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APPLICATIONS DE LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE

Les applications de la lumière électrique sont aujourd'hui très-nombreuses, et nous n'en sommes encore qu'au commencement Sans parier de rédairage publie qu'on tente toujours, mais en vain jusqu'à présent, il est une foule de cas où cet éclairage peut ôtre employé dans de bonnes conditions, entr'autres pour l'éclairage des grands ateliers, des grands magasins des travaux de nm't, des gares de marchandises aux chemins de 1er, des exploitations minières, etc., etc. ; mais en dehors de ces applications comme moyen d'éclairage, il en est qui peuvent être d'une importance bien plus grande et telle que nul autre système d'éclairage ne pourrait le surpasser. De ce nombre sont les applications qu'on en a feites aux phares, aux opérations militaires, à la navigation, aux travaux sous-marins, aux reproductions photographiques, à la lecture des dépèches microscopiques, aux représentations théâtrales et aux fêtes publiques, aux signaux maritimes, etc., etc. Nous allons nous occuper de ces différentes applications et nous commencerons par l'application la plus générale, savoir l'éclairage public.

Api^ieaiioB A réclAirsm^ pnMIo. — Depuis la découverte par Davy du merveilleux pouvoir éclairant de l'étincelle électrique échangée entre deux charbons, on a fiût bien des essais pour l'appliquer à l'éclairage public mais ces essais n'ont pas fourni jusqu'à présent de résultats satisflsisants. En effet, ce n'est pas une lumière intense concentrée qu'on doit rechercher pour cette sorte d'application; outre que cette lumière devient insoutenable à la vue, quand on en est rapproché, elle ne peut éclairer une assez grande étendue autour d'elle pour présenter un réel avantage sur les lumières disséminées eo grand nombre sur des points différents. On a pu se convaincre de la vérité de ce fiût par les expériences qui ont été tentées il y a déjà longtemps sur la place du Carrousel» . non, il est vrai, avec de la lumière électrique, mais avec une lumière également très-intense qui projetait autour d'elle une belle sphère lumineuse. On a reconnu finalement que ce bec unique était loin de fournir les mêmes avantages que les becs ordinaires de gas qui s*y trouvaient

m LUmtRB ÉLBCTRIQUB.

placés aupanvant. Or, ai Ton oonaidère que le caradère prenne de la lumière flectrique est précisément sa puissance de concentration, on 9^ Tora à conclure que ce n'est pas à Téclairage public qu'on peut appliquer ce genre de manifestation lomineose. Quoi qu'il en soit, nooi croyons utile de rapporter m les différents essais qu'on a tentés» et les dif> ftrents moyens qu^on a proposés pour résoudre ce proUàme,

Sffstimê de M. Wartmann. — < Les eflbrts des personnes qui se soat occupées d'éclairage électrique, dit M. Wartmann, semblent s'fitre conoeotiés sur deux ÏMints : obtenir la lumière la plus intense et lui aasoier k plus de fixité possible.

« Je pense qu'il Huit lésounlre autrement le problème de l'éclairage éhe* tiique. Un aie d*un éclat e:Kessif détermine des contrastes d'ombseetdi lumière très-désavantageux et qui fetiguent l'oBiL 8i pour protéger eehiki, en dispose l'appareil à une grande banteur, on accroît la surfliM» éslairéi^ mais on perd beaucoup de lumière. N'est-il pas plus rationnel d'asiimil» Isa conditions de rédairage électrique à selles de rédairage au gasf Poqv* quoi n'établirait-on pas, dans le circuit d'une pile sufSsamment intaon, autant de becs électriques qu'il y a de points à illuminer, ebaeim de ces bseï ayant un éclat égal à celui d'un bec de gaz, par exemple f Alors la lumihe électrique se rencontrera partout où les conducteurs pénètrent, dans tel cours, les allées, les ateliers, les magasins, les salons, et là où lllluminstioa produite par un phare extérieur serait sans efficacité.

c Je me suis assuré, depuis longtemps, qu'on peut faire jaillir Tare étoo» trique entre plusieurs points d'un même circuit. La somme des lumièm émises par deux fixateurs de Dubosoq, agissant ensemble, est égale à la Itmiière produite par un seul d'entre eux. Pour montrer la possibilité de multiplier les points éclairants, on dispose, les unes à la suite des autresi uhe domaine de capsules de porcelaine remplies de mercure, et on plonge les conducteurs de la pile dans les deux extrêmes. Ces capsules commih niquent deux à deux par des fils de cuivre fixés sur une traverse. 8i l%n soulève celle-ci avec soin, on produit vingt-deux arcs qui brillent jusqu'à ce que la vaporisation du mercure et la combustion des fils aient altéré tel conditions de passage du courant.

< Trois obstacles se présentent quand il s'agit d'entretenir plusieurs beo sur un même parcours galvanique. D'abord, une pile formée d'élémeoti très<nombreux engendre un courant qui s^affaiblit au bout de quelqoei beures. J'assure à ce courant la constance nécessaire par le moyen de campmuatêur voltaïque {{).

mt^m

(i) Voir la description de est appareil, p. 174; Uest reprâseoté Ûg. 19, pi. m.'

M Ba «eond lieu, rûitemiption du courant en un leul point ëteiadraît nu lei becs à la fois. Cette interruption peut résulter de l'action d'un iBUDl sur l'arc lumineux, d'une trop grande distance entre les charbons, 1 d'un courant d'air <on peut souifler la flamme électrique comme ceUe 'une boujjte). Uais j'ai constaté qu'il eel possible de Euspendre la circulaon de l'éleutrioité pendant 1/30 de seconde sans que l'aro s'èvanoui&se, et I fflooUersi plus loin comment cette ciiconslance permet de lever la diffiih&.

• £a troisième Heu, l'éclat de chaque bec électrique variera avec le ombre des autres becs qu'on allumera dans l'intervalle des pdles. On imidte sans peine à cet inconvénient par l'intercalation dans le circuit autant de résistances partielles qu'il y a de becs, chaque résistance équidant i celle du passage du courant entre les charbons de chaque bec. Des inducteurs convenables obligent le courant & traverser la résistance, ou m débarrassent, suivant que le bec fonctionne ou non.

• Ces dispositions s'appliquent à tous les apnareils régulateurs. J'ai lerché h les rendre plus eSlcaces, en les combinant avec un moyen noulaude Ûxer l'arc électrique. On sait que le charbon positif éprouve dans

même temps des perles beaucoup plus considérables que l'autre, par lits du transport de ses molécules sur le charbon négatif. Or, on peut tùipenser ces pertes en faisant tomber sur lui de la poudre de charbon ou I graphite en quantité égale, ou un peu supérieure, à celle que lui llèTeul la combustion et le transport. De cette manière, l'usage du bec «M plus limité, comme dans les autres appareils, par la longueur tottjount •tr^te des baguettes de charbon. J'entoure ce bec d'un tube de verre â régularise le courant d'air, et empêche les vacillations de la flamme. iflo j'adapte, s'il en est besoin, un réflecteur pour concentrer la lumière ■I une direction déterminée.

^B^ie me reste qu'à décnre l'ensemble des pièces qui président au fonc- ^^bient de mon bec électrique.

IBoit P lig. 10, pt. in, le conducteur positif de la pile, qui aboutit par le

a au bouton à vis & soutenu par l'arc métallique p^, et où il se bifurque, oa br&nche e, qu'on arrête par la vis b', se termine par un disque de litMd plongeant dans un vase H. Celui-ci contient une solution de sulfata t eume de longueur telle que la résistance qu'elle op|>ose au passage du snaot aoit égale k celle que le même courant éprouve à franchir l'mter* lia entre les charbons. Sur le fond du vase est un disque t soudé au Gl f, datantes au bouton k vis k. Là se réunissent deux lils -■ l'un, i, allant ao 0Bn k vis ik qui maintient le ressort f ; l'autre mm, qtû se taimioe à tu ^■AaoB lequel il est fixé par la vis de pression n.

« Du bouton b part un second fil o, qui s^enroule sur les deux brandies de réiectro-aimant E, puisse prolonge en p jusqu'à la traverse métallique 9. Cette traverse et une autre q^, servent à maintenir une tige de laiton dentée en crémaillère, qui se manœuvre à Taide du pignon r. La tige porte l\m des charbons C, apointi vers le haut, et dont la base est entourée d*im rebord concave s. Cette même tige présente sur la fiice opposée à la cré* maillère, une lame de platine t, isolée dans un cadre d'ivoire. Trois ressorts pressent cette face : / déjà indiqué, z qui est lié au pôle négatif par N, enfin y mis en relation, par le fil u et la branche métallique 9, avec le charbon supérieur 8. Les extrémités libres des ressorts et la longueur de k lame l sont combinées de manière que le ressort z communique tantdt avec y, tantôt avec /, suivant le jeu du pignon r. L*un des ressorts extrêmes touche la lame à tinstant où l'autre lui échappe, en sorte que le courant n'est jamais interrompu, et qu'il n'y a pas d'étinceUea à redouter pour la conservation de ces ressorts.

c La longue branche t; de cuivre s'appuie d'un côté par le tranchant d\ui couteau sur la pièce fixe w; de Tautre elle est maintenue par un léger ressort à boudin x, terminé par une vis, et dont la position se modifie à l'aide d'un écrou a\ De la pièce de métal w part un conducteur B lié à la colonne G, qui porte le couteau d'appui de l'armature de fer doux A. Le jeu de cette armature se règle par le moyen de deux ressorts à boudin e' et r* qui se tendent chacun par des tiges à vis et des écrous convenables a' et a*. Cette disposition ressemble à celle que l'habile ingénieur M. Hipp a introduite dans les relais télégraphiques suisses dont nous avons parlé; mais elle en diffère en ce que le jeu des deux écrous opposés permet d'amener 1*^ mature à une distance quelconque du pôle, tout en donnant au système des ressorts une tension plus ou moins grande. Or, on sait que, toutes choses égales, un ressort vibre d'autant plus vite qu'il est plus tendu. Rieo, dès lors, de plus aisé que d'obtenir le retrait de l'armature, quand réiectroaimant cesse de l'attirer, dans un temps beaucoup moins long que iftO de seconde.

c L'extrémité b' de l'armature P est destinée à s'appuyer contre la pointe platinée de la vis c mobile dans Técrou ùolé qui porte la vis de pression n; l'autre cT, à embrayer la roue dentée e' quand l'électro-aimant E ne fooetionne pas. Cette roue est portée par l'axe d'une hélice n' mue par on mouvement d'horlogerie D, (susceptible d'agir comme compteur si cela est utile) qui fait tomber la poudre de charbon dont est rempli le résenroir conique m'. Cette poudre traverse un canal pratiqué à travers le gros charbon B, et arrive sur le charbon C; l'excédant est recueilli par le rebofd 1.—

Sur ia pièce d'arrêt d' est encore fixée une chainette q' qui s'enroule sur la petite gorge de la poulie de renvoi p'. Urie autre chaînette h' s'attache sur la granJe gor^ de cette poulie et se termine a l'extrâuiitè du bras r.

■ Il est radie de comprendre l'action de l'appareil t tant que le portecharbon n'aura pas été soulevé par le pignon r, le ressort y demeurera isolé, le ressort l touchera la lame de platine i, et le courant n'aura d'autre voie que celle des conducteurs P abdR efhikltzti.

« Quand, au contraire, on aura exclu le ressort t et amené le ressort y à presser contre (, le courant se partagera entre deux routes. Une partie passera par P abd R tfhmncb GB (t'iiyf:N, en surmontant la résistance R- L'autre portion, beaucoup plus considérable, se dirigera par P ao Ef^fCHvuTuj/lsN, parce que les deux charbons se toucheront. Aussitôt, l'électro-aimant attirera l'armature A. et, ouvrant le premier circuit entre ^ tue, fera cesser ta dérivation. En même temps, l'abaissement de l'àrrit d rendra libre le mécanisme du distributeur D, et le cordon q ayant cédé, permettra au ressort j; de soulever la branche v, ainsi que le charbon 8, k la hauteur nécessaire pour que l'arc soit le plus brillant possible. Cette hauteur se détermine non-seulement par la tension des ressorts x, e et :', mais encore par le rapport des rayons dps deux gorges de la poulie p'.

■ ^ une cause quelconque rompt l'arc entre C et 8, le courant cessera Hissitdl de circuler autour de l'électro-aimant E. Alors l'armature A, remontant de suite, rétablira la continuité du circuit par ncb'G'Rwu. Les sutres becs électriques, distiibués sur le parcours du conducteur général de la pile, ne seront pas éteints, et leur éclat ne sera pas modifié, car le courant traverse la résistance R. Mais le relèvement de l'armature A aura simultanément pour effet de descendre le charbon S jusqu'au contact du charbon Itxe C, et le bec se rallumera ainsi d'une manière tout» automatique.

• Le charbon 8 ne se raccourcit pas sensiblement) parce que le courant qai le traverse est peu intense (l'illumination à produire équivalant à celle <run bec de gaz), et que ce courant y dépose les molécules enlevées à C. Je doDoe au tronc de cdoe terminal un grand diamètre, ce qui contribue «neare à amoindrir la diminution de longueur. Si toutefois on veut compenMr la perte minime qu'il éprouve au bout d'un grand nombre d'heures, il KufBt de donner à l'écrou a* un mouvement très-lent, emprunté au mécanisme du distributeur Xi. L'allongement du ressort x, qui en résulte, e la constance du 1 intervalle que le courant doit parcourir entre les K charbons. Il ne serait pas difficile de disposer ceux-ci dons le vido, ce oerte due & la seule combustion.

m LUlOtM tUBCTBIQUK,

« Ainti, quand la pila est en aeliviti, la leule cboee à Cidra pour aOoaMr le bee électrique ou pour Tâteindre, constate à mouvoir la pigooo r dsai un sens ou dans Tautre. Les limites de son excursion sont ré^éss parte trayerses ;, /» fixéea à la tige. On n'a d'autres soins à prendra que di monter à longs intervallea le ressort du distributeur, de renoofeler la pM* Tision de poudre dans le réservoir m\ et de remplacer le chaiiMo 8b aini que le disque d, qu'il convient de ftdre très-épais.

c On doit donner au vase R de grandes dimensioDS, afin d'emplehg que réchauflRunent du liquide ne puisse y devenir coosidénble» ce qsi diminuerait sa conductibilité. Dans lea cas (quil fluit éviter) ob le eomaat posséderait une fbrte intensité, les conducteurs D et e se détériowiraisrtl m donnant naissance aux Iburmillements lumineux que j*ai déeoowi en 1847 (i). »

SyitàmeieM. Quirim. — c On peut, avec une aeule pile, dit M. QnàH Arire marcher plusieurs lampea électriquea à la toiëf oonditîoii jnflHjt^ sable pour l'éclairage puUic

• Pour cela, il sufBt de mettre le pôle sine de la pile eo contact aies b pdle âne de la première lampe électrique, etlepdle chaAonda lapQeaitt le pâle charbon de la dernière lampe électrique, et unir lea autres tempfll entre elles avec des conducteurs disposés de fbçon que le pôle chartM» da la première lampe soit en communication avec le zinc de la aecoodSb il ainsi de suite.

€ Toutes ces lampes électriques ne ibrment alors qu'un aeui système. Li fluide électrique suit son chemin d'un pôle à l'antre de la pile, et sarmoaH les obstacles qu'il trouve dans sa marche aux électrodes, quand on voi jaillir la lumière électrique. U n'y a point augmentation de la lumière mk une meilleure distribution.

« Si, par exemple, avec une pile de 50 éléments de Bunsen ei une hB^i électrique, vous aves une intensité de lumière égale à œm, avec dsnx lampes vous aurez une intensité de lumière à peu près de la moitié, vm quatre une intensité à peu près d'un quart pour chacune.

• Rn juin 1855, j'ai ^t pour la première ftûs, à Venise, cette ejipéiîBBfli devant une société savante (VAteneo-Yeneto), et je la publie id, car elle n'tâ

(1) /r^ Mimoère tur tlnduction, BibUothèqve aniTtrseUe, toma V, p. ISi, S ànmifs dt tkimùe 9i de |»Aynçiic 3« séri«, tome XXII, p. 17. — Des phéBontMi SMDbUblM OQt été décrits à la même époqae par M Maas ;Balletin 4o PÂcaiM «0 InaeUsi» tome XIV, 1~ partie, page Ot; iS47), H en tSU, par M. OiS (Oosiplae-reDdM» tome XXXVL p. ISU: aéaaoed« S jain tass.)

LtHnÊRE tLBCTRIQUS. "^ 151

f » de l'utilité dans ce foit, surtout quand il s'agit d'âclaînt I placements, des rues, des locaux séparés les uns des autres; mieux placée, moins forte, moins incommode, plus économie, et quand la pile diminue de force, on peut it supprimer la communicaiion avec les autres lampes, et coniasonce électrique du foyer électrique sur celle qui resta en m avec la pile.

It cette expérience avec toutes sortes de lampes électriques; il triant que les lampes en action soient dans le même système, courant électrique ait le moins possible d'entraves dans sa

ïil dans le numéro du II janvier t856, du Cojffioj, ont réclamé k

icesTEt^me d'éclairage, prétendant que dès le 10 novembre 1849.

Itudié les moyens de diviser la lumière électrique et d'obtenir le

simultané de plusieurs appareils placés dans le môme cir-

Bnant un éclairage égal. La première de ces expériences cou*

quelques succès, date, disent-ils. de septembre (850. Ils opé-

I BO éléments Bunsen; trois appareils, disposés comme ceux da

; donnèrent pendant 5 minutes seulement, une lumière seosi-

même pour chacun. Le 2 octobre, ils modîUèrent leur combi-

>U«u d'une pile de 80 éléments, ils employèrent trois piles de

chacune et fermèrent le circuit dans Tordre suivant : pdla

^première pile, pôle positif du premier appareil, pdle négatif du

ireil, pâle négatif de la seconde pile, pôle positif d« la seconda

lidr du deuxième appareil, pôle négatif du deuxième appareil,

de la troisième pile, pôle positif de la troisième pile, pôle

troisième appareil, pdle négatif du troisième appareil, pôle

première pile : les appareils donnèrent pendant un peu plus

I seulement une lumière égale. Le 19 et le 31 octobre, un

Mmbinble, ^t avec deux appareils et deux piles de 30 élé-

tin résultat sntishisant pendant (5 minutes. Le tO décembre

Btm appareils et quatre piles de 30 éléments, ils éclairèrent

un quart d'heure.

lences, comme ou le voit, ne sont guère encourageantes, et si

et Wartmann n'ont pas mieux réuMÎ. c'est à désespérer con-

l'application de l'électricité k l'éclairage publie.

M. Ronalds, avant M. Dclouil, avait démontré lea avantages

lloat de la substitution d'un appareil multiple, d'une espèce de

lactriquB, an simple fixateur qui absorbe è lui seul toute tiM

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pile puissante. Suivant Iqi, les charbons brûleraient moins vite et doreraient plus longtemps; une des branches du candélabre pourrait s'éteindre sans qu'on s'en aperçût, et les autres pourraient continuer à (bnctîonDer, à la condition toutefois, que par un mécanisme additionnel, la branche qui s'éteindrait fermât le circuit interrompu.

n ÎHii, en outre» remarquer que le plus grand obstacle à remploi de réclairage électrique n*est pas sa dépense relativement minime, mais le défaut de continuité et la nécessité absolue de Tœil et de la main d*un sivveillant, qui n'abandonne jamais à lui-même Tappareil unique dont lei charbons peuvent se briser à chaque instant et s'usent si rapidemeiit.

Système de MM. Lacassaçne et Thiert, — Pour résoudre le problème de la division du courant dans l'éclairage électrique, MBL f^cawagne et Thiers se sont imaginé d'ajouter à leurs régulateurs un oerlaia appanU auquel ils donnent le nom de ditiseur du courant, et qui doit opérer II répartition de ce courant en un nombre quelconque de courants cdttstanti ou réguliers dont les intensités sont une partie aliquote déterminée de rintensité du courant primitif. Ils utilisent, à cet eifet, leur légoiatear électro-métreur que nous avons décrit, c Pour en comprendre la fooctîoo, supposons que le courant de la pile ait une intensité suffisante pour produire tous les effets qu'il s'agit d'obtenir; fixons à Tun des pôles, le pôle positif, par exemple, un rhéophore ou conducteur capable de transmettre sans résistance le courant né de la pila Ce sera, pour fixer les idées, un faisceau composé d'autant de fils individuels que Ton veut obtenir de dérivations de courant; nous couperons le faisceau, pour fixer aux deux bouts que détermine la coupure, deux lames de platine, et nous interposerons sur le passade du courant un premier régulateur électro-métreur, de manière à régulariser le courant total. Au delà du régulateur, ou si l'on peut s'exprimer ainsi, à la sortie du régulateur, le faisceau se subdivisera, c'est-àdire que les fils individuels dont il se compose, et qui ont un diamètre proportionnel à l'intensité du courant partiel qu'ils doivent transmettre, se sépa-^ refont ; chacun d'eux ira aboutir à l'appareil que le courant doit mettre en j«i.

« Mais entre le point de séparation des fils et l'appareil correspondant, oo interposera sur chaque circuit un nouveau régulateur électro-métreur ou rhéostat-automoteur qui permettra de régler et au besoin de mesurer Tmtensité de la fraction de courant correspondante. Des fils égaux à ceux qui ont amené le courant à l'appareil le reprendront à sa sortie; ces fils se réuniront plus tard en un faisceau unique qui viendra se rattacher au pôle négatif de la pile, et fermera le circuit total; tout sera alors rêgulansê, ), mesuré. Lors même que l'un des appareils en question cesserait de

LUMIÈRE ELECTnigUK.

pis Jeu des rhéostats-automo leurs empêchera qu'il ne pénètre ^de quanlité d'èlectricilè dans les uutres circuits, ou que les beils cessenl de fonctionner rêguliùrement: en effet, par les di&- K nous avons décrites, chaque circuit partiel ne donnera pas- B courant d'intensité déterminée et toujours la même. » kend d'après cette descrïptioa que nous avons emprunlûe au bile effrayante complication eiitrainerait un pareil sysLËme, et kir produire un effet dont on pnuriait se passer. kœe de M. Martin de Bretles était applicable dans de bonnes con~ Krait encore un moyen de résoudre le problème de l'éclairage par Bectrique ; mais nous doutons fort que la perle de lumière qui |ks alternatives d'éclaireoient, puisse suppléer avantageusement Iclairage au gax, et je ne sais jusqu'à quel point lu vue ne serait m par cette continuelle agiution de la source éclairante; l'ieil est ^gué quand il a contemplé pendant quelque temps un phaoa-

tle meilleur moyen d'éclairage esl basé sur le fractionnement de [électrique, et nous avons vu que l'on pouvait y parvenir au f mactiines Lontin qui peuvent fournir, avec la même machine if 31 becs de lumière électrique. D'un autre côté les bougies j^permettent de fournir plusieurs foyers lumineux jàoii l'on n'en •qu'un seul. L'éclairage de l'une des salles des magasins du tkinsi produit, et la lumière de chaque foyer, gràce aix giobeg l&poli, ne fatigue nullement la vue ; la lumière est seulement plus I, plus éclairante. Les becs s'allument seuls et sans aucune intertanaioe, comme on peut s'en assurer aux deux candélabres qui ob thé&tre de t'opéra et qui produisent chacun trois foyers de Ire sans qu'on voie la main invisible qui procède à leur illumina-

r't peut-être possible un jour que la lumière déterminée par des kaolin pdt devenir applicable k l'intérieur des maisons. Il no piaintenant dire qu'une chose est impossible : qui aurait cru à la [du téléphone 7... et pourtant U existe, et c'est le plus simple et Bible des télégraphes !

Il ne s'agit que d'éclairer une portion de l'espace dans une dire& le et sous un angle ne dépassant pas ISO*, on peut employer avec Des projecteurs à diffusion imaginés par M. J. van Malderem; oe iipècesde miroirs paraboliques dont le foyer de lumière électrique nentre, et dont la partie antérieure est fermée, à une petite dis- B Coyoc, ^ un verre dépoli qui, en recevant le iaisceau de n}'oi^

m UIMItM ÉLBCniQDI.

iNMllèles renrojéf par le mirrir, las difftiaa et Alargit le proportions telles cpi'il éclaire alors tout l'espace eo fl»e de hn. Tabbè Moigno, IMntoisité de la lumière est alors teUemeot aMgmentée qiê, mesurée au photomètre avant et après l'installalion du doaUe sfstème» db se trouve avoir acquis un pouvdr éclairant près de dix ftiis plus grand.

Ce pouvoir pourrait même, suivant certains auteurs, être eneora aognMDtè eo employant un certain système de candentaiiur de lumière imagîDipsr M. d'Henry. G*est une espèce d*éllipsoIde au sein duquel aérait rentaoïii la lumière et qui devrait être construit en plaqué d'argent ou eo vns argenté. On rempêcherait de trop s'échaulTer par la drculatioa d\m coarant d'eau au sein d'une douUe enveloppe. Cet éUipsoUe ne déviait Un ni trop ni trop peu allongé; plus il serait allongé, plus fl sairs de lui donner de grandes dimensions absolues pour autant que possible l'aberration due au volume de softie. Im hmrilsi éleetrique, suivant lenteur, serait dans Isa meiDeurea eondHisM I cause de son éclat et de son petit Tolume qui auraient pour léeidM fm PÉberration due au volume serait moins grande, et oo pounall dMhan calculer Fouverture de manière k donner au fUsoeau la largeor eenvinaMe en recourant, pour la ftdre varier, à des diaphagmea mobiles.

AppUoatlon 4 réclairsiipe desi plisses. — Nous ne soooMi plus maintenant dans le domaine des hypothèses, rappHcatioQ de la humèn électrique aux phares est un fait accompli depuis près de 15 ans (1864). et Je ne sache pas qu'aucun accident sérieux soit Tenu interrompre les etpériences. La plupart des phares importants des cMes de France, de Rouie et d'Angleterre sont ainsi éclairés, et c'est à la courageuse initiative de la eom* pagnie l'Alliance et de son intelligent directeur M. Berlioi, que le monde civilisé doit cette bdle application qui a évidemment prévenu bien des sinietrei maritimes. H est vrai que M. Bolios s'est trouvé puissamment aidé dioi ses expériences par l'administration des phares et entr^autres par MM. Beynaud et Degrand qui, après de nombreuses et inteDigentea ^Hpf^iff"^ disposèrent vers 1863 les phares de la Hève dans ee nouveau système. Quelque temps après, l'Angleterre nous imita et employa, oonmae maehiDes magnéto-électriques, œlies de M. Holmes qui n'étaient qu'une eopîe impa^ Mte de celles de F Alliance^ M. Le Boux a publié dans le boUelin de li 8odété d^encouiagement sur ee genre d'application une lifii iiilènjaniilf étude que nous aurions eu un grand plaisir à reproduire ici, si raspanae noQsatait manqui\ mais que nous devrons simpleaient résumsr, reofQiDt Is lecteur au uune XIV du bulletin de la Sodèlè» p. TtL

ee sont Im marbinni itjninwi HnliiniMa nul seoUentêbe

LDHIÈRB fiLBCTRIOOE- I»

>, 61 le TéligrapKic iournal, dans son numéro du l" décembre t677, donne beaucoup de détails sur la manière dont le syst&me est installé aux pharea du cap Lizard; c«lte installation aurait été intéressante à décrire, nuis, fitule d'espace, nous nous contenterons, en ce moment, d'étudier la maniëre dont la lumière électrigue est organisée au sommet des phares. La partie éclairante des phares se compose, comme on le sait, d'une cage de verre constituée par un certain nombre de lentilles b échelons de Presnel et BU centre de laquelle se trouve le foyer lumineux. Cette ca^io de verre lottme sous l'iuQuence d'un Tort mouvement d'horlogerie, et c'est le passage dM iDoeB de séparation des divers parties lenticulaires qui détermine ces éclipsée qui distinguent les feux des phares des feux ordinaires. Plus le /ofnf lumineux est pelit, plus son effet est amplifié par les lentilles, et le poiot capital pour avoir une lumière qui soit aperçus de loin, est que la lampe qui rournit cette lumière ait un foyer lumineux le plus vif et le plus restreint possible. Or la lumière électrique résout ce double problème, et c'est pour cette raison qu'elle semble foite tout exprés pour les phares. Toutefois, comme les régulateurs de lumière électrique sont quelquefbis Miia k des extinctions et qu'une extinction prolongée pourrait causer de pans sinistres, les r^:ulateurs de lumière électrique, (qui sont le plus sou- TCol du système Serrin ou du système Siemens), sont disposés en double yonr chaque appareil lenticulaire ; ils y entrent en glissant sur de petits rails ihmgfin à la surface d*une table en fonte ; on arrêt les fixe au foyer de l'appw«il ; ils s'y allument d'eux-mêmes instantanément, et c'est là encore on dw grands avantages que présente la lumière électrique, surtout avec Im fègulateurs dont nous avons parlé. La communication électrique s'éti* blit d'une part au moyen de la table de fonte, de l'autre par l'Intermédiaire d'un ressort métallique qui vient presser sur le dessus de la lampe en un point convenablement disposé. La substitution d'une lampe k une autre B'«zi^ pas plus deux secondes, celle que l'on retire s'en allant par un des llhW"'"« de fer, tandis que celle qui doit la remplacer arrive par le second. On peut encore ^re passer plus instantanément la lumière d'un appareil dtû* l'autre au moyen d'un commutateur qui leur transmet successive- BMOt 1« oourant ; mais il y a plus de difficultés pour bien centrer les deux

Les charbons employés pour les phares ont 7 fflillimèlres de c4té et 17 centimélres de longueur, et leur consommation peut être évaluée à btres par pdle et par heure, du moins avec les machines k cou- ■ aJumatifs. Malgré cette usure égale, il y a pourtant une petite dilK< , et la charbon du haut s'use un peu plue vite que le charbon

560 bUlllÈRE ÉLECTRIQUE.

du bas, dans le rapport de 108 à 100; on a bien réglé en conséquence les régulateurs, mais comme il est impoitant que la variation du puint lumineux soit au-dessous de 8 millimètres, sans quoi aucun rayon ne serait renvoyé à la limite de Thorizon, il importe que cette lumière soit toujours l'objet d'une surveillance attentive* Pour permettre aux gardiens de suivre sans fatigue la marche des charbons» on projette sur le mur, au moyen d'une petite lentille à court foyer, Timage des charbons; un tnit horizontal est tracé sur le mur, et les charbons doivent toujours se trouvtt à égale distance de ce trait. Gomnie une déviation de 1 millimètre est représentée par une déviation de 22 millimètres sur le mur, on appergoit aisément les dé&uts de réglage.

Cette installation a commencé à fonctionner au phare sud du cap de la Hève le 26 décembre 1863, et c*est après 15 mois d'expériences, qu'on a décidé d'appliquer le même système d'éclairage au second phare; depnii cette époque l'éclairage électrique y a été définitivement établi.

Quant aux machines qui, .comme les régulateurs, sont ^ngtalléw en double, elles sont généralement placées au bas de la tour du phare avec les machines à vapeur destinées à les foire marcher, et ce sont des càUee bien isolés et d'un assez fort diamètre, qui conduisent le courant électrique aux régulateurs comme il a été dit plus haut.

D'après le travail de M. Leroux, il paraîtrait que, même avec les machines de l'Alliance à 4 disques, le prix de Tunité de lumière coûte en moyenne sept fois moins avec la lumière électrique qu'avec l'huile.

Dans l'état naturel de l'atmosphère, les machines de l'Alliance à 4 disques donnent une portée de 38 kilomètres, et celles à 6 disques une portée de 50 kilomètres; mais une chose curieuse à constater, c'est que, en temps de brouillard, la lumière électrique n'éclaire pas à une dislance plus grande que la lumière des lampes.

Aujourd'hui un certain nombre de phares électriques existent en France, en Angleterre, en Russie, en Autriche, eu Suède et même en E^te. Partout on est satisfait de leur fonctionnement.

Application A l'éclairage des navires. — L'une des plus importantes applications de la lumière électrique est celle qu'on en a fiûte aux navires pour éclairer leur marche, éviter les abordages et éclairer asseï les passes des ports pour pouvoir y aborder de nuit Les premier essais oot été foits avec les machines magnéto-électriques de la compagnie l'Alliance, et bien que les résultats n'aient pas entièrement satisfait hi marine, iis étaient pourtant déjà assez complets pour faire entrevoir dans un aveair

peu éloigné, la sululion de ce grand problème (I). Les inconvénieuts qu'on reprochait à ce sysiàme pouvaient se résumer ainBÎ : lu lumière électrique crée autour d'elle un iiuii^c bianchàlre qui fatigue la vue, nuit aux observaiionsi le feu fixe électrique, par sb grande intensité, fait disparaître les teux réglementaires vert et rouge, ce qui constitue un vrai danger; près des câtes les bâtiments peuvent prendre le fanal électrique pour un phare et faire fausse route; enSn les appareils sont encombrants et leur prix d'installation trop considérable eu égard aux services rendus.

Dans ces derniers temps on a fait en grande partie dispartûtre ces inconvénients en élevant le fanal lumineux à une certaine hauteur, en rendant la lumière intermittente et en employant les machines Gramme qui sont d'un petit VL'Iume et d'un prix peu élevé. C'est k bord du paquebot transatlanttgue VAmirique et d'après les instructions du commandant Pouiolz, que cette nouvelle organisation a été pour la première fois installée, ut il

lit qu'elle a parfaitement réussi.

k Voici les détails que donne M. Fontaine sur cette installation. I Le fanal est placé à la partie supérieure d'une tourelle, dans laquelle b monte par des échelons intérieurs sans qu'il soit nécessaire de passer Vie pont, car la tourelle surmonte le capot d'un escalier de service. Cette iSiton est très-avantageuse, surtout pendant les gros temps où l'avant ■ navires est difficilement accessible pur le pont. La tourelle avait priini- Bient 7 mètres de hauteur, mais M. l'ouzolz l'a fait diminuer de aèUes pour lui donner plus de stabilité et pour abaisser le niveau de la ineuse; de sorte que cette tourelle est aujourd hui de 5 mètres Ï5US du pont. Son diamètre est de 1 mètre et elle est fixée à l'avant bliequebot à 15 mètres de l'élrave.

JB bnal proprement dit est à verres prismatiques; il peut éclairer un D SU" en laissant le paquebot presqu'enttèrement dans l'ombre. l<e

mlfk) Lm premiers essais de la compagnie l'AlUsnce alore ilirigâe par U. Berlioi,

rat éd Cûli ilèa l'aonie IBSS à borJ du Jérôme H"potion dont le commanilaDt,

e DutiuîEton, u montruil furi partitan du spi^me. Ou les r^pfia eoiuits

d du Sainl-Liurejit, du Forfait, du dKtIrée, de VHiroine, du Colifriy et de la

"'on peut voir \fv les rapporte qui out *Ié reproduits dans le journal les

le XVlll. p. m.aas. tSS. ses, G3T, lume XVI. p. MS. ÏSt. tome Xltl. p. ITT.

\,tm, tome VUI. p. 393. que li la marine «a gËuéral aiuchaii peu d'importance 4

)D, plusieurs oRlderf disiinj;uâs ttu apprijuiaienl toute la valeur. A

• époque, il e»i vm), ou n'avait pas encore oi'^iiisé sur les navire* IM phftret

Bl donné de ti bons résuliats 1 bord in YAmiriqut, mois le (aaal de

• tleMriqaa ir^.lagéniiju&etiienl combiné, était iustalld au mit de mitaine,

1 yu 11 l'une des priuiiipalei otùaciioiu tjua l'on avait soulevées.

561 LUMIÈRB fiLBCTRIQUB.

biné un système de régulateur de lumière électrique particulier qui pot non-seulement être gouverné à distance, mais encore être régie sans eaigv la présence d*un surveillant auprès de Tinstrument

Ce régulateur a ses porte-charbons montés sur deux tiges vertiaki munies d'un pas de vis, et susceptibles de tourner sur ellea-mèmes knh l'influence d'un mécanisme électro-magnétique gouverné par un commirt» teur. L'appareil est renfermé dans une grande lanterne munie dans ii partie centrale d'un système cylindrique de lentilles à éehelona au fbjer desquelles est fixé le point lumineux» et qui est disposé de maoièrt à diriger la lumière suivant la hauteur à laquelle la nappe luminsoie doit atteindre. Or, c'est pour toujours placer exactement ce point hmiineux, qu'a été adapté le mécanisme électro-magnétique dont noui avons parlé et qui se compose de deux électro-aimants droits et de deus électro-aimants en fer à cheval disposés entre eux suivant deux Ugnai perpendiculaires dans un plan vertical. Au centre de ces quatre orgsoai électro-magnétiques, est disposé sur une armature en fourchette, un leiisr muni d*une dent d'acier qui se trouve interposée entre deux lochets dih posés parallèlement et d'une manière inverse, à l'extrémité inCMeoie é» deux tiges des porte-charbons du régulateur. Quand aucun courant ne passe dans les organes magnétiques de l'appareil, cette dent se trouve placée exactement entre les deux rochets; mais si Ton anime d^abord, tu moyen du commutateur, Tun des électro- aimants droits, celui de deMUi par exemple, le levier dont il a été question se trouve soulevé, et la dent qui le termine se place entre deux dents du rochet supérieur, sans produire toutefois aucun effet, et ce n'est que quand on a fiait passer le courant à travers l'électro-aimant de droite, que celui-ci fait pivoter le levier et pousielt dent d'un cran. La tige à vis du régulateur tourne donc d'une quantité en rapport avec l'échappement de cette dent et abaisse le porte-charbon oorrefpondant. Si maintenant on anime Télectro-aimant droit du dessous, la dent du levier engrène avec le rochet inférieur de la tige du régulateur, et quand on vient à lancer le courant dans Télectro-aimant de gauche, la tige en question tourne de Tintervalle d'une dent du rochet, mais en sens contraire du mouvement précédent, ce qui fait relever le charbon d'abord abaissé. U même effet pouvant être produit de la même manière sur le second charbon, on peut de cette façon placer le point lumineux où Ton veut, à quelque distance que Ton soit du régulateur, et agir au besoin séparénuat ou en même temps uur les deux charbons.

Quant aux signaux, on peut procéder de deux manières, soit eo éteigoiot au moyen du commutateur, la lumière dans ceux des systèmes qui oooi*

tiloait llBppaieîl aux signaux, soit en masquant celui ou ceux des taytn lumineux qui doivent 6tre éteints, au moyen d'un obturateur que l'on fait descendre électriquement devant les foyers. Les appareils comportent alors l'adjonction de nouveaux systèmes électro-magnétiques au moyen desquels cetie fonction s'exécute facilement. M. de Mersanne en a combiné plusieurs modèles qui peuvent d'ailleurs s'appliquer à tout autre système de r^ulateur ; te problème ne comporte aucune difficulté.

L'appareil h signaux précédemment décrit a été construit pour marcher k la main, mais l'on conçoit que, pour ce qui est de la régularisation de la Inmiëre, od peut l'obtenir automaLiquement d'une taçon trts-simple, en bùant réagir un mécanisme mis en rapport avec le courant de lumière sur le commutateur dont il a été déjà question.

11 est un petit détail dans la construction du commutateur qui a son importance. C'est un iil de platine qui rougit toutes les fois que la lampe dtâ-iaème est allumée et qui s'éteint avec elle. Celui qui envoie les signaux est donc averti, lors même qu'd ne voit pas la lampe, que cette dernière «t bien allumée.

»Applicstlon «ux arts militftire». — L'intensité prodigieuse de l himière électrique et la racilité qu'elle donne de pouvoir la kûre appa> s ou disparaitt-e instantané me ni à distance suivant la volonté, l'ont ! susceptible d'une application sérieuse dans les opérations miltsoit pour fournir des signaux, soit comme moyen d'éclairer ft longue uic« un point qu'on a besoin de reconnaître pendant la nuit, soit pour ■irer les travaux des assaillants dans les sièges. M. Martin de Breties a ili« il y a quelque vingt ans sur cette question un travail intéressant s avons reproduit en entier dans notre seconde édition tome UI, I. el dont nous ne pourrons citer ici que quelques exti-ails en raison hrexiguiiè de l'espace qui nous est réservé. t Les signaux dans la guerre de campagne ou celle de siège, dit i, Martin de Dreiles, ont pour objet principal la transmission d'ordres ou »déptehes urgentes. D'après cela, il est clair que le meilleur système de laux liunineux sera celui dont chaque feu se produira avec le plus de IpUcitè, sera vu de plus loin et donnera !e plus de régularité à l'appaa des feux combinés, pour créer les lignes nécessaires à une correspoDe lèlégrap bique.

1 D'après la propriété que possède la lumière électrique de pouvoir ètra rtue fc une dislance considérable, on ne peut contester sa supériorité I créer un bon syslèroa de signaux. Toutefois les fusées pourront, en il et dans les circonstances ordinaires, être employées mptageus»-

566 LOMIÊRE ÉliCTRfQUÈ.

Aient à cause de leur simplicité, du peu d'embarras qu'offire leur tnmport et de la facilité de leur emploi. Mais «{uafid on aura besoin d*un puissant signal lumineux permanent, la lumière électrique sera d'un secours immense et pourra éviter en campagne l'emploi du ballon captif.

« D'un autre côté, il se présente à la guerre des circonstances où Too s besoin d'un éclairage d'une durée plus ou moins longue; par exemple :

« Pour reconnaître une fortication, l'assiégeant a besoin de produire un éclairage momentané suffisant à ses projets et pas assez long pour éveiller l'attention de Tassiégé.

c Pour diriger le tir d'une batterie sur un but déterminé, il fsut que ee but soit éclairé assez longtemps pour permettre un bon pointage.

« Pour n'être pas surpris lors de l'ouverture de la tranchée, l'ftsnjgé doit éclairer d'une manière continue le terrain où cette opération a dei chances d'être exécutée.

« L'éclairage d'un champ de bataille, d'une brèche lors de l'taanti demandent aussi un éclairage d'une durée indéfinie.

« Ainsi, à la guerre on peut avoir besoin de produire ou un éclairigê momentané, ou un éclairage de longue durée dont la limite est celle de b nuit Nous avons vu précédemment que l'on pouvait produire, sans dilB« culte et à volonté, ces deux éclairages avec la lumière électrique, en fermant ou en interrompant le circuit vol laïque. »

M. Martin développe ensuite les conditions d*appIication de la lumière électrique pour obtenir les différents effois que nous venons d'énumérer. Toutefois à l'époque où il a fait son iravail, les machines magnétoélectriques ne pouvaient fournir de lumière, et c'est avec le matériel encombrant d'une pile qu'il aurait fallu réagir, ce qui rendait la solution du problème beaucoup plus difficile. Aujourd'hui que, gràce aux petites dimensions des machines magnéto-électriques on peut obtenir des intensités lumineuses très-considérables, ce genre d'application de la lumière devient très-facile. On peut en effet disposer à demeure sur une locomobilf la machine magnùto-électrique, et la meilleure pour cet usage est celle de M. Gramme; or, cette locomobile peut être transportée aussi facilement que des canons sur les points nécessaires. Le système préconisé en France est celui qui est actionné par une machine à trois cylindres du système Brotherhood. Les électro-aimants de la machine Gramme sont alors plats et très-larges, la bobine possède deux collecteurs de courants, et un commutateur monté sur les armatures, permet d'accoupler la machine en tension ou en quantité. Ce système a du reste été adopté par la frana, ti Russie et la Norvège.

D'après M. Fontaine, il résulte d'expériences faites au Mont-Valérien avec me machine ainsi disposée, qu'un observateur placé à côté des appareils >eut voir des objets placés à 6600" de distance, et distinguer nettement des létails de construction à 5200». Pour obtenir ces résultats, il hui que la nachine Gramme ait une puissance de 2500 becs, et que le projecteur la oncentre par réflexion et réfraction, comme dans les projecteurs dont nous ^vons parlé pour l'éclairage des navires en mer.

Quand la machine a ses organes électro-magnétiques accouplés en [uantité, elle tourne à raison de 600 tours par minute et dépense 4 cheaux de force; la lumière produite varie de 1000 à 1200 becs. Dans le second as, elle tourne à 1200 tours, dépense 8 chevaux et donne de 2000 à 500 becs. Quand le temps est clair, on opère avec la machine accouplée n quantité, et la dépense de vapeur est alors foible, la conduite facile et » crayons se consument lentement. Quand le temps est brumeux ou trèsbscur, on dispose la machine en tension ; la dépense de vapeur augmente, sais la conduite demande un peu plus de soin, et les crayons s'usent plus ite. Avec le moteur Brotherhood le changement de puissance s'effectue istantanément

Pour les signaux de guerre, M. Gi-amme a combiné une machine de i^tites dimensions qu'on peut faire mouvoir à bras d*horome. Cette lachine actionnée par 4 hommes produit une lumière équivalente à 0 Garcel. Le gouvernement français Ta mise en e^sai dernièrement. Des expériences avec des machines disposées à peu près de la même lanière ont été faites à Berlin en 1875. La lumière engendrée par la lachine était assez intense pour permettre de lire à un mille de distance e récriture ordinaire, et comme un miroir placé en avant du réguiteur était incliné sur Thorizon de manière à réfléchir vers le ciel les lyons lumineux, on a pu projeter sur les nuages une traînée lumineuse ni, de loin, ressemblait à la queue d'une comète, et dans laquelle venaient iccessivement se dessiner les signaux faits en avant du miroir. On a pensé aussi à envoyer des signaux au moyen de ballons captifs, ans ce cas le régulateur à signaux de M. de Mersanne pourrait être mntageusement employé.

Eclmiraf^ des trains de chemini* de fer. — L'éclat intense de

lumière électrique et les moyens faciles qu'on a de la projeter dans lUtes les directions, ont donné l'idée de remployer pour éclairer les trains » chemins de fer circulant pendant la nuit, et d'annoncer de plus loin leur rèsence, ne serail-ce que par rilluminatiou du ciel à Teiidroit où ils iflseni. On a fait dernièrement au chemin de 1er du Nord des expériences

m LUMIÈRE ELECTRIQUE.

quf ont parbitement réussi, et qui permettent de croire qu'un jour Tisodrs où ce S3rstèmo d*éclairage sera d*un emploi général. En attendant Toidua système imaginé par M. Girouard.

Le générateur électrique employé, qui est une machine Gramme, eit installé sur le tender de la locomotive et reçoit son mouvement d*iuie roue denrée mue par un petit piston indépendant, fixé sur le sodé du bâti. Un régulateur de Watt règle Tadmission de la vapeur. Un tube de cuivre vient d'une part s^ajuster sur un robinet fixé à la machine à vapeur et de Tautre se termine par un manchon serre-joint qui le relie à la suite du tube, lequel passe sous le fourgon pour s'ajuster d*aatre part sur la botte renfermant la valve d'introduction de la vapeur dans le tiroir du piston moteur. Afin de garantir l'appareil magnéto-électrique de la pluie et de la poussière, on le renferme dans une petite caisse, et seul, le cylindre reste en dehors. Il est facile de voir que cette disposition est très-solide quoique indépendante de la machine ; de plus l'entretien des organes peut se foire par celui qui nettoie d'habitude la machine à vapeur.

Sur le devant de la locomotive, est fixée solidement une lanterne en tôle renfermant une lampe électrique munie d*un fort réflecteur, et en afsot de la lanterne est placée, sous une inclinaison de 45*, une glace demi trsosparente en verre platiné. Cette glace est montée dans un cadre ajusté de façon à pouvoir s'incliner un peu à droite ou à fçauche, tout en restant toujours sous le même angle. De plus, un châssis contenant trois verres de couleur, un rouge, un blanc et un vert, est maintenu en avant du réflecteur et préserve en môme temps la lanterne de la pluie et du vent.

Deux tiges à articulation partent Tun du cadre de la glace inclinéet Tautre du cliàssis portant les verres de couleur, et vont aboutir à deux petits leviers à portée de la main du mécanicien. Deux câbles relient U lampe à la machine magnéto-électrique; aussitôt que .le courant passe dans la lampe, les rayons lumineux sont projetés en avant par le réflecteur; mais comme la glace est légèrement platinée, une partie seulement est renvoyée dans la direction normale, tandis que l'autre est rejetée vers 1^ ciel sous forme d'im faisceau conique. A Taide du premier levier, on peut renverser obliquement ce faisceau, soit à droite, soit à gauche, tout en éclairant toujours devant soi, et avec le second, on colore les rayons, soit en vert soit en rouge. Or, en donnant une signification à chaque combinaison, on peut ainsi obtenir in assez grand nombre de signaux. De plus, le ÎBii' ceau lancé verticalement permet d'apercevoir le train de fort loin quoique sa présence soit masquée par des ponts et autres obstacles ou qu'il soit engagé dans une tranchée profonde, et cela malgré les oourbeaet les poitai.

pllCRlton A l'éclnlpage dei» e»vltés obsoopes dn corps

, — Comme lians co genre d'applicaiion de la lumière électrique

. pas besoin d'une grande intensité lurainaiise, on peut mettre

: i'éclairemeiit résultant d'une fi! de platine rougi au blanc ou

Ineelle d'induction multipliée. M. Trouvé a imaginé des instruments

Fig. 152.

■ sur le premier de ces principes, et M. Fonssa^rrives et moi avons eu WOun au second pour établir des espèces de laryngoscopes qui ont eu à ne certaine époque un certain retentissement.

Nous représentons flg, 154, l[ri, 156 les appareils de M. Trouvé qui sont lis vn action par ràlément de polarisation de M Planté que nous avons ^ déjà représenté p. AOO, mais qui a

Fijr 153,

été disposé d'une manière un peu ditlérente pour son application aux appareils dont nous parlons en ce muraeni et pour les galvano^:aulftres dont nous parlerons plus lard.

Dans ces nouvelles conditions, il se présente sous la forme delà tlg. I5J et a reçu le nom de polyscope. Il ne diffère d'aiileurs du premier type que par un régulateur d'intensité de courants qui esi figuré en A et p.Tr l'adjonction d'un galvanomt-lre li.

Ces deux accessoires permettent au pratiquant, !• de savoir si l'appareil est convenablement chargé (lour être mis en usage, i* de modérer rinUnsilé du courant suivant l'instruraenl que l'on a h employer. On en efTet que ii loule la charge était employie pour foire rougir fll très-fln de platine, tel que celui que l'on emploie pour les cautères à nlM, ce SI serait immcdiatenient fondu, et si on en diminuait l'action I na« rtsisUnce fix«, on no poomit rougir um iiulÉec métallique ua

LDHIÈRB âLECTRIQUB.

{MU large;' c'est pour obtenir un courant de force convenable que le gra* duateurA a été introduit. Ce graduateur nipréHuté en grand flg. 152, n'est d'ailleurs qu'un Rhéostat composé d'un ressort à boudin R introduit et fixé solidement daua un tube garni intérieurement d'une feuille de carton, et à l'intérieur duquel glisse, à frottement dur, une tige métallique graduée AA' qui, étant plus ou moin»enroncée, laisse le courant parcourir un

Pig. 15t.

Fig. 15S.

ng. i.w.

nombre plus ou moins grand de spires isolées. Quand il est tout k fùl enfoncé, le courant passe directement par la ti^e, et aucune résislance n'est introduite dans le circuit. Quand au contraire il est peu enfoncé, le courant suit d'ulwr'l la tige et ne trouve plus pour continuer sa route que les spires laissées dégagées au-dessous do celte tige. Le polyscope se cbarfie d'ailleurs comme l'appareil de la li^. 111 avec la pile reprèsenti^ Dg. 113. et it peut avec les résistances du circuit «xtérieur appliquées aux «ppueiti i

LUMIÈRE ÉLBCTRIQUE. 971

Où cautérisants conserver sa charge pendant plusieurs heures, ce plus que suffisant dans les différents cas où Ton a à appliquer ces s.

[ipareils destinés à éclairer les cavités obscures du corps humain istiiués, comme on le voit iig. 154 et 156, de deux fils rigides légèrecourbés à leur extrémité supérieure et réunis par un fil de très-fin. Un petit réflecteur parabolique argenté est placé derfil de platine et en renvoie les rayons lumineux concentrés dans le direction. Avec Tappareil représenté fig. 154, la lumière peut le devant de la bouche, et elle est assez intense pour être à travers les dents. L'appareil de la fig. 155 éclaire au contraire et le fond de la bouche, et enfin l'appareil de la fig. 156 porta un ]ui permet de voir la partie de la bouche éclairée en avant

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