I. APPLICATION DE L'ÉLECTRICITÉ A L'iNDUSTRIE DES TEXTILES
1* Tîttage électrique.
Ejposé de la question. — Des différentes applications de l'électricité, lucune n'a eu plus de retentissement que celle qui en a été fiaite il y a plus de ^ ans aux métiers de tissage. Tous les journaux des années 1855 et 18d6 étaient, en effet, remplis des effets merveilleux fournis par ces métiers qui devaient, selon eux, renverser sans nul doute les métiers Jacquart. Cétail M. Bonelli qui, avec le talent de mise en scène qu'il savait déployer pour fiEûre valoir ses inventions, avait provoqué tout ce tapage. Malheoreureuâement pour lui, Télectricité n'avait pas été appliquée en cette occasion dans les conditions qui convenaient k sa nature, et qui pouvaient en faire prêlerer l'emploi aux moyens mécaniques ordinairement employés; [dès brs cette invention n'avait pas sa raison d'être. Il s'agissait, en effet, de remplacer les cartons des métiers Jacquart par des espèces d'interrupteurs ëectriques qui exigeaient, par conséquent, pour produire les effets mécaniques (bumis directement par le métier, des électro-aimants et une pile assez énergique. Or, à quoi bon employer un intermédiaire aussi coûteux et iussi capricieux que l'électricité pour produire une action mécanique que je seul mouvement du métier pouvait remplir d'une manière plus certaine? Cctait, suivant la locution proverbiale, prendre un cric pour déboucher me bouteille, et cette application était d'autant plus inintelligente dans ces ttoditioDS, que l'économie qu'on devait réaliser, suivant M. Bonelli, dans h ooQstruction du commutateur, était tout à fait illusoire d'après les bûounesde l'art. Quoiqu'il en soit, cette invention n'a pas eu le succès dêànitif qu'en attendait son auteur, et après avoir encore fait parler d'elle pendant quelques années, et avoir même figuré à l'exposition de Londres de 1S02, elle a fini par sombrer pour ne plus se relever, en entraînant avec tk tous les appareils perfectionnés qu'elle avait fait surgir.
En raison du bruit qu'elle a fiiit, et pour désabuser les personnes qui lenient tentées d'appliquer Télectricité dans des conditions semblables» wo-js avons cru devoir lui consacrer quelques pages. Nous nous dispenserons, toutefois, de rapporter la polémique que cette question avait soulevée éea la temps dans les journaux industriels, et que nous avons rapportée
eus la seconde éditioa de cet ouvrage (tome III, p. 12 et suiv.)*
niétleFs & la tfacqoart. — Pour bien comprendre la disposition du mécanisme Bonelli, il faudrait se rendre compte du principe des métiers à la Jacquart; or, c'est une question assez difficile et assez longue à expliquer. Je vais néanmoins tâcher d'en donner ime légère idée.
Un tissu ordinaire comme la toile se compose, ainsi que tout le monde le sait, de fils croisés alternativement les ims sur les autres. Or, pour que ce croisement s'effectue d'une manière prompte et exacte, il faut que par im moyen mécanique les fils qui sont tendus sur toute la longueur de Fétoffe et que Ton appelle fils de la chaîne, se trouvent séparés deux à deux, de manière que moitié soit en haut et moitié en bas, afin qu'on puisse en faire passer un en travers. Il faut de plus qu'à chaque duite ou à chaque passage de ce dernier fil appelé fil de la tramer les fils soulevés se croisent pour être séparés de nouveau, mais dans im ordre inverse, car alors le fil de la trame, en se repliant et en repassant en travers des fils de la chaîne, forme une nouvelle duite qu'il devient facile de serrer contre sa voisine à l'aide d'un peigne à bascule qu'on manœuvre à chaque révolution de la navette.
Tel est l'objet et le principe des métiers de tissage quand ils ne doivent être employés que pour la confection d'étoffes à tissu croisé; mais quand il s'agit d'étoffes façonnées et particuUèrement d'étoffes à couleurs variées, la question n'est plus aussi simple: il faut non-seulement que des crochets saisissent en temps opportun ceux des fils de la chaîne qui se rapportent par leur couleur et leur position au dessin, mais encore que les navettes changent elles-mêmes et qu'une trame, qu'on pourrait peut-être appeler , trame de résistance, vienne réunir tous ces fils entre eux après qu'ils ont été tissés suivant le dessin.
Avant Jacquart, les étoffes façonnées, les tissus à dessins se faisaient en Europe comme on les foit encore aujourd'hui dans l'Inde. Pour chaque métier il fallait trois ouvriers : un liseur de dessins, un tireur de lacs au de fils, et un tisserand ou tisseur. Voici comment le travail s'exécutait.
On représentait le modèle du dessin à reproduire sur un grand tableau divisé en une multitude de petits carrés comme une table de Pythagore. Les lignes horizontales de ce tableau répondaient à la chaîne du tissu, les autres à la trame. Les petits carrés figuraient les points que les fils de l'étoffe forment en s'entrecroisant. Un signe placé sur ce tableau indiquait s'il fallait élever ou abaisser le fil de la chaîne.
Quand tout se trouvait ainsi disposé, le liseur se plaçait debout devant W tableau et commandait la manœuvre.
Assis devant le métier, le tisserand avait sous la main les navettes chaii^ gées des différentes couleurs qui devaient servir à former la trame. Li
APPUCATIONS AU TISSAGE. 51
tireur de lacs ou de fils se tenait prêt à élever ou à abaisser les fils de la chaîne.
Alors le liseur, suivant de gauche à droite une des rangées horizontales du tableau, disait au tireur de lacs : levez tel ou tel fil. Quand le fil indiqué avait été levé» il disait au tisseur : lancez telle couleur, et le tisseur hoçait la navette chargée de la couleur désignée.
Dans la £aLbrique lyonnaise, le travail du liseur était confié à une fenune; quand au tireur de lacs c'était toujours un enfant.
Déjà, avant la découverte de Jacquart, le célèbre Vaucanson avait inventé et proposé une machine qui abrégeait considérablement le travail du tissage; mais les corporations ouvrières de Lyon, par suite de préjugés et de craintes que Tignorance du vulgaire entretenait alors contre remploi des machines, s'étaient fortement opposées à son adoption, de sorte que MO usage s'était fort peu étendu; elle avait d'ailleurs l'inconvénient de ne pouvoir produire que de très-petits dessins, des fleurs ou des figures onilbrmes et de médiocre dimension.
Voici, suivant M. Figuier, auquel nous empruntons ces détails histoik{Qes, quelle était la disposition de la machine de Vaucanson, qui existe tacore au Conservatoire des Arts et Métiers :
t Vaucanson attacha tous les fils de la chaîne, à l'aide d'un petit oeil do verte appelé maillon^ à une mince ficelle, et chacune de ces ficelles fut liée à une aiguille de fer. U réunit par le haut toutes ces aiguilles, qui ioraièrent une sorte de parallélogramme allongé au-dessus duquel il plaça m cylindre de même dimension, qui se trouvait percé de trous régulièrement disposés. Ces trous correspondaient aux fils de la chaîne qui devaient toe levés pour former le dessin, et le cyUndre lui-même pouvait tourner é^une quantité constante après chaque coup de navette, par Fintermédiaire 4 un encliquetage mis en mouvement, à l'aide d'une pédale, par le tisseur. Us aiguilles de fer étaient soUicitées de bas en haut par des ressorts à ittudint de sorte qu'elles pouvaient toutes appuyer contre la surface du CTiindre. Quand elles ne rencontraient que les pleins de cette surface cylin- ^nque, elles ne bougeaient pas da place; mais quand un trou venait à se fRMDter devant elles, elles s'y enfonçaient, et, par ce mouvement, elles tWgeaient les tètes de crochet soutenant les fils de la chaîne à se présenter à des traverses de fer soulevées de bas en haut par la pédale du tisseur. kl fils étaient donc ainsi soulevés d'après les trous du cylindre qui ferlaient le dessin, et c'était alors que la navette portait la trame au travers di ces fils, les uns soulevés, les autres droits, qu'elle s'y enchevètrdit et fi'cUe tnçiit sur Tèloflfè les dessins dont on voulait l'enrichir.
a Le cylindre percé de trous, imaginé par Vaucanson pour faciliter le tissage des étoflfes façonnées, était, comme on le voit, une invention fort remarquable en elle-même ; mais il présentait un grave inconvénient ; c'est que ne pouvant dépasser certaines dimensions, il ne permettait qu'un certain nombre de coups de navette, et Ton ne pouvait par conséquent former en l'employant que de petits dessins. C'est pour obvier à cet inconvénient, que Jacquart eut Tidée admirable de remplacer le cylindre dont les dimensions sont nécessairement limitées, par une série de bandes de carton sur lesquelles devait être tracée la représentation ou la traduction du dessin à exécuter et dont le développement indéfini permettait de composer des dessins de toutes dimensions. »
La fig. i, pi. 1, p3ut donner une idée de la disposition de ces cartons dans un métier à la Jacquart : le maillon sur lequel est accroché chaque fil de la chaîne, et qui peut du reste en porter trois ou cinq, suivant la grosseur des entrelacements que Ton veut faire, est attaché à un crochet A dont la tige passe à travers Toeil B d'une aiguille horizontale cd, convenablement maintenue.
Du mouvement de cette tige A dépend donc le soulèvement ou rabaisse* ment du fil qui lui correspond. Pour produire ce mouvement, le crochet a, qui termine la partie supérieure de cette tige, repose sur une lame transversale L que l'on voit en coupe transversale sur la figure. En soulevant cette dernière lame, on soulèvera donc la tige A, à moins que, par une circonstance quelconque, le crochet a ne soit retourné de côté. Dans ce cas, la lame L serait seule soulevée. Pour obtenir ce retournement du crochet a, il suffit que Paiguille horizontale cd soit un peu avancée vers r, car alors un guide placé dans Tœil B communique à la tige A un mouvement de rotation sur elle-même, dont l'amplitude correspond à la distance dont s'est déplacée l'aiguille cd.
Imaginons maintenant, circulant devant l'aiguille cd, un chapelet de cartons percés MNP, réunis bout à bout par des brins de ficelle et enroulés sur im treuil carré N auquel est communiqué un mouvement saccadé de rotation au moyen d'une pédale. On comprendra fecilement que si ua ressort à boudin R sollicite l'aiguille cd vers c, cette aiguille sera entraîné» par ce ressort toutes les fois qu'un trou se présentera devant elle. Toute» les fois, au contraire, que ce sera un plein qui passera^ elle ne subira au* cun dérangement. Or, comme chaque mouvement de cette aiguille a pour effet l'inertie du crochet A, il arrivera que tous les coups de pédale donnes à L n'auront d'action sur le fil de la chaîne correspondant à A, qu'autant qu'im trou ne se présentera pas devant Taiguille cd, c'est-à-diie que la dis-
position du dessin n'exigera pas la superposition du fil de trame à ce fil de la chaîne.
D'après cette disposition, on comprend qu'il faudra, pour chaque espèce de dessin, avoir un nombre de crochets égal au nombre de fils de la chaîne divisé par le nombre des fils des maillons, et un nombre de cartons égal à cehii des coups de trame. Il y a des dessins qui exigent plus de 3000 aiguilles, 3000 crochets et plus de 100000 cartons. Pour prendre moins de place, les crochets et les aiguilles sont disposés sur plusieurs rangs parallèles» les fkremiers verticalement et les seconds horizontalement. £n les projetant sur des surfeces planes correspondantes, on obtient une série de points en quinconce dont on trouvera les figures dans les ouvrages spéciaux tels que celui de M. Alcan.
Pour obtenir à bon marché des cartons percés, d'après la mise en carte, OQ a construit des machines particulières qui permettent de les fournir à bon compte. Un industriel de talent, M. Acklin, a même depuis quelques innées substitué le papier au carton pour cette fonction délicate du tissage mécanique. Or, ce sont ces cartons percés que M. Bonelli a voulu remplacer par un mécanisme électro-magnétique dont pous allons donner la description.
Premier système de M. BoneUL — Dans le premier système Bonelli, la partie inférieure du métier Jacquart subsiste; seulement les crochets se terminent par une tôte de fer doux reposant sur une tringle de bois correspondant à la pédale. Cotte tringle, ou ces tringles, car il peut y en avoir Plusieurs, se trouve, par le mouvement communiqué à cette pédale, élevée & la hauteur d'une ou de plusieurs séries d'électro-aimants droits, rangés les uns à côté des autres et en nombre égal à celui des crochets. C'est alors que se (ait le triage de ceux de ces crochets qui doivent rester élevés et de ceux qui doivent se trouver abaissés. Voici comment :
Un cyKndre métallique ou une toile sans fin métallique enroulée sur
deux cylindres, est fixé derrière le métier, de manière à participer par Tin-
termédiaire !d'une relation mécanique au mouvement dos tringles précé*
dentés. Cette participation à ce mouvement a pour but de faire tourner le
cylindre d'une quantité constante, un millimètre environ pour chaque
. noorement, et peut s'obtenir, comme on le comprend aisément, à l'aide
d'une roue à rochet et d'un encUquctage. Ce cylindre, qui représente celui
du métier de Vaucanson, joue le rôle d'interrupteur ou de distributeur
da courant. A cet effet, il porte, appuyées conlro sa surface, une série de
pointes métalliques à contre-poids, qui communiquent chacune avec un des
éiectro-aimants dont nous avons parlé. Ces pointes étant rangées sur une
seule et même ligne droite, faciliteraient Texécution de l'intemiptem'; mais comme en raison de leur nombre, elles pourraient exiger du cylindre une trop grande longueur, on peut les disposer par étages. C'est une complication pour le dessinateur, il est vrai^ mais cet inconTënienf; suivant M. Bonelli, est largement compensé par les avantages qu'on [obtient, les électro-aimants du métier communiquent d'autre part avec l'un des pôles de la pile, tandis que l'autre pôle est en rapport avec un frotteur qui appuie sur le cylindre ou la toile sans fîn métallique servant de commutateur.
Sur ce cylindre ou cette toile se trouve le dessin ccmposé en langage de tissage, c'est à dire en parties isolantes et en parties conductrices disposées d'après Tordre des fils et des duites, H y a donc, pour chacune des lignes ou génératrices du cylindre, éloignées Tune de Tautre de un millimètre, des parties conductrices alternées de parties non conductrices qui, venant à passer sous les pointes en rapport avec les électro-aimants du métier, peuvent rendre ceux-ci actifs ou inertes, suivant que c'est une partie conductrice ou une partie isolante qui se présente. Ces électro-aimants repré- ^ntent donc en force magnéti^que ce que représente en conductibilité chaque ligne du cylindre, et, par conséquent, maintiennent soulevés dans l'ordre voulu les crochets qui leur correspondent.
Pour obtenir ces espaces isolants du transmetteur, M. Bonelli employait le vernis copal, de sorte qu'il suffisait de les peindre avec le pinceau en façon cariée, pour que les caprices de leurs formes soient reproduites par le tissage. Quand le dessin n'a que deux couleurs, ce travail est extrêmement facile, puisqu'il ne s'agit que de peindre au vernis les parties qui sont occupées par une couleur, et de laisser à leur brillant métallique celles qui doivent être occupées par l'autre couleur. Mais, dans les dessins plus chargés, comme les dessins de cachemires, le travail est plus compliqué, et pour le ramener à une mise en train facile, M. Bonelli a adapté à l'appareil im transmetteur particulier que nous allons décrire et qui se dis* pose comme une forme d'imprimerie.
Cette partie de l'appareil se compose de deux appareils indépendants l'un de l'autre, d'une grille-composteur et d'un peigne à dents mobiles. Il y a de plus un casier où sont rangés, suivant les différentes nuances des coideurs et les espaces qu'elles doivent occuper, de petits morceaux de métal de différentes longeurs (variant suivant l'ordre des couleurs), et de différentes largeurs (variant suivant l'espace qu'elles doivent occuper sur le dessin). Ces petits morceaux de métal ont une tête qui leur permet d'entrer dans les vides de la grille sans qu'ils puissent tomber, et, comme ils sont tous de même épaisseur, ils peuvent être assemblés les uns à côté des autres, bien qu'ils
représentent des oonfeurs différentes et occupent en largeur des espaces différents. Quand on a ainsi traduit le dessin et composé les différentes lignes présentées par les vides de la grille, on fî te sur cette grille une planche qui maintient au même niveau toutes les tètes de ces parties métalliques; de telle sorte que, du côté opposé, on se trouve avoir une surfiace inhale, sur laquelle il suffit d'appliquer successivement ligne par ligne les dents mobiles du peigne, pour obtenir une nouvelle traduction susceptible d*étre appropriée à Tinterrupteur.
 cet effet, les dents mobiles du peigne, qui ne sont autre chose que de petits lames métalliques maintenues par des coulisses entre deux pièces de bois parallèles, sont vernies sur leur surface supérieure, à Texception d*un seul point qui est le même pour toutes. Quand toutes ces dents sont à la même hauteur, les parties conductrices forment sur toute la longueur du peigne une ligne droite; mais si on les applique sur la grille-composteur tprès qu'elle a été composée, elles sont refoulées plus ou moins, et les parties conductrices se trouvent alors distribuées par .échelons, suivant les cou* leurs, quoique appartenant à la môme duite.
Comme les différentes dents de ce peigne sont chacune en rapport avec Fun des électro-aimants du métier, et qu'un frotteur en rapport avec la pile se trouve, à chaque coup donné à la pédale, appliqué transversalement sur toutes ces dents, il arrive que tous les électro-aimants qui doivent soulever les crochets en rapport avec chaque couleur sont soulevés en môme temps, et que Ton peut, par conséquent, foire circuler sucessivement les navettes correspondant à ces différentes couleurs pour une môme duite.
Pour les fils de la trame supplémentaire qui, comme nous Tavons déjà dit, sont destinés à relier tous les fils, après qu'ils ont satisfait aux exigences du dessin, et à lustrer Tétoffe, comme il n'exigent que douze cartons avec les Jicquart ordinaires, on peut» dit M, Bonelli, laisser subsister ce mécanisme. Cependant, dans les métiers nouveaux, on pourrait le disposer ^)mmeles autres; seulement il faudrait que les électro-aimants fussent beaucoup plus puissants. C'est cette partie du mécanisme des métiers Jacquart à laquelle on a donné le nom d'armures.
Système de M. Maumeném — Dans son système, M. Maumené, au lieu de &ire réagir les électro-aimants sur les crochets des fils de la chaîne, les fait zvagir sur les aiguilles qui, dans la Jacquart ordinaire, soutiennent ces crochets. Par cette disposition, la machine ordinaire est conservée presque intacte. Elle nécessite seulement l'espacement plus grand des aiguilles, iagrandissement de leur étui et le changement de la structure des élastiques. Ainsi, les aiguilles seraient d'inégale longueur pour être à portée
des différentes rangées des électxo-aimants, et les él&sUques, au lieu d*af^ir par extension et pour repousser les aiguilles, seraient disposées de manière à les ramener par contraction. Les mouvements s'exécuteraient ainsi qu'il suit :
£n partant du point de repos, c'est-à-dire du moment où les crochets sont descendus, le châssis des électro-aimants se trouverait en contact avec les têtes d'aiguilles; le coup de pédale du tisseur ferait^ comme à l'ordinaire, monter la griffe, mais le ressort extérieur, guide du battant dans la machine ordinaire, agirait sur le châssis des électro-aimants pour l'éloigner dès le premier moment et le porter à une distance où les crochets ne peuvent plus être saisis par la griffe. Tous les électro-aimants à travers lesquels passera le courant, entraîneront leur aiguille, malgré les élastiques, et la griffe, en montant, ne saisira que les crochets dont les aiguilles ne se trouveront pas déplacées. Le tisseur, ayant donné son coup, abandonnera la pédale, la griffe et les crochets redescendront, et le ressort permettra au châssis de revenir en son point do repos. A ce moment, le cylindre commutateur, par l'intermédiaire d'un encliquetage, tournera d'une dent, et offrira de nouvelles issues au courant pour pénétrer dans les électro-aimants. De cette manière, un nouveau coup de pédale amènera le déplacement d'autres aiguilles, etc., etc. « Les avantages de ce système, dit M. Maumené, sont faciles â saisir : moins de fatigue pour l'ouvrier, qui n'aura plus à soulever, comme dans le métier à la Jacquart, qu'une certaine quantité de plombs, moins de dépense pour l'appareil électro-magnétique, les électro-aimants devant être plus petits que ceux du métier BonelU, puisqu'ils ont moins de force à exercer. »
Quant au cylindre commutateur, M. Maumené, le dispose de la manière suivante :
Au lieu de présenter à sa surface un carrelé ou canevas gravé sur lequel on doit distribuer le vernis, d'après les exigences du dessin, comme dans le système Bonelli, ce cylindre est percé de trous correspondant aux différentes mailles du carrelé, et c'est en introduisant dans ces trous des goupilles saillantes, qu'il fixe avec de l'alliage fusible de Darcet, que M. Maumené compose son dessin de tissage. Ces goupilles jouent donc le môme rôle que les espaces non vernis dans le système Bonelli. Elles ont l'avantage d'être pour le compositeur du dessin d'une manipulation facile, d'une grande sûreté pour l'action électrique, et d'une correction aisée et prompte. Sous ces différents rapports, ce commutateur est préférable à celui de M. Bonelli; pourtant, M. Maumené en a préféré un autre dont l'installation serait beaucoup plus difficile ot plus compliquée. 11 s'agirait, en effet, de rem-
placer le cylindre troué par une planche de cuivre également trouée, qui serait fixée au plafond, et qui serait mise en mouvement par une crémaillère commandée par un engrenage. Ce serait alors sur une roue k rochet faisant partie de cet engrenage, que réagirait le châssis aux électro-aimants à chaque mouvement qu*il opérerait. Il va sans dire que le dessin serait composé avec des goupilles sur cette planche métallique» comme il l'aurait été sur le cylindre, et que les ressorts frotteurs du commutateur se trouve* nient à portée de cette planche.
Ce système a été Tobjet de réclamations de la part de M. Bonelli, et, il fuit Tavouer, ce dernier était dans son droit ; car le châssis aux électro-aimants, se mouvant latéralement, est indiqué dans le brevet de M. Bonelli comme une des dispositions à donner à son appareil ; les commutateurs précédents, qui n'ont, d'ailleurs rien de nouveau, avaient été également indiqués, du moins quant au principe, par M. BonelU. En définitive, il n'y a donc que Tidée de la réaction des électro-aimants sur les aiguilles des crochets qui appartienne à M. Maumené. Est-ce un progrès ou un perfectionnement?... C'est d'après M. Gand plus que contestable.
Système de MM, Pascal et Mathieu. — « Dans ce système, dit M. Tissenmt, la lame de cuivre qui a reçu le dessin est placée dans une situation verticale, et latéralement par rapport aux crochets qui soutiennent les tiU. Elle tourne sur un cylindre, sans déplacement total. Le dégrilfement a lieu, sous Tinfluence du courant électrique, par un petit mouvement de rotation des crochets sur leur axe, mouvement qui les fait échapper de la b)uche du collet par laquelle ils sont retenus dans l'état de repos. Les fils àj:ii les crochets sont restés en place se trouvent alors enlevés par les pédales. Les électro-aimants n'ont d'autre office ici que de faire exécuter, à chaque coup de pédale, aux crochets correspondant aux divisions de la pUque qui ne sont pas recouvertes par le vernis, un léger mouvement de bascule, ce qui n'exige qu'une puissance minime. On ne saurait disconvenir que ce soit là une application très-ingénieuse de la force électrique dans un appareil où il s*agit de réunir la simplicité et la régularité à Téconomie. »
Système de M. E. Gand. — M. Gand est un des industriels qui se sont le |kus occupés de tissage, et à ce titre aussi bien qu'à celui de dessinateur sur étofles, il lui appartenait plus qu'à personne de faire la critique du syst«-me de M. Bonelli; c'est ce qu'il a fait dans une série d'articles que nous av.ms reproduits, tome III, p. 16, 23, 44 de notre seconde édition.
Toutefois, tout en démontrant Timpossibililé pratique des métiers IfcwM'ili, M. Gand a recherché les conditions dans lesquelles ces métiers tievraient être construits pour satisfaire aux exigences do la fabrication, et
il a combiné dans ce but un système que nous allons maintenant étadier» quoiqu^il ne soit pas encore, comme l'auteur le £sdt remarquer lui-même, h l'abri de toute objection.
Dans la critique qu'il avait faite du système Bonelli, M. Gand avait émi$ cette pensée, que Télectricité ne pouvait être applicable à la fabrication des tissus qu'autant qu'on trouverait un système qui mît le fluide électrique en rapport direct avec les fîls de la chaîne, ou tout au moins avec ehacwu des arcades qui servent à faire lever les fils. Pour réaliser cette pensée, fl réunit dans une seule machine les éléments nécessaires à rexécution cou»plète du tissu; il place dans la machine même les électro-aimants, et lesfilfc agir directement sur les tiges à crochet, qu'il appelle alors crochets-griffes» De cette manière, des fîls conducteurs fixes sont substitués aux aiguilles mobiles do la Jacquart, qui sont, comme on le sait, sujettes à des dérangements continuels. Enfin, il emploie pour distributeur du courant le système mémo des cartons percés de Jacquart, auxquels il substitue, par exempte, du papier. Voici du reste la description que M. Gand donne de son systèma
« Dans ce système, j*ai surtout cherché à placer le papier commutat^ir dans des condition^ telles qu'il pût exercer une très-grande résistance avec le moins de fatigue possible. L'application du papier sur une surface plane et polie résout ce problème. En efifet le papier, dont Pépaisseur n\)ffrirait isolément qu'une résistance insuffisante, deviendra, par suite de son application sur cette surface inflexible, capable de repousser la pointe émousséc d^une aiguille métallique très-mobile d'ailleurs.
« C'est un cylindre de métal, K, à huit pans (fig. 2 , pi. I), qui reçoit successivement chaque division du papier X, lequel doit être continu et isolant; toute division (lig. 5) correspond à un coup de navette. Ces divisions ont envii^on 18 "/m de haut sur 15 cent, de large, en grandeur naturelle pour AOO. trous.
a Le cylindre dépend d'un battant, semblable à celui qui met en jeu le cylindre d'un métier Jacquart ordinaire. Ce battant imprime donc au cylindre octogone un mouvement alternatif de recul et de retrait.
« Une planchoite J. lig. '2, contre laquelle vient battre l'octogone» est traversée par dos petits clous disposés de telle sorte qu'ils correspondent parfaitement aux positions qu'occupent tous les trous que peut contenir la bande de papier (lig. 5).
« Ces clous, dont la pointe dépasse d'un millimètre environ le côté de la planchette J qui fait face nu cvlindre K ^lig. '2), ont au contraire, de Tautre côté, des tètes (fig. 0) qui sont d'autant plus allongées que ces clous sont placés plus bas dans la planchette J.
APPUGATIONS AU TISSAGE. 59
« Contre ces tètes, en saillie et échelonnées, viennent s'appliquer des tiges métalliques verticales ty adaptées au support en forme de pupitre S, fig. 2.
« Â ces tiges aboutissent les fils conducteurs H' qui passent par les électros E, sortent en H, et descendent vers Tun des pôles de la pile. D'autres fils csodocteurs H", vont du pôle opposé de cette pile au cylindre métal*
€ Les tiges verticales t agissent comme ressort sur les tètes rr des clous, en sorte que, quand le papier interposé entre im pan métallique et la pointe ée» cloua vient s'appliquer contre la planchette J, celles des pointes qui int face aux pleins du papier, reculent d'une quantité égale à l'épaisseur de œ papier, ce qui permet, et c'est là surtout le point capital, aux pointes placées en regard des vides de ce même papier, de plonger jusqu'au métal SI de se mettre en contact parfoit avec lui.
c Les tiges D sont munies à leur extrémité supérieure d'un axe de suspenâoo ^, et à leur partie inférieure d'un crochet-griffe d placé en regard d^mie entaille b (fig. 4) pratiquée dans la pièce ascensionnelle e ; Ces tiges D mt soulevées à volonté par un châssis ascensionnel A, au moyen d'une poulie R, communiquant à la pédale de l'ouvrier par im arbre de couche et ime corde, coomie dans les métiers à tisser ordinaires.
« Les pièces e destinées à soulever les arcades i , reposent sur la planche Inriioatale ec; une barre-guide F maintient les 4 crochets d d'une rangée ptHiûtement en regard des entailles b.
« Lorsque la machine est au repos, ainsi que l'indique la figure 2, c*est-à- <Sire, lorsque les tiges D sont au bas de leur course, les chevilles h, dépendue d'un châssis-propulseur 'B qu'un mécanisme spécial fait mouvoir titemativement de droite à gauche, poussent ces tiges D contre les électros E, et les forcent à prendre la position verticale qu'elles ont sur la figure. Alors Textrémité inférieure d ou le crochet-griffe de chaque tige, pénètre daos l'entaille 6 qui lui fiait face. *
I Dtns cette position, le cylindre K et le papier X sont maintenus contre 1(6$ pointes des clous. Gonséquemment, les trous du papier permettent, comme nous Tavons dit plus haut, aux pointes des clous de se mettre en contact avec le métal d'un des pans de Toctogone.
• Le circuit s'étabUt, et les électros dont les fils conducteurs aboutissent à ces pointes, agissent comme aimants sur leurs tiges respectives D.
• U T a, au contraire, rupture du circuit partout où les pleins isolants du pipier viennent s'interposer entre lo métal du cylindre et les pointes des dous. Alors les électros dont les fils conducteurs aboutissent à ces pointes, s'oat aucun pouvoir attractif sur les tiges D, et par conséquent sur les oocbets-griffes d qui leur correspondent.
60 APPUCATIONS AU TISSAGE.
c Si, maintenant, Toirmer fût lever te ch&ssîs A au moyen de la poulie R, ce châssis enlève avec lui tous les crochets-griffes indistinctement. Le châssis propulseur B est aussitôt repoussé vers la droite par un mécanisme opposé à celui qui primitivement le poussait vers la gauche. Les chevilles h entraînées vers la droite (fig. 3), cessent d'agir sur les Uges D et les abandonnent toutes à elles-mêmes.
c Mais parmi celles-ci» les unes, adhérant aux électros aimantés, restent dans leur position verticale et glissent contre ces électros, dans le mouvement ascensionnel, jusqu'à ceqiie leurs crochets utiles d (1), commencent à soulever les pièces e. Les autres, abandonnées à elles-mêmes par les électros non-aimantés, sont poussés par les ressorts v contre les butoirs y fixés au châssis ascensionnel A. Leurs crochets utiles, d, s'écartent alors des entailles carrées b (fîg. 4) assez à temps et à ime distance suffisante pour ne pas s'y engager.
a Par ime disposition spéciale, le battant n*écarte l'octogone de la planchette J que lorsque cette division en crochets utiles et en crochets tnutiles (2) a eu le temps de s'effectuer, c'est-à-dire, lorsque les uns ont déjà commencé à soulever les pièces e tandis que les autres sont passées à côté sans pouvoir les prendre.
a C'est alors que le battant entraîne le cylindre K et Técarte des pointes des clous. En cet instant, Taction magnétique est détruite partout. Les tiges des crochets utiles engagées dans les entailles d peuvent évidemment cesser de glisser contre les électros, ce glissement n'ayant plus en effet raison d'être, puisque la prise des pièces e, qui doiveiit lever les arcades i et les fils de chaîne qui correspondent aux maillons suspertdusà ces arcades , estaccompUe,
a Le problème est donc résolu.
c Les avantages économiques et pratiques de ce système peuvent se résumer ainsi :
{"* Le papier coiite dix fois moins que les cartons ordinaires...
2o Au moyen du papier on pourra au moins, exécuter tous les articles possibles, qu'ils soient composés de chaînes multiples ou de plusieurs navettes juxtalancées.
30 Le translatage de la mise en carte est inutile, s
(1) Dans la figure 2, toute la partie de droite est tiers de proportion avec le corps de la machine placé à gauche. Le dessinateur a dû procéder ainsi pour faire mieux ressortir le détail de la planche J.
(2) L'auteur appelle utiles les crochets qui doivent prendre ou faire lever les fiU delà chaîne, et iîiutilcs ceux qui doivent les laisser.
APPUCATIONS AU TISSAGE. 6(
Sifrtème de M. Régis, — Ce système imaginé en 18[i9 par un compatriote de H. Bonelli, n'est qu'une modification de celui de M. Gand que nous venons de décrire. Dans cette nouvelle disposition, en effet, les ëectroaimants agissent latéralement sur les crochets, par l'intermédiaii-e de tiges armatures horizontales qui se meuvent devant des traverses également horizontales commandant le déplacement des crochets, et ces tiges armatures, siBvant que le courant anime tels ou tels des électro-aimants qui agissent sur elles, écartent de Is verticale les crochets auxquels elles correapondenL
Ia Qgure T, ci-dessous, représente ce dispositif : Les électro-aimants sont
ea C, et leurs tiges armatures en b. Celles-ci sont portées par un ch&sais
fffpâ, en prenant un mouvement de va-et-vient à chaque coup de trame,
Fig7.
les rapproche tantiît des électro-aimants G, tantôt des aiguilles de la Jacquart e, sur lesquelles elles réagissent par l'intermédiaire d'une tète g. Ces ti^es armatures glissent bien entendu librement dans les trous qui les HKiticonent; mais entra leur tétc et le châssis f, elles traversent des ouvertures assez grandes o pratiquées dans une plaque mobile avec le cb&ssis, « qui joue la rOle des cartons Jacquart.
£d e&t cette plaque est susceplihle, à chaque mouvement du châssis [fie fauche à droite, d'être légèrement déplacée de haut en bas et d'obstruer par conséquent le passage de la tête g des ti^s à travers les ouverbires 0, et il arrive alors que si les tiltcs g sont en dehors de la plaque Bobik, elles se trouvent appuyées contre les bords de cette plaque et en état, par CDOséqueut, de repousser les tiges e de la Jacquart. Si, au contraire.
62 APPUGATIONS AU TISSAGE.
ces tètes g sont de l'autre côté de la plaque mobile, parce que les électroaimants C étant devenus actifs au moment du mouvement de droite à gauche du châssis //* auront maintenu les tiges b appuyées contre leurs pôles, le mouvement de haut en bas de la plaque mobile n'aura d'autre effet que d'obstruer les orifices o, sans provoquer aucune réaction sur les tiges e. De cette manière, il suffira donc, pour soulever telle ou telle aiguille delà Jacquart, de faire passer à propos le courant à travers l'un ou l'autre des électro-aimants C, et ce résultat est obtenu, d'une part à l'aide de l'interrupteur général du circuit B, qui est mis en action par une pièce à galet adaptée au châssis mobile ffy et d'autre part au moyen du commutateur Bonelli qui est en Q m.
Ce commutateur se compose d'une série de lames métalliques m mises en rapport électrique avec les différents électro^imants, et qui, se terminant en pointe à leur partie inférieure, peuvent appuyer, à un moment donné, sur le papier préparé où se trouve le dessin. Ces lames sont rangées parallèlement les unes à côté des autres, et sont séparées par les dents n, n d'un^ peigne isolant Le papier dessiné est enroulé sur un cylindre Q, placé audessus des lames dont il vient d'être question, et se trouve disposé d'une manière différente suivant le nombre des couleurs de l'étoffe.
8i le dessin n'a que deux couleurs, on peut métalliser le tracé du dessin en maintenant isolante la surface du papier, ou bien on peut faire l'inverse, c'est-à-dire couvrir le tracé du dessin d'une couche isolante et métalliser la feuille de papier. Mais si le dessin a plusieurs couleurs, M. Régis recommande l'emploi du premier système, et alors les effets sont obtenus par la superposition successive des dessins métaUisés appartenant à chaque couleur. Dans ce cas, chaque dessin est séparé de son voisin par une couche isolante, et communique à une bande métallique disposée sur le bord de la feuille dans toute sa longueur. Chaque dessin, sur la feuille, a donc une bande métallisée qui la représente, et la communication de la pile avec ces bandes se fait successivement, ce qui permet de passer tour à tour les navettes de chaque couleur. Le métallisage des dessins s'obtient facilement, d'après M. Régis, par des moyens galvanoplastiques.
C'est l'interrupteur B, mis en mouvement par le châssis /*/, qui établit et interrompt en temps convenable le courant, c'est-à-dire au moment de chaque duite.
Par une disposition particulière donnée à la machine, on peut changer instantanément le sens, la vitesse et la course du cylindre Q, ce qui permet de tisser un dessin quelconque avec toutes les réductions que l'on teut.
Dfmier système de M. Bonelli. — Nous avons vu que le commutateur employé par M. Bonelli consistait dans im cylindre ou une surface métallÀque sur lequel appuyaient des pointes fixes en rapport avec les électro-aimants, et dont les parties isolantes étaient obtenues au moyen de vernis copaL L'expérience ne tarda pas à lui démontrer que ce système était complètement mauvais. £n effet les pointes en frottant sur le vernis s'imprégnaient de matière isolante, et ne transmettaient plus le courant quand elles étaient sur une partie métallique, ou bien elles écorchaient cette légère couche de vernis et produisaient des fermetures anormales de courant. Pour remédier à cet inconvénient, M. Bonelli a cherché à combiner son commutateur d'une manière tout à ^t inverse à ce qu'il était. Ainsi ; au lieu de rendre isolante une surface conductrice, il s'est imaginé de métalliser une surface isolante, et de ne faire réagh* les pointes sur le commutateur qu'au moment même de chaque battement du métier. Voici comment ce problème a été résolu.
Le dessinateur trace sur une simple feuille de papier et à l'aide d'un vernis gras, le dessin qui doit être reproduit sur rétoffe. Il recouvre ensuite ce dessin d'une mince feuille d'étain qui est laissée en contact avec lui pendant une demi-heure environ, de manière à la taire adhérer avec le dessin, c'est-à-dire avec les parties recouvertes de vernis. On frotte alors le papier avec un tampon de coton. Sur le papier ainsi frotté, Tétain reste adhérent au vernis, et disparait au contraire des parties qm n'en ont point reçu, On obtient donc sur le papier la reproduction du dessin en une légère couche métallique, et par conséquent conductrice deTélectricité; au contraire le fond demeure simplement formé de papier, c'est-à-dire d'une substance isolante.
c Ce n'est pas, dit M. Figuier, la seule différence qui existe entre les deux appareils de M. BoneUi. Dans son premier métier, ce savant employait les électro-aimants à développer une force mécanique. Ces électro-aimants soulevaient directement les fils de la chaîne, ce qui exigeait une force électrique considérable. Dans le modèle actuel, M. Bonelli revenant au métier Jaquart, a très-heureusement perfectionné ce mécanisme. Les aiguilles qui doivent soulever les fils de la chaîne ne sont plus attirées isolément par les électro-aimants, comme dans le métier Jacquart, elles sont poussées toutes à la fois par une action mécanique indépendante du Teste du système, c'est-à-dire par une pédale manœuvrée par l'ouvrier. Ixms ce mouvement, toutes les aiguilles butent contre un arrêt. Ce sont ces arrêts, petits leviers d'une grande mobilité, qui constituent l'armature des cAectio^aimaats, Quand le fluide électrique les attire vers l'électro-aimant, ils éprouvent un léger déplacement, et dès lors, par suite de ce changement
de position, Paiguille du crochet auquel ils correspondent tire le Ûl de la chaîne suivant l'exigence du dessin (1). ■
Application du système Bonelli iL la fabrication des car* tons percés des J[acquart.~ Si les avantages de Tapplication de Télectricité au tissage sont plus que contestables, il n'en serait peut-être pas de même de cette application à la fabrication des cartons employés dans les métiers Jacquart ordinaires^ laquelle permettrait d'opérer les perforations de ces cartons sans lecture préalable. Un industriel, dont le nom m'échappe, avait imaginé il y a ime quinzaine d'années un appareil de ce genre très-ingénieux, qu'il a fait fonctionner devant moi^ et qui réalisait sur les procédés généralement employés une économie considérable. Ainsi d'apiès lui, des cartons de 400 qui coûtent de 22 fr. à 25 fr. le mille, plus la lecture qui est de 7 fr., ne reviendraient qu'à 3 fr. 50, par suite de la suppression de la lecture et de remploi de bandes de papier qui sont alors substituées aux cartons.
n est facile de comprendre comment un pareil système peut être établi» car on n'a qu'à supposer le système Bonelli adapté à des poinçons ou à des emporte-pièces au lieu d'être adapté à des crochets, et on pourra concevoir que, pour chaque mouvement de l'appareil correspondant à une duite, il sera possible de faire arriver successivement sous le peigne du commutateur une partie dififérente du dessin, d'où pourra résulter la mise en action de tels ou tels des électro-aimants qui lui correspondront; ces électroaimants, en abaissant les poinçons auxquels ils sont rehés, pourront ensuite mettre ceux-ci en position d'être enfoncés simultanément à travers la bande de papier au moment où on fera manœuvrer le mécanisme perforateur. Le dispositif de l'appareil était très-ingénieux, et je regrette que l'oubli du nom de son inventeur ne m'ait pas permis d'en donner une description plus détaillée et des dessins.
2o Casse fïls éleotrlques.
Application aux métiers à Aller la soie. — Système de M. A. Achard. — Pour pouvoir apprécier le but que s'est proposé M. Achard dans cet appareil, il est important de dire quelques mots Sur la manière dont on file la soie et sur les difficultés que présente ce filage.
La soie peut être filée à 6, 8, 10 ou 12 brins et même plus. Pour cela, on place les 6, 8, 10 ou 12 cocons qui la fournissent, dans une bassine remplie
(1) Un perfectionnement du môme genre avait été proposé longtemps avant par MM. Mathieu et Pascal, de Lyon.
APPLICATIONS Al' TISSAOE. M
i'ma etiuule, et après avoir réuni les brins ensemble, on les bit passer & tavm un systime particulier de poulies qui a pour but de serrer fortement la brins les uns avec les aulres avant leur enroulement dèSnitif sur le dMdoit. Ce système de serrage consiste simplement dans deux petites pouliM ou UTelles placées parallèlemenll'une h cdté de l'autre et sur lesquelles |HK Je tu qu'on dévide. Apres avoir circulé autour de ces poulies comme m ooarroie d'engrenage, le fil vient s'entortiller sur lui-même, et, par ce Mul Ut, M trouve considérablement «erré au moment où il est.Uré par le «ndoir.
Les mMtrs à filer la soie sont donc assez simples en apparence, mais tel la (Mmliqueit n'en est plus de même; car ils nécessitent, pour chacun AbZ| 1* préeencu de deux personnes, l'une occupée â taire marcher le dMdoir, l'tutre à remplacer les cocons dont les brins se cassent. Pour opènr cette substitution, l'ouvrière qui a devant elle un certain nombre de ODOMS poodus par leur brin et convenablement mouillés, lance le brin d'un iâ «H cocoDSr qu'elle tient d'avance dans la main, contre le faisceau qui se âiiirt». H pAr l'action de la substance gommeuse dont le cocon ainsi Smt^'* est imprégné, ce brin se trouve suffisamment collé. Or, il est ^ile it coopraidro combien ce soin est minutieux et combien d exigu de dextètilAdi 1* part de l'ouvriËre qui en est chargée; aussi le plus souvent il ■me que \n brins cassés ne sont pas remplacés spontanément, ce qui BtitlM (les débuts dans le tissu, qui se traduisent par des peluches du plus effet. M. Âchard, se rappelant que par l'intermédiaire de l'élecon pounût produire, é l'aide d'une force initiale infiniment petite, tce eonsidét^le, a pensé qu'on pourrait opérer mécaniquement cette et il a en effet construit dans ce but un métier excessivement qui a réalisé complètement ses espérances, le jeu de cet appareil est fondé sur une réaction électrique particulière, i|ai t'obtient nu moyen d'un ombrayeur b mouvement alternatif analogue à oM dont nous avons déjà parlé, tome IV. p. 512.
Uns le métier de M. Acbard, représenté %. 7, pi. I, les cocons sont placés tel BH loisine de cuivre A A divisée en 6, S, 12 compartiments, suivant la psHBor qo'oo veut donner au fil de soie, et contenant de l'eau chauffée à Bt loBpèrature ccnvenahte. Les brins s'élèvent verticalement pour passer t bncn une fiUfare e, Qxèe Juste aù-dcseus du centre de la bassine, el à Kmn rixe eraux tl'uAO petite roue d'engrenage Ë ; c'est ii leur passage h fcims tâUa fltiire qu^ se collent les uns contre les autres pour ne former fctne Itl qui se dirigo, au sortir de l'axe creux, sur les tavelles
ae APPMCATIONS AU TISSAGE.
OU lîBSoin, [dont nous avons parlé, et où s'opère la croisade à la manière ordinaire.
CShaque brin de cocon, en se dévidant, appuie sur une petite bascule verticale D, placée dans une position très- voisine de Téquilibre instable, de sorte que le brin forme un angle trèâ-ouvert du côté du centre de la baa> sine. Chaque bascule D, peut tourner autour d'un axe horizontal F, et retomber en avant en s'éloignant du centre de la bassine pendant que son bras inférieur tombe en arrière du côté du centre.
Les cocons qui doivent remplacer ceux qui se dévident au fur et à mesure que leurs brins se rompent, sont étalés sur une chaîne sans fin hori« aontale G 6. Chacun de leurs brins est entortillé à un crochet faisant corps avec une autre chaîne sans fin également horizontale H H, laquelle, au moment de la réaction, s'avance en même temps et d'ime même quaa* tité que la première.
Lorsque l'un des brins de cocons qui se dévident vient à se rompre, la bascule qu'il tenait droite, tombe en avant dans la position D*. Le petit bras D' de cette bascule tombe en arrière et va appuyer contre le contact I, ce qui établit un courant électrique et met en jeu Tembrayeur électrique.
Celui-ci est articulé en B, et reçoit son mouvement par Fintermédiaize d'un système de leviers Fs,G|,mis en rapport avec le moteur et réagissant sur le levier D^ de Tembrayeur. Ce levier D| est précisément celui des deux leviers de cet organe électrique qui porte l'armature £s de l'électro-aimanU L'autre levier A,, sur lequel ce dernier est fixé, se continue en O pour s'articuler d'un côté à un levier mobile Hs, et, d'un autre côté, aune tige P» dont nous verrons bientôt la fonction. Il résulte de cette disposition que, quand par l'effet de la fermeture du courant, l'électro-aimant C| C| se trouve collé sur l'armature £|, les leviers 0 et P participent au mouvement du levier D^, le premier, en donnant à une règle K à laquelle il est relié par le levier H^, un mouvement de va-et-vient de gauche à droite et de droite à gauche; le second, en faisant opérer un mouvement semblable à la règle Q. C'est la règle K qui porte le système mécanique L ^3, c,, h^ /*„ y,» qui est destiné à saisir le brin de cocon entortillé au crochet M, à le couper, à le porter contre ceux qui se dévident, à le mettre en contact avec eux par la pointe, à lâcher ce brin, et à revenir à la position L après avoir collé ce nouveau brin aux autres. Ce système que Ton voit développé en K' L' au moment où le cocon de rechange est collé et qui est figuré sur le dessin en pointillé, sera décrit plus tard.
Lorsque la règle K, après s'être transportée en avant, revient à sa posi* tion de repos, son extrémité K' lait' tourner d'un sixième de révolution une
q ttcb
ron* h rochct N, ce qui fait avancer la chaloe sans Sd H, de maoiâre i amener en U un nouveau crochet et le brin de cocon qui s'y trouve susptndiL En mj^me tumps, un bras articulé à la tige 0 fait avancer de la mime quantité la cbaine G': de sorte qu'un nouveau cocon se trouve su£fnda pu sou brio au crochet M et trompo dans sa bassine, en attendant ^\at DOOTelle rupture ait lieu parmi ceux qui se dévident ; auquel cas il Nn nki k son tour, coupé, transporté et collé contre les autres, commQ PDOt levons àb}^ expliqué,
PeDilant que la règle K accomplit son mouvement en retour, la règle Q foi porte nn cliquet d'impulsion à son extrémité Q', ^t tourner d'un BÔfeme la roue il rochet It, laquelle transmet son mouvement à la roua tagrcnago S qui fiût, ^ son tour, faire un tour entier au pignon E, et par ■ila ta chariot T. Cdui-ci entraîne alors le nouveau brin collé pondant fsH M dividc. et le lAciic fk la piace du cocou dont le brin vient de se rompre.
ttva autre cdté, en même temps que ta r^glo Q fait tourner la roue à adiet R. U pièce U, tixée U cette règle Q, pousse le bras V qui fait baisser kRftouat à engrenage X. Celui-ci, à son tour, abaisse la crémaillère Z et, !■ sais, le contact I, qui fait relever le bras D' de la bascule et la ramène position d'équilibre instable. Le brin de cocon appuyant sur la bascule ne doit produire qua la force nécessairo pour la tenir dans une positrto-Toisine de cet équilibre instable. La pièce U, continuant son mou* at tiodzontal, ne tarde pas h appuyer sur le bras V du cliquet V qui . la crctnaillére et lui permet de remonter. Par suite, le contât qui
>1 à la position V remonte & la position L Les choses sa trouvent ainsi
Hbbet dans kntr état primitif,
Koui aDooi maintenant Étudier avec détails les dlETércntes parties do cette
SUnni pour que l'cmbraycur. une fois son effet mécanique accompli, PBM nvenir au repos dans sa position initiale, un système rhéotomique M tadtepmaable. Co «yslème peut Hm combiné de ki manière suivante :
L^amtuie B| doit décrire une oscillation un peu plus grande que celle
fv fma parcourir l'èlectro-aimaul. Ce dernier, un peu avant la an de son
batfl contre la pièce Ig, et la repousse jusque contre la pièce Iv)
fU al Sic Le mouvement du la pièce I, bit ahdsser lo segment X et par
la otoaill^ Z et le «contact I, qui ne touchera plus qu'une partie da
D , cctto partie étant isolée par un petit morceau d'ivoire qui lui
dopuis le point a jusqu'au point b ; ce circuit se trouve ainsi iu-
tu momeot mCmo où l'électro-aimant est retenu par les deux
I« et K| qui lui opposent une resislauco invincible. L'aruiaturo couti-
68 APPUGATI0N9 AU TISSAGE.
nuant son oscillation lâchera nécessairement rélectro-aimant, malgré la force d'adhérence qui subsiste ordinairement après Tinterruption du circuit électrique.
Lorsque Tarmature a fini son oscillation en arrière, elle en recommrace une autre en sens inverse ; elle atteint bientôt Télectro-aimant qui était retenu contre la pièce Kf et le pousse devant elle (avec toute la force du moteur qui lui est appliqué) jusqu'à sa position de repos. CTest pendimt oe second mouvement de Télectro-aimant que la règle K revient à sa position de repos et que tous les mouvements que nous avons indiqués s'effectuent; savoir : celui des deux chaînes, celui du chariot qui porte le cocon à la place de celui dont le brin s'est rompu, celui de la crémaillère qui fait abaisser te contact I pour relever la bascule qui était tombée.
Lorsque Tarmature a repoussé Télectro-aimant jusqu'à sa position di repos, cette armature recommence une nouvelle oscillation et laisse l'éleotro-aimant à sa place, car il n'y a plus d'adhérence entre ces deux pièces, puisque le circuit électrique n'existe plus.
Examinons maintenant comment la chute d'une des bascules D suffit pour rétablir le circuit électrique.
M|i et Ng sont les deux fils métalliques qui aboutissent à la pile, laqudte peut être placée, soit à proximité, soit à distance. Le fil M^ est soud^ à une rondelle de cuivre emmanchée sur l'arbre B,. Cette rondelle appuie contre une autre à laquelle est soudée l'extrémité du fil B2C1 aboutissant à Tune des bobines de Télectro^aimant ; l'extrémité du fil en quittant la seconde bobine se rend à un bouton métallique Q2 posé sur un morceau d'ivoire adapté an bras A2, suit le fil qui aboutit au contact I, pénètre dans le bras D' de la bascule, parcourt l'arbre horizontal, puis le support et le fil qui lui est soudé, jusqu'au point 82 où il est mis en contact avec le fil N^ qui aboutit i l'autre pôle de la pile.
On comprend que lorsque la bascule D est relevée et que la tension du iQ qui se dévide la maintient dans la position d'équilibre instable, le contact I ne touche pas le bras D', et le circuit électrique est interrompu entre il point I et le bras D\
On comprend aussi, par l'inspection de la partie 82 Uf X2 T^, que lorsque le fil de soie formé de l'ensemble des brins réunis vient à se rompre, la bas* cule T2 U2, basée aussi sur le principe de l'équilibre instable, retombe en arrière et que son petit bras U2 fasse cesser le contact entre le fil B, S, ell6 fil N2 82, ce qui interrompt le circuit, et empêche la machine de fonctioaner, bien que toutes les bascules soient tombées et appuient sur leurs oofr tacts. Ciet effet aura lieu jusqu'à ce que l'ouvrière fileuse ait rétabli le bout
APl'UCATtOWS AL' TISSAIiE. 89
inirrftpftt oi feit marcher l'asplo ou dévidnir, tja'on n'a pns (i^ré ici parce qull nt construit comme tous les autres déjà coiinus.
11 CTt temps de décrire le mécanisme qui saisit le brin du cocon, le coupe, Je traosporte contre ceux qui se filent, et le colle h leur ensemble. Au booi de Ik rè^le de fer K qui glisse dons les deux coulisses a^, et |icr- ;nt à la longueur de cette règle, se trouve élabli un arbre d« A, (&g. 8. pi. I). A l'une des extrémités de cet arbre, en -iehors de adapté solidement Un morceau de cuivre de forme cylindrique wprtnoti en L [fig. 7), qui est creusé comme la gorge d'une poulie.et sur- Bntide deux nppendiccs on forme de fourche dont l'angle aboutit h k Rwge de la poulie. Dans la Rg. T, l'une des branches de la fourche efface iMt»; dans la tig. 8, elles sont vues par-dessus, et sont indiquées par la httn Cf. Cette pièce cylindrique ou fourche peut tourner avec larbre 6, iv lequel cUe est solidement fixée. A l'arbre fi, se trouve adapta un bras d^ ■tinté avec un autre bras r^ articulé ii son tour sur un troisième fs pouvant Mmtr autour d'un axe Itxe. Le bras e^ se prolonge et vient s'engager dans Ht laônire courbe au moyen d'un petit tourillon rivé ou vissé à son extrémL Ia pAitie de cette rainure comprise entre hj et A', est formée d'un ■e é9 ctrcio décrit du centre ^j. g, /i, est une autre rainure courbe. Unfoe la règle K s'avance pour prendre la position K', le petit tourillon ItTatiteiiti de fj commence par parcout-ir la rainure /i„ A',, et pendant >|rantr mouvement, le bras d^ imprime un mouvement de rotation à la fente L. Mais sltdt que le tourillon est engagé dans la rainure h', g^, <x ■nMDsnt de rotation c«sse,et[afourche continue à avancer sans tourner, Mte denûto rAJDure étant construite en conséquence.
■atv é expl>c]uer les mftchoires qui, pendant les mouvements de transkta et de rotation simultanés de la fourche L, doivent saisir le brin de la floupfer, le porter contre ceux qui se (lient et le lâcher.
t,. Ûg. 8, et en dehors de la règle K,on a fixé une rondelle b,
ler lougitudinalement sur l'arbre tout en tournant avec lui ;
eai percée d'un trou carré pour donner passage à une pièce
tmÊàatnin ktV^ traverse aussi, par un trou carré, le cylindre de la fourche
«oÉtivL. L'une des «xtrémîtés de cette pièce carrée k^ est taillée en (brme
tendue par le milieu, comme on le voit dans la 11g. 7 ; l'autre
; armée d'une articulation pouvant s'ouvrir seulement pendant
de nitation en arriére. Pendant le mouvement en avant, elle
et appuie contre un excentrique fixe n^ qui force la pièce h-,, tout
à s'avancer parallèlement à la longueur de l'arbre 6, ju.<«(iu'au
|oi^ da la partie cylindrique de la pièce L. Un ressort à bou-
n APPUCATIONS AU TISSAGE.
din, fixé contre la' face intërieuie de la pièce L, tient cette premiën mâchoire ouverte à distance de la gorge, lorsque la pièce L est à son étai de repos.
Une autre mâchoire /$ peut aussi s'avancer jusqu'au milieu de la gorg< du cylindre en décrivant un arc de cercle autour de Farbre 63. La tige infirieure de cette deuxième mâchoire est articulée en dessous avec la nm délie traversée par la pièce carrée k^, de sorte que lorsque cette deroiè» iTavance vers le centre de la gorge de la pièce L, la mâchoire /, s^vaoci aussi d*une même quantité, et toutes les deux viennent se serrer juste ai milieu de la gorge. La petite pièce en saillie de la mâchoire f^ s'avance dan la fente de la mâchoire de la pièce k^ pendant que le fil est tenu des dem côtés, et le fût casser ou couper au milieu. La pièce carrée continuant i tourner contre l'excentrique n^, finit par l'échapper; alors les deux bran* ches de la mâchoire s'ouvrent simultanément par Tefifet des ressorts i boudin.
Le mouvement en retour de la pièce L s'efifectuant, la pointe articulée di la pièce h^ bute contre la îace exterieiure.de l'excentrique et s'ouvre eî avant ; elle repasse ainsi, toute ouverte, sur l'excentrique n, sans &ire serra les mâchoires, et revient se placer dans la position indiquée fig. 8, où ell< se referme sous l'action d'un petit ressort 03.
Reste enfin & indiquer comment le chariot T transporte le cocon nouvellement collé avec les autres, tout autour de la bassine, et le lâche dans k compartiment de celui dont le brin s'est rompu.
La fig. 9 représente ce mécanisme vu en plan par-dessoiis; p^ est im peti levier qu'un petit ressort tient levé ; ce levier est relié avec un autre q^ pa une double articulation ; lorsque l'on appuie sur le levier ^3 en avant, il cèd< et fait abaisser le premier p^. Quand le chariot commence sa rotation, h levier p^ entraîne le brin de cocon tout autour de la bassine, et lorsqu'il esl parvenu en face du compartiment dont le brin est rompu et la bascule renversée, le levier q^ i^ncontre cette bascule et, en s'infléchissant, fait infléchir à son tour le levier p^ qui lâche le brin, lequel se rend dans ce compartiment avec le cocon, tout en continuant de se dévider; le levier 93 échappe ensuite la bascule, continue sa rotation entière et revient se placer contre le brin nouveau qu'a amené la chaîne sans fin, le petit ressort r^ ayant amené le levier ^3 à sa position de repos.
Application aux métlaps de tissasse et de bonneterie. — 8i Tapplication des casse-fils aux métiers à filer la soie a une certaiM utilité, celle qui peut en être faite aux métiers de tissage et de bonseterie est encore beaucoup plus importante, [car elle permet d'éviter bien
APPLICATIONS AU TISSAOK. Il
•Mtfbnls dans \ea tissus, teoaomiso beaucoup de temps et permet à im amicr d« surveiller plusieurs métiers sans fatiguer son altentioo. On peut ■èœ dite qœ ce n'est qu'avec un pareil système que les métiers de boa- Maie pâment £tre mis en mouvement par une macliine à vapeur.
Is ptobtètne à résoudre par le casac-Sl dans son application au tissage ■I anei complexe, car il doit faire en sorte d'arrêter le métier, non- MUhwaiH quand l'un des fils so casse, mais encore quand U présente des pMHnn qui pourraient produire un défaut dans la trame, ou que les boliiHi sur lesquelles il est enroulé sont épuisées. Avec les métiers de bon- MMic; le problème est encore plus complexe, car il ta\it que l'arrêt se pnduîM aussi, soit quand le tricot s'échappe partiellement ou totalement et métier, soit quand il se produit des mailles coulées, des hachures ou des lipBUas dia^ées, soit quand une aiguille vient à être faussée, soit enfin ^■Dd le SI ayant été pris dans les engrenages, se trouve rompu après sa Mw du casse-fil. Tous ces problèmes ont été résolus de nos jours de la ■■Écn U plus complète dans les métiers de M. Richard; mais avant d'atiMdn oe résultat, cette invention s dû, comme beaucoup d'autres, passer ivlrien des phases diverses.
Anat de résoudre électriquement le problème, on avait cherché à en dlnir I» MlmioD par des moyens mécaniques: mais il est riuile de com- |nndn que pour provoquer l'arrêt d'un métier sous t'influence d'une force Mli Biinme que cellâ qui résulte d'une différence dans la tension d'un fil ■oavre, U fallait employer des moyens fondés sur la chute de leviers assez iMdc pour développer une action mécanique, et la pression de ces leviers ■b flt,en augmentant inutilement sa tension, pouvait même souvent en IMoqoer la raptuie. Ce système présentait d'ailleurs im inconvénient — gmii. c'est que quand, par suite de la rupture d'un fiJ ou de l'épuise- , MBl'd'uiw boUne. une des tiges de détente venait à tomber, les autres se . tmmeBi «alzabtéet dans ce mDuvement,et ce n'était pas chose aisée que lifesleoir toutes relevées pour remettre le métier en marcIie. Ces appareils, felMa, étaient impuissants contre les nœuds, impuretés du fil et excès klcflitai. qui pouvaient amener la rupture de toutes les aiguilles d'un tàSmmim que 1m casse-fils eussent agi. Si l'on considère qu'en ,&isant Hsmir les moyens électriques on peut, avec une force initiale extrëme- ■BQt hiblo, dérclOftper ime action mécanique aussi forte qu'on peut le dtenr, on comprend immédiatement que l'emploi de l'électricité en celte lULMiiin. était tout k fait justifié et qu'il rentrait dans une des trois conditùoa où les eflsls Uedriqucs peuvent être appliqués avantageusement. S^Uem4dtMM.SadigtuiHLeCètit.— Cesoal MM.;Badiguet et Le Cène
q[ui paraissent être les premiers à avoir songé à l'application de Télectro* magnétisme aux casse-fîl^ des métiers de bonneterie.
Jugeant avec raison que la chute des tiges articulées des casse-fils méca> niquei ne pouvait opérer avec une grande sûreté le fonctionnement de Tembrayeur, en raison de la faiblesse de l'action mécanique produite, et entraînait d'ailleurs des complications mécaniques assez grandes» quand le métier comportait plusieurs de ces systèmes, ils pensèrent à employer Fèleotricité comme intermédiaire, et, au lieu de fiure réagir directement ces tiges sur renubrayeur, ils utilisèrent leur chute à la fermeture d'un courant qui, en animant un électro-aimant, pouvait mettre en action l'embrayeur hii« même sans aucun organe de transmission de mouvement, et] quel que tut d'ailleurs le nombre des systèmes de casse-fils.
Dans le dernier modèle qu'ils ont établi, les tiges appelées à fournir les contacts électriques étaient fixées, au nombre de trois, sur un même axe horizontal, sollicité à tourner sur lui-même par un ressort en spiral renfermé dans une sorte de boîte de barillet. Elles se terminaient par des crochets, et les fils introduits dans ces crochets les maintenaîent soulevés à peu près verticalement, par suite de la tension qu'ils exerçaient sur eux. En face de ces tiges et placée parallèlement à Taxe qui les portait, était adaptée ime traverse métallique sur laquelle venaient tomber les tiges quand le fil qui les soutenait venait à se rompre/et, comme cette traverse ainsi que Taxe des tiges étaient en rapport avec les deux branches du circuit, la fermeture de celui-ci avait lieu aussitôt que Tun ou l'autre des trois fils venait à se rompre. Il y avait généralement quatre systèmes de ce genre sur chaque métier.
L'embrayeur électrique était placé au-dessus de l'axe de rotation du système moteur, et il était constitué par une détente électro-magnétique, qui, en réagissant sur ime boîte d'engrenage» pouvait flaire participer ou non l'axe moteur du métier au mouvement de la poulie motrice.
Un second interrupteur adapté à la mailleuse permettait encore d'arrêter le métier quand une maille coulée se produisait
Cet appareil fonctionnait sous Tinfluence d'une pile à bi-sul£ate de mercure de quatre éléments*
Systèmes de M, Richard. — Les casse-fils électriques de M. Richard sont de deux espèces et sont disposés pour être appliqués aux métiers de tissage et aux métiers de bonneterie ; leur principe toutefois est le même, et ils ne diffèrent que par le mode d'application de la partie mobile de l'interrupteur.
Dispositif pour les métiers de bonneterie.— Si l'on étudie avec soin le dispositif adopté par MM. Radiguet et Le Cène, on reconnaît bien vite que les
APPLICATIONS AU TlSSAilE, 7S
Appelésà (létermineF l'embrayage dTi métior, sont loin de pro- «rtcuritè absolue dans les contacts produits. En eiTet, des contacts de la simple chuls d'une tige métallique sur une traverse, peu- •nl non-ieuliinicat 6tre incertains, par suite des vibrations déterminées à it mita de celte cbute. et dce oxydations qui ne peuvent manquer de se pro- Mm ans points de contact, mais ils sont le plus souvent dans l'imposdOlé outérielio d'ôtra effectués, à cause des peluches et des poussières ^ csitUnt toujours autour des métiers de tissage, et qui forment une ttoûn phis ou moins épaisse sur toutes les parties saillantes qui les conslitaenL Cet inconvénient est certainement moins grand dans les mtHiers de beoMtene que dans les métiers de lissage, nr-iis il existe néanmoins, et ttifMit, évidemment, que des perrectionnemenU Tussent apportés tmx internpUun. D'un autre coté, il était à désirer que la tension exercée sur les h fid moins gronde. Or, ce sont ces perfecttonnemcnts que M. Richard dans le dispositif que nous allons maintenant décrire. ce lystéme, représenté fig. 8, chaque interrupteur est constitué par
!• CMae A.'nie en coupe transversale, et qui est divisée longitudina- ■denxoOfaiMrliments isolés l'un de l'autre au moyen d'une doîaon
de verre, au-dessus de laquelle est enfourché un cavalier en fil de platine G. Ce cavalier est soutenu par un des fils du tissu^ et il y a par conséquent autant de cavaliers que do fils. D'un autre côté, une certame quantité de mercure est versée dans chaque compartiment, et ces deux nappes hquides sont mises en rapport métallique avec les deux branches du courant. On comprend aisément qu'avec cette disposition, le circuit reste ouvert tant que les cavaliers sont maintenus au-dessus des deux surfaces liquides, c'est-àdire tant que les fils ne sont pas cassés, mais aussitôt que l'un d'eux vient à manquer, le cavalier correspondant tombe et établit une communication métallique entre les deux réservoirs, ce qui complète le circuit et détermine Faction de Tembrayeur. Afin qu'on puisse surveiller l'état de la surface du mercure dans les deux compartiments de chaque caisse, les parois latérales de celle-ci sont en verre.
Les accessoires de cet interrupteur sont d'abord : une pièce D, vue de champ, qui est une lame métaUique percée d'une fente, à travers laquelle passe le fil et qui, tout en lui servant de guide» arrête les nodosités qui peuvent s'y trouver. Le fil se rompt alors et détermine par sa rupture l'arrêt du métier. La pièce E que l'on voit en coupe, est une sorte de couvercle placé au-dessus des cavaliers et qui les empêche de sauter au-dessus de la cloison de Tinterrupteur. Cette pièce est articulée en H. Les pièces F, G et L sont des guides dont deux, F et L, sont constitués par des tubes de verre. Enfin, les poulies I^ J servent à renvoyer verticalement les fils devant les aiguilles à crochet du métier qm sont en K, et où s'effectue le tissage. Les bobines des fils sont disposées autour d'une plate-forme P, conmie on le voit en B. M. est la tige de suspension du métier, ON la couverture en bois sur laquelle sont montés les différents interrupteurs, qui sont généralement au nombre de cinq.
L'interrupteur destiné à embrayer le métier, quand il se produit des mailles coulées, est représenté, vu en plan,fig. 9. Il est placé horizontalement devant la partie cylindrique du tambour où se tisse le tricot H se'compose comme le précédent d'une petite caisse d'ébonite à deux compartiments B, dans laquelle peut plonger un cavalier en platine, porté par un compas articulé, disposé verticalement, comme on le voit fig.ll. La branche inférieiu* de ce compas est engagée dans une fourchette F, appartenant à une bascule LF, qui oscille en G, et sur laquelle réagit d'autre part une tige DH, reUée à un système lAH articulé en A. Ce système terminé par un ressort LA, appuie constamment sur le tissu au-dessous des aiguilles, et c'est lui qui, en réagissant sur l'interrupteur B, par l'intermédiaire de la tige HD et de la bascule LFyiffrête le métier quand il se produit une maille coulée ou une rupture
des fils, après les interrupteurs dont il a été question précédemment. La pmnte I ne se trouvant plus alors soutenue, s*enfonce derrière le tissu, et provoque l'abaissement du cavalier dans la caisse B. La bascule LF, de son côté, étant terminée par une sorte de bec L qui rase les aiguilles à crochet
Fig. 9.
Fig. 10.
Fig. 11.
ptr dessous, se trouve elle-même mise en action, quand une aiguille étant fussée se trouve repoussée au-dessous des autres, et par le mouvement qu'dle accomplit alors, elle fait également plonger le cavalier de Tintemipteur dans la caisse B. Par ce moyen, la seconde partie du problème dont nous avons parlé, se trouve résolue. -
Pour obtenir un bon efiet de ce système d'interrupteur, la tige IID doit présenter ime disposition particulière que nous représentons fig. 10. Cette disposition consiste dans une sorte d'encliquetage a, porté par une lame de ressort adaptée à la tige HD, par Tintermédiaire d*un curseur b, et qui en pissant d'un côté ou de l'autre d'une sorte de boucle G, maintient le cavaber de rintemipteur dans la position que lui a fait prendre le mouvement dehtigeHD.
L'embrayeur électrique de M. Richard que nous représentons, ûg, 12, est plioè sur le côté du métier et au-dessous de la poutre qui soutient l'appareiL II se compose essentiellement d'une longue bascule DDy articulée en a, dont Textrémité supérieure est retenue dans une position fîxe, par un baloir contre lequel appuie rextrùmitô prolongée de Tarmature d*un tetnHdmant GC, mais qui tend à s'en écarter sous l'effort d'un fort rosmt à boudin F. L'autre extrémité de cette bascule est terminée par une tercfaette dans laquelle s'engage la courroie de transmission de mouve-
ment et qui, au moment où l'électro-aimant devient actif, fait passer cette courroie de la poulie de transmission de mouvement P sur une poulie folle P'^ placée à côté. En même temps que cet effet s'opère, une cheville portée également par le bras DD à sa partie inférieure et qui soutient un fort ressort RR, dégage celui-ci en tombant dans une coche pratiquée sous la pièce de retenue de ce ressort, et ce ressort, en faisant appuyer fortement un sabot de bois S sur la partie ouvrière du métier, forme trem sans produire aucun soubresaut. U arrête par conséquent le métier avant même que le transport de la courroie d'une poulie sur l'autre soit opéré. La pièce de retenue du ressort RR est d'ailleurs terminée par un manche, afin qu'on puisse tourner le métier à la main pour vérifier ou réparer quelque défaut.
Le passage du courant dans Télectro-aimant embrayeur, dépend essentiellement de la position du levier DD, qui peut être placé de trois manières différentes indiquées en 1, 2 et 3 par des lignes pointillées. Dans la position verticale qui correspond à la marche du métier et à l'embrayage du levier par l'armature de l'électro-aimant CC, l'action de celui-ci est entièrement subordonnée à celle des interrupteurs, et aucun courant ne traverse le système à l'état normal. Dans la position n» 2 qui correspond au débrayage déterminé par Taction de l'électro-aimant GG, la cheville qui termine inférieurement le levier DD, s'engage dans un premier cran de la poignée du ressort RR, et le circuit se trouve coupé à travers l'électro-aimant, par suite de i'éloignement du prolongement n de son armature, du butoir d'arrêt mis en .rapport avec le circuit, éloignement qui est maintenu par le soulèvement de l'armature par le levier DD, agissant sur la pièce en plan incliné E. Enfin dans la position n* 3 que le levier doit avoir pour permettre la manœuvre à la main du métier, position qui correspond à l'engagement de la cheville du levier DD dans la seconde coche de la poignée du ressort RR, le courant peut passer de nouveau dans Télectro-aimantCC, afin de prévenir des fautes qui auraient pu passer inaperçues. A cet effet, un timbre 0 et un marteau n adaptés à l'armature de Télectro-aimant, ont été ajoutés au système. Le passage du courant, dans ce cas, résulte de ce que la pièce E n'est plus alors assez saillante pour maintenir soulevée l'armature, et de ce que le prolongement n de celle-ci se trouve mis de nouveau en contact avec le butoir d'arrêt; il se produit alors une fermeture de courant suivie d'une mterruption, qui donne lieu à un mouvement vibratoire analogue à celui de^ sonneries trembleuses.
Dans la figure 12, les casse-fils sont placés sur une plate-forme en bois adaptée au-dessus du ressort RR et qui est représentée, fig. 8, en ON. La tige J que Ton distingue au bout de la partie supérieuie du ressort R est le
APPUCATIONfi kV TISSAGE.
çort de la poidie J de la flg. 8, et tes aiguilles s'aperçoivent à gauche fcotteor S. L'axe B de la âg. 12 représente l'axe M de la. fig. 8. Mous
18 indiqué sur la fig. 13, de crainte de confusion, tes casse-fils ni a arec la pile et t'électro-aimant CC, mais il est &ciie de compren-
dre que les deux fils que Ton aperçoit sur cette figure correspondent ans deux boutons d'attache fixés à Taxe M. de la fig. 8.
M. Richard a encore imaginé un dispositif^ au moyen duquel le métier peut être arrêté, lorsque les fils, par suite d'un mauvais enroulement sur la bobine, se trouvent assez tendus pour faire craindre leur rupture. Ce moyen consiste à disposer les supports du fil, près des cavaliers, de manière à pouvoir s'affaisser sous l'influence de cet accroissement de tension. Alors les cavaliers plongent dans le mercure comme si les fils sefussent cassés. Jusqu'à présent, cependant, M. Richard s'en est tenu audispositif que nous avons décrit plus haut, qui lui a suffi pour façonner les draps légers.
Dispositif pour les métiers de tissage. — L'application de Tembrayeur électrique aux métiers de tissage avait été mise au concours, dés Tannée iS62, par la Société industrielle d'Amiens, et parmi les inventeurs qui se sont présentes à ce concours, M. André Uerman, constructeur d'appareils électriques, demeurant alors rue Saint- Anne, 67, parait être le seul qui se soit occupé sérieusement de la question. Voici comment il décrivait son système, dans ime lettre adressée à la Société d'encouragement, le 21 décembre 1863.
a Sur un châssis en bois sont disposées autant de petites pièces ou touches en cuivre qu'il y a de fils dans le métier. Les touches de trois à quatre centimètres de longueur, sur 2 à 3 millimètres de largeur, ont, sur leur partie supérieure, une rainure destinée à recevoir le fil du métier. Elles sont solli* citées par un ressort, à aller buter contre un fil d'argent tendu au-dessus ; mais la tension des fils suffit pour vaincre la résistance des ressorts ; en d^autres termes, quand le métier est garni de tous ses fils, les petites pièces sont écartées du fil d'argent, mais quand une des pièces est dépourvue de son fil, elle se relève et entre on contact avec le fil d'argent. Or, si le fil d*argent est en contact d'un côté avec l'un des pôles d'une pile et que la petite pièce de cuivre communique avec l'autre pôle, il arrivera qu'aussitôt qu'un fil manquera, il s'établira entre la petite pièce de cuivre correspon* dantc et le fil d'argent, un contact qui pourra fermer un courant à travers un électro-aimant, et cet électro-aimant pourra à son tour embrayer le mouvement du métier. Les manufocturiers attachent une très-graDde importance h ce système. »
Il est certain que le problème en question a de tout temps préoccupé l'attention de ceux qui se sont occupés de tissage, et quand M. Richard a présenté à la Société d'encouragement son système d*embrayeur électrique appliqué aux métiers de bonneterie, M. Alcan, dont tout le monde connaît Tautorito en matière do tissage, l'engagea h s'occuper surtout do Tapplica-
tioD de son système aux métiers de tissage; c'est sur cet avis que M. Richard combina, dès Tannée 1870, un système dont j'ai parlé dans un rapport fait en 1872 à la Société d'encouragement sur ce genre d'appareils. Toutefois, la solution qu'il avait alors donnée était plutôt théorique que pratique, et oe n'est qu^en 1874, alors qu'il imagina ses interrupteurs à mercure, que FoQ put considérer son invention comme susceptible d'application.
Noos avons indiqué précédenmient les difficultés que rencontre le fonctioanement d'interrupteurs métalliques dans leur application à l'industrie. Dans les métiers à ouvrer les fils et à fabriquer les tissus, la difficulté est eooore grandement augmentée à cause des peluches et des poussières qui se détachent continuellement x>endant le travail, et qui s'amassent en telle qaantité, c[u^aa bout de x>eu de
Fig. 13.
Fig. 14.
temps elles forment au-dessus des surfaces de contact une couche assez épaisse pour ne pouw même pas être pénétrée par ks tiges destinées à les toucher.
Aiec les cavaliers légers dont DOQS avons parlé et les caisses ouvertes où se trouve versé le mercure dans les interrupteurs des appareils précédents, on ne
pouvait donc pas espérer obtenir des contacts parfaits, et l'expérience qui en a été faite à Blackbum et à Mulhouse, n'a pas en effet tardé à démontrer que ce système était insuffisant, surtout^vec des fils non pei- ;siés. M. Richard combina alors la disposition d'interrupteur que nous représentons fig. 13 et 14, et qui cette fois semble réunir toutes les conditions désirables.
Dans cette disposition, les augets contenant le mercure sont recouverts doue couverture hermétique, et la cloison qm sépare les deux compartiments est munie sur toute sa longueur d'ime rainure à travers laquelle sont introduits les cavaliers destinés à établir les communications métalliques entre les deux compartiments. A cet effet, ces cavaliers sont disposés en T, eilcur tige est munie d'un crochet qui vient s*enfourcher sur les lils, de sorte que ceux-cî» au Ueu d'être suspendus par les fils, sont soutenus verticale^ ineot par eux de bas en haut Naturellement, une des branches du T est introduite dans un compartiment^ Tautre dans le second compartiment, et il hauteur de Tappareil est calculée de manière que quand les fils sont tendus, les deux branches de chaque cavalier soient de un centimètre au
moins au-dessus de la surface du mercure ; ce n'est que quand ils rompent que les cavaliers peuvent alors tomber de tout leur poids dans les rigoles de mercure. On comprend aisément que, de cette manière, les peluches ne peuvent pénétrer facilement dans l'appareil.
Pour appliquer ce système d'interrupteur aux métiers à tisser, il suffit de l'adapter au-dessus des fils de chaîne, et de faire passer ces fils de chaîne, avant leur point de croisement, au-dessous des crochets des cavaliers dont nous avons parlé.
Naturellement ces interrupteurs ont une longueur suffisante pour que tous les fils de la chaîne puissent être munis chacim d'im cavalier ; mais ils peuvent être composés d*un nombre quelconque d'augets ou de rigoles. Deux suffisent ordinairement pour les métiers autres que ceux de tissage ; mais pour ces derniers, le nombre en varie suivant la multiplicité des fils, dont le nombre atteint quelquefois dix mille.
Pour ce nombre, il fout pratiquer au moins dix rigoles, et les cavaliers en forme de T sont alors placés sur les fils de la manière suivante : le premier cavalier est soutenu par le premier fil de la chaîne et plonge dans les deux premières rigoles, le deuxième fil reçoit le deuxième cavalier, et ses extrémités plongent dans les troisième et quatrième rigoles ; il en est de même des autres fils dont les cavaliers sont disposés dans le même ordre. De cette façon, les crochets ne peuvent se gêner dans leur action, puisqu'ils sont éloignés liis uns des autres. On comprendra dès lors comment le nouvel interrupteur de M. Richard peut s'appliquer aux métiers ouvrant, sur un espace restreint, un très-grand nombre de fils, sans que pour cela cet interrupteur devienne trop compliqué. Le nombre des augets augmente en raison du nombre de fils, voilà tout.
«r Au moyen de cet interrupteur, dit M. Richard, les tissus les plus fins et les plus précieux peuvent être fabriqués au métier à grande vitesse et avec une grande économie de main-d'œuvre; d'un autre côté il supprime toutes les pertes de matière première, puisqu'il empêche les accidents d'arriver. »
Quant à l'embraycur électrique destiné à arrêter le métier, il ne diffère guère de celui que nous avons décrit, et peut d'ailleurs être combiné d'une foule de manières; le problème ne présente d'ailleurs aucune difficulté. Nous n'insisterons donc pas davantage sur cette question.
Navette moniteur électrique. — Si la rupture des fils de chaîne peut entraîner de grands défauts dans le tissage des étoffés, dé£auts qui peuvent être évités par les systèmes décrits précédemment, la rupture des fils do trame en présente également, surtout pour le tissage des rubans. Dès
^^^^^P API'UCATIUNS A[l TISSAItE. tl
TaoïAe ISôC, M. Peyrot avait imaginé, dans le but de parer à cet inconvéuenl, uii système auquel iJ uvait doiuié le nom do navelle moniteur Uecintpi€, ei qui pouvait être k cet éj^ard d'uae œrtaiue tililîté, eu donnant à tanpfl des averlissements. Ce système consistait à Faiio passer le fU de la oanltu, au sortir de ta bobine, sur une poulie adaptée à rejELi'6milè d'un iiner on |»eu lon^;, soUicitc daas un sens dôlurminé par un ressort aatagonole. Ce msort était suffi^mmcnt fort pour résister à la traction ordinaire du 81; mais quand cette traction devenait assez considérable pour que la ofUn (la (11 pdt s'ensuivre, il cédait, et le levier venait rencontrer une Ihb métallique en rap|)ort avec un circuit complété par une sonnerie. téko M! mettait alors à tinter, et l'ouvrier pouvait airéter la navette ftor 11 d£gagor de l'obstacle opposé au déroulement du 111.
Dus I0 iicemier systùme d'embrayeur élcctri(jue des métiers de lissage tÈ U. Rlcliard, un» diposition du genre do celle que nous venons de décrire tmt été appliquée aux lllii de trame ; mais comme l'industrie ne semblait (M j altadivr une grande importuncc, M. Hiclmrd, dans son dernier syskm. Où s'en est pas préoccupé duvautaj^e, et il s'est borné au dispositir Mail fàu» baut. Voici comment Je décrivais cette partie de l'invention de E Biobard dans le premier rapport que j'ai fait à ce sujet fi la i^ocîété tueaaneemeni, m itfTî :
■ Paw les flis de trame, M. Richard arme la navette de l'interrupteur ^iMia avons décrit (il était à cette époque entièrement métallique), et fi Mt rtduit it mi seul clicvnlct. Deux lames métalliques incrustées sur hitetx becs opposét^ de la navette, et isolées l'une de l'autre, sont rc» te mètalUquemeut avec les deux parties isolées de l'interrupteur, et à <hqM QDop de navette, quand celle-ci arrive ii la Un de sa course, elles se iwaiMl prtus entre deux lûmes métalliques communiquant avec les deux du circuit voltaïque correspondant à l'cmbrayeur, ce qui met ai rapport direct avec l'interrupteur de la navette. Alors les effels us avons étudiés pour les métiers de bonneterie, se ronoTivollent et l'action préventive dont nous avons parlé. ■
M. Cual a appliqué l'électricité h la navette, d'une autre manière ; il la ta taonroir par l'action électro-magnétique, ce qui évite l'emploi du boui aI^>loyé dons les fiibriques, et les inconvénients qu'il occasionne, t^^ttral itoctro-motrur est d'ailleurs le même que celui que le même iiiiBleiir a «(tpUqué aux niacliincs à coudre (voir li' chapitre des ilrctro- WMn% mais son cinpiui ilans le tissage oITrc, suivant M. CamX. des aran- *(■ fanictdiors, tels que la faculté de tisser sur ime largeur indéfinie, de
ralentir la vitesse de la navette sans diminuer la quantité de travail produit, et d'apporter plus de continuité dans la main-d'œuvre.