VIII PRÉFACE
eux, OU pour n*avoir eu que des demi-connaissances ! et cela parce que ces ouvrages, toujours incomplets, ne font mention que des faits principaux, sans indiquer même sommairement dans quelle drec-i tion ont porté les recherches des savants et des inventeurs. Beaucoup de ces ouvrages, d'ailleurs, sont faits par des personnes qui ne se sont pas spécialisées dans le sujet qu'elles traitent, qui ne parlent de la science que par ouï-dire, sans avoir les connaissances mathématiques et théoriques nécessaires pour une juste appréciation des faits, et qui ne saisissant pas le principe des inventions, ne s'attachent qu'à leur forme et à Tefifet qu'elles peuvent produire sur le lecteur. Un grand personnage auquel on proposait de faire d'un homme de lettres un homme d^État, disait que pour faire un eivet il fallait un lièvre : nous, nous dirons que pour faire des livres de science, même de science vulgarisée, il faut être savant. Sans doute le style en sera plus lourd, la lecture moins agréable, mais on aura des notions vraies, sérieuses, et on pourra se rendre compte, si Touvrage n'est qu'un abrégé, qu'il existe beaucoup d'autres choses à savoir que ce que l'on mentionne. Suivant nous, c'est un tort de se borner à n*exposer que des faits principaux ou des inventions principales : il en est d'accessoires qui peuvent devenir de premier ordre, par suite de découvertes nouvelles, et si on ne peut les mentionner tous, on devrait toujours les laisser entrevoir, en indiquant d'une manière sommaire les sources auxquelles on pourrait puiser les renseignements nécessaires pour les approfondir. Or, tel n'est pas généralement l'esprit qui préside aux ouvrages de science vulgarisée qui se publient tous les jours ; on choisit les inventions à sensation, les phénomènes qui paraissent le plus étonner la raison ; on les présente un peu à la manière des prestidigitateurs, et le public peu au courant de la vraie science, croit que tout ce que l'on doit savoir est là; c'est ainsi que nous voyons, par exemple, des ouvrages spéciaux pour l'électricité qui consacrent une notable partie de leurs pages à Texposition des trucs et des moyens employés au théâtre ou , chez les prestidigitateurs pour frapper les yeux, et qui ne mentionnent même pas les admirables applications de Télectricité aux appareils de précision, aux chronographes, aux appareils météorologiques, à la gra-