PRÉFACE
Depuis les succès, du reste, bien mérités des ouvrages de M L. Figuier, une foule de livres de science vulgarisée ont surgi tout d'un coup, et pour ajouter au charme d*une lecture facile, leurs éditeurs les ont accompagnés de gravures admirablement exécutées, tout en en faisant des éditions tout à fait luxueuses. Aussi ces ouvrages ont-ils eu des succès relatifs plus ou moins grands, mais toujours suffisants pour satisfaire pleinement, au point de vue commercial, ceux qui en avaient entrepris la publication. Ce débordement de livres de science vulgarisée est- il au point de vue de la science en elle-même un progrès réalisé ?.... On peut répondre oui et non. Oui, parce que ces ouvrages ont popularisé la science en la rendant intelligible et agréable pour toutes les intelligences et ont provoqué, par une sorte d'initiation du public aux secrets de la nature, une foule de recherches et d'inventions qui n'auraient peut-être pas pris nais* sance sans cette impulsion. Non, parce que ces livres ont créé une foule de demi-savants, qui, dans un pays aussi léger que le nôtre, croient tout savoir, parce qu'ils savent arrondir une phrase et que, grâce à ces publications, ils ont pu avoir une teinture des sciences.
Ces livres, d'ailleurs, ont dégoûté beaucoup des ouvrages réellement sérieux, dans lesquels la véritable science est plus difficile à acquérir, et la plupart des éditeurs, plus soucieux de leurs intérêts que de celui de la science, ce qui est d'ailleurs naturel, se décident rarement aujourd'hui à entreprendre des publications véritablement savantes. D'un autre côté, si les connaissances superficielles qu on acquiert par la lecture des ouvrages dont nous parlons, ont provoqué des recherches et des inventions nouvelles, combien de déceptions n'ont-elles pas entrainées !... que d'inventeurs ruinés pour avoir réinventé ce qui avait été souvent imaginé bien des années avant