‹ Exposé des applications de l'électricité (volume 2)Chapitre 28 sur 90 · RÉACTIONS DYNAMIQUES ET INDUCTRICES · texte numérisé non relu

RÉACTIONS DYNAMIQUES ET INDUCTRICES

Nous avons vu précédemment que quand un courant réagissait par induction sur un circuit parcouru par un autre courant, les effets se trouvaient singulièrement compliqués et acquéraient une certaine importance avec des courants instantanés de grande tension ; nous allons maintenant examiner ce genre de réactions, que M. Guillemin a élucidées avec un grand soin dans deux mémoires qu'il a présentés à l'Institut en 1866 et 1867.

Les conclusions auxquelles ce savant est parvenu peuvent être formulées de la manière suivante :

1^ Quand des courants instantanés, ayant une assez grande tension pour s'influencer facilement, marchent parallèlement dans le même sens, leur transmission à travers les conducteurs est rendue plus difGcile, et cela d'autant plus que ces conducteurs sont plus rapprochés les uns des autres. Le maximum de ce£ effet nuisible correspond préci3ément au point de contact des conducteurs, ce qui explique le fait que nous avons énoncé page 69 que la conductibilité des courants instantanés dépend moins de la section des conducteurs que de leur surface.

2** Quand les courants marchent parallèlement en sens contraire les uns des autres, leur propagation se trouve facilitée dans la proportion de leur plus grand rapprochement.

3^ Quand un conducteur est enroulé en hélice et qu'il se trouve par conséquent dans la situation de présenter, sur différents points de son circuit, des actions inductrices qui peuvent être effectuées dans différents sens. La résistance augmente généralement, mais ejle peut subir une augmentation ou une diminution suivant le diamètre de Thélice. Si ce diamètre est très-petit, une diminution a lieu; dans le cas contraire, il y a augmentation.

(1) Une expérience présentée à l'Académie des sciences par H. Jamin, le 28 juin 1869 et décrite dans len Mondes, tome XX, p. 878, démontre victorieusement la vérité de cette théorie.

4® Quand les courants sont produits par une pile et n'ont pas, par conséquent, une aussi grande tension que ceux dont il a été question précédemment, les mêmes effets se reproduisent, mais pour pouvoir les constater, il faut que les courants soient soumis à des interruptions régulières et très-promptes et que les fils qui les conduisent soient enroulés en hélice comme dans les appareils d'induction. Dans ces conditions, on a pu constater une différence d'intensité produite par les mêmes courants dans le rapport de 10 à 14.

Ces effets, du reste, s'expliquent facilement, si Ton considère d'abord que l'action inductrice des deux courants se produisant dès les premiers moments de la période variable de leur propagation, cette période variable se trouve grandement allongée et d'autant plus allongée que l'action inductrice est plus énergique, ce qui équivaut, en fin de compte, à un retard dans la transmission. D'un autre côté, comme les courants qui en résultent sont de sens différents, de sens contraire au courant circulant dans le circuit induit quand les deux courants marchent parallèlement dans le même sens, de même sens au contraire quand ces deux courants marchent en sens inverse, il doit y avoir affaiblissement dans le premier cas et renforcement dans le second.

L'augmentation de résistance due à l'enroulement du circuit en hélice quand les spires sont de grand diamètre, et la diminution de cette résistance quand les spires sont de petit diamètre, vient de ce que, dans l'hélice, il existe des réactions de signes contraires, dont les unes retardent la propagation du courant et dont les autres l'accélèrent. Les premières sont dues à l'action exercée par les parties de l'hélice situées sur une même génératrice du cylindre sur lequel elle est enroulée ; les courants s'y propagent dans le même sens. Les dernières résultent de la réaction des parties situées aux extrémités d'un même diamètre, dans lesquelles les directions des courants sont contraires. Les premières l'emportent lorsque l'hélice a un grand diamètre, et alors il y a retard comme dans le cas de courants marchant dans le même sens ; les secondes, au contraire, deviennent prédominantes quand l'hélice a un petit diamètre, et alors il y a accélération.

Page 1