‹ Exposé des droits territoriaux de la République de Costa-Rica: soumis à S. EChapitre 23 sur 137 · FernXndez, Colecciôiiy IV, p · texte numérisé non relu

FernXndez, Colecciôiiy IV, p

3, Archiva General de Indias, Au4iencia tic Panama, Rcgislro^

faculté de conquérir et de peupler pour nous el en notre nom et en celui de la couronne royale de Caslille la terre qui nous reste dans ladite province de Veragua d'une mer à Taulre inclusivement, laquelle terre doit commencer là où finit le carré de vingt-cinq lieues de côté dont nous avons fait don à Tamiral don Luis Colomb vers le couchant ; ces vingt-cinq lieues commencent à partir du rio Belen inclusivement, en comptant sur un parallèle jusqu'à la parlie occidentale de la baie de Çarabaro; celles qui manqueraient pour compléter lesdiles vingt-cinq lieues se compteront au delà de ladite baie, sur ledit parallèle, et là où finiraient ces vingt-cinq lieues en commenceront vingt-cinq autres sur un méridien nord-sud; autant d'autres commenceront au rio Belen, sur ledit méridien nord-sud ; et là où lesdites vingt-cinq lieues finiraient en commenceront vingt-cinq autres, qui se compteront sur un parallèle jusqu'où finissent lesdites vingt-cinq lieues comptées au delà de la baie de Çarabaro; de sorte que là où finit le carré de vingt-cinq lieues de côté, mesuré comme il est dit, DOIT commencer votre conquête et colonisation et finir au Rio-Grande vers le couchant, de l'autre CÔTÉ du cap Camaron. Dc sorte que la rive dudit fleuve,

de oûcio y parles. Veracua. Capilulaciones, 1554 a i648. — ToRREs DE Mendoza, Colecclôïi de documentos inéditos de Indias^ XXIII, p. 74. — Prralta, Costa Rica^ Nicaragua y Panama, I, p. lOi. — Le6n FernIndez. Colecciôn, IV, p. 90

CARTAGO OU COSTA-UICA. 45

du côté de Honduras, reste sous le gouvernement de ladite province de Honduras, et de même, si dans ledit fleuve il se trouvait y avoir des îles habitées ou non par des Indiens et qu'elles ne fussent pas conquises et colonisées par des Espagnols, vous pouvez en faire la conquête...*, »

55. Bref, d'après cette capitulation, la province de Gartago (Veragua royale ou Costa-Rica) s'étend sur le

1. a Primeramente vos doy licencia y facultad para que, por nos y en nuestro nombre ë de la corona lieal de Castilla, podâis conquistar é poblar la tierra que queda para nos en la dicba provincia de Veragua, incluse de mar a mar, que comience de donde se acabaren las veinle é cinco léguas en cuadra de que hemos becho mereed al almirante don Luis Colon bazia el poniente, las quales dichas veinte é cinco léguas comiençen desde el rrîo de Bel en ynclusive contando por un paralelo hasta la parte occidental de la bahîa de Çarabaro ; y las que faltaren para las dicbas veinte é cinco léguas, se an de contar adelante de la dicha bahia por el dicbo paralelo; y donde se acabaren las dichas veynte é cinco léguas, comiençen otras veynte é cinco por un meridiano norte sur; y otras lantas comiençen desde el rrio de Belén por el dicho meridiano dcl dicho norte sur; y donde las dichas veynte é cinco léguas se acabaren, comiençen otras veynte é cinco, las quales se an de yr conlando por un paralelo hasta fenescer donde se acabaren las dichas veynte ë cinco léguas que se contaren mas adelante de la bahia de Çarabaro; de manera que donde se acabaren las dicbas veynte é cinco léguas en quadra, medidas de la manera que dicha es, a de començar la dicha vueslra conquista é poblaciôn y acabar en el Rio Grande hazia el poniente de la olra parte del caho del Camarôn; con que la costa del dicho rrîo l)^zia Honduras quede en la governaciôn de la dicha provincia de

lilloral de l'Atlantique depuis le 82^6' ou 82^ 16' 42" de longitude ouest de Greenwich, vers le milieu de la baie de Zorobaro, jusqu'au 85''52' de la même longitude (embouchure du Rio-Grande, Aguan ou Roman). Sur la côle du Pacifique, elle s'étend depuis le premier méridien cité, 82** 6', en remontant vers le nord-ouest tout le territoire jusqu'aux frontières de Nicaragua, à quinze lieues de distance du lac, vers les sources du rio Tempisque et le pays des Chômes.

Cela est prouvé par la lettre de l'audience de Guatemala, adressée au roi en date du 18 décembre 1559, et par les reaies cédulas des 18 juillet 1560' et 1" décembre 1575.

Pour les fins de cet exposé il suffit de démontrer : 1*" quelles sont les limites respectives du duché de Veragua et du gouvernement de Cartago; 2** que la ligne qui les divise est le méridien 82*" 6' ou le 82° 16' 42"; 5° que celle délimitation existe légalement depuis 1540.

54. Suivons les vicissitudes de cette délimitation. Par real céduladalée de Talavera le 11 janvier 1541, émise sur la demande de Diego Gutierrez, la délimita-

Honduras; c asi mismo si en el dicho rrîo oviere algunas yslas pobladas 6 por poblar de yndios, y no estuvieren conquisladas y pobladas de espafioles, las podays vos conquistar. ...» Append. , doc. B. i . Archiva de In iias, ubi supra, Peralta, Costa Rica, Nicaragua y Panama, I, p. 178 et 179. — Fer:«ândez, Colecciôn, IV, p. 102#

CARTAGO ET NICARAGUA, 1541. 47

tion susmentionnée fut notifiée à tous les gouverneurs, officiers de justice et capitaines des Indes et en particulier à ceux de Nicaragua et Honduras, provinces limitrophes de celle de Cartago. Cette cédula leur enjoignait en même temps de ne pas dépasser les limites de ce dernier gouvernement. Elle ordonnait en outre à ceux qui seraient entrés dans la province de Cartago « d'avoir a en sortir aussitôt qu'ils auraient pris connaissance de la cédula j sous peine de mort, de confiscation de tous biens, d'être tenus pour félons, traîtres et infâmes*. »

Même notification fut faite par cédula datée du même jour à Hernan Sanchez de Badajoz. C'est de cetle manière solennelle et rigoureuse que le roi exigeait que l'on respectât les limites du gouvernement de Cartago.

55. Rodrigo de Contreras, gouverneur de Nicai'agua, protesta contre les limites assignées à la province de Cartago et entama un procès contre Diego Gutierrez pour réclamer la part à laquelle il croyait avoir droit dans le Desaguadero. Le conseil des Indes entendit lesparlies adverses, prononça sa sentence le 16 mai-s 15 il et confirma les limites établies par la capitulation de

1. Peralta, Costa Rica, Nicaragua y Panama, I, p. 120 à 122. — Le<Jx Fernàndez, Colecciôn, IV, p. 102.

Diego Gutierrez. Conireras interjeta appel et le conseil modifia sa sentence le 9 avril suivant, mais il maintint la faculté accordée à Gutierrez d'entrer par le Desaguadero et d'occuper et de prendre tout le territoire qui n'aurait pas été occupé jusqu'à quinze lieues en deçà du lac. Le permis de navigation et de pêche en commun avec le gouverneur de Nicaragua, sur le lac et dans la partie du fleuve comprise sur une distance de quinze lieues à partir de sa naissance au lac, lui fut retiré. Nulle autre objection ne fut faite à ce qui avait été contracté avec Diego Gutierrez, et il importe particulière-

ment de faire remarquer que, ni l'audience de Panama, ni le duc de Veragua ne protestèrent contre ce que la couronne accorda en faveur de Gutierrez.

Ce capitaine prit possession de son poste de gouverneur en 1541 , mais il ne put tenter sérieusement aucune conquête jusqu'en 1543, époque où il fit part à l'empereur de son arrivée et lui annonça qu'il avait fondé à cet endroit la ville de Santiago. Cette ville n'eut qu'une existence éphémère, car l'année d'après il dut l'abandonner et gagner l'intérieur du pays par le rio Suerre qu'il remonta jusqu'à une distance de trente milles de son embouchure. Là il découvrit, le 4 octobre, un village d'Indiens de Suerre qu'il nomma San-Fran- CISCO en mémoire de ce jour, puis il continua sa route vers l'intérieur; mais, surpris et attaqué par les Indiens, il fut tué ainsi que vingt-six soldats espa-

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