‹ Exposé des applications de l'électricité (volume 2)Chapitre 67 sur 90 · UNITÉS DE RÉSISTANCE EMPLOYÉES DANS LES DIFFÉRENTS PAYS · texte numérisé non relu

UNITÉS DE RÉSISTANCE EMPLOYÉES DANS LES DIFFÉRENTS PAYS

Unité de Wheatslone. — M. Wheatstone a créé, comme on lésait, le premier instrument au moyen duquel des multiples définis de l'unité de résistance peuvent être ajoutés ou retirés à volonté d'un circuit donné. L'unité de résistance qu'il avait proposée et employée pour cet appareil

(1) Le grain vaut 0,06iS gramme.

(2) Le pouce anglais vaut â,5399 centimètres.

connu sons le nom de Rhéostat, était un pied (1) de fil de cuivre pesant 100 grains.

Unité de Jaeobi. — Le professeur Jacobin de Saint-Pétersbourg, a fait plusieurs propositions pour le cboix de Tunité de résistance électrique. Son type d'unité le plus connu et dont il a envoyé des copies aux différents physiciens, représente 35 pieds d'un fil de cuivre pesant 345 grains. Un autre type également proposé par cet illustre savant était un fil de enivre de un mètre de longueur ayant un millimètre de diamètre. Unité Siemens. — Cette unité dont nous avons souvent parlé, représente nne colonne de mercu)re purifié de un mètre de longueur sur un millimètre carré de section à 0® centigrades. Elle donna d'abord lieu, en 1860, à un type étalon d'après lequel furent disposées plusieurs bobines de résistance, construites en fil d'argent allemand. Une reproduction des types primitifs ayant été faite en 1863, on trouva que les nouveaux étalons ne différaient des anciens que de 0,1 pour cent. Une erreur provenant du poids spécifique du mercure, qui avait été supposé de 13,557 au lieu de 13,596, fut corrigée en 1866, et il en est résulté que tous les étalons construits par Siemens avant cette date sont de 0,29 pour cent plus résistants que ne le comporte leur désignation. Conséquemment, les résistances attribuées à ces étalons doivent être multipliées par la constante 1 ,0039 pour correspondre exactement aux unités mercurielles, telles qu'elles ont été définies.

Unités françaises et suisses. — Dans les administrations télégrar* phiques, françaises et suisses, l'unité de résistance en. usage jusqu'en 1867 était le kilomètre de fil télégraphique en fer de 4 millimètres de diamètre. Comme une grande exactitude de mesure n'est pas nécessaire dans la pratique télégraphique, on ne s'appliqua pas a établir un étalon dans des conditions bien définies, et on ne se préoccupa même pas de la température à laquelle le fil était soumis au moment des mesures. Il en est résulté que les bobines de résistance construites dans les ateliers suisses et français, diffèrent d'au moins 15 pour cent les uns des autres (2). En 1867, MM. Breguet et Digney corrigèrent leur unité d'après celle

(i) Un pied afiglais est égal à 30',480 centimètres.

(2) Trois étalons basés sur ce système de mesures et construits par MM. Digney, Hipp et Breguet furent présentés à rExposition de Londres de {90%, et Ton pût s'assurer que runité kilométrique qu'ils représentaient avait pour valeur : 9,266 pour l'un, 9,760 pour un autre, enfin, 10,420 pour le troisième.

de M. Siemens, en la rendant égale à 10 unités mercnrielleS) rénstance qui se rapproche beaucoup de celle du kilomètre de fil télégraphiqae. Du reste, Tunité adoptée pour tous les câbles sous-marins français est Tunité Siemens.

Unité de Maiihiessen. — Cette unité représente la résistance d'tm mile (1) de fil de euiyre pur de 1/16 de pouce de diam^re à 15^,5 eeqtigrades; ,

Unité de Varley. •- L'unité de Vartey a été souvent employée dans la construction des câbles et des lignes de la compagnie télégraphique, dont il avait la direction ; elle représentait dans Torigine un mile d*un fil de cuivré spécial de 1/16 de pouce de diamètre. Plus tard, M. Varier la refondit en unités Siemens et lui donna pour valeur 26 de ces unités.

Unité allemande. -^ La première unité de résistance employée dans le service télégraphique de Prusse, fut la résistance d*un fil de cuiTre d'un mile allemand (de 8^8 yards) (2) et d'un diamètre de 1/12 de pouce à une température dé 20^ centigrades. Ces unités furent construites avant 1848, par M. Siemens, mais elles ont été depuis longtemps remplacées dans ce pays par des bobines étalonnées d'après l'unité à mercure.

Tableau comparatif deê unité$ de réeittance* -^ Nous donnons dans le tableau de la page 444 les valeurs relatives des différentes unités de résistance électrique dont nous venons de parler. Ces unités dans cette table sont inscrites horizontalement et verticalement, de sorte qu'il sirffit de regarder à l'intersection des deux colonnes qui se rapportent aux unités considérées, pour avoir leur rapport, absolument comme dans une table de multiplication. C'est ûnsi qu'on reconnaît que Tunité de TassoGiation britannique (l'Ohm) est égale h 107 mètres de fil tâégraphique de 4 millim. d'après l'étalon de Digney, ou à 102" de l'étalon de M. Bregnet, tandis que l'unité de Siemens représente 97,7 mètres de ce même fil, d'après ce dernier étalon, qui parait, du reste, être le plus juste, du moins d'après mes propres expériences (8).

(1) Le mile anglais légal (statut mile) représente 1609 mètres 34 centimètres, le mile nautique, 1854 mètres 50 centimètres ; c'est à peu près la même longueur que le Knot.

(2) Le Yard représente 0'',9144 mètres.

(3) Ce rapport de rohm à runité métrique de fll télégraphique pourrait être calculé d'après les coelflcienls de résistance des différents métaux donnés dans le tableau de la page 4SI.

ITaprès ce tableau, la résistance d'un ftl de fer de 1 mètre de longueur et de 1 mil- Um. de diamètre étant 0,H51 (Ohm), à 0* centig., sa résistance à W, en partant des

On reconnaît également, par ce tableau, l'origine du chiffre qui fèpré* sente la hauteur de la colonne de mercure, de 1 millimètre carré de section, lequel chiffre, d'après M. Latimer Clark, est la représentation matérielle de Tunité anglaise. On voit en effet, que celle-ci est égale à 1^0486 unités Siemens. Or, comme dans Fhypothèse admise par M. Clark, ces deux représentations de Tunité ne difi%rent que par la hauteur, on en conclut que la colonne de mercure qui a un mètre avec l'unité Siemens, doit avoir 1",0486 avec l'unité de l'Association britannique.

ooefflcients de M. Ed. Becquerel, que nous avons donnés page 37, sera 0,1393« et pour un diamètre de 4 millimètres, 0,00870858: or, pour que ce fil représente un Ohm, il faudra que sa longueur soit augmentée dans le rapport de 1 à O,00d70S58, c*est-à-dlre qu'ello soit représentée par ii4*,75 ou par 113,72, si le fll n'a pas été recuit, ce qui est le cas le plus ordinaire. Ces chiffres sont un peu supérieurs à ceux que donne rexpérience, mais il ne faut pas perdre de vue, que rarem^t les fils télégraphiques ont le diamètre réglementaire de 4 millim.; ils sont presque toujours d''un diamètre plus faible, surtout lorsqu'ils sont posés. D'un autre côté, réchantil- Ion sur lequel M. Jenkin a expérimenté, pouvait être d'une meilleure conductibilité que nos âls; ce qui est certain, c'est que la valeur de l'Ohm, déterminée en fonction des âls télégraphiques, varie de 96 à 106 mètres.

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