‹ Exposé des applications de l'électricitéChapitre 30 sur 43 · I APPLICATION AU TIR DES MINES · texte numérisé non relu

I APPLICATION AU TIR DES MINES

Les nombreux accidents dont sont malheureusement si souvent accompagnées les explosions des mir.es quand on les fait partir par les prociSiés ordinaires, ont fait rechercher depuis lon^'lomps un système d'inflammation à distance moins dangereux et en morne temps plus sAr. Ces accidents peuvent provenir de trois causes : !• du défaut de soin des ouvriers qui, malgré les ordres qu'on leur donne, bourrent souvent les mines avec des leviers en fer; 2° de la trop prompte inflammation de li fusée qui ne leur laisse pas le temps suflisant pour s'éloigner; 3* du retard trop considérable apporté à l'inflammation de cette fusée.

De ces trois causes la dernière est celle qui amène le plus d'accidents; car comme on fait en général partir plusieurs mines à la fois, on ne peut guère savoir a un instant donné si elles ont toutes fait explosion, et il pent arriver qu'une ou plusieurs dVntro elles se trouvent eu retard. Dans ce cas les ouvriers qui ont abandonné leur abri pour repn»ndre leur travail se trouvent considérablement exposés.

1^ solution du problème de l'inflammation des mines doit donc être telle que le moyen employé {>our les faire partir iTentraine pas avec lui une cause 64>condaire d'inflammation. Or. l'éiectricité seule petit réaliser cette condition, car comme Tactiori calori(i(|ue ne se produit que quand oo

ferme le courant, il est bien certain que si après Tavoir fermé un certain nombre de fois on vient à Tinterrompre, les mines qui ne sont pas parties ae feront plus explosion.

D'un autre côté, le tir électrique des mines présente cet avantage immense ^ue, pouvant être effectué instantanément sur un certain nombre de mines ï la fois, les ébranlements partiels occasionnés par chacune d*elles s*additionnent, et rendent l'effet désagrégeant de la poudre beaucoup plus intense.

Lies procédés d'inflammation électrique des mines sont de deux sortes; les uns sont fondés sur les effets de rêlectricité statique» les autres sur :eux de l'électricité dynamique. Généralement on préfère ces derniers [)arce qu'ils n'exigent pas d'apoareils délicats à faire fonctionner. En Allemagne pourtant, et surtout en Autrii*.he, ce sont les premiers qui sont les plus employés.

Nous sommes entré dans notre seconde édition dans beaucoup de détails sur l'histoire du tir électrique des mines, détails que nous ne pouvons reproduire ici faute d'espace; mais ceux que cette question pourra inté* resser, pourront les retrouver encore plus développés dans notre notice sur l'appareil d'induction de Huhmkorff.

Quand il ne s'agit que d'appliquer l'électricité dynamique, le problème iu tir électrique des mines se réduit à faire rougir le plus sûrement possible un fil de platine de très-petite section. Plus ce Al est fin, plus il rougit facilement, et la pile doit être combinée par rapport au circuit, de inanière à satisfaire à la loi de Joule qui exige que la, résistance du fil appelé à rougir soit égale à celle du circuit extérieur y compris la résislance de la pile. Il y a toutefois certaines précautions à prendre pour faire de ce fil ainsi interposé une amorce électrique. Nous aurons occasion d'examiner à l'instant la manière dont on doit s'y prendre pour cela. Quand il s'agit d'employer l'électricité statique, le problème est plus oora* pliquë, car la durée de l'étincelle étant moindre que le temps nécessaire pour inflammer la poudre, il devient indispensable d'ajouter à l'organe excitateur de l'étincelle un conducteur secondaire intermédiaire pour obtenir jne action calorifique suffisante. Il faut d'un autre côté un isolement )eaucoup plus parfait des fils conducteurs aboutissant à l'excitateur ou k 'amorce. On a résolu aujourd'hui d'une manière très-satisfaisante cet lîifêrents problèmes, et comme en définitive Vamorce est la partie princilale de l'organisation des mines électriqucsi c'nst par elle que nous oom'> (icnceroos notre étude du tir électrique dos mines

184 APPMG^TIONS CALORIFIQUES DE LÊLECTRiaTÉ.

{0 Aaiorc«f éleetriquM.

MM. Ghampioi), Pellet et Grenier, dans un très-intéressant travail publié dans les Annales de chimie et de physique (année 1875). ont traité à fond cette question, et personne ne pouvait donner à cet égard de meilleurs renseignements, puisqu'ils étaient eux-mêmes les auteurs d*un système d^amorce aujourd'hui très-employé. Nous ne pouvons en conséquence mieux faire que de résumer brièvement leur travail, et pour mettre plus d'ordre dans nos descriptions, nous nous occuperons séparément des amorces appropriées aux courants d'électricité statique auxquelles on a donné le nom d^amorces de tension, et des amorces appropriées aux courants voltaîques qus Ton a désignées sous le nom d'amorces de quantité, *

Amorces de tension. — Dès l'aj^arition de la première machine d'induction de RuhmkorfT, M. Verdu en Espagne et M. Savarre s'oaupèrent de l'appliquer au tir des mines, et bien que les expériences qu'ils êiitreprirent alors aient assez bien réussi, leurs procédés péchaient précitément par l'amorce. Il est vrai qu'à cette époque on ne possédait que des données très-vagues sur cette question, et je croiâ être le premier à m*en être un peu occupé, en raison des difficultés que je rencontrais à enflammer la poudre avec rôtincello électrique seule. Ayant remarqué à la suitt» d'expériences untérieures, qu'un niurceau de liège trempé dans une solution un peu concentrée d'acide sulfari(iae et carbonisé ensuite à sa surface, soit par le passage prolongé de rétincelle, soit de toute autre manitTO, fournissait une traînée de feu persistante, j'eus l'idée de l'interposer oiila* les deux bouts des lils entre lesquels devait te produite rétincelle. etjVus la satisfaction de voir que, dans ces cundilions, la charge de poudre faisait toujours explosion. J'ex[)li(iuai Teflet en disant que ma couche charboniu'e constituait entre les deux rliêophores un coiulncteur de conductibililé secondaire qui, en rougissant sous l'intluence du passage du courant et de la décharge, prolongeait l'action de celle-ci. 11 faut dire qu'à cette é|HHjuc, c'est-à-dire en 1851, les étincelles de la machine de Ruhnikortï n'avaient pas plus de '2 niillinièties de longueur. Peu de temps après mes expériences, j'appris par les journaux, que M. Stateham, en Angleterre, avait imagine des amorces d'un etlet immanquable et dont la découverte avait été le résultat d'un accident survenu pendant des expériences d'essai que l'ou avait faites à Londres sur le câble sous-marin de Douvres à Calais.

Pour ces expériences, le câble avait été mis à l'épreuve à une profondeur considérable duus l'eau. Quand on lit l'essai des ûls. le constructeur. M. Stateham, amené à un examen minutieux de tout le câble i>ar smte

APPUGiVTlONS CALORIFIQUES D\L L ÉLECTRiaTÉ. 585

Tune solution de continuité qu'il avait constatée dans l'un des fils, aperçut, i son grand étonnement, des étincelles passer à travers Tenveloppe de gutta-percha et se succéder avec une grande rapidité. Après avoir examiné avec soin les diverses circonstances dans lesquelles le phénomène s'était produit, il crut reconnaître que c'était à la légère empreinte du fil de cuivre sur la gutta-perclia vulcanisée, empreinte constituée par une couche de sulfure de cuivre, que le courant électrique devait en grande partie son effet statique, car les étincelles suivaient toujours cette empreinte. Il conçut dès lors la pensée de construire sur ce principe des amorces pour les mines ; mais ce ne fut que quand les courants d'induction de haute tension furent découverts, que cette idée put être réalisée, et ces amorces tombées entre les mains de M. Ruhmkorfif, permirent d'appliquer d'une manière trèsavantageuse son appareil d'induction au tir des mines.

Amorces StaUham. — Les amorces Stateham étaient très-Caciles à con* fectionner : on prenait deux bouts de fil de cuivre rouge recouverts de gutta-percha ordinaire; on dégarnissait de gutta- percha leurs extrémités, on les entortillait comme on le voit fig. 13, pi. III, et on recourbait les bouts des fils métalliques de manière k entrer dans une enveloppe AB de gutta-percha vulcanisée, que Ton avait coupée et enlevée de dessus un fil de cuivre qui en avait été depuis longtemps recouvert. On pratiquait sur cette enveloppe une échancrure A B, et après avuir maintenu à 2 ou 3 millimètres l'une de l'autre les extrémités des fils de cuivre, on en recouvrait les pointes de fulminate de mercure afin de rendre l'inflammation de la poudre plus aisée. On remplissait de poudre l'échancrure, et on enveloppait le tout avec un bout de tuyau de caoutchouc ou dans une cartouche remplie dé poudre.

Les amorces Stateliam ne présentant pas assez de sensibilité pour foire partir simultanément, d'une manière assurée, un grand nombre de fourneaux de mine, on chercha à les perfectionner, et on mit au jour un certain nombre de systèmes parmi lesquels nous citerons ceux de MM. £bner, Abel. Champion, Gaiffe et Comte, Riss, etc.

Amorce tfEbner. — L'amorce d'Ebner est formée d'une boucle de cuivre autour de laquelle on coule un cylindre de soufre; on coupe la boucle avec une scie ayant une épaisseur de 1/10 de millimètre, et Ion entoure ce cylindre de soufre avec une bande de papier. La cartouche ainsi obtenue est rempUe d'une poudre composée de

Sulfure danUmoiiie 44 paities

Chlorate de potasse 44 —

Plombagine iS —

e tout intimement mélangé.

Fig. iS7.

SSe APPLICATIONS CALORIFIQUES DE L'ÉLECTRICITÉ.

Ces Bmorces, dont nou? représentons la coupe Hg. 157, sont apècitlement eniplo;^tes quand on Tait usage, pour générateur électrique, de l'électricité statique des machines ti plateau de verre ; on véritit ces amorces Avec le galvanomètre, et, par une série de taisements, on leur donne une mfime sensibililé.

Cette vériflcution de la sensibilité des amorces est esseatiolle, surtout quand on veut obtenir des explosions simuU tanées. Si on la négligeait, il pourrait arriver que les amorces les plus sensibles partiraient seules

Amorces d'Abel. — L'amorce d'Abel, la plus connue et h plus employée en France et en Angleterre, a été disposée de manière à s'enttammer sous l'influence d'un courant fiiible. mais de haute tension, provenant d'une simple pile. SuiTant M. Champion, on s'est mépris beaucoup sur le rôle de ces amorces ot des substances qui entrent dans leur com position. L'analyse clémeniaire des dernières amorces d'Abel, Suts r MV Champion, Pellet et Grenier, a donné la composition suivanU.

Chlorate (II' |iola**e

Substances combinées de manitre Si fournir

l'rotosulfure de cuivro.

Proto|iliu«phoriir<s de i Chlorali' ilo jiulassi;. ,

iï!,

On porpliyrise sùparomcnt lo sulfure, le phosphure et le chlorate, cl on Ici i>roie ensemble en présence de ralcool.

Dans celte amorce, les conducteurs sont mis a nu en pratiqutnt une section à l'uide d'un couteau ctiauffé; en chuutTanL lé^'ï'remtnl 1* giiine de gutta- percha, on peut l'arr:icher facilement avec les doigt». Un di'iiude ensuite il l'aide d'un canif la partie supérieure d(s d^ s^ une hauteur dVnvii-on :] millimÈlrcs. On rapproche les deux extri'inil* des fils, et on U's coupe avec une pince qui en aplatissant le niéul détermine la T'irniatiou du deux pointes entre les<|ueUt'5 dnit \asia le courant. Ou euruiile ensuite sur la gntla-percha une fi'uille d'éuio destinée à contenir la poudre, et on serre la cartouche avec une conle pW la rendre adhi-ienti- ii la giilta-pert'ha. Une fois la poudre eonvenablem*iil lassée, on rabfil. l'exlri-nnlé supiVicure de lu earioiichc en él;iin, et lu" recouvre l'iiuiorL-c d'une couche du vernis. On peut, suivant .MM. Champion, l'ellct et Uri'uier, aiuùliorer notablement ce genre d'amorce en ojoutaott

d'un mastic qu'on moule en forme de cylindre en laissant dépasser la boucle de 1 à 2 millimètres. Lorsque le mastic a acquis la dureté voulue, on trace au milieu de la boucle un trait avec une lame fine et coupante pour déterminer la place de la section, qu'on pratique ensuite à l'aide d'une scie de 1/10 de millimètre. Il est nécessaire de frotter légèrement la partie sectionnée avec un fragment de papier d'émeri pour enlever les ébarbures, et de passer à plusieurs reprises une lame mince d'acier qui enlève la limaille adhérente. On entoure ensuite l'amorce de papier gommé, et Ton introduit dans la cartouche la pâte semi-fluide obtenue en broyant la poudre avec l'alcool, on tasse à l'aide d'un bourroir en bois, et l'on sèche à l'étuve. Il sujffit ensuite de recouvrir l'amorce d'une calotte en baudruche. Dans la préparation de la poudre, on ne devra pas oublier que toutes choses égales d'ailleurs, la sensibilité d'une poudre dépend de son état de division et d'homogénéité.

Anwrce de BeardsUe, — Dans ce genre d'amorce qui ne peut guère «rappliquer qu'aux courants d'induction, les deux fils conducteurs sont réunis par un trait de plombagine qui constitue le conducteiur secondaire, et le tout est enveloppé dans une poudre suffisamment inflammable, telle que celle qui a été indiquée précédemment. C'est un moyen analogue à celui employé par M. Jablochkoff pour allumer les becs en kaolin. Quelquefois on coupe ce trait de plombagine avec la pointe d'une aiguille afin d'y produire une solution de continuité; d'autre fois on ne fait que le frotter en un point afin de Tétaler et d'en foire varier la résistance suivant les conditions de l'expérience. Ce dernier moyen permet de ramener les amorces à mi même degré de sensibilité.

Considérations sur la bonne construction des amorces.

— Suivant MM. Champion, Pellet et Grenier, il y a dans la construction

des amorces à tenir compte des rapports existant entre la section des fils

conducteurs et le degré de tassement de la poudre conductrice. Or, voici

les diverses conclusions auxquelles ils sont parvenus : i^ Pour une même

poudre conductrice, l'intensité du courant augmentera si la section du fil

augmente, non -seulement par suite de l'accroissement du diamètre du

fil, mais encore par la plus grande surface de contact des bouts de ce fil

avec la poudre. 2^ Si en diminuant le diamètre des fils on augmente le

tassement de la poudre de manière à maintenir le courant constant,

Pamorce sera moins sensible à l'inflammation, car une plus grande partie

4a courant passera par la poudre sans contribuer à réchauffement déler-

tniné par les fils. 3* Si la section des fils restant la même ainsi que le

<lagrè de tassement de la poudre on augmenle l'écartement des fils, la

590 APPLICATIONS CALOniFIQUES DE LÊLECTRICITÊ.

résistance devient plus grande en raison de l'allongement du conducteur secondaire, et par conséquent Tamorce devient moins sensible.

D*apr6s ces principes, on se trouve conduit à rapprocher le plus possil)le les fils Pun de Tautre, et à leur donner un petit diamètre. Suivant les auteurs cités précédemment, ce rapprochement ne peut être réduit au-delà de 1/10 de millimètre, et le diamètre des fils conducteurs ne doit pas être supérieur à 9/10 de millimètre.

La sensibilité à l'action électrique des poudres employées dans les amorces, n'est pas en rapport avec leur sensibilité à Texplosion sous riiilluonce du choc d'un marteau : bien au contraire, ces sensibilités sont en sens inverse l'une de Tautrc. Cela vient de ce que la présence dans ces poudres d*un conducteur secondaire facilite le passage de la charge électrique, tandis qu'elle atténue, en les divisant, la faculté explosive des diverses particules du mélange détonant. On ne devra donc pas se guider pour la fabrication des amorces sur la sensibilité de ces mélanges au point de vue où on la considère ordinairement. < Pour qu^me poudre soit sensible au courant électrique, disent MM. Champion, Pellet et Grenier, il faut que sa composition soit telle qu'elle présente une certaine tendance à la dissociation: par conséquent, en faisant varier les proportions do tel ou tel corps qui entn? dans .sa composition, la sensibilité en sera aaTiic ou diniiniiée. Etant donné un mélange» explosif convenable mais exempt de corps conJucteurs. sa facilité (rinflainmation sous rinflucncc électrique croîtiti avec la quantité d*un cor{)s coruliicteur inerte quV)n lui adjoiniJra fplombapoc charbon, etc.), jusqu'à une certaine limite au-delà de laquelle sa sensibilité diminuera par la trop bonne conductibilité du mélanp^e, et le corps (■'>nductctir ainsi introduit aura pour résultat d'affaiblir la sensibilité .ri rhnf

w Parmi les conditions essentielles que doivent remplir les amorcMPî' dehors de la sensibilité, nous citerons : !• la stabilité de la poudre entre les parties actionnées des fils, même en présence de chocs et de vibration* prolongées, comme il s'en prodmt pendant les transports; '2^ la ri»sistancf de la poudre à la décomposition en présence du courant d'épreuve. »»

La résistance des amorces varie considérablement non-seidement d'unr amorre à une autre, mais encon» suivant le nombre de fois que le rourant d'essai a passé à travers. Ainsi deux amorces (rEl)ner essayées, donnaien! en moyenne des résistances de iiOO et 7.S0 unités Siemens, et celte rwi^* tance atteignait avec les amorces de Bcardsiec, '220000, 57-?OO,f>3T00 unité?.

AmopcoN de quantité. — L'amorce employée actuellement <*" France dans les usa;,'cs de la guerre, pour Tinflammalion de la pnudrf,^*^^ formée d'un étui de b >is sur deux génératrices duquel on fixe les condac-

leurs dénudés; ceux-ci sont reliés ensemble par une spirale de platine et enroulés Tun sur Tautre.

Le fil de platine est recouvert de collodion, et les deux moitiés de Tétui remplies de poudre et de pulverin, sont juxtaposées et retenues à Taide d^une bande de papier collé. L'amorce de la marine est fuite avec du lil de platine de 1/18 de millimètre. Le nombre des spires doit être de six, et elles sont es[*acées de 1/3 de millimètre environ. Cette disposition a pour but d'augmenter par la chaleur rayonnante la température du fil do platine. Quant au collodion, il isole le fil de platine et empêche les grains de poudre de s'électriser au passage du courant et de s'éloigner du fil.

Suivant MM. Champion, Pellet et Grenier, un fil droit de platine de même section que la spirale dont il vient dëtre question et d*une longueur de 8 millimètres, produirait le môme effet ; mais les meilleurs résultats sont tougours obtenus, quand le fil de platine atteint le diamètre de i/18 de millimètre. Ils croient d'ailleurs que la présence du collodion sur le fil diminue la sensibilité de ramorcc, en raison des températures différentes d'inflammation du coton-poudre et du collodion.

Système de M. Bardonneau. Le système de M. Bardonneau consiste k former une boucle avec un fil conducteur dénudé que Ton coupe sur une kmgueur déterminée et dont la section est remplie par la spirale de platine qui est soudée aux deux extrémités disjointes du conducteur. Cette spirale est ensuite recouverte de coton -poudre, et le tout est renfermé dans une cartouche de carton pleine de poudre à mousquet ou do pulverin, qui laisse passer les deux conducteurs cordés ensemble.

Système de MM. Champion, Pellet et Grenier. — Pour obtenir cette amorce, on prend un fragment de conducteur isolé (gutta-percha ou caoutchouc) de longueur variable suivant la destination. On enlève au milieu la gaine isolante sur une longueur de 1 centimètre environ, et l'on forme une boucle longue que Ton aplatit sur un calibre au moyen d*une pince. On saisit la boucle au niveau de la couche isolante entre les mâchoires d*une pince, et Von corde ensemble les bouts du conducteur sur une longueur de plusieurs centimètres. On recouvre ensuite la boucle et les conducteurs avec un mastic isolant, et on le moule en cylindre avec une pince spéciale; la boucle doit dépasser de 5 millimètres environ le mastic. Quand ce dernier a acquis la dureté nécessaire, on coupe la boucle de manière à laisser aux deux extrémités des conducteurs une hauteur de 3 millimètres. On enroule sur Tun d*eux un fragment do fil de platine, et en tenant Tamorce de la main gauche, on maintient le fil plié en boucle sous le doigt, dont la phice règle la Ion-

^enT du ûl On fixe ensuite le fil de la même manière sur le second oonducteur û une distance de 8 millimètres du premier, et on soude avec da chlorure de zinc et Talliage d'Arcet, puis Ton enlève soigneusement ks bouts de fils qui dépassent. On plonge enfin dans Teau rextrèmité des amorces pour enlever le chlorure de zinc, et on laisse sécher.

Pour terminer l'amorce, on introduit au-dessous du fil de platine nn fragment de colon-poudre dont on relève les deux extrémités, et on entom le tout avec une bande de papier imprégnée d'une forte solution de gomnw arabique. On pourrait encore, comme Ta indiqué M. Fabien, recouvrir de fibrilles de coton-poudre le fil de platine imprégné de collodion. Dans ces conditions, même si le fil de platine était dérangé de sa position initiale, rinflammation du coton-poudre adhérent au fil communiquerait certainement le feu au reste de la charge. Quel que soit du reste l'usage auquel on destine ces amorces, il est utile avant de les fermer au moyen de baudruche, d'introduire dans la partie supérieure une petite quantité de poudre fiualement inflammable ou du mélange d'Ebner.

Les amorces à fil de platine à Tusage de la guerre doivent présenter une solidité que Ton ne peut obtenir qu'à Taide de conducteurs à plusieurs brins. Des fils à 7 brins de 3/10 de millimètre recouverts d'une gyîne de caoutchouc, paraissent être dans de bonnes conditions pour cet usa^e. Pour les usages industriels, ces fils peuvent être uniques, et leur diamètre le plus convenable est de 7/10 ou 9/10 de millimètre avec une couverture de gutta-percha de 2 millimètres d'épaisseur.

Disposition des amorces dans les fourneaux de mine. — Aucune des amorces que nous avons décrites ne doit être employée telle quelle, même pour enflammer la poudre; elles doivent être montées sur des capsules spéciales dont la charge en fulminate varie avec leur destination.

Quand il s'agit de mettre le feu au coton-poudre ou à la dynamite, les capsules en question disposées par M. Abel, consistent dans une tête ovoïde en bois percée dans toute sa longueur d'un trou dans la partie supérieure duquel on loge Tamorce ; les deux fils de l'amorce sont réunis à deux tubes étroits en cuivre rouge placés horizontalement, et qui servent à fixer les conducteurs, La capsule destinée à contenir le fulminate est en fer blanc et ouverte à ses deux extrémités, dont Tune pénètre à frottement dur dans la cavité ménagée dans Tamorce. On charge Tamorce au moment voulu en ntroduisant dans le tube métallique en\'iron 18^,50 de fulminate de mercure pur, qn'on recouvre d'une couche de cire fondue ; on Tenfonce jusqu'au contact du fulminate de la capsule, puis on recouvre le joint avec de la gutta-percha ramollie. Si les amorces sont destinées à supporter des tem-

APPLICATIONS CALORIFIQUES DE L'ÉLECTRiaTÉ. 5*7 "

de moins au courant, et, par conséquent, un renfoncement d'action électrique pour les autres mines.

Dans la pratique, on peut n'employer qu^m seul conducteur, laissant au sol le soin d'achever le circuit. On fait donc pailir d'un des pôles de la machine de Ruhmkorff un fil soigneusement recouvert de ^utla-percha qui ' circonscrit les dififérentes mines et sur lequel on greffe les bifurcations qui doivent aller à ces mines. Ces bifurcations sont attachées à i*un des bouts ' des amorces, tandis que l'autre bout de celles-ci communique au sol par l'intermédiaire d'un fll quelconque attaché à une plaque métallique. Un pareil fll, également en rapport avec la terre, part du second pôle de i'appa- ' reil de RuhmkorfF et complète le circuit.

Afin d'éviter la transmission à travers le sol une fois que les amorces ont ' fldt explosion, M. 6avarre introduit la pointe de métal fusible et une portion du conducteur dérivé dans un tuyau de gutta-percha qu'il soude * sur ce conducteur, de manière que la- solution de continuité et les' extrémités du fil métallique fusible, longues d'environ un centimètre,' soient dans le vide. Puis il remplit cet espace vide avec du pulvérin délayé dans de l'eau gommée. Il en résulte qu'au moment de l'explosion, le métal' fond jusqu'à un centimètre de profondeur dans la gutta-percha, et que la communication du conducteur dérivé avec le sol devient impossible. Avec des amorces préparées de cette manière, on peut faire sauter autant de fourneaux de mine que Ton veut. Le métal fusible en s'échauffant et en fondant, sufiQrait presque pour enflammer la poudre. La préparation est d'ailleurs focilo : on achète le métal Darcet tout fait, on le fond dans un creuset, on y mêle une certaine quantité de mercure, et pour l'obtenir en fil, on aspire le métal fondu dans de petits tubes en verre. Quand il est refroidi, on le retire des tubes, on le soude aux conducteurs en cuivre, et l'on effile les pointes à la lime. La proportion de mercure ne doit pas être grande, car alors le métal serait trop cassant. Avec ce système, M. Savârre a pu enflammer jusqu'à dix mines à la fois à 700 mètres de distance.

Les amorces de MM. Gaiffe et Comte dont nous avons parlé p. 587, présentent les mêmes avantages que celles dont il vient d'être question, au point de vue du tir simultané d'un certain nombre de mines. En effet quandle circuit étant organisé comme dans le système de M. Bavarre, la première' mine a fait explosion, le courant se trouve transporté intégralement à la' seconde, car l'enveloppe d*étain, en fondant sous Tiiifluence de la déchu^' et étant d'ailleurs déchirée par l'explosion de la ca;)sule, établit une solution de continuité de plus de 1 centimètre entre les deux fils de l'amoroè.ét' rend par cela même impossible le passage du courant à travers cette amorce;

59S APPUGATIONS CALORIFIQUES DE L'ÉLECTRiaTft.

Système de M. Th. du Moncel. » 81 rinflammatioa simulianée d*uB certain nombre de fourneaux de mine placés dans le Toisinage les uns des autres présente de grands avantages au pcûnt de vue de l'importanee des effets produits, et cela en raison de l'ébranlement général qui se troan alors déterminé, ces avantages sont bien plus grands encore quand il s*agit de ces mines monstre employées dans certains travaux de déblaiement, et qui mettent à contribution jusqu'à 300(K) kilog. de poudre. Gonuiie de pareilles mines coûtent extrêmement cher à construire (15 mille francs environ chacune), il fallait que leur tir fut non*seulement simultané» mais encore immanquable, et c'est pour obtenir la solution de ce problèoié que, lors du creusement de l'arrière bassin du port militaire de Oierbourg, en 1854, les entrepreneurs MM. Dussaud et Rabattu vinrent me demander des conseils. Je combinai alors le système représenté fig. 16» pi. III, et qui s parfaitement réussi ; mais pour qu'on puisse le comprendre» il est esientid que je donne quelques détails sur la disposition des mines monstre employées avec tant de succès par MM. Dussaud et Rabattu.

Une mine monstre, telle que celles que ces messieurs avaient d^à employées à Alger, se compose oïdinairement de deux chambres carrées de Is contenance de 3 à 4 mètres cubes» creusées à environ 12 mètres au-dessous de la surface du rocher, et que Ton remplit' de poudre. Pour opérer ce creusement, MM. Dassaud et Rabattu ouvrent d'abord un puits AB, fig. 12, pi. III, de 12 mètres de profondeur, puis ils font partir du fond de ce puits deux galeries horizontales BC, BD, d'environ 1°>,50 de hauteur sur 5 mètres de longueur, et c'est à l'extrémité de ces galeries qu*ils creusent les chambres dont il a été question. La poudre n'est pas déversée directement dans ces chambres ; car, dans le long travail du bourrage de ces mines, elle pourrait devenir humide et rester sans effet. C'est dans de grands sacs en gutta-percha, hermétiquement fermés, qu'elle est déposée avec Tamorce d'explosion. Quand ce travail est fait, que les amorces sont attachées aux saucissons, on maçonne solidement à pierre et à plâtre les galeries, et on remplit de terre le puits de descente : en sorte que les minfê ne sont plus en rapport avec l'extérieur que par les saucissons remplis de poudre, qui ont été eux-mêmes noyés dans la maçonnerie. Ces saucissons communiquent à la surface du sol avec des traînées de poudre qui partent des différentes mines et aboutissent à un centre commun, où se trouve une mèche d'amadou. C'est en allumant cette mèche qu'on met le feu à ces mines.

Ce système, bien que très-ingénieusement combiné, puisque la poussée de la poudre ne pouvait s'opérer qu'en soulevant la masse de rocher tudessus de chaque mine, n'a pas donné dans l'origine des résultats aussi

^P APl'UCATIONB CALORIFIQUES DE L* ELECTRICITE. !S9

ÎBtBfiusante qu'on était an droit de l'espérer, précisément a cause du mode d'inflammation de la mine. Oo sait, en effet, d'après les expériences du l«aéral Morin, expériences d'ailleurs connues de beaucoup de chasseurs, |M, dans un tuba rempli de poudre et faiblement bourré, toute ïa poudre M brftle pas ; du sorte qu'il peut arriver que la poudre, enllammée !i la partie supâripure du tube, ne transmette pas l'iiiilammation à la partie iafèrieure. Or, c'est précisément ce qui arrivait souvent dans les saucissons la 13 mètres employés pour mettre le feu aux mines monstre de kUI. Dussaud et Rabattu. D'un autre côté, la poudre ne prenant pas feu ivac uoe ég&le promptitude, les différentes mines qui auraient dà s'en* Bammer en même Uimp» ne partaient jamais régulièrement, et dès lors, tout i'afbl avantageux de ces espèces de volcans, dont les ébranlements indiridoelise fussent prêtés un mutuel secouis, était plus que problématique. ^, ce fut précisément pour obvier ces inconvénients, que MM. Dussaud (t JUbatlu penst'rent à mettre à contribution les moyens électriques.

D'après la maiiière dont la question me fut posée, je reconnus de suite pM le problème à résoudre était moins de rechercher réconomio dans les irgaaes clcctriques destinés à agir, que de fournir un système imman- |uable dans ses olTcts. Or, les systèmes ordinaires ne me paraissaient pas ionoer une garantie sulli^àante, eu égard ii rjiu|>ortiULCu di'S rcsultuts négatifs ou positifs qui pouvaient ëlre la conséquence de la mauvaise ou wnoe réussite de ces mines. Au lieu donc de faire partir les six ou huit fourlaaiu qui composent ordinairement chaque système de ces mines monstre, m iH interposant dans un même circuit, j'ai préféré les diviser par groupes lo deiit et avoir recours à trois ou quatre circuits. Bien pius même, mignaiit, en raison du contant si uilime des flis avec lu terre et le piAlro, lans les Ralcries et le puits de descente, un isolement insulTisant du courant, j'ai supprimé la communication pur le sol, et j'ai préféré employer leux conducteurs an lieu d'un, ce qui d'ailleurs ne m'occasionnait qu'une Upaïue très-minime, puisque l'un de ces fils pouvait être commun à tous M circuits en rapport avec les trois ou quatre grandes mines qui devaient VÊtiit en même temps.

Avec cett« disposition, commandoe par la prudence, te problème se réduilait poar moi ii obtenir la simultanéité d'explosion à travers ces différents nrcuits. J'ai eu pour cela recours à deux systèmes de commutateurs. d'une unstnictian particulière, que nous avons repri^sentés llg. (4 et 15, pi. III, i^^^lus simple de ces commutateurs, lig, It, s'applique dans tes ras oi'i ^HiBea sont pou éloignées du ticu oii l'on opère : il se compose d'une ^^■0 d'aci^ou dans laquelle sont iacrustês ; 1* un cadre abtd de

«Ml APPLICATIONS CALORIFIQUES DE L'ÉLBCTRMaTfiV

caoutchouc durci, 2« une glace de verre assez épaisse» 8ur deux ta côtés de ce cadre isolant sont fixées 8 ou 10 lames de cuivre ef,§h,ij, elc, arrondies sur les carres de manière k présenter une nntbce légèmneot convexe ; et des boutons d'attache e, g, i, qui leur sont adaptés, peraiettat de les réunir à des fils faisant partie de circuits spéciaux. Celte planche est supportée sur quatre pieds pointus, afin d'être sdidement fixée quand on doit flaire fonctionner le manipulateur.

Celui-ci consiste dans une lame flexible de cuivre A B, fig. 14 bis^soadéi à Textrémité d'un gros fil recouvert de gutta^percha et adaptée par ^inte^ médiaire de ce fil à un manche de bois. Comme celui-ci n*adbère qui k gutta-percha dont est recouvert le fil, cette lame AB se trouve eompltement itolée,et Ton est à l'abri des commotions quand on met œ mampoli» teur en rapport avec la machine d'induction.

Pour faire fonctionner cet appareil, rien de plus simple : on met 1« différents circuits sur lesquels on a à agir en rapport avec les iamts^k cuivre du commutateur, et.'on attache l'extrémité libre du fil du iBanipuli>teur à celui des pôles de l'appareil de Ruhmkorff qui donne des étînesBa à distance; comme les différents circuits mis en rapport avec le cemiDUtiteur le sont déjà avec le second pôle de Tappareil d'induction par un fil spécial, il suffit de faire passer le manipulateur plusieurs fois de suite à travers les lames de cuivre ef.gh, ij, pour produire les différentes fermetures de courant nécessaires à l'explosion des amorces.

Les précautions d'isolement que nous avons indiquées pour la o•^stnl^ tion du commutateur sont essentielles, parce qu'avec ces sortes de courants, le bois n*est pas un isolateur suffisant, surtout dans le cas en question, à cause de retendue assez considérable qu'occupent les points de contact des lûmes de cuivre du commutateur, lesquels suffisent comme je l'ai démontré dans ma notice sur Tappareil de Ruhmkorff, pour rendre le bois coQdu^ U»ur. D'un autre côié, remploi de la glace de verre empêche la traînée demi-conductrice qui accompagne tougours le frottement d'un métal sur le bois et même sur le caoutchouc durci.

Kntln les points d'attache du circuit avec l'appareil d'induction ne sont l>as du tout indiffên>nts; car il arriverait souvent, si on attachait au pdlede rap|>areil qui donne des étincelles à distance, le fil se rendant directement aux amorces, que plusieurs des mines partiraient avant qu on ait fermé les cinniits au moyen du manipulateur. Dès lors, on ne pourrait plus compter Hur la sùroté do ro()êration. En attachant, au contraire, le manipulateor à 00 |mUo, cet etïot ne |>out jamais se produire. IHrnr (Uu$ de sûreté, MM. Dussaud et Babattu ont demandé i

AFFUGATIONS CALORIFIQUES DE L*ÉllBGtilICITË.' Ai

M. Ruhmkorff de leur faire ce commutateur double, afin de ptmvoir diriger à la foie sur lee mêmes mines les courants issus de deux appareilsdifl&rents. Ces commutateurs doubles ne sont autre cbese que deux sftries de plaques de cuivre disposées comme nous Tarons tu précédemment et séparées par un rebord de caoutchouc durci. Alors le manipulateur a la forme d'une fourche que l'on place à cheval au^essus de ce rebord quand* on opère, en ayant soin d^appuyer également de part et d'autre. Je crois* que cette précaution est superflue quand on a pris tout le soin convenablepour bien isoler ies circuits et pour mettre Tappareil en bon état.

Le second commutateur, représenté flg. 15, pi. III, peut être employéavec avantage quand la distance entre les mines et lé lieu oùtloivéntètre' placés les appareils électriques est considérable ; il épargne beaucoup de fil^ recouvert de gutta-percha et rend les circuits que doit parcourir le courant* d*indaction beaucoup moins longs.

Ce commutateur n'est, à proprement parier, qu'un Relais rhéotomique* k mouvement d'horiogerie, et il doit être disposé de manière que le mou** vement du firbtteur du rhéotome ne soit pas très-prompt et que les con-' ditions de l'isolement soient bien observées. L'appareil que nous avons représenté fig. 15, est renfermé dans une boîte de chêne assez forte pour recevoir, sans se briser, le choc des petites pierres lancées par la mine. Il se compose d'un mécanisme d*horlogerie M à quatre mobiles, susceptible' d*ètre réglé dans sa vitesse au moyen d'un modérateur K. 8ur le troi-^ sième de ces mobiles, est adapté un levier  armé d'un frotteur à piston F qui tourne autour d'une circonférence composée de plaques de cuivre et de plaques de glaces alternées et placées au même niveau. Les plaques de cuivre, comme dans le commutateur précédent^ sont fixées sur une circonflérence de caoutchouc durci et correspondent par des boutons d'attache aux fils des difTérents circuits. Au-dessus du troisième mobile du mécanisme d'horlogerie, se trouve un électro^iimant E dont l'armature porte une dent servant de détente d'encliquetage à ce mobile. Enfin les différentes pièces qui composent le mécanisme, se trouvent renfermées dans une enveloppe épaisse de gutta-percha ou de caoutchouc durci.

On peut se servir de cet appareil de deux manières : i* en employantune pile auxiliaire pour la manœuvre à distance du commutateur; alors* l'appareil d'induction peut être placé sous un ahri très-près des mines, et les fils reliant le commutateur au poste où l'on expérimente, peuvent n'être que de simples fils de fer; S* en n'employant qu'une seule pile pour l'appareil d'induction et le commutateur; alors celui-ci épargne le proton-' gement des différents fils spéciaux allant aux mines.

601 APPUGAT10N8 CAU)RinQUS8 DE L*tLBCTRiaTi.

L'oiage de ce commutateur se comprend aisiment, puisqu*il ne fut qui reproduire à distance, comme un relais, l'action que Ton effectuerait à h main au moyen du premier commutateur. U suffit donc, au moment (U fiiire partir les mines, de fermer le circuit correspondant à l'èlectro-aimsot du commutateur, et alors celui-ci opère les fermetures successives dei circuits induits qui sont en rapport avec les mines. Quand on emploie deux piles distinctes, rien n'est plus facile que cette manœuvre; mais dam le cas où l'on ne veut agir qu'avec une seule» un commutateur particolitt doit être ajouté à l'appareil d'induction. Ce commutateur peut consisler simplement dans mie lame de ressort qui serait mise en rapport avec l*iui des deux fils allant au commutateur mécanique, et qui serait placée de manière à rencontrer une cheville de cuivre fixée sur l'une des plaques du commutateur de l'appareil d'induction, un peu avant que cette plaque (ût dans la position voulue pour que l'appareil d'induction marcb&t. H tÊXh drait seulement que le fil en rapport avec ce ressort additionnel, fût rsli^ à la fois à l'électro^aimant du commutateur mécanique et au massif méCsl< lique de ce commutateur» de telle manière que le mécanisme d'horlogerie, étant une fois dégagé, pût couper les communications établies entre l'électro^imant et le circuit des mines. Avec cette disposition, une première fermeture du courant de la pile précc<ierail Tenvui du anuuul li lii* duction, et cette première fermeture ferait réagir le commutateur mécanique, qui distribuerait alors le courant induit aux différentes mines. Il serait bon, dans ce cas, de tourner plusieurs fois de suite le commutateur de l'appareil de Ruhmkoriï, pour provoquer plusieurs révolutions de U part du frotteur du commutateur mécanique.

Le commutateur mécanique que nous venons de décrire pourrait être substitué avantageusement au commutateur simple que nous avons considéré comme devant s'appliquer aux petits circuits. Il aurait sur lui l'avantage d'un fonctionnement régulier, et Ton n'aurait pas à craindre, en remployant, d*agir ou trop lentement ou avec trop de précipitation.

La disposition des fils et des appareils dans mon système est indiquée dans la fig. 16. M représente l'appareil de RuhmkorfT placé à 4 ou 500 mètres des mines; OP est le commutateur placé tout près de Tapparfil d'induction ; enfin les puits de descente des mines sont figurés en Q,R,8,T,U, etc. Le pôle extérieur du courant communique au ressort AD, fig. 14 bis, du comnoutateur, et le pôle intérieur, celui qui ne fournit pas d'étincelles à distance avec un conducteur isolé du circuit, est en rapport avec un long fil recouvert de gutta-percha vulcanisée qui circonscrit les différentes mines. Sur ce fil on pratique des dérivations qui

APPUCiTIONS CALORIFIQUES DE LÉLECTAIGIT&. 6él

iront Njoindre Tan des deiix fils, + et —, fig. 13, ressortant de chaque mine; l'autre fil de ces mines, le 01 -4- par exemple, est relié séparément à xai fil particulier» également recouvert de gutta^percha vulcanisée, qui va s*altacher à l'une des lamea de cuivre du commutateur; il va sans dire quil y a autant de ces fils particuliers qu'il y a de mines. Telle est Torgamsatloa du système d'explosion quant ^ sa liaison avec les appareils. La disposition des fils, à l'intérieur des mines, est indiquée fig. 12. Ces fils, en rttioa de leur peu de longueur, peuvent être choisis, par économie, d'un dîamtee beaucoup plus petit, car ils ne peuvent pas resservir ; ils dispa* raissent même entièrement pendant le travail de l'explosion. Deux de cet fils, + et —, après être descendus d'abord verticalement dans le puits de descente, se recourbent brusquement pour passer par les galeries horizontales et viennent s'attacher à Tun des bouts des deux amorces d'explosion C et D; les autres bouts de ces amorces sont ensuite reliés directement par un troisième fil.

Dans l'organisation de ces dififérents circuits, il fout avoir soin de recouvrir tous les points de jonction d'une épaisse couche de gutta-percha, ou, à défaut de gutta-percha, de plusieurs doubles de taffetas gommé. Il convient même, pour plus de sûreté, de soutenir extérieurement ces points de jonction au-dessus du sol à Taide de petites fourchettes de bois.

L'efbt d'explosion de ces mines monstre est tout à foit différent de celui des petites mines. Peu de fragments de pierres sont-projetés en l'air, maia on vttt le terrain se soulever comme une enveloppe qui se gonfle. Quand ce soulèvement a atteint une hauteur de 1 à 2 mètres, des déchirures se forment de tous côtés, et la fumée, quelques instants comprimée, donne à ces mines, en s'échappant à travers ces fissures, Tapparence d'un cratère de volcan en éruption. La détonation n'est pas extrêmement forte: c^est un bruit sourd, qui semble venir de loin et à la suite duquel se produit un petit tremblement de terre qui, du reste, ne se propage pas asses loin pour endommager les bâtiments dans le voisinage.

L'explosion de ces mines était, du reste, un spectacle curieux qui atti^ rait toujours, dans le port militaire de Cherbourg, un grand nombre de spectateurs. Ordinairement les entrepreneurs chargés de ces travaux en foisaient partir tous les trois mois.

n. APPLICATION AUX TORPILLES SOUS- MARINES.

Nous allons maintenant aborder une des applications mihtaires les plus intéressantes de l'électricité, les mines sous-marines et les torpilles. Cette sérieuse et puissante ressource du domaine maritime est appelée à prandce

W. APPLICATIONS CAIQRIFIQUES DE L'£L£CT|UGIT£. .

une place chaque jour plus ipuportante dans la défense comme dans Taitaque des rades, des ports» des cours d'eau» des escadres et des nayirea isolés.

Considérée seulement comme appoint de l'armement des vaisseaux» la torpille peut remplir les emplois les plus divers; elle peut avoir pour objectif la défense ou Tattaque d'autres h&iiments» le blocus des ports de commerce ou des arsenaux maritimes, l'attaque de vive force des défenses des points fortifiés des côtes, etc.

Mon intention étant de donner à mes lecteurs des renseignements généraux mais exacts, j'ai naturellement voulu les puiser à des sources techniques ; j'avais d'abord songé à m'adresser à un officier de ht marine militaire française (1) qui depuis longtemps s'est spécialement adonné à ces questions et passe pour bien connaître et juger avec perspicacité tout ce qui touche aux mines ou engins sous-marins ; mais cet officier qui élail venu me consulter il y a quelques années au sujet de certaines recherches qu'il avait entreprises en électricité, m'a déclaré qu'à son grand regret, il lui était impossible de me prêter son concours sur des sujets qu^ n'avait le droit de connaître lui*mème qu'à titre confidentiel et qu'il est ordonné de garder strictement secrets. Dans ces conditions» je me suis abstenu de frapper à toute autre porte en France, et j'ai dû diriger mes tentatives vers l'étranger. Je dois dire que malgré des barrières en ap|)arenco du même ordre, il ne m'a pas été très-difïlcile d^obtenir, officieusement tous les renseignements dont j'avais besoin et j'ajouterai que certains étrangers m'ont paru suivre de très-près ce qui se passe chez nous on matière de guerre, et être au courant non-seulement des faits, mais même des travaux des personnes qui s'en occupent. Je me suis alors demandé si les traditions respectables de mystère auxquelles j'ai fait allusion avaient bien leur raison d*ètre, puisqu'elles n étaient pas efficaces contre la curiosité de ceux qui avaient intérêt à savoir ce que nous faisons, tandis que la concentration de connaissances en un petit cénacle d'initiés, devait à coup sur écarter du sujet de bons esprits, non techniques sans doute, mais capables d'apporter utilement leur pierre à rôdifice.

HiistOFlque de la quei«Uon. — En 1624, le hollandais Drebbel construisit à Londres un bateau sous-marin à rames pouvant rester immergé un certain temps; il contenait un approvisionnement de quiniescence dair; une torpille chargée de poudre était portée au bout d'une longue tige à Tavant du bateau. Jacques I*'' y fit une excursion d'essai sous la Tamise. C'est le document le plus ancien se rapportant aux torpilles.

(1) .M. CibaucUus alors secrétaire-adjoint à la commission supérieure des dêfeoK« sous-mariut».

APPLICATIONS CALORIFIQUES DE L*ELEGTHICiTi. 605

' En 1 77$, TamMcain Bushnel eknploya comme mbteur dHm bàtimrat soaémafin, une .godille' horiiontale ei une verticale ; dee torpillée flottantes defaiènt èlKB remorquées au contact des navires, et un pistolet actionné par le choê, mettait le feu à la poudre de ces torpilles. Upe frégate anglaise du blocus ftit manquée par un dé ices engins dont l'explosion coula im petit navire voisin.

' An eommenoement du xix« siècle, Fulton proposa et essaya en Angleterre des torpilles immergées de plusieurs mètres, retisnues par un corps' flottant -remorqué. Uni mouvement d'horiogôie les mettait en feu après un temps donné. Au retour de Fulton en Amérique, ses tOrpUle^ furent utilisées contre un vaisseau anglais qui eut ses chaînés brisées et une voie d'eau qui le fit abandonner.

Les ptogtès des torpilles datent surtout du inoment ou on leur appliqua rélectncité.En 1841 le colonel anglus Pasiey débarrassa la rade de Spithead d'un vaisseau coulé, au moyeii de torpilles enflammées par l'électricité, et en 184B, le prince de Joinville fit dans soà escadre des essais qui prouvèteni rèflScacîté des tor(»lles contre les estacades.

A partir de cette époque, l'étude de l'inflammation des torpillés par Faction électrique fut ixnirsuivie dans les divers pays, notamment' en Amérique, en Autriche, en Espagne et en France, et l'on doit se rappeler que, lors de la guerre de Crimée, des torpilles automatiques combinées par M. Jaeobi furent immergées dans la Baltique. Dans ces torpilles, des verrous métalliques heurtés par un navire devaient briser une fiole cOnte* naïkt de Tacidé sulfiirique, et cet adde en se répandant sur du fulminate de mercure, devait mettre le feu à la charge de poudre.. Elles ne i»t>duisîreat, comme on le sait, aucun résultat à cause de la faiblesse de ieur charge.

Ba i859, à Venise, des torpilles chargées de 200 kilog. de fùlmi-coton, furent coulées à l'entrée des passes, et l'inflammation devait être fkité électriquement à la volonté d'un observateur qui aurait suivi les mouvements des assaillants sur les repères d'une chambre noire. Dans la lutte de la sécession américaine, des torpilles dé toutes sortes ont été employées par les confédérés d'abord, puis par les fédéraux, et plus de trente navires périrent par .ces engins. Pendant la guêtre du Brésil et du Paraguay, des torpilles de contact furent employées avec succès, et lors de la guerre de 1870-1871, las principales rades françaises étaient barrées par des ligues de torpilles do^ l'inflammation pouvait être provoquée, à volonté, par Tobservation: directe de relèvements pris de deux stations. Les allemands avaient garni aussi jUvêsieurs de leurs passes de torpilles chimiqaM analogues à celles de M, Jaçebî* fiofin la guerre dOrient de. 1877 s'est inaugurée par le.sueoès des t^rpilhs

e06 APPLICATIONS CALORIFIQUES DE L*ELECTRiaTÊ.

Russes qui purent couler uo monitor ture dans les eaux du Dsnube.

<>FipsuilsstUoB ^^wtérmMm dmm tori^llles. -* Las torpilles sont on espèces de récipients en fer ou en ftmte, rendus parftdtement Manchet» et à rintérieur desquels est renfermée une charge plus ou moins considérable de matière détonante, qui peut faire explosion sous Tinflueiioe d*uiie amorce électrique que Ton actionne à distance.

Les dimensions, la nature et la disposition des Carcasses de ces torfAUes dépendent de leur caractère et de tous les effets qu'elles sont appelées à produire. 8i elles sont destinées à séjourner sous Teau à de fccsodes profondeurs, elles doivent être constituées par do fbrts récipients de lér ou d'acier, tant qu'il y aura nécessité jjle maintenir leur charge étanche. Ces récipients sont cylindriques, à bouts bombés, et on leur adjoint quelqnelbis des pieds et des supports pesants pour les asseoir et les maintenir stables au fond de la mer. Si elles sont destinées à séjourner entre deux eaux, elles doivent être d'autant moins massivea de fbrme et d'autant moins résistantesy qu'elles sont destinées à agir plus près de la surfine liquide; e&ss exigent un espace vide intérieur capable de leur assurer une flottahOitèom* ' venable, ou un dispositif accessoire remplissant la màme fbnctioo.

Quant aux torpilles qui ne doivent être que fSEtiblement immergées, et cela seulement au moment d'en faire usage, leur enveloppe peut être variée sans grand inconvénient. Dans certains cas, même, avec du fulmicoton comprimé, un simple sac de toile non étanche peut parftdtement suffire. Toutefois, que la carcasse doive être étanche ou non» Tamoroe destinée à mettre le feu à la charge de matières explosives, doit être en Ions cas à Tabri de l'eau.

Les amorces employées pour les torpilles peuvent être des amorces de tension ou de quantité, mais on semble préférer pour les amorces de quantité, des fils de platine d'une très-grande finesse dont le diamètre peut atteindre do l/'20 à 1/300 de millimètre. Ce fil est entouré de fulmiMX>ton, et quelquefois il est recouvert de collodion. Mais il importe que ce fulmi-coton soit très*sec et en contact très-intime avec la charge détonnante et le fil de platine.

Par cela même que Ton emploie rélcctricité pour actionner les torpilles, on est conduit k relier le générateur électrique et l'engin par un ou plu* sieurs conducteurs, qui doivent être isolés dans leur parcours comme les câbles télégraphiques sous-marins; par conséquent, tout ce que nous avons dit des câbles télégraphiques sous-marins est applicable aux câbles des •torpilles, en remarquant, toutefois, que les plus longs dieuits de torpilles étant toujours» en réalité, d'un développement très-restreint par rapport aux

APPLICATIONS CALORIFIQUES DE L*ÉLBCTRICITÉ. 6t7

eîrciiits télégniphiques, les méthodes que nous avons indiquées pour les essais et la recherche des débuts, peuvent être notablement simplifiées dans le cas qui nous occupe actuellement. Les mesures galvanométriques directes sufBsent, en effet, parftùtement pour être fixé sur Tétat des circuits des .torpilles»

Les générateurs électriques employés pour Texplosion des torpilles, sont à peu près les mêmes que ceux que nous avons mentionnés pour les mines terrestres. Les piles sont cependant d*un usage plus fréquent à cause de certains dispositifs électro-magnétiques que ces engins présentent.

Vérlftcflktioii de Fétat des torpilles Immerupées. — Les épreuves pour la vérification de l'état des torpilles immergées doivent se rapporter, comme celles des câbles sous- marins, à la conductibilité du circuit et à son isolement. Quand le circuit qui relie Tamorce au générateur électrique ou k Télectro-moteur est entièrement métallique, la vérification de son isolement et de sa conductibilité est focile : il suffit d'envoyer k travers le circuit métallique un courant assez ftiible pour ne pas courir risque de mettre le feu à Tamorce, et d'examiner si un galvanomètre sensible interposé dans le circuit, dévie sous Tinfluence de ce courant, d'abord quand on réunit aux deux pôles du générateur les deux fils du circuit» et en second lieu quand Tun des fils étant détaché du générateur, on fait communiquer celui-ci à la terre par l'intermédiaire d'une plaque de cuivre. 8i le fil conducteur est bien isolé dans tout son parcours, le galvanomètre ne doit fournir de déviation continue que quand le circuit est fermé sur la pile. 8'il en fournit quand la pile est à la terre, c'est qu'un début existe soit dans l'amorce qui peut se trouver humidifiée, soit dans le conducteur qui peut présenter -une dénudation dans son enveloppe isolante, et il s'agit alors de reconnaître à laquelle de ces deux causes est dû le défout. Pour y arriver, on utilise alors un dispositif qui a consisté, lors du chargement de la torpille, à souder sur Tune des deux branches de l'amorce une petite plaque de zinc. Tant que l'amorce n'est pas humide et en relation de conductibilité directe ou indirecte avec la mer, la plaque de zinc ne peut avoir aucune action électrique; mais il n'en est plus de même si cette relation existe, carie zinc alors attaqué constitue avec la plaque cuivre de terre, un électromoteur qui peut à lui seul fournir une déviation galvanométrique; or cette ' déviation ne peut exister, ou du moins est très-minime, quand le défout provient de la dénudation du conducteur, puisque celui-ci est en cuivre. Ces épreuves très-satisfoisantes pour Tamorce à fil fin de platine, s'appliquent également à l'amorce de tension^ mais elles doivent alors s'effectuer par Tintermédiaire d'une dérivation métallique tris-voisine des deux branches

m APPUGATI0N8 Ci&ORinQUES DK L'fiUCnUGITt.

dé l'amprce et constitua par une bobine à fll fin.L'on infère da- bon tet du circuit d'épreuve, le bon état du circuit réel de mise à feu.

Avec ce genre d^épreuves, la constatation de la mauvaise oooductibilitê du circuit et celle de son bon isolemeni» permettent naturellemeot de reconnaître la présence des solutions de continuité dans le conducteur.

Quand les torpilles ne sont reliées avec Tobservateur que par un seul fil, comme cela a lieu maintenant, et ce qui constitue pour les longs circuits de défense fi^e une importante économie, la vérification de la conductiUlitè et de risolement du circuit est beaucoup plus difficile et plua ineertaint. ti^observateur n'ayant plus à sa disposition les deux extrémités du circuit, il a fallu compléter celui-ci par la mer, et par conséquent relier une des branches de Tamorce à une plaque conductrice immergée. Or, du moment ob, dans un circuit, on emploie deux électrodes avec un intermédiaire 'liquide, il est impossible de ne pas obtenir des courants de diverse natun plus ou moins énergiques, les électrodes fussent-elles identiques dans leur nature chimique ou physique. J*ai fiait une étude particulière de ces cou* rants dans mes recherches sur le râle de la terre dans les transmissions télégraphiques, et pour peu qu'on les étudie, on peut se convaincre qu'on ne doit pratiquement accorder aucune confiance aux systèmes d'épreuves qui peuvent être employés dans de pareilles conditions. Pour obtenir dans ce cas des renseignements utiles, il faut en revenir au système d*épreuvtfs à deux fils, et employer pendant le temps des épreuves un second conducteur mobile, qui peut iMre d'ailleurs appliqué successivement aux diverses torpilles que l'on a à essayer.

Quand Tamorce employée est une amorce de tension, comme sa résistance est tellement considérable que les autres résistances s^efliacent devant elle, on peut noter la déviation produite avant son introduction dans la torpille, et toute augmentation dans Tintcnsito du courant qui la traversent pourra indiquer qu'il existe un défaut d'étanchéité de la torpille ou une dénudation du conducteur. On peut d'ailleurs s'assurer d'une perte à la terre en polarisant le défaut et en notant le sens de la déviation. Il est bien certain que si après avoir enlevé la pile d'essai et avoir réuni directement le circuit au galvanomètre, on observe une déviation en sens inverse, c'est qu^une perte à la terre s'est produite, et on peut même en présumer la gravité, en variant convenablement l'expérience. Cette perte peut d'aillleur» être directement indiquée en reliant le fil à la plaque de terre. U est évident que si un courant est alors accusé par le galvanomètre, il ne peut provenir que d'un défaut dans Tisolement du fil) puisque la résistance de l'amorce est

APPUCATIONS CÀLORinQUES DE LËLEGTRICITE. 609

lans ee cm asaei considérable pour empêcher la propagation du courant [ui pourrait se développer entre les deux plaques de terre.

Mittlères explosibles employées dans le eharf^iiient les torpilles. ^ La poudre à canon avait été employée dans l'origine m chargement des torpilles, mais sou usago tend à se restreindre de plus 91 plus, et cède aujourd'hui la place aux dynamites et surtout aux pyroxyles, pii offrent plusieurs avantages dont le plus précieux est de présenter une miasance destructive trois ou quatre fois supérieure. Parmi ces dernières ubstsnoes, le fulmi-coton est surtout remarquable par la propriété qu'il KMiède de conserver son pouvoir explosif quand, après avoir été comprimé, l est associé à une certaine quentitc d'eau. Pour le faire alors détonner, il nffit seulement d'adjoindre à Tamorce une petite quantité de fùlmi-coton leCf variable avec le degré d'humidité de la charge, mais ne dépasFsnt pas ai général quelques centaines de grammes; il fout par exemple que ia ftilmi-coton soc soit en bon contact avec le fulmi-coton humide et 'amorce (1).

(1) Parmi les dispositions que Ton peut employer dans ce but, MM. Champion, ^^t et Grenier indiquent la suivante, qui paratt présenter le plus de garanties.

On prend un cylindre de coton-poudre comprimé sec, d'un poids de 200 grammes QTîron, et on Tintroduit dans une botte de fer blanc de même forme et goudronnée i riotérieur* Le couvercle du même métal qui recouvre exactement la boite avec ermeture à baïonnette, porte une ouverture circulaire servant à Tintroduction de 'amorce et munie d'une virole taraudée. Le tube en cuivre de Tanorce porte une irole aoalogu*; surmontée d'une plaque de cuivre en forme d'écrou, laquelle plaque tt destinée à faire serrage sur une rondelle de caoutchouc interposée entre la lolte et la plaque de cuivre. On agrandit d'avance, au moyen d'une lime, le trou entrai du disque de coton-poudre destiné à recevoir l'amorce, et l'on ferme avec IB boachon de liège l'ouverture de la botte qu'on recouvre ensuite de peinture au niolum. Lorsqu'on veut placer la cartouche porte-amorce dans la torpille, il sufllt feolever le bouchon et de le remplacer par l'amorce qu'on visse à refus. On a donc inii sous la main tous les appareils nécessaires pour le chargement rapide d'une orpille.

Abel avait indiqué un poids de 200 grammes de coton-poudre sec comme suffisant oar déterminer l'explosion du coton humide; mais dans de récentes expériences lites en Angleterre, ce poids a dû être porté à 2 livres anglaises environ. Les alises de cette différence sont difficiles à apprécier, mais il y a lieu de tenir compte • rétat d'humidité du coton et de la nature de l'enveloppe de la cartouche, et n ne doit pas oublier que, dans le cas d'explosion du coton humide sous l'innence d'une cartouche de coton sec, ce dernier agit à la manière d'une annorce.

Une chose assez curieuse, c'est que le coton-poudre comprimé qui détonne, étant umidifié et même mouillé avec de l'eau douce ne peut produire cet effet quand il st mouillé avec de l'eau de mer; de sorte que si on emploie du tulmi-eoton Kmillé pour la charge dune torpille, il faut que celle-ci soit aasti étanclie qae d le abni-cotoQ était sec.

•10 APPUGATIONS CALORIFIQUES DE L*ÉLBCTRICITÉ.

C*est toujours à Tétai humide que le fulmi-coton comprimé est employé au chargement des torpilles, et Ton conçoit quel accroissement de sécurité il donne dans le service de la défense des côtes et surtout dans celui des navires de guerre.

Les effets des matières explosives augmentent, toutes choses égales d*ailleurs, avec la profondeur do leur immersion, jusqu'à une certaine limite au-delà de laquelle leur utilisation totale reste à peu près stationnaire. Cette limite recule lorsque s'accroît la cliarge explosive. Pour les charges restreintes, la poudre à canon exige un bourrage représenté par une hauteur d'eau d^environ 3 mètres» tandis qu'à partir d'une profondeur d'un mètre, le fulmi-coton est dans de bonnes conditions de rendement, Du reste, lei effets, le mode d'action et les charges employées sont très-différents, suivant que la torpille est destinée à agir au contact théorique, au contact fit-

tique et à distance.

Au contact théorique, c*està dire lorsque l'explosion est produite direct» ment contre l'objet que Ton veut avarier, il suffit d'une très-fàible chaip pour produire un très-grand effet; une trentaine de kilog. de poudre à canon, une dizainç de fulmi-coton crèvent les plus solides muraillei cuirassées actuellement à flot; maïs au contact pratiqua, c'est-à-dire à une distance d'un mètre, la charge doit èlre portée à une cinquantaine de kilog. de fulmi-coton pour provoquer une avarie du même ordre. Enlin,» distance, comme dans le ^.as des torpilles placées sur le fond, à une trentaine de mètres de profondeur d'eau, par exemple, une charge de i'iOO kilog. de fulmi-coton deviendrait nécessaire pour produire des effets qui ne seraient encore que d'une étendue assez restreinte à la surface. Avec ce genre de torpilles, il faut pour ainsi dire que l'ennemi se trouve sur la verticale de la mine sous- marine. Par une compensation fâcheuse, mais logique, puisque le sens vertical est évidemment le sens de moindre résistance, l'explosion de ces engins exerce dos réactions de choc de compression de plus en \ihiS puissaulos, a mesure qu'on s éloigne do la surface; de sorte que des objew placés sur le fond ou dans le voisinage, môme à des distances considérables du lieu d'explosion, peuvent y être disloqués ou écrasés, presqu'au monaeiil môme do l'explosion, par les énormes pressions instantanées transmises par l'eau sur chaque élément de leur surface extérieure.

DeH dlfTérentefi eMpèce» de topplllea employée». — l^ torpilles que l'on peut employer dans la marine peuvent être disposât?» *'< bien des manières suivant les effets qu'elles sont appelées à fournir. On peut d'abord les repartir en doux grandes divisions : les torpilles fixes ou délensives et les torpilles mobiles ou offensives. Les premières comprennent

APPUCATIONS CALORIFIQUES DE LÉLECTRICITÉ. 611

4 catégories : les torpilles de fond, les torpilles mouillées, les torpilles vigilantes et les torpilles en chapelets. Les secondes comprennent autant de catégories auxquelles appartiennent : les torpilles portées, les torpilles remorquées, les torpilles projetées, et les torpilles automobiles. Chacune de ces catégories, à son tour, comprend un certain nombre de types dans le détail desquels il nous est impossible d^entrer. car nous nous trouverions entraînés beaucoup plus loin que ne le comporte un ouvrage aussi général que le nôtre.

Torpilles de fond et mouillées. — Les torpilles de fond et les torpilles mouillées sont destinées à barrer les passes que la défense a intérêt k conserver libres pour le passage de ses propres vaisseaux ou des navires alliés. Celles dites mouillées ou entre-deux-eaux sont employées de préférence pour les profondeurs d^eau considérables. Dans ce système, les torpilles sont placées en travers de la passe, et des moyens de pointage appropriés aux localités, doivent permettre aux défenseurs d'effectuer le tir de chaque torpille ou de chaque groupe de torpilles, au moment où les navires ennemis pénètrent dans leur champ d'action.

Torpillr^s Tif^ilantes. — - Comme il peut arriver, soit à cause de la Aimée du canon, soit par les temps de brume, soit pendant la nuit, qu'on M puisse apercevoir les vaisseaux ennemis, on a imaginé d'adapter aux torpilles précédentes im organe vigilant de contact qui, étant mis en action ptr suite du mouvement qui leur est donné quand elles sont rencontrées par un navire ennemi, met en branle une sonnerie placée au poste d'observation, ou réagit sur un relais disposé de manière à envoyer automatiquement le courant de mise à feu à travers l'amorce électrique de la torpille, et k en déterminer Texplosion. Le dispositif employé pour obtenir ce double résultat est différent suivant les conditions de Tamorce et suivant qu'on emploie un ou deux conducteurs. Quand Tamorce permet inpuncment renvoi d'un faible coiuant voltaïque, on peut rendre la torpille électroautomatique au moyen d'un seul fil, en faisant réagir le relais à circuit fermé. Le choc produit sur la torpille, détermine alors la disjonction du eireoit, et» par suite, une action du relais qui lance le courant de mise à feu aoiBÎtdt que le premier courant ne circule plus. Quand Tamorce ne permet pas le passage habituel d'un courant, il faut alors deux conducteurs partant de l'observatoire, lun aboutissant à l'organe vigilant quicorrespond au circuit fermé, l'autre au circuit de la mise à feu.

Lea torpilles dont il vient d'être question sont maintenues par une ou plusieurs chaînes ou amarres aboutissant à des ancres placées sur le fond,

La qfslhiie précédent n'étant pas exempt d'inconvénients pratiques, et

étant à peu près inapplicable aux rades où la marée &it varier le niveaa de Teau, on a voulu s^affranchir de tout dispositif entre deux eaux, et on i cherché à placer Torgane vigilant au sein même de la torpille, ce qui i conduit forcément à utiliser les réactions magnétiques. Mais ce système, qui ne peut fonctionner qu*avec les navires blindés, est loin de founiir des résultats parliaitement certains.

Torpilles de contact Tlf^lantes. — Ces torpilles qui prodaisent, comme on Ta vu, les résultats les plus importants, doivent être employées de préférence à toutes autres quand cela est possible, et dles peuvent être rendues électro-automatiques, lorsque leur conducteur aboutit à on poste à terre, où se trouvent la pile vigilante, le relais etl'électro-moteurde mise à feu. Si elles n'ont pas de conducteurs, elles peuvent être rendues ilectro-automatiques, en faisant en sorte que le choc produit sur elles pir la carène du navire ennemi, ait pour fonction de fermer le circuit d'un électro-moteur de mise à feu, placé soit dans la chambre ^ air de la torpille, soit dans le crapaud qui sert d'ancre à la torpille. Pour obtenir cette ferme' ture de circuit, on emploie le plus souvent une sphère métallique qui repose «n temps ordinaire au fond d'une cuvette isolée adaptée à l'intérieur de la torpille, et qui se trouvant déplacée vers les bords de cette cuvette quand la torpille reçoit un choc prolongé, vient se mettre en contact avec deux bandes métalliques parallèles circonscrivant les bords de la cuvette et correspondant aux deux bouts disjoints du circuit. Il est, toutefois, beaucoup d'autres moyens de résoudre le problème, et chacun a ses partisans et ses détracteurs; ainsi on peut obtenir la fermeture en question au moyen d'une tige métallique disposée comme un pendule et dont les oscillations peuvent entraîner des iermetures de circuit sur des contacts disposés en couronne. On peut encore utiliser à cet effet les mouvements d'uu poids conique sollicité à s'élever par un ressort à boudin et qui s'affaisse sur un interrupteur de courant au moment du choc.

Comme le plus souvent, les torpilles sont disposées en dérivation sur le circuit en rapport avec Télectro-motcur, il arriverait souvent qu'une des torpilles ayant fait explosion, une dérivation peu résistante serait introduite dans le système, et diminuerait Taction de l 'électro-moteur sur les autres torpilles. Pour éviter cet inconvénient, on emploie ce que Ton appelle des brise-circuits dont la disposition a été très-variée. Le dispositif le plus simple consiste à interposer, après le branchement et dans chacun des circuits particuliers, une sorte d'amorce à (il fin sans poudre inflammable, logée dans un joint étanche. Cette amorce étant un peu moins sensible ([ue l'amorce de mise à feu, brûle à la suite de celle-ci, et isole de Teau de mer

la partie du conducteur en rapport avec le circuit des autres torpilles. On a encore proposé, pour obtenir le même résultat, d'introduire dans chaque branchement un relais disjoncteur à détente convenablement isolé pour effectuer électro-magnétiquement Teffet précédent.

Les brise-circuits sont encore employés lorsqu*on a sujet de craindre le fonctionnement des ferme-circuits des torpilles sous Faction de l'explosion éventuelle de leurs voisines. Alors leur fonction consiste à isoler de l'électro-moteur les circuits de celles des torpilles qui sont les plus rapprochées les unes des autres, et il n'y a alors que les ferme-circuits des torpilles les plus éloignées qui se maintiennent en communication électrique. Ce sont toujours des électro-aimants installés dans des postes d'observation qui, sous Faction du courant de mise à feu ou d'un courant vigilant, déterminent cet effet.

Torpilles en chapelet non dissimulées. — liOrsque les ports qu*U s'agit de défendre ont une marée» des torpilles de contact disposées pour être efficaces à mer basse pourraient laisser passer impunément à mer haute des navires du plus grand tirant d'eau. Pour résoudre cette difficulté, on a cherché à donner au câble qui retient l'engin à son crapaud, la longueur nécessaire pour que la torpilles soit à Timmersion convenable à mer haute. La flottabilité n'est plus alors demandée à la torpille, mais à une bouée qui, restant toujours à la surface, soutient la torpille à l'immersion utile et porte l'organe automatique s'il y a lieu. Quelquefois des torpilles semblables sont réunies par le même conducteur de manière à former un tout auquel on donne le nom de chapelet. Ce système est loin d*ètre exempt de reproches, et la meilleure solution serait peut-être la disposition suivante.

Les câbles de tenue de ces torpilles seraient de forts tuyaux flexibles, en communication à leur partie inférieure avec un tuyau commun allant à terre. La partie supérieure aboutirait à un réser\'oir étanche à parois flexibles» protégé par une carcasse métallique non étanche. Le tuyau eommun amènerait d*un réservoir à terre, l'air qui y serait maintenu par des pompes compressives à ime pression convenable malgré les dépenses du groupe.

Le réservoir flexible de la torpille porterait une soupape d'introduction et une soupape d'évacuation dont le jeu serait réglé par un organe hydrostatique. La soupape d'introduction serait fermée et celle d'évacuation ouverte lorsque l'organe hydrostatique éprouverait une pression plus petite que eeile qui aurait été réglée, c'est-à-dire dès que l'immersion serait devenue trop bible. Au contraire, la soupape d'introduction serait ouverte et celle

614 APPLICATIONS CALORinQUES DE L*ÉLECTB1CITË.

d'évacuation fermée automatiquement^ si l'immersion dépassait ceQe qui aurait été réglée.

Enfin un dispositif convenable assurerait l'obturation de la communiation d'air comprimé au tuyau commun pour toute torpille qui aurait îkX explosion.^

Cette torpille devrait être èîectrfhautomatique, et de plus, pendant li période d'essai, elle serait munie de plusieurs dispositif électriques destinés à constater les écarts d'immersion. Chacun de ces disposittlii de contrôle se composerait d'im circuit indépendant avec son ferme-circuit hydrostatique» dont le ressort serait réglé pour permettre la circulation du courant à partir d*une pression d'immersion donnée. La fermeture de eei circuits de contrôle déterminerait à terre le contact d'autant de pointée traçantes sur un cylindre enregistreur» et cela pendant tout le temps des fermetures correspondantes.

Torpilles portées.— On désigne ainsi les torpilles, qui étant teaues au bout d'une tige saillante à l'extérieur des navires ou des canots, doivent, au moment d'utiliser cette arme, se trouver pour ainsi dire toucher U muraille du bâtiment ennemi. Dans ces conditions» la torpille se trouie éloij^nèe au plus d'une dizaine de mètres de l'assaillant; mais pour qu'elle puisse produire l'effet qu'on en attend, il faut, en raison^de la forme fuyanU^ des carènes des navires, qu'elle se trouve immergée avant le moment du choc ainsi que la tige ou hampe qui la porte, et que son explosion dépende du choc produit sur elle au contact du navire ennemi. Pour résoudre ce double problème, il a tallu employer des tiges d'une grande force et des torpilles très-résistantes, avec un système d'inflammation automatique analogue à celui dont il a été déjà question pour les torpilles vigilantes et qui met à contribution des fermes-circuits ou conjoncteurs dont U disposition devient facile dans ce cas.

On emploie pour mettre le feu à ces torpilles, des amorces de quantité et des piles du genre Leclanché ; le circuit met alors à contribution deux Als. Quelquefois un troisième iil relie directement la seconde branche de l'amorce à l'électro- moteur afin de permettre à Topérateur de provoquer électriquement Tcxplosiou dans le cas où, |par une cause accidentelle, le conjoncteur ne fonctionnerait pas au choc. Cette dernière disposition n'est généralement pas approuvée par les marins, car ils regardent le système automatique comme étant à peu près immanquable, et en confiant à l'opérateur le soin de l'explosion, il arriverait le plus souvent que rinflaoi* mation serait effectuée avant le moment du choc et par conséquent daos de mauvaises conditions.

Les torpilles dont nous parlons sont le plus souvent portées à Tarant et k Parrière du navire, mais Ton préfère le port à Tavant malgré les chances d'abordage qui peuvent en rébulter (i), parce que la manœuvre, pour amener les torpilles au contact du navire ennemi, est plus facile.

Les dispositifs que nous venons de passer en revue ont, en outre des effets plus énergiques que les torpilles peuvent alors produire, l'avantage de tenir la charge immergée et à 1 abri jusqu'au dernier moment ; mais ils nécessitent des installations spéciales et très*résistantes, qui ne peuvent l'improviser pour les grandes vitesses. Au contraire, si on renonce au |>récieux avantage d'avoir la charge à Tabri, et si l'on admet l'emploi de >lii8 fortes charges, on peut ne laisser couler la torpille le long du vaisseau snnemi qu'à Tinstant où elle le touche, ce qui n'entraîne qu'un dispositif 'aciie à organiser à tout moment sur un navire quelconque. Il suffit, en ïBet, de suspendre la torpille à l'extrémité d'un foible espars soutenu tu-dessus de l'eau et saillant dans la direction qui paraîtra préférable, lirection qu'il sera d'ailleurs toujours facile de modifier. Dans un tel •ystèoie, on peut, sans inconvénient, mettre le feu électriquement et à volonté, parce que le dispositif est jusqu'à la fin sous les yeux de Topéraeur. La torpille est alors reliée au navire par un conducteur disposé de açon à n'exercer aucune traction pendant le court délai qu'on laissera iprèsla chute, pour donner le temps à Tengin d'atteindre une profondeur onvenable. Pour plus de sûreté, on peut même suspendre la torpille à un iorps léger tenant lieu de bouée; le tout étant jeté à la mer, la charge vient iraplomb de sa bouée, et en mettant Télectro- moteur en action un moment kprès la chute, on est sûr de ne pas risquer de dépasser l'immersion xrévue.

Torpilles remorquées. — Gomme le mot l'indique, ces torpilles tout traînées par le navire en marche à l'aide d'une remorque recouverte l'une armature de fils de fer ou mieux d'acier, supportant de fbrtes trac-

(1) Ces chances d*abordag6 ne sont pas du reste très à craindre, car U résulte Iq cofitre-coup de Texplosion une réaction hydro dynamique qui ralentit forcément i TÎteisa du bateau. Les navires destinés à ce genre d'attaque ont été d'ailleurs lisposés d'une manière spéciale; ils n'ont guère qu'une vingtaine de mètres de )ngueur, et leur avant est défendu par une cloison étanche transvev'sale ; ils sont Qostruits en t6Ie d'acier à l'épreuve seulement de la balle de fusil, mais pour mpteber que des projectiles plus gros tels que des balles de mitrailleuses déterdneiil des iroies d'eau, on garnit les plaques de tôle de plaques de caoutchouc ulcanisé. Dans ces conditions, le trou ayant été fait par la balle, ne subsiste qu*à mvers la plaque métallique, et celui pratiqué dans le caoutchouc te trOuire à peu •es bouché par tuits de raztréme élasticité de cette substance.

616 APPLICATIONS CALORinQUES DE LÊLECTRiaTfi.

tions. L'armature entoure le conducteur de cuivre (isolé en caoutchouc) qui relie i'ëlectro-moteur du bord à la torpille, laquelle est fixée à un flotteur. L*électro-moteur est alors une pile Leclanché.

La disposition du flotteur varie suivant que la torpille doit protéger rarrière ou les flancs du navire. Les torpilles défendant Parrière sont <ks torpilles de traîne, et elles deviennent divergentes lorsque le flotteur €ct attaché à leur remorque par deux, trois ou quatre liens (dits pattes d'oie), de façon à supporter obliquement la résistance de Teau lorsqu'il est traioè par la remorque.

Dans ce cas, le flotteur tend sa remorque en s'écartant du navire reoK»^ queur, et va chercher vivement sa position d'équilibre dynamique, située à environ 45^ de la direction de Tarrière, si les proportions des pattes d*oie sont bien choisies.

Dans Tun des types, la torpille proprement dite (contenant une charge explosive d'environ 15 kilog. de fulmi-coton) est placée k poste fixe pour rimmersion utile ; elle est tenue à la partie antérieure d'une tige horijontale reliée au corps du flotteur par des tiges verticales, et un ferwu-tirmi fonctionnant au choc existe soit à Tavant de la torpille, soit à celui du flotteur, soit en ces deux points à la fois.

Comme avec de grandes vites:ses la stabilité de la navigation de ces flotteurs se trouve facilement compntmise, on a essayé divers systèmes ayant pour effet de maintenir repliées, jusqu'au dernier moment, les torpilles et les tiges qui les supportent, et de les faire entrer dans une ca\ité au-dessous du flotteur, pour ne les laisser se déployer que sous l'action du choc de la partie antérieure contre la carène attaciuùe. Deux ferme-circuits ou conjoncteurs commandent alors la mise à feu, l'un fonctionnant par le choc de l'avant de la torpille, l'autre étant mis en action quand les tiges ont atteint un développement correspondant à la bonne immersion de la torpille. Les torpilles de tous ces flotteurs sont électro-automatiques.

Le dispositif auquel on a eu recours pour les torpilles divergentes de contact pratique est analogue à celui des torpilles portées de contact pratique; ainsi cette torpille est logée dans une cavité à l'avant du flotteur, et le choc a pour effet de la rendre libre et de la laisser couler ; elle est alors munie d'un ferme-circuit hydrostatique. Cette torpille, en tombant, reste liée électriquement au conducteurde la remorque par un petit fil qui se déploie librement du côté de l'engin et du côté de la remorque, laquelle, pour échapper aux brusques tractions qui suivent l'attaque, abandonne également le flotteur par le jeu de verrous actionnés par le choc de Tengin. Ce genre de torpilles électro-automatiques entraîne naturellement remploi de

APPUGATIONS CALORIFIQUES DE L ËLECTRICITË. 617

charges plus considérables que celles de contact théorique; elles sont en général de 40 à 50 kilog. de fulmi-coton.

Au point de vue de la tactique, les torpilles paraissent appelées à rendre certains services. Tenues en laisse^ c*est-à-dire mises à Teau d'avance avec toute la longueur de remorque qui sépare Tarriëre du navire de son avant, et attachées prés de Tarriëre du navire par une corde supprimée au moment voulu, elles peuvent, dans une mêlée, être lâchées à propos en passant trèsprès d*un navire ennemi. Elles ont alors de grandes chances de le choquer, dans les meilleurs conditions, pendant le rapide mouvement de divergence; mais en dehors de cette circonstance, elles sont faciles à éviter.

£n général, on doit plutôt considérer les torpilles divergentes comme des armes défensives propres à protéger les flancs ou Tarriëre d*un navire, ou à rendre périlleuse rentrée des créneaux ou passes qui séparent les bâtiments d'une escadre naviguant par le travers les uns des autres, (ce que Ton appelle faire route en ordre de front).

Torpilles en cliapelets. — U existe encore pour Tattaquc, une disposition de torpilles en chapelet qui est analogue, d'ailleurs, à celle des torpilles du même genre employées pour la défense. Ces torpilles sont remorquées par des embarcations à vapeur pour être placées en travers d'une passe dont on veut défendre rentrée, ou pour l'attaque des navires au mouillage ; mais les avantages qu elles peuvent présenter sont trèscon testés.

Torpilles profetées. — Depuis quelques années, les recherches commencent à se diriger vers des solutions qui permettraient de lancer les torpilles avec des bouches à feu, à peu près comme les porte-amarres de sauvetage. Il est certain que parmi les défauts des engins dont nous avons parié jusqu'ici, se place en première ligne celui de ne pouvoir être utilisés qu'à bout portant ou à très-petite distance de Tennemi. Malheureusement, les essais tentés jusqu'ici n*ont été guère satisfaisants; mais on croit qu'en ne cherchant pas k réaliser une trop grande vitesse initiale, et en se bornant à conserver le tir de plein fouet qui soûl peut fournir la justesse et la focilité de pointage indispensables à cette application, on pourra réussir. La torpille resterait alors reliée à Topérateur par un fil conducteur entraîné par l'engin, lequel serait muni d'un ferme circuit hydrostatique, ce qui en ferait alors im torpille éUetro-automalique. Des essais sont activement poursuivis dans cette voie par Tune des puissances belligérantes, au moment ou nous écrivons ces lignes.

Torpilles aotooaobUes. — Ces torpilles sont en général des bateaux sans 'équipage destinés à ôtre manœuvres de loin. Les charges

ei8 APPLICATIONS CALORIFIQUES DE LÊLECTRiaTÉ.

qu'ils contiennent doivent nécessairement être mises à feu par des diipositifs automatiques agissant au choc, puisqu^il est impossible à l^opénteur d'apprécier de loin le moment du contact contre la carène ennemie. Les torpilles automobiles essayées jusqu'ici sont flottantes à fleur d*eau et électW'magnétoautomatiqius; elles sont dirigées électriquement de terre ou d'un navire, et un conducteur isolé à âmes multiples se déroule d*uo touret établi dans la torpille.

Dans la solution la mieux réussie (le système Lay), un dispositif interoa électro-magnétique actionne les robinets d'un moteur à acide carbonique liiiuéfié, et permet de faire mouvoir ou de stopper le propulseur, qui est une hélice ordinaire, tout en dirigeant la barre du gouvernail. Un compartiment renferme la matière explosive à la partie antérieure de ce bateaoi et celui-ci qui est en tôle, et presque cylindrique, est pointu aux deux bouts. La longueur totale est d'une dizaine de mètres. Comme ce baieta est presque complètement immergé, deux tiges verticales servent à eo donner la direction, et la nuit, ces tiges portent deux fknaux n*éclairtnt que vers Tamère. L'emploi de ce genre de torpilles ne 8*est pas généralisé à cause de la difliculté de bien apprécier la direction à leur donner, et parce qu'on n'a jamais pu leur faire attciiulre une vitesse sufflsante.

D'autres solutions tros-in^'éniouses aussi comme combinaisons électromagnétiques actionnant diverses forces motrices, ont donné des résultats militaires encore nioiiis satisfaisants. A moins de surprise complète d'un navire à Tancre ou d'attaque d'un bîktiment dont la machine ne fonctionne plus, il semble qu'il sera toujours facile d'échapper à un assaillant aussi grand, aussi peu rapide et manœuvrant si mal.

On a encore combiné d'autres systèmes de torpilles automobiles d'une application plus facile, et parmi eux, nous citerons celui de M. Kricson, et celui de M. W hitehead, constructeur autrichien à Fiume; mais comme ces torpilles n'ont rien d'électrique, nous ne nous y arrêterons pas. Nous dirons seulement que les torpilles du système Whilehead sont trèsappréciées, (fue depuis plusie\irs années pres(]ue toutes les puissances maritimes ont acquis le droit de les employer, et qu'elles i)araissent cire les plus efficaces pour agir à distance.

m. APPLICATION A L'INFLAMMATION DES GAZ.

Depuis la découverte de la bouteille de Leyde, on a bien souvent appliqué rétincelle électri(iue à rinflammation des gaz inflammables et autres substances comhust.bles; mais les applications utiles de ce genre de réactions électriques n'ont été combinées que depuis fort peu de temps. Nous

allons passer en revue quelques-unes de ces applications; mais nous ferons observer, tout d*abord, qu'entre l'expérience en elle-même et ses applications, il y a tout un monde.

Procédés d'allumaf^e ù, distance d*un bec de f^az. — Il y a

vingt-quatre ans, M. Liais et moi, cherchant le moyen d'allumer à distance la mire de nuit de l'Observatoire de Paris, avons été conduits à combiner un système fort simple d'allumage électrique pour le gaz, qui a été appliqué depuis en beaucoup d'autres circonstances, comme nous allons le voir à rinstant. Voici commentée décrivais ce procédé, dans le 2*^ volume, p. 208, de la première édition de cet ouvrage, publié en 1854 :

t Cette mire (la mire de TObservatoire établie suivant le nouveau « système) n'est autre chose qu'un bec de gaz établi à Textiémité d'un màt <« et renfermé dans une espèce de lanterne disposée à cet effet. A travers t cette lanterne, et précisément au-dessus du bec de gaz se trouvent fixés, « à une très-petite distance l'un de l'autre, deux hls de platine suffisamment « isolés et en communication avec deux fils recouverts de gutta-ptrcha, « Ces fils aboutissent à Yappareil de Ruhmkorff placé dans la salle des « observations, et cet appareil marche sous rinfiuence d'une machine de « Clarke. Enfin le robinet du tuyau pour le gaz est placé également dans la « salie des observations^ desorte que, sans bouger dé celte salles on peut faire M arriver en temps voulu le gaz à Cexlrèmité du mat et Vallumer en tour* t nant la machine, n

Depuis cette première application, on a eu souvent l'idée d'en mettre à contribution le principe pour allumer les becs de gaz des théâtres et des établissements publics et industriels; mais, en France, ce n'a guère été qu'à l'allumage des becs de gaz de la salle des séances de la chambre des députés que ce système a été appliqué définitivement et d*une manière pratique. Les becs de gaz de la rampe de la scène du grand Opéra sont cependant allumés de cette manière, et on voulait appliquer ce système à l'allumage des berses et du grand lustre, mais on a encore ajourné cette dernière partie du projet. Dans d'autres pays ces moyens sont plus employés. Il y a Londres plusieurs salles publiques ainsi allumées, et les journaux annonçaient dernièrement qu'à La Providence, en Amérique, Téclairage public des rues et des édifices ne mettait pas à contribution d'autre moyen d'allumage.

Syatême de M. A. GailTe. — L'importance de l'application qu*a ftùte M. Gaiffe de Tallumage électrique aux appareils d'éclairage de la salle des séances de l'Assemblée législative à Versailles, se comprend aisément si Ton réfléchit que le temps nécessaire à l'allumage de tous les becs ^au

628 APPUCATIOi^S CALORIFIQUES DE L*ÉLECTRiaTÊ«

Cette application de l^allumage électrique aux appareils d'éclairage d*uM enceinte plus ou moins grande avait été déjà faite, nous devons le dire, en Amérique et en Angleterre, mais les conditions de l'installation étaient beaucoup plus faciles, puisque les appareils lumineux se trouvaient disposés en conséquence. A Versailles les centres lumineux sont trèa-éloignés les mis des autres, et le feu ne pouvait se communiquer de l'un à l'autre comme dans les systèmes auxquels nous faisons allusion.

Système de M. Dronier. — Ce système, appliqué à l'alluoiage des becs de la rampe du grand Opéra, est fondé à peu près sur le même principe que le précédent, seulement comme les becs de cette rampe sont circulaires et d'une disposition toute particulière, le système inflammateor a dû être combiné d'une manière un peu différente.

Pour éviter les dangers d'incendie résultant de la flamme des becs de gaz qui illuminent le devant de la scène dans les théâtres, dangers qui malheureusement ont montré plus d'une fois leurs effets désastreux dins les pièces à ballets, M. le Gocq chargé de l'éclairage du grand Opéra a imaginé un système de bec dont la flamme, au lieu de brûler de bas en haut, brûle de haut en bas, ce qui a permis de boucher supérieurement les verres au sein desquels se développe cette flamme. Dans ces conditions, le gaz arrive au bec par le capuchon qui produit cette fermeture, et il y pénètre par un anneau cylindrique fermé, dont Tune des bases est percée circuliirement d'une quantité de petits trous par lesquels le gaz se dégage. Pour alimenter la tlamme, luir arrive dans les tubes de verre par l'ouverture cylindrique qui existe au centre de l'anneau dont nous venons de parler et par un conduit également cylindrique qui enveloppe extérieurement ranncau, lequel conduit étant percé de trous, se trouve mis en rapport comine le conduit central avec l'air extérieur. Une enveloppe de cuivre à reboni permet d'ailleurs de fixer le système sur le verre, et d'y adapter un petit capuchon en verre qui recouvre le tout tout en laissant pénétrer l'air par une bordure dentelée. Or, c'étaient ces becs qu'il s'agissait d'allumer électriquement, car avec ces capuchons, l'allumage ne pouvait se faire à iii manière ordinaire, et quand un ou plusieurs becs seraient venus à s'éteindre, il aurait été diilicile de les rallumer, puisque les feux de la rampe étant alors fixes, il aurait fallu aller sur la scène pour procéder à ce rallumage.

Pour obtenir dans ces conditions l'allumage électrique, M. Dronier a établi dans le tube central et près des parois de l'anneau cylindrique paf lequel s'échappe le gaz dans chaque bec, un excitateur constitué par deux sortes de baguettes de \Vollaston adaptées sur le fond de l'anneau cylin*

APPLICATIONS CALORIFIQUES DE LÉLECTRiaTÈ. 623

drique (du côté opposé aux trous du bec) par Tintormédiaire d*une plateforme de cuivre. Les bouts des fils de ces baguettes sont légèrement recourbés l'un vers Fautre et taillés en biseau, laissant entre eux un interiralie de i millimètre à peu près, et les deux autres bouts, après avoir traversé Tenveloppe de verre du capuchon, vont se brancher sur le circuit au moyen d'une dérivation particulière à chaque bec.

M. Dronier voulant agir avec une foible force électrique, a employé pour l'allumage de ce système un moyen analogue à celui que j'avais employé pour les mines; tous les becs de la rampe sont répartis en sections comprenant 10 becs; un fil unique partant de Tappareil d'induction est relié à Tun des fils de chacun de ces becs, et le second fil aboutit directement à un commutateur circulaire à manette pourvu de 10 contacts. Si la manette est en rapport avec le second pôle de l'appareil d'induction, on comprend de suite qu'il suffira de tourner cette manette autour du commutateur pour enflammer successivement les différents becs de la série, et en répétant la même opération pour les commutateurs des autres séries, on altmne assez promptcment tous les becs. Ce système fonctionne si bien qu'on avait pensé un instant à l'appliquer à Tallumage des herses et des feux des coulisses, ainsi qu'aux becs du grand lustre qui, dans le système actuoi, exigent près de trois quarts d'heure pour être allumés; mais on a reculé devant des frais d'installation qui aunient pourtant été couverts et bien au-delà en peu de temps. Espérons cependant que ce n'est qu'une entreprise ajournée.

Système de M. Leclanebé. — L'allumoir de M. Leclanché a été la conséquence d'un perfectionnement apporté à sa pile et qui Ta rendue propre à fournir de l'électricité en quantité suffisante pour faire rougir un fil de platine, ^ans que ses dimensions et les liquides qui la composent aient été changés. Dans ces conditions, l'allumage des becs de gaz d'une 'maison devient tout à fait facile et pratique, puisque cette pile, comme on le sait, reste des années chargée sans qu'on s'en occupe.

Pour obtenir de l'électricité de quantité avec une pile qui a une force électro^motrice un peu grande, il suffit de diminuer sa résistance intérieure, et on peut y arriver, soit en augmentant la surface de ses électrodes polaires, soit en les rapprochant l'une de l'autre, soit en rendant meilleurs conducteurs ses éléments constituants. C'est à ce dernier moyen que M. Leclanché a eu recours pour obtenir, avec sa pile, des effets calorifiques. Le peroxyde de manganèse et le charbon de cornue à l'état solide et cristallisé sont très-bons conducteurs, mais à l'état pulvérulent, ils le sont fort pntete eor résistance, avec la disposition primitive des piles Leclanché, était.

encore augmentée de celle du vase poreux. Il pensa alors, pour diminuer cette résistance, à supprimer ce vase poreux et à agglomérer son mélange pulvérulent sous une pression assez forte pour lui donner en quelque sorte une conduclibilité métallique. Après bien des Atonnements, il y est panreaa de la manière la plus satisfaisante, en prenant pour agglomérant da goudron, en purifiant ses matières pulvérulentes des caiixuiates alcalins qu'elles pouvaient contenir, et en faisant dissoudre les oxychlorures isolants introduits à la longue dans les pores de Taggloméré, au moyen d*un petit cylindre de bi-sulfhte de soude logé dans sa partie centrale et fusant corps avec lui. Dans ces conditions, un petit élément Leclanché, rougit assez un iil de platine de 1/20 de millimètre pour enflammer un bec de gas, et son action a pu durer plus de deux ans et demi, en ne s'en servant qu% de rares intervalles.

Ije système d*allumage électrique imaginé par M. Ijeclanchè peut être combiné de deux manières, soit pour allumer un bec de gaz disposé à un endroit fixe dans un appartement, pour Tallumage des bougies des cigares et autres objets combustibles, soit pour fournir directement rallumage des becs éclairants d'un appartement. Dans ce dernier cas, le système est tièssimple et consiste uniquement dans une sorte d'amorce électrique de çiiastité enveloppée dans une ampoule de verre où deux ouvertures sont méni* gées. Cette amorce pend au bout des fils de communication qu^on choisit alors flexibles, afin de permettre de déplacer facilement Tamorce et de la porter à la main au-dessus du bec de gaz à allumer. Il y a dans ce cas autant d'allumoirs que de becs de gaz, et pour en produire Tallumage, il suffît, au moment où Ton place Tamorce au-dessus du bec, d*appuyer sur un interrupteur de courant (un simple bouton de sonnerie). Le fil de platine de Famorce rougit alors, et enflamme le gaz comme dans les systèmes précédents. Le fil de platine adopté par M. Leclanché a un vingtième de millimètre environ de diamètre, et est tourné en spirale afin de se prêter à Teffet citalilique de l'hydrogène sur le platine.

Pour l'autre système, M. Leclanché a combiné un dispositif particulier que nous représentons fig. 159. C'est un bec de gaz adapté à un petit appareil qui permet, au moment où Ton ouvre le bec, de fermer momentanément le courant à travers Tallumoir qui n'est d'ailleurs autre que le précédent. Ce bec est relié aux tuyaux de distribution du gaz par un tube de caoutchouc. Pour obtenir l'allumage, la clef du robinet du bec de gai est munie d'un manche F et d'une tige à frotteur Pqui peut en passant sur un long contact circulaire C, déterminer une fermeture de courant qui cesse aussitôt que le manche M a pris la position horizontale ou verticale. Cette

APPUCATIOKS CALORIFIQUES DE L'ËLECTRiaTË. 6»

clef Mt en outre munie d'uu ressort spiral qui tend à la bîre tourner pour liB bire prendre la position verticale, et d'une dent qui, en s'enclanchant sur une pièce articulée D, la maintient dans la position horizontale aussitôt qu'on l'j a conduite. Les deux pôles de la pile communiquent, par les deux boutons que l'on voit au-dessous de l'appareil, aux deux tij^es L,L', auxquelles mi attachée la spirale de platine G G' de rallumoir, et le gaz sortant par rouTCrture B se trouve allumé aiissilôt que le frotteur P vient à passer sur le contact C. Pour éteindre le bec il suffit d'abaisser le levier D qui, en dégageant la clef, lui permet de reprendre la position verticale, c'est-à-dire la position de lioimeture de l'oritice d'écoulement du gaz. Comme une spirale de platine aussi Qne que celle qui est employée par l'allumoir pourrait être fiicilement détériorée par lesépou8setoiis,M. Leclanché place devant le système une lame de mica assez grande pour le couvrir entièrement.

Dernièrement un ouvrier dont le nom m'échappe en ce moment, a combiné pour l'allumage des lustres II gaz, un système assez ingénieux dont nous croyons devoir dire quelques mots. Dans ce système, chaque K^inet de gaz est muni d'une pMîta ouverture latérale qui donne issue à une petite fuite de gaz, au-dessus le laqudle se trouve placé un allumeur i fil de platine, comme dans le njstème précédent. Au moment oii l'on ouvre le robinet, le courant se trouve fermé à travers l'allumoir, et la fuite de gaz en prenant feu, allume à son tour le bec; mais cette fuite de gaz ne se produisant que pour lui certain angle d'ouverture du robinet aussi bien que la fermeture du courant, l'appareil rentre dans les conditions normales une fois l'ouverture effectuée entièrement

Un autre ouvrier dont le nom m'échappe encore, a appliqué d'une manière très-simple l'allumage électrique aux anciens briquets à gaz hydro* gène qui, comme on le sait, fonctionnent souventassez mal à cause del'épui* wment de l'action catalytique de l'hydrogène. Il a recours pour cela à l'éleclricité statique dégagée par le thittement d'une lame de verre serrée entrequBtre coussins. En disposant convenablement cette lama aiHlessoua

816 APPLICATIONS CALORIFIQUES DE L'ELECntlOTB.

d'un piston h rewort, on détermine, nm que par l'abaUBement de oe piiloa, une série de petites étincelles bien suBlsanteB pour enflammer le jet ik gaz hydrogène d^^agé dans le briquet.

Allumolra on briqueto éleotpiqne>. — La possibilité que don* nent les effets électriques de développer en un point donné une action nloriOque très-intense, a donné l'idée à plusieurs inventeurs d'appliquer csUi propriété à la construction d'allumoirs ou de briquets électriques qui èUot toi^jours prêts à fonctionner, permettraient de se passer d'allumettes. Tbutefois, le problème quoique simple qu'il paraisse, est plus dilBcile à résoudre qu'on pourrait le croire au preoaier abord, car pour obtenir une action calorifique assez intense pour produire une inflammation, il tuA un courant électrique assez énergique, et pour que l'appareil soit pntique, il but que le générateur électrique employé soit toi^oura en état de fsae-

Fig. itil.

tionncr, sans pourtant se détériorer par l'usure. I! faut de plus qu'il »il J" petites dimensions cl qii>! lo tout puisse ^Irc livré & un prix assez minin» pour qu'on ail un véritable inti-rêt à s'en uorvir. Plusieurs inventeui» ool résolu plus ou moins liciircuscment ce double problème et nous allons successivement étudier leurs systèmes.

Allumoir de M. G. Planté, dit bplquetdeHatarnc— Après la découverte qu'il tit de sou intéressante batterie de polarisation, M. tiu* ton l'Iantô en clicrcha iiaturollement les applications, et la première iàit qui lui vint à l'esprit fut de proftlcr de l'énergie électrique si grande qu'cUc pouvait avoir à un moment donné, pour déterminer l'action calcwififl"' nécessaire à l'allumage d'un corps combustible. Il disposa en conséqneoK un petit élément de ta batteiii: dans une botte, et en bisant aboutir to deux pôles h deux tiges métalliques placées sur les cdtés de la boite el réunies par un fll de plaline, il put par llntermédiaire d'un simple intemip* teur, obtenir quand il le voulait l'incandescence du fil de platine, et fU

APPLICATIONS CAUHUFIQLES DE L'ELECTIUCITK- U27

e l'allumage d'une petite bougie, si ou avait soin de placer â travers le fil de platine la mèche de celte bougie. Comme la pile de M. Planlû peut être chargée d'une manière continue au moyen d'une pile de Daiiietl de 3 élétnents, l'appareil est toujours en état de Tonclionner, et cela d'autunt plus que. par suite du petit diamètre du fil de platine qui ne dépasse pu deux dixièmes de millimètre, la chut^e peut être conservée hn^'- MOps en dehors de la source alimeii tante. Col allumoir est le premier aoi ait été construit, et il est encore le plu? parfait de tous, tant pour sa pmpUcil^i de construction que pour la commodité de son emploi et la sûreté s elTels. Nous en représentons, ti^. tOO et Ifîl, l'intérieur et l'extérieui'. • Ouïs Ib ^X- l'J<^< "n distingue aisément à la partie supérieure de la boite, lUx tiges de l'excitateur avec le til de platine qui les réunit ; la bougie

Fig. 102.

Ut être alh;Mi> >' > i .{>.i :i c-: '! .i' \r..: ..i i<<iiii <l<- r;it dccave, se

), comme un k- voii. ui^mtenue ik liuulL-ur liu lil île jiluttrie au moyeu

X lames de ressort qui l'embrassent et la serrent. Enlin, l'iiiterrup-

BStiaé à produire l'allumage est en T ; il se compose de deux lames

« communiquant, l'une avec l'une des liges de l'exutateur. l'autre

D (les pâles de l'élément. Dans 1» Ug. lUt qui représente rap|>areii

Il pris du càté opposé, on aper^'Oit en arrière l'excilaleur et.eu avant,

it l'ianté qui occupe l'intérieur de la boite. Les deux boutons d'atla-

t'on voit au bas de l'appareil en C, communiquent aux deux pôles

Mtiti cl établissent su liaison avec la pilo alimentante qui peut étn^

b l'on veut. Cette pile représentée ng.lU'i. est disposée à la manière

a Callaud, ul les 3 éléments qui la composent sont renfermés dans

B qui n'a. comme dimensions, que 18 centimètres en longueur. 17

s en liautenr et 9 centimètres en largeur.

B quantité d'électricité fournie par un simple élément Planté est

628 APPLICATIONS CALORIFIQUES DE LÊLECTRICITft.

assez considérable, il est nécessaire, pour que le Ûl de platine ne fonde pas, de maintenir la bougie assez élevée et de manière que le fil de platine soit enveloppé par la mèche. Celle-ci refroidit alors un peu le Al, et le danger de la fusion est évité. 8i cotte fusion se produit, rien n'est plus simple que de remplacer le fil, puisque les tiges auxquelles il est attaché sont munies de boutons d*attache.

« Avec la provision d'électricité que renferme le petit couple secondaire chargé au maximum, dit M. Planté, on peut produire jusqu'à une centaine d'incandescences ou d'inflammations consécutives. Il en résulte qu*il n'est pas nécessaire de maintenir le couple secondaire constamment en charge sous l'action de la pile, et un communicateur que porte la pile t pour objet de ménager le courant de la pile lorsqu'on juge que le couple secondaire, n'ayant pas été épuisé pas un grand nombre de décharges successives, peut produire une sorte d'inflammation sans être surchargé.

t( Bien que cet appareil semble devoir être installé à poste fixe, on peut cependant, après avoir détaché les fils du circuit de pile, le déplacer une fois chargé, le porter sur un autre point où il peut, par suite de la propriété des couples secondaires de conserver leur ^arge facilement, produire un assez grand nombre d'inflammations, sans être remis en communication avec la source servant à le charger. Il peut du reste être associé aux sonneries électriques, de manière à fonctionner avec un seul et même fil et sans entraver nullement l'action des sonneries, en le plaçant en communication directe avec les deux pôles de la pile et formant ainsi un circuit dérivé dans le circuit principal. Loin Je nuire au jeu des sonneries, il le favorise méoie quand la pile se trouve épuisée, en joignant à l'action de celle-ci la sienne. Dans ce cas, il agit comme un récepteur de travail, ou une sorte de tolant électrique. >»

Allumoir de MM. Yoiliin et Dronier. — Cet allumoir qui a eu un certain succès de vente depuis quelques années, est analogue, quant su dispositif, à l'appareil précédent, mais il en diffère en ce que l'incandescence au lieu d'être produite par l'intermédiaire d'un élément de polarisation, est effectuée directement par un élément de pile. Toutefois, pour que, avec un élément de petite dimension on puisse obtenir une action calorifique suffisante et susceptible d'être répétée un grand nombre de fois, il a hillu avoir recours aune action physique auxiliaire, et celle à laquelle les inventeurs ont eu recours est Vaction cataly tique déterminée par un jetd^hvdiogène sur le platine incandescent On doit se rappeler que c'est sur cette action qu'était basé le briquet à éponge de platine et à gaz hydrogène qui t eu tant de succès 2i une certaine époque, et que le rdle de l'hydrogène dans

APl'LlCAKONg CALOniFIQUES DE L'KLECTIIICITE, (

i produit est d'accroître considérablement l'aolion calorique d6* i |ur le platine. En partant de ce principe, MM. Voisin et Dronieront lans une boîte un petit ùlément à bi-chromate de potasse dont le zinc, adaptée à une tige munie d'un ressort à boudin, était en Idinaire soulevée bors du bquîde de la pile ; mais il sufllsait de pour fermer le circuit, et l^re circuler un courant à travers une spirale de platine mise en rapport avec les deux pùles delà pile.

hience de ce courant la spirale s'èchautfait, et pour la Taire rougir lent, il Eutlisaii de placer au-dessous une petite lampe rempila epàlrolo; alors les vapeurs d'essence s'enflammaient, et la politQ t alluniËe. Touterois, comme l'efTet catalytiquo n'est pas très- |ue la pile au bi-clirumate s'use promplonicnt ot que lu spirale do ! rompait aasnz souvent, M. Dronicr a cherché (lerniÈrement k tncr co sysU^mc, et il y est arriva en prenant d'abord un élément md, en amalgamant le zinc dans toute la masse par l'inlro-

duction du mercure dans le zinc en fusion, et en plaçant verticalement li spirale de platine. Dans ces conditions, l'appareil fonctionne beaucoup plus régulièrement et dure plus longtemps chargé.

Noijs représentons (ig. 163 le dessin de cet appareil dont un côté de te boîte a été enlevé afin de laisser voir Ptn coupe la disposition de l'élément de pile. Le zinc do la pile est en d, les charbons en ce et la spirale de pte- Une en J. La lampe se voit en 711, au-dessous de la spirale de platine dont nous donnons, en K, dans un annexe de la figure 163, la disposition vue en plan.

Pour faire fonctionner Tappareil, il suffit d*appuyer sur la partie supérieure de la tige e du zinc d qui est sans cesse soulevée par Faction du ressort à boudin, et qui joue le double rôle d'élément constituant de la pile et d'interrupteur de courant.

Dans la figure 163, il est certains détails dont nous n'avons pas parlé et qui ont leur importance. Ainsi le ressort n sert à maintenir ia lampe dans une position déterminée, T est une espèce de garniture enveloppant Vexcitateur pour protéger le fil de platine ; gji sont les rhéophores auxquels est fixée la spirale de platine; ii deux appendices pour empêcher que la lampe soit poussée sur cette spirale; enfin bbb est le vase de verre de la pile ou estU solution de hichromato, aaa la boîte de bois enveloppant la pile.o des boutonnières pour accrocher l'instruincMU.

Allumoip de M. HeHS. — Cet ailiimoir a pour générateur électrique une pile à bi-chromute de potasse disposée comme celle do MM. Voisin et Dronier, c'est-à-dire avec un zinc mobile et soulevé par un ressort; mais l'excitateur en diffère en ce (lu'il est appelé à fonctionner avec dos courant* induits. Il se compose d'un simple excitateur, fixé à la partie supérieure de la boîte et mis en rapport avec les bouts de la spirale induite d*une bobine d'induction dont la spirale inductrice est reliée d'une manière |H'rmanente avec les deux pôles de la pile. Au-dessous de cet excitateur, so tnmve un petit réci[)iont renfermant une solution d'alcool et d'éther sulfurique dans laquelle plonge une oponfijo placée au bout de l'un dos fils du circuit in'luit. Quand on abaisse lo zinc pour charger la pilo, on relève cette é|K>ngt» et on la place à portée do roxoitatoiir qui so termino par urjo houppe de fil? métallifjues. Le mélange prend alors fou sous Tinfluence de rélincell* induite. 1/aulour prôtond (pio ce syslomo est préférable au précodonl. en ce que la pile s'uso beaucoup moins vite et que losofTots sont plus durables.

Application clc«4 alliimoirH ^^loctriqueM aux nl^naax de marine. —T^K'Ipraphe nsiutique de IN. Trêve -—« I^es signaux de ntiit dnns une flotte, ou en général entre bAtiments de guerre. sVfTec-

au moyen de feux placés les uns au-dessus des autres au point le éle?é et le plus apparent du navire. Le nombre des feux employés ne jamais six, etc*est sur une combinaison de ces six feux, un à un, k deux, etc., hissés sur une ou deux drisses, qu'est b tsée une table jl^itignaux. Dans le but de s'approprier un nombre d*avis ou d'ordres diffè- 4BU k transmettre plus en rapport avec les besoins du service, on in.agina ^donner à chacune des vingt promicres combinaisons six significations ■■rentes suivant, qu'on les ferait précéder ou suivre de fusées et de feux \m Bengale. I>e l'application de cette idée, il est résulté six chapitres de Jngt ordres, partant 120 signaux de nuit.

,:h« Les feux de signaux sont transmis par des fanaux dits fanaux de combat, IboI la disposition a été l'objet de nombreuses recherches et de nombreuses Mptriences. Ck^Ue qui a été définitivement adoptée est représentée vue en Mipe» fig. 17, pi. III. Un fanal de ce genre n'est autre chose qu'une lanline ordinaire dont les parties transparentes ont été remplacées par des bmjUes à échelons, analogues à celles dont on se sert avec tant de succès pwr projeter la lumière des phares. Cette disposition a donné aux signaux li nuit, à bord des navires, une puissance lumineuse» sinon suffisante, du . Bnins la plus considérable possible, avec le système d'éclairage adopté jnsqn'k présent pour ces fanaux et qui est fait avec de la bougie.

< Dans les conditions actuelles, s'agit-il de faire un signal? dit M. Trêve. n fluit allumer un nombre suffisant de fanaux, les porter là où doit monter b signal, les fixer sur une ou deux drisses les uns à la suite des autres et Im placer dans l'ordre indiqué sur le tableau. Cette manœuvre, toujours laite, en cas imprévu surtout, même dans les conditions favorables de vent H de mer, exige des précautions souvent inefficaces pour soustraire les hmux aux effets de mouvement désordonnés et qui rendent incertaine IVxécution complète du signal.

« Un premier signal étant exécuté, convient-il de le faire suivre d'un leoond ? Il faut, i^ amener les fiinaux pour pouvoir en augmenter ou en iiininuer Ich nombre; 2^ laisser s'écouler un certain laps de temps entre le pmnier et la second signal, pour ne pas donner lieu à une interprétation KTOoée quand on a dîl employer des fusées.

« Gomme la distance qui sépare les fanaux les uns des autres ne peut jamais être relativement considérable, et que par suite de leur ftiiUe éclat 1 devient difficile de loin de les distinguer individuellement, on a cherché i oolorer ces feux d'une manière différente pour chaque fanal. Malheureumnent les couleurs qui peuvent être transmises k de longues distances Mat trés-réduites. Ainsi le jaune, le bleu, le violet, cas couleurs que l'on

038 APPUCATIONS CALORIFIQUES DE LÉLECTRiaTË.

voit si resplendissantes et si bien nuancées dans les belles pharmacies, ne sont pas régulièrement transmissibles dans Tair. Le vert et le rouge seuls peuvent se prêter à une transmission lointaine. En employant cesdemiërei, on pourra pourtant réduire le nombre des fanaux, et ce sera toujours un avantage, surtout pour rompre la ligne lumineuse que présentent de loin tous ces fanaux superposés. »

Tel est jusqu'à ce jour Tétat de la télégraphie de nuit k bord des navires. On voit qu'elle réclame de notables améliorations, et ce sont ces améliorations que M. Trêve a réalisées dans son télégraphe électro-nautique.

Ces améliorations consistent : 1* à remplacer Téclairage à Thuile ou à li bougie des fanaux par un éclairage au gaz ; 2^ à établir ces ftinaux dans une position fixe et à ne réagir que sur la lumière qu'ils projettent ; 3* à employer Télectricité pour cette réaction sur la lumière ; 4"* k simplifier les signaux par remploi de cinq fanaux seulement dont deux sont cok>r6B en vert et en rouge.

La figure 18, pi. III, représente Tensemble du télégraphe électro-nautk^ue. Les fanaux n"" 1, 3 et 5 fournissent de la lumière blanche; le fanal n* 2 est coloré en rouge, et le fanal n^ 4 en vert. Ils sont tous reliés les uns aux autres par des chaînes à crochet, et sont en communication avec l'appareil d'induction de RuhnikorfT placé dans la chambre du commandant, par deux fils recouverts de gulta-percha qui se bifurquent d'un fanal à l'autre pour aboutir à deux fils de [)]atiiie placés au-dessus de chaque bec de gaz et destinés à l'allumer, comme nous l'avons expliqué précédemment. Cinq tuyaux de plomb ou de caoutchouc de 1 centimètre de diamètre, ()artant d'un tonneau rempli de gaz comprimé, aboutissent à ces différents fanaux et sont munis, à leur sortie du rcservoirà gaz, de robinets au moyen desquels on peut arrêter ou laisser écouler ce gaz. Ces robinets jouent en quelque sorte le rôle du manipulateur dans les télégraphes électriques; car en les ouvrant et les fermant alternativement pendant que Tappareil d'induction fonctionne, on peut distribuer la lumière sur tels ou tels fanaux et obtenir ainsi les combinaisons lumineuses nécessaires pour l'envoi des signaux. Une chose assez curieuse que l'expérience a démontrée, c'est que, malgré le gaz qui existe encore à Tinter eur des tuyaux après que les robinets ont été fermés, l'extinction des lumières est immédiate. Cela vient sans doute déco que la pression qui sollicite le gaz à sortir, n'existant plus, l'équilibre entre la force êla5tique du gaz restant dans les tuyaux et la pression atmosphérique, s'établit d'autant plus vite que ce gaz est pai sa nature d'une faible densité.

Les essais qu'on a faits de ce système à Toulon, ont été très-satisfoisants au point de vue de son fonctionnement; malheureusement un accident sur

APPLICATIONS CALORinQUES DE LËLEGTRiaTÊ. 633

venu à l'an des récipients de gaz comprimé qui fit explosion en tuant quatre matelots, fit abandonner les expériences qui n*ont plus été reprises depuis. Cette idée était pourtant féconde, et il faut croire qu'on la reprendra un jour.

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