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Notions préliminaires.
n n'entre pas dans notre but, en publiant cette nouvelle édition de notre Exposé des applications de V électricité^ de nous placer dans les conditions des ouvrages élémentaires de physique et de faire un exposé même rapide des phénomènes électriques. Nous avons d'ailleurs fait cette étude dans plusieurs de nos autres publications, et outre que ce travail ne serait guère en rapport avec un traité aussi spécial et aussi détaillé que doit Fétre celui que nous publions aujourd'hui, il prendrait une place qui sera beaucoup plus utilement employée par des considérations techniques en rapport avec les applications si nombreuses que nous aurons k passer en revue.
Nous supposerons donc le lecteur au courant des phénomènes éleciri^ ques en eux-mêmes, et nous n'insisterons que sur les lois des courants, d'abord parce qu'elles sont indispensables à bien approfondir quand on veut appliquer convenablement les effets électriques, et en second lieu parce que beaucoup d'entre elles ont été mal définies et surtout traitées d'une manière très-incomplète dans les traités de physique. Nous commencerons donc par les lois des courants.
Un courant électrique n'est, par le fait en lui-même, qu'un effet dynamique ou de mouvement résultant de la destruction de l'équilibre élec* trique dans un système conducteur, et ayant pour effet de tendre à rétablir par rintermédiaire d'un conducteur cet équilibre détruit, Conséqucmment, si la cause qui a provoqué cette destruction d'équilibre n'est que momentanée, le courant ne peut être qu'éphémère, mais, si elle persiste, le courant devient continu et peut être comparé à un ruisseau alimenté par une source.
Comme un courant a pour effet de rétablir l'équilibre détruit en un
certain point d'an système conducteur, il en résulte naturellement, que pour se manifester, il devient nécessaire que les deux extrémités libres de ce système conducteur se trouvent réunies ; dès lors le système constitue un véritable circuit qui se rapproche plus ou moins du cercle, mais qui est toujoiurs constitué de la même manière, c'est-à-dire que si le coui'ant est dirigé dans un certain sens, au point où s'est développé le dégagement électrique ou la destmction de Téquilibre électrique, il se trouvera dirigé en sens contraire dans la partie opposée du circuit.
Définitions importantes. — Avant d'entrer dans des détails techniques sur les lois qui président à la propagation des courants, il importe de bien s'entendre sur les expressions employées pour la désignation des différentes actions mises en jeu dans les manifestations électriques. Ces expressions sont loin de présenter la même interprétation pour les différents physiciens, et il en résulte une confusion déplorable qui a, jusqu'à présent, contribué à embrouiller considérablement la question.
Par le mot force électro-motrice^ nous entendons la force qui produit le phénomène de mouvement électrique appelé courant. Les partisans de la théorie électro-chimique repoussent, il est vrai, cette expression parce qu'elle se rattache à la théorie de Volta, qu'ils ne veulent pas admettre. Mais quelle que soit la théorie que l'on adopte, cette expression est parfaitement convenable ; car, puisqu'un courant électrique est un phénomène de mouvement, et que tout mouvement est l'effet d'une force, il est parfaitement certain que, dans tout circuit parcouru par un courant, il y a une force mise en jeu, et cette force peut, par conséquent, être appelée force électro -motrice.
La tension d'un courant qu'Ohm appelle le plus souvent force électroscopique^ manifestation électroscopique^ pouvoir^ énergie^ état électrique^ est la propriété du fluide électrique en vertu de laquelle celuici tend à réagir extérieurement et à produire les effets propres à l'électricité statique. C'est, si l'on pouvait se permettre cette comparaison, la force expansive à laquelle obéirait un courant d'eau coulant à travers un tuyau, si on venait à pratiquer à travers les parois de celui-ci de petits trous ; l'eau rejaillirait alors à travers ces petits trous avec une force d'autant plus grande que la pression exercée sur le liquide serait elle-même plus grande : or cette impulsion de l'eau représente précisément une action analogue à la tension électrique. Suivant M. Becquerel, cette tension serait constituée par la petite quantité d'électricité
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maintenue libre qoand les pôles de la pile ne sont pas réunis, et qui échappé à la recomposition pendant le temps que s'effectue le dégagement électrique.
L'iniensUé électrique représente la grandeur de Teffet produit par la force électro-motrice, c'est-à-dire la force du courant ; elle est, par conséquent, toujours en rapport avec la quantité (^électricité qui circule dans le conducteur, et elle doit dépendre à la fois de la valeur de la force électro-motrice et de la résistance qui est opposée par le conducteur au mouvement des fluides.