pièce intermédiaire sur laquelle réagit l'armature. Cet organe paraît être une sorte de tire-ligne auquel parvient, par un tuyau, de l'encre que l'inventeur dit insécha^le et sans action corrodante.

Le récepteur et le transmetteur sont du reste disposés de la même manière, comme dans les télégraphes électro-chimiques, et peuvent se transformer de l'un en Tautre. Us consistent dans im simple laminoir mu par un mouvement d'horlogerie et dont le rouleau supérieur, adapté à un levier articulé, peut être soulevé à volonté avec le pinceau métallique destiné à fournir les contacts.

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS. 175

Le perforateur, dans ce système, est moitié mécaaiqae, moitié électrique ; il constitue une sorte de clavier composé de 22 touches qui, par leur abaissement sous la pression du doigt, peuvent fournir le nombre voulu de trous en rapport avec le signal que Ton veuL désigner, et c'est Faction de deux électro-aimants qui rappelle les poinçons perforateurs à leur position normale (Voir le Télégraphie journal, tome II, p. 84). '

Télégrwpihe automatique de lli« Siemens. — Si le problème de la reproduction des signaux Morse, par un télégraphe fonctionnant avec les courants induits d'une machine magnéto-électrique, était diffîcile à résoudre, celui de la transmission automatique de ces signaux avec les mêmes courants soulevait encore bien d'autres difficultés; pourtant M. Siemens, non-seulement a triomphé de tous ces obstacles, mais est parvenu à créer avec ces éléments un système de télégraphe automatique des plus parfaits, qui a fait Tadmiration des connaisseurs à l'exposition de Londres de 1862.

Quant à son principe en lui-même, ce système n'a, il est vrai, rien de bien nouveau. Le transmetteur est une espèce de composteur mobile dans lequel on assemble les unes & la suite des autres les diverses lettres, qui sont découpées d*avance en signaux Morse, et qui, en passant sous un frotteur interrupteur, peuvent fournir les fermetures et ouvertures du circuit nécessaires pour les transmissions. C'est donc, en principe, Tun des moyens proposés dès l'origine par M. Morse lui-même. Mais si Ton considère qu'avec des courants induits non redressés une fermeture prolongée du courant ne peut exister, et que des courants inverses se succèdent alternativement ; si Ton réfléchit, d'un autre côté, que ces courants ne prennent naissance que pour une certaine position des bobines d'mduction par rapport à Taimant générateur, on comprendra aisément les difficultés du problème, et on verm que pour le résoudre il faut : !<> que les mouvements de la bobine induite soient dans un rapport intime avec la marche des lettres sous l'interrupteur; 2<> que la position de ces lettres sur le composteur soit déterminée par rapport à la course produite; 3® que les signaux soient découpés de manière à correspondre à des courants instantanés alternativement renversés. Pour qu'on puisse se faire une idée de l'influence de la forme de ces signaux, supposons qu'un caractère ayant la forme représentée fig. 73, page 176, nécessite, pour ^re sa course sous le frotteur interrupteur I (flg. 76), quatre tours complets de la vis motrice portant la bobine induite. Ces quatre tours auront produit quatre courants induits inverses et quatre courants induits directs, et comme ^interrupteur I se sera toujours maintenu sur la sonunité du caractère, le circuit de ligne

TÉLÉGRAPHES ECRIVANTS

aura toujours été fermé, et par conséquent les huit courants auront déterminé sur le récepteur quatre petits traits qui représenteront un H, tandis que le caractère, par sa forme, semblerait indiquer un T. Si les intervalles compris entre les lignes ponctuées tracées sur la figure représentent les périodes pendant lesquelles les courants induits agissent positivement ou négativement sur le circuit, et si nous admettons que le courant envoyé au commencement du passage de la lettre ne soit pas dirigé dans le sens convenable pour la production d'une marque sur le récepteur, les courants correspondant aux intervalles marqués + produiront les points, et les

courants correspondant aux in-

Rg. 73.

Fig. 74. Fig. 7Ô.

ViVWiVi\yi^iViViVIV

tervalles marqués — représenteront les intervalles blancs.

Maintenant nous allons exa^ miner les conséquences qui ré^ sultent de la largeur plus ou moins grande du dernier intervalle +; mais auparavant il est nécessaire que nous disions que Télectro-aimant du récepteur construit comme celui représenté p. 87, tome II, maintient après la rupture du circuit son armature dans sa dernière position. Si l'intervalle dont nous parlons a la largeur des autres, le point marqué sur le récepteiur a d'abord la longueur des points primitifs ; mais comme l'effet magnétique déterminé se trouve maintenu au moment de l'ouverture du circuit, ce point se trouve continué après l'abaissement du frotteur I, et au lieu d'un point sur le récepteur on a un trait. Si, au contraire, l'intervalle -f en question a beaucoup moins de largeur que les autres, comme dans la fig. 73, le courant qui en résulte n'a que juste le temps d'incliner convenablement l'armature de rélectro-aimant du récepteur, et la marque est produite sous Tinfiuence de l'inertie magnétique due à la rupture du circuit; on n'obtient alors qu'un trait court sur le récepteur, et voilà pourquoi le caractère de la fig. 73 transmet TH.

Par les mômes raisons, le caractère représenté fig. 74 transmet l'A, car le trait provoqué par le courant de la dernière tranche + est continué par suite de la rupture du circuit et de l'inertie magnétique de Télectroaimant du récepteur. Le caractère de la fig. 75 transmet l'M, parce que les deux saillies fournissent deux traits allongés, à cause des deux ruptures de circuit qui résultent de l'entaille du caractère. Ce que nous venons de dire suffit pour montrer que la position des caractères sur le composteur n'est pas indifférente et doit être reliée intimement au mouvement de la

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

bobine d'induction. Pour obtenir sans tâtonnements ce résultat, M. Siemens dispose son appareil de la manière suivante :

Sous le plancher d'une table solidement établie (flg. 76), il fixe son syS'^ tème magnéto-électrique disposé d'ailleurs comme celui de son télégraphe à cadran; l'axe commandant le mouvement de la bobine induite AU, et mis

Fig. 76.

en mouvement au moyen d'une courroie B, d'une bielle et d'mie pédale, porte une large vis sans fin (ayant seulement quelques pas), qui engrène atec une crémaillère à dents pointues CD, fixée sous le composteur; les dents de cette crémaillère sont telUement combinées, que la largeur de chacune d'elles correspond exactement à un tour complet accompU par la bobine induite. Le composteur lui-même est composé d'une espèce de tringle en bois contre laquelle appuie une lame métallique un peu flexible qui est sillonnée sur toute sa longueur par une série de raies quelque peu profondes, lesquelles correspondent exactement aux sommets des dififérentes dents de la crémaillère, et par suite aux diverses positions que doit avoir la bobine induite pour fournir un courant n'ayant pas action sur le récepteur. Les caractères, découpés d'avance, ainsi qu'on l'a vu, et déposés dans des cases comme des caractères d'imprimerie, doivent être introduits entre la lame dont nous venons de parler et la tringle rigide; mais comme ils sont tous pourvus du côté droit d'un petit rebord de cuivre, ils ne peuvent être introduits que quand ce rebord a glissé dans l'une ou l'autre des raies dont il a été question plus haut et qui leur assurent une position convenable. Comme tous ces caractères ont ime largeur parftdtement calculée, ils m 12

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peuvent s'adapter les uns contre les autres et s'embotter en même temps dans les raies de repère; de sorte qu'ils forment un tout compacte qui ne court pas risque de se déranger sous Tinfluence du frotteur placé en I. Ces composteurs peuvent d'ailleurs se succéder indéfiniment, sans qu'il soit besoin de rien changer à l'appareil, car ils se trouvent maintenus par des coulisses, et une fois mis en prise avec la vis sans fin de Taxe de la bobine induite, ils sont forcés de continuer leur marche jusqu^au bout.

Le récepteur correspondant à ce système de transmetteur automatique n'est autre chose qu'un récepteur ordinaire auquel a été adapté l'électroaimant que nous avons déjà vu employer par MM. Siemens et Digney pour d'autres télégraphes (voir pages 54, et 114). L*expérienee a montré que sur une ligne de 200 miles allemands on pouvait facilement transmettre avec ce système 60 mots par minute.

Télémraplie automatique de M. Allait. — Préoccupé de l'idée de réduire le temps de la transmission des dépèches et de faire fonctionner automatiquement les appareils, M. AUan a cherché à combiner un système télégraphique dans lequel les traits allongés des signaux Morse seraient supprimés, et dont le mécanisme entraîneur de la bande de papier, tout en entrant en mouvement sous l'influence du courant transmettant la dépèche, se remonterait également de lui-même par Taction seule du levier imprimeur. A cet effet, son récepteur se compose d'un système oscillant, constitué par une armature de fer doux placée entre les quatre pôles de

deux électro-aimants, et qui P*î- '^T- réagit, d'une part, sur le le-

vier articulé portant le style traceur, et d'autre part sur un système d'encliquetage qui a pour effet de remonter sans cesse, à Taide d'une roue à rochet, un barillet fixé sur Taxe du cylindre entraîneur de la bande de papier, et dont un système de rouages (réglé par un volant à ailettes) modère l'action. Un relais distribue alternativement et en temps opportun pour fournir des attractions différemment espacées, le courant d'une plie locale entre les deux électro-aimants, et sous cette influence l'armature de fer doux oscille de manière à produire les effets que nous venons de meationner.

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L'alphabet de M. AUan ne ge composant que de points diiférement espacés, comme on le Toit ci-dessous,

L M iN 0 P

il a voulu rendre la production de ces points complètement indépendante du temps de fermeture du courant sur le transmetteur, en faisant en sorte que l'armature, avant la fin de sa course, soit d'un côté, soit de l'autre, coupât elle-même le circuit correspondant, et ne pût le rétablir que lors d'une oscillation contraire. Cette disposition lui fournissait, en. outre, l'avantage d'empêcher les étincelles d oxyder les contacts du relais, avantage assez grand, à cause de l'énergie considérable que doit avoir avec ce système la pile locale, pour faire marcher l'appareil récepteur.

Le relais destiné à faire fonctionner l'appareil précédent est composé, comme on le voit fig. 77 ci-contre, d'un électro*aimant E, entre les pôles duquel oscille un levier aimanté AB. Suivant le sens du courant transmis à travers la ligne, ce levier va buter contre la vis C ou la vis D et ferme le courant de la pile locale à travers Tun ou l'autre des électro-aimants du récept. ur. ainsi qu'on l'a vu plus haut; mais quelque soit le côté où il a été poussé, ce levier reste toujours dans la dernière position qu'il a prise, en raison de l'action du magnétisme rémanent de l'électro-aimant; ce qui n'exerce, du reste, Bucun effet sur la transmission^ puisque le courant ainsi fermé se trouve coupé sur le récepteur.

Le manipulateur-clef consiste dans une bascule placée à Tune des extrémités du récepteur, et qui est disposée de manière à former commutateur à renversement de pôles. Cette bascule est inchnée en temps ordinaire sous l'influence d'un ressort, de manière que le courant de la pile de ligne incline le relais convenablement pour maintenir l'armature oscillante du récepteur contre celui des deux électro-aimants qui ne doit pas produire d'impresaons. Quand cette bascule est abaissée, un courant de sens con*

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traire sillonne la ligne et détermine l'impression d'un point; quand elle se relève, Tarmature du récepteur se relève également et se trouve disposée de manière à fournir l'impression d'un nouveau point qui pourra être plus ou moins rapproché du premier, suivant que les abaissements delà bascule se seront suivis plus ou moins promptement.

M. AUan préfère néanmoins à ce transmetteur-clef un transmetteur automatique qu'il a adapté également à son appareil, et qui consiste dans une roue à dents rondes qui entraine une feuille de papier découpée d'une manière analogue à celle du télégraphe automatique de Wheatstone, mais qui n'a qu'une seule rangée de trous. Le commutateur à renversement de pôles est alors mis en action sous Tinfluence du passage successif de ces trous, et reproduit mécaniquement les mouvements que ferait la clef pour transmettre les mêmes signaux. Un appareil perforateur, muni d'autant de touches qu'il y a de lettres dans Talphabet, permet de découf»er d'un seul coup chacune des combinaisons qui représente ces différentes lettres; de sorte que la composition des dépêches est extrêmement facile avec ce système.

Téléi^raphe automatique de M. Renoir. — Ce système ne diffère de celui de MM. Digney, que nous avons décrit précédemment, qu'en ce que le perforateur, au lieu de fournir des éléments de signaux de l'alphabet Morse, découpe d'un seul coup ces signaux dans leur entier, par Peffet de rabaissement d'une touche particulière correspondant à chacun d'eux. Ce perforateur n'est donc, par le fait, qu'un manipulateur à clavier disposé de manière à fournir une découpure des signaux au lieu d'une transmission.

Pour obtenir ce résultat, M. Renoir adapte à l'extrémité de quatorze longs leviers articulés sur le même axe et soulevés à Taîde de ressorts à boudin, quatorze lames d'acier, dont l'extrémité inférieure, taillée en biseau, peut former emporte-pièce. Ces lames ou couteaux sont disposées transversalement par rapport aux leviers qui les supportent et sont serrées suffisamment les unes contre les autres pour qu'étant toutes abaissées en même temps, elles puissent fournir sur une bande de papier placée audessous d'elles une rainure continue égale en longueur à la somme de leurs largeurs respectives, c'est-à-dire à 56 millimètres (chacune d'elles ayant 4 millimètres de largeur). Inutile de dire que ces lames sont guidées par deux rainures, de manière à s'appliquer exactement sur le papier, qui se trouve lui-même pris entre deux plaques munies de rainures.

Avec cette disposition on comprend facilement que, si on appuie sur le premier levier, par exemple, on pourra obtenir sur la bande de papier dont nous venons de parler un trou de 4 millimètres. Ce trou pourra représenter

tëUgraphes Ecrivants. i8i

la lellre E. Ea abaissant à la fois le premier et le troisième levier on (di>tieDdraitun I^c'estrà-dire deux trous de 4 millimëtresséparés par un intervalle de même largeur. De même, si Ton avait abaissé le levier n^ { et les leviers 3 et 4, on aurait obtenu un A, car on aurait eu un trou de 4 millimètres» suivi de deux autres trous contigus l'un à l'autre et ne formant qu'un seul et même trou de 8 millimètres. Suivant donc Tordre et la quantité des leviers qu'on abaisse en même temps, on peut obtenir d'un seul coup la perforation des différentes lettres et signaux employés dans la télégraphie Morse. Or, pour obtenir mécaniquement et sans contention d'esprit ces combinaisons, M. Renoir a placé en croix, au-dessus du système de leviers décrit précédemment, un second système composé de quarante-sept lames très minces également articulées sur le même axe et très rapprochées les unes des autres. Chacune de ces lames porte une série irrégulière de dents en correspondance avec les différents leviers du premier système et disposées entre elles de manière à composer les différents signaux; elle se trouve, en. outre, munie d'une touche sur laquelle est in^rite la lettre ou le signal qu'elle représente et qui fut partie du clavier dont nous avons parlé précédemment. On comprend facilement qu'avec une pareille disposition il suflQt d'appuyer le doigt sur l'une ou l'autre de ces touches pour qu'immédiatement les leviers contre lesquels viennent appuyer les dents de cette touche se trouvent abaissés, et pour que les couteaux correspondants entaillent la lettre ou le signal demandé.

La grande difficulté à résoudre dans le problème que s'était proposé M. Renoir, n'était pas tant de produire d'un seul coup la perforation des différents signaux de l'alphabet Morse que d'obtenir automatiquement un recul convenable de la bande de papier après chaque découpure. On comr prend, en effet, que la lettre L, par exemple, qui occupe un espace de 32 millimètres, exigera un recul de papier huit fois plus grand que la lettre £, qui n'occupe qu'un espace de 4 millimètres. Or, pour obtenir ce résultat, M. Renoir avait, dans l'origine, adapté à son appareil un système de double laminoir commandé par une roue à rochet sur laquelle réagissait une crémaillère arquée portée par un levier articulé; la partie supérieure de ce levier était inclinée par rapport à la ligne des couteaux, de façon que ceuxci, dans leur course, ne pussent l'abaisser que d'une quantité en rapport avec celle dont le laminoir devait tourner pour faire avancer convenablement le papier. Gomme parmi les couteaux abaissés en même temps celui qui était placé le plus près de l'axe de rotation du levier était celui qui déterminait la réaction, il était facile, en faisant partir tous les signaux du levier correspondant au premier couteau, de résoudre le problème. Toute.

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fois, M. iienoir, par des motifs qu'il est facile de deviner, a dû renoncer à rendre le laminoir directement dépendant de l'action mécanique provoquée par l'abaissement des couteaux, et il a préféré avoir recours pour cela à un mécanisme d'horlogerie commandé par un échappement. De cette manière quand, après avoir pressé une touche quelconque, on relève le doigt, l'échappement fonctionne, et le laminoir, obéissant au mouvement d*horlogerie, tourne de la quantité nécessaire en entraînant la bande de papier.

Système de M. Huntaston. -- M. H:imaston a voulu résoudre le même problème que M. Renoir, et il y est arrivé par des moyens sinon ana* logues quant aux effets mécaniques produits, du moins semblables quant aux résultats fournis. Ainsi M. Humaston, comme M. Renoir, découpe sur la même ligne et d'un seul coup les différents signaux Morse (sur une bande de papier), à Taide d'un manipulateur à clavier. J'ignore lequel des deux systèmes a précédé l'autre, mais ce qui est certain, c'est que celui de M. Humaston a été breveté en 1857.

Dans le système de M. Humaston ime série de poinçons, tous égaux à celui devant produire un point simple, se troi^vent juxtaposés sans laisser aucun intervalle entre eux, afin que si deux, trois, quatre de ces poinçons contigus venaient à agir, ils pussent produire des trous longs, égaux à deux, trois ou quatre fois la longueur d'un point simple. Une roue dite des types est placée en regard de cette série de poinçons, de manière à présenter en creux, comme les cartons d'une jacquart, les divers groupes de traits et de points correspondants aux caractères Morse. Cette roue est manœuvrèe k l'aide d'un système de rouages, de cordons et de ressorts, combinés de telle sorte, que lorsqu'on abaisse la touche du clavier affectée à telle lettre ou à tel chiffre, la roue des types vienne présenter à l'action des poinçons les creux correspondants aux groupes de signaux de la dite lettre. ' - En conséquence, les poinçons qu'actionne un mécanisme particulier assez cûinpliqué lui-même, pénètrent à travers le papier dans tous les endroits correspondants à ces creux, et l'épargnent partout ailleurs. Gela foit, le papier se déplace d'une quantité en rapport avec la longueur de la lettre perforée à l'aide d'un autre mécanisme commandé par la roue des types. Mais toutes ces actions diverses ne s'obtiennent qu'à l'aide d'agents multiples, délicats et très faciles à déranger.

Système de MlH. D%ney . — MM. Digney ont considérablement simplifié le système précédent en supprimant le clavier à touches et en disposant l'appareil d'une manière très-analogue au manipulateur des télégraphes à cadran ordinaires.

Au lieu de l'enchevêtrement de cordons, de ressorts, de mouvements de

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toutes sortes reliant, dans le système Humaston, le clavier au mécanisme perforateur, le cadran porte lui-même les agents qui, sous la pression d'un levier, doivent produire la perforation des signaux Morse correspondant aux caractères alphabétiques inscrits sur ce cadran. Pour obtenir cette perforation, il suffit de tourner la manivelle jusqu'à ce qu'on ait amené visàrvis d'un repère fixe la lettre à perforer; on appuie alors sur un levier qui abaisse lui-même et fiait pénétrer à travers le papier un groupe de poinçons représentant la dite lettre dans la langue Morse. On laisse le levier se relever de lui-même, et on appuie ensuite sur une petite manette qui, en décrivant un arc de cercle proportionnel à la longueur de la lettre qu'on vient de perfora et en retournant elle-même à son point de départ, fait avancer le papier de la quantité nécessaire.

MM. Dîgney ont disposé cet appareil de deux manières différentes : dans Tune de leurs dispositions, la perforation de chaque caractère est obtenue par un groupe particulier de poinçons qui lui est exclusivement réservé et qui étant fixé sur le cadran mobile se déplace avec lui. Dans l'autre, cette perforation s'effectue à Taide d\in système unique de poinçons qui ne se déplace pas et avec lequel se trouvent mis successivement en rapport, par suite du mouvement de rotation du cadran, certains groupes de saillies ou de doigts correspondant aux caractères à perforer, lesquels viennent choisir en quelque sorte ceux des poinçons qui conviennent à cette perforation.

Dans les deux cas, les emporte-pièces sont espacés entre eux d'une quantité égale à l'intervalle qui doit séparer deux signaux successifs (point on trait dans une même lettre), et le papier passe entre les poinçons et les matrices dans lesquelles ceux-ci doivent pénétrer.

Transmetteiir automatique de MM. MouIlleFon et GuéFin. — Cet appareil est représenté ûg. 14, pi. II; il se compose d'une espèce de rainure & ressort AB dans laquelle on introduit le composteur, et au centre de laquelle tourne une petite roue en rapport avec une manivelle. Le composteur étant muni (par-dessous) d'une crémaillère, se trouve mis en mouvement par la roue, et un ressort R, qui appuie sur les caractères du composteur, fournit les fermetures et interruptions du courant nécessaires pour la transmission de la dépêche. Si un seul composteur ne suffit pas, on en place successivement deux, trois, quatre, à la suite les uns des autres sans que la dépêche soit interrompue. Gomme complément à leur appareil, MM. Mouilleron et Guérin lui ont ajouté un système récepteur excessivement simple, fondé sur le principe des télégraphes électrochimiques et qui fonctionne sans mouvement d'horlogerie sous l'influence

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

seule de la rotation de la manivelle du mécanisme transmetteur. Avec cet appareil et un système organisé pour les transmissions simultanées en sens contraire, on peut donc envoyer et recevoir une dépèche sans avoir à s'occuper de deux instruments. On peut aussi utiliser ce récepteur à contrôler la dépêche que Ton envoie.

Dans la figure 14, pi. II, ce récepteur est représenté en XY; T et 8 sont les deux cylindres du laminoir destinés à entraîner la bande de papier, U est le ressort en fer destiné à réagir sur le papier chimique. On comprend facilement qu'un pareil système est beaucoup plus économique que les télégraphes Morses ordinaires.

Transmetteur de HIH. Paul Garnier et Marqfoy. — Le transmetteur de M. Paul Garnier, est représenté fig. 6, pi. il. Dans cet appareil, qui est, du reste, fondé sur le même principe que celui de Morse, le tambour composteur, tout en tournant, avance parallèlement à son axe, de telle sorte que le ressort appelé à frotter sur les caractères dont il est muni décrit une hélice dont le pas est d'environ 2 centimètres. Or, c'est sur cette hélice que sont groupées les parties métalliques qui doivent fournir les combinaisons de courant appelées à transmettre la dépèche. Pour obtenir d'une manière prompte et facile la composition de ces combinaisons, M. Paul Gamier a découpé sur tout le parcours de Thélice en question une série de petites rainures transversales, a, 6, c, d, fig. 80 ci-dessous, échelonnées les unes à la suite des autres, et dans chacune

desquelles, se trouve adapté un petit prisme métallique a' h' c\ etc. , susceptible d'être déplacé d'un bout à l'autre de cette rainure. A cet effet, ce petit prisme, plus fort dans sa partie supérieure que la rainure, se trouve évidé à sa partie inférieure, de manière à pouvoir circuler aisément à travers celle-ci, et porte un ressort arqué r, figure 79, qui, en s'appuyant contre la paroi intérieure du tambour, le maintient à frottement dur en tel point de la rainure qu'on le désire. Ces petits prismes se touchent tous, de telle sorte que, quand ils sont repoussés d'un même côté, ils constituent sur le tambour un véritable filet de vis, parfaitement continu d'une hauteur uniforme, qui, étant placé sous le frotteur de l'appareil, fournirait une fermeture prolongée du courant, et, par suite, une ligne continue au récepteur. Toutefois, ce filet de vis, par les éléments mêmes de sa constitution^

Fig. 78. Fig. 79. Fig. 80.

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS. m

pouvant se trouver interrompu de mille manières diiférentes, suivant que les petits prismes sont repoussés de câté de deux en deux, de trois en trois; ou de trois en deux, etc., il devient possible de lui faire fournir toutes les combinaisons voulues pour la composition télégraphique d'une dépêche. En effet, en laissant deux petits prismes Tun à côté de l'autre, comme dans la figure 78, on pourra avoir le trait long de l'alphabet Morse, tandis que le petit prisme isolé représentera le point du même alphabet; de même, trois petits prismes contigus Tun à l'autre, étant repoussés à la fois, représenteront l'intervalle des mots, alors que deux représenteront l'intervalle des lettres, et un seul l'intervalle des éléments des signaux. Or, comme chaque cylindre présente un développement de 6 mètres environ de longueur d'hélice, il peut transmettre à lui seul une dépêche déjà assez longue qui peut encore être continuée sur plusieurs autres cylindres pendant le temps de la transmission. La substitution d'un appareil à l'autre n'offre d*ailleurs aucune difficulté, car chaque cylindre porte avec lui son axe et la ^s qui doit le faire mouvoir; de sorte qu'il suffit de le poser simplement par son axe sur deux coussinets appartenant à l'appareil moteur, pour qu'il soit mis immédiatement en action.

Nous ne décrirons pas ici avec détails le mécanisme moteur de cet appareil qui d'ailleurs se devine aisément, et qui est analogue, sauf quelques perfectionnements mécaniques que M. Paul Gamier sait toujours apporter aux appareils qu'il construit, pi ceux dont nous avons déjà parlé.

Les avantages qu'on a fait valoir en faveur du transmetteur de M. Paul Garaier sont faciles à saisir. En effet, avec ce système, les signaux et les éléments de signaux n'ont pas besoin d'être déplacés, d'être triés et d'être assemblés, trois opérations qui exigent un certain temps et un étalage de matériel très-incommode; chaque cylindre porte ses éléments de composition télégraphique, et un simple petit bâton d'une largeur double de son épaisseur suffit pour produire immédiatement toutes les combinaisons voulues. On peut, d'ailleurs, au moyen d'une plaque circulaire munie de dents et conduite par une plate-forme à vis de rappel, comme un chariot de tour, remettre en place d'un seul coup tous les petits cubes déplacés, une fois le travail du cylindre effectué.

Voici, du reste, la légende explicative de la figure 6, pi. Il, qui représente r^ëvation de ce transmetteur et celle de la fig. 81, page 186, qui représente le frotteur çonjoncteur qui, étant placé en arrière du cylindre, ne se distingue pas dans la figure 6, pi. II.

TELEGRAPHES ECRIVANTS.

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