LES STATIONS ET LES CONVOIS CIRCULANT SUR LA VOIE
Les systèmes que nous allons maintenant étudier et qui ont été proposes dès le commencement de l'organisation du service télégraphique sur les chemins de fer, n'ont pas encore été adoptés, bien que leur dépense d'insullation, du moins pour plusieurs d'entre eux, eût été beaucoup moindre que celle du Block-System. La principale cause du dédain dont ces systèmes ont été l'objet vient de ce que les ingénieurs des chemins de fer avaient toujours douté que les frotteurs adaptés aux locomotives pour établir les iiais4jns électriques entre les stations et les trains en mouvement, fussent susceptibles de fournir des contacts assez sûrs et assez durables pour qu'on iùl se fier entièrement aux indications qu'ils pouvaient fournir. Il esf certain que quand il s'agit d'ime question de vie ou de mort pour les voyageurs, on ne saurait apporter trop de précautions dans le service des signaux doonés aux convois en mouvement, et se fier aveuglément sur les indicatkWB fournies par un élément aussi capricieux que le fluide électrique, eût Wune grave imprudence; d'ailleurs l'exécution matérielle de ces liaison tlft:tri(jues n*était pas chose si aisée qu'on le croyait à l'époque où les sî5l«.»mcs dont nous aUons parler ont été proposés. Les expériences de ^ Lartigue ont bien, il est vrai, démontré que le problème pouvait être Ksolu dans certaines conditions ; mais il a fallu pour cela qu 'il disposa
ses appareils de manière à n'être pas influencés par tous les effets vibra* toires qui peuvent résulter de la rencontre ou du frottement de deux pièces métalliques dont une est animée d*un mouvement de translation très-rapide, mouvement auquel s'ajoutent des trépidations plus ou moins irrégulières. Ainsi il ne faudrait pas croire que le balai métallique dont M. Lartigue fait usage pour son sifflet automoteur frotte d'une manière continue sur la bande métallique qui lui sert de contact ; il saute au moment de sa rencontre avee cette bande, et accomplit plusieurs oscillations avant de la toucher d'une manière continue. Or, on comprend aisément que si, dans de pareilles conditions, on cherche à établir des communications électriques, elles manqueront la plupart du temps ou seront fautives. La condition essentielle pour que des communications de ce genre puissent être établies est donc que les appareils, mis en rapport avec ces sortes de conjoncteurs de circuits, ne soient susceptibles que de fournir un seul signal, et que ce signal, une fois produit, ne puisse plus être impressionné par des fermetures de courant ultérieures, du moins pendant le temps que les effets vibratoires dont nous avons parlé pourraient se manifester. C'est en résolvant, dans son sifflet automoteur, cette condition essentielle, que M. Lartigue a pu obtenir les effets avantageux que nous avons signalés.
Dans les systèmes dont nous allons parler, on n'a pas tenu compte, il est vrai, de ces considérations, mais, en les modifiant un peu, on pourrait évidemment les rendre applicables, et ils pourraient présenter des avantages que le block-system serait dans l'impossibilité de fournir. C'est pour cette raison que nous avons cru devoir consacrer un chapitre à ces systèmes, et, d'ailleurs, nous avons vu souvent par nous-môme qu'une invention qui peut paraître chimérique à une certaine époque, peut devenir parfaitement pratique quand les progrès de la science ont résolu certaines difficultés qui s'opposaient dans l'origino à son application. Toutefois, parmi tous les systèmes proposés, nous ne parlerons que des anciens, car tous les nouveaux n'en sont guère que des dérivations plus ou moins imparfaites, et comme ils ne sont pas assez perfectionnés eux-mêmes pour être appliqués, il nous a paru plus simple de nous en tenir aux aînés, jusqu'à ce que le problème soit définitivement résolu.
Les systèmes dont nous avons à parler dans ce chapitre peuvent se répartir en trois catégories distinctes : l* les systèmes indicateurs et télégraphiques; 2<> les systèmes contrôleurs; 3<* les systèmes automatiques par avertissement.