IV. — Applications diverses
U serait bien long d'énumérer la foule d applications que Ton peut Cure de la propriété inflammable des courants d'induction, car l'explosion des mines n'est qu'une bien petite face de la question. 8on emploi dans rartillerie, soit pour la décharge instantanée d'une batterie, composée de plusieurs pièces, soit pour l'explosion des brûlots, soit pour la démolition des navires sous l'eau, ou pour les raines sous-marines, serait un progrés immense réalisé dans l'intérêt de la défense et de la sécurité des hommes préposés à ces différentes manœuvres. Enfin, pour les feux d*artifice, les travaux de siège qui demandent la simultanéité dans les explosions, aucun moyen ne pourrait remplacer l'efTet électrique.
Application an tir des canons. — On a cherché à diverses leprises à appliquer au tir des canons le système de tir électrique des mines, non-seulement pour permettre le tir à distance et simultané de toute une batterie, mais surtout pour éviter les accidents qui arrivent quelquefois au moment de leur charge et qui viennent de ce que la lumière par laquelle a*opère la transmission du feu, laissant arriver l'air à Tintcrieur du canon, peul entretenir incandescentes les flammèches restées au fond du tube Avec le procédé électrique, la lumière du canon pourrait être supprimée, et le courant d'air ne pourrait plus s'établir après le tir de la pièce.
MM. Champion, Pellct et Grenier se sont occupes un peu de cette question dans leur mémoire, et voici ce qu'ils disent à cet égard.
« On donne aux étoupilles une longueur de 0",055 au lieu de 0",04. et Ton étrangle le tube en cuivre à i<^,5 au-dessous de la partie supérieure. On introduit par la partie inférieure un fragment de tube en cuivre d'un diamètre inférieur, de 1 milli.'nètre environ et d*une longueur de 2 à 3 millimètres, entrant à frottement dur; puis on charge l'étoupille comme à l'ordinaire avec du pulvérin grossier fait avec de la poudre de chassepot, dont la vivacité est plus grande que celle de la poudre ordihaire.
w Dans la partie supérieure on loge l'amorce, en interposant une pincée de poudre fulminante qui pénètre dans le trou de Tobturateur et assure l'inflammation; on fixe ensuite l'amorce avec de la gutta-percha, delà cirt fondue, etc. Dans le cas où l'on n'a pas d*outillage convenable, on peut
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se contenter, pour foire Tétranglement, d'écraser légèrement le métal àl'liÉie
d*une pince afin de maintenir Tobtiirateur au moment de rinflammatîoii. »
Fusils électriques. — On a encore appliqué faction calorifique da
fluide électrique au tir des fusils pour éviter remploi des capeules et Aihmnates employés ordinairement dans les armes de cette nature. Le système le plus intéressant de ce genre est celui qu'ont présenté à TExpositioa universelle de 1867, MM. Baron et Delmas, et que M. P. Schwaeblé, ancien officier d'artillerie, décrit pinsi dans les Études sur rExposUiM de É867, publiées par M. E. Lacroix.
« Dans ce système, tous les appareils produisant Télectricité et les appareils conducteurs, sont placés dans l'intérieur de la crosse. La culasse le trouve hermétiquement fermée, de manière qu'il n'y a aucune déperditîoa des gaz. Toute chance d'accident est rendue impossible. Le tir est phu rapide que dans les armes à percussion et il est aussi beaucoup plus prédi.
« L'appareil électrique se compose d'une pile A, fig. 10, pi. II, sa bichromate de potasse. Cette pile se ferme par un couvercle k vis B, qui s'ouvre dans la plaque de couche G, et reçoit au fond une ronddie en oaoiit> chouc. Au-dessus de la pile, se trouve une bobine d'induction D avec ooodensateiir. Les iils conducteurs sont représentés en E, E. L'électro-aimantest complété par Taimant F en fer à cheval. Cot aimant repose sur Pinternipleur, et en cmpùche ses vibrations; quand il s'en sépare, le mouvement est produit. L'aimant est incrusté dans une pièce d'ivoire G qui l'isole de li tige H et sert à l'y fixer. La tige H est en communication avec la noix J; le tout est mis en mouvement par une légère pression du doigt sur le boaton K. [jS, tige H glisse dans le guide-arrêt L et sépare Taimant de Tinter rupteur; alors seulement rétincelle se produit. Le ressort M. pressant sur le talon de la noix J, remet le bouton K à sa position normale aussitôt quels pression du doigt a cessé.
« Pour éviter les accidents, une pièce N peut à volonté venir, en glissant sur la bande S, recouvrir le bouton de détente. Cette pièce est munie intérieurement d'un ressort empêchant son déplacement involontaire, et d'une branche de for qui se place sur le talon de la noix et empêche ainsi son action.
« Les deux fils conducteurs O, P vont l'un de la bobine au renfort de la bnscule, l'autre également de la bobine à la partie de la plate -forme de bascule correspondant k Taxe du canon, en passant par le milieu d'un isolant H en ivoire ou en caoutchouc durci. A Textrémité de ce conducteur est placé un disque de platine.
« Afin de donner à la crosse la force nécessaire, deux bandes d'acier 8 et
T relient la plaque de couche à la bascule ; ces deux pièces sont incrustées dans la crosse. Â Tintérieur elles portent des pattes d*acier, dans lesquelles passent les vis servant à réunir les deux parties de la crosse, et rendant récartement de ces bandes impossible.
« Les cartorichcs ont la douille en carton mince et toile. Le culot en papier comprimé a une partie pleine à la base. Â la partie supérieure est ménage une cavité; au centre viennent aboutir les pointes entre lesquelles se produit rélincelle. Une de ces pointes est placée au centre même de la cartouche, l'autre traverse une couronne de cuivre qui entoure sa base. « Le chargemc*nt de Tarme se fait très-facilement : dès que la cartouche Mi introduite dans le canon, la pointe occupant le centre la met toujours en contact avec le disque de platine qui termine le conducteur P; l'autre pointe placée dans la couronne se met en contact avec une partie quelconque de la plate-forme de bascule, en contact elle-même avec l'autre conducteur.
« On peut remplacer le bouton de détente par une délente avec sousgarde ordinaire. Dans ce cas, la détente forme la noix et fait agir la tige qui porte l'aimant.
I La flg. 10, pi. II, fait voir le fusil, la crosse refermée avec la disposition de la détente et sous-garde.
« Cet ensemble nous paraît très-intéressant. Nous croyons pourtant qtie Tappltcation de l'électricité devrait d*abord se faire aux bouches à feu et ensuite aux armes portatives, si toutefois cela est possible, car il est évident que tous ces accessoires placés dans la crosse manquent de simplicité, et qne Texpérience seulement pourrait prononcer sur la valeur d'un tel ivstème. N'est ce pas là un appareil bien dcMicat. pour le mettre entre les mains incapables des soldats ? Les réparations ne seront-elles pas nombreuses, difficiles h effectuer, impossibles mi^me dans certains cas. Nous pensons que cet électro -aimant conviendra peut-être mieux aux armes de chasse ; chaque jour le chasseur peut examiner avec soin son arme, et réta* bGr lui-même au besoin le fonctionnement dos difTérentos pièces. Mais, nous le répétons, toutes ces pièces forment un dispositif trop compliqué pour qu'on puisse songer à l'employer encore dans les armes de guerre. Néanmoins, il y a là une application curieuse de l'électricité que nous sommes heureux de faire connaître, t
Une autre disposition de fusil électrique avait, du reste, été présentée en lin k l'Empereur par M. Martin de Brettes. et voici la description qu'en donne le journal les Mondes dans son numéro du !0 janvier 1867. « Dans ce ftisil qui est du système Flobert, la cartouche est enflammée par Télee-
tricité. Â cet effet deux petites piles électriques du système Trouvé wrt renfermées dans la crosse; leurs fils conducteurs viennent à la surf^e de la culasse et peuvent être mis en communication avec les extrémité! d*un fil de platine qui traverse la cartouche. Une simple pression du doigt sur la détente ferme le circuit électrique; le courant se trouvant établi, le flide platine devient instantanément incandescent et allume ainsi la poudra qui l'entoure. Les cartouches préparées pour les fiisils à aiguilles portent itbc elles leur amorce; un choc peut les enflammer, et les caissons sont ainsi exposés à sauter en privant les troupes do leurs munitions. Avec le nouveia système, ce danger se trouve évité et son application, peu dispendieuse, peut se foire fiacilement aux fusils d*ancien modèle. >
Il existe encore d'autres dispositions de fusils électriques, et Ton peut en voir une au tome LXX de la description des brevets p. 129, qiii i été combinée dès 1859 par M. Dax; mais nous ne nous y arrêterons par davantage, cette application n'ayant pas été en définitive adoptée dans la pratique.
Application au Mêlant den bola. »M. Robiiison, de New-Voii, a eu ridée d'appliquer les effets calorifiques du courant électrique au sciage des bois. Ce procédé consiste à substituer à la scie un fil de platine chauffé au ronge blanc par raction électrique. Ce fil auquel on imprime un mouvement de va et vient, pénètre à ce qu'il paraît à travers les bois les plus durs avec une incroyable facilité. « On peut, dit l'inventeur, débiter par ce moyen un arbre en planches, en madriers, et donner au bois les formes les plus capricieuses, car le ôl n'ayant pas de largeur, peut senrir à chantourner beaucoup mieux que les scies à rubans employées aujou^ d'hui. Le fil de platine constamment maintenu au rouge • blanc par k courant électrique n'avance dans le bois qu'en carbonisant les sur&ces qu'il touche, mais cette carbonisation est toute superficielle et ne peut avoir aucun effet fâcheux. » Ce système n'est du reste qu'une application plus étendue des systèmes cautérisants depuis longtemps employés en chirurgie pour effectuer l'ablation des parties molles du corps humaifl. telles que les seins des femmes, les tumeurs, les loupes, etc., etc. Toutefois nous doutons fort que cette application soit réalisable, bien qu'elle ail été donnée comme certaine dans plusieurs journaux.
Application à, la chirup§;Ie comme moyen de caaiéH sation. — L'une des plus utiles applications des effets calorifiques ds courants électriques est celle qu'on en a faite aux instruments de chinii? J, comme moyen de section et de cautérisation. Grâce à eux, on évite presque I toujours les hémorragies, mais il faut que le fil conducteur porté à rincto*
ArPLICATIONS CALORIFIQUES DE LKLECTniGITE. «7
e ait uiie chaleur déterminée, car si celte chaleur est trop forte, les ides peuvent prendre l'état sphèroidal, et la cautérisation n'est plus faite s de bonnes conditions. C'est pourquoi un graduatcur de courant est spensahlc pour ce ^enre d'application, et celui que nous avons décrit 69, et qui existe d'uilleurs dans le polyscope de M. Trouvé, résout parfaîent te prubli-me.
as appareils de cliirurgie fondés sur les réactions calorifiques des cou- A sont du reste tri's-nombreux, et nous représentons fig, 161, IG5, 166,
f-uiis de ceux que construit M. Trouvé. Celui de la tifc. ICI npré- Fig. lU. Fig. laS. Fii;. tS6.
a mi cautère à pointe qui est disposé de manière k ne faire que des itsde bn11uro;les deux conducteurs qui le constituent se fixent eu V,k X boutons d'attache en rapport avec les pâles du générateur, et qui sont plis h un mancliu commun aux dilTércnts systèmes do cautère. Ce lebe porte en R un interrupteur qui permet de ne fermer lecourant la moment voulu. L'appareil rcpr>isenté fig. Iiiû est un cautère à large hee qui exige pour rougir toute la charge du polyscOiie. tandia quo :i da la fig. I*i) n'en exijîc qu'une partie. Il en est de ml^me de l'appareil a fig. KJG qui est appelé k fournir son eflet cautérisant sur une surface 1^ et circonscrite.
Fi p. m
6W APPLICATIONS CALOIIinOL'KS DE L'ËI.GCTRICITe.
M. l'ianlû a, ilu re»te, disposé pour ce genre d'appareils, iin sa bttUena n\us noiu reprévenloiis % lf}8 ett]iii, pouvant Atra inIrodaA dans un «lui, It^. IliT, [wut être mis facilemenl oii poclie. Cet vtomni qui a l.'f centim^U'es de liniil«ur, n'est pu |il» tçms qu*utie tiole k potion, pi*^ do A t TM grammes ni tloimi' du tmi jwndiuit qniln luiiiiiUïs avec un III d» '/m d» tuiUiini'tK. ■Vitiuid il s'agit d'vlTeU phti énergiqna il produire, .M. l't&ittii di»poseton «làoeni
''' '^T^l «-'D'iitne l'indique la tig. 109, cl oomm it
il^^Bl, est du reste combiné dai» \es ippttrMli du
^^^^H I iTii''iiic «iivunt curietruitii par M. Trootii, cl
^^^^il .\|iplU>allan «ux ntntrarmfUc'
'"■-'■ lHyi^ tro-chimlquciM. —'La praphi^U ^ " possède l'i-ltncelle ùlpctriciua d« ilAUmlav
lu couiliLimiïOn des pi/ livil^ijjii'no ot oxjrgënu en prnduisBDt tOM mCm dùt'inaiiie, a donué l'idùe d'uppliquor les efTets de dilatation dit mtlnq* ^xoux .limi onllammè, it la miM r:
Action de iiiolaurs disposés en nott' séquence. Dt'jii, en IR:i2. M. A, "Joril nv.iit combiné un moicur de en j(fi>t'' ijui avait fourni, d'iipriv crrlAins jniiTnaux de r6p(«iiie, quelque» muIu»
lieuroux, ut nous avons iidiis-hi^-ih'' rapporté dans le lomi! III di- tmw so(:Onile édition, un urtidft puUw par le journal VEltclrkUf du mois Jc»e(i ti^nibru txriilfiui rendait compte du ceiif miicliino. Le docUiur Corrosio, l'auMn doceit«pile fimtn&iiqiuïdoni nowaniK parlù dans notre preoiitr tiiIudic, tn»
ou (-Kiilenienl l'idûe d'un pareil idoIm''- ■nuis Ututes ces mwliin^ aonl mUO viui.s ;i[i pli cation, et cfl n'est qu« un ^^ que le problème a été rcaolu d'uM iii;ii]iî;ro pratique par U. Lettottqi»^ du ce ftystt-iue une Téritabla inaoUai ■ air chaud.
Fi(.'. 11!*-
Dans son systèmo, en effet, le gaz hydrogène qui n'est autre que du gaz d'éclairage, arrivait dans le moteur (analogue à une machine à vapeur) mêlé à de Tair atmosphérique dans le rapport de 1 à 10, et le mélange se trouvant enflammé par Tétincelle de la machine de Ruhmkorff, provoquait une dilatation instantanée du mélange gazeux, capable de développer une puissance mécanique considérable. Cette inflammation se faisant alterna- Uvement en dessus et en dessous du piston de la machine, provoquait de la part de celui-ci un mouvement de va et vient, comme dans les machines à vapeur à haute pression, lequel se trouvait transformé en mouvement circulaire continu. La disposition de l'excitateur de l'étincelle dans Tappareil Lenoir était du reste extrêmement simple : deux fils de platine adaptés à des isolateurs encastrés dans le cylindre de la machine, portaient rétincelle à Pintérieur de celui-ci, et la machine elle-même, pour une po^itîcm donnée du piston, opérait les fermetures et les ouvertures du drcuit inducteur nécessaires à la création du courant induit. En conséquence, les machines d'induction employées pour ce genre d'application, n'avaient pas d^intemipteur, et étaient disposées de manière à fournir des étincelles grosses et courtes.
Ces machines après avoir eu beaucoup de succès, et s'être très-répandues dans l'industrie, se sont trouvées au bout de quelque temps abandonnées, à la suite de l'invention d'un nouveau moteur à air chaud qni était beaucoup plus énergique et plus économique. Il n'en est pas moins vrai que cette invention avait un réel mérite, et elle a valu à son auteur la décoration de la Légion d'honneur.