SS0US
ouvé a appliqué encore ces appareils pour la vérification de Tétat >is intérieures des bombes, des canons et autres engins de Tartil- 1 adaptant dans un vase hermétiquement fermé, la partie supérieure ireil représenté fig. 1 54 , et en ayant soin de ne laisser ressortir que les \ s'adaptant aux boutons d'attache Y, il est parvenu à en ftûre une ou fonal qui peut éclairer sous Teau ou dans les galeries de mines, le système combiné par M. Fonssagrives et moi, la lumière est I dans une espèce de tube analogue à un tube de Gaissler, par e d'induction résultant d'une machine de Ruhmkoitf. On sait e étincelle se développe alors d'une manière toute particulière, la rendre brillante, il suffit de réduire le plus possible le diamètre et d*y f^re le vide sur certains mélanges gazeux dont j'indii rinstant la composition. En contournant ces tubes en spirale m solénoïde, on peut concentrer dans un espace relativement petit aine quantité de lumière qui ne développe qu'une chaleur à peine ble, et qui se produit sans contact avec Tair extérieur, à la composition du mélange gazeux sur lequel le vide doit être sieurs ph3rsiciens s'en sont occupés ; mais les meilleurs résultats )btenus par M. Morren, en composant ce mélange avec de l'azote ïc adjoint à de la vapeur de mercure. En introduisant ce mélange tube étroit, et en le raréfiant au moyen du vide barométrique» en est parvenu à donner à cette lumière une couleur parAûtement et d'un éclat tout particulier qui pouvait la foire comparer à la du gaz.
leatl^n 4e la Imaiére éleetoi^ve H VéeUilrape
m. LUHIÈRS ËLEGTRHÎDB.
(mleries de mines. — Plusieurs savants, et entre autres, MM. deit Rive, Boussingault et Louyet, ont revendiqué l'idée première de Tapplicstion de la lumière électrique aux travaux des mines. Ce qui parati certaia c*est que si cette idée appartient à M. Louyet, comme cela me semUs prouvé, Tapplication n'en a été ftûte qu'en 1845, par M. Boussingault
Tout le monde sait le danger que courent les mineurs, lorsqu'un jet de gaz hydrogène, venant à se fkire jour à travers les coudies de terre, leocontre la flamme des différentes lampes qui éclairent les galeries de mineB. Une détonation effra3rante se fait entendre, et toute la galerie est mise eo feu. Ces funestes accidents sont connus sous le nom de feu gruau. Or, la lumière électrique pouvant se produire sans renouvellement d'air, piiisqu-eUe peut se manifester même dans le vide, on comprend qu'il suffira, pour éviter le grisou, de renfermer chaque foyer lumineux avec son régulateur dans des globes hermétiquement fermés, que l'on placera dans lei différentes galeries où sont les travailleurs. Toutefois, il faudra que le vàe soit &it dans ces globes, car la chaleur, en dilatant l'air qui s'y trouteisit renfermé, pourrait les fiiire éclater. Dès lors, il n'y a plus à craindre le moindre danger, puisque ces foyers lumineux sont alors complètemeat séparés de l'air extérieur.
Pour éviter les frais considérables qu'entraîne l'installation de la lumière électi'ique, MM. Dumas et Benoît ont eu l'idée d'y substituer la lumière de l'étincelle d'induction dans le vide; ils disposent, en consé((uence, le tube dans lequel elle se produit de manière à constituer un multiplicateur, comme dans les appareils décrits précédemment, et en introduisant ce multiplicateur dans un tube muni à ses deux extrémités des garnitures de cuivre nécessaires à sa suspension. Le vide est fait dans ce tube sur les gaz de M. Morren, afin d'obtenir une belle lumière blanche. J'ai longu^ ment parlé de ces sortes de tubes éclairants dans ma notice sur l'appareil d'induction de Ruhmkorff ^5* édition) à laquelle je renvoie le lecteur.
La lumière électrique produite par les machines de l'Alliance a été appliquée avec succès, en 1863, à l'éclairage des ardoisièi-cs a' Angers, par M. Bazin. Une machine à 4 disques a pu éclairer une galerie ayant 60 mètres de longueur sur 50 mètres de largeur et 40 mètres de hauteur. La machine était près de l'ouverture du puits, et le courant électrique était transmis par des fils de 150 mètres de longueur. Malgré l'afllkiblissement d'intensité résultant de cette grande longueur de fils. Téclairage s'est montré si satisfaisant, que les ouvriers de la mine ont exprimé leur joie par de chaleureux applaudissements. Ces résultats avantageux ont été ceostalés.à pUisieim reptises dififérentes, et on a reconnu, en outie, qu'oD
LtIHlÈRE ELECTRIQUE. Ml
•ugmeotait d'un cinquième ou d'un sixième te (ravail utile des ouvrien, CB qui constiluait un bénétice net de IS à ?0 % à ajouter d un bien être pour les ouvriers qu'on devrait acheter fort cher : Il n'y avait pourtant que deux foyers de lumière. (VtHr les Mondes, tome I, p. 601 et tome U, p. 221 et 278).
AjpplieatloD A l'éclairage deisKare», des atoliero, etc. — Atqourd'hui l'application de l'éclaira^ électrique aux grands ateliers buhutriels et aux garas des chemins de Fer est un Ëiil accompli. Depuis H. Hermann-Luchapelle qui est un des premiers à être entré dans celle vue, il «st une fou'e d'autres indu&lriels qui l'emploient aujourd'hui et qui a'^n trouvent fort bien. Le livre de M. Fontaine nous indique que ce •ont des machines Gramme qui éclairent maintenant les établisseniBDls de M. Ducommun, à Mulhouse; de MM. Sautter et Lemonnier. k Paris: de M. Ménier, ii Grenelle, Noisiel et Koye; les tUatures de a." veuve Dieu-Obry, â Daours; de M. Ricard fils, à Manresa (Espagne^ do MM. Buxeda frères, à Sabadell (Espagne); les cJiantiers de M. Jeanne Deslandes, au Havre ; les usines de MM. Mi^on, Ilouart et Delinières. à Montiuçon ; le port du canal de la Marne au Rhin , -il Sermaize; la gara des marchandises, à la Chapelle-Paris (1). Partout OQ eo est très-satisfait. On pourra trouver dans l'ouvrage de M. Fontaine dM détails sur l'installation de ces systèmes d'éclairage; nous nous conleo- MfODsici d'indiquer celui de la gare du chemin de fer du Nord k cause da lystètne ingénieux qui a été employé pour obtenir une lumière ne giouit pu la vue et capable d'éclairer par réflexion les différentes parties des salles avec des rayons presque verticaux, ce qui ^t disparaître considAtcblenent les ombres portées des colis en les noyant comme dons une ■tmospbbe lumineuse de la zone torride.
Ce système consiste à disposer autour des régulateurs qui sont suspendus ma difTémats points des salles, une sorte de réflecteur constitué d'une part par la support de la lampe, d'autre part par une sorte d'entonnoir ren-
(1} En nuire rie ce» éublisieraenU. M. Foni&ine ciio, lU cominenc«inem de 1111, aoa foula d'autre* ^lablisMmenls tclkiri^ de cette rnnul^i'e, et entre nuire*. U fontferis d* canon* de Bouri;>ii, les aleliers de la maison Cail. ceux de la couipagnid de* forge* de la Mcditerntn^e au Havre, ceut de MM. Crespin et Marteau i Paris. Bseodel k Argenieuil, Thomu ai Ponel i Rouen, Ackermanti à SKK'kolin. Avondo 4 HUui, Qualiocq à Aniin, ceux de five«-Lille, de Tarbes. de Barcelone, le* sare> 4ij Midi <1< Bruxelle*. le* forRc* de Fourchunliault. les fonderies de Itei»i^ge!> et de Futacl, )et teintureries de MM. Guajdet à Roubaii, de MM. Htnnirl I Wwquehj), U Utnqoe de ttiuge de M. Baudot à Bar-le-Duc, la blancbiMerie det hospice* :4e Lion. oU.
m LUMlfiRB ÉLECTRIQUE.
maiiiôre la plus ûmple, et retendue de l'espace éclairé est beaucoup plus considérable. On peut, pour cela, employer le système de globe à régulateur, dont nous avons parlé précédemment, ou un régulateur particulier pour fournir directement la lumière à travers Teau. Cependant, comme U lumière produite dans ce dernier cas est beaucoup plus difâcile k gouverner que dans le vide, le premier moyen est bien préférable.
Les expériences faites à Dunkergue pour la pèche à la lumière électrique, ont permis de voir comment cette lumière se comporte sous l'eau, et on a reconnu que les machines magnéto-électriques ainsi que la lumière qu'efli» engendrent, sont définitivement applicables aux travaux sous-marins. En e£Eèt à 60 mètres de profondeur, cette lumière est restée parftûtement constante, et elle éclairait une très-grande surface. La machine était pourtant installée k plus de 100 mètres de distance du régulateur de lumière électrique. Les parois en verre de U lanterne sont restées complètement traos* parentes, et l'usure des charbons était bien moins grande qu'à Tair libre.
Applications aux prcjeotlons des principales eaqpériences de l*optlque, des épreuves pkotoippapliiqnes verre, des pkotoi^apliies microscopiques expédiées dant la guerre par les pif^ons voya^^urs, et aux duotlons photographiques. — Il est, comme je Tai déjà dit, beaucoup de phénomènes physiques qui, pour ôtre rendus palpables aux yeux de tout xkiï auditoire, ont besoin d'être projetés sur \m large écran, à h manière des sujets de la lanterne magique. Il est même quelques-uns de ces phénomènes qui tiennent à la nature propre de la lumière, qui exigent pour être perçus une lumière excessivement intense. Sans doute, avec la lumière solaire et au moyen d'un porte-lumière, le problème peut être résolu immédiatement et à peu de frais, mais, la plupart du temps, le soleil manque quand il en est besoin, et Ton se trouve forcément privé de ces expériences qui, non-seulement donnent à un cours une plus grande toimation et un charme tout particulier, mais encore sont beaucoup mieux comprises et surtout beaucoup mieux retenues quand les yeux ont été frappés. La lumière électrique peut être substituée victorieusement u soleil pour ce genre d'application, et le régulateur de M. J. Duboscq a Mi disposé, comme nous l'avons vu, tout exprès dans ce but
Les appareils destinés à projeter la lumière électrique se composent : 10 d*un fixateur de lumière électrique dunt les deux charbons en s'usaot ne déplacent pas le point lumineux; 2« d'une lanterne hermétiqueiDiirt fermée dans laquelle ox) place le régulateur; 3^" d*une lentille plan-convexe destinée à rendre parallèles les rayons convergents issu du point Inmiftf"' •
4* d'une série d'appareils d'optique dont nous ne parlerons pas ici, car nous nous écarterions complètement du sujet qui fiait l'objet de cet ouTiage (l)« Nous décrirons seulement la lanterne, paice qu'elle est une conséquence d« régulateur électrique. . ♦
La lanterne de M. Duboscq se compose d'une espèce de boîte de cuitre bronzé, qui enveloppe la partie supérieure du régulateur* Pour prendre moins d'espace, la colonne de ce dernier appareil est enfermée dans une espèce de cheminée qui termine la boîte, et le pied se trouve 8n<des80ué| entre les quatre colonnes qui supportent la lanterne. Pour que cette boHe ferme hermétiquement, de petits volets mus par des crémaillères viennenJt fermer le d .ssus et le dessous de la boîte en même temps qu'on en fettie la porte, de sorte que les coupures fûtes à l'instrument, pour qu'on puisse y introduire le régulateur, se trouvent bouchées. L'intérieiur de œtte la|H terne est muni d'un miroir réflecteur et de deux tiges plongeantes su£ esquelles peuvent s'adapter deux autres miroirs pour renvoyer la lumière dans les lentilles d'un appareil particulier que l'on adapte à la lanterne pour certaines expériences, et que Ton appelle polyarama. Enfin sur te cdté de la lanterne se trouve un petit œil-de-bœuf muni d'an verre tic^t pat lequel on examine la marche de la lumière électrique. Afin de ré^r ËBudf lementla position du point lumineux qui, dans certaines expériences éklSt^ cates, a besoin d'être déterminée d'une manière tout à fait rigoureuse, Iti régulateur se trouve posé sur un socle qui, au moyen de deux vis de ifippfel, peut être déplacé dans deux directions rectangulaires (de bas en haiU et dé côté), comme le miroir des porte-lumières.
Les expériences de projection peuvent être faites à toute distance; seu* lement, elles perdent de leur éclat et de leur netteté quand les distanoea ne sont pas en rapport avec l'intensité lumineuse : cinq mètres représentent ordinairement la distance \d plus convenable pour la lumière d'une pile d# cinquante éléments.
La lanterne magique, au moyen de la lumière électrique et d'épreuves photographiques sur verre de M. Lévy ou de MM. Favre et Laehenal, donne des effets tellement saisissants, que souvent on se croirait transporté sur Idf lieux; on est même aujourd'hui arrivé à une telle perfection d'épreuves, qu'il. 9»nble quelquefois que les reliefs s'aperçoivent comme si on employait la'! stéréoscope. La reproduction des sculptures est sous ce rapport èton*:;.
(1) Voir ma notice sur le mode de projeetioa des prindpaux phénkômèms' tte l^opdqne à Taide des appareil!» Duboscq. : i i o
nantc. Aujourd'hui ce système de projections est très-exploité comIIle^ cialement, et en dehors des appareils de M. Jules Duboscq qui s'appliquent k toutes les expériences de Toptique, il y a ceux de M. Molténî qui sont exclusivement réservés à ce genre d'application.
Parmi les expériences de projections que l'on a entreprises au mo3ren de ces appareils, nous citerons d'une manière toute spéciale celle qui en a été ftûtek la lecture des dépêches microscopiques envoyées, pendant le siège de Paris» sous les ailes de pigeons voyageurs; ces dépêches dont chacune occupait moins d'un millimètre carré, se lisait parfoitement devant la fbule de ceux qui avaient intérêt à recevoir des nouvelles de la province.
On a encore employé la lumière électrique pour les reproductions photographiques d'objets ou de lieux non éclairés. C'est ainsi que M. Lévy i reproduit d'une manière remarquable cette jolie fontaine du dessous de l'escalier du grand opéra, et que certains artistes Anglais et Américains sont parvenus à reproduire l'aspect et les détails de grottes ou de caveaux obscurs dont les images étaient tellement vraies, que rien que par lei ombres portées, on pouvait les distinguer des enceintes éclairées par It lumière du jour. Plusieurs photographes ont même ^-oulu employer ce moyen pour des reproductions de clichés, mais les essais entrepris jusqu'ici n'ont pas fourni de résultats assez avantageux pour qu'on ne préfère pas la lumière du jour.
ESxpériencefli piibliqueH de lumiôpe électrique. — S'il fkut en croire une réclamation de M. Dclcuil faite au journal tes Mondes le 26 novembre 1863. ce serait son père qui aurait fait le premier l'expérience en grand de la lumière électrique, et cela en 18\t quai Ck)nti, n* 7. Il employait pour cela une pile de Bunsen de 100 éléments, et produisait la lumière entre deux charbons au sein d'un billion dans lequel le vide était ikit. Parmi les savants qui assistèrent à cette expérience, se trounit M. Cagnard de la Tour qui put lir(», du terre-plein de la statue de Henry IV. une étiquette dans le fond de son chapeau. Une autre expérience fiU f^ite en 1842, par M. Delcuil p(Te sur la place de la Concorde. Néanmoins, c'est M. Archereau qui, dans loriginc, a le plus contribué à vulgariser U lumière électrique, et je me rappelerai tonjotirs que les expériences qn'^^ faisait tous les soirs, soit rue Rougemont, soit boulevard Bonne-Nouvelle, soit rue Basse du Rempart, ont fixé mon goilt pour la science électrique. C'est donc à ce brave pionnier de la science que je dois de m'ètre lancé dans la carrière que j'ai suivie sans discontinuité depuis lors.
Depuis ces premières expériences publiques, les essais se sont multipliés, on en a foit de très-intéressantes au moment de l'anniversaire de lindépeo-
(Unce du Brésil, à Rio-Janciro ; on en a fait souvent à Londres» et on a éclairé pendant deux mois l'avenue de rimpératiice au moyen de 2 lampes Lacaslai^e et Thiers montées sur lare de triomphe de TÉtoile. On a foit encore de merveilleuses expériences à Boston, en 1863, pour célébrer les victoires des armées fédérales (voir le détail de ces fêtes dans les mondes t. II, p. 165); on en a fait également de splendides, et c'était M. Serrin qui les dirigeait, lors dubal donné à Paris à TËmpcreur de Russie ; enfin on en a fait pendant longtemps au Carrousel, au bois de Boulogne, au lac des Patineurs et dans une foule de cas où Ton venait admirer cette lumière comme un feu d'artifice. Nous sommes aujourd'hui blasés, et nous sommes tellement familiarisés avec tous ces effets, que nous n'y prétons plus qu'une médiocre attention. (Test encore au théâtre où cette lumière produit tout son ei!et, et depuis la pièce des Pommes de terre malades où elle apparut pour la première fois sur le théâtre en France, jusqu'aux aux opéras du Prophète, de Faust, de Hamlet, et aux ballets de la Filleule des fées de la source, etc., on a pu comprendre quelles admirables ressources cette lumière mettait entre les mains du décorateur.
Application de la lumière électrique aux représenta^» tlona tlâé^trales. — Les effets les plus remarquables de lumière électrique qu'on ait produits au théâtre, ont été combinés par M. J. Duboscq, Û a organisé pour cela, au nouvel Opéra, toute une salle où sont disposés tes piles et engins nécessaires. Sans nous arrêter à l'effet de soleil levant du Prophète que tout le monde a admiré dans l'origine, et qui n'était que le résultat d'un mouvement ascensionnel donné au régulateur où se produisait la lumière, mouvement habilement dissimulé par de nombreuses toiles décoratives plus ou moins transparentes et découpées; sans parler encore de rapplication de l'arc voltaïque à la projection d'une vive lumière sur certains points de la scène pour faire ressortir splendidement des sujets de décoration, des groupes, etc., nous pouvons dire que ses rayons intenses ont servi à reproduire sur la scène certains phénomènes physiques sous leur aspect tout à fait naturel, tels que les arcs*6n-ciel, les éclairs, les clairs de lune, etc. Cette source lumineuse est également la seule qui ait été assez intense pour produire sur la vaste scène de TOpéra ces apparitions fantasmagoriques qui impressionnent le public.
Suivant M. Saint-Ëdme, auquel nous empruntons ces détails, l'arc -en-ciel a été obtenu à TOpora pour la première fois, par M. J. Ouboscq, en ISjO, dans la reprise de Moise. On sait quel est le motif de l'apparition de cet arc dans le premier acte de cet opéra. Dans te princîpef on éclairait simplement, au moyen de lampions à huile do gros caUbre, des bandes de papier
coloré qiii étaient fixées sur la toile figurant le ciel de Memphis. Plus tard Tint la lumière électrique, mais il n'y eût que le mode d'éclairage de changé ; ce n'est qu'après bien des essais tentés par M. Duboscq, que fon pût obtenir un véritable arc-enciel, et voici comment il y est parvenu.
c L'appareil électrique dont l'arc est alimenté par une pile de !00 éléments de Bunsen, dit M. Saint-Edme, est placé sur un échafimdage de hauteur convenable à 5 mètres du rideau, et perpendiculairement à la toile qui figure le :iel sur lequel l'arc-en-ciel doit apparaître. Tout le système optique est adapté et fixé à l'intérieur d'une caisse noircie qui ne diihise aucune lumière à l'extérieur. Les premières lentilles donnent un Ikisceati parallèle qui passe ensuite par un écran découpé en forme d'arc. Ce fiusceau est reçu par une lentille bi-convexe à très-court foyer, dont le double rôle est d'augmenter la courbure de l'image et de lui donner une exteosico plus considérable. G*est au sortir de cette dernière lentille» que les rayons lumineux traversent le prisme qui doit les décomposer et par sotte engendrer l'arc-en-ciel. La position du prisme n'est pas indifférente : il Ant que son sommet soit en haut par rapport au foisceau incident, sans quoi les couleurs de l'arc ne s'étaleraient pas sur l'écran récepteur dans Tordre où elles apparaissent dans les arcs-en-ciel. Grâce k ce système, l'aro-en-del paraît lumineux même quand la scène reste en pleine lumière.
« Imiter le bruit du tonnerre au théâtre n'est pas chose difficile; les magasins d'accessoires possèdent tous un tam tam et une plaque de tôle élastique destinée à cet effet ; mais ce qui n'est pas aussi aisé, c'est de lancer sur la scène des éclairs à peu près vraisemblables. Dans le principe, pour simuler le phénomène, on éclairait par derrière, à l'aide d'une flamme colorée en rouge, la toile du fond dans laquelle était pratiquée une fente étroite et sinueuse; l'art de la mise en scène progressant, grâce à la science, il a fallu mieux ftiire, et on a choisi bien entendu comme source lumineuse l'arc voltaique dont Torigine est identique à celle de la foudre. Mais ce qu'il fallait trouver de plus, c'était une disposition optique qui permît d'émettre et d'éteindre, à des intervalles rapides, le faisceau lumineux tout en lui imprimant le mouT^ ment en zigzags caractéristique de l'éclair, et pour cela, M. J. Duboscqa eu recours à une sorte de miroir magique au devant duquel était placé an excitateur de lumière électrique. Ce miroir était concave et le point lumineux correspondait à son foyer. Le charbon supérieur de l'excitateur était fixe, mais le charbon inférieur pouvait recevoir, à un moment donné, un effet de recul qui allumait l'appareil. Cet effet pouvait même être effectué au moyen d'une attraction électro-magnétique, et comme le miroir était tenu à la main, on pouvait en l'agitant et en faisant réagir un ooaunn-
LtJBUÊRE ËLECTRIQUE. 581
taleuTy obtenir des émiBsioos de courants dans différents sens qui pouvaient simuler les zigzags des éclairs et leur apparition instantanée. »
Les applications de la fontaine de Golladon, éclairée par la lumière électrique» pouvaient donner lieu, par suite de Téclairement complet de la veine liquide et des différentes couleurs qu'elle peut prendre, à des effets bien curieux. Mais des différentes apparitions fontastiques obtenues par l'application des moyens physiques à la scène, celle des spectres apparaîMant instantanément au milieu du théâtre et se mêlant aux acteurs déjà en scène, ont produit le plus de sensation. On doit se rappeler encore des fameuses 9§§êr ritions dans la pièce du Secret de Miss Aurore qui ont fait courir, en 1863, tant de monde au théâtre du Ghâtelet, et les représentations^de MM. Robin et Clevermann ne sont pas si éloignées de nous, que Ton ne se souvienne des profondes impressions que produisaient les spectres qu'ils évoquaient et avec lesquels ils se débattaient
Tout le secret de cette mise en scène consistait dans une glace sans tain placée sur la scène en arrière des acteurs, et qui étant inclinée à 45* par rapport au plan de la scène, recevait l'image de spectres vivants fortement éclairés par de la lumière électrique, et qui étaient placés dans un trott pratiqué sur le devant de la scène. Cette image étant réfléchie par Tune des fsces de la glace, était perçue de tous côtés sans empêcher de distinguer les objets, acteurs x)u décors placés de l'autre côté de la glace, et le secret pour bien réussir était de bien combiner la position des spectres de manière que leur image put paraître exactement verticale et en contact avec le plancher du théâtre; il fallait aussi que les mouvements des spectres fussent calculés de manière à se combiner avec ceux des acteurs sur la scène. En ouvrant, puis refermant l'appareil éclairant au moyen d'un obturateur mobile, on pouvait déterminer pour les spectateurs, l'apparition ou l'évanouissement de l'image spectrale.
Bouées lumineuses. — On a proposé à différentes reprises d'appliquer la lumière électrique provenant, soit de l'arc voltaïque, soit des appareils d'induction, à Téclairage des bouées qui signalent les points dangereux de l'entrée des ports; nous avons parlé dans la 2* édition de cet ouvrage et dans notre notice sur l'appareil d'induction de Ruhmkorff, des différents systèmes qui ont été proposés dans ce but; mais nous doutons fort que, dans les conditions des bouées qui sont exposées à un mouvement continuel et à des coups de mer, on puisse trouver un système de lumière électrique susceptible de résister. D'ailleurs la lumière électrique s'afiaibiit tellement avec la longueur des fils et le défaut d'isolation, qu'il serait peut-être même difficile de la laiie parvenir aux bouées dont réclairement seiait le plus utile.