DUCHÉ DE VERAGUA ET COSTA-RICA
rapproche beaucoup; qu'il ne comprend par conséquent aucune des îles de celte baie qui faisaient partie de la Veragua royale et que ce n'est qu'en interprétant d'une manière favorable pour le duc de Veragua la concession qui lui fut faite jusqu'à la partie occidentale de la baie de Zorobaro, que l'on peut admettre que le roi ait voulu lui accorder aussi le droit de navigation et autres jouissances sur la baie jusqu'au méridien qui sépare le domaine royal du domaine ducal et rien de pins; par conséquent, le diiché de Veragua ne dépasse pas à l'ouest le 82*^ 6' de longitude occidentale de Greenwichy ou tout au plus le 82M6'42''si l'on eslime que les lieues n'étaient pas de vingt, mais de dix-sept et demie au degré.
II. Que la Veragua royale (déjà désignée sous le nom de Costa- Rica) j en vertu de la même real cédula du 19 janvier 1357 et des reaies provisiones de l'audience de Panama des 17 décembre 1539 et 19 janvier 1540, commence là où finit le duché de Veragua et s'étend sur les côtes de la mer du Nord jusqu'à Guayraura et Honduras, c'est-à-dire jusqu'à la pointe Caxinas ou ses environs, dans la juridiction de Honduras; mais la limite précise qui séparait Honduras de Veragua n'était pas encore fixée.
i2 EXPOSÉ DE COSTA-RICA.
VI. Le gouvernement de Cartago, Costa-Rica ou la Veragua royale (1540-1560).
50. Telle était la démarcation territoriale des deux Veraguas lorsque, en juin 1540, Diego Gutierrez, à qui les déboires de son frère Felipe n'avaient pas servi de leçon, sollicita du conseil des Indes le gouvernement de Veragua.
Le conseil, dans une lettre adressée à l'empereur Charles-Quint et datée de Madrid le 25 juin 4540, s'exprime en ces lermes :
« Diego Gutierrez, lils du trésorier Alonso Gutierrez, s'est offert à aller conquérir et coloniser à ses frais la terre qui reste encore à Votre Majesté dans la province de Vei-ngua, c'esl-h-dire depuis la baie de Zorobaro jusqu'au cap Camaron, ce qui constitue le surplus des vingt-cinq lieues dont Votre Majesté fit cadeau à l'amiral des Indes. 11 s'offre également à faire la conquête des îles qui se trouveraient dans les parages de ladite terre dans la mer du Nord et qui ne seraient pas conquises. »
Le conseil propose d'accorder à Diego Gutierrez, sa vie durant et à un héritier du même, le gouvernement cl la capitainerie générale de celle province, non seulcmcnl pour la soumettre et la coloniser, mais encore afin de pouvoir mesurer avec une connaissance plus