PRÉCISION
I* Applîeatios au triage dei limaîllei et pouMièrei métalliqvee.
Éleetro-irienae de M. Chenot. — Si Ton considère que certains oxydes métalhques peuvent devenir magnétiques par le grillage ou la réduction et que, dans cet état, ils peuvent être séparés mécaniquement des corps plus ou moins composés auxquels ils sont unis, on peut comprendre de quelle importance devient alors l'action électromagnétique M^pliquée comme un réactif cliimique, et combien il devient focile de sim-
pliûer les opérations métallurgiques, surtout pour les minerais dits en grain qui sont les plus ricties on métal.
Pour établir en grand ce système de triage, M. Clienot a imaginé deux appareils auxquels il a donné le nom d'élcctro-trieusos et qu'il a fait breveter.
L'un de ces appareils consiste dans une roue verticale dont la circonférence est garnie d'électro-aimants en rapport avec un commutateur fixé sur son axe. Ce commutateur est tellement disposé, que trois de ces électro-aimants, au plus, reçoivent en m^^me temps le courant, et cela, quand ils se trouvent dans une position donnée. Aussitôt qu'ils ont abandonné cette position, ils deviennent inactifis et, par conséquent, peuvent abandonner les corps magnétiques qu'ils ont attirés. (Voir la fig. 17, pi. I.)
Cette roue, ainsi munie d'électro-aimants, tourne au-dessus d'une toile métallique enroulée sur deux cylindres, sur laquelle vient tomber le minerai en poudre qu'on veut exposer à Faction électro-magnétique et qui est en provision dans une trémie A. Au moment où cette poudre vient à passer à portée des électro-aimants actifs, ceux-ci attirent toutes les matières magnétiques, les transportent au-dessus d'un plan incliné de décharge, et, comme ils deviennent alors inertes, ils les laissent retomber, tandis que les matières non magnétiques ont été rejetécs dans une seconde trémie placée en arrière. De cette manière, la séparation dos parties magnétiques du minerai s'effectue d'une manière continue et très-prompte.
Dans l'autre système de M. Chenot, la séparation magnétique ne s'opèro que sous Tinfluence d'aimants fixes à travers lesquels le courant électrique est toigours en activité; c'est alors un ramasscur que Ton fait tourner qui se charge du transport des substances magnétiques attirées.
On comprend facilement que ces systèmes d'appareils peuvent être appropriés h la séparation des limailles métalliques mélangées, par exemple à la séparation de la limaille de fer ou de fonte d'avec la limaille de cuivre ; de sorte que ce procédé peut être considéré comme un moyen de séparation, de purification et de classification d'nn certain nombre de corps.
Système de M. DeleuiL — Ce système, spécialement affecté à la séparation des limailles de fer et de cuivre dans les ateliers d'ajusteurs, consiste dans un simple électro-aimant auquel on a donné une forme cylindrique, afin de pouvoir, en le roulant au milieu de ces limailles, en retirer successivement toutes les particules ferrées qui s'attachent fortement sur toute la surface cylindrique. Pour obtenir un électro-aimant de ce genre, M. Deletiil a eu recours à un système déjà employé par M. Nicklès |)our la construction
APPLICATION AUX ARTS DE PRÉCISION. i85
de ses électro-aimants circulaires. Il enroule sur une barre de fer d'environ 20ceDlimètres de longueur une hélice magnétisante, de manière à en faire on électro-aimant droit, et visse sur ses deux extrémités polaires deux calottes hémisphériques en fer sur les bords desquelles sont fixées h leur tour deux bouts de tubes cylindriques de fer, susceptibles d'envelopper rélectithaimant dans son entier et ne laissant entre eux qu'un intervalle de quatre à cinq millimètres qui se trouve rempli par une bague de cuivre. De cette manière, Télectro-aimant se présente sous la forme d'un boudin à Tintérieur duquel se trouve l'hélice magnétisante, et dont chaque moitié de la surface représente un pôle magnétique différent. Deux trous pratiqués dans cette enveloppe ferrée et par lesquels ressortent les extrémités du fil de l'hélice magnétisante, permettent d'animer l'électro-aimant qui agit de cette manière par ses deux pôles à la fois. Quand on regarde cet électro-aimant qui est recouvert d'un vernis noir, on croirait voir un pnids d'horloge, et quand il est retiré des limailles, il ressemble à un hérisson. Pdur le dépouiller de cette enveloppe de particules ferrées, il suffît d'intmompre le courant à travers Télectro-aimant et de le brosser.
Système de M, Vavin, — Ce système ne met pas à contribution l'action t'iectrique, mais simplement l'action magnétique, et les appareils sont disposés de manière à effectuer l'opération mécaniquement et en grand.
La machine se compose de deux cylindres munis d'aimants devant lesquels se meuvent deux systèmes de brosses tournantes destinées à détacher les limailles attirées. Une trémie dans laquelle on jette les limailles est pbeée au-dessus du premier cylindre, et un distributeur animé d'un mouvement de translation horizontal étend la limaille à traiter sur la surface de ce cylindre, puis sur celle du second, qui achève l'opération commencée ptr le premier. De cette manière, les particules ferrées qui ont échappé à iVtion du premier cylindre sont reprises par le second, et les Hmaillos >rnTent au bas de l'appareil parfaitement séparées.
Us cylindres sont en bronze; ils portent à leur surface et en saillie, le Pfemier quatre et le second cinq bagues en fer doux montées au moyen de ^et mises en communication avec de forts aimants artificiels en forme de fw à cheval, pouvant, supporter 5 kilog. et disposées suivant le rayon du t?lindre. Chaque bague est évidée par quatre cannelures de 3 millimètres, ^ manière à multiplier les surfaces. I.«es branches des aimants sont mises <n rapport avec les bagues par les pôles de môme nom, de manière que la Pfvmière porte tous les pôles nord et la seconde tous les pôles sud. L'écarlemeot de chaque bague est très-faible, 0'°,03 environ, de telle sorte que la limite d'action de chaque bague étant supérieure à la moitié de la distance
qui los sépare, touto la surface du cylindre travaille et no présente pas de parties inactives. Il n'y a pas non plus de points neutres, comme dans certains autres modèles de ce genre do machinos.
Le cylindre supérieur porte, comme on Ta vu, quatre bagues et 15 aimants, le cylindre inférieur cinq bagues et 20 aimants, et ils sont disposés do manière que les bagues de fèr de l'un correspondent aux parties de cuivre de l'autre, afin de réaliser le complément d'action magnétique que doit fournir le second cylindre.
L'ensemble de l'appareil, peu volumineux et bien construit, occupe peu de place (0«>,80 en surface horizontale et i»,60 en hauteur). Il peut marcher h bras ou à la vapeur et a été adopté dans les grands ateliors de construction de l'État. Celui qui fonctionne dans les ateliers de la maison Cail traite environ 2000 kilogrammes de limaille par jour et marche à leur entière satisfoction.
M. Yavin a aussi appliqué sa machine, comme M. Ghenot, au traitement des minerais magnétiques pour on opérer la séparation. Les essais entreprii par lui sur los sables ferrugineux de Tile de la Réunion ont été, à ce qu'il parait, très-heureux, et il fonde sur ce genre d'invention de grandes espérances.
On pourra voir dans le Bulletin de la Société d'encouragement de janvier 187G le rapport de M. Bouilhet sur cet appareil et les plans de cette machine.
Pour ôtro juste, nous devons dire qu'avant M. Vavin, MM. Yennin et Deregnoaux de Lille, avaient établi uno machine du môme genre, mais elle était beaucoup moins perfectionnée ; elle n'avait qu'un tambour, et les armatures en rapport avec los aimants, au lieu de constituer des pôles annulaires altcrnativomont do noms contraires, étaient disposées suivant les générateurs du cylindre, à une distance assez grande les unes des autres, ce qui rendait leur action intermittente et leur rendement peu considérable. L'enlèvement des particules ferrées attachées au cylindre s'effectuait d'ailleurs comme dans l'appareil do M. Yavin au moyen d'un tambour muni do brosses en poils do sanglier, tournant en sens contraire du tambour séparateur.
Système de U. Ànduze. — Ce système, bien que breveté du 13 juillet 1873, est tellement primitif qu'il faut croire que l'inventeur n'était pas au courant des inventions du même genre combinées avant lui. Yoici, du reste, ce qu'il en dit dans son brevet :
tt On jette les matières que l'on veut trier dans une sorte de trémie à distributeur, et sous ce distributeur se trouve placé un tic-tac qui le soulève
et ^t tomber sans discontinuité les matières qui, glissant sur une surface indinée, viennent se mettre en contact avec les armatures d'un fort ëlectroaimaot qui arrêtent au passage tout ce qui est fer, fonte ou acier, laissant passer le reste. Ce trieur est constitué essentiellement par un èlectro-aimant eo fer achevai de grandes dimensions. Aux pôfes sont adaptées de longues iroiatures de fer doux disposées dans le plan du fer à cheval et qui donnent un champ d'adhérence de 30 à 90 centimètres de longueur. Les dimensions et le nombrs des tours de spires de Thélice magnétisante ont été calculés de manière à obtenir avec cinq ou six éléments de Bunsen le maximum d'aimantation des armatures. »
2^ ApplioatSos avz maehînef à éorîre et à imprimer.
Les machines à écrire, dont on parle beaucoup maintenant, et dont plusieurs modèles, surtout celui de M. Rcmington, ont eu un certain succès, ne sont pas de date récente, même celles qui mettent h contribution les eiléts électriques. Il y a ime trentaine d'années, M. Wheatstone avait conçu et exécuté un appareil de ce genre, et, à différentes époques, on en a vu surgir des types plus ou moins parfaits. Nous allons passer en revue ceux des types les plus intéressants dans lesquels les effets électriques sont mis àeoothbution.
■MUne ik écrire (Writiiii^BaU) de M. MaUlnc-HaaMii. -Cette machine, dont nous donnons fig. 41 une perspective, a été essayée nec succès à Newcastle et permet d'écrire avec une vitesse trois fois plus grande que récriture courante. Voici ce qu'en dit le Télégraphie journal du» son numéro du 15 février 1873 :
< L^instrument est essentiellement constitué par un système de clavier ilphsbélique sur lequel les touches sont disposées régulièrement autour d^me calotte hémisphérique de métal et suivant le rayon de cette hémisphère. Ces touches, au nombre de 52, sont à piston et peuvent, étant 3iai«6es, présenter en un même point, qui est le centre de l'hémisphère, leur extrémité inférieure, laquelle porte les différents caractères de Talphabet ^ autres accessoires gravés en relief. La calotte hémisphérique elle-même ^tppuyée sur un châssis horizontal fixé sur le bâtis de l'appareil, et audeanus d'elle, peut se mouvoir dans deux sens rectangulaires im plateau rooiuit sur un petit chemin de fer, lequel plateau porte la feuille de papier destinée à recevoir les impressions. Ce petit chemin de fer étant porté .lui- Qtee par un châssis qui peut se déplacer perpendiculairement à ses rails, permet à la feuille de papier d'avancer d'un intervalle de lignes, quand une
des traces noires suffisamment visibles. En même temps, un ressort isolé que rencontre chaque touche en s'abaissant, ferme un courant à travers rélectro-aimant déclancheur, et la feuille de papier avance à chaque impression de Tintervalie nécessaire pour placer les lettres les unes à la suite des autres, comme dans les impressions faites télégraphiquepient. La vitesse de l'opération est grandement augmentée par Tarrangement des touches qui sont groupées de manière à être à la portée des 10 doigts des mains. Avec un peu d'habitude, on peut faire fonctionner cet appareil avec une vitesse d'impression de 10 lettres par seconde, c'est-à-dire avec une Titesse 3 ou 4 fois plus grande que celle de l'écriture ordinaire à la plume. On peut employer avec cette machine toute espèce de papier, quelle que soit son épaisseur, et si on superpose 10 feuilles en ayant soin d'interposer entre elles des feuilles de papier plombagine, on peut obtenir 10 exemplaires de la feuille imprimée, et on peut même rendre ces reproductions indéfinies, si on emploie comme papier marqueur des papiers imprégnés d'encre autographique; car on peut alors les décalquer sur une IHene par les procédés de la Uthogi*aphie, et en obtenir un aussi grand aombre d'exemplaires qu'on peut le désirer.
Avec la machine de M. Bansen, les hgnes peuvent être arrêtées, conti^ nuées, espacées ou souhgnées comme avec les impressions ordinaires. Les cinquante-deux touches employées suffisent pour reproduire toutes les lettres, figures et signes de ponctuation en usage, et une pile de 3 ou 4 éièments Lecianché est parfaitement suffisante pour faire fonctionner lippardl pendant 6 mois.
Dans l'origine, l'appareil de M. Hansen était disposé de manière à présenter son papier enroulé sur un cylindre, mais l'expérience a montré que la disposition précédente est bien préférable, car elle permet de lire ce que Ton écrit tout en imprimant, et l'on économise du temps dans lu pose ^ papier sur l'appareil. On a également l'avantage de pouvoir obtenir plusieurs copies en même temps, ce que ne produisait pas le premier système.
r— potita«r éleetro-mafl^étlqae de» reporto typo^prapM^aen. — L'inventeur, M. Henri Fontaine, a désigne de cette manière uoe machine électrique à écrire que l'on trouve ainsi décrite dans le tome XX <2es Motides, p. 570.
• Cet appareil, fondé sur le principe des caractères lixes, comme la composition télégraphique, est d'une grande simplicité par suite de TappUcation des moyens électriques. Dans les systèmes de ce genre, deux problèmes à '^drc se présentent tout d'abord : 1* recueillir successivement les
empreintes des types; 2<> ménager un écartement proportionnel entre les lettres, résultant de leur différence de largeur.
» Le premier problème a été résolu par M. Fontaine au moyen de types d'acier répartis au nombre de 240 sur la circonférence de deux disques horizontaux superposés. Au-dessus de ces disques se trouve une couronne métallique dont la circonférence présente 40 crans; chacun de ces crans correspond successivement à 6 types, suivant que Ton a besoin de majus* cules, [de minuscules ou d'italiques, etc. Autour de cette couronne se trouve une bague isolée par une bande de caoutchouc durci et supportant 240 goupilles. Une manette également isolée et placée au centre de l'appareil est destinée à s'abaisser dans chacun des crans de la couronne suivant les besoins de la composition. Or, lorsque cette manette s'abaisse dans un craji, son extrémité vient en contact avec la goupille correspondante; le circuit est fermé, un électro-aimant attire une palette ou marteau imprimeur qui, par suite d'un choc, fEut abaisser lo type appelé sur une feuille de papier enroulée autour d'un cylindre placé au-dessus des types. Aussitôt que hi manette n'est plus en contact, le marteau se relève et permet au type de reprendre sa position. Cette opération très-simple se fait dans des conditions si rapides que l'on peut facilement imprimer 100 lettres à la minute.
n L'écartcmcnt proportionnel des lettres a lieu au moyen de l'évolution du cylindre i)orte-papier, qui tourne sur lui-mômc de la quantité nécessaire à l'impression de chaque lettre^ et cette évolution est obtenue de la manière suivante :
u Les 240 goupilles sont de hauteur inégale et proportionnelles à la largeur des lettres correspondantes. La manette, en s'abaissant sur ces goupilles, fait mouvoir, à Taide de leviers, une roue au centre de laquelle est ajusté Taxe du cylindre. On cofi<;oit donc que la manette fera décrire à cette roue des arcs de cercle plus ou moins* grands, suivant qu'elle s'abaissera sur une goupille plus ou moins courte.
'( Tels sont les organes essentiels de rappureii dont les dimensions sont très-rostrcintcs, et qui présente, suivant l'auteur, les avantages suivants : rapidité trois fois phis grande que celle dos autographes, cinq (bis plus grande que celle dos com|>ositcurs typogmplios, économie do prix, faciliU* de faire la justification à Tuide des blancs, facilité de correction par suite du piquage d'un mot, d'une ligne ou d'un paragraphe, sur le mot, la ligne ou l'alinéa à changer; neltt^to d'inipn^ssion par l'emploi de types d'acior et d'encre typographique permettant un tirage sur pierre à plusieurs milliers d'exemplairiUï. Cet ap[)areil a été construit \}m M. Hardy en 1809. »
Ar>l>I,lf:ATIUN AUX AriTS 1.
IKCtSIOV. 131
nx presses a'iniprlmerlc. — Cli genre d'appli-
n spécimen Ji l'Kxposilion de Londres de 18G3 et que
ApptIcnUoi
cation, (loniciii a TOUS reproscnlons fiy. K ni 13 UB paraît pas avoir fourni do r^ulUla bien snLisraisanU, car.deputs 1862, i] n'a plus Hiquntion de celte Invention; Mftnnioiiis nous allons rofjro lui» Id ce qui on a été dit dans les Etudes mr rETjiosi- Handc IWT, do M. I^croix.
- la particulantâ pnnd|iale Je cette mochino consiste danS 1» lobstitution do la pression élKtro-ttingnètiquG h la près' liûn ordinair«, et celte presitoo s'exerce alternativement m tts doux formes, c'csl-dtoque la prcniiùro forme, uprc» avoii' rci;u IVncro, va recevoir l'impression iwmlant qno ta scciiide forme est encrée II son tour. Les avantages qui
ràulteat de ce modo d'impression consistent dans la diminution des frais
ii-'d, dan« la fucilit''-, lu i-iijiiilifi' l'i li'-n .mIm iravail, [misque
, <itti nt d'atUours portative, peut être mutatuvréc pur des Jt-^ eufaiils.
9 L*aulcur do cette presse est M. Ilarisson. Nous avons eu entro les mains des épreuves de petite dimension tirées en notre présence, mais nous répétons que nous ignorons si des essais ont été tentés sur une plus grande échelle et si la presse électro-magnétique est entrée dans le domaine industriel. »
N'ayant entre les mains aucun autre renseignement sur cette invention, nous ne pouvons guère expliquer comment fonctionne cette machine. Cependant, d'après les dessins, on pourrait croire que la plate-forme sur laquelle les formes sont placées est fixe, et que le plateau de pression, muni de ses coussins et de ses hausses, est articulé autour d'un axe central pour s'abattre tantôt sur une forme tantôt sur l'autre, et ce serait une largt) bande de fer doux terminant ce plateau qui, se trouvant placée au-dessus des pôles de Télectro-aimant, en recevrait Taction et déterminerait Tim* pression. La fig. 44 reproduit toutefois quelques dispositifs assez difficiles à interpréter.
Appli<)»tloB à, den repnidactions typoi^aphlqaeii •« relief, pour la lecture des aveug^les de M. Recordon» de Genève. — Cet appareil a pour but de permettre aux aveugles la lecture de toutes espèces de li\Tes ou de manuscrits, & la condition que ces ouvrages auront été imprimés ou écrits sur un papier conducteur (papier d'étain ou papier doré) ou rendu conducteur do Télcctricité. En réalité, rélectro-lecteur n'est autre chose qu'un téléfçraplie autographique ayant pour résultat de reproduire en relief les différents curactores imprimés ou écrits sur une surface plane, et de suppléer ainsi aux impressions eu relief usitées dans les établissements des aveugles et qui reviennent à des prix considérables.
Comme les télégraphes aulographiques et les machines à graver, cet appareil se compose d'un récepteur et d*un transmetteur, seulement ces deux parties du système sont réunies dans un même appareil et sont rt'liées mécaniquement l'une à l'autre de manière que les reproductions en relief soient ampUfiées dans le rapport de G à i.
La disposition générale du système se rapproclie assez de celle que M. Bonelii a donnée à son typo-télégraphe et que nous avons décrite tome m, p. 334 ; seulement, au heu d'mi peigne à 5 dents employé comme transmetteur, M. Recordon en emploie un à 12 dents afin de se prêter aux hauteurs des lettres les plus usitées. Chaque ligne d'écriture ou d'impression passe successivement sous les dents de ce peigne, et il résulte de la rencontre de celles-ci avec les iiarties isolantes de ces lignes, constituées par les différents camctères de l'écriture, une série d'interruptions de
APPUGATION AUX ARTS DE PRÉaSION. IM
courut qui, en réagissant sur une série de types mobiles disposés sur une planchette, peuvent dessiner en relief par le groupement différent de ces tjpes les caractères successivement transmis, et avec des dimensions amplifiées de six fois.
Le récepteur de cet appareil qui fournit ce résultat se compose, conune cehii da télégraphe Bonelli, d'un chariot mobile qui roule sur une sorte de petit chemin de fer et qui porte le mécanisme destiné à réagir sur les types inoinleB dont nous avons parlé. Ces types, rangés sur 12 lignes droites parmllëles, sont éloignés les uns des autres de deux millimètres environ et font constitués par des boutons légèrement bombés dont les tiges qui leur scnreni de support sont mobiles dans des trous traversant de part en part une planchette assez longue pour correspondre à une ligne entière (Técrîtiire. Ces types sont en fer doux et peuvent s'élever &cilement auàtSÊQS de la planchette qui leur sert de support, sous l'influence d'aimants permanents adaptés au chariot mobile dont il a été question.
AuHlessus de chacune des rangées de ces types, se trouve disposée une lune de fer qui porte à ses deux extrémités deux échancrures latérales aïKi larges pour permettre aux types de passer. Ces lames, dont la longneur ne dépasse pas le tiers de celle de la planchette et qui constituent nie sorte de composteur, se trouvent entraînées avec le chariot, et celuici est manœuvré de gauche à droite par la main droite de l'aveugle qui, de la main gauche, peut suivre les différents effets produits en arrière du dariot, c'est-à-dire sentir les reliefs déterminés par les types. Le chariot ett muni de trois systèmes électro-mécaniques : i<* d'un système électromagnétique composé de 12 électro-aimants agissant isolément sur un ivstëme de leviers ayant action sur les différents types d'une même rangée, >d'un système magnétique composé de 12 aimants permanents destinés à élever successivement les types au-dessus de la planchette à mesure qu'ils paisent au-dessus d'eux; 3<* d'un système de leviers articulés commandé par chacune des armatures des électro-aimants et ayant pour effet d'empêcher le soulèvement des types, quand le courant anime Télectro-aimant correspondant. Avec cette disposition, il est facile de concevoir le mode de Inctioimement du système : supposons en effet que le courant circule à tnivers les 12 électro-aimants à la fois, ce qui suppose le transmetteur ippuyé sur un espace non écrit, tous les types placés en ce moment devant les parties échancrées des règles do fer qui les surmontent ne pourront pas paiMr à travers sous l'influence des aimants permanents qui les sollicitent, parce qu'ils en sont empêchés par les leviers des armatures des électrolimiuts ; ils ne détermineront donc aucunes saillies sur les 12 lames de fer
que le chariot traîne à sa suite. Supposons maintenant que les 12 électroaimants se trouvent inacti£s parce que le peigne du transmetteur aura passé à travers le jambage vertical d'une majuscule, d*un £ par exemple : les types qui se présenteront alors devant la partie échancrée des lames de fer pourront alors s'élever sous l'influence dos aimants, et y resteront adhérents jusqu'à ce que le chariot, en avançant, les ait détachés ; mais alors ils ne pourront plus redescendre, parce qu'ils seront arrêtés par le rebord des lames correspondantes qui les soutiendra par dessous. Dès lors, ils formeront saillie au-dessus du système des 12 lames, et dessineront la partie droite de l'E. Suivons le mouvement du chariot et voyons ce qui va arriver quand les dents du transmetteur vont avoir dépassé la partie droite de VE : cette fois le courant ne cessera seulement de passer qu'à travers les électroaimants n<» 1, 6 et 12. Par conséquent, les types des rangées I, 6 et 12 seront seuls à passer au-dessus des lames du composteur, et commenceront à former les trois bras de TE. Les mêmes effets se reproduisant un peu plus loin, ces bras s'allongeront, et finalement la lettre B se trouvert nettement reproduite en relief. Le chariot continuant son mouvement, une autre lettre se formera de la même manière à côté de la première, et aîmi de suite pendant le tiers de la course de ce chariot, et pendant ce temps, l'aveugle aura pu lire avec les doigts de sa main gauche les mots qui auront été ainsi formés. Après cette lecture, les types soulevés au-dessus du composteur rencontrant la seconde échancrure des lames et n'étant plus retenus, tombent sur la planchette où ils se trouvent mis on position de fournir de nouvelles indications à la hgne suivante.
Pour obtenir que les lettres ainsi reproduites soient six fois plus grandes que celles qui sont écrites ou imprimées, ce qui a été jugé nécessaire pour leur perception tactile par les aveugles, le mouvement du poigne à 12 dents du transmetteur qui est, comme on Ta vu, solidaire do celui du chariot, est effectué par l'intermédiaire de parallélogrammes articulés disposés comme dans le pantographe. Toutefois, comme l'appareil ne doit fournir aucune transmission quand le chariot, ayant uccomph sa course entière, doit commencer une nouvelle ligne, il a fiallu adapter à ce système un mécanisme particulier qui put non-seulement empêcher les dents du peigne de frotter sur la feuille imprimée ou écrite au moment du retour du chariott mais encore empêcher les aimants permanents de réagir sur les t^çts mobiles. Ce mécanisme a été combiné assez simplement par M. Recordon, mais il peut être disposé de toute autre manière, et le problème no présente d^ailleurs aucune difficulté.
L'étendue du mouvoment du chariot dans le système que nous vonons
e décrire ayant paru à M. Recordon trop considérable pour la commoiilé des aveugles, il a combiné, conjointement avec M. Furettini^ un nitre système moins volumineux auquel il donne la préférence et dans lequel la planchette aux types mobiles est remplacée par une surface cylindrique. H en résulte que le chariot-composteur étant obligé d'accomplir une course circulaire, les dispositions ont dû être changées. Nous n'entrerons pas toutefois dans les détails de construction de ce nouveau système, qui sont moins faciles à saisir sans figures que celui dont nous moDS de parler. Ceux que cette question pourrait intéresser trouveront lous ces détails dans le brevet de M. Recordon, qui est du 10 juin 1874 et porte le n? 103S22. D'après ce brevet, il paraîtrait que l'invention remonte à UDB date plus ancienne, qui devrait être fixée à Tannée 1871.
3° ApplioatioB mmx, maohinef à graver.
Ia possibilité de reproduire par la télégraphie électrique des dessins à la phime compUqués et de les obtenir dans des proportions plus ou moins gnndes, a fait naître Tidée d'apphquer le principe du système de M. Backncil à des machines capables de produire des gravures* On comprend, en det, que cette Êiculté de réduction permettant d'atténuer les imperfections des originaux, on pouvait avec des types grossiers obtenir des reproductions inies, et Thabilcté de main du graveur pouvait être remplacée par une •ction purement mécanique. D'un autre coté, on pouvait obtenir de cette manière des foc-simile tout à fait exacts des dessins de nos grands maîtres, à fai seule condition de les leur flaire exécuter sur du papier métallisé. En dehors de ces avantages, ce système de gravure pouvait être d'un secours pncieux pour la gravure des cylindres d'impression des indiennes et autres cylindres employés dans diverses industries.
Suivant quelques articles insérés dans dos journaux arif^lais, ce serait
IL Hansen, de Gotha, qui aurait eu le premier l'idée de cette application,
et ce serait à Tannée 1851 qu'il faudrait la faire remonter; mais M. Klie
Giîile qui s'en est le plus occupé, assure dans une réclamation de priorité
adrevée à la Société d'encouragement, qu'il l'avait conçue dès rannée 1852*
Quoiqu'il en soit, c'est incontestablement ce dernier inventeur qui a poussé
le plus loin cette invention» car il a construit plusiiun-s types do (rs inadiim^
qui ont été exposés, et celle de M. llanson n'ost connue que |)ar la sini[)le
dncn|ition qu*eu a donnée le Mcchanics magasine dans son numéro de
juin 1851, et celle que J'en ai donnée moi-même dans le troisième volume
de la seconde édition de mon Exposé, p. 12.
196 APPUG4TI0N AUX ARTS DE PRÊaSION.
Sjrvttefte de M. "W. HanseB, de Gotkm. -^ Void la que fait de cet appareil, le journal anglais dont nous venons de parier.
« Cette machine a quelque analogie avec celle qui dans les atelieis < constructions est employée à planer les métaux.
« Le dessin que Ton veut copier et la planche sur laquelle on se piopof de le graver, sont placés côte à côte sur le plateau de la machine. Ce platée est mobile, et tous les traits du dessin reproduit sur une surface métal tique avec une encre non conductrice, passent successivement sous uq pointe à calquer, susceptible de transmettre facilement le fluide électrique
c Au-dessus de la planche qui doit être gravée, un levier porte un buiii vertical dans une situation analogue à celle de Toutil de la ynarhinft à pla ner. Ce burin est soumis à l'action de deux électio-aimants dont Fun k presse contre le métal, quand un premier courant est étabh, et dont Tautn le relève, lorsque le courant est rompu. Sauf ces mouvements d^élévatiofl et d'abaissement, le burin est d'ailleurs stationnaire, et c'est la traoslatioii du plateau qui en promène le taillant sur la planche, tandis que la pointe à calquer parcourt les traits du dessin. Or, lorsque cette pointe passe m Tencre résineuse, le courant qui maintient le burin élevé se rompt; mni un appareil commutateur en étabht aussitôt un autre dans le second électioaimant destiné à presser Toutil contre la planche, et le force de tracer une hgne pour laquelle Tégalité de pression assure Tégahté de profondeur.
c Lorsque le dessin est achevé, on en prend le cliché que l'on emploie conune une gravure sur bois, b
Systèmes de IL Ëlie Gaiffe. — Les machines à graver de M. £. Gaiffe,, brevetées en 1857, ont été combinées de plusieurs manières, pour s'approprier à la gravure des cylindres d'impression sur étoffes, k la gravure des planches planes destinées aux estampes, et à celle de sur&oes cylindriques et coniques de petite dimension. Les unes et les autres permettent d'ailleurs la réduction ou Tamplification du dessin original, et ne sout en somme qu'une dérivation des appareils autographiques iisités en télégraphie.
Premier système. — L'impression des étoffes s'opère comme on le sait à Taide de rouleaux de cuivre sur lesquels sont gravés les dessins qui doivent être reproduits. Le plus souv^nt ces dessins consistent dans des fleurons ou ornements plus ou moins grands, plus ou moins compliqués, plus ou moins enchevêtrés les uns dans les autres, mais qui se répètent S}Tiiêlriquement d'une manière ou d'une autre, une eu plusieurs fois, soit sur la longueur du cylindre, soit sur le développement de sa surface. Quand œi fleurons ou ornements sout de très-petites dimensions, on peut à Taide du
poinfon et de la molette, les reproduire d'un seul coup sur la planche cylindrique aussi souvent qu'il est nécessaire, et en faire varier à volonté le mode de groupement et la disposition ; mais avec des ornements d'un dessin un peu grand et un peu capricieux, et dans les cas où la gravure à la main est edgée, il était désirable qu'on pût trouver un système simple et économique qui pût dispenser de Tintervention du graveur. Or, dans ce cas, la machine de M. E. GaifTe peut être d'un grand secours, car elle permet d'eirécuter d'un même coup tous les ornements destinés à couvrir les Cfliiidres.
Cette machine, comme tous les systèmes électro-magnétiques du même genre, comporte trois mécanismes : 1^ un mécanisme transmetteur ou distnbuteur, qui s'applique au-dessus du modèle à graver; 2^ un mécanisme tuoeur employant comme organes graveurs des électro-aimants dont rannature est munie d'une pointe de diamant ; 3* un mécanisme moteur. Ce dernier consiste dans un système de rouages qui a pour effet de foire toomer d'un mouvement excessivement lent les deux autres parties de la machine, et d'établir entre elles une solidarité de marche dont le rapport peut être varié à volonté, ce qui permet d'amplifier et de réduire les reproductions.
Le cylindre à graver est mis directement en mouvement par ce système de louages et tourne horizontalement sur ses tourillons. Devant lui est disposé le système traceur dont le support participe aussi au mouvement do système, mais après chaque révolution du cylindre et seulement pour toe avancé d'une quantité très-minime (un vingtième de millimètre tout an plus) suivant Taxe de celui-ci. Cq résultat est obtenu au moyen d'un eadiquetage adapté à Taxe moteur du système traceur et qui le fait tourner d*im nombre plus ou moins grand de dents, par Tintermédiaire de bielles et d'une excentrique adaptée h l'arbre moteur du cylindre.
Un moteur électro-magnétique, en raison de la lenteur du mouvement du cylindre, suffit parfaitement pour mettre en marche le système aussi bien que les autres parties de la machine.
Le système traceur se compose d'un support rectangulaire allongé et mobile, sur lequel sont fixés un certain nombre d'électro-aimants boiteux, dont les armatures, articulées sur les branches sans bobine, oscillent dans un plan vertical normal à Taxe du cylindre. Ces armatures portent des leviers qui, eux-mêmes, sont munis de porte-diamants et de tiges sur lesquelles réagissent des ressorts antagonistes destinés à pousser les diamants contre le cylindre au moment de la rupture du courant à travers les électro-aimants. Tous ces électro-aimants sont échelonnés les uns à la suite
des autres devant le cylindre, et peuvent ôtre animés deux & deux, trois à trois, quatre ii quatre, etc., par ic courant, suivant la disposition du dessin sur le transmetteur I ou distributeur; comme leur support se trouve animé d'un mouvement de translation à chaque tour accompli par lo cylindre, les traces laissées par les pointes de diamant peuvent se placer parailèloment les unes à côté des autres, et, en raison de leur très-grand rapprochement, elles peuvent enlever le vernis dont le cylindre lest couvert sur une sur^Eice aussi grande que peut le comporter les motilis du dessin original. Le transmetteur ou distributeur placé h cTité du système précédent, se coni()Ose essentiellement d'un cylindre relié au mécanisme .moteur, sur lequel est gravé en creux le dessin qu'il s'agit de reproduire en plusieurs exemplaires sur le grand cylindre. Deux styles de platine portés par deux pièces mobiles (dans des couhsses) en rapport avec la pile et placés en regard] l'un de l'autre, appuient sur ce cyhndre, et sont reliés, Fun aux électro-aimants qui doivent servir à reproduire le nombre de fois voulu le dessin dans le sens de la longueur du cyhndre à graver, l'autre aux électroaimants qui doivent le fournir sur une seconde rangée dans une position alternée. Ck)mme ces aiguilles peuvent être éloignées plus ou moins Tune de l'autre et que le cylindre transmetteur tourne exactement avec la même vitesse que le cylindre h graver, les rangées de dessins peuvent fitre plus ou moins espacées, suivant qu'on le juge convenable, et les grandeurs relatives dos dessins reproduits el des dessins originaux dôpenderont des diamètres des deux cylindres et du rapport de mouvement du système traccui et du système qui porte les transmetteurs, rapport qui est souvent le mt'^mf que celui des diamètres des cylindres. Ordinairement les supports des stji» transmetteurs et des électro-aimants traceurs sont mis en mouvement pai deux vis sans fin dont le pas est très-différent et qui appartiennent à ui même axe de rotation, et c'est précisément du rapi>ort d'épaisseur de ce deux pas de vis, (luc dépendent les grandeurs relatives du dessin et de si reproduction.
Avec cette disposition le jeu de l'appareil se comprend facilement. Quam les styles de platine du transmetteur ap[)uient sur le métal du cyiindr correspondant, le» courant est fermé à travers les électro-aimants, et aucu: trait n'est marqué sur le cylindre qu'il s'agit de graver ; mais sitôt que ce styles ne sont plus en contact avec le métal du cylindre, les armatures de électro-aimants s'abaissent, et laissent des tmccs plus ou moins longuet suivant le temps plus ou moins prolongé (pie cotte absence de contact duré et suivant le diamètre relatif des deux cylindres. A chaque révolutio du cyhndre, il y a donc une série de traits isolés, gravés par les différent
électro-aimants, et ces traits représentent, en différents points du grand cylindre, une petite firaction du dessin qu'il s'agit de graver; do sorte qu'après une série de révolutions, tous ces traits juxta-posés à une distance
de Vio ^0 millimètre les uns des autres, finissent par dessiner des surfaces . ombrées, des contours, et finalement des dessins alternés qui sont tous la reproduction exacte du dessin original. On ne peut se figurer sans l'avoir TU, la perfection de ce mode de reproduction. Quand la gravure du cylindre est ainsi effectuée sur le vernis, M. Graiffe en opère la morsure par des moyens galvano-plastiques, c'est-à-dire en faisuit du cylindre l'électrode soluble d'un électrolyte à sulfate de cuivre. Par ce moyen, le creusement du métal s'effectue normalement à sa surface et sur une assez grande profondeur.
On comprend aisément qu'au lieu d'employer pour cylindre transmetteur, on cylindre de cuivre gravé au burin, M. Gaiffe aurait pu se servir, comme M. Gasdli et autres, d'une feuille de papier argenté sur laquelle le dessin «mit été seulement reproduit h l'encre et qui aurait été collée sur un cylindre uni ; mais les nombreux inconvénients qu'on a rencontrés avec un système de ce genre employé dans les métiers de tissage électrique, ont effrayé M. Gaiffe, et il a mieux aimé avoir recours à un procédé sans doute plus dispendieux mais beaucoup plus sûr selon lui. Nous pensons toutefois que de^nt les résultats si satisfaisants fournis par les télégraphes autographiques, les craintes de M. Gaiffe sont un peu exagérées, et qu'on aurait pu donner sans crainte à cette invention plus de relief, en ne montrant pas . lagnvure juréalable d'un cylindre transmetteur comme une condition indis- [«nsable au succès de l'appareil (t). Cette invention a été brevetée en 1857. Dans un autre modèle de ce genre que je possède actuellement, M. Gaiffe i disposé le système traceur de manière à pouvoir se prêter à la gravure de sor&ces cylindriques et coniques de petite dimension. Je suppose qu'il a eu «n vue, d'exécuter avec cette disposition d'appareil, de la gravure sur surtee pUne applicable surtout aux éventails, abat- jour et autres objets otninant une disposition arquée des dessins. En coupant, en effet, suivant leur génératrice, les surfaces métalliques ainsi gravées et les développant «mnt une surface plane, il pouvait obtenir des planches rectangulaires ou sur lesquelles les dessins pouvaient être reproduits suivant les de ces surfiices et par conséquent régulièrement par rapport vu axes de figure.
(1) Cette desiTiption est extraite d'un rapport fait par moi à la Société d'encoungement U: 15 janvier 1862. (Voir t. X, p. 137 du Bulletin).
200 APPLICATION AUX ARTS DE PRt:CI8I0N.
Pour obtenir ce résultat, Taxe donnant le mouvement aux deux vis sans fin des systèmes traceur et transmetteur, est brisé au point de séparation des deux systèmes, et les deux parties sont réunies par une articulation Cardan à deux mouvements rectangulaires. D'un autre côté, le bâtis du système traceur est disposé de manière à pouvoir oscDler autour d*un pivot adapté à son extrémité la plus rapprochée de l'articulation Cardan, et son autre extrémité, guidée par une coulisse circulaire, peut être fixée au moyen d'un écrou, dans telle position qui convient, c'est-à-dire de manière à s'adapter à telle base de cône qu'on a choisie. De cette manière, la vif sans fin qui commando ce système, tourne comme si les deux vis étaient dans le prolongement Tune de l'autre, et le dessin se trouve reproduit comme dans le système ordinaire, mais avec une déformation proportionnelle aux rapports des deux bases du tronc de cône.
Deuxième système. — Le second système de M. GaifTe, disposé pour la gravure des planches planes, a été particulièrement remarqué à l'Exposition de 1867, et a été combiné de deux manières ; d'abord pour s'appliquer aui planches de cuivre. ou d'acier, et en second lieu pour s'adapter aux pierres lithographiques. Les appareils dans les deux cas sont d'ailleurs fondés sui le même principe que les systèmes qui précèdent. Nous commencerons pai le plus simple dont nous donnons le dessin fig, 1, pi. II, et dont les dimensions sont plus ou moins grandes suivant la grandeur des planches.
La modèle que j'ai en ma possession est de la taille d'une machine à coudre ordinaire.
Il se compose essentiellement de deux plateaux circulaires P P, pp, de dimensions très-différentes, sur lesquels on fixe au moyen de griffés mobiles la planche à graver et le dessin original exécuté sur une surface métallique. Ces deux plateaux tournent dans un plan vertical sous l'influence d'engrenages R,R' à vis tangente, disposés de manière à leur donner exactement la môme vitesse. Un renvoi de mouvement effectué par une autre vis tan geiite V adaptée à l'axe du plateau pp et par une roue fixée sur Taxe an. réagit sur les systèmes traceur et interrupteur, au moyen de deux systèmes de triples roues H, C,|D/B',C',I)'. combinées de manière à communiquer aui deux vis sans Un, v, v des mouvements différents dont le rapport de vitesse, combiné à celui du pas des deux vis, représente le rapport de grandeur du dessin original et de sa reproduction. Les doux plateaux tournent d'ailleurs en sens contraire l'un de l'autre pour obtenir que la reproduction soit effectuée à l'envers de Toriginal. Comme la maciiine en question, est disposée pour que la reproduction gravée soit le quart do Toriginai ; le rapport des mouvements des deux vis ut celui de leur pas sont comme 1 est à 'i. On obtient ce
résultat en donnant aux deux pas de vis trois et un et demi millimètres, et auxiouesdes deux systèmes, les nombres de dents qui suivent : 43 pour les roues R et R' ; 36 pour la roue qui engrène avec la vis tangente V, et pour les roues D, B et B', 56 pour la roue C, 72 pour la roue D' et pour la roue G. U en résulte que quand le plateau P P a fait un tour, la vis v n'a accompli
que-* de tour, et que, quand celle-ci a effectué sa révolution entière, la
roue motrice en a exécuté 1548. Par suite, quand le plateau pp a achevé son tour, la vis t/ n'a accompli que-— de tour, et pour un tour de celle-ci,
le moteur en a accompli 3096.
Les systèmes traceur et interrupteur sont constitués par deux chariots M, M' conduits par deux tringles, et mis en mouvement par un écrou adapté à leur partie inférieure lequel écrou circule sur chacime des vis sans fin. Le premier de ces chariots M auquel [est adapté rinlerrupteur, porte en ayant une pièce articulée S placée dans une position à peu près verticale et qui se termine par un bec pointu recourbe à angle droit et fendu en deux parties comme un tire-ligne. Cest ce bec qui constitue le stylo intcrrapteur. Une bascule à contre-poids m en appuyant par Tun de ses bras sur k pièce articulée, assure la pression de ce style contre le plateau PP, et peut la produire avec une force plus ou moins grande, car le contre-poids m court sur un pas de vis adapté au bras de la bascule sur lequel il est piicé. Goomie ce style avance dans le sens horizontal sous Tinfluence de la Tis 0 en même temps que le plateau PP tourne, il décrit sur celui-ci une spirale continue qui, en raison du mouvement excessivement lent de la vis, a ses différentes spires assez rapprochées les unes des autres pour couvrir bsurfiaipe entière du cercle déterminé par elle. Le style S, en effet, n'avance guère que de O"/»,0833 pour chaque tour du plateau PP. Or, Ton comprend que quelque soit la position et la finesse d'un trait exécuté sur le dessin original, il arrivera un moment ou il sera touché en ses différents points par le style, et où il pourra, par conséquent, avoir sa reproduction sur la planche gravée.
Le second chariot M' porte le système traceur qui est constitué essentielkmeat par un électro-aimant E dont Tarmature réagit sur le style traceur. Ce style, en raison de la précision qu'il doit avoir dans les traces qu'il <iêlermine,ne doit présenter aucun jeu, et sa disposition a dû être en conséquence assez compliquée. H se compose d'une tige horizontale glissant dans deux coussinets adaptés à deux piliers verticaux et qui se termine, d'uQcocé, parle porto diamant, do Fautro par un pas de vis qui permet de
régler convenablement la position de ce porte-diamant, par rapport à l*électro-aimant et à Tarmature de celui-ci. Devant la partie antérieure du porte diamant, vient s'adapter, d'abord, une lame de ressort verticale, qui tend à pousser lo |)ortc-diamant contre le plateau et dont la tension peut rtre réglée par une vis, en second lieu, une fourchette dépendant de l'armature articulée de réiectro-aimant et qui se trouve prise entre deux écrous mobiles sur la tige horizontale. Ces écrous, au moyen desquels on peut conjointe* ment avec la vis de rappel de cette tige, régler convenablement Técartement do Tarmature de Télectro-aimant, permettent à cette armature de réagir sur la tige en sens contraire de Taction du ressort et de déterminer avec celui-ci le mouvement de va et vient du porte-diamant nécessaire à la production des traces. Ce système est d'ailleurs monté sur une plate-forme introduite dans une glissière, et peut ôtre plus ou moins rapproché du plateau pp au moyen d'une vis de rappel d. La vis v' ayant i"/"*,5de pas et
n'accomplissant que-— de tour quand le plateau pp en a exécuté un, les
différentes spires de la spirale traçante ne sont éloignées les unes des autres que de Ob/",02083, et cet espace représentant le quart de celui qui sépare les spires décrites par le style traceur, le dessin reproduit par la pointe de diamant sera bien le quart de l'original. Avec un rapprochement si grand des différentes spires, les traits provoqués par la rencontre des dififérents points d'une ligne avec le style interrupteur sont tellement rapprochés les uns des autres, qu'ils constituent une ligne continue au milieu de laquelle il sei*ait impossible de distinguer la moindre solution de continuité.
Le fonctionnement de l'appareil est du reste facile à comprendre, car il est exactement le même que celui des télégraphes autographiques et des autres machines que nous avons décrites précédemment; seulement le dessin, au lieu de présenter au style interrupteur ses différents points suivant une ligne droite, les présente suivant une ligne courbe, et le dessin, au lieu d'être reproduit successivement de gauche à droite ou de droite à gauche, est reproduit de ses bords au centre ou du centre aux bords.
M. Gaifle avait exposé en 18G7 une autre machine du même genre un peu plus compliquée, avec laquelle on pouvait obtenir à la fois quatre réductions différentes d'un même type. Cette machine était disposée exactement comme celle que nous venons de décrire, seulement il y avait cinq plateaux au lieu de deux, et les vis animant les différents chariots des systèmes traceurs, quoique disposées sur le môme arbre moteur, avaient des pas différents. Tous ces systèmes fonctionnaient en même temps.
La machine disposée pour la gravure des pierres lithographiques ne
in^est pas assez connue pour que j*en parle. Je croiA qu'elle se rapprochait, comme disposition, des télégraphes autographiques, et en particulier du premier système de M. Caselli, qui fut construit par M. Froment, vers 1859. Le burin et le style interrupteur étaient animés d'un mouvement longitunal de va et vient qui se déplaçait perpendiculairement après chaque mouvement accompli. Il est du reste facile de concevoir un dispositif de ce genre, et le problème ne présente rien de nouveau ni de difficile.
Les appareils de M. Élie Gaiffe ont h ce quUl paraît fonctionné d*une manière satisfaisante aux différentes expositions où ils ont figuré, notamment aux expositions de 1862 et de 1867, car ils ont été pour leur auteur l'objet de plusieurs récompenses élevées, et de nombreux rapports élogieux. Malheureusement ces distinctions n'ont pas réussi à les faire répandre dans ie commerce, et je crois être aujourd'hui le seul à en posséder des spécimens; encore ne les ai-je eus que par occasion. Quoiqu'il en soit, le malheureux inventeur est sans doute mort à la peine, car nul n'en a plus entendu parler depuis 1870. C'est une victime de plus à ajouter au martyrologe des inventeurs.
4^ Application aaz oomptevrt.
Nous avons déjà parlé de cette application dans notre tome lY, au chapitre des chronographcs et des enregistreurs, mais nous devons y revenir ici pour mentionner certains dispositifs ingénieux imaginés par MM. Loup et Kock et qui ne pouvaient figurer aux chapitres dont nous venons de parler. Us ne se rattachent d'ailleurs aux applications électriques que par des effets magnétiques. L un de ces appareils est un compteur à eau dit magnéUh moteur, l'autre un sillomèlre magnétique. Le premier est destiné au service de la distribution des eaux dans les villes, l'autre à mesurer la vitesse des cours d'eau ou des navires en mer.
Le compteur à eau est constitué par une sorte de turbine placée dans un cylindre vertical mis en communication par ses extrémités supérieure et infi^rieuie avec les deux bouts disjoints do la conduite d'eau dont on veut mesurer le débit. Cette turbine tourne naturellement d'autant plus vite que ^ quantité d'eau déversée sur les palettes est plus grande, et pour éviter les effets des remous, cette turbine est protégée dans sa partie centrale par un tambour directeur qui ne permet à l'eau do réagir qu'à l'extrémité des P^i^tes; de plus afin de modérer l'action de l'eau et de permettre la mesure de son débit avec des écoulements presque nuls, l'orifice d'écoulement est P<Hirvu d'une soupape à contre- poids qui ne s'ouvre que sous l'effort d'une
quantité d'eau assez notable, mais qui laisse cependant passer par un tube dirigé sur les palettes de la turbine, un filet d*eau suffisant pour agir sur cette dernière quand la quantité d'eau n'est pas assez forte pour soulerer la soupape. Dans ces conditions, cette petite quantité d'eau n'agissant que sur ime seule directrice de la turbine, lui communique un mouvement sensible qui est même exagéré sur le compteur, mais qui a l'avantage d'éviter la fraude que pourraient commettre les abonnés en donnant au courant un écoulement très-lent.
Le compteur sur lequel réagit l'axe de la tiurbine est disposé dans une chambre à part, placée à la partie supérieure de Tapparcil et hermétiquement fermée, afin que l'humidité ne puisse en altérer les mécanismes, et c'est précisément pour mettre en fonction cet appareil sous l'influence du mouvement de la turbine, qu'intervient l'action magnétique. Cet axe en effet, transmet par l'intermédiaire de deux vis sans fin et de deux roues, son mouvement à un barreau aimanté argenté, qui tourne horizontalement au-dessous de la cloison séparant les deux parties de l'instrument, et un second barreau aimanté placé exactement au-dessus du premier, peut en suivant celui-ci dans ses mouvements, réagir sur le mécanisme du compteur auquel il est adapté, absolument comme si les deux mécanismes n'étaient pas séparés par une cloison. Ge compteur, très-délicatcment construit, porte quatre aiguilles marquant sur leurs cadrans respectifs, les unités, dizaines, centaines et milles.
On comprend qu'un appareil de ce genre a besoin d'être étalonné ; cependant l'unité mesurée pour un instrument est sensiblement le môme pour ceux de même dimension fabriqués en môme temps. Cet appareil a fourni de bons résultats et il a été appliqué pour le service de Lyon.
Le sillométre de MM. Loup et Koch n'est on principe autre chose qu'un loch électrique dans lequel le mécanisme compteur et le mécanisme indicateur sont, comme dans l'appareil précédent, séparés par une cloison h fermeture hermétique, et mis en rapport de mouvement par Tintermédiairc de deux barreaux aimantés.
Les sillomètres comme les lochs électriques ont eu des formes très- variées et Ton conçoit facilement qu'un s]rstème analogue à celui dont nous avons parlé dans notre tome IV, p. 432, et que nous représentons flg. 15, pi. I, puisse parfaitement être disposé dans le système de MM. Loup et Koch, ce qui permettrait d'obtenir une action plus sûre et plus efïlcace sur Tinterrupteur appelé à faire fonctionner électriquement le compteur ou l'enregistreur. Du reste, la forme que MM. Loup et Koch ont donnée h leur appareil est très-ingénieuse. C'est comme on* le voit ûg. 2, pi. II, nne lame métallique
découpée ea forme de queue de poisson, qui est traversée dans sa partie médiane par ime tubulure dans laquelle se meut un arbre soutenu par deux paliers. A son bout le plus étroit, cette plaque est munie d'une ouverture daos laquelle se meut une petite turbine dont les aubes sont en hélice et qui est adaptée à Tarbre dont nous venons de parler. Enfin, à Textrémité de la plaque, du côté opposé à la turbine, est adaptée la boîte à deux compartiments renframant le double système magnétique, le compteur et l'iotemipteur. Cette boîte est cylindro-conique, et son axe est traversé, jusqu'au compartiment clos, par Tarbre de la turbine qui transmet par l'aimant qui le termine le mouvement dont il est animé, au mécanisme du compteur. Un interrupteur fixé sur ce compteur permet ensuite de transporter les indications de celui-ci sur un autre compteur placé à terre ou sur le navire, d'une manière analogue à celle que nous avons étudiée dans noire tome IV. On peut voir le détail de cet ingénieux instrument, dans le tome LXVIU, de la Description des brevets, de Tannée 1858.
5^ ApplSeatSoB aux intiramenU de préeition.
Thermomètres et pyromètres éleetrlques.— L'idée d'appliquer rélectricité à la mesure de la température n'est pas nouvelle, et les piles thermo-électriques ont été surtout employées dans ce but dès l'origine de leur découverte. Nous aurons occasion de parler bientôt de celle intéressante application à l'occasion des expériences curieuses de MM. Becquerel faites àrintéricur des terres ; mais en dehors de ces appareils, on en a imaginé d'autres qui peuvent fournir des indications comparables à celles des thermomètres ordinaires et sur lesquels nous nous arrêterons un peu, car ils sont moins connus, et ont fourni des résultats réellement intéressants.
En tête de ces appareils, nous citerons les thermomètres et pyromètres à balance de M. Siemens, et nous commencerons tout d'abord par dire qu'ils sont fondés sur la conductibilité dififérente que prennent les différents métaux sous l'influence d'un changement dans leur température.
Thermomètre à balance de M. Siemens. ^ Les premiers appareils de ce genre furent imaginés dès l'année 1860 par M. Siemens et appliqués par lui pendant la construction du câble de Malte à Alexandrie, pour reconnaître certains effets calorifiques déterminés au sein du câble, et que ne justifiaient pas les variations de la températui^e ambiante accusées par le thermomètre. Ces appareils basés sur ce principe que la résistance d'un fil de cuivre varie dans un rapport constant avec la tempéra* ture, étaient composés d'une hélice de fil soigneusement isolé, enveloppée
dans un cylindre de fer et dont la résistance à une température donnée était déterminée exactement. En mettant cette hélice en rapport avec des rhéométres -sensibles, on pouvait mesurer, par les déviations fournies, les différences de résistance observées à des températures différentes, et en déduire la différence elle-même de ces températures. Cette influence de la clioleur sur la conductibilité d'un fil de cuivre enroulé en spirale est si grande, que, dans les expériences que j'ai entreprises en 1801 à Tadministration des lignes télégraphiques sur la détermination d'un étalon de résistance, la simple application des doigts sur mon hélice de fil provoquait des différences de résistance équivalentes à près d'un tour de Rhéostat. Ce système démesure de la température, comme du reste celui où l'on met à contribution des éléments thermo-électriques, présente l'immense avantage de pouvoir founiir à distance les indications de la température et dans des conditions où il serait impossible à l'homme d'aller la mesurer. C'est ainsi que M. Siemens a appUque cet appareil non-seulement à la mesure de la température des différentes parties d'un câble immergé pendant sa construction, mais encoro pour connaître la température au fond des mers, données très-importantes pour les constructeurs de câbles sous-marins^ en raison de la grande fussibilité de la gutta-percha.
Dans ses meilleures conditions d'instalhilion, ce système therinomctriquc comporte deux sortes d'appareils : le tliermomètrc proprement dit avec son fil conducteur et son appareil de sonde, et un pont de Whcatstone servant de balance tliermométrique. Le thermomètre consiste dans une hélice de fil de fer fin recouvert de soie et ayant une résistance totale de 500 oluns. Cette hélice est renfermée dans un tube de métal dont elle est isolée métal- Uquement par l'intermédiaire d'une couche de paraffine quirempht hermétiquement tous les espaces vides, et le tube lui-même est introdiit dans un autre percé do nombreux trous afin que l'eau [)uisse aisément y pénétrer. La ligne de sonde a bien entendu^ une longueur (|ui doit être calculée sur les profondeurs maxima que l'on a à explorer, et elle contient les deux fils qui doivent servir de conducteurs. Ces lils sont isolés avec de la guttapercha et enveloppés d'une épaisse couche de chanvre que l'ecouvre encore une enveloppe de lames minces de cuivre, présentant une surface extérieure la plus unie possible. Un de ces fils sort par le bas du câble et est rémii à rciivelopiK) extérieure de celui-ci ; Tautie est relié à l'un des bouts de rhélice thorinométrique, dont l'autre bout conununique avec l'onveloppc extérieure du câble, précisément à IVndroit oîi se tmnve cnoctiicr la liaison du premier fil avec cette enveloppe, et nous en verrons à Tinstant la raison.
L'indicateur thermométrique est constitué, comme on Va vu, par un pont
de WhealstoiieL H est placé à bord du vaisseau qui effectue les sondages, el sa disposition par rapport au circuit du thermomètre est indiquée dans la fig. 44. La batterie est réunie aux bobines de résistance A et B qui forment les branches égales du pont, et les deux autres branches sont constituées. Tune par le thermomètre fixé à la ligne de sonde £, Tautre par un tbennomètre exactement semblable, immergé dans im vase rempli d'eau, dont la température est mesurée au moyen d'un thermomètre à mercure et que Ton peut refroidir plus ou moins au moyen d'un mélange réfrigérant introduit par un tube. Un agitateur permet d'ailleurs de
Fig. 41.
&irc arriver promptement le liquide à une température uniforme. C'est ce dispositif qui constitue,Idans le système du pout, l'appareil Hhcostatique,[et on va voir à Tinstaut comment. Nous ajouterons que le galvanomètre indicateur est en G, et que la liaison avec la pile des deux branches du pont constituées par les deux thermomètres, est effectuée par la terre; c'est pour cette raison que l'extrémité du thermomètre immergé avec la ligne de sonde, est en communication avec Tarmature extérieure du cûble,ot que le second lil de celui-ci est relié également â cette armature pour communiquer ensuite par son extrémité opposée au second thcrmomèti*e.
Avec cette disposition, il est facile de concevoir, que si, avant l'immersion du thermomètre indicateur, on a équilibré les résistances de manière h ce qu*à la température normale les deux thermomètres immergés dans le
môme liquide ne déterminent aucune déviation du galvanomètre 6/il suJ fira d'enfoncer le thermomètre indicateur dans la mer pour que les condi tions de température changent pour les deux thermomètres, et pou provoquer une déviation de Taiguille du galvanomètre ; mais on poum ramener successivement à zéro cette déviation, en refroidissant l'eau di récipient où est immergé le thermomètre d'épreuve, et la température indi quée par le thermomètre à mercure quand la déviation est devenue nulle, indiquera précisément celle du milieu liquide oii est en ce moment le ther momètre indicateur. La sensibilité de ces thermomètres est si grande, qu*uoe variation d*un dixième de degré (^enhcit) peut être constatée, surtout si Ton a soin de refroidir successivement le liquide à mesure que Ton voit Taiguille dévier. L'avantage de ce système est de permettre de suivre les variations de la température de la masse liquide aux différentes profondeurs, à mesure que l'appareil descend.
Quand la température à mesurer est plus élevée que celle du récipient où se trouve le thermomètre mesiu'eur, le procédé reste encore le même, seulement au lieu de verser dans le réservoir de l'eau refroidie par im mélange réfrigérant, on verse de l'eau chaude.
Ce système thermométrique peut suivant M. Siemens être encore employé dans les usages médicaux, car le thermomètre pouvant être réduit aux dimensions d'un crayon, peut être introduit dans les différentes cavités du corps. Il peut être aussi appliqué aux brasseries pour indiquer la température des cuves pendant la fermentation sans qu'on soit obligé d'être sur les lieux ; et dans ces conditions, il peut rendre de grands services, car il est très-important pour la qualité de la bière que l'on connaisse cette température.
Système de 31. R, Sabine. — Suivant M. R. Sabine, un thermomètre électrique du genre de celui dont il a été question précédemment, doit pour être un véritable instrument de physique, réunir les conditions suivantes :
i<* Sa graduation doit être indépendante de celle d'un autre appareil thermométrique, et faite par conséquent comme si les autres thermomètres n'existaient pas ;
2* Les observations de l'appareil doivent être faites directement et saûs qu'on ait à se reporter au coiifficient de conductibilité des métaux employés dans sa consti'uction ;
S'' Ses indications doivent provenir uniquement de l'appareil mesurant la température.
A la suite d'un grand nombre d'expériences, M. Sabine croit être parvenu à étabUr un système d'appareils réunissant ces diverses conditions et dont
2» Pour l'hélice en alliage de platine et d'argent.
Qo
Pyromètre électrique de K. Siemens. — Le pyromètre électrique de M. Siemens, représenté Og. 46, est fondé sur le même principe que sou thermomètre. Il se compose essentiellement d'une hélice de platiné d'environ 3 mètres de lon-
gueur, enroulée sur un cylindre en terre de pipe do 3 pouces de longueur, qui est muni à cet effet d'une ninure hélicoïdale assez profonde pour maintenir séparées les unes des autres les spires de cotte hélice,' au moment de leur échauffeoent. Un capuchon cylindrique en fer ou en platine iKOuTre cette hélice, et se trouTe adapté à im long tube de fer de 4 pieds de longueur, à Tintérieur duqod sont maintenus isolés, lu moyen d*isolateurs en terre de pipe, les Hrois 111s coixhicteur8XX,XX,CGqui doivent relier cet appareil à Hostrument mesureur. I^ point de jonction de ce tube a^ le capuchon est constitué par ime pièce métal- ^ un peu massive, ^ que la chaleur de la pariie affcctécau pyiomètre Nsse se maintenir plus <»nsiante.
L« fils qui traversent le
Fig. 46.
2l2 APPLICATION AUX ARTS DE PRÉCISION.
tube sont en cuivre et sont reliés à la spirale de platine par des lames d métal de 18 pouces de longueur, qui les éloignent assez de la pi chauffée pour ne pas être altérés par la chaleur. Bs aboutissent, à Pextréi opposée du tube de fer, à des boutons d*attache adaptés sur un couve en bois qui termine le tube de ce côté, et c'est à ces boutons d'attache sont fixés les fils de jonction qui vont à l'appareil mesureur.
Pour déterminer la température d'une source calorifique énergiqu suffit d'y enfoncer la partie supérieure du tube de fer jusqu'au renflemi et de l'y maintenir im temps suffisant pour que toute la masse corresi dante à la spirale de platine soit pénétrée par la chaleur. Si cette soi calorifique ne dépasse pas 1000 degrés cent^ le capuchon du pyromi peut être fait en fer; mais pour une chaleur plus grande, il doit être en tine, et M. Siemens en a construit de cette manière des modèles qui ont mesurer des températures atteignant 2000 degrés. Pour des températi modérées, im capuchon en cuivre peut être employé, et D peut même ( sontor certains avantages; mais il faut alors qu'il soit plus épais du côté tube de fer que du côté de la spirale de platine*
L'appareil mesureur a été combiné de plusieurs manières par M. Sieme Dans Torigine il consistait dans un simple pont de \MieatsU)ne dont pyromètre et une résistance additionnelle constituaient deux des côtés, t dis que les deux autres côtés, réunis par une lame métaUique graduée, p mettaient, par le déplacement du point de contact de la pile sur cette la giaduéo, de mesurer les accroissements de résistance résultant de l'acti de la chaleur sur le pyromètre. Une table déduite des accroissements résistance avec Taugmentation successive de la température, permet! d^apprécier ^ quel degré cent correspondait telle ou telle position du ce tact do la pile sur Téchdle graduée du pont, et Ton pouvait en se rep tant à cette table, estimer immédiatement la chaleur accusée par le pyi mètre.
Dans une disposition plus nouvelle décrite dans le Télégraphie joum d*octobre 1876, M. Siemens a basé son système mesureur sur les effets él< tnxhimiques déterminés au sein d'im voltamètre difierenUeL Cet apf r^^il consiste eu deux longs tubes dont la partie supérieure est graduée parl^tement calibrée, et dans chacun desquels une solution acidulée av do Tacido sulfùrique est dècomposôo sous l'influence d*un courant élc triquo traiismis |>ar deux électrodes de platine. Les gaz résultant de cet dôcomiKvsàtiou sont transportes à la partie supérieure de ces tubes, et pe veut avoir leur volume mesuré au moyeQ de la graduation qu^ils portei Des résencoùs à compresseurs élastiques communiquant avec ces tiib^
permettent d'ailleurs de régler la hauteur du liquide dans ces tubes et de le £ûie arriver au zéro de la graduation. Un des pôles de la batterie est relié, par un commutateur BC et Tun des trois fils du tube pyrométrique, avec l'extrémité la plus éloignée delà spirale de platine constituant le pyromètre proprement dit, et l'autre pôle est en rapport, par la partie B'C du commuuteur» avec les deux voltamètres, au moyen d'un fil qui réunit les deux électrodes homologues de ces organes. Les deux autres électrodes sont reliées, d'autre part, par l'intermédiaire des bobines de résistance XX, avec les deux fils libres du p3rromëtre qui correspondent aux deux extrémités de la spirale de platine. H résulte de cette disposition que le courant de la pile destinée à actionner l'appareil, se bifurque entre deux circuits complétés l'un, par un des systèmes voltamétriques à la suite duquel est introduite une résistance connue, l'autre, par le second système voltamétrique et la résistance de la spirale de platine du pyromètre qui est à mesurer.
Les quantités de gaz développés dans les deux voltamètres, étant en raison inverse de la résistance des circuits dans lesquels ils sont interposés, et cette résistance étant connue pour Tun des circuits, il devient facile d'en déduire la résistance de l'autre et par suite la température de la spirale. Le commutateur disposé près de la et pile qui est inverseur, permet de mettre l'appareil en action à un moment donné, et d'effectuer l'inversion du cou* rant toutes les dix secondes.
L'opération doit durer jusqu'à ce que le niveau de l'eau ait atteint 50<> dans le voltamètre le plus résistant. On lit alors l'indication de Vautre qui donne la mesure de la température au moyen d'une table calculée à cet effet. Cette table est d'ailleiu*s disposée de manière à éviter le calcul des résistances, et il suffit de connaître la différence des volumes de gaz décomposés, pour trouver immédiatement sur cette table l'indication cherchée.
Les expériences faites avec cet instrument par M. Williamson, ont démontré que la résistance du fil de platine du pyromètre se trouve dans les premiers temps un peu altérée, par suite du passage de la température rouge à la température normale et vice versa. Ainsi cette résistance étant reprélentée par 9,920 à une température de 10«, est devenue après que le pyroniètre a été chauffé au rouge deux fois de suite, 10,462 à cette môme tempénture de lO^* ; mais il serait possible qu'à la suite d'un usage prolongé, cette résistance fût plus stable. On ne s'est pas encore, toutefois, prononcé dW manière définitive à cet égard ; mais on croit que cet effet est dû à une altération chimique du platine, sous l'influence des silicates entrant dans la composition de l'isolateur de la spirale de platine et dans la réduc* tion de Tair renfermé dans le tube protecteur de fer.
ait APPLICATION AUX ARTS DE PRÉCISION.
Thermomètre électrique de M. BeequerciL — Lo thermomètre électrique de M. Becquerel est fondé sur les actions thermo-électriques ; Toais afin d'en rendre les indications comparables à celles des thermomëtres ordinaires, M. Becquerel ramène h zéro les déviations qu'elles produisent en abaissant ou élevant la température de la soudure opposé» à celle qui doit fournir les indications. Nous représentons flg. 47, ce système.
Fig. il.
Le thermomètre en lui-m&me consiste dans deux fil^, l'un en fer, l'aiilxa en cuivre, par^tement recuits et soudes bout à bout en A, sans soudures intermédiaires, aans jonctions quelconques qui détruiraient l'unifbrmité du système. Ces fils doivent être entourés de gutla-percha pour empêcher leur contact, les préserver de toute altération et diminuer autant que possiUe l'influence du milieu ambiant.
Pouf mettre l'appareil en eitpérience, on place le thormomèira électrique constitué ainsi que nous venons de l'indiquer, sur le point dont il s'agit de mesurer la tempèreture, et après l'avoir réuni à un autre système thermoélectrique du même genre par des fils conducteurs qui peuvent ëtro aussi longs qu'on le désire, on plonge ce dernier système avec un thermomètre & mercure T dans un tubo fermé B rempli aux deux tiers de mercure, et la tout est plongé dans une éprouvetle hermétiquement formée contenant de l'éther rectitié. Un tuyau communiquant à un soufflet S, est immergé
lans réthor, et un tuyau de dégagement d'air est adapté à )a partie supérieure de réprouvette. Enfin le galvanomètre C qui ne doit pas avoir une grande résistance, est interposé sur le trajet de Vun dos (ils qui rcliciil ensemble les deux thermomètres.
L'eipèrience étant ainsi disposée, il arrive, si la température du milieu où sont placés les deux thermomètres électriques est différente, qu'il se produit un courant thermo-électrique plus ou moins énergique qui affbcte le galvanomètre, et pour mesurer cette différence de températiure, il suflit de soumettre Téther renfermé dans réprouvette à Taction d'une source calorifique ou réfrigérante, suivant que la température h mesurer est audesnis ou au-dessous de la température de réprouvette, et d'en continuer Vdttàm jusqu'à ce que la déviation fournie siu* le galvanomètre soit réduite à zéro. On obtient ce résultat soit en insufflant un courant d'air à travers réUier au moyen du soufflet, soit en chauffant réprouvette au moyen de la main, de linges échauffés ou d'une immersion dans un récipient rempli deau qm peut être traversé par un courant de vapeur.
Quand l'annulation de la déviation galvanométrique est obtenue, l'indication fournie par le thermomètre h mercure T immergé dans le tube de ré|kroinrette, indique la véritable température du milieu avoisinant le tbermomètro électrique explorateur.
Les fils de fer et de cuivre qui composent le thermomètre électrique (ioinsit avoir un diamètre proportionné à leur longueur, attendu que les courants thermo-électriques provenant d'une source électrique à faûble ten- 900, diminuent rapidement d'intensité à mesure qu'augmente la longueur dn circuit Le diamètre doit être tel que le courant produise une déviation da galvanomètre représentée par 10^, au moins, pour une différence de température de 0«,1. Ces fils, soit qu'on les suspende en Tair, soit qu'on les oeUcen terre, doivent, comme nous Tavons déjà dit, être recouverts de guttapercba, puis de filasse goudronnée, et doivent être tordus ensemble comme lesfibd'une amorce'électrique. Quand il est nécessaire de réunir deux bouts de fib de cuivre ou de fer, il faut bien se garder d'employer du mercure, mais les réunir simplement par des serre-fils. Pour éviter Tinfluence de rbmnidité sur les fils dans des expériences prolongées, on les recouvre dans le voisinage de leur point de soudure d'un petit tube en verre mince.
n y a certaines précautions à prendre dans les obser>'ations pour que les isultats soient comparables, surtout quand on veut les obtenir h un dixième e di^grè près, selon que la température de l'observatoire est plus ou moins evéo que celle du lieu où se trouve le thermomètre appelé à fournir les dications. Si elle est plus élevée, on abaisse, comme on la déjà dit. la
températurOi jusqu'à ce qu^elle soit inférieure de 1 ou 2 degrés à celle que Ton cherche, puis on laisse échauffer très-lentement la soudure jusqu'à ce que Taiguille soit revenue à zéro^ et y reste pendant une minute ou deux ; on observe alors la température sur le thermomètre à mercure. 8i, au contraire, la température de l'observatoire est inférieure, il teut opérer inversement, chauffer et laisser la soudure se refroidir avec beaucoup de lenteur.
Le thermomètre électrique est employé utilement toutes les fois qu'il s'agit d'observer la température de la terre à diverses profondeurs, celle de 'air au-dessus ou au-dessous du sol, et colle de l'intérieur des corps organisés» dans les cas surtout où le thermomètre ne peut servir ou n'est employé qu'avec difficulté. Une condition indispensable pour le succès des observations, est qu'il n'y ait point de changement sensible dans l'état calorifique des corps sur lesquels on opère dans un instant très-court.
Lorsque la soudure extérieure du thermomètre électrique est placée à une certaine hauteur au-dessus du sol, on la recouvre de trois réflecteurs en fer blanc faisant système, et entre lesquels peut circuler l'air.
Dernièrement, M. Claude Bernard a employé le système thermométrique que nous venons de décrire pour l'étude de la température du sang veineux et du sang artériel chez les animaux. Gomme il ne s'agit dans ce cas que de constater des différences de température, les deux thermomètres sont employés solidairement comme organes mesureurs, sans que Tun serve à déterminer la température de l'autre en degrés centigrades. Bs sont alors constitués par deux fils très-fins de maillechort et de fer, soudés l'un à Fautre et repliés en spirale à partir de leur point de soudure, tout en étant isolés Tun de l'autre. Ces deux fils ainsi tortillés sont ensuite introduits à l'intérieur d'une sonde en caoutchouc qui n'a guère plus d'un millimètre et demi de diamètre, et ce sont ces sondes qui, étant introduites l'une dans* l'un des conduits veineux principaux du corps, l'autre dans une artère voisine, indiquent par le sens de la déviation produite sur le galvanomètre, qiiel est le sang le plus chaud. Les expériences curieuses entreprises par M. C. Bernard, de cette manière, ont montré que le sang veineux aux extrémités du corps est plus froid que le sang artériel, mais que l'inverse a lieu au centre du corps, dans le voisinage du cœur. Si on fait l'expérience sur un chien, en introduisant les sondes dans la veine et l'artère crurales de l'un des membres, au-dessous des reins, la déviation galvanométrique indique une différence assez sensible de température entre les deux conduits, qui montre que le sang veineux est le plus froid ; mais si on enfonce les sondes plus avant dan» ces conduits, on voit la déviation diminuer successivement, devenir nulle quand les sondes arrivent au-dessous du foie, et
passer da côté opposé, quand elles atteignent le voisinage du cœur. En les enfonçant encore plus loin, la déviation change bientôt de sens, et finit apris que les sondes ont dépassé le cœur, par fournir des indications dans le même sens qu'au commencement de l'expérience*
Pjmmdtre électrique de M« £d. Beequerel.— Le pyrométre éleetriquede M. Ed. Becquerel est fondé comme le thermomètre électrique de 8oa përe^ sur l'action de deux couples thermo-électriques; mais pour obtenir des courants thermo-électriques réguliers augmentant d'une manière continue avec l'élévation de la température et ne s'altérant pas à des températures très-élevées, il a fallu avoir recours à des métaux particuliers dont on a dû étudier avec im grand soin le mode d'action aux diverses températures, et ceux auxquels M. Ed. Becquerel s'est arrêté, sont le platine et le palladium. Un couple thermo-électrique construit avec ces deux métaux, non-seulement présente une intensité assez grande pour être mesurée dans le genre d'application auquel on l'a soumis, mais détermine des effets croissant réguh'èrement avec la température.
L'installation du p3rromètre de M, Ed. Becquerel est très-simple, comme on le voit ûg. 48 (1). Les deux fils sont reliés par un fil de platine à l'une de leurs extrémités, sur une longueur de 1 centimètre; l'un, en palladium, passe à travers un tube de porcelaine, de façon à ne pas déterminer d'autre p(Hnt de jonction entre les deux métaux, et tout le système plonge dans un lecond tube de porcelaine qui alors forme moufle. Les deux autres extrémités du couple se prolongent suffisamment pour ne pas être influencées par la source de chaleur; on les réunit aux fils du circuit, et les points de jonction, qui constituent la seconde soudure du circuit thermo-électrique, sont situés dans un milieu à la température constante. Ce serait la glace fondante pour des déterminations rigoureuses ; ce sera un bain d'eau, ou iesol à 1 mètre de profondeur, pour les observations courantes. Les fils du circuit aboutissent aux pôles d'une boussole G, dont la graduation est telle, que les degrés de déviation puissent être transformés en degrés de température, au moyen d'une table de rapports établie une fois pour toutes.
< L'industrie, dit M. de 8ain^Edmo, ne demande pas tant l'estimation absolue, de la température d'un foyer, que l'indication précise du moment cahotique qui correspond à une opération. Le pyromètre électrique de M. Ed. ^^eoquerel satisfait on ne peut mieux à la question. En effet, pour la même
''•Cotte figure, ainsi que la fip. 47, est extraite de l'ouvrage de M. de Saint- ^H»C intitulé : V Electricité appliquée nux arts mécaniques, etc.