‹ Exposé des applications de l'électricitéChapitre 13 sur 43 · APPLICATIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

APPLICATIONS DIVERSES

soitàgauche, et de Tenceinte même du pesage. Il va sans dire que chacandes numéros possède un mécanisme semblable à celui que noua venons de décrire, et qu'il y a autant d'inverseurs que de numéros

Marqueurs de Bourses, ^ Dans plusieurs établissements publics, et notamment dans les Bourses, il importe de foire apparaître instantanément les différents nombres représentant les cotes des valeurs, en caractères suffisamment grands pour être visibles à distance. Pour obtenir ce résulttt, MM. Mirand et Prudhomme avaient combiné dès Tannée 1858 un appareil qui, bien que n'ayant pas encore été appliqué d'une manière générale, peut bien résoudre le problème.

Cet appareil, qui marche avec des courants feûbles et sans mécanisake d'horlogerie, se compose comme le marqueur de courses de M. Bréguet, de systèmes électro-moteurs et enclancheurs, en nombre égal à celui des chiffres qui composent les nombres qu'il s*agit de signaler. Voici commsit je décrivais cet appareil dans le tome lY, p. 605 de la 2* édition de cet ouvrage (publié en 1859).

c Chacun des systèmes électro-moteurs, est coostitué par un électromoteur de la forme de celui de M. Marié Davy (voir le chapitre 8uivaDt),8auf qu'au lieu d'avoir deux électro-aimants tournants, il en a dix, et qu'au lieu de marcLer avec des courants de Bunsen, il marche avec des coûtants de Daniel!. Cet électro-moteur fait tourner un disque portant une cocbe ou un butoir d'arrêt, qui peut être embrayé par dix cliquets placés tout autour de lui ; chacun de ces dix cliquets forme bascule et porte une armature qui correspond à un électro-aimant spécial, disposé à cet effet audessus du disque. Enfin, ce disque lui-même porte un tambour sur lequel se trouvent gravés les dix chiffres, ayant une hauteur de dix centimètres, Inutile de dire que, devant ce tambour, se trouve im guichet à travers lequel le chiffre désigné apparaît.

a Le transmetteur qui doit réagir sur le mécanisme précédent, se oom« pose d'autant de séries de boutons conjoncteurs qu'il y a de chifûres dans le nombre le plus élevé qu'il s'agit de transmettre, et chacune de ces séries renferme 10 boutons. L'une d'elles représente donc les chiffres des unités, la seconde les chiffres des dizaines, la troisième les chiffres des centaines, etc. Comme les électro-moteurs du récepteur doivent être mis en mouvement par une pile spéciale, et les électro- aimants d'arrêt par une seconde pile, chacun des boutons en question est à double contact, de telle sorte que, quand on appuie le doigt sur l'un ou l'autre d'entre eux, le moteiu* est mis en mouvement et arrêté du même coup, en temps opportun, pourvu '«*^'on maintienne le bouton abaissé un temps sufQsant pour que le chiffre nis ait le temps d'arriver devant le repère. »

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Maraueun de billards. — Les marqueurs de billards construits par M. Bréguet» ne sont autre chose que des cadrans compteurs à deux aigniltes dont le mécanisme est exactement semblable à celui de la minuterie d'une horloge ou d'une pendule ; seulement comme le nombre des difisions du cadran est différent, le nombre des dents des roues est égalemeot différent. Ordinairement ce genre de cadrans est divisé en 10 parties, et chacune des divisions a une valeur de 1 ou de 10, suivant qu'elle est déwgnéB par la grande ou la petite aiguille. On peut de cette manière marquer jusqu'à 100, ce qui est un nombre bien suffisant. Naturellement, chaque joueur a son compteur, et la touche qui le met en action, est placée sur la bande même du billard en deux points opposés. De plus, pour empêcher les fraudes, chaque marque produite est accompagnée d'un coup frappé mr un timbre, et le son de ce timbre est différent pour chaque compteur.

Appliemtioii ii Im maaœainpe des rideaux de thélitre. — La manœuvre du rideau de la scène dans les grands théâtres, n'est pas ehoie si aisée qu'on peut le croire à première vue. Elle s'effectue en effet au moyeDS de tambours, de contre-poids et de poulies de renvoi qui exigent pour toe mis iisicilement en action, certains dispositifs mécaniques auxquels hetion électro-magnétique peut prêter un secours précieux, comme on va pouvoir en juger.

Le rideau de scène se lève, comme on le sait, au moyen d'un câble qui t'tttache à une grande tringle fixée horizontalement au milieu du rideau et qui s'enroule sur un grand tambour conduit par un fort contre-poids. Dus les grands théâtres, ce contre-poids n'agit pas directement sur le tambour en question, mais sur un second tambour placé à côté de celui qui doit rdever le rideau, et auquel on l'enclanche quand le poids, étant tmvé au point le plus haut de sa course, a eu sa corde entièrement enroulée sur ce second tambour. Pour que les mouvements s'effectuent oniioirmément, un frein à collier est adapté sur ce dernier tambour, et ce Mn dmt être dirigé de manière à remplir certaines fonctions que nous allons analyser; mais auparavant nous devons dire que le contre-poids se meut à rintérieur d'une espèce de cheminée, où il se trouve conduit par une poulie de renvoi.

Le frein en question doit réaliser les effets suivants : i^ arrêter en temps foulu le contre-poids tombant avec une vitesse déterminée, 2« ne produire cet arfèt que dans les mouvements ascensionnels, Z^ ne pas produire d*arrêt quand le contre-poids descend lentement, 4<> ne réagir que quand le contre- PmIs se trouve dans les conditions voulues pour motiver son action. Or, c'est précisément pour obtenir automatiquement ces différents effets,

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qiie M. Lartigue a eu Tidée d'appliquer à ce frein les moyens ilectriques^ et pour cela il a mis à contribution Télectro-aimant Hughes et l'intem^ teur à mercure que nous avons décrit dans notre tome IV, p. 466 et 52S.

Dans ces conditions d'application, l'interrupteur à mercure n'est muni que de deux contacts qui occupent le grand compartiment près de k cloison de séparation. L'un de ces contacts est placé près de l'orifice d'èooolement, l'autre vers la partie supérieure de la cloison, comme on le voit flg. 8, pi. II. Cet interrupteur est fixé au-dessus de la partie centrale d'une bascule dont un des bras est muni d'un contre-poids, l'autre d'une longue lame d'acier, et le tout est placé dans la cheminée de descente du contrepoids, en im point où la vitesse de chute de ce contre-poids doit èbe modérée. En temps normal, la bascule est inclinée de manière que le mercure se trouve refoulé dans la partie du compartiment de l'interropteor qui est dépourvue de contacts; mais quand le contre-poids passe devant elle, il rencontre la lame de ressort et fait incUner le système en sens contraire. Si le mouvement est rapide^ le mercure de l'interrupteur n'a pas le temps de s'écouler par l'orifice qui lui donne accès dans le petit compartiment, et les contacts sont immergés, ce qui entraîne une fermeture de courant dont nous allons voir à l'instant l'effet ; mais au bout d'un instant, le mercure s'est écoulé dans le second compartiment, et le circuit se trouvant de nouveau rompu, l'action électrique cesse. 8i le mouvement du contre-poids s'était effectué au contraire lentement, le mercure de Tinternipteur aurait eu le temps de s'écouler avant d'atteindre le second contact, et aucune fermeture de circuit n'aurait eu lieu. D'un autre côté, comme le contre-poids en remontant rencontre la bascule de bas en haut, celle-ci se trouve remise dans sa position normale sans entraîner davantage de fe^ meture de circuit, ce qui fait que l'action électrique n'est, en définitive, produite qu'au moment où le contre-poids atteint une trop grande vitesse. Or, cette action électrique a pour effet de déclancher un fort contre-poids qui agit sur le frein à collier et qui est buté, à Tétat normal, contre l'armature d'un électro-aimant Hughes.

La vitesse de chute du contre-poids se trouve donc alors modérée, et les quatre conditions du problème se trouvent donc ainsi résolues d'une manière assez souple. Grâce à ce dispositif, on peut remonter le contre-poids pendant que le rideau est abaissé, enclancher le tambour où se trouve enroulée la corde sur le tambour du rideau, et mettre celui-ci en état de lever le rideau au moment où le chef d'orchestre le juge convenable, sans réagir siir le frein; ce n'est que quand la détente du contre-poids a été dégagée mécaniquement, que le rideau se lève automatiquement, ayant pour organe

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Tégalatear» Taction électrique. Cette détente peut d'ailleurs se fiiire électriquement au moyen d'un interrupteur spécial, agissant sur rélectro*aimant Hughes.

n va sans dire que la descente du rideau se fsût sous l'influence de son propre poids, modéré dans sa chute comme celui du contre-poids entraîneur.

On peut encore, au moyen de ce système, arrêter le rideau en un point quelconque de sa course si un accident venait à se présenter. Il suffirait pour eda de réagir sur un second interrupteur qui, en effectuant la mise ttidîon de Télectro-aimant du frein, ferait fonctionner celui-ci, comme si rintomipteur à mercure aurait réagi lui-môme.

Ap|^e»tloii aa Imacemeat des navires. — Les journaux de Finmée 1877 ont parlé d'une nouvelle application de l'électricité au lancement te navires» et voici ce qu'en dit le Journal officiel : « Le lancement du Témé' fiirt ainsi que celui de VInfltxible a eu lieu à l'aide d'un appareil électrique fcrt minutieux et employé pour la première fois dans de pareilles opératiOQS. On n'a plus besoin de couper avec une hache le câble qui retient les poids destinés à tomber sur les étais et à mettre le navire en liberté. Cet ^ se produit en interrompant un courant électrique, de sorte que l'on supprime le pouvoir magnétique d'un électro-aimant empêchant une poulie de fer de tourner.

i Les appareils sont disposés de telle manière, qu'en tournant, cette poulie laisse dérouler le câble qui empêche le navire d'obéir à l'action de h gravité. L'électricité sert même à baptiser le vaisseau; au lieu de lancer hlxmteille de Champagne contre le bordage à tour de bras, on la brise ftvec un levier qui s'abaisse automatiquement, quand le courant voltaïque d'une pile puissante a fendu le fil qui retenait Tappareil suspendu. »

n«Be éleetriqae de M. Edison. — Cette plume destinée à ^re des fiic-simile d'écriture est décrite de la manière suivante dans le humai of ihe Society of arts, et dans les Mondes (tome 40, p. 90, 277).

i Cette invention consiste dans une petite machine électrique qui se trouve au haut d'un porte-plume dont on se sert pour écrire. Cette machine met en mouvement une aiguille qui perce le papier en faisant de 5000 à 600O trous par minute. Le papier ainsi percé et qui foit fonction de patron, estplacé dans un châssis, et l'on passe par dessus un rouleau imbibé d'encre. Ce rouleau recouvre d'encre les places qui sont perforées, de sorte qu'en phçant une feuille de papier au-dessous du papier écrit ou patron, et en pissant le rouleau sur lui une ou deux fois, on obtient un iàc-simile parfait de récriture. On a reconnu que ces fiac-slmile peuvent être obtenus au

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nombre de quatre ou cinq par minute, et qu^une feuille d'écritoie oa un patron peut suffire pour imprimer mille exemplaires. »

Voici maintenant la description que les Annalts industrieUes du 17 dé* cembre 1876 font de ce système.

« L'outillage pour ce mode d'écriture et de reproduction, comporte tm parties distinctes qui, par leurs feùbles dimensions, peuvent prendre pitee sur une table ou un bureau. Ce sont : i* une pile, 2* le porte-plume, on le poinçon électrique, 3o la presse ou le cadre à tirer les épreuves.

a La pile se compose de deux éléments au bichromate de potasn dont les zincs et les charbons attachés au couvercle peuvent être sortis du liqoile, lorsqu'on ne se sert pas de l'appareiL Une corde en gutta-percha contenant deux fils conducteurs, conduit Télectricité fournie par ces deux éléments à la plume ou au poinçon électrique. Ce petit instrument, partie omdtielle du système, se compose d'une tige au sommet de laquelle est fiiée une petite machine, électro-motrice en miniature, formée d'un tiectioaimant devant lequel tourne à une vitesse très-grande une armature eo far doux. Sur Tarbre qui porte cette armature, est adaptée une excoitrique q[m donne un mouvement alternatif à un style logé dans l'axe du porte*pliiioe. On ne saurait donner une idée plus exacte de cet instrument, qu'en te comparant à un crayon Faber dont la mine serait remplacée par une aiguille rentrant et sortant avec une vitesse de plusieurs mille coups par minute et avec une course très -petite. Cette aiguille est d'ailleurs terminée par une pointe extrêmement fine. On conçoit dès lors aisément que si Ton se sert de cet instrument pour tracer un dessin quelconque, de l'écriture, etc., sur un papier qu'on aura eu soin de poser sur im coussin un peu mou, drap ou papier buvard, il se produira sur cette feuille de papiff, non par un trait continu, mais ime suite de petits trous excessivement rapprochés, le poncif ou transparent ainsi obtenu sert alors à tirer les épreuves de la manière suivante. On fixe cette feuille dans un petit cadre mobile à charnière autour d'une de ses arêtes. Ce cadre étant soulevé, une feuille de papier blanc est placée sur la tablette de la presse; on rabat le cadre et Ton passe sur la feuille ajourée, un rouleau encré avec de l'encre d'imprimerie ordinaire. Pour la première épreuve, il est utile de passer cinq ou six fois le rouleau; pour les suivantes, un passage aller et retour peut suffire. On arrive à une rapidité très-grande de reproduction. L'encre passant à travers les milliers de trous qui constituent le tracé de l'écriture ou du dessin, le reproduit sur la feuille de papier blanc ; on retire cette feuille pour la remplacer par une autre et ainsi de suite. Si le papier primitivement employé est de bonne qualité, on peut tirer de cette manière un

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MEnbre eoiuidéraUe d'exemplaires, plusieurs centaines, et mtene jusqu'à uUe nous a-t-on assuré. »

AtbsA cette invention, M. Martin de Brettes avait résolu, dès iS58, le lAme luroblème, en mettant à contribution les perforations produites par Wncdle des bdi)ines d*induction de Ruhmkorff ; il était arrivé à produire 0 cette manière des modèles de dessins de broderies qui se trouvaient racés en pointillé, comme s'ils avaient été déterminés par Imtervention de i molette à pointes traçantes employée par les dessinateurs de broderies.

Applieatloii i^ Im physique aaaasMuate. — L'électricité joue letiieUement un grand rôle dans beaucoup de tours de physique amu« nite. Tantôt au moyen d'électro-aimants habilement dissimulés au regard, n ftdt devenir instantanément lourde une boite qui ne l'était pas; tantôt DQ teit sortir de Tune des parois, d'une botte de cristal suspendue à une Doide et mise en mouvement d'oscillation, plusieurs pièces de monnaie ([ai ont été empruntées ; tantôt on foit marcher des hommes au plafond k tète en bas. Tous ces tours ne sont dus qu'à des combinaisons d'électrotimants bien &ciles à deviner; aussi n'en parlerai-je pas, préférant envoyer le lecteur au livre si intéressant de M. Robert Houdin intitulé : Comment m imjient sorcier, les secrets de la prestidigitation.

ToQtefois nous ne pouvons résister à l'envie de reproduire ici quelques peges écrites par cet habile et savant prestidigitateur, sur l'organisation électrique et mystérieuse qu'il avait établie à sa maison de campagne; car cette organisation renferme tout un monde d'applications électriques basées nr l'observation de nos mœurs et coutumes.

< Une promenade, droite comme un I majuscule, relie Saint-Grervais à m bonne ville natale, Blois. Sur l'extrémité de cet I tombe à angle drmt m chemin communal longeant notre village et conduisant au Prieuré.

< Le Prieuré, c'est' mon modeste domaine, que mon ami Dantan jeune a nommé, par extension, l'abbaye de VÀttrape, Lorsqu'on arrive au Prieuré, OB a devant soi : i^ une grille pour l'entrée des voitures; î^ une porte sur la puiebe, pour le passage des visiteurs ; 3* une botte, sur la droite, avec inverlore à bascule, pour l'introduction des lettres et des journaux. La aaîNn d*halûtation est située à 400 mètres de cet endroit; une allée large t sinueuse y conduit à travers un petit parc ombragé d'ari>res séculaires.

€ La porte des visiteurs est peinte en blanc. Sur cette porte immaculée pparail, à hauteur d'œil, une plaque en cuivre et dorée, portant le nom a Robert Houdin.

« Au-dessous de cette plaque, est un petit marteau également doré. Le sîteor soulève le marteau selon sa fiintaisie, mais, si MïÀe que soit le

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coup, là'bos, à 400 mètres de distance, nn cirilkm énergiqm se M entendre dans toutes les parties de la maison^ m» blesser, pour oeh» l*oreiHe la plus délicate, et ne cesse son appd que lorsque la serrure a ibo^ lîonné r^ïiulièrement. Pour ouvrir cette serrure» fl a suffi de pousser m bouton placé dans le vestitMile. Cest fresque le cordon du condeige. ht la cessation de la sonnerie» le domestique est donc averti du succès de m service. En même temps que fonctionne la serrure» le nom de Robert Houdin disparait subitement, et se trouve remplacé par une plaqué m émail» sur laquelle est peint, en gros caractères» le mot : Entrez! le visitaor entre en poussant la porte» qu'il n*a pas même 1â peine de refermer» im ressort se chargeant de ce soin. La porte une Ibis fermée, oa ne peut (Ai sortir sans certaines formalités.

« La porte» en s'ouvrant, anime, sous deux angles diff&ents de aa ouverture, deux sonneries bien distinctes» lesquelles sonneries résoniMOt aux mômes angles par la fermeture. Ces quatre petits carillons, bien q» \ produits par des mouvements différents, arrivent au Prieuré espacés pir des silences de durée égale ]

• Un seul visiteur se prcsente-il ; il sonne» on ouvre, il entre en poaiwit i la porte qui se referme aussitôt. C'est ce que j'appelle l'ouverture normale: les quatre coups se sont suivis à distances égales : drin.... drin.... drio...« drin.... on a jugé au Prieuré qu'il n'est entré qu'une seule personne.

'( Supposons maintenant qu'il nous vienne plusieurs visiteurs : Le premier visiteur entre en poussant la porte, et, selon les règles prescrites par la politesse la plus élémentaire, il la tient ouverte jusqu'à ce que chacun smt passé; puis la porte se referme lorsqu'elle est abandonnée. Or, Tintervalle entre les deux premiers et les deux derniers coups a été proportionnel à la quantité des personnes qui sont entrées ; le carillon s'est fait entendre ainsi :

drin drin drin drin et, pour une oreille exercée, Tappré*

dation du nombre est des plus faciles. L'habitué de la maison» lui, se reconnaît aisément : il frappe et, sachant ce qui doit se produire dovant lui, il ne s'arrête pas, comme Ton dit, aux bagatelles de la porte; on ne lai a pas plutôt ouvert que les quatre coups équidistants se font entendre, et annoncent son introduction. Il n'en est pas de même pour un visiteur nouveau : lorsque paraît le mot entrez» sa surprise l'arrête; ce n'est qu'au bout de quelques instants qu'il se décide à pousser la porte. Sa démarche

est lente, et les quatre coups sont comme sa démarche, drin drin

drin drin ; on se prépare au Prieuré pour recevoir ce nouveau

visiteur.

a Le mendiant voyageur soulève timidement le marteau, il craint une

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fnémMùù. û bénie à entrer, et s'il le fiait, ce n*e8t qpi'aprës quelques iostaDts d'Mlente et d'incertitude. En entrant le carillon fait d...r...i...n... (L.j..j«^n... d...r...i...n... d...r...i...n..., et il semble aux gens delà maison (fffk soient entrer ce pauvre diable ; on va à sa rencontre avec certitude. On ne s'est jamais trompé.

t Sopposons maintenant, qu'on vienne en voiture pour me visiter : nulomédon descend de son siège, il se M% d'abord ouvrir la petite porte ; il entre. H trouve appendue à l'intérieur, la clef de la grille qu'une inscriptÙQ lui désigne; il n*a plus qu'à ouvrir les portes à deux battants. Ce double mouvement s'entend et se voit, même dans la maison, au moyen dW tableau placé dans le vestibule et sur lequel sont peints ces mots : les

fortes des grilles sont , à la suite desquels viennent se présenter succès*

fiiement les mots ouvertes ou fermées, selon qne les grilles sont dans l'un OQ l'autre de ces deux états : Avec un tel tableau, je puis, chaque soir, yMkBt à distance la fermeture des portes de la maison.

f ^ Passons maintenant au service de la botte aux lettres. Elle est fermée ptr une petite porte à bascule disposée de telle sorte que, lorsqu'elle t'ouvre, die met en mouvement, au Prieuré, une sonnerie électrique. Le licteur a reçu Tordre de mettre d'abord d'un seul coup dans la boite tous les journaux et d'y joindre les circulaires pour ne pas produire de fausses ^Dotions; après quoi, il introduit les lettres, l'une après l'autre. On est donc trerti à la maison de la remise de chacun de ces objets, de sorte que si l'on n'est pas matinal, on peut de son Ut, compter les diverses parties de •Qoeoiurrier.

t Pour éviter d'envoyer porter les lettres à la poste du village, on fait la eorrespoodance le soir; puis, en tournant un index nommé commutateur, OQ transpose les avertissements, c'est-à-dire que le lendemain inatin le bdeur en mettant son message dans la boîte, au lieu d'envoyer le carillon à la maison, entend près de lui une sonnerie qui l'avertit d'y venir prendre des lettres; il se sonne ainsi lui-même

t Mon concierge électrique ne me laisse donc plus rien à désirer. Son service eet des plus exacts, sa fidélité est à toute épreuve, sa discrétion est nms égale ; quant à ses appointements, je doute qu'il soit possible de iQOÎDS donner pour un employé aussi parfait

« ^ Voici maintenant certains détails sur un procédé à l'aide duquel je ptrviens à assurer à mon cheval l'exactitude de ses repas et l'intégrité de tes zatîoDS. Le cheval est une jument, bonne et douce fille quasi majeure, Vii lépoodimii au nom de Fanchette si U parole ne lui faisait délkit. PéndMfie 6fi alIèctiMuse et même caressante ; nous la regardons preigue comme

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une amie de la maison, et c*est à ce titre que nous lui prodiguons toutei les douceurs qu'il lui est donné de goûter dans sa condition chevaliDe. Fanchette a une personne affectée à son service de bouche ; c'est un garçon fort honnête qui, en raison même de sa probité, ne se formabB aucunement de mes procédés... électriques. Mais, avant ce serviteur, j'en avais un autre. C'était un homme actif, intelligent, et qui s^était passieimi pour Tart cultivé jadis, par son patron, n ne connaissait qu'un seul tooTi mais il l'exécutait avec mie rare habileté. Ce tour consistait à changer moo avoine en pièces de cinq firancs.

d L'écurie est distante d*une quarantaine de mètres de la maison. Malgié cet éloignement, c'est de mon cabinet de travail que se fidt la distribotîoD. Une pendule est chargée de ce soin, à l'aide d'une communicstion éieetrique. Ces fonctions ont lieu trois fois par jour et à heure fixe. Llnstniment distributeur est de la plus grande simplicité : c'est une botte canes « forme d'entonnoir, versant le picotin dans des proportions i^éei à l'avance.

« ^ Mais, me dira-t-on, ne peut-on pas enlever au cheval son avons aussitôt qu'elle vient de tomber? Non, car la détente électrique qui ftôt verser l'avoine ne peut avoir son effet qu'autant que la porte de l'écurieest fermée à clef. — Mais le voleur ne peut-il pas s'enfermer avec le cheval! cela n'est pas possible, attendu que la serrure ne se ferme que de dehors. — Alors on attendra que l'avoine soit tombée pour venir la soustraire. -* Oui, mais alors on est averti de ce manège par un carillon disposé de manière à se faire entendre au logis, si on ouvre la porte avant que l'avoine soit entièrement mangée par le cheval.

(c — La pendule dont je viens de parler est chargée, en outre, de trans* mettre l'heure, par un môme ûl électrique, à deux grands cadrans placés, l'un au fronton de la maison, l'autre au logement du jardinier; le premier, dans le but d'indiquer l'heure à toute la vallée; le second, parce que le logement du jardinier, qui est en face de toutes nos fenêtres, donne aux gens une heure unique et régulatrice. Cette heure se communique, par le même procédé, à plusieurs cadrans placés dans différentes pièces de l'habitation.

<( Â tous ces cadrans, il fallait une sonnerie imique, une sonnerie pouvant être entendue des habitants du Prieuré, ainsi que de tout le village. Sur le fotte de la mais(»n est une sorte de campanile abritant une cloche d^on certain volume dont on se sert pour l'appel aux heures des repas. Je p-açai au-dessous de cette cloche un rouage suffisamment énergique pour soulever le marteau en temps voulu* Mais conune il eût fallu remonter chaque jour

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to poids de cette machine, je me servis d'une force perdue, ou» pour mieux dire» non utilisée, pour remplir automatiquement cette fonction. A cet effet, î'teUis entre la porte battante de la cuisine, située au rez-de-chaussée, et le remontoir de la sonnerie placé au grenier, une communication disposée de telle aorte qu*en allant et venant pour leur service, et sans qu'ils s'en doutent, les domestiques remontent incessamment le poids de ce rouage. CM presque un mouvement perpétuel dont on n'a jamais à s'occuper. Un eonrant électrique^ distribué par mon régulateur, soulève la détente de la lonnerie et feit compter le nombre de coups indiqués par les cadrans. Cette teibation d'heure me permet d'user, dans certains cas, d'une petite ruse id m^est fort utile. Lorsque pour tme cause ou pour une autre» je veux tvaneer ou retarder l'heure de mes repas, je presse secrètement sur OQrtaînes touches électriques placées dans mon cabinet, et j'avance ou je nittde à mon gré les cadrans et la sonnerie de la maison. La cuisinière a trouvé que le temps passe souvent bien vite, et moi j'ai gagné, en plus ou m moins, un quart d'heure que je n'eusse pas obtenu sans cela.

« Cest encore ce même régulateur qui, chaque matin, à l'aide de trans-* aWoDS électriques, réveille trois personnes à des heures différentes, à commencer par le jardinier, et force mon monde à se lever lorsqu'il est Hvsillé. Le réveil sonne d'abord assez bruyamment pour que le dormeur le phn apathique soit réveillé, et il continue à sonner jusqu'à ce qu'on aille difEoger une petite touche placée à l'extrémité de la chambre. Il fiaut pour «la se lever; alors le tour est fiait.

« — Ce pauvre jardinier, je le tourmente bien avec mon électricité. OraîraitKm qu'il ne peut pas chauffa ma serre au-delà de dix degrés de chaleur ou laisser baisser la température au-dessous de trois degrés de ftoîd, sans que j'en sois averti. Le lendemain matin, je lui dis : « Jean, loas «vez trop chauffé hier au soir, vous grillez mes géraniums; s ou bien : «Jean, tous risquez de geler mes orangers, le thermomètre est descendu œtte nuit à trois degrés au-dessous de zéro, t Jean se gratte Toreille, ne lépond pas, mais je suis sûr qu'il me regarde un peu comme sorcière

« Cette disposition thermo-électrique est également placée dans mon Mcher, pour m'avertir du moindre commencement d'incendie.

c ^ 8i modeste que soient mes objets précieux, je tiens à les conserver, et, dans ce but, j'ai cru devoir prendre mes précautions contre les voleurs. Lea portes et les fenêtres de ma demeure ont toutes une disposition électrique qui les relie avec le cariUon et sont organisées de telle sorte que loiaque l'une d'elles fonctionne, la cloche résonne tout le temps de son ouverture. Quel grave inoonvénient ai le carillon réscmnait chaque fois

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qu'on se mettrait à la fenêtre ou qu'on voudrait sortir de chez soi. Il n'en est point ainsi : la communication se trouve interrompue toute la journée et n'est rétablie qu'à minuit (l'heure du crime) et c'est encore la pendule au picotin qui est chargée de ce soin.

<c Lorsque nous nous absentons de la maison, la communication ëlec* trique est permanente^ et le cas d'ouverture échéant, la grosse somierie de* Thorloge, dont la détente est soulevée par l'électricité, sonne sans cesse et produit à s'y méprendre, la sonnerie du tocsin. Le jardinier et les voisiDe même ainsi avertis, le voleur serait facilement pris au trébuchet...

<c — Nous nous plaisons souvent à tirer au pistolet. Nous avons pouredi un emplacement fort bien organisé. Mais» au heu de la renommée traditionnelle, le tireur qui fait mouche voit soudain paraître, au-dessus da ■ tète, une couronne de feuillage. La balle et Télectricité luttent de viteiN dans ce double trajet; ainsi bien qu'on soit à 20 mètres du but, le oomoflncmont est instantané.

a — Dans mon parc se trouve un chemin creux qu'on se voity qnèkiD^ fois, dans la nécessité de traverser. Il n*y a, pour cela, ni pont ni pSMrelle. Mais sur le bord de ce ravin, Ton voit un petit banc; le promeneor; prend place, et il n'est pas plutôt assis, qu'il se voit subitement transporté à Tautre rive. Le voyageur met pied à terre, et le petit banc retoune de lui-même chercher un autre passager. Cette locomotion est à double effet: il y a ime môme voie aérienne pour le retour. »

B^oux électrique». — Les moyens si simples et si peu apparents que fournit laction électrique pour déterminer un mouvement ou un eifet mécanique quelconque, n'ont pas été seulement mis à contribution pour venir en aide aux tours de la physique amusante : on a cherché aies appliquer encore aux bijoux pour leur donner une apparence de vie et exciter la curiosité. Rien n'est plus curieux à voir, en effet, que les bgoux de M. Trouvé qui sous la forme d'épingles de cravate, de broches ou de médaillons, vous montrent des lapins frappant sur un timbre, des greoir diers battant du tambour, des singes faisant des grimaces ou qui jouent du violon, des tètes de turcos qui agitent les yeux et la mâchoire, des oiseaux qui remuent leurs ailes et leur queue, des papillons qui battent des ailtti et tout cela de dimensions microscopiques et fonctionnant sous Tinfluenfie de la pile si exiguë que nous avons décrite dans notre tome I, p. i!69. Pour obtenir de pareils résultats, il fallait construire des électro-aimants bien petits, et M. Trouvé y est parvenu avec un grand bonheur ; car ses électroaimants ont une force relative tellement grande, que M. M. Deprez, l'auteur du chronographe dont nous avons parlé dans notre tome IV, n'a pas hésité à lui couder la construction des électro-aimants de cet appareil.

SM APPUCATI0N8 DIVERSES.

placé au Bomicet de rélectro-moteur et du mëcaniime du □ moteur est un électro-aimant boiteux avec culasse sur laquelle l'aj articulée. Un petit ressort antagoniste droit I, qui est sur le o6tè, sert à nIsH l'armature; il prend son point d'appui sut une petite goupille au bas da II culasse de rélectn>aimant en G. Le commutateur qui lui bit peudaut, duoW opposé, est disposé de telle manière que, dès que l'annatuie arrire u em

tact, le courant so trouve interrompu jusqu'à ce qu'elle retourne à soo pliB gnuid éloigiiemcnt, pour ^tro attirée do nouveau par une action contnin H^ commutateur qui a rétabli le courant dans les conditions où il l'avait intc rompu. Do cette fa^on, on obtient un mouvement de va et vient qu'il Mt facile de communiquer aux bras du lapin, au moyen de deux petites Inelle* urticulk'ti ii la ti^tu de l'armature et fixées l'une en avant du bras, l'autn i-ti iurièit', ulln du décomposer chaque mouvement simple de l'armature (a doux mouvements contraires des l>aj:;uettes, l'un ascendant, l'autn desceudiuit. Cottu disjiosition est extrêmement simple : le fer et la cnluse

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