‹ Exposé des applications de l'électricitéChapitre 8 sur 46 · PNP · texte numérisé non relu

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Ainsi, les lettres 6, e, m, o, p, g, r, y, et z, sont données par le courant positif soutenu; les lettres c, /*, h, k, n, p, 5, t/, par le courant négatif; et les autres lettres par le temps de repos de Tun et de l'autre courant. Il suffit d'envoyer une seule fois le courant pour les quatres lettres a, e, i, s; deux fois pour les sept lettres d, l, n, o, r, ^ u; trois fois pour les dix lettres b, c, /*, g, j, m, p, q, v, x ; et quatre fois pour les quatre lettres h. A-, js, y. En tenant compte de remploi fréquent des lettres que j'indique par un ou deux mouvements, et de la rareté de celles que j'indique par trois ou quatre, on trouve, par un calcul facile, qu'il suffît, en moyenne, de 1 mouvement 77 centièmes pour la transmission de chacune des lettres d'une dépèche.

L'appareil qui vient d'être décrit peut être considéré comme le principe du télégraphe à écran; mais on peut lui faire subir dans l'application un certain nombre de modifications avantageuses. Ainsi, ces trois mouvements d'horlogerie distincts qui en font mouvoir les diverses parties, peuvent être réduits à deux, et même à un seul.

A la place des deux roues à chevilles, mises en mouvement par des appa-

rails d'horlogerie, on dispose deux rochets R et R' (ôg. 9, pi. III) qui tournent librement sur leurs axes; on remplace, d*un autre côté, les deux cliquets arqués qui s'articulent à l'extrémité des bras E et £' par deux cliquetsordinaires v et v\ Les ressorts X et X' agissent en sens inverse; au lieu de ramener les bras D, B', lorsque le signal est indiqué, ils leur donnent^ au contraire, le mouvement qu'ils doivent suivre pour porter Taiguille sur les signaux de l'écran. Mais, comme les cliquets v et v' transmettent aux rochets le mouvement des bras E et £', ceux-ci n'avancent que chaque fois qu'une oscillation des ancres produit un échappement.

n ne s'agit plus que de ramener le système dans sa position première, après l'observation du signal, et c'est l'objet du tourniqtiet remonteur T. Ce tourniquet est mis en mouvement par un appareil d'horlogerie. Il échappe l'ancre 0 P après chaque signal et fait un demi-tour. Les cames placées à ses deux extrémités atteignent dans ce mouvement les bras E, E', et les font ainsi remonter dans leur position première.

Cet effet ce produit de la manière suivante : L'ancre 0 P porte une longue tige L, dont l'extrémité s'engage entre les branches de la petite ancre d un double échappement m n qui reçoit les mouvements du balancier MM par la tige t, et par la tringle S. Le balancier MM oscille librement sur l'axe du tourniquet T; il se termine par deux palettes qui s'engagent entre les dents des rochets. Ces dents le repoussent en arrière et le tiennent relevé pendant la succession des mouvements rapides qui forment les signaux et il ne revient dans sa position première qu'après le temps nécessaire pour leur observation. Son mouvement est réglé, à cet égard, par un gouverneur hydraulique^ semblable à celui que M. Brett a employé dans son télégraphe imprimeur, ou par xm gouverneur atmosphérique , construit d'après le principe; ou bien encore par un simple volant à ailes très-larges et très-légères, qu'il favit faire mouvoir en poussant un rochet d'encliquetago, à son mouvement de retour.

Quand l'appareil est au repos, le tourniquet T s'appuie sur le plan incliné P de l'ancre 0 P. Le premier mouvement du rochet, en repoussant le balancier M, fait échapper la branche n de l'ancre m n, et par contre-coup le plan incliné P de l'ancre 0 P; le tourniquet T vient alors s'arrêter contre le plan incliné 0. Lorsque le balancier est revenu dans sa position première, en suivant le mouvement réglé par le gouverneur, la branche m de l'ancre m n échappe à son tour; le plan incliné 0 échappe par suite du mouvement, et le tourniquet fait un demi-tour, en entraînant avec lui les bras E et E' qu'il replace dans leur position première.

Lorsque le signal est indiqué par un temps d'activité du courant élec-

74 TfiLÉGRAPHES A CADRAN.

trique, le rochet doit encore feire un mouvement pour revenir au temps de repos, après que le tourniquet a fait remonter les bras £, £'. Pour éviter que ce mouvement ne déplace le système de la position qu'il doit prendre, il sufAt de faire remonter les bras E, £', à un demi-intervalle au-delà de la position dans laquelle ils doivent être arrêtés définitivement. 8i le signal est donné par un temps d'activité, le cliquet rencontre, en cet endroit, la dent qui doit Tentraîner d^un demi-intervalle dans la position voulue, dès que le courant est interrompu. Si le signal est donné par le temps de repos du courant, le cliquet étant remonté à Tendroit qui forme le milieu de l'intervalle de deux dents, retombe naturellement contre celle de ces dents sur laquelle il doit définitivement s'arrêter.

Télégraphes & chiffireB combinés. — Le télégraphe à chiffres combinés ne diffère du télégraphe à écran que par le mode de réception des signaux. A l'extrémité des bras B et B', qui sont placés vis-à-vis l'un de Tautre, sont fixés deux arcs de cercle, ayant chacun dix divisions, sur lesquelles sont écrits les chiffres 0, 1,2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9. Quand l'appareil est au repos, les deux zéros sont en présence Tun de l'autre; ils apparaissent ensemble par une ouverture pratiquée pour l'observation des signaux. On comprend qu'on peut former tous les nombres jusqu'à 99, en combinant les chiffres d'un arc avec ceux de l'autre. Le système qui est à droite donne le chiffre des unités, celui qui est à gauche donne le chiffre des dizaines : le premier est commandé par le courant positif, le second par le courant négatif; les chiffres pairs apparaissent pendant le temps de l'interruption du courant; les chiffres impairs pendimt le temps d'activité. Comme on ne peut animer les deux courants à la fois, il n'est possible que d'indiquer les nombres composés de deux chiffres impairs comme 11, 23, 37; au lieu de 99 signaux, on ne peut donc en former que 74. Cette perte d'un quart est inévitable, à moins qu'on n'emploie deux piles et deux fils conducteurs.

M. Régnard a cherché encore plusieurs combinaisons mécaniques pour rendre la marche des télégraphes à cadran plus prompte, en employant les deux effets que peuvent fournir les inversions du courant. Ainsi il a pensé qu'on pourrait faire réagir l'une de ces inversions sur un cadran mobile portant six grandes divisions, par exemple, et l'autre sur une étoile ayant un pareil nombre de rayons. Par ce moyen, la division du cadran qui contiendrait la lettré qu'on voudrait indiquer serait portée dans une position déterminée où l'une des pointes de l'étoile viendrait la chercher. On poiirrait encore disposer deux étoiles, l'une à cinq rayons et l'autre à six, sur un cadran fixe ayant trente divisions, et indiquer chacune de ces divisions par la coïncidence d*un rayon de l'une des étoiles avec im rayon de l'autre.

Syatènie télé|praphiqae de M. Gloesener au moyen duquel les siipaaax peuvent être distribués sur deux on trois eiroonférences concentriques. — Ce système qui permet de réduire à huit les positions différentes que prend Taiguille d*un télégraphe à cadran, pour la désignation des lettres de notre alphabet, nécessite deux mécanismes : un récepteur à mouvement d'horlogerie ordinaire et un timbre électro-magnétique marchant sous l'influence d'une armature aimantée. La disposition de ce système se comprend aisément. Si la lettre qu'on a voulu transmettre se trouve placée sur la circonférence intérieure du cadran, sa désignation s'effectue comme à l'ordinaire, c'est-à-dire par l'urrêt momentané de l'aiguille indicatrice; mais si elle se trouve sur la cir^ conférence moyenne ou sur la circonférence extérieure, l'action du manipulateur qui doit réagir sur elle, doit faire intervenir en ce moment le mécanisme du timbre, et en conséquence renverser le sens du courant. Un seul coup frappé sur le timbre indiquera que le signal pointé appartient à la circonférence moyenne; deux coups indiqueront que le signal doit être lu sur la troisième circonférence. Pour obtenir cet effet, M. Gloesener emploie deux appareils : un manipulateur ordinaire et un commutateur à renversement de pôles.

Il est inutile de dire que le timbre peut être remplacé par un index quelccnque, pourvu que son apparition soit provoquée par une réaction électrique inverse à celle qui détermine la marche normale du télégraphe.

Système de télé|praplie & cadran dans lequel l*ai|puille peut avancer^ rétrograder et osciller & la volonté du télég^raphiste — de M. Gloesener. — Ce système marche sous Tuiflacnce seule de l'action mécanique du courant; en conséquence, il n'est guère susceptible d'application sur les lignes télégraphiques un peu longues. C'est à proprement parler un télégraphe de démonstration à cadran d mt l'axe portant les aiguilles se trouve pourvu do trois rochets au lieu d'an. Sur deux de ces rochets réagissent des encliquetages mis en mouvement par des électro-aimants à armatures aimantées, interposés dans un même circuit. Ces électros sont disposés de manière que quand l'une des armatures est attirée pour un certain sens du courant, l'autre soit répons* sée, et réciproquement. C'est sur le troisième rochet que réagissent les cliquets de retient nécessaires pour assurer la marche du système; seulement les dents de ce rochet, au lieu d*ôtre pointues, sont carrées. Avec citte disposition, on comprend que si deux biseaux rigides se trouvent disposés au-dessus des cliquets d'impulsion de manière à les écarter de leurs rochcis respectifs lorsqu'ils sont en repos, il suffira de faire réagir sur les électro- *

aimants un manipulateur à renversement de pôles, pour que toutes les fermetures de courant opérées dans un même sens fassent successivement tourner Tun des rochets, et pour gue toutes les fermetures de ce môme courant opérées en sens contraire réagissent sur l'autre rochet. Un pareil manipulateur est, du reste, assez simple à construire.

Télé|p*aphe silencieux de SI. Bre^puet. — Quand on veut correspondre directement d'une station h une auti*e, sans que les stations

intermédiaires prennent part

Fie 32

^' ' à la dépèche, et sans em-

ployer d'appareils silencieux (appareils que nous décriroas plus tard), il devient essentiel de faire intervenir une action physique telle, que le moyen propre à foire marcher l'un des télégraphes ne puisse convenir aux autres. Or, le moyen d'arriver à ce but est fourni directement par les armatures aimantées.

Supposons, en effet, que sans rien changer au mécanisme des appareils actuels, on substitue seulement aux armatures de fer doux des armatures aimantées, dont les pôles soient disposés dans les appareils d*uno manière diamétralement opposée aux stations extrêmes et aux stations intermédiaires, on comprendra que si le courant marche dans le circuit, de manière à attirer les armatures des appareils des stations extrêmes, ce courant, réagissant sur les appareils des stations intermédiaires, n'aura d'effet que dans le sens de la répulsion. Or comme les armatures se trouvent alors butées sous Tinfluence de leur ressort antagoniste, elles ne bougent pas. Donc, les deux stations extrêmes seules peuvent alors parler; mais si on change le sens du courant, les réactions magnétiques devenant immédiatement opposées, le contraire

TT

a lieu, et ce sont les stations intennédiaires qui se trouvent en relation avec Tune ou l'autre des stations extrêmes.

Téléipraiplie mllltelre de M. TroiiTé. -- Quand il ne s'agit que de télégraphie volante de campagne, il importe qu'on ait des appareils les plus portatib possibles et d'une disposition telle qu'ils puissent fonctionner sans aucune installation préalable, par exemple, comme une simple montre qu'on porterait dans sa poche et qu'il suflSrait de mettre dans la

main pour l'échange des cor- ^9- ^^' respondances. M. Trouvé a

résolu ce problème au moyen du télégraphe à cadran que nous représentons de grandeur naturelle fig. 32 et 33.

Ce télégraphe n'est autre chose qu'un télégraphe à cadran qui fonctionne sous l'influence d'un simple mouvc^ ment démontre et par l'action d'un tout petit électro- aimant qtii agit sur un échappement à déclanchement d'une sira- [tlicité extrême. Dans cet appareil le manipulateur et le récepteur sont disposés l'un au-dessus de l'autre comme le montre la fig. 32. Mais pour peu qu'on suppose enlevé le pont P qui sert d'appui aux différentes pièces du manipulateur, lesquelles consistent en ime roue à cames R, en un ressort interrupteur V et en un ressort d'encliquetage X, on retrouve le récepteur dans toute sa simplicité comme l'indique la fig. 33.

Les fonctions du manipulateur dans cet appareil consistent à foire osciller, à la manière de la godille des télégraphes ordinaires, le ressort Y dont l'extrémité se meut entre deux pointes de vis isolées, en rapport l'ime avec la pile, l'autre avec la ligne; et ce mouvement d'oscillation est produit parl'intorniédiaire des cames de la roue R et d'une sorte de clef do montre que

l'on introduit sur un carré pratiqué. sur Taxe de cette roue et qui peut la faire tourner dans un sens déterminé. Le ressort X empêche, en efiet, son recul; de sorte que la manipulation dans ce système télégraphique s'effectue comme quand on remet une montre ordinaire à l'heure. Les diverses pièces du récepteur se voient distinctement dans la fîg. 33. D est la roue d'échappement dont l'axe est dans le prolongement de celui de la roue R du manipulateur. B B' est l'éiectro-aimant ; G i'équerre sur laquelle est articulée l'armature A ; F le ressort antagoniste de cette armature ; G, H des pieds de biche servant à régler la course de celie-ci; N la platine de l'appareil; M la boîte de la montre; enfin L un bouton pour la mise au repère. Cette mise au repère s'effectue par l'intermédiaire d'un levier articulé 0 fîg. 32 qui, en appuyant

sur l'armature A, réagit f*^?- 34. sur la roue d'échappement

comme si l'électro-aimant était actif.

Les anneaux Q et S que Ton voit au bas des deux figures sont les points d'attache des fils conducteurs qui correspondent aux deux tils de ligne et aux vis de contact T et U du manipulateur par l'intermédiaire de rélectro-aimant. Le troisième anneau qui est au milieu correspond à la pile.

Dans l'appareil dont nous venons de donner le dessin, le cadran du récepteur et le cadran du manipulateur occupent les deux faces oppo* sées de la montre et sont recouverts d'un verre comme une montre ordinaire. Au centre de chaque cadran se trouve une aiguille montée sur Taxe des roues D et R, et le verre du cadran correspondant au manipulateur est percé à son centre pour qu'on puisse passer la clef avec laquelle on envoie les signaux. Mais dans un perfectionnement récent

Fig. 35.

M. Trouvé a disposé sur un même cadran les deux aiguilles, comme on le voit fig. 34, et a fait en sorte, au moyen d'un remontoir de montre, de faire fonctionner le manipulateur à la manière des montres à remontoir, c'est-àdire en tournant un bouton moleté fixé sur l'anneau de la montre. De cette manière ce télégraphe est devenu une véritable montre qui ne dépasse pas de beaucoup en grandeur celle des ouvriers. Toutefois M. Trouvé a fait plus encore, car en employant deux cadrans superposés dont l'un était mobile^ il a pu faire de cet appareil un véritable cryptographe pour les dépêches secrètes, appareil dont il pouvait faire varier la clef en modifiant la position respective des lettres sur les deux cadrans.

Les accessoires de cet appareil sont : i» uqe boite à piles du système Trouvé qui se porte en sautoir ou comme une cartouchière, et qui est munie d'anneaux et de crochets pour la fixation des fils de transmission et des fils du télégraphe de poche que nous venons de décrire (1). Cette boite contient 6 éléments de pile; 2<» un crochet de commissionnaire en bois (fig^ 35) avec brassières pour être porté à dos d'homme et sur lequel est disposée la bobine où sont enroulés les deux fils de transmission. Cette bobine pivote sur deux tourillons et peut facilement se prêter au déroulement ou à l'enroulement des fils. Ce crochet est d'ailleurs muni des anneaux et jointures nécessaires pour mettre les fils en commimication électrique avec la pile et le télégraphe.

Quand le poste est fixe, la pile est portée en sautoir, comme nous Tavons dit plus haut, par le militahre qui doit transmettre et recevoir, et celui-ci n'a rien autre chose à porter que l'appareil télégraphique qu'il peut mettre dans sa poche. Le bruit de l'échappement peut suffire comme signal d'avertissement. Quand le poste est mobile, la pile est disposée sur le crochet lui-même en P au-dessous de la bobine. La montre télégraphe y est suspendue également sur le côté et s'y trouve reliée convenablement avec la pile et les fils conducteurs. Le tout est chargé sur les épaules du porteur qui laisse défiler le câble en marchant.

Quand le poste mobile ayant déroulé tout son fil veut prendre une autre bobine, fi n'a qu'à décrocher le fil de la -première pour l'ajouter à celui de la

(1) Voir la description de cette pile, tome I^ p. 269.

seconde, ce que l'on opère de la manière la plus simple à l'aide d'un système de jointure à porte-mousqueton qui n'est pas une des pièces les moins ingénieuses des divers appareils de M. Trouvé.

Ce système n*est bien entendu qu'un télégraphe volant de campagne destiné aux opérations militaires d'un simple corps d'armée en mouvement, et les fils conducteurs n'ont guère plus de 4 à 5 kilomètres de longueur, mais on comprend facilement que pour relier entre eux les divers corps d*armée et les derrières de Tarmée elle-même à la base des opérations, un système télégraphique à poteaux fixes ou volants devient indispensable. Toutefois dans le but que s'est proposé M. Trouvé, son système est réellement un des plus simples et des plus portatif) que l'on ait proposés. . Moyens proposés ponr auipnienter la vitesse de transmission des dépêclies avec les téléipraphes & cadran. — 8i l'on considère que la rotation du manipulateur des télégraphes à cadran ne peut se faire que dans un seul sens, et que pour transmettre une lettre qui en précède une autre déjà transmise il faut faire accomplir à la manivelle un tour entier du cadran; si Ton considère, d'autre part, que plus le nombre des émissions de courant est considérable, plus la transmission présente de chances d'erreur, on comprendra facilement que toute disposition qui permettra de réduire le nombre de ces émissions de courant, et par conséquent l'étendue delà course de la manivelle, présentera des avantages r jels, tant pour la célérité que pour la sûreté des transmissions. Or, pour arriver à ce résultat, il est un moyen bien simple, c'est de changer l'ordre des lettres sur les cadrans et de les disposer de manière que les lettres qui se répètent le plus souvent ou qui se groupent le plus fréquemment ensemble, nécessitent le moins d'émissions de courant et se suivent de plus près. Des recherches consciencieuses, faites par M. Lemoyne, inspecteur des ligoeb télégraphiques, ont prouvé que l'ordre le plus avantageux était, pour les télégraphes à cadran, le suivant :

•f d cm p y g b f h j q k t snr zxyuioeal

et pour les télégraphes imprimeurs :

(l)iuydcpmvgn8bf + w qo keaxzjhtrl

M. Lemoyne a, du reste, publié sur cette question un intéressant mémoire dans les Annales télégraphiques (t. V, p. 46).

M. Astier a proposé également, pour arriver au même but, de composer les cadrans d'une partie mobile portant à des intervalles inégaux les con-

sonnes, et d'un cadran fixe, emboîtant le premier, portant à intervalles égaux les cinq voyelles, plus Ve muet qui constitue le repère. Ou le zéro. Mais ce système, d'ailleurs peu étudié par son auteur est plutôt théorique que pratique.

Téléi^apbe mixte à, cadran et & ai^nllies de MM. Foy et Bre^net. — Désirant conserver les signaux usités dans le service télégraphique déjà établi et le personnel attaché à ce service, l'administration des télégraphes du gouvernement français avait voulu dans l'origine établir ses télégraphes électriques dans le système Ghappe, qui avait fourni jusque-là de si heureux résultats. Pour atteindre ce but, MM. Foy et Breguet eurent Tingénieuse idée d'appliquer le principe du télégraphe à cadran au télégraphe à double aiguille, afin d'obtenir de celles-ci huit positions angulaires différentes qui pussent représenter les diverses inclinaisons que doivent prendre les ailettes terminales des télégraphes aériens pour exprimer les différents signaux du vocabulaire Ghappe. De cette manière, ces aiguilles, réunies d'ailleurs par une traverse horizontale, constituaient un véritable télégraphe aérien en miniature. La disposition électro-mécanique d*un pareil télégraphe ne présentait, du reste, rien de difficile, car il suffisait d'adapter à chacune des aiguilles un mécanisme d'horlogerie analogue à celui des télégraphes à cadran, et dont la roue d'échappement, au lieu de porter treize dents, n'en eût que quatre. Tel est effectivement en principe le télégraphe dont nous parlons, et que nous représentons fig. 12, 13, 14, pi. I.

La fig. 12 représente l'extérieur de l'appareil. Les deux aiguilles, réunies par la traverse horizontale, se voient au milieu du cadre A6GD, et au-dessus d'elles se distinguent deux petits cercles divisés destinés à indiquer le degré de tension des ressorts antagonistes; les deux clefs propres à opérer cette tension se voient à côté, suspendues à de petites chaînettes de cuivre; enfin, au-dessous des aiguilles se trouvent les trous des deux bajrillets des mécanismes d'horlogerie.

La fig. 14 montre le mécanisme à quatre mobiles de l'une des deux aiguilles, et le détail de Téchappement est indiqué fig. 13 et 14 bis.

Le manipulateur du télégraphe Foy-Breguet est comme le récepteur composé de deux parties indépendantes et semblables; chacune d'elles* représentée fig. 15, est en rapport avec un des côtés du récepteur par un fil spécial. Ordinairement ce double manipulateur est placé en avant de la boîte de l'appareil.

Gomme on le voit sur la fig. 15, cet appareil se compose de deux disques D et R, l'un fixe, l'autre mobile, montés sur une colonne, et qui réagissent sur un levier L constituimt un interrupteur.

Le disque D, qui est fixe, porte sur sa circonférence huit échancrures, dans lesquelles peut être introduite une dent adaptée sous le bras de la manivelle M. A cet effet, celle-ci peut céder à un petit mouvement autour d'un centre placé à Textrémité de Taxe de rotation, de sorte que l'on peut la tirer à soi pour faire sortir la dent du cran dans lequel elle se trouve engagée pour la remettre dans un autre; un ressort la pousse continuellement dans ce sens, afin qu'elle ne puisse changer de position qu'à la volonté de remployé.

A l'aide de ces crans on peut fixer la manivelle dans huit positions différentes, et ces positions correspondent exactement à celles que prend l'aiguille correspondante sur le cadran du récepteur. Voici comment s'opère la transmission.

Le disque R est mobile avec Taxe sur lequel est fixée la manivelle M, et qui tourne dans la douille DR. Sur la face postérieure du disque est creusée une rainure carrée dans laquelle est introduite une forte cheville portée par le levier C, et ce levier G est fixé sur un axe horizontal CC, qui porte en C une tige L, terminée par une lame de ressort. Enûn, des deux côtés de cette lame de ressort se trouvent deux dés métalliques isolés K, K', l'un en rapport avec la pile, Tautre en rapport avec l'appareil récepteur de la station. Une communication établie entre la colonne du support et le fil de la ligne complète l'interrupteur, qui fonctionne de la manière suivante.

Quand la manivelle est au repos, c'est-à-dire dans une position horizontale, le levier L touche le contact K. Dans cette position, si un courant est envoyé de l'autre station, il vient par le fil de la hgne, entre dans la base de la colonne, passe par l'axe C, suit la tige L, puis sort par K pour aller au récepteur par un fil conducteur. Ce rôftpteur est alors mis en jeu; l'aiguille avance d'un pas, et un signal est produit. Pour cela, il a fallu que l'employé de la station éloignée fît avancer la manivelle M d'un cran ou d'un huitième de tour. Dans ce mouvement le disque R a fait mouvoir le levier L et lui a fait quitter le contact K pour le porter sur le contact K', qui est reUé à la pile. Aussitôt le courant passe de K' en L, par la colonne, arrive au fil de la ligne, et l'effet ci-dessus expliqué est produit. On voit, d'après cela, que le levier L est disposé pour recevoir le courant envoyé tous les deux crans à partir du point de départ.

Dans le bas du récepteur on voit passer deux petites tiges de cuivre : on leur a donné le nom de pédales. Elles donnent à l'employé la facilité de corriger les erreurs qui peuvent survenir pendail, la transmission. Ces erreurs peuvent être causées, soit par un mauvais CU- momentané de la

ligne^ soit par les courants accidentels, soit par l'employé, et l'appareil aussi peut manquer. Mais la correction est si facile et si rapide, qu'un petit coup de doigt douné sur cette pédale ne fait pas perdre de temps. Cette correction se fait toiyours en faisant avancer l'aiguille^ car, d'après la construction du mécanisme^ les erreurs ne peuvent exister que dans le sens du retard.

La fig. 16, pi. ], représente les différents signaux du télégraphe Foy- Breguet correspondant aux différentes lettres lettres de l'alphabet. On voit qu'ils sont très-simples et très-nets. En n'employant qu'une seule aiguille, ces signaux deviennent plus compliqués, car ils se font alors en deux temps, et Ton est obligé de âgurer successivement les deux angles télégraphiques que contient le signal. Pourtant la vitesse de transmission n'est pas diminuée autant qu'on le croirait, et certains employés parviennent, avec une seule manivelle, aux deux tiers de la vitesse que Ton atteint ordinairement avec deux.

On a beaucoup réclamé, surtout dans le public peu au courant des manœuvres télégraphiques, contre ce système. Pourtant il avait de grandes qualités, et, sous le rapport de la vitesse de transmission, bien des appareils employés depuis n'ont pas donné de résultats aussi satisfaisants (1). D'ailleurs les deux fils qu'il nécessitait, et qui pouvaient au besoin transmettre isolément, étaient une garantie pour le service continu d'une ligne.

Télégraphe & aiguilles de M. Bre§^et & signaux aneienia, — Pour obtenir le jeu de la barre horizontale unissant les deux aiguilles du télégraphe précédent et rendre ainsi le télégraphe électrique entièrement semblable au télégraphe aérjen, M. Breguet avait imaginé dans Torigino d'ajouter au mécanisme que nous avons décrit, ou du moins au mécanisme qui en tenait lieu (car les échappements étaient différents) un troisième électro-aimant de la forme indiquée fig. 20, pi. I, tome U. Une palette aimantée oscillant entre les pôles de cet électro-aimant se terminait à son extrémité libre par un secteur denté engrenant avec un pignon, de telle manière que pour chaque mouvement exécuté par la palette, ce pignon pût tourner d'un quart de révolution. C'était sur Taxe de ce pignon qu'était montée la traverse ou plutôt la troisième aiguille qui unissait les deux autres, et son jeu dépendait uniquement du sens du couvrant traversant l'électro-aimant additionnel. Comme cet électro-aimant

(1) Certains emproyés ont été Josqu'à faire 240 signaux par minute, ce qui équivaut à 50 mots.

84 TÉLfiGRAPHBS A CADRAN.

était en communication avec les deux autres, suivant qu'on envoyait de la station éloignée le courant dans un sens ou dans Pautre, on fusait placer cette troisième aiguille dans une position horizontale ou verticale, sans que pour cela la marche des autres aiguilles en fût troublée. Cette inversion facultative s'obtenait au moyen d'un commutateur à renversement de pôles adapté aux manipulateurs.dont nous avons parlé.

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